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On aurait pu espérer on aurait pu croire

On aurait pu espérer on aurait pu croire à la fin des inutilités et des tracasseries, la fin de l’univers impitoyable du travail, vers plus de collaboration humaine d’entraide et de bienveillance.

C’était compter trop sur la gentillesse, l’intelligence et, je vais dire un gros mot, le bon sens humain. Ils sont décidément bien peu présents dans l’ensemble et les vieux travers multi millénaires, exacerbés par le règne sans partage de l’argent à un niveau jamais atteint dans l’histoire de l’humanité, les vieux travers reviennent bien vite, passé les premiers jours de stupeur et de frayeur qui ont fait dire à presque tous, surtout les puissants et les gouvernants, « oui on va changer, nos façons de vivre, nos façons de faire, nos mentalités ». 

Paroles vides, ils sont passé entre les gouttes donc ils ne changent pas, surtout on ne change rien, on continue notre course vers le mur et peu importe le nombre de fois où on l’emplafonne à pleine vitesse, on reprend vite cette course sans fin — sans objet autre que le pouvoir pour le pouvoir, établi par l’argent roi, toujours plus toujours plus. Il faut bien sacrifier quelques personnes (beaucoup en réalité et ce depuis longtemps, les sacrifices sanitaires sont seulement plus visibles et plus immédiats) sacrifier les gens de peu (la plupart d’entre nous) sur l’autel de l’argent roi — le culte ultime et qui prime sur tous les autres.

« Travail ton univers (encore plus ) impitoyable »  pour citer le sous-titre d’une émission de Complément d’Enquête de France Télévision.

Texte commencé il y a quelques semaines avant même la reprise de la virulence de la pandémie, bien avant la mise en place du couvre-feu en France. D’ailleurs ce n’est pas le couvre-feu en lui même le problème, au printemps nous avons eu un couvre-feu aussi, mis en place même avant le confinement généralisé dans notre Tri-State  — New Jersey, New York et Connecticut. Nous avons d’ailleurs toujours des couvre-feux dès qu’une tempête ouragan blizzard voire grosse chute de neige ou autre crise météorologique est annoncée. Ce n’est pas le couvre-feu le problème mais bien l’aveu d’impuissance des gouvernants de tous bords et de tous les pays occidentaux au moins, face à une pandémie qui devrait nous (leur) faire remettre en cause notre (leur) modèle de profit à tout crin, « quoi qu’il en coûte ». Quoi qu’il en coûte en effet : que le travail continue son univers impitoyable, afin d’engranger le plus de profits d’argent et de pouvoir pour une petite poignée qui vivent dans leur bulle et qui ont les moyens de se payer des traitements hors-normes et réservés à leur seul bénéfice, des lits dans des suites hospitalières — on ne parle plus de chambre, encore moins de lit à ce niveau-là —  et un bataillon de médecins à leur seule disposition. « Quoi qu’il en coûte » en sacrifices — jusqu’à la misère et à la mort, oui même à la mort — à la population ordinaire. C’est à dire presque tout le monde, nous tous.

Promenons-nous — trace

Dans un ordre d’idée voisin, le lycée de Berkeley Heights a repris en enseignement à distance exclusivement — alors que les 3 écoles primaires, la « maternelle / CP et le collège (6ème – 4ème) ont tous repris avec des cours en personne. Par par souci « d’extrême précaution » mais tout simplement par manque de professeurs qui ont soit porté pâle pour des raisons familiales et/ou de risques sanitaires ou qui ont démissionné. Donc pas assez de profs. La barrière technologique ou d’équipement n’existe pas dans notre ville puisque cela fait des années que l’école fournit des iPad à chaque élève depuis la 6ème (mon fils cadet et ma fille en ont eu: ma fille a fini le lycée en 2014, mon fils en 2016). Peut-être maintenant les écoles primaires en ont-elles aussi. Je parle maintenant avant Covid-19. Donc tous les élèves sont équipés. La seule barrière technologique est l’accès Internet mais c’est presque indépendant des revenus de la famille et très dépendant de l’incompétence notoire des fournisseurs d’accès Internet, hors opérateur historique (l’équivalent de feu nos PTT ou feu France Télécom) qui possède les lignes et est l’équipementier historique de la fibre optique. Seule la fibre (via cet opérateur) marche sans problèmes et ce n’est même pas le plus cher ou si peu, en comparaison de certains « packages » des fournisseurs de câble. L’ADSL est terriblement mauvaise et lente aux États-Unis qui connaissaient une forte implantation du câble à cause des télévisions par câble dès la fin du XXème siècle.

Donc toutes les classes du lycée se font en ligne… Sauf qu’on a fait venir tous les élèves du lycée (entre 1000 et 1200 élèves) une demie journée pour la « rentrée » début septembre.  Pour qu’ils voient leurs professeurs (lesquels ? si la moitié n’est pas là ) et qu’ils récupèrent ce dont ils ont besoin (quoi ? puisque l’iPad ils l’ont depuis des années. Même les premières années — les 9th Grade ou 3ème — ont leur iPad depuis le collège). Les fournitures censément. Quelles fournitures puisque cours et livres sont dans l’iPad ? Ce soit être le virus, promenons-nous au lycée pour voir si le virus n’y est pas.

Prendre la précaution (contrainte et forcée certes, par manque de bras, faute de combattants) de faire l’enseignement à distance et convoquer tous les élèves pour une demi-journée de présence, WTF ? Cela me rappelle les années SIDA et ceux qui utilisaient les préservatifs tout le temps sauf une fois : une fois ça va… et bam, c’était la bonne bien entendu. Les bras m’en tombent de connerie, encore une fois, Ô désespoir ! ô connerie ennemie ! N’ai-je donc tant vécu que pour cette idiotie ?

Les administrations, parce que c’est de cela dont il s’agit, les administrateurs de ces établissements (de véritables plaies et quand on parle de personnes non indispensables, en voilà)  qui donnent les directives et les ordres alors qu’ils n’ont jamais enseigné de leur vie ni mis un pied dans une classe, jamais. Mais ils savent et disent comment faire.

Comment faire ? Venez donc par ici voir si le virus n’y est pas. Pendant qu’ils sont calfeutrés tous seuls dans leurs bureaux voire qu’ils travaillent peut-être à distance en télétravail, eux…

Je suis contente mais contente de ne plus avoir d’enfants à l’école dans ce district (le dernier a fini en 2016 et ça a été épique, merci à l’administration justement, on a failli lui refuser son diplôme parce qu’il était absent la dernière semaine de cours pour une futilité : il était sur la table d’opération en urgence à l’hôpital et a failli mourir d’un fécalome cette semaine-là, quelle futilité, au lieu d’être présent en classe, quelle idée ! Le docteur qui l’a opéré et lui a sauvé la vie de justesse était folle de rage, d’autant que l’administration refusait de lui parler alors que j’avais signé toutes les décharges et autorisations, c’est une autre histoire.)

