Vive l’électronique !

Vive l’électronique — sarcasme évidemment. Il y a déjà toutes ces machines et ces zinzins qui ne sont qu’électroniques, nos téléphones mobiles, nos ordinateurs, pour ceux-là c’est comme ça il n’y a pas grand-chose à faire, l’électronique est leur raison d’être, est leur être tout court.

Par contre il y a tout le reste, toutes les autres machines, les zinzins les bidules et objets du quotidien qui se font envahir par l’électronique sans aucune nécessité — à part les rendre plus « cool » et surtout plus fragiles voire jetables presque à usage unique, une fois que l’électronique est morte et cela arrive vite.

Le pire ou parmi les pires de ces autres machines qui deviennent de plus en plus bourrées d’électronique et surtout dépendantes de l’électronique sont les voitures. On ne dira jamais assez de mal de l’électronique dans les voitures. Certes cela rend (certaines fois, pas toujours d’autres fois c’est même le contraire) notre vie plus facile (la caméra de recul c’est vrai que c’est pas mal, mais il fait noter qu’avant on arrivait parfaitement à conduire et à reculer sans cette caméra de recul, c’est « nice too have », mais en fait pas absolument indispensable finalement, notre vie n’en dépend pas. iIl y en a d’autres comme les alertes alarmes et autres horreurs qui nous rendent la vie difficile voire sont dangereuse : comme cette alarme qui a jailli une fois sur mon tableau de bord entre mon compteur de vitesse et mon compte-tour et qui m’a dit que je devais m’arrêter immédiatement sur le bas-côté et faire ma vidange séance tenante, surtout ne plus rouler 1 minute de plus — j’ai eu une peur bleue quand ma voiture s’est allumée en sapin de Noël pour me dire ça, une fois que j’ai lu et compris ce qu’était cette alarme j’étais tout simplement folle de rage. 

N’empêche que j’ai sursauté et selon où je me serais trouvée, cela aurait pu provoquer un accident par mon sursaut ! La voiture devait avoir atteint les 3000 miles et/ou tant de mois (en général j’enlève ces alarmes, c’est la première chose que je fais quand j’ai une nouvelle voiture, mais cette alarme-ci avait dû être remise après une révision — ce n’est pas systématique donc je n’avais pas vérifié. Comme ces c(*^*&$## de concessionnaires veulent se faire du pognon sur notre dos c’est réglé à 3000 miles (environ 5000 km) ce qui est totalement inutile et bien trop fréquent . De rage en arrivant à destination j’étais allée dans les réglages et j’avais mis la prochaine vidange à 300,000 miles et la date à 2035 ! C’était ma voiture précédente donc ce sera au nouveau propriétaire de s’amuser avec mes réglages outranciers. 

Non seulement ces alertes et alarmes font peur inutilement, mais en plus je ne supporte pas qu’une machine me dise ce que je dois faire, encore moins quand c’est un mensonge éhonté et une façon de m’extorquer de l’argent et m’arnaquer.

Encore pire, avec la première Nissan (neuve et donc moderne) que j’ai eue en mai ou juin 2008, il nous est arrivé par 2 fois lors de notre voyage en Nouvelle-Angleterre l’été qui a suivi (la voiture avait un mois et demi donc) d’être coincés sur un parking au milieu de nulle part, comme il en existe beaucoup aux USA dès qu’on est sorti des zones urbaines, parce qu’il fallait attendre que Microsoft Windows redémarre sur l’écran annexe (là où l’on contrôle le chauffage le son la radio les CD, etc) et ça a mis une demi-heure : la voiture refusait de démarrer à la clef de contact tant que cette s#^$&*^ de Microsoft Windows n’avait pas redémarré. Comme votre ordinateur à la maison. On peste déjà suffisamment contre un ordinateur quand il fait ça alors quand c’est une voiture ! Qui par ailleurs « marche » parfaitement du point de vue purement mécanique. Surtout que nous ne savions pas ce qui se passait, que nous ne savions pas si ça allait se résoudre effectivement et redémarrer. Sans compter que si nous avions eu une urgence ? On doit conduire quelqu’un à l’hôpital, on doit évacuer d’un éboulement d’une inondation, avalanche ou feu de forêt : eh bien non, il faut attendre 1/2 heure que ce foutu Microsoft redémarre et pas moyen de contourner ou bypass ce foutu ordinateur. En rentrant de voyage je l’avais apportée fort mécontente à mon concessionnaire qui m’avait dit la gueule enfarinée que, oui, il y avait une mise à jour firmware ou software à faire, que c’était un bug connu. Vraiment ? Où est ma guillotine ?

C’est ce qui s’est d’ailleurs passé et malheureusement de façon extrêmement tragique avec les foutus Boeing Max qui se sont écrasés il y a 2 ou 3 ans : l’ordinateur de bord « buggait » et les pilotes n’ont pas pu le déconnecter. Cela fait froid dans le dos…

Jusqu’à jeudi soir quand mon fils m’attendait dehors quand je suis rentrée pour me dire « la Honda…  (la petite Honda Civic, rien d’extraordinaire, qui sert à sa sœur et à lui, une voiture neuve en leasing (c’est un autre sujet) modèle 2019 qu’ils sont depuis juillet 2019, qui a moins de 10,000 miles / 15,000 km, qui est révisée 1 fois par an et dont je vérifie les niveaux et les pneus tous les 3 mois environ) Donc cette petite Honda neuve de 2019 qui a roulé plus que modérément à cause de la pandémie, mais qu’on utilise maintenant plusieurs fois par semaine malgré tout, une fois passés les confinements stricts de 2020. Donc mon fils m’a dit « la Honda est foutue ». J’ai eu un haut-le-cœur, mais il était là bien vivant et en un seul morceau devant moi et ladite voiture garée paisiblement à côté de la mienne dans le jardin, en un seul morceau elle aussi. La dernière fois qu’il s’en était servi c’était le vendredi ou peut-être même le samedi précédent (ensuite il a été un peu malade, une intoxication alimentaire donc est resté à la maison) et nous étions le jeudi suivant. Dans l’après-midi il avait voulu la prendre pour aller chercher 2 copines qui devaient passer la soirée à regarder un film ou un feuilleton avec lui et quand il a tourné le contact la voiture s’est mise à clignoter comme un sapin de Noël en passant TOUTES, absolument toutes, les alarmes qui peuvent exister en boucle : les freins, la direction assistée, l’huile, les pneus à plat , l’ABS, j’en passe. Parce qu’en plus cette stupide machine contient un de ces ordinateurs à la con qui permettent de tout lâcher (volant et pédales) et conduit toute seule, elle fait même un créneau toute seule pour se garer si on lui demande. 

Quand les enfants ont pris cette voiture en 2019 ils n’ont pas cherché à avoir tout ça, ils ont pris la moins chère possible des Honda Civic en leasing, mais il n’y avait plus qu’avec tout ça : ce foutu ordinateur (même ma voiture un poil plus récente et plus haut de gamme ne l’a pas cet ordinateur ultra sophistiqué — heureusement ! ) Mais non seulement il y a ces alertes qui tournent en boucle et dont personne n’a besoin d’être grand clerc pour comprendre qu’elles sont toutes fausses et que c’est l’ordinateur qui déconne, en plus cela pose un problème de fonctionnement mécanique : la voiture démarre (contrairement à mon expérience avec la Nissan en 2008), mais comme le système informatique a planté il n’y a plus de direction assistée… et dans les voitures modernes on ne peut quasiment pas bouger le volant sans direction assistée. Alors que j’ai conduit dans ma jeunesse moult voitures sans direction assistée puisque ce n’était pas fréquent, voire inexistant, en ce temps-là, sans aucun problème. Par contre sur cette Honda Civic moderne cela ne ressemblait absolument pas à ces vieilles voitures un peu dures : le volant était quasi impossible à tourner même en faisant bouger la voiture de quelques mètres. Donc hors de question de conduire avec, c’est pour ça que mon fils avait tout arrêté et avait dit à ses copines de venir par leurs propres moyens.

Après une nuit blanche à chercher partout sur Internet comment redémarrer ce foutu ordinateur (sans succès) nous avons tout d’abord vérifié tous les niveaux (qu’on ne nous accuse pas de quelque manque maintenance) : les niveaux étaient parfaits, les pneus gonflés selon les préconisations — j’avais fait lesdits niveaux la dernière fois en mai ou juin et je répète, c’est une voiture neuve et on roule très modérément avec. Nous avons aussi vérifié qu’il n’y avait pas de câbles rongés par les fameux rongeurs : non plus et pas de trace de nouveaux nids de rongeurs de toute façon. Ni de leur passage (la fois précédente, en avril 2020 ils avaient fait une réserve de glands à côté de la batterie ce qui prouvait leur installation), d’autant que la voiture tourne tous les 2 ou 3 jours depuis 2021 donc ils sont moins susceptibles de s’y installer. En tous cas pas de dommage apparent (peut-être en dessous, mais rien de visible). Nous avons essayé ensuite les 2 ou 3 procédures trouvées sur Internet (à chaque fois pour des modèles légèrement différents qui n’avaient pas exactement le même tableau de bord, à croire que la voiture de mes enfants est un modèle unique), procédures où il fallait avoir 5 mains et 42 doigts pour en même temps pousser le levier des phares, appuyer sur le bouton de la radio, appuyer sur le bouton menu, etc et mettre le 8ème doigt dans son oreille (pour ne pas dire autre chose — je suis énervée à ce moment-là) et faire le poirier en même temps aussi. 

Rien n’y a fait, nous avons essayé 10 fois avec des variations, la voiture allumée, éteinte, entre les 2, etc. Un cierge à Sainte Rita la patronne des causes désespérées aurait été plus utile. En désespoir de cause, notre solution ultime était de débrancher la batterie pendant 20 minutes. En croisant les doigts parce qu’enlever une batterie sur une voiture moderne cela peut poser des problèmes quand on la rebranche : il faut entrer un mot de passe ou un code ensuite (lequel, comment, où ? mystère), sinon la voiture est en mode sécurité et bloquée — c’est pour notre bien c’est pour nous protéger des voleurs qui changeraient la batterie après ou pour voler notre voiture. Où est ma guillotine ? Pas contre les voleurs, mais contre les emplâtres qui ont inventé une idiotie pareille ! 

