Le mois de Mars

L’almanach astronomique nous avait annoncé que pendant tout l’été, dans notre hémisphère nord, Mars serait très visible au-dessus de l’horizon sud car elle brillerait d’un éclat exceptionnel. Le point culminant du phénomène et la distance la plus courte à la Terre étant prévu pour le 27 juillet avec, clou du spectacle — selon la bonne volonté de la météo, j’y reviendrai — ce même 27 juillet une éclipse totale de Lune alors qu’elle serait pleine et située juste au-dessus de Mars dans le ciel.

Comme souvent avec les phénomènes astronomiques (hors éclipses) ils sont visibles avant et après leur maximum donc tout le mois de juillet et août nous avons eu droit à une planète Mars très brillante et plus proche, plein sud juste au-dessus de l’horizon (suffisamment au-dessus pour être visible malgré les immeubles en face dans la rue) en début de nuit et qui montait lentement dans le ciel au cours de la nuit, toujours bien au sud. Impossible à manquer (en l’absence de nuages bien entendu) et bien visible à l’œil nu, un régal et un petit plaisir de tous les soirs pour les petits et les grands.

J’ai sorti mon appareil photo et mon plus long téléobjectif (équivalent à un 300 mm).
Les photos ont été ensuite recoupées et agrandies sur l’ordinateur, Mars n’est pas la Lune, ça reste quand même petit.
Bien entendu on est loin des photos de la Nasa mais aucun doute on ne peut pas la confondre avec une autre planète il s’agit bien de notre planète rouge.

La dernière fois où Mars avait été aussi proche et où nous avions eu droit à un tel spectacle (sauf l’éclipse de Lune) c’était pendant l’été 2003.

Voici les premières photos de ce « mois de Mars », prises le 17 juillet 2018

Mars 17 juillet 2018

Mars 17 juillet 2018 (vue de la Côte d’Azur)

Mars 17 juillet 2018

Mars 17 juillet 2018 (vue de la Côte d’Azur)

Mars 17 juillet 2018

Mars 17 juillet 2018 (vue de la Côte d’Azur)

Mars 17 juillet 2018

Mars 17 juillet 2018 (vue de la Côte d’Azur)

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La sécurité des transports

Il faut être lâche pour voyager. Non pas pour entreprendre un voyage mais pour supporter le voyage — la partie transport, transport en commun où rien n’est commun que la déshumanisation, la violence extrême avec laquelle on nous traite — terroristes criminels potentiels, putatifs. Il faut être lâche pour voyager, fermer sa gueule face à la criante injustice à laquelle on nous soumet, la perte de tous nos droits bien sûr, c’est le plus visible, la perte de notre humanité, moutons bêtement suiveurs, que tout le monde rentre dans le rang, y reste surtout y reste, il faut être lâche et supporter — le courage est-ce donc une valeur inutile, dangereuse même, quand on voyage — pendant le transport ?

 

sécurité à l’aéroport
les ciseaux et pointes confisqués —
on les rachète de l’autre côté, en duty free.

 

 

haïbun écrit en juillet 2010 et tiré de mon livre Quartiers d’été — haïbun de voyage (livre en attente d’éditeur et de publication)

Lecture — trace

Si la lecture reste un plaisir secret ou une douleur secrète, un monde individuel où chacun seul a accès ou une clef pour ce royaume-là, l’écriture est un moyen de le faire partager, d’ouvrir et de donner la clef (codée bien sûr) aux autres. Déchiffreront la clef seuls ceux qui sont en résonance.
Écrire pour moi est un moyen de dire aux autres écrivains que j’ai les mêmes affinités, que je suis dans le même monde, même si nous ne nous voyons pas, tout au plus nous avons quelquefois la chance de nous apercevoir, ombre floue, instant fugace.
Écrire est ma réponse de lecteur. Lire est ma réponse d’écrivain.
Écrire est un moyen de dire mes plaisirs et mes douleurs secrètes de lecture, de lecteur, de moi-même en fin de compte.

Je trouve mes plus grandes joies et de grandes douleurs en lisant. Mais ma plus grande douleur c’est toi.

(3 novembre 2004)

Une femme à la fenêtre

Je suis devenue exactement ce que je ne voulais en aucun cas devenir. Une femme à la fenêtre. Qui attend.
Je t’avais trouvée enfin et je n’attendais plus de la même façon puisque tu étais là puisque tu existais. Maintenant je suis à nouveau une femme à la fenêtre — doublement puisque je t’attends, toi, en plus.

(novembre 2004)

Le début de la fin

Puis 2002 le début de la fin, nos rendez-vous plus fréquents, nos confidences, nos coups de fil quotidiens voire multiquotidiens, nos e-mails, mes textos — Dorothy ne savait pas y répondre, elle me rappelait, immédiatement, à chaque texto, je me souviens avoir explosé mon forfait mobile cet été-là, il n’y avait rien qui se rapprochait des forfaits illimités en ce temps-là.
Puis le départ, le stress du départ — la solution que Dorothy avait trouvée pour nous voir au maximum — habiter chez elle tout l’été, pendant les semaines qui ont précédé le grand départ fin août.
Puis le chemin des écoliers la veille du départ, le lever aux aurores le matin, inséparables nous avons fait ensemble un dernier tour de sa maison pour vérifier que je n’avais rien oublié, la séparation, mes larmes dans le taxi qui nous emmenait, les deux coups de fil de l’aéroport, mes larmes dans l’avion, son e-mail que j’ai trouvé à mon arrivée à l’hôtel de l’autre côté de l’Atlantique, qui a séché mes larmes. 
Puis nos conversations, par e-mail uniquement mais incessantes — plus de 5000 e-mails en l’espace de quelques mois.
Puis les coups de fil finalement, une fois par semaine immanquablement, plus fréquents, de plus en plus puis mon retour éclair — il nous fallait nous voir — le repas à La Défense, les canards mandarins, la promesse de nous revoir bientôt.
Promesse tenue de ma part — pas de la sienne. 
Dorothy menait la danse a continué à mener la danse l’a menée jusqu’à la fin et au-delà — ses désirs étaient des ordres. Dorothy la mène encore, la mènera toujours — le sait-elle seulement ? Je pense que oui.

Un changement dans le regard

Puis les vacances en Finlande pour Noël et sur les photos que l’on a prises de moi j’observe quelque chose, comme un changement dans le regard.

L’emprise de Dorothy déjà ? Je n’en ai pas retrouvé de traces matérielles ni dans mes e-mails ni dans mon agenda de ce temps-là. Rien de nos rendez-vous qui ont commencé à être réguliers à partir de ce moment, sans doute à partir du mois de novembre 2001. Rien, pas d’e-mails ni de mon adresse professionnelle ni de l’adresse personnelle. J’ai quelques souvenirs de coups de fil — il fallait bien se mettre d’accord sur les lieux et dates des rendez-vous, les cinémas les restaurants. Quelle fréquence exactement ? Je ne m’en souviens plus. Moi qui note et notais tout — aucune trace. Pourtant il me semble qu’ils étaient fréquents ou commençaient à l’être. Tous les 15 jours ? Plus ? C’était Dorothy l’instigatrice de chacun, Dorothy qui menait la danse, qui l’a toujours menée jusqu’à la fin d’ailleurs.