Mais cela donne une idée de l’intelligence de ces connards, le mot est faible. Et je suis contente aussi de ne plus travailler pour ce district, de ne pas risquer ma santé et ma vie avec leurs protocoles idiots. Ils font une campagne de recrutement d’enfer et ont essayé de dénicher des remplaçants à tout prix — façon de parler parce que le salaire journalier n’a certainement pas été augmenté non plus (quand j’ai quitté en 2017 il n’avait pas changé depuis au moins 2006 et sans doute avant ) — disons à toute force. Heureusement ils m’ont oubliée et je n’ai rien reçu ni pas été sollicitée, ouf !

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Note :

* WTF : What The Fuck. La traduction approximative pourrait être « c’est quoi cette merde » ou « c’est quoi ce bordel ».

Promenons-nous dans les facs (une catastrophe épidémiologique provoquée)

promenons-nous dans les facs

pour voir si le virus n’y est pas

Alors les facs (universities et collèges — rien à voir avec nos collèges qui sont ici la middle school, de la 6ème a la 4ème en général) ont repris les cours en personne à marche forcée — bien entendu. Et ce ne sont pas pour des raisons vertueuses, d’enseignement, d’éducation, mais bien pour de pures raisons financières. Le manque à gagner est tel que c’est (encore) une histoire de gros sous — très gros sous. Un étudiant ordinaire qui vient de la classe moyenne et qui ne reçoit pas de sponsorship sportif est endetté à vie la plupart du temps pour se payer ses études universitaires, même un simple master. On parle d’un coût d’études en plusieurs dizaines de milliers de dollars et cela ne comprend pas le logement ni les livres et autres matériels bien entendu. Encore plus dans les universités les plus prestigieuses, le coût augmente avec le prestige — lié la plupart du temps au renom et aux victoires de leurs équipes sportives étudiantes et non pas au renom et à la qualification des enseignants et chercheurs. Elles sont parfois excellentes, je ne veux pas dire que les enseignants et chercheurs sont nécessairement médiocres, mais ce n’est pas le critère de la notoriété et de l’attractivité des universités, y compris des plus prestigieuses. 

Les facs et les universités sont avides de cette manne de cotisations, loyers et autres frais annexes payés par les étudiants et pas prêtes du tout à y renoncer. Ce qui pose un problème —financier — de taille si les cours sont faits en ligne et à distance : les étudiants rechignent à payer cette fortune  pour « seulement » un enseignement virtuel sans présence physique et se tournent vers d’autres universités voire d’autres pays moins chers, etc.

Le but pour toutes ces universités est de faire revenir à marche forcée les étudiants sur campus. Il faut savoir que le but des universités et collèges c’est aussi de brasser et d’attirer des étudiants d’autres états. Un but d’enseignement ? Que nenni, le seul but c’est de « faire du fric » et « à tout prix ». Bref les universités et facs sont des « businesses » comme les autres et cherchent à attirer le client et sont en concurrence les unes avec les autres comme de simples magasins de vêtements ou fast foods. Des batailles de chiffonniers… mais pas pour des prix de chiffonniers.

Depuis un bon mois, depuis la mi à fin août on fait venir ou revenir les étudiants sur les campus en leur « assurant » des cours en présence physique. Les étudiants se rassemblent de fait, il y  a les « dorms » les logements étudiants sur campus où les étudiants partagent leur chambre à 2 ou à 3, le plus souvent c’est 2, mais sans toilettes… les salles de bain et toilettes sont communes.  En outre certaines fois ils font les cons et des grandes fiestas, certaines fois même pas, le simple rassemblement sur campus, dans les dorms, dans les salles de bain communes, dans les amphis, les salles de classe. Il suffit d’un, n’est-ce pas, et voilà un foyer épidémique qui est lancé joyeusement.

Et puis quoi ? Une fois le foyer épidémique bien démarré (avec certaines fois des centaines d’étudiants contaminés dans un seul campus, le 9 septembre d’après un article du New York Times ils étaient déjà plusieurs milliers), il faudrait fermer : non, si possible, non, à tout prix ne pas fermer !Donc on renvoie les étudiants positifs au Covid-19, avec ou sans symptômes, mais positifs, malades ou pas malades chez eux, certains bien malades qui tiennent à peine sur leurs jambes. Vous ne voudriez pas qu’on les confine sur campus en plus ? Ce n’est pas l’assistance publique ici, mais un business bien juteux. Et on veut éviter que ces étudiants positifs contaminent les autres, il faut surtout qu’on puisse continuer à laisser l’université ou le campus ouvert.

On les renvoie chez eux maintenant qu’ils ont eu la mauvaise idée d’attraper le virus (et d’attirer l’attention des infectiologues et épidémiologistes voire des autorités de santé publique sur telle ou telle université). Chez eux c’est partout aux États-Unis, c’est dans un des 50 états. Donc un foyer localisé dans une université ou un campus est ainsi dispersé allègrement et méthodiquement partout sur le territoire américain. D’autant plus qu’un étudiant quand il rentre « chez lui », il rentre en général chez ses parents / grands-parents et. Certains habitent aussi dans des zones rurales plus épargnées par la contagion — plus pour longtemps donc. Surtout quand ces zones de moindre densité de population ont aussi une moindre densité d’hôpitaux et cliniques, avec moins de lits de soins intensifs ou de réanimation, si même il y en a.

C’est ainsi que l’on construit une catastrophe épidémiologique de toute pièce, qui se rajoute à la catastrophe épidémiologique déjà existante. On en rajoute une grosse louche que l’on aurait pu éviter — n’était l’avidité et la cupidité des rapaces humains.

Aujourd’hui  on ne peut plus dire qu’on ne sait pas, les scientifiques, épidémiologistes, infectiologues commencent à avoir une meilleure vision de la dynamique de propagation de ce virus même s’il reste encore  grandement inconnu. Ces scientifiques sont désespérés par ces mesures et ces façons de faire — hautement discutables du point de vue moral — qui sont une pure absurdité médicale : c’est la pire chose à faire durant une pandémie et notre pandémie si féroce.