Nous avons (avec difficulté, pourtant dans ma vie j’en ai changé des batteries de voiture : Dodge, Honda plusieurs fois, Renault, Dacia et même celle du chasse-neige donc je ne suis pas complètement manchot sur le sujet) donc avec difficulté nous avons réussi à débrancher la batterie — pas les 2 cosses, juste la rouge, mais nous nous sommes dit que ça devrait suffire. Ça a suffi : une fois la batterie rebranchée et la voiture redémarrée, l’horloge marquait zéro et clignotait, donc la batterie avait bien été débranchée. Et surtout nous l’avions rebranchée correctement puisque la voiture a redémarré sans problème « mécanique », mais toujours avec le sapin de Noël des alertes et pas de direction assistée. Le « truc » de débrancher la batterie n’a pas marché comme avec un ordinateur ou un zinzin électronique quelconque, qu’on calme en lui enlevant ses piles ou sa batterie (rageusement) ou en arrachant sauvagement sa prise du mur (c’est du vécu, mais pour la plupart des zinzins c’est efficace).

Rien n’y a fait. En désespoir de cause (encore plus) mon fils a suggéré d’essayer de la manœuvrer pour la mettre dans notre allée (puisque les freins marchaient physiquement contrairement à ce que l’ordinateur disait, c’est la première chose que nous avions vérifiée) et ensuite d’essayer de faire un tour du quartier — résidentiel avec des petites routes et quasiment personne, donc peu de danger. Nous avons roulé très lentement et avec les warnings. En conduisant comme si c’était un camion de 36 tonnes c’est à peu près l’effet que ça faisait pour tourner sans parler du rayon de braquage (alors que les roues tournaient, mais il fallait tirer et tourner le volant de toutes ses forces), mais nous y sommes arrivés et sommes revenus sans encombre à la maison. Direction très (très très très) dure, mais en s’y prenant certaines fois à plusieurs fois on a pu tourner. Apparemment c’est « normal «  ou plus exactement on peut s’y attendre, selon le mécanicien (en France) de mon père appelé au secours dans la matinée : quand on perd l’ordinateur de bord, on perd la direction assistée parce que la direction assistée est électronique. WTF ?? Vive l’électronique !

Donc nous avons décidé de descendre en ville (nous habitons dans les hauteurs de notre petite ville) au petit garage (celui qui fait toutes nos révisions depuis des années, du moins de la seule vieille voiture que nous avions et depuis 2 ans aussi les révisions de nos leasings : j’ai vérifié les contrats et on a le droit de faire la révision où l’on veut, pas seulement chez le concessionnaire, on a même le droit de faire la révision soi-même ! ) parce que les concessionnaires je ne veux plus en entendre parler : ce sont des voleurs des menteurs des arnaqueurs et ils sont incompétents, ils peuvent très bien vous changer intégralement le moteur ou le système de frein tout entier parce qu’ils ne savent pas et là en l’occurrence, comme toutes les alarmes sonnent (parce que c’est non seulement visuel, mais aussi sonore ! ) cela veut dire qu’il « faut absolument tout changer »… bien entendu.

Donc très lentement, en passant par les petites routes, avec les warnings et à 20 à l’heure nous avons fait les 5 kilomètres jusqu’au petit garage du centre-ville, moi suivant mon fils, dans ma voiture et avec mes warnings aussi.

La suite c’est demain lundi, quand le mécano pourra la regarder (évidemment c’est le vendredi soir que nous avons pu finalement la descendre) et faire le diagnostic. En espérant qu’il puisse redémarrer ce foutu ordinateur. Apparemment sur les Honda Civic c’est Android et pas Microsoft, ah ah ah ça me fait une belle jambe ! Où est ma guillotine ? Le nombre de fois où j’ai sauvagement arraché la batterie de mon téléphone Samsung (sous Android donc) dans le passé — maintenant il n’y a plus de batterie qu’on peut enlever, elle est soudée et on ne peut plus ouvrir les téléphones modernes, où est ma guillotine aussi ?

Quant aux voitures Tesla qui sont en gros des ordinateurs avec des roues et un volant, j’en frémis. Quant à la conduite automatique sans chauffeur, mes cheveux se hérissent…

Parenthèse: et vendredi matin ça a été jusqu’au micro-ondes qui a fait des siennes (âge : 3 ans ), qu’il a fallu débrancher. Cela m’est déjà arrivé il y a 3 semaines : le micro-ondes qui ne chauffe pas mon lait le matin, je l’ai débranché pendant 10 minutes et cela a réglé le problème… jusqu’à maintenant. Vive l’électronique !

J’ai eu des micro-ondes divers et variés depuis 30 ans et c’est la première fois que j’ai à redémarrer « reboot » un micro-ondes : je ne l’avais jamais fait avant cette fois il y a 3 semaines (et encore une fois ce vendredi). C’est un modèle courant ordinaire, un micro-ondes de supermarché, absolument pas sophistiqué pourtant, comme tous les précédents que j’ai eus. Vive l’électronique !

Obligations vaccinales — trace

Savez-vous de quand date l’une des premières (voire la première ?) obligations vaccinales ? De George Washington — oui le George Washington, le père de la nation américaine, un demi-dieu ici ! En 1777 la Révolution américaine et l’Indépendance battaient de l’aile, les indépendantistes américains perdaient les batailles faute de combattants qui étaient décimés par la variole. George Washington a obligé (discrètement afin de ne pas alerter les Anglais que ses soldats étaient malades et tombaient comme des mouches)  les soldats de son armée à se faire immuniser contre la variole.  Ce qui a permis de finalement gagner la guerre d’indépendance contre les Anglais et de constituer les USA… La « vaccination » — ce n’était pas vraiment une vaccination à l’époque mais une variolisation (il a fallu attendre Jenner pour une vraie vaccination) mais le résultat poursuivi était le même, immuniser suffisamment de gens, les soldats en l’occurrence, pour ne pas qu’ils tombent malades et meurent — donc cette immunisation  a marché suffisamment pour diminuer de façon drastique le nombre de cas de variole et permettre aux soldats de mettre en échec la plus puissante armée du monde, l’armée britannique de l’époque. George Washington ! Comme quoi… 

En raccourci on peut dire que les États-Unis doivent leur existence à une obligation vaccinale — ce n’est pas loin de la vérité. En tout cas en grande partie.

J’ai trouvé cette petite histoire dans la grande Histoire dans un article publié récemment dans le New York Times et tiré d’une biographie réputée de George Washington. Ce serait bien que cette histoire rapportée par les historiens soit largement diffusée ici au lieu de crier « communisme » « freeeeedddoommm «  quand on parle des vaccins ! Et les hurlements sont encore plus forts quand on parle d’obligation vaccinale.

Le raisonnement derrière les obligations vaccinales (et il y en a eu plusieurs, plus tard encore, dans les 2 siècles qui ont suivi, avec la variole et aussi la polio, entre autres) dans un pays de liberté tel que les États-Unis, c’est que « même dans un pays qui met en priorité la liberté individuelle, les citoyens n’ont tout de même pas le droit de mettre en danger et faire du mal à leurs collègues, voisins,  amis, familles et aux autres membres de leur communauté en général » (New York Times). C’est la mise en danger de la vie d’autrui qui est empêchée dans ce cas. Des jugements de Cour Suprême ont été rendus, dont un qui explique (je cite encore l’article du New York Time qui le rapporte) que « la Constitution [texte sacré s’il en est ! mon commentaire] ne permet pas aux Américains de se comporter comme ils le veulent à tout moment. ‘La vraie liberté pour tous ne pourrait pas exister si tout un chacun pouvait agir sans tenir compte des dommages et des risques qu’il  peut faire courir aux autres’ selon le jugement rendu par Justice John Marshall Harlan en 1905 »

Le père de la nation américaine, le grand George Washington quand même ! En plus en ce temps-là le « vaccin » ou plutôt la procédure d’immunisation un peu rustique, c’est le moins qu’on puisse dire, utilisée c’est à dire la variolisation était mortelle pour 2 à 3% des « inoculés », on était bien loin de la sécurité de vaccins telle que nous la connaissons aujourd’hui : forcément on inoculait la vraie variole grattée sur du pus de varioleux qui avait une variole pas trop forte !  Malgré tout le jeu en valait la chandelle pour l’époque en regard de la gravité de la variole.

Alors franchement nous sommes des enfants gâtés. Même le vaccin Sabin n’était pas sûr à 100% et pouvait induire une polio —vaccin que j’ai eu une fois lors d’un de mes rappels polio donc ce n’est pas si vieux que ça. C’était le vaccin polio buccal, il n’est plus utilisé en Occident pour cette raison depuis le milieu voire la fin  des années 90 donc moins de 30 ans. Il est encore utilisé dans des régions où c’est plus facile à administrer qu’en faisant une piqure, geste invasif qui nécessite du personnel formé et de la désinfection / stérilisation :  entre un vaccin imparfait ou rien il se trouve qu’il vaut encore mieux le vaccin.

Comme quoi…

Comme toujours lire l’excellent livre que j’ai déjà mentionné et qui raconte entre autres l’épopée de la découverte puis du développement par étapes du vaccin contre la variole (sans l’épisode George Washington, dommage) : Vaccins de Philippe Sansonetti éditions Odile Jacob, publié en janvier 2017, bien avant cette pandémie donc on ne peut l’accuser d’être partial envers ces vaccins Covid en particulier.

Obligations vaccinales

Évidemment certains pleurnichent contre l’obligation vaccinale en Europe et aux États-Unis (encore plus) mais ma fille qui vit à New York m’a dit que sans vaccin on ne peut plus aller nulle part dans New York City : non seulement les restaus, les salles de spectacles, les bars, les cinémas comme j’en avais déjà parlé ici : https://michusa.wordpress.com/2021/08/28/un-jour-a-new-york-city-1er-aout-2021/   mais maintenant aussi les magasins du genre Darty ou la Fnac demandent de montrer la carte de vaccination.  Finalement nous avons une application dans le téléphone aussi, c’est tout récent. Mais sans QR code pour l’instant dans le New Jersey, le New Jersey est un peu à la traine. En tout état de cause, dans New York City si vous n’êtes pas vaccinés, au choix vous restez claquemurés chez vous parce que vous ne pouvez aller nulle part ou vous déménagez ailleurs dans un autre état. Du Sud, par exemple. Dans ces temples républicains hard core ou extrêmes, ces états dans lesquels les gouverneurs républicains extrémistes interdisent les obligations vaccinales pour les employeurs (même pour les hôpitaux ou les centres de soins ! )… tout en étant eux en particulier vaccinés (et sans le clamer mais ça finit par se savoir, quelques bons journalistes enquêtent), qui plus est vaccinés 3 fois pour certains, avant même l’autorisation de la 3ème dose. Mais ils interdisent l’obligation pour les autres. Cherchez l’erreur…

Le permis de conduire du New Jersey

J’ai déjà écrit plusieurs fois sur l’administration américaine : c’est du lourd ! lire ici : lire ici : https://michusa.wordpress.com/2021/05/12/formulaires-administratifs/ et ici https://michusa.wordpress.com/2016/11/05/stress-administratif/

Voici une autre histoire, l’histoire des permis de conduire, spécialement les permis de conduire du New Jersey, toujours du lourd, du très lourd.