Le bon sens paysan qui est le mien me dit la même chose, renvoyer des étudiants qui se sont brassés, se sont infectés mutuellement dans tout le pays et, pire encore, dans des petites communautés isolées qui ont eu par leur isolement la chance d’être peu ou prou épargnées est une catastrophe à double titre quand ces régions peu peuplées et isolées sont aussi moins bien équipées en hôpitaux et centres de soin, médecins, etc. Certaines fois l’hôpital à même de prendre en charge des patients Covid-19 gravement atteints est à plusieurs heures de route.

Dans notre tri-state (New Jersey, New York state et Connecticut) je ne sais pas le détail de la situation. Il y a trop d’universités et collèges pour le savoir, il faudrait regarder chacun. Ils sont autorisés à rouvrir, mais peuvent choisir de se tourner vers un maximum d’enseignement en ligne et de limiter l’enseignement en présence physique le plus possible. J’ai vu que la NYU (New York University) par exemple fait tester systématiquement ses étudiants qui arrivent d’autres états, deux fois, une fois dans les 24 heures de l’arrivée puis encore une fois 7 à 10 jours plus tard), ils sont soumis aussi à une quarantaine obligatoire de fait, avant tout résultat de test. 

Ce qui est en phase avec le reste des restrictions de déplacements et voyages vers notre tri-state : nous avons des quarantaines obligatoires de 14 jours pour tous les voyageurs venant de 30 à 35 états (y compris les résidents du tris-stade qui reviennent de voyage dans l’un de ces états ). Le nombre d’états sur la liste de quarantaine fluctue entre 30 et 35, selon les pics épidémiques, les taux de positivités et autres indicateurs de circulation du virus dans les autres états américains.  Il faut noter que cela représente donc entre 30 et 35 états sur un total de 47 autres états plus Washington DC. Il y a 50 états (plus DC), mais les 3 états du tri-state sont dirigés de façons synchrones quant aux restrictions et toutes choses relatives au Covid-10. Ce qui représente selon les semaines des restrictions de déplacements vers notre tri-state pour les 3/4 (75%) des autres états américains.

La vague de froid dans le New Jersey et les incendies de Californie

Lundi 14 septembre, le matin de la prise de sang, donc levée à 6 h, j’ai vu cette lumière orangée sur les arbres encore bien verts de mon backyard, couleur que j’ai mise sur le compte du lever de soleil même si elle était très exacerbée et pas du tout dans l’axe direct du soleil (elle était dans l’ombre de la maison à vrai dire) et qu’elle a duré bien après 8 h et même jusqu’à 10 h.

Le lendemain mardi 15 nous avions un rendez-vous médical plus tardif donc je me suis levée vers 8 h et même chose. Ce qui m’a semblé un peu bizarre puisque le soleil était levé depuis longtemps et encore une fois cette lueur orangée sur mes arbres a duré jusqu’à 10 h passées.

Puis dans la journée le ciel était gris mais sans nuages et sans pluie ultérieure alors qu’en septembre nous avons toujours du beau ciel bleu bien vif. C’est cette absence de nuages tout en étant gris comme par temps couvert qui m’a aussi intriguée.

Je n’ai pas vraiment réalisé même si le premier matin j’ai pensé fugitivement aux lumières orange que j’ai connues à Cannes et sur la Côte d’Azur quand il y avait des incendies dans l’Estérel voisin. Mais je n’ai pas poursuivi mon raisonnement, j’ai secoué d’un haussement d’épaules cette pensée furtive, il n’y avait aucun incendie dans le coin et les seuls incendies, celles de Californie, Oregon et Washington State étaient loin. Ce ne pouvait pas être ça, cela devait être un lever de soleil exceptionnel (plusieurs). Pourtant c’était bien ça. J’ai lu quelques jours après seulement cette explication donnée par monsieur Météo : les incendies en Californie étaient la raison du ciel gris uniforme que nous avons eu dans le Nord-Est la semaine passée.

Le maximum de cet effet curieux a été observé le mercredi 16, ce que j’ai remarqué aussi lorsque je me suis levée vers la même heure, vers 8 h. Ce sont les fumées en haute altitude vers 10,000 mètres qui bloquent les rayons du soleil, d’où d’une part le ciel gris uniforme mais sans nuages et d’autre part la baisse importante des températures toute cette semaine passée. 

Jeudi et vendredi les fumées ont ensuite été balayées par le courant de la masse d’air froid en provenance du Canada, ce qui a encore accentué la plongée des températures.

Donc cette vague de froid un peu longue (plus longue que d’habitude en septembre) et la chute des températures ont été d’abord dues aux fumées des incendies en hauteur dans le ciel (10,000 m donc pas de quoi nous altérer la qualité de l’air, une chance) qui ont bloqué les rayons du soleil puis au coup de froid normal de septembre qui annonce l’entrée dans l’été indien (quand il se produit ce coup de froid, cela n’a pas été le cas globalement ces dernières années où il a fait chaud tout le mois de septembre plus ou moins et où nous n’avions pas vraiment eu d’été indien). Cette année donc les courants d’air froid usuels qui ont au moins évacué ces fumées en haute altitude mais du coup ont empiré le froid qui s’était déjà installé par réflexion vers l’espace des rayons du soleil. La plongée dans le froid initiée par les fumées a duré bien plus longtemps donc il a fait plus froid que de saison parce que la terre et l’air ont bien refroidi.

Moi qui prends tout le temps des photos, je n’ai pas eu le réflexe de photographier cette lumière fortement orangée du matin ni ce ciel gris uniforme. 

Elle n’y est plus depuis ce week-end environ (19 et 20 septembre) et aujourd’hui 23 septembre le temps redevient de saison avec des températures plus douces dans la journée entre 21 et 27 degrés et fraiches la nuit alors que pendant ces derniers 10 jours nous étions descendus à 6 degrés la nuit et 18/19 au plus chaud dans la journée, au point de devoir rajouter des couvertures et de mettre pantalons et manches longues.

Maintenant qu’outre le froid induit par les fumées, nous avons eu notre coup de froid normal nous devrions entrer dans l’été indien qui peut se prolonger jusqu’à mi-novembre certaines années. Mais après cela va très vite et les derniers 15 jours de novembre on passe des manches courtes et températures autour des 20 degrés à la neige qui arrive des les premiers jours de décembre voire exactement le 1er décembre (dans les années normales, quand la météo n’était pas encore affectée par le changement climatique).

Mais je n’aurais jamais pensé que nous verrions directement un effet des incendies de Californie et du Nord Ouest. Ils ont lieu à plus de 4500 kilomètres de chez nous !

Courses du 18 septembre 2020

En partance pour les courses 18 septembre 2020

La dernière fois que j’ai fait les courses alimentaires c’était il y a un mois, le 18 août et je m’étais fixé comme objectif d’y retourner un mois plus tard. Ce que j’ai fait ce18 septembre qui tombait un vendredi, un jour de semaine, ce qui est mieux pour éviter d’avoir trop de monde et pas un lundi non plus, pour avoir de meilleures chances de rayons approvisionnés.

sur le départ

Comme d’habitude depuis notre nouvelle vie de pandémie, j’y suis allée de bon matin, vers 8 heures pour éviter le monde. Procédure habituelle de gants, lingettes, cartes de fidélité et de paiement dans la poche pour ne rien à avoir à tripoter dans mon sac etc.

arrivée au magasin

Les rayons ne sont pas pleins, il y a à peu près de tout mais pas en dans les mêmes quantités qu’avant la pandémie et il y a toujours des articles absents — les lingettes désinfectantes au chlore. Absolument introuvables où que ce soit.

Cette fois il n’y avait pas non plus de papier essuie-tout. Le papier toilette, c’est revenu depuis fin juin ou début juillet mais la moitié de ce rayon qui contient d’habitude le papier essuie-tout était intégralement vide, comme en mars ou avril. Pourtant depuis il y en a eu en magasin du papier essuie-tout : les dernières fois que j’ai fait les courses en juin juillet et août il y en avait. Cette fois plus un seul rouleau essuie-tout. Ce qui confirme qu’il faut toujours avoir un petit stock d’avance d’à peu près tout, on ne peut pas vivre comme avant à flux tendus et acheter à la volée. Ce qui est valable pour mon organisation domestique est aussi valable au niveau industriel d’ailleurs mais certains ne semblent toujours pas l’avoir compris.

D’autres choses que certains n’ont toujours pas comprises : parmi les employés qui remplissaient les rayons, deux qui étaient réticents au masque — le masque est obligatoire dans les commerces et supermarchés et dans tous les endroits publics où il y a du monde, d’autant plus quand c’est à l’intérieur. Obligation par ordonnance du gouverneur de l’état du New Jersey.

Donc ces employés : l’un caché derrière ses piles de pain de mie dont il remplissait les rayons avait carrément le masque sous le menton. J’ai vu ça de loin, j’ai fait demi-tour et suis allée dans une autre allée. Je cherchais quelque chose, il aurait pu sans doute me renseigner mais je me suis bien gardée d’approcher et de lui demander. L’autre caché lui aussi, derrière des piles de bouteilles d’eau minérale avait sont masque sous le nez. J’allais donc faire demi-tour d’autant que je n’avais pas besoin de m’avancer plus dans cette allée où je n’avais rien d’autre à acheter quand j’ai vu passer au bout de l’allée une femme avec un gilet de Stop and Shop qui devait être un manager : du coin de l’œil j’ai vu que l’employé avec son masque sous le nez le remontait précipitamment sur son nez. La femme était donc bien une manager comme je le pensais et quand il a vu passer son manager il a vite remonté son masque : il s’est senti merdeux — il l’était et je suppose aussi que c’est une cause de licenciement en ce moment.

Ces deux-là étaient tous les deux des hommes et relativement jeunes, moins de 30 ans.

Ils sont pitoyables et, non, ce n’est pas comme la ceinture de sécurité ou le casque de moto. Après tout dans ces cas-là ça ne nuit qu’à eux s’ils ont un accident et qu’ils sont blessés ou tués, tant pis pour eux. Dans le cas des masques, c’est la communauté, ce sont les autres qu’on protège plus que soi-même. En vrai ce n’est pas seulement pitoyable, ce sont des morons comme on dit ici (des crétins).

Mais j’ai vu pire ce jour-là, toujours dans ce magasin, une première d’ailleurs : un homme qui faisait la revue des stocks — au niveau du rayon froid, saucisses et viande, encore mieux ! Manifestement cette fois c’était un gars de niveau supérieur, soit manager en chef ou directeur adjoint, ce genre-là, un gars entre 50 et 60 ans. Il faisait le point des rayons avec un bloc-notes, comme on en voit régulièrement le faire : eh bien lui n’avait absolument aucun masque, même pas sous le menton,  aucun !  C’est formellement interdit mais à tous les coups il devait avoir une « bonne raison » voire une prescription médicale. Soit dit en passant, quel docteur est assez moron, abruti, pour délivrer ce genre de prescription. Si le gars ne peut médicalement pas porter un masque (WTF ! ) eh bien il est sans doute incapable médicalement de travailler aussi. Il ne faut rien exagérer, les masques chirurgicaux ou médicaux jetables, les bleus, ne sont pas si pénibles à porter que ça et n’empêchent absolument pas de respirer. Je n’en reviens toujours pas ou cela parait tellement énorme alors que c’est obligatoire par ordonnance du gouverneur, d’autant plus pour quelqu’un qui travaille dans le supermarché. Et  même s’il avait une bonne raison ( sic !  je n’y crois absolument pas aux bonnes raisons, j’appelle ça de la foutaise d’autant plus quand on travaille dans le public, dans un magasin alimentaire et encore pire, au rayon froid et viande — on se souvient des foyers d’envergure dans les abattoirs ) mais même s’il avait eu une prescription médicale contre le masque, il aurait pu (il aurait dû) avoir au moins un écran en plastique — là il n’y a absolument aucune, mais alors aucune, contre-indication ! Déjà que pour le masque, je répète, j’en doute fortement des contrindications médicales. Ou alors si on en est là, on n’est certainement pas apte à travailler. D’autant que ces écrans en plastique transparent, on les trouve facilement, ils sont peu chers et réutilisables après désinfection ou lavage au savon. Donc aucune excuse.

Cerise sur le gâteau, Ô rage ô désespoir ! ô connerie ennemie ! encore une fois : le pire c’est que ce gars sans masque aucun, eh bien il se raclait la gorge bruyamment et toussotait bref expectorait ! Tout ça sans masque, le pire du pire . Et surtout pas dans son coude ni même dans ses mains ni un mouchoir, rien. Il expectorait bruyamment à tout va pour bien en faire profiter tout le monde autour. (Il y avait en plus un autre employé, masqué lui, qui travaillait avec lui, à 2 pas de lui.)

J’étais loin, à bien plus des 2 mètres, sans doute 3 ou 4 mètres quand je l’ai vu et surtout entendu et j’ai vite filé encore plus loin.