Tout d’abord j’explique : la délivrance des permis de conduire est la prérogative des états et pas de l’état fédéral, on n’y peut rien pour le moment c’est comme ça. 

Nous vivons dans le New Jersey donc c’est l’état du New Jersey qui nous attribue (ou non) le précieux sésame. Non seulement il  est nécessaire pour conduire (duh comme on dit ici, c’est un permis de conduire à la base, non ? ) mais en plus il sert de papier d’identité puisqu’au nom de « freeeedooommmm » il n’y a pas de carte ni de document d’identité nationaux comme dans les pays d’Europe. Surtout pas : une telle carte d’identité est la marque du « communisme » « socialisme » et j’en passe, l’argument principal c’est freedom… Donc comme on ne se trimbale pas avec… quoi d’ailleurs ? Son acte de naissance qui ne comporte pas de photo ? D’autant que les personnes âgées n’en ont même pas, ça a été implémenté tardivement peut-être après la 2ème Guerre Mondiale et dans certaines zones rurales encore plus tardivement, donc certains n’en ont pas. Et que seulement 5% des Américains ont un passeport. Ce qui fait que de facto le permis de conduire sert de papier d’identité. Autrement dit à l’âge de 16 ou 17 ans selon les états, la première chose à faire c’est de passer son permis de conduire histoire d’avoir au moins un papier d’identité, qui comme nous le savons tous sont de plus en plus demandés partout et pour tout, bref indispensables.

Permis de conduire qui sert notamment à prendre l’avion (depuis 9/11 ou peu après je crois), pas pour conduire l’avion évidemment (quoique… sarcasme) mais pour pouvoir embarquer tout simplement puisqu’il faut un document pour prouver son identité. On tourne presque en rond là mais lisez la suite ça devient pire.

Comment faisait-on avant ? On ne faisait pas : en général une carte de crédit (sans photo donc, surtout à l’époque), servait de pièce d’identité. Et certaines fois pour plus de sûreté (sic ! ) il fallait en présenter 2 de ces cartes de crédit (au même nom bien sûr). J’ai connu cette époque au début des années 2000. Pour un chèque on pouvait monter une ou 2 cartes de crédit comme preuve d’identité, pour aller chercher sa commande ou sa réparation au magasin Apple (je donne cet exemple parce que c’est du vécu du début des années 2000). Pour prendre l’avion aussi, il suffisait même de montrer la carte de crédit qu’on avait utilisée pour acheter le billet.

Ce n’est plus possible maintenant, heureusement ! La pratique a disparu graduellement, il n’est même pas possible d’utiliser une carte bancaire qui a une photo d’ailleurs comme certaines en ont maintenant. Cherchez l’erreur : quand il n’y avait pas de photo c’était considéré comme une preuve d’identité, maintenant qu’il y a une photo ça ne l’est plus… Maintenant il faut montrer une vraie pièce d’identité, j’insiste sur le mot « vraie », comme on le verra par la suite, c’est important, c’est le mot clef : donc le permis de conduire pour la plupart des gens puisque très peu ont un passeport. D’autant que même si l’on a un passeport, on ne se le trimbale pas sur soi en permanence, il vaut mieux pour éviter de le perdre ou de se le faire voler. Et en réalité un passeport c’est fait uniquement pour passer les frontières et aller à l’étranger. Sur le territoire national un papier national d’identité suffit… devrait suffire. Encore faut-il que ce type de document existe. Je vous le disais on tourne en rond.

Donc exit la carte bancaire comme preuve d’identité, enfin presque : en pratique la carte bancaire sert encore de preuve d’identité… pour obtenir ou renouveler son permis de conduire ! ( (Il y a un système à 6 points d’identité qui n’est donc pas vraiment fiable, voir ci-dessous.) Quand je disais que c’était du lourd !

D’autre part lesdits permis se renouvellent tous les 4 ans (dans le New Jersey : la durée varie selon les états, cela peut varier entre 4 et 12 ans). Cherchez l’erreur aussi : on conserve systématiquement la même photo et la même signature. Maintenant ils (l’agence gouvernementale en charge) poussent même à renouveler « en ligne » (par Internet) donc aucune vérification, on se borne à reconduire les informations qui sont déjà dans leurs fichiers. Si la première fois a été frauduleuse, c’est bon pour le reste de sa vie. Sans fraude mais la première fois contenait une erreur pour moi : cela m’a pris 3 renouvellements (12 ans) pour avoir enfin mon permis à mon nom. Inutile de dire que chacun de ces renouvellements a été un pur cauchemar. Pour le premier renouvellement en 2006 j’ai été denied (refusée et refoulée) 3 fois à cause de cette erreur qui n’en était pas une : le permis était à mon nom de jeune fille suite à une erreur sur ma green card. Je ne savais pas que c’était une erreur puisqu’en France tous les documents officiels sont au nom de jeune fille. Sauf que sur la green card il n’y a la place que pour un seul nom et de toute façon les Américains en général ne reconnaissent qu’un seul nom. Je l’ai signalé à l’obtention de mon permis de conduire original en 2002 mais à l’époque la fonctionnaire m’avait dit que ce serait plus simple de le garder comme ça sinon il fallait que je revienne avec un certificat de mariage traduit officiellement  par une entité reconnue par eux et que ce serait compliqué et long, bref elle m’a dit que ce n’était pas grave et que c’était plus simple. J’ai fait l’erreur de la croire. Pour sa défense c’était avant le système à points d’identité, personne ne savait ce qui allait venir avec ce système à points…

J’ai eu ce premier permis initial en quelque sorte peu après notre arrivée, en novembre 2002, en passant l’examen du Code de la route mais pas la conduite : il y avait eu une « transcription » et traduction officielle du permis français et c’est vrai que ça avait été toute une affaire pour obtenir cette transcription. 

Entre 2002 et novembre 2006 date à laquelle je devais le renouveler il y a eu le passage à la procédure de points d’identité (ils n’ont rien à envier à nos énarques pour les procédures à la con qui demandent tout et son exact contraire en même temps ). Par exemple un passeport ou une green card (qui sont des documents fédéraux soit dit en passant) valent 4 points et une carte bancaire vaut 1 point, l’ancien permis (celui que l’on doit renouveler vaut 1, etc : il faut 6 points en tout, au même nom bien entendu et malheureusement l’un était à mon nom de jeune fille (la green card ) et le reste à mon nom de mariage (les cartes bancaires, les factures qui servent de preuve d’adresse, nécessaires en plus des documents de points d’identité etc), donc problème : le problème a pu être résolu en ouvrant un compte bancaire à mon nom de jeune fille et en commandant une carte bancaire au nom de jeune fille pour ce compte et j’ai eu mes 6 points mais ça a été limite : le dernier jour du mois du renouvellement. Sinon je conduisais sans permis. 

Le consulat de New York que j’avais appelé au secours n’a pas pu être d’une grande aide : « montrez votre passeport français qui contient vos 2 noms et qui fait le lien justement entre vos 2 noms ». Inutile, nul et non avenu : la fonctionnaire de l’agence du permis de conduire l’a regardé avec dégoût et l’aurait presque jeté à la poubelle si elle avait pu « aucune valeur, ne veut rien dire, pas reconnu aux USA » je cite en adoucissant les termes qu’elle avait utilisés pour décrire mon passeport français. Mais le consulat est à New York City, dans l’état de New York et je suis dans le New Jersey. Apparemment cela marche dans l’état de New York, le passeport français est accepté comme preuve d’identité pour le permis, ce qui parait logique puisqu’un passeport justement est un document international pour prouver son identité dans un pays étranger dans lequel on n’a pas nécessairement (presque jamais ! ) de papier d’identité : ce serait du lourd que d’avoir besoin des quelques 190 ou je ne sais combien papiers d’identité, un pour chaque pays qui existe. Quoique…

L’ironie c’est que le compte et la carte bancaires ont été faits à mon nom de jeune fille par la banque… en montrant mon passeport français pour prouver que les 2 noms étaient bien pour la même personne…

Pour le renouvellement suivant je n‘ai pas été refoulée (j’avais encore cette carte bancaire qui se périmait le mois suivant et je n’avais pas encore reçu la nouvelle qui était coincée quelque part dans la poste) mais ça a été limite parce que mon initiale du second prénom qui est sur la carte verte mais pas sur la carte bancaire a posé problème cette fois alors que 4 ans plus tôt non. Il faut que le nom soit strictement pareil à l’initiale près… Pour une initiale en plus ou en moins j’étais suspecte de ne pas être moi mais je ne sais quelle dangereuse fraudeuse. Il a fallu faire appel à un manager et c’est passé. 

Le troisième renouvellement en 2014 a été du sport parce qu’entre temps j’ai fait corriger ma green card au renouvellement des 10 ans (au niveau du gouvernement fédéral et avec les papiers européens traduits en multilingues et disponibles auprès de ma mairie en France ) : comme il s’agit des employés du gouvernement fédéral qui sont d’un niveau intellectuel un peu supérieur, il n’y a pas eu de problème.