Quant aux clients dans le supermarché, ils avaient tous un masque, correctement mis, qui couvrait nez et bouche.

La seule personne qui est venue près de moi mais qui était masquée comme il faut et avait aussi des gants c’était à la caisse automatique pour m’aider. Il y a toujours un truc qui ne passe pas et comme j’avais beaucoup de sacs elle m’a aidée avec mes sacs et rempli un caddie vide avec mes sacs pleins d’articles déjà scannés qui s’empilaient (après m’avoir demandé la permission de le faire et en restant le plus loin possible, elle s’est seulement approchée plus près au moment où il a fallu débloquer un ou 2 produits). Mais premièrement c’était une femme (il y a bien sûr des femmes réticentes au masque et morons mais globalement j’ai remarqué que les femmes observaient plus volontiers le port du masque. Deuxièmement c’était une Asiatique. Je sais qu’en nos temps de confusion mentale et d’exagération politiquement correcte il ne faut rien dire de ce genre mais les Asiatiques en général et en particulier n’ont pas nos états d’âme d’enfants pourris gâté sur les masques. On l’a bien vu en Asie avec cette crise et avec les crises sanitaires précédentes et dans la vie en général. Au moindre doute les Asiatiques portent un masque. La logique imparable puisqu’on sait depuis une bonne centaine d’années que le masque est une des meilleures barrières pour les infections respiratoires, c’est que dans le doute qu’il vaut mieux le mettre pour rien, que ne pas le mettre et se trouver finalement dans une situation de contamination. Le mettre pour rien ne nuit pas, le contraire si.

Et ici dans le New Jersey les premiers à porter des masques c’étaient les Asiatiques justement, dès qu’il y  en a eu un petit peu de disponibles. Et avant ça ils mettaient des écrans en plastique puisqu’il n’y avait rien d’autre pour protéger les autres et se protéger. Une de mes élèves de tai-chi (originaire de Singapour) me l’avait dit lors d’une de mes premières classes sur Zoom : au début, quand on ne trouvait pas encore facilement des masques voire pas du tout elle a tout de suite investi dans un écran et ils étaient chers à l’époque, entre 20 et 30 dollars pièce. Elle avait payé le sien 29 dollars ! Sans rechigner, la santé et la protection passaient avant tout. Heureusement ils sont maintenant 10 fois moins chers, entre 2 et 3 dollars pièce.

après les courses
après les courses

Malgré ces petits incidents — qui pourraient être graves, je parle surtout du gars qui toussait et crachait ses poumons en plein magasin—  j’ai fait des énormes courses. Énorme total aussi. J’en ai acheté plus que d’habitude et aussi les prix ont augmenté. D’autant que ce magasin en centre-ville de Berkeley Heights est cher, je ne m’en servais ces dernières années que pour les produits que je ne pouvais trouver ni chez marchand de légumes et produits frais ni au club d’achat en gros. Je faisais le principal entre ces 2 endroits et complétais ponctuellement avec mon supermarché Stop and Shop.

Énormes courses 18 septembre 2020

Mais depuis la pandémie je ne suis plus allée chez mon marchand de légumes (raisons expliquées ici), ni au centre d’achat en gros (raisons expliquées ci-dessous). Par contre je commande tout ce qui peut se faire expédier par paquet postal ou UPS à ce centre d’achat en gros. 

J’ai décidé que je ne retournerai pas faire les courses alimentaires avant début novembre, donc dans un mois et demi cette fois vu la note que j’ai eue. Aussi, entre-deux pour faire la jonction, je vais retourner chez mon marchand de légumes et produits frais maintenant que ma fille m’a dit qu’ils ont installé les écrans pour les caisses et que tout le monde (enfin en théorie) a un masque et que c’est obligatoire à l’intérieur des magasins (en théorie). Ceci dit ce sont des Coréens qui sont les patrons et propriétaires de ce magasin de légumes même si les employés et caissiers sont plutôt sud-américains. Donc il y a de fortes chances que la règle du masque soit bien observée et encore plus pour leurs employés. 

De toute façon ma règle de base en ces temps de pandémie, c’est que si je ne le sens pas ou si je suis mal à l’aise je m’en vais voire je n’y vais pas du tout. Il faut se fier à son instinct, à ces tripes. Encore plus ces temps-ci.

J’irai de bonne heure parce ce magasin est vraiment petit mais les prix pour le pain et les fruits et légumes sont vraiment plus raisonnables que le supermarché. Il me faut certains fruits comme citrons, mangues, oranges, mandarines, avocats, tout ce que je ne peux pas avoir par la livraison des produits des fermes locales en fait, mon « panier » de fermes. Pour le gros des légumes qui peuvent pousser ici dans le New Jersey, je continue mon abonnement au panier de fermes bien entendu.

Quant au centre d’achat en gros, BJ’s, j’évite parce que c’est sur la grande route commerciale 22. Il y en a peu dans le New Jersey de ces grands entrepôts de vente, contrairement à un supermarché ordinaire, donc ça brasse une population de plusieurs villes et comtés des environs — ce n’est même pas dans ma ville. Alors que le supermarché de Berkeley Heights brasse essentiellement des habitants de Berkeley Heights puisqu’il y a un voire 2 de ces supermarchés dans chaque petite ville— aucune raison d’allier dans des villes éloignées pour aller dans un supermarché puisqu’on a le même dans sa propre ville ou la ville toute voisine (Gillette pour moi puisque c’est même plus proche que mon centre-ville de Berkeley Heights). Et on sait que le virus aime le brassage de population. Donc c’est mon raisonnement. Le club d’achat permet en outre d’acheter certains articles non périssables ou des articles de ménage et nettoyage par Internet avec expédition postale et j’y fais les courses de cette façon maintenant.

Redevenir sale comme avant — trace

Je rêve de redevenir sale comme avant.

Il faut bien se rendre compte que maintenant nous effectuons de façon routinière des protocoles de nettoyage de niveau médical, chez nous, dans nos propres maisons, sur nous, sur nos propres personnes —sans jeux de mots — des désinfections rigoureuses réservées auparavant au personnel médical et dans un contexte médical.

À être trop propres, si cela devait rester, ne risque-t-on pas de perdre toute immunité ?

D’autant que les personnels médicaux n’appliquaient sans doute pas ces procédures ensuite chez eux, dans le civil. Maintenant il leur faut les appliquer aussi une fois de retour dans la vie civile, et peut-être encore plus pour eux que pour nous, quand ils rentrent chez eux, pour ne pas apporter avec eux la charge virale à laquelle ils sont confrontés tous les jours dans l’exercice de leurs fonctions de personnel soignant.