Ce renouvellent du permis de conduire de 2014, inutile de dire que je l’appréhendais parce que j’avais une green card à un nom et je voulais faire changer le permis au même nom en le renouvelant. Pas le choix d’ailleurs puisque mon seul document à 4 points c’était ma green card (il n’est pas question de prendre 4 documents à 1 point d’ailleurs, il faut nécessairement au moins un document à 4 points : ça ne s’invente pas ! ) Malgré les mêmes papiers français traduits ça a été du sport : on m’a mise sur le côté et on a appelé un manager à qui j’ai expliqué que pour la green card (document autrement sécurisé) mes documents français, traduits par le gouvernement français étaient valables donc après plusieurs minutes de gros stress c’est passé. Il a presque été question de faire passer ces documents multilingues de format européen auprès d’une agence de traduction / transcription approuvée par l’administration des permis du New Jersey — agence privée, une entreprise qui fait du business comme une autre donc au niveau sécurité, j’en ris ! Je crois que je me suis couchée en rentrant à la maison et que j’ai dormi le reste de la journée.

En 2018 j’ai eu la belle surprise de pouvoir renouveler par Internet : on valide ses informations, en gros on dit que rien n’a changé et on paye les frais (24 dollars, ça va encore ) et c’est bon : on reçoit son permis une 15zaine de jours après par la poste. En renouvelant par Internet pas question des 6 points d’identité mais ce renouvellement par Internet n’est que sur invitation de leur part. On peut, malgré l’invitation, aller quand même en personne si on le souhaite (mais qui le souhaite ? il faut compter 5 ou 6 heures voire la journée et en plus on peut être denied ) et là devinez quoi : si on insiste à y aller en personne il faut les 6 points d’identité !

Après tout ce contexte, j’en viens à ce qui m’a fait écrire cet article aujourd’hui.

J’avais donc écrit un article sur le stress administratif lors de l’obtention du permis temporaire de mon fils, le document lui-même, une fois qu’il avait passé et réussi son test de conduite (on peut donc réussir son permis mais être refoulé à l’obtention du document pour des raisons purement administratives paperassières et non de conduite), lire ici : https://michusa.wordpress.com/2016/11/05/stress-administratif/

C’était en 2016 (pas question d’être denied il commençait son travail de caissier au Seven-11 deux jours après. J’aurais pu le conduire tous les jours bien sûr, mais cela simplifiait la vie de tout le monde qu’il conduise.)

Donc en 2020, en pleine pandémie, on n’avait pas encore les vaccins l’an dernier et c’est quand la 3ème vague (2ème pour le NJ) a commencé, il a fallu aller renouveler. Lui n’a pas été invité à renouveler en ligne, malgré la pandémie, parce qu’il passait d’une licence temporaire (appelée permit ) à un permis définitif (valable 4 ans mais définitif, ça ne s’invente pas) appelé license. Quand je dis que l’administration américaine c’est du lourd ! Le document temporaire est une carte imprimée en orientation verticale et le définitif est en orientation horizontale. On a le sens de la nuance subtile dans cette administration…

Vu l’état de la situation sanitaire à l’époque (fin octobre 2020) nous avions quand même essayé en ligne sur les conseils mêmes de ladite administration, celle des permis de conduire du NJ, l’épouvantable NJ MVS ou MVC comme elle s’appelle maintenant (autre nom, même service affreux) : dans le courrier qui vous annonce que vous devez renouveler votre permis, cette administration vous dit « même si vous n’êtes pas invités à renouveler en ligne essayez quand même des fois que ça passe », je cite. Inouï mais vrai ! Malheureusement pour lui ça n’a pas fonctionné, c’était vraiment bloqué pour le passage au permis horizontal définitif, pandémie ou pas pandémie, retard ou pas retard : toute cette administration a des mois de retard, toujours pas comblés à ce jour un an après, à cause de la pandémie quand ses bureaux internes et ses bureaux d’accueil du public ont été fermés pendant plusieurs mois au début de la pandémie. Tous les permis arrivant à expiration pendant ces mois de fermeture ont heureusement été prolongés automatiquement jusqu’à la fin de l’année 2020. Pas ceux qui arrivaient à expiration après la réouverture cependant, comme c’était le cas du permis de mon fils.

Pour les autres renouvellements, certaines fois une nuance permet de passer : comme de ne pas déclarer qu’on a un permis de conduire dans un autre pays… c’est du vécu : si on renouvelle en renvoyant le papier en cochant qu’on a un permis dans un autre pays (c’est mon cas) par courrier postal, ça passe et ça renouvelle. Si on fait la même chose sur Internet en disant qu’on a un permis dans un autre pays ça ne passe pas : on est refoulé et on nous dit qu’il faut venir en personne. À ce moment-là on ferme son navigateur Internet et on recommence sans cocher ladite case : miraculeusement ça passe. Cela prouve combien c’est sécurisé ! En plus ils ont, ou devraient avoir, la mention des autres permis dans leurs fichiers puisque c’est ce qui permet aux étrangers d’avoir le permis de conduire du New Jersey pour commencer ! 

En tout état de cause ce n’est pas sécurisé : c’est pour cette raison que les permis de conduire de l’état du NJ en particulier (ce sont les pires et les moins sécurisés de tous selon l’administration fédérale) ne sont plus reconnus comme pièces d’identité valides au niveau fédéral. Il n’est plus possible de prendre l’avion, de rentrer dans certains bâtiments officiels fédéraux sécurisés etc, j’y reviens plus bas. La date butoir de cette non-reconnaissance c’était 2021 mais ça a été repoussé en 2023 pour les vols domestiques (intérieurs) heureusement mais tout de même on peut se faire denied des accès dans certains endroits officiels, sauf à prendre son passeport si on en a un (5% seulement des Américains en ont un).

Donc fin octobre 2020 mon fils s’y est collé et du coup quand on y va en personne il a une « récompense » : il a eu la nouvelle version vraiment sécurisée (il faut le croire, c’est vraiment vrai cette fois c’est ultra-sécurisé — sarcasme) qui avait commencé à être déployée en 2019 : cette nouvelle version du permis de conduire est un document sécurisé et accepté pour les vols domestiques (intérieurs) et dans tous les bâtiments officiels sécurisés. Mauvais timing : commencer un tel déploiement en 2019 ! Puis la pandémie est arrivée et les bureaux ont été fermés pendant plus de 3 mois : aucun renouvellement et tous les permis expirés se sont retrouvés avec une date limite étendue officiellement de 3 ou 6 mois voire jusqu’à la fin 2020 pour des « raisons de pandémie » (Heureusement mais a priori ce n’était pas gagné d’avance). Ensuite quand ils ont rouvert ils ont favorisé encore plus le renouvellement par courrier / en ligne finalement mais du coup il s’est agi d’un renouvellement à l’ancienne version et pas avec la nouvelle version sécurisée. 

Finalement ma fille devait renouveler en cette fin d’année 2021 : « skip the line, renew online ». Elle a reçu l’invitation à faire par Internet. Ce qu’elle a fait. Je me doutais que ce serait toujours avec la version non reconnue comme identité officielle par le gouvernement fédéral puisque pour avoir la version ultra sécurisée (j’en ris) il faut se présenter en personne et montrer ses 6 points d’identité (je ne m’en remets pas de ce système de points qui a plus de 15 ans pourtant). En fait c’est pire que ça et pire que tout : tout s’est bien passé elle a renouvelé en ligne sans se faire refouler, payé les frais et nous avons reçu le fameux permis au courrier ces jours-ci : sauf que même s’il ressemble au mien qui est aussi de l’ancienne version puisque de 2018 à première vue rapide, en fait non si l’on regarde de plus près. La qualité semble moindre, on dirait un bout de carton glacé au lieu du plastique épais (presque comme une carte de crédit) d’avant et surtout surtout : il y a écrit en gros tout en haut du permis « NOT FOR ‘REAL ID’ PURPOSES »  WTF ?! Vraiment ?

nouveau permis non sécurisé
ancien permis non sécurisé

Je comprends (je fais semblant) qu’il ne soit pas « sécurisé » comme celui de mon fils qui a la nouvelle version puisqu’il y est allé en personne, mais était-ce vraiment la peine de marquer l’ancienne version de ces mots ? Cette mention fait que beaucoup d’endroits refoulent et le refusent, « deny it » , endroits comme les bars par exemple. Pour avoir le droit de boire de l’alcool ou seulement d’entrer dans un bar, il faut montrer son identité, son ID pour prouver qu’on a plus de 21 ans ! On peut acheter un fusil d’assaut à partir de l’âge de 6 mois (voire avant, à la naissance dans les faits) mais pour boire une bière à 3% vol d’alcool il faut prouver qu’on a plus de 21 ans (pas 18 mais bien 21 dans notre coin, dans certains états arriérés c’est même 25). À 18 ans on peut voter mais pas boire une bière, à 17 ans on peut aller se faire tuer à la guerre en Irak ou en Afghanistan mais pas boire une bière, même pas un panaché. (Je n’ose pas dire que le concentré de cola pour les cocas et autres est à base d’alcool et qu’il doit y avoir peut-être 0.1 % d’alcool dans le coca-cola, peut-être un petit peu plus…). En tout état de cause les bars et d’autres endroits grand public rejettent ce document qui est marqué « not for real ID purposes » en disant que c’est un faux. Parce qu’on peut acheter des faux made in China pour se faire passer pour plus âgé pour accéder aux bars ou aux dancings, presque tous les ados font ça, c’est un sport national, presque un rite d’initiation donc what’s the point, quel intérêt puisque tout le monde le fait et que c’est un fait connu ? Ne serait-il pas plus sage de changer la loi à 18 ans au moins ? C’est vrai que ça rebute de voir écrit sur un document officiel « not for real ID purposes ». Voici un document pour prouver votre identité mais attention surtout : ce document ne prouve pas votre identité. Les énarques sont enfoncés là, je crois que c’est le pompon, du lourd, du très très lourd.

Donc ma fille de 25 ans se retrouve avec cette ID, succédané de fait de papier d’identité, nécessaire parce qu’il n’en existe pas d’autre, qui a l’air fausse, dont personne ne comprend pourquoi i y a marqué que ce n’est pas un document d’identité dessus. Celui qui a inventé ça est quand même un abruti de première, on devrait lui donner l’oscar des abrutis !

Je précise qu’il ne faut pas croire que cette vérification dans les bars est limitée aux jeunes dont on pourrait ne pas être tout à fait certain de l’âge. Mon père (plus de 70 ans à l’époque, une belle barbe blanche de patriarche) s’est vu refuser une bière dans un restaurant parce qu’il n’avait pas son passeport sur lui. Ma tante de plus de 60 ans s’est vue réclamer son « ID » pour acheter un paquet de cigarettes. Je me suis vue réclamer mon ID aussi pour acheter un briquet Bic (oui ! ) ou du sirop contre la toux qui contient du paracétamol. Ils sont censés vérifier l’âge quand on peut douter, cela n’a aucune obligation d’être systématique, surtout quand c’est évident mais par peur les employés le font systématiquement la plupart du temps. Les plus stricts à demander systématiquement l’ID sont les jeunes employés… même envers des clients qui manifestement ont l’âge de leur père ou de leur grand-mère. 

Aussi si l’on est scrupuleux et que l’on veut la véritable ID dans le New Jersey, le permis sécurisé nouvelle version, que l’on décide donc de prendre le rendez-vous en personne… eh bien c’est très difficile : on est fortement découragé (par l’administration elle-même) tout d’abord et ensuite les rendez-vous sont tellement rares qu’on risque de passer la date de péremption de son permis actuel. En résumé il faut un document sécurisé qui ne se fait qu’en personne mais on ne peut pas avoir de rendez-vous, pire on décourage à tout prix ces rendez-vous : certaines personnes se sont fait renvoyer chez elles, le fait de vouloir le document sécurisé n’était pas un argument. WTF ? Surtout que c’est un document qu’il faut pour voyager en avion pour les vols internes. Peut-être aussi pour voter ? Je prendrai mon passeport au cas où le 2 novembre. Tout ça alors que 5 % des Américains seulement ont un passeport. Heureusement pour les vols au moins, l’obligation de présenter un permis sécurisé a été repoussée à 2023, c’était pour 2021 à l’origine. Ceci dit avec l’administration de sécurité des aéroports et des vols en avion (administration fédérale, c’est la TSA, on a aussi beaucoup de millefeuilles administratifs ici) je ne parierais pas trop sur un permis avec la mention « not for real ID purposes » même avant 2023.

Bref il faut un document sécurisé, c’est de plus en plus nécessaire partout, pour cela il faut y aller en personne mais on ne peut pas prendre rendez-vous on est découragé et c’est quasiment impossible: un catch 22 comme on dit ici, une situation inextricable.

Même mon fils auquel l’administration avait refusé le renouvellement en ligne, quand il était dans dans la queue l’an dernier les fonctionnaires ont essayé de le renvoyer chez lui pour aller renouveler en ligne : prévoyante j’avais imprimé la copie d’écran qui lui enjoignait d’aller en personne au cas où, donc il a pu prouver qu’il lui fallait rester dans la queue pour passer en personne. Ça a cloué le bec du fonctionnaire. Certains moins prévoyants se sont fait renvoyer chez eux où ils ont réessayé par Internet pour être rejetés et devoir y retourner en personne encore une fois et faire la queue qui dure quasiment la journée. Cette fois-là pour mon fils ça a été effectivement l’affaire d’une journée : il est parti le matin et est revenu le soir : parti à 7 heures du matin il est rentré à 16 heures ! Cela vaut les queues de l’ancienne URSS… C’était long déjà avant mais depuis la pandémie ça a empiré évidemment. 

Une fois dans la place, la procédure était en tous points (c’est le cas de le dire) identique à la procédure telle que nous l’avions connue, d’avant le document ultra sécurisé. Alors, ultra sécurisé vraiment ?

Pour différencier physiquement le permis « ancienne version » comme le mien avec le permis qui est sécurisé comme celui de mon fils il y a une marque sur le nouveau qui le distingue de façon évidente. Alors pourquoi rajouter cette mention « not for real ID purposes » sur les nouveaux non sécurisés comme celui que vient de recevoir ma fille, mention qui sème le trouble et la confusion ? En plus maintenant on se retrouve avec 3 versions de ce document en circulation : les anciens non sécurisés, les nouveaux non sécurisés avec la mention qui les rend suspects et les nouveaux sécurisés qui ont un un signe distinctif. Je commence à avoir mal à la tête. Il va me falloir un « Que-sais-je ? » pour pouvoir comprendre…

Le coup de grâce maintenant : la distinction simple et visible du premier coup d’oeil pour que les autres administrations étatiques et les administrations fédérales sachent qu’elles ont bien affaire au document sécurisé et valide partout :  le permis sécurisé je vous le donne en 1000, en 10 000 — ça ne s’invente pas : le permis (ultra) sécurisé a tout en haut à droite une grosse étoile jaune, oui jaune ! Il fallait le faire ! L’administration américaine l’a fait ! Quand je disais que c’était du lourd, du très lourd.

nouveau permis sécurisé

(Ce n‘est pas une étoile de David, c’est une étoile à 5 branches comme pour les dessins des étoiles dans le ciel ou sur le drapeau américain mais jaune quand même ! C’est appelé « étoile jaune qui prouve que votre ID est sécurisée « real ID » papier d’identité véritable » sic ! ) 

Il fallait oser… personne n’a lancé d’objection, ça n’a titillé personne, pourtant ce n’est pas de l’histoire ancienne, le symbole est suffisamment chargé. Croyait-on.

Ralentir ou toujours courir ?

Finalement la réponse c’est toujours courir ! La « crise » avec tous les guillemets ne nous a rien appris, comme presque toutes les crises d’ailleurs, pire même que toutes les autres crises puisque nous sommes toujours dedans et que nous oublions déjà nos bonnes résolutions — celles qu’on avait prononcées un peu trop vite dans la panique des premiers instants — paroles paroles, comme chantait Dalida.

Lundi matin aux aurores (pas tant aux aurores que ça mais nous avons perdu l’habitude de nous réveiller et nous lever aussi tôt, pourquoi le ferions-nous puisque nous sommes tous sur place sans avoir à aller nulle part pour travailler ou étudier ? ) donc lundi matin tôt, vers 6h30, nous étions en route mon fils et moi pour sa prise de sang (il a tellement perdu l’habitude de se lever à cette heure-là que j’ai préféré le conduire).

Tout d’abord à ma grande surprise il y avait foule sur les routes. Les gens qui vont au travail ? Vraiment ?Alors que tout est en télétravail encore au maximum dans notre région et sinon, pourquoi si tôt ?

Sur la route secondaire qui va au centre médical où se trouve le labo il s’est même trouvé quelqu’un pour me talonner et me coller au cul parce que je n’allais pas assez vite. De toute façon vu le monde sur cette route (n’oublions pas que je suis en région suburbaine plutôt calme et en tout cas certainement calme à 6h30 du matin) vu le monde on ne pouvait pas aller vraiment très vite — d’autant que c’est une route secondaire au sein d’une agglomération limitée à 40 mph (60 km/h). Mais cette voiture me talonnait parce que cette personne devait aller quelque part et vite. Vraiment ? Un lundi matin à 6h30 sur une route secondaire ? Si l’on est vraiment pressé il y a l’autoroute (gratuite). Ou alors allait-il à l’autoroute ?  Et quand bien même. Un lundi matin. À 6h30. Après tout ce que nous avons vécu depuis plus d’un an et demi et que nous vivons encore.

Ensuite pendant que j’attendais mon fils sur le parking du centre médical — le parking était presque désert ce qui est normal pour l’heure, à part les infirmiers du labo, un peu de personnel pour ouvrir et mettre en route le centre et les occasionnels patients venus faire une prise de sang — donc dans ce parking quasi désert, j’ai vu passer une voiture qui a traversé ce parking à toute blinde, au moins à 60km/h. Inouï au sein d’un parking. Parking complètement indépendant de la route donc ce n’était pas quelqu’un qui prenait un raccourci mais quelqu’un qui travaillait ici, encore pire. D’autant plus un parking de centre médical. Vraiment, de si bon matin ? Dans un parking ? Dans un centre médical ?

On aurait pu penser, on aurait pu croire que les gens se seraient calmés un peu, auraient pris du recul en plus d’un an et demi. Surtout je répète, je ne suis pas en ville mais en suburbain dans une commune de 12 000 habitants en pleine forêt et nature. Alors ?

Ralentir ou toujours courir ? Toujours courir. Sans aucune raison. Nous devrions avoir compris cela avec tout ce que nous avons vécu, que courir partout comme des poulets sans tête est vain, inutile voire néfaste.

Mais on continue, reprend de plus belle et on court partout, vite vite vite plus vite.

Pour foncer droit dans le mur. 

Une odeur de gaz

Il y a une dizaine de jours nous avons célébré les 25 ans de ma fille : en toute simplicité (elle a célébré aussi avec ses amis dans son appartement à New York City), un petit repas avec un bon plat et une bonne bouteille en compagnie de son frère et moi. Elle voulait des gnocchis, que j’ai cuisinés à la truffe avec la poudre de truffe rapportée de France en 2019 et de l’huile aromatisée à la truffe aussi rapportée de France. Cela manque évidemment de vraie truffe mais pour des expatriés ce n’est pas mal du tout. Nous avons aussi ouvert une bouteille de champagne rosé pour l’occasion. Il faut savoir qu’en été je m’abstiens au maximum d’utiliser le four pour éviter de chauffer la maison. Justement entre le 20 et le 25 septembre nous avons eu à nouveau une vague de chaleur et avons été obligés de refaire tourner l’air conditionné. Nous avons malgré tout décidé de conserver le menu prévu même si je fais cuire les gnocchis exclusivement au four d’après la méthode italienne.

Le lendemain de ce repas, après mon petit-déjeuner, comme tous les matins j’ai fait chauffer à nouveau de l’eau dans la bouilloire pour mon second thé du matin. Je n’étais pas à proximité quand la bouilloire s’est mise à siffler. Ma fille qui était en train de prendre son petit-déjeuner a éteint puis je suis descendue faire ce second thé. J’ai trouvé que ça sentait un peu le gaz dans la cuisine mais comme on venait juste d’éteindre le gaz sous la bouilloire… qui avait aussi peut-être débordé et éteint la flamme momentanément. C’est ce que je me suis dit. De plus ma fille s’était fait cuire un œuf au plat et avait donc rallumé un des feux sur la cuisinière, donc cela pouvait être une autre raison.