Mais à force de vivre dans des lieux avec des objets, des corps, surdésinfectés, ne risque-t-on pas de perdre toute immunité ? Ou plutôt notre système immunitaire ne risque-t-il pas non seulement de ne plus savoir faire mais également de devenir paresseux ? Ou encore pire oisif, et, par ennui et inactivité trop longue, de se retourner contre nous ?

On savait déjà (bien avant la pandémie) que les sociétés trop propres voient un développement outrancier des maladies auto-immunes, justement dues à l’oisiveté de notre système immunitaire qui s’ennuie et n’ayant plus aucun pathogène extérieur à attaquer, s’en prend à nous-mêmes. Sur le sujet on peut lire (notamment mais pas seulement, ce sont des faits très documentés et connus) l’excellent livre, Le charme discret de l’intestin de Giulia Enders où l’auteur (un médecin spécialisée en gastro-entérologie) faisait une petite apologie de la saleté ou du moins  de la non-désinfection dans le cadre domestique. Elle avait raison dans la vie d’avant en général — malheureusement plus maintenant ou plus exactement elle a raison en général sauf avec ce virus en particulier, ce virus et sa virulence, sans précédent connu ni documenté. Quoique peut-être sommes-nous tout simplement immatures ou pas encore assez avancés sur le plan scientifique et médical pour ce type de virus. Comme nous étions démunis et impuissants lors des siècles passés, face aux bactéries et virus provoquant des maladies considérées bénignes et courantes maintenant mais qui entrainaient des hécatombes chez nos ancêtres il n’y a pas si longtemps encore.

Étions-nous si résistants jusqu’à présent avec nos manières de vivre « sales » ou plutôt ce virus « étranger » dans le sens alien presque extraterrestre — nous avons mis plusieurs milliers d’années avant de le rencontrer — est-il  spécialement contagieux ? 

(Alien : il vient presque d’une autre planète, d’un autre espace du moins. La voilà l’invasion des aliens tant redoutée par les Américains (une de leurs obsessions)  — les aliens ne sont pas venus d’autres mondes, d’outre espace mais de l’intérieur de notre monde, de ses confins où l’homme n’allait pas se promener, sous la forme d’un virus en lieu et place des monstres décrits dans les séries catastrophes à grand spectacle, un simple brin d’ARN même pas vivant.)

En tout cas, j’aimerais tant redevenir sale comme avant — ce n’est pas demain la veille.

(texte ébauché dès le 10 avril 2020 autour de pensées qui ont continué à me hanter depuis, réflexions d’ordre philosophique basées sur un certain nombre de faits médicaux et scientifiques connus et reconnus depuis un bon moment)

Ce matin à la prise de sang

Ce matin à la prise de sang la technicienne n’arrivait pas à déchirer à la main le gros bandage autocollant qui devait maintenir ma compresse après la prise de sang. 

Pendant qu’elle bataillait je lui dis : « Ah, on ne peut plus déchirer avec les dents, on aimerait toujours pouvoir faire ça… » et j’ajoutai « il faut bien rire un peu. »  J’ai vu ses yeux se plisser d’un sourire (puisqu’elle avait un masque bien entendu) et elle me répondit « oui. »

Je continuai : « Pas que vous fassiez réellement ça dans un contexte médical… mais qu’est-ce qu’on était sale avant.»

Là, elle répondit : « Oui. Et on survivait… »  [en étant sale]

J’aimerais tant pouvoir être sale à nouveau — modérément sale, il ne faut rien n’exagérer non plus, pour la plupart nous n’étions pas outrancièrement sales quand même, surtout en regard des siècles précédents. Mais avoir droit à l’erreur, de se toucher le visage sans s’être désinfecté médicalement les mains, de faire une petite erreur — ce qui était alors une petite erreur et qui ne prêtait pas à conséquence ou si peu, au pire un petit rhume, une vague diarrhée, la plupart du temps rien — dangereuse voire funeste maintenant.

En route pour la prise de sang – 14 septembre 2020

Pandémie et manque de sommeil

Clous en rouleau pour le pistolet à clous façon mitrailleuse

Depuis une vingtaine d’années je n’ai pas le meilleur des sommeils et ça ne s’améliore pas avec l’âge la ménopause et les moments épisodiques de stress évidemment. Ce n’est rien de dire qu’en ces temps de pandémie mon sommeil est encore pire que ce qu’il était avant. On va dire que le moment épisodique de stress est un moment continu de stress. Sur durée longue et indéterminée.

Je m’en suis accommodée et sais qu’il vaut mieux ne pas résister, qu’il faut accepter le fait, rallumer dans mon cas et lire quelques lignes d’un livre en papier ou d’une revue en papier — j’insiste sur le papier. J’ai toujours su d’instinct que toutes ces machines électroniques diverses et variées avec un écran étaient excitantes. Il n’ y a qu’à voir le nombre de gamins qui ont le syndrome ADHD (hyperactivité et déficit d’attention) — bien plus que dans ma jeunesse où c’était plutôt exceptionnel. Il m’est arrivé les dernières années d’avoir des classes où la moitié des élèves étaient comme ça ou proches de ce syndrome même sans en avoir la catégorisation officielle. L’abus de sucres en tous genres n’explique pas tout. Bref je l’ai toujours pensé ou su instinctivement — du gros bon sens. Maintenant c’est complètement passé dans les connaissances grand public, je ne passe plus pour une rétrograde illuminée quand je le dis, les études scientifiques documentées et robustes abondent et les médecins le prennent en considération quand ils enquêtent et essaient de diagnostiquer des troubles du sommeil. Cela fait partie des questions de routine du médecin que de demander si on a de l’électronique au lit. Fin de la digression. 

Donc je lis quelques pages ou lignes : quelques lignes dans le meilleur des cas suffisent à me rendormir, quelques pages dans le pire des cas. Dans les cas extrêmes au moins j’avance une de mes lectures, je finis un livre. J’ai toujours un gros choix de livres en cours ainsi que beaucoup de nouveaux livres à côté de mon lit pour ne pas avoir à me lever.