Un peu plus tard dans la matinée en descendant dans la cuisine pour faire mon 3ème thé j’ai trouvé que ça sentait toujours le gaz et cela a commencé à m’inquiéter un peu : j’ai laissé tomber l’idée du thé pour ne pas utiliser le gaz et décidé d’aérer en ouvrant la fenêtre. J’ai vérifié que les feux étaient bien tous éteints correctement. Tout était bien éteint. Puis j’ai eu un autre doute, je me suis dit que mon fils avait peut-être mal éteint le four la veille. Normalement il y a une sécurité, s’il n’y a pas de flamme la sortie du gaz est empêchée mais on ne sait jamais. Surtout que je n’avais pas utilisé le four depuis un bon moment puisque c’était l’été et qu’il faisait très chaud, quelque chose pouvait s’être détraqué. Après plusieurs allées et venues entre l’étage et la cuisine, je trouvais que cela allait mieux dans la cuisine en aérant mais que maintenant cela sentait définitivement le gaz en haut de l’escalier de l’étage.

J’ai commencé à me faire du souci : ce n’était sans doute pas le four finalement puisque dans la cuisine cela allait mieux en aérant mais peut-être un problème au niveau du compteur dehors qui justement est sur la façade côté couloir et escalier.

Je me suis alors résolue à sortir pour aller vérifier si cela sentait le gaz autour du compteur, prête à appeler la ligne d’urgence de la compagnie de gaz le cas échéant.

En redescendant pour aller vérifier dehors, je me suis arrêtée dans la cuisine pour me laver les mains et là tout d’un coup j’ai respiré une énorme bouffée de « gaz »  qui montait de l’évier. C’est alors que j’ai compris et identifié le coupable de cette « fuite de gaz » : le plat utilisé la veille pour les gnocchis (que nous avions intégralement finis, les gnocchis ça ne dure jamais chez nous) que j’avais mis à tremper dans l’évier. Plat qui avait contenu des gnocchis… à la truffe. Depuis le début, l’odeur de « gaz » était l’odeur de la truffe un peu chimique qui émanait du plat dans l’évier !

Je me suis fait une belle peur !

La cuisine a ensuite senti la truffe (le « gaz » ) pendant plusieurs jours après avoir lavé le plat coupable. Mais à ce moment-là je savais que c’était la truffe que cela sentait et pas le gaz. Je pensais que j’avais fait tomber de la poudre de truffe sur le plan de travail et l’avais mal nettoyé mais non : en plus j’avais mal refermé ou plutôt pas serré à fond le bouchon du petit pot qui contient la poudre de truffe. L’odeur était restée assez localisée, sur le plan de travail en dessous de l’étagère sur laquelle se trouve ce pot.

Température et humidité

Nous arrivons enfin à la fin de la saison de l’air conditionné, déjà en septembre, surtout depuis la mi-septembre, nous l’avons moins utilisé. Ce n’est pas tant la chaleur elle-même, « la température » qui nous oblige à l’utiliser, que l’humidité ambiante. 

Quelqu’un me demandait il y a quelque temps dans les commentaires d’un de mes articles sur ce blog, quelles étaient les températures chez nous cet été et je n’ai pas pris le temps de lui répondre. Je réponds donc ici en faisant un récapitulatif température et humidité dans mon coin du New Jersey central — l’humidité est le point clef, bien plus important que la température toute seule. C’est aussi vrai en hiver d’ailleurs, un froid sec est bien plus supportable qu’un « moins froid » très humide, sans compter que la neige est plus lourde quand il fait humide et fait des dégâts, qu’il y a des pluies verglaçantes et du verglas en général, par temps plus humide. J’en reparlerai sans aucun doute quand ce sera la saison.

Tout l’été il peut faire chaud voire très chaud, la température peut monter jusqu’à 35 ou 40 degrés Celsius mais on pourrait arriver plus ou moins à supporter jusqu’à 30 degrés s’il n’y avait pas l’humidité (et si les maisons étaient construites différemment, pas en bois ou mieux isolées au moins, avec des volets etc.) Ceci dit l’humidité c’est presque indépendant de la façon dont est construite la maison elle-même. La température non, elle est fortement dépendante de la maison et du type de construction. J’ai vécu toute mon enfance et une partie de ma vie adulte sur la Côte d’Azur et les températures de 35 degrés ou plus j’ai bien connu en été : ces chaleurs où le moindre mouvement nous faisait ruisseler de transpiration. Justement on ruisselait de transpiration donc on se rafraîchissait. On se rafraîchissait  parce que c’était une chaleur sèche et que la transpiration pouvait s’évaporer, ce qui n’est pas le cas quand il fait humide. Je dis c’était parce que ce n’est plus tant le cas que ça à ce que j’ai pu constater au fur et à mesure des années. (Avant la pandémie je revenais tous les étés sur la Côte d’Azur pour voir mes parents et ma famille.) Le dernier été où j’y suis allée, l’été 2019 donc, il a fait très humide alors que d’habitude il fait plutôt sec sur la Côte d’Azur en été. Humide mais sans pluie, à plus de 65% d’humidité dans la journée avec la chaleur ça a été terrible. Normalement il y fait (faisait) plus humide en hiver avec des températures par ailleurs fort clémentes. Ce n’est plus le cas il fait maintenant de plus en plus humide en été et quand on dépasse 65% cela devient pénible à supporter.

Pourtant 65% d’humidité ce n’est rien en comparaison avec ce que nous avons dans le New Jersey, nous souhaiterions n’avoir que 65% d’humidité au maximum. Dans le New Jersey en été 65% d’humidité c’est presque un jour sec.

Dans le New Jersey il fait tout l’été entre 80 et 95% d’humidité alors d’est insupportable dès 25 degrés. J’ai plusieurs fois été obligée de forcer l’air conditionné par 20 ou 22 degrés dehors — voire moins — parce qu’il faisait 95% d’humidité.

Le matin quand je me lève, je sais tout de suite quand il fait humide et que l’air conditionné n’est pas encore en route (la nuit je remonte le thermostat pour qu’il ne se déclenche pas trop souvent voire pas du tout si j’ai bien calculé mon coup, économies d’énergie et on évite aussi d’avoir froid la nuit ! ) : quand je descends mon escalier (en bois ), il craque puis dans la cuisine le carrelage est collant et tout ce que je touche est poisseux. Je remonte alors diminuer la température du thermostat pour forcer le déclenchement de l’air conditionné et assécher un peu l’air — rapidement le carrelage n’est plus collant, l’escalier ne craque plus et ce que je touche n’est pus gluant.

Donc cet été nous avons eu souvent entre 28 et 35 degrés dans la journée, avec des pointes à 39 ou 40 mais surtout une humidité supérieure à 80%. La nuit le thermomètre (dehors) ne descendait pas en dessous de 23 au plus froid, il arrivait souvent d’avoir encore 28 ou 29 à minuit. Sans oublier l’humidité de la nuit encore supérieure à celle de la journée.

Certains jours, pleins d’espoir en voyant la température dehors qui n’est pas si haute, 23 ou 24 degrés et les prévisions à 25 ou 26 degrés au plus chaud dans  l’après-midi, pleins d’espoir donc on ouvre toutes les fenêtres après avoir mis l’air conditionné en pause. Mais si l’on ne fait pas attention au taux d’humidité on se fait avoir : il devient lourd et gluant voire oppressant dans toute la maison et on est obligé de refermer toutes les fenêtres en catastrophe et de forcer le déclenchement de l’air conditionné pour assécher l’air de toute urgence.

Ces derniers temps, depuis la mi-septembre, j’ai pu mettre souvent l’air conditionné en pause (sans l’éteindre, juste relever le thermostat au-dessus de 28 degrés pour qu’il ne se déclenche pas) et ouvrir les fenêtres. Nous avons eu enfin quelques belles journées à moins de 60% d’humidité das la journée. Alors même si ça monte à 27 degrés, quand il fait 50% d’humidité c’est très supportable et même agréable, d’autant que pour qu’il y ait une si faible humidité par ici cela s’accompagne souvent d’une petite brise.

Hier lundi a été l’une de ces journées parfaites de septembre (il est temps le 27 septembre ! ) avec la température à 14 degrés la nuit et 26 au plus chaud (à l’ombre et au nord, là où est mon capteur de température et d’humidité extérieures) et surtout une humidité à moins de 50% dans la journée. Nous sommes même descendus un long moment à 40% ! C’était glorieux comme j’aime à le dire, ce qui fait rire mes enfants (it’s glorious !

Malheureusement aujourd’hui il a plu par intermittence et l’humidité est remontée à plus de 80% (jusqu’à 86%). Heureusement les températures étaient plus fraîches (un petit 21 au plus chaud de la journée, j’ai même mis des manches longues pendant un moment dans l’après-midi) et en fermant toutes les fenêtres on a pu éviter d’avoir à déclencher l’air conditionné (mais c’était collant dans la cuisine quand on marchait et il y a fait plus de 60% d’humidité malgré les fenêtres fermées). Ce soir j’ai fait un plat au four pour sécher un peu la pièce qui est redescendue un peu vers 54-55% et ça ne collait plus en marchant.

Capitalisme carnassier encore

Les gens qui se font livrer au plus fort d’une tempête comme pendant la tempête Ida et ses torrents d’eau dans les rues à New York City. Voir les copies d’écrans du tweet et de quelques saines réactions ci-dessous.

le tweet d’origine

Comme le dit cette députée, « if it’s too dangerous for you, it’s too dangerous for them », si c’est dangereux pour soi au point  de ne pas vouloir sortir chercher à manger, c’est dangereux pour le livreur. Cela devrait aller de soi mais les gens sont égoïstes et de purs connards comme le dit ce photographe qui documente justement ce genre de situations. Plusieurs ont réagi : ne pouvez-vous pas pour une fois aller faire un tour dans vos placards, faire réchauffer un plat surgelé au micro-ondes, manger une soupe instantanée ou des pâtes, voire au pire manger un bol de céréales — ‘ it’s okay to eat cereal during historic flooding’ ? »

Au-delà des abrutis (qui font partie des privilégiés qui ont le luxe de pouvoir ne pas travailler au milieu d’une catastrophe « naturelle ») qui commandent de la nourriture pendant une tempête historique, comme tout passe par les fameuses « apps » dans le téléphone (fini le temps où l’on téléphonait à son restaurant favori et on demandait une livraison, il en reste encore mais de moins en moins) donc comme tout passe par les fameuses « apps » surtout à New York City, pourquoi tout simplement les « apps » en question n’ont-elles pas fermé leur service pour la soirée tout en payant malgré tout leurs livreurs une compensation catastrophe  naturelle (livreurs qui ont n’ont pas forcément le choix de pouvoir ne pas travailler, même une seule soirée) ? D’autant que ces « apps » marchent dans le monde entier, donc couper le service seulement  pour une petite région géographique ne va pas leur faire perdre beaucoup d’argent aux multimillionnaires qui en sont les propriétaires.  Qui eux se dorent au soleil de la Silicon Valley pendant que les pauvres livreurs avec de l’eau jusqu’à la garde risquent leur vie pour 5 dollars la course y compris le pourboire. Capitalisme carnassier encore, toujours plus toujours plus !

Mon fils cadet a été livreur pour l’un de nos restaurants haut de gamme locaux : heureusement le manager fermait et surtout arrêtait les livraisons quand la tempête montait en puissance et si elle s’avérait importante (essentiellement des tempêtes de neige en hiver). Éventuellement ce manager finissait lui-même les quelques dernières livraisons en cours à la place de ses livreurs parce qu’il ne voulait pas les envoyer au casse-pipe à sa place et que de plus son véhicule personnel était un gros pick-up 4×4 (contrairement aux véhicules personnels des livreurs et à la petite Toyota de livraison du restaurant). Ensuite il fermait les livraisons pour le reste de la journée et de la soirée et refusait catégoriquement de faire ou faire faire toute livraison. Il se faisait abrutir d’injures par les certains « clients » pour ça, des purs connards qui sont légion dans notre région riche et snob, ces gens-là sont « entitled » (ils ont le droit parce qu’ils ont de l’argent). « Si c’est dangereux pour vous, c’est dangereux pour eux [les livreurs] ». C’est ce que j’ai toujours pensé bien avant que mon fils soit livreur et il ne me serait jamais venu à l’idée de me faire livrer un repas au beau milieu d’une tempête d’envergure — ce n’est pas que je me fasse livrer des repas souvent (plutôt jamais).

Dans ce restaurant le guichet de vente à emporter restait encore un peu ouvert tant que la tempête n’était pas trop forte, si les gens voulaient vraiment un repas tout prêt, ils n’avaient qu’à venir le chercher eux-mêmes après tout.  Puis si la tempête continuait à s’intensifier et que cela commençait à devenir trop difficile pour les employés de rentrer chez eux, il fermait tout simplement.

Heureusement ce restaurant employait ses propres livreurs (salariés du restaurant) et non pas ces horribles « apps » qui « ubérisent le travail et le paupérisent — sauf pour les multimillionnaires propriétaires de ladite app. 

Où est ma guillotine ?

Les cours du Collège de France

Je viens de finir d’écouter toute la série de cours du Collège de France sur les pandémies et c’est remarquable. Quand on entend Collège de France on prend un peu peur et on se dit que ça risque d’être trop ardu mais pas du tout. J’écoute de temps en temps Michel Zink ou Antoine Compagnon sur la poésie et la littérature et c’est effectivement spécialisé mais toujours très clair.

Concernant la série qui nous intéresse ici, celle sur les pandémies, il s’agit des cours d’Arnaud Fontanet pour la chaire de Santé Publique (2018-2019) (qui n’a été mis en ligne que tardivement, bien après le fait, courant 2020 ou peut-être même 2021, du moins bien après que la pandémie actuelle ait commencé. C’est souvent le cas : j’ai remarqué que les cours de l’année sont mis en ligne sur le site de podcasts que j’utilise un an ou un an et demi après que les cours aient été donnés. Donc un jour de fin 2020 ou début 2021, j’ai vu arriver ces cours sur les pandémies  —  évidemment dans le contexte actuel cela m’intéressait au plus haut point, d’autant plus qu’il s’agissait d’Arnaud Fontanet que je trouve toujours très limpide dans ses interventions variées (et que je ne connaissais pas spécialement avant notre pandémie actuelle : je l’ai découvert dans la série de France Info TV « Scan: » sur notre pandémie mise en ligne courant 2020 presque en simultané avec ce qu’il se passait).

C’est le propre des grands savants qui maitrisent parfaitement leur sujet que de pouvoir en expliquer les grands traits tout autant que les subtilités en termes clairs, sans jargon jargonneux (qui souvent cache une mauvaise maîtrise du sujet).

Le sujet est donc de grand intérêt en ce moment. L’épisode le plus saisissant de cette série et que je recommande encore plus, est le numéro 3, celui sur le SARS originel de 2003 qui est comme une répétition générale (en plus mortel) du SARS- COV-2. Dans cet épisode Arnaud Fontanet décrit par le menu ce que nous allions vivre un an plus tard à l’échelle mondiale puisque le cours a été donné au Collège de France le 18 février 2019. Donc pas de biais par rapport à notre pandémie actuelle puisque le cours a été écrit et donné bien avant. Mais ce qu’il décrit pour le SARS version 1 est exactement ce qui nous est arrivé : les façons de faire avec les quarantaines, les privations de déplacements, les mises à l’isolement des malades, la recherche de contacts et des contacts de contacts. Le plus saisissant rétrospectivement est la description d’un système de santé, celui de la ville de Toronto au Canada, qui a été mis sur les genoux en moins de 2 mois pour quelques dizaines de cas « seulement » du premier SARS.

Les autres cours de la série sont intéressants aussi bien entendu : Arnaud Fontanet y parle notamment de la rapacité et  de l’avidité pour les profits à tout crin (j’allais dire quoi qu’il en coûte — sarcasme) des grands groupes pharmaceutiques, notamment dans l’épisode sur la pandémie d’hépatite C en Égypte. Cela résonne avec les prix des vaccins actuels et la non-ouverture de leur formulation / procédé de fabrication à tous,  en open source / générique…  Et comment certains traitements sont à 100 ou 1000 fois le prix des génériques — quand ils sont permis par Big Pharma.

Son cours est en langage courant tout en étant précis et limpide. Je le conseille vivement d’autant que datant d’avant la pandémie actuelle, il n’est pas suspect de catastrophisme de circonstance ni d’accroche pour faire vendre  / faire peur ni de biais politique.

https://www.college-de-france.fr/site/arnaud-fontanet/course-2018-2019.htm

et un site de podcasts pour écouter sans être devant son ordinateur (dans un baladeur mp3 ou son téléphone) : https://podcasts.apple.com/us/podcast/santé-publique-2018-2019-arnaud-fontanet/id1453704964

C’est le site de podcasts que j’utilise mais en partant du site du Collège de France on doit pouvoir en trouver d’autres ou écouter directement sur Internet à partir de leur site. Personnellement j’écoute en différé et déconnecté dans un lecteur MP3 ancien, pendant que je mange en général. C’est d’ailleurs l’un de ces podcasts sur les pandémies que j’écoutais bien tranquillement et de façon inconsciente avant le branlebas de combat de la tempête IDA 10 minutes plus tard (lire mes articles sur la tempête Ida sur mon blog ici : https://michusa.wordpress.com/?s=tempête+ida  )

PS : ces cours et les podcasts sont évidemment gratuits !

Ida dans mon basement — la menace intérieure

Ida nous a tous pris de court, on n’imaginait pas la violence des pluies (sur un sol déjà surchargé avec toutes les pluies torrentielles et diluviennes de l’été, les nappes d’eau et les rivières déjà toutes gonflées et au plus haut de leur capacité normale, sans beaucoup de marge pour accueillir encore plus d’eau.

1.8 degrés F (1 degré C ) de plus de température cela fait 7% d’humidité que l’air peut contenir en plus, d’où ces pluies violentes et extrêmes tant en quantité qu’en fréquence de ces dernières années.

Alors c’est vrai les météorologues nous avaient prévenus de pluies très violentes avec des risques d’inondations très importants pour Ida, mais nous étions un peu insensibilisés parce que c’était la 3ème queue de tempête de l’été et pour les précédentes Henri et Elsa) chez nous cela s’était manifesté par de fortes pluies : donc nous attentions des fortes pluies and so what ? Sauf que c’était la 3ème fois justement et entre les tempêtes l’été avait été aussi très pluvieux (l’un des 10 étés les plus pluvieux depuis le début des mesures il y a 150 ans) et que personne n’a vraiment pris en considération que les sols étaient tellement saturés qu’ils ne pourraient plus absorber d’eau supplémentaire. D’où les inondations éclairs (flash floods), d’où Ida dans mon basement.

Je ne me suis pas sentie trop concernée non plus par les flash floods parce que nous vivons sur les hauteurs tout en haut de la ville et en plus d’être sur ces hauteurs nous sommes en haut d’une petite butte dans notre rue et loin de tout cours d’eau. Donc à part de l’eau qui peut dévaler éventuellement les escaliers du sous-sol pas trop d’inquiétude, d’autant que cela arrive moins souvent maintenant qu’il y a des galets au lieu du bitume juste devant cet escalier qui va vers le sous-sol via la hurricane door (porte d’évacuation en cas d’ouragan). Il est déjà arrivé d’avoir un peu d’eau à 2 endroits du sous-sol, en cas de fortes pluies ou de fonte de neiges, mais de façon très localisée et peu étendue, simplement mouillé sans hauteur d’eau mesurable. Ni si rapide. D’autant que cette fois toutes les pièces ont été touchées, pas une où se réfugier (si l’on voulait rester dans le sous-sol en attendant que l’alerte tornade passe justement), pas une pour transférer les quelques objets (des piles de livres que j’étais en train de trier, piles qui étaient dans un endroit qui était peu susceptible d’être mouillé et n’a jamais été mouillé de fait). La petite chambre du fond dans laquelle ne passe aucun de tuyau d’eau n’avait jamais été mouillée en 19 ans et les 2 placards des 2 chambres jamais non plus car même si dans l’une des chambres il y a eu des fuites de tuyaux, cela n’a jamais été d’ampleur suffisante pour mouiller toute la pièce, encore moins le placard qui est dans un coin loin de tout tuyau. 

Pourtant c’est exactement ce que nous avons eu : les inondations éclair ou flash floods dans notre sous-sol, notre basement, l’eau des fondations ne pouvait plus s’évacuer de la façon habituelle par les drains et par les pompes des fondations qui ne tournaient pas assez vite et ne tenaient pas la vitesse avec la pluie. La menace était bel et bien intérieure puisque l’eau n’est en fait pas descendue des escaliers ni passée par les fenêtres du sous-sol, mais montait du sol à travers la dalle en béton et passait aussi un peu à travers les murs à 30 cm au-dessus du sol !