Le mieux c’est la poésie, d’autant que c’est souvent court donc cela empêche de vouloir continuer un chapitre ou un passage qui serait prenant. Et dans la poésie le mieux c’est encore les haïku. En plus ils sont généralement calmants par leur nature même et leur atmosphère aussi la plupart du temps. Les essais philosophiques ou littéraires et scientifiques sont bien aussi par leur absence d’émotion induite — éviter à tout prix les essais et commentaires politiques surtout en ce moment et quand je dis en ce moment ça date d’avant la pandémie. Avec l’agent orange et consort, face de bouc et compagnie (le livre sur Cambridge Analytica était terrible et m’a occasionné des nuits presque blanches mais c’était en novembre ou décembre dernier, à un moment où, au moins, je n’avais que ça qui m’occasionnait des insomnies et pas encore la pandémie, qui est quand même le premier facteur de mon mauvais sommeil actuel.

Ces temps-ci outre la pandémie le stress induit et la ménopause (deuxième facteur qui était jusqu’à la pandémie le premier, il faut bien le dire), ces temps-ci donc, il y a aussi une raison purement matérielle au manque de sommeil. Je m’endors très tard puis j’ai des réveils plus ou moins longs au cours de la nuit et comme en ce moment nous sommes tous à la maison (pas besoin de conduire ma fille à la gare avant 7 heures du matin), nous dormons un peu plus tard. Mais ça, c’était pendant le confinement strict (pseudo strict il ne faut rien exagérer non plus, en Argentine par exemple ils ont eu bien pire en guise de sévérité de confinement. Depuis qu’on a commencé à rouvrir le New Jersey, les travaux non essentiels ont été autorisés à reprendre et le chantier de la maison d’à côté (démolition et reconstruction sur la même surface d’occupation du sol) qui n’avait pas eu le temps de vraiment commencer (c’était aussi l’hiver avec froid et risques de neige puis la pandémie a commencé début mars) a repris son activité. Les travaux ont commencé donc toute la journée nous avons du bruit ce qui est déjà fatiguant en soi. Notamment depuis qu’ils travaillent sur la carcasse de la maison, pas seulement la charpente puisque les maisons américaines sont intégralement en bois sauf les fondations : la rafale des pistolets automatiques à clous (nail gun) est un summum du genre. Non seulement toute la journée nous avons du bruit mais le pire c’est qu’ils commencent tôt le matin et quand je dis tôt c’est tôt : certaines fois c’est avant 7 heures (j’ai vérifié le code municipal, malheureusement l’heure légale c’est 7 heures en semaine pour ce genre de travaux). Quand on a mal dormi ou peu dormi, 7 heures c’est tôt, d’autant que nous n’avons pas besoin de nous réveiller de bon matin. Souvent c’est 7 heures moins dix, une paire de fois je crois que ça a même été 6 heures et demie ou plus tôt mais ça ne s’est plus reproduit récemment.

Alors ces travaux empirent mon déficit de sommeil. Nous sommes contents le dimanche d’autant que, oui, il arrive qu’ils travaillent le samedi aussi (c’est malheureusement autorisé, et je pense qu’ils rattrapent le temps du confinement ). Il est arrivé au début qu’ils travaillent aussi le dimanche. Nous sommes contents aussi les jours fériés. Il y en a eu un récent, le lundi 7 septembre, Labor Day, et le samedi de ce long week-end, ils n’avaient pas travaillé non plus. Le dimanche, c’était donc le silence et la possibilité de dormir un peu le matin. Par contre patatras le lundi férié ils ont travaillé. Un peu plus tard, vers 8 heures mais quand même (ce n’est pas autorisé selon le code municipal, le dimanche non plus d’ailleurs… ) J’aime aussi les jours de grosse pluie parce que souvent ils ne viennent pas non plus, ou plus tard. Quoique maintenant que la structure et le toit sont posés ils peuvent travailler à l’abri dedans.

En plus, c’est culturel, un Américain est sonore et bruyant, encore plus quand il travaille d’autant qu’il est (sur) équipé de machines et de zinzins encore plus qu’ailleurs, encore plus gros et plus bruyants qu’ailleurs. Et ce pistolet à clous (une mitrailleuse à clous de fait qui tire en continu et en rafale) comme je disais c’est une horreur. Mais il y en a d’autres. Pour commencer le générateur électrique (groupe électrogène portable) et certaines fois il y en a 2 qui fonctionnent en même temps et un groupe électrogène à essence c’est extrêmement bruyant. Les fenêtres de ma chambre et de celle de ma fille donnent en direct sur le chantier… donc nous sommes aux premières loges pour le bruit. Je n’ai pas compris pourquoi is utilisent des groupes électrogènes puisqu’en démolissant l’ancienne maison ils ont pris soin de conserver le pan de mur qui comportait le compteur électrique qui est resté connecté au secteur — il suffirait de payer un abonnement et ils auraient le jus avec moins de bruit.

De temps en temps, un vendredi ou un samedi on a une bonne surprise, même s’il ne pleut pas ils ne viennent pas et nous pouvons dormir. Par 3 fois au moins, un de ces samedis ou vendredis forts rares, pour une fois qu’il n’y avait pas les ouvriers, eh bien c’est mon fils en France qui m’a réveillée en me téléphonant à tout juste 8 heures.

Je laisse toujours mon téléphone portable (smartphone) allumé la nuit depuis que mon fils cadet a été attaqué. C’était il y a 4 ans environ, il a été attaqué sur Internet au milieu de la nuit, alors qu’il était dans sa chambre à la maison, un jour où, par chance, j’avais laissé mon smartphone allumé toute la nuit puisque ma fille était sortie et que je ne l’avais pas entendue rentrer. Donc je l’avais laissé allumé. Avant cet épisode je ne le laissais allumé que quand les enfants sortaient et l’éteignais dès je les entendais rentrer. Je l’éteignais aussi pour la nuit  si personne ne sortait et tout le monde était à la maison. C’est une autre histoire que je raconterai peut-être une autre fois mais j’avais heureusement pu intervenir parce qu’un de ses copains, en désespoir de cause, m’avait appelée au secours pour mon fils. Et nous dormions tous dans nos chambres, dont son grand frère en visite dans la chambre juste à côté, sans avoir rien entendu. Toujours est-il que depuis ce jour-là je n’éteins plus jamais mon smartphone. Donc quand mon fils aîné me téléphone (il appelle toujours sur le portable puisque c’est en visioconférence et qu’on ne paye rien) il me réveille s’il est inattentif à l’heure, avec en outre le décalage horaire de 6 heures (ce qui arrive aussi, les coups de fil à 5 heures du matin j’ai donné ! ) Il s’est amélioré c’est plutôt vers 8 heures ces derniers temps (involontairement puisque c’est quand son employeur le lâche, le vendredi après-midi vers 14 heures en France donc 8 heures du matin pour moi). Il arrive qu’aléatoirement un vendredi ou un samedi il appelle tôt et c’est toujours quand les ouvriers nous avaient justement laissés dormir. Quand les ouvriers travaillent dès 7 heures un vendredi ou un samedi, ce sera la fois où mon fils appellera vers 11 heures.