J’étais également préoccupée par une poignée d’autres choses. Tout d’abord les travaux qui avaient tout juste eu lieu pour réparer la fuite de la ligne d’alimentation en eau de la maison, le 26 août et tout ce qu’il me restait à remettre en état dans le jardin. Je me disais que d’une part une forte pluie allait stabiliser et aider à tasser les sols de la pelouse et de l’allée qui avaient été ouverts et retournés avant d’être re-remplis et aussi que les fortes pluies allaient laver mon allée restée très boueuse (une vraie patinoire ) et m’éviteraient d’avoir à louer un Kärcher pour la nettoyer (cela a été effectivement le cas). 

Préoccupée aussi par le déménagement de ma fille à New York City, voisine certes, mais avec beaucoup d’allées et venues en voiture — beaucoup de choses à penser, à préparer, des courses et bricolages à faire, des allers et retours à Ikea etc.

Et surtout j’étais préoccupée par l’opération chirurgicale de ma fille prévue pour le 1er septembre justement.

En voyant les prévisions météo, je m’étais juste dit, « j’espère qu’on sera rentrés avant le démarrage de la pluie » — en fait nous sommes repartis de l’hôpital alors que le ciel commençait à se déverser sur notre tête, l’infirmière m’a même fait monter sur la plateforme devant la porte avec ma voiture pour que ma fille ne soit pas mouillée — elle n’était en plus que modérément mobile, encore dans les vapes et nauséeuse. C’est pour cette raison que nous avons attendu encore une heure après l’heure où on nous a demandé de venir la chercher : elle était encore trop nauséeuse et ils ne voulaient pas la laisser sortir.

Cette heure de plus a été la raison pour laquelle nos sommes partis de l’hôpital alors que les trombes d’eau commençaient à se déverser, nous a obligés à faire des tours et des détours à cause d’arbres tombés sur les routes. Mais heureusement il n’y avait pas encore les inondations. L’hôpital est à environ 30 mn de la maison et nous étions rentrés avant le pire — juste à temps, m’étais-je dit.

Pour toutes ces raisons je n’étais pas prête, et quand je dis pas prête, mon basement complètement moquetté et aménagé est quand même prêt depuis longtemps pour affronter des inondations modérées, il est prêt en permanence puisque j’ai l’habitude d’avoir de l’eau par terre suite aux multiples et fréquentes fuites d’eau de tuyaux ou de lave-linge ou de ballon d’eau chaude : donc il est waterproof à 20 ou 30 cm, tout ce qui est directement posé sur le sol est dans des caisses plastiques exclusivement et tout le reste est surélevé pour que rien de ce qui craint ne soit à même le sol.

Donc pas de dommages majeurs puisque tout était protégé et les 2 ou 3 choses qui ne le sont pas ont été montées en 4ème vitesse (en gros : la grosse caisse de la batterie de mon fils qui est posée sur une plaque en plastique si jamais la moquette s’humidifie suite à une fuite de tuyau, mais ce n’est pas prévu pour 5 ou 6 cm.

L’eau est montée à la cheville puis vers minuit a arrêté de monter et vers 1 h du matin avait complètement reflué ce qui nous a permis d’aller dormir un peu plus tranquille.

Je n’étais pas préparée mentalement surtout donc nous avons couru dans tous les sens au lieu d’avoir un plan et de le suivre puisque le plan n’était pas prêt. Nous avons eu un plan de dernière minute quand l’alerte tornade est devenue imminente (je ne m’affolais pas puisque la mairie n’avait pas appelé) donc nous sommes descendus aux abris en catastrophe (et donc je n’avais pas préparé le sac habituel avec les essentiels en cas d’évacuation ou de démolition de la maison, sac que je prépare d’habitude en cas de probabilité d’ouragan ou de tornade). D’autant plus et surtout qu’il fallait tenir compte de ma fille qui n’était pas très mobile et devait se reposer dans un environnement propre et non mouillé. Hors de question d’aller gambader sous la pluie pour évacuer par exemple. Et 10 mn après nous être mis « aux abris »  au sous-sol comme le veulent les recommandations en cas de tornade, l’eau a commencé à monter dans ledit sous-sol donc nous avons fait tout le transfert inverse, ma fille puis tout ce que nous avions transporté en ordre dispersé « aux abris ». Je suis encore allée chercher les passeports dans le sous-sol (au lieu de les avoir dans le sac d’évacuation et de survie préparé à l’avance) après que nous ayons essayé d’écoper puis laissé tomber parce que cela ne servait pas à grand-chose. Si tous les préparatifs avaient été faits, nous n’aurions pas eu à courir partout de façon désordonnée et non efficace. Être préparé sur le plan matériel avec les sacs prêts, un plan à suivre en cas de besoin et être préparé aussi sur le plan mental aurait permis d’éviter tout ce stress inutile surtout en ayant à gérer quelqu’un qui sortait d’une opération chirurgicale.

Il me faut quand même dire que cette menace intérieure a été inédite en 19 ans : les quelques alertes tornade ont eu lieu sans inondation, même l’alerte ouragan du grand ouragan Sandy où nous avons dormi pendant une semaine dans ce sous-sol ! Ni celui de la tempête sans nom de l’année précédente à Sandy, (tempête de Halloween 2011 ) où nous avons dormi également pendant 4 jours dans ce sous-sol.

Nous avons eu de la chance, la maison a tenu, n’a pas été détruite par la grosse tornade qui a traversé le New Jersey, l’inondation du sous-sol a été limitée et pas si rapide que ça (certains ont eu de l’eau jusqu’en haut des marches de leur sous-sol, certaines fois en l’espace de quelques minutes ), nous n’avons pas perdu le courant (les pompes ont donc pu continuer à pomper sinon nous aurions eu encore plus d’eau dans le basement), l’eau n’est pas sortie non plus des prises électriques (cela s’est produit pour certains) donc je n’ai pas eu à couper le courant (heureusement pour les pompes donc), nous n’avons pas eu de dégâts majeurs, rien à part la moquette à faire sécher (17 jours plus tard j’en suis à finir de sécher les 2 pièces du fond, la moquette est encore un peu moite sous les meubles, donc je bouge tout  j’aère quand je peux s’il ne fait pas trop humide dehors, je ventile et je déshumidifie) et surtout nous avons tous survécu. L’eau n’a pas non plus refoulé des égouts par la douche et les toilettes du basement (cela est arrivé à certains ! ) donc nous ne nous plaignons pas. Ça aurait pu vraiment être bien pire, nous avons eu de la chance.

La station d’épuration de notre ville a été noyée elle aussi, mais a pu continuer à fonctionner heureusement, grâce aux employés qui doivent avoir un plan catastrophe efficace et qui ont pu en maintenir le fonctionnement malgré la furie des éléments.

Notre ville était sur le chemin de passage prévu de la tornade, mais ça a été une fausse alerte pour nous heureusement (alerte qui a duré moins d’une demi-heure, mais qui nous a mis dans une position où nous étions entre 2 directives contradictoires : nous abriter au sous-sol à cause de l’alerte tornade et en même temps aller aux étages pour éviter l’inondation-éclair dans le sous-sol.

Bref moi qui suis toujours prête, je n’étais pas prête cette fois, pas prête à ça du tout! Pas prête pour la menace intérieure de l’eau qui monte de dessous la maison ! Très stressant parce qu’on ne sait pas à quelle hauteur ni quand l’eau va s’arrêter de monter (ce n’est pas comme avec une fuite d’eau : dans ces cas-là dès qu’on coupe l’eau cela s’arrête, là impossible de couper la pluie évidemment), mais on a eu de la chance, pas de dégâts majeurs ni de menace vitale.

Toutes les séquences du montage vidéo ont été tournées  lors de la terrible soirée du 1er septembre et montrent la tempête Ida dans notre basement qui est un espace totalement habitable et chauffé en hiver avec moquette, télé, Internet dans toutes les pièces. Dans la pièce principale qui a été la plus atteinte et où vous nous verrez écoper et aspirer, l’eau nous est montée à la cheville — on peut être contents ça aurait pu être pire — c’est la pièce d’où je fais mes cours de tai-chi par Zoom depuis plus d’un an. 

Et je répète : la menace était intérieure : l’eau est rentrée par le sol à travers la dalle parce que les 2 pompes ne pouvaient pas pomper assez vite. L’une tournait en continu et déversait dans le puits et celle du puits tournait toutes les 10 minutes dès que le puits arrivait à un certain niveau. Même chose cela n’a pas débordé du puits du tout. L’eau est même rentrée par les murs à 20 ou 30 cm du sol . En fait dans la salle à outils elle n’est pas descendue par les marches contrairement à ce que je dis dans la vidéo et que je croyais, mais elle filtrait de la terre des fondations derrière les marches et aussi du sol en bas des marches.

Même chose partout dans tous les basements du New Jersey ou presque. Chez mon amie Helen qui habite une ville voisine, même chose, en 30 ans elle n’avait jamais eu d’eau qui remontait à travers la dalle et aussi de l’eau qui coulait comme un robinet de son mur à 30 cm du sol  ! Son puits non plus ne débordait pas, mais la pompe n’arrivait pas à pomper assez vite et aussi l’eau est allée ailleurs que dans ce ou ces fameux puits, il y en avait tellement et avec une telle vitesse qu’elle n’a pas suivi ses chemins habituels qui la drainent dans le puits en temps normal et a percé à travers le sol et les murs.

Beaucoup de travail de séchage, mais rien perdu et rien d’endommagé, le frigo n’a pas été noyé donc fonctionne toujours, idem pour lave-linge et sèche-linge. La flamme du ballon d’eau chaude (flamme à une dizaine de cm du sol) n’a pas été éteinte non plus. Pour la chaudière ce devrait être bon, je le saurai mi-octobre quand je la remettrai en route : si ça ne chauffe pas les tuyaux c’est que la flamme est éteinte et j’appellerai ma compagnie de gaz pour la rallumer et la vérifier (cela arrive de temps en temps de toute façon, indépendamment de toute inondation, souvent un thermocouple à changer ce qu’ils ont fait l’automne dernier). 

Je tâcherai d’être prête la prochaine fois, pour la prochaine intempérie quelle qu’elle soit comme je fais d’habitude, sans me laisser distraire ou préoccuper par d’autres soucis aussi légitimes qu’ils soient, de ne pas me dire que ça ira, comme on dit ici : se préparer pour le pire en espérant le meilleur (prepare for the worst hope for the best).