Je l’engueule gentiment mais comme il vit loin  je veux lui parler et je décroche. Ce n’est pas si souvent qu’il peut appeler, en général en semaine il n’a pas accès à son portable et lorsqu’il est en mission non plus. Il peut se passer plusieurs semaines sans qu’il puisse me téléphoner, alors quand il sonne je décroche. D’autant que ce n’est pas cet été que j’ai pu le voir…

Ce matin a été l’un de ces jours sans ouvriers où il m’a appelée alors que je me suis endormie vers 1 heure 30 puis réveillée vers 2 heures et que j’ai vu 3 heures en lisant au lit. J’en ai été vaseuse toute la journée sans pouvoir ne rien faire de vraiment productif.

Demain c’est samedi, il doit faire beau. Qui va me réveiller tôt, les ouvriers ou mon fils ? Surtout que chaque soir c’est la loterie pour savoir si j’aurai du mal à m’endormir ou pas. Je m’endors à 1 heure 30 ou 2 heures quand ça va et certaines fois, crise d’angoisse et de stress et je vois défiler 3 heures voire 4 heures du matin.

Chantier de la maison d’à côté : evolution du chantier entre juin et août

La découverte renversante de Pied-de-Bois de Patrice Kes

La découverte renversante de Pied-de-Bois de Patrice Kes

Pour changer un peu du quotidien de pandémie, un article que je devais faire depuis bien longtemps à propos du livre de Patrice Kes, La découverte renversante de Pied-de-Bois, que j’ai enfin lu.

Patrice Kes du blog Patrice Kes Blog-Notes a publié ce roman, La découverte renversante de Pied-de-Bois, l’an dernier, en mai 2019 (quand je disais que je devais faire cet article depuis longtemps). Voici l’article que son blog qui le présente :

https://patricekes.wordpress.com/2019/05/25/au-coin-du-feu/

Livre que j’ai aussitôt acheté donc fin mai / début juin 2019. L’avantage de l’amazone, c’est que tout livre publié en autopublication chez l’amazone dans une partie du monde est de fait disponible à l’achat sur tous les sites Amazon de tous les pays. Donc peu importe où l’on habite dans le monde, pour peu qu’il y ait un site de l’amazone dans cette région  (y a-t-il une région du monde qui ne soit pas couverte par l’amazone d’ailleurs ? peut-être l’Antarctique ?) , on peut y acheter tout livre publié par eux, peu en importe le langage. Il est imprimé et fabriqué localement à la demande, à la commande donc.

Ce qui fait que j’ai pu l’acheter sans problème aux États-Unis. Comme je devais voyager je ne l’ai pas commencé (j’évite d’emporter des livres même pour le temps du voyage ou alors un tout petit livre de poche que je rapporte à mes parents ou que je leur laisse).

Je l’ai commencé après mon retour, à un moment pendant l’automne et j’ai bien aimé ce que j’ai lu. Puis il a fallu préparer le voyage de fin d’année et comme en outre je lis toujours plusieurs livres en même temps, je l’ai posé dans la pile à nouveau. C’est dangereux parce que les piles de livres ont une vie propre et, je le jure, les livres se déplacent tout seuls, sans aucune intervention humaine, dans les piles et dans les étagères pendant qu’on ne les regarde pas. Mais j’avais fait une note mentale de l’offrir à ma mère.

Tout ceci nous amène 7 ou 8 mois plus tard, au début de cette année 2020. Je ne l’ai pas repris tout de suite en rentrant de France mi -janvier (il était tombé au fond de la pile disais-je — de laquelle ? ), mais je l’ai offert à ma mère pour son anniversaire début mars : même chose, les joies de l’amazone font que j’ai pu le commander sur le site français depuis les États-Unis et le faire livrer en France. Une bonne chose de l’avoir commandé au tout début mars parce qu’ensuite avec la pandémie et tout ce qui a fermé ou tourné au ralenti — y compris l’amazone en France — ça n’aurait plus été possible avant un certain temps.

Ma mère l’a reçu sans problème avant le confinement. Heureusement elle lit plus vite que moi et l’a lu dans la foulée et extrêmement apprécié. Voici ce qu’elle m’en a dit le 11 mars : «   Je viens de finir le livre, très amusant et bien écrit, ce qui est rare de nos jours ! »

Du coup j’ai fouillé partout et je l’ai retrouvé dans une pile où je jure que je ne l’avais pas mis (encore un coup de Napoléon c’est certain) et enfin lu en avril 2020 pendant le confinement, avec les difficultés de concentration que l’on sait et que tous les lecteurs ont plus ou moins subies.

J’ai également beaucoup apprécié les aventures historiques de Pied-de-Bois et de La Chouette, d’autant plus que le sujet et l’intrigue étaient à des années-lumière de ce que nous vivions avec le confinement etc,, ce qui faisait une diversion extrêmement bienvenue. J’aurais déjà apprécié le sujet en temps normal de toute façon mais en ces temps de stress c’était encore plus appréciable.

J’ai beaucoup aimé l’histoire, la petite histoire dans la grande Histoire et les personnages qui sont tous très attachants. Il est aussi très bien écrit, ce qui est agréable. Ce roman n’est pas sans rappeler Re-vive l’empereur ! de Romain Puertolas (dans l’esprit seulement parce que ni l’histoire ni le genre ne se ressemblent, leur principal point de ressemblance est une uchronie en quelque sorte, avec le même personnage de Napoleon). Les deux sont également amusants aussi.

Excellent livre que je recommande donc chaudement. En plus, en ce moment, c’est un agréable changement d’ambiance et une lecture sans stress. Les thrillers c’est bien, mais ces temps-ci ça rajoute un stress dont on n’a pas besoin et je cherche des lectures tranquilles tout en étant intéressantes bien entendu. Donc je recommande absolument ce livre, d’autant plus qu’il est autopublié et que plus on en parle autour de soi, plus il aura de chance de trouver des nouveaux lecteurs — c’est difficile sans la machinerie marketing d’une maison d’édition, les passages à la radio et les articles dans la presse.

Pour se le procurer, il suffit d’aller sur le site Amazon de votre région géographique et de faire recherche par le nom de l’auteur ou le titre.

En espérant donner l’envie à quelques lecteurs.

La découverte renversante de Pied-de-Bois de Patrice Kes