En mai…

 

Non pas en mai fais ce qu’il te plait, mais l’enchainement des jours. J’ai commencé à avoir plus envie de rosés et de bières malgré les trombes de pluie fréquentes, la chaudière qui a lâché pendant une vague de froid mi-mai, l’alerte tornade fin mai… la vie quotidienne.

Publicités

À la recherche du panaché parfait

Panaché parfait

Panaché parfait

Pas vraiment parfait mais du panaché classique. En utilisant les boissons sucrées gazeuses d’ici on en est tellement loin que le panaché classique, que tout bar ou tout un chacun est capable de réaliser en France, est ici un Saint-Graal, une quête sans fin — quasi impossible. Tout est dans le quasi.

Les expatriés comme moi comprendront cette nostalgie pour des denrées des boissons ou des traditions bien françaises — que peut-être la moitié des Français n’apprécie même pas, ce qui est tout à fait légitime. Serais-je restée en France que peut-être je ne boirais pas de panaché maintenant non plus.

C’est non seulement la France que ça me rappelle mais encore plus ma jeunesse, mon adolescence, les mois d’été où nous avions accès à cette boisson (faite à la maison, moitié bière moitié limonade, quoi de plus simple, pas de quoi en écrire un livre de recettes semblait-il en ce temps-là, en cet endroit-là ) pendant que les adultes buvaient quelque chose de plus sérieux — plus alcoolisé aussi.

Alors je suis partie à la recherche du panaché perdu. Dans mon autre blog, mon blog de vin je raconte mes essais avec mon fils comme cobaye et à quoi nous sommes arrivés — à quel mélange de boisson sucrée gazeuse en lieu de limonade, inexistante ici, et de bière pour obtenir un succédané de panaché. Les expatriés se contentent de beaucoup de succédanés.

Mais aujourd’hui j’ai réussi à préparer le panaché parfait — le panaché tel que nous le buvons quand nous allons en France — grâce à une limonade française, importée, vendue à prix d’or et qui m’a coûtée plus cher que la bière (pourtant d’importation française aussi) limonade achetée dans un magasin genre Fauchon ou plutôt Monoprix Gourmet mais avec les prix de Fauchon voire plus.

Moment de nostalgie, à la recherche du panaché perdu.

Panaché parfait

Panaché parfait

Écrire

Je suis plus attentive… à la nature des écrits, à leur densité, à leur forme. À la fois lectrice et extérieure à ma lecture, spectatrice de moi lisant et recevant les mots, regardant leurs impacts sur moi-même et les extrapolant sur les autres lecteurs.

Je t’avais dit que j’écrirais. Je n’ai qu’à le faire.

6 octobre 2004

Écriture — trace

Je me suis assise à mon petit ordinateur pour faire un message destiné à accompagner un envoi de photos. J’avais repoussé ce moment — stupidité ! Une fois que je me suis imposé de le faire, pendant que je l’écrivais, j’étais bien, je me suis même amusée, j’étais à cent pour cent dans ce que je faisais, c’était le bonheur total. Il faut simplement que je me force à le faire. Pour les autres écrits c’est la même chose, aucun doute. Je repousse, je tergiverse et trouve des prétextes pour remettre à plus tard. C’est vraiment stupide, parce qu’une fois que j’y suis, j’adore, tout simplement. Ma vie est là dans ces moments de rêve ou d’autre réalité, que j’écris. C’est un ailleurs, un ailleurs sans bouger, en restant ici à la même place apparente. Et la puissance de l’esprit m’emmène au bout de l’univers, où je veux, où je ne veux pas, où j’ai peur d’aller, où je n’imagine pas, l’inconnu aussi, ça me fait peur mais je suis contente d’avoir peur et une fois que j’y suis je me rends compte que ma peur est sans objet réel.

Le 6 octobre 2004

Une alerte tornade 

Dangerous thunderstorm alert

Alerte orages dangereux

(28 mai 2019 au soir entre 8 heures et 10 heures 15)

Je ne parle pas ici des tempêtes d’envergure, cyclones et autres ouragans (hurricanes) qui se produisent heureusement assez rarement dans le New Jersey (Sandy, Irene et autres) mais bien de tornade, ce qui est encore plus rare si haut en latitude aux États-Unis : les tornades se produisent dans le Centre et dans Sud en général et y sont très fréquentes (on appelle ces régions tornado alley, l’allée des tornades, c’est dire). Elles ne se produisent qu’assez rarement ici dans le New Jersey et dans le Nord-Est. En 17 ans nous avons eu environ 4 alertes tornade dont 2 où il y a eu effectivement au moins une tornade dans ma ville. Une fois en 2003 sur la route entre la maison et la route commerciale Route 22 et une autre fois, en 2011 (pendant la tempête Irene d’ailleurs) dans le jardin — un arbre a été arraché mais rien d’autre n’a bougé tout à côté. Les deux étaient des micro-tornades larges sans doute de 2 ou 3 mètres selon la trace de leur passage mais tornades quand même. Des tornades il y en a de toutes tailles et formes, plus ou moins puissantes (de 2 mètres de large à 4 kilomètres de large tout de même, les plus fréquentes sont d’une centaine à quelques centaines de mètres de large). Nous n’avons connu effectivement que des micro-tornades ici dans le New Jersey central.

Mais il semblait que cette fois la vague d’orages violents accompagnés de vents et de tornades qui a traversé le centre des États-Unis et poussé vers le nord et l’est pour une fois, en faisant de gros dégâts dans l’Indiana et l’Ohio avait fini par arriver chez nous dans le New Jersey.

Cela faisait plusieurs jours que nous avions des pluies aussi torrentielles que soudaines, quasi quotidiennement. Ce mardi 28 mai ne différait pas des jours précédents semblait-il. Une journée plutôt fraîche aux alentours de 17 degrés Celsius, il avait fallu mettre un pull puis à partir de 7 heures du soir il a commencé à faire lourd et encore plus humide : il faisait alors 22 degrés et la température a continué à monter au point de laisser tomber le pull.

Les alertes ont commencé à arriver sur mon téléphone à partir de 8h15 : série d’orages dangereux, je cite, et alerte « foudre » pour les counties et les villes voisines (entre 10 et 30 kilomètres).

Puis la redoutable sirène d’alerte, spéciale tornade, qui prend le pas sur tout le reste dans mon téléphone : l’alerte était pour le county voisin avec épicentre à une quinzaine de kilomètres. Comme nous sommes en bordure de ce county, je reçois également toutes les alertes qui le concernent.

L’alerte tornade devait finir à 9 heures 15 puis elle a été prolongée jusqu’à 9 heures 30 puis encore jusqu’à 9 heures 45.

En attendant de savoir si je devais descendre trouver refuge dans le sous-sol et m’éloigner des fenêtres, je surveillais par la fenêtre, prête à descendre à toute allure : dehors pas spécialement de vent mais par contre des éclairs qui s’enchainaient à raison d’environ un par seconde voire plus.

En regardant la carte des éclairs dans les prévisions météo et en me basant sur les éclairs que j’observais et une carte routière, j’en ai déduit que les éclairs étaient en plein sur les villes de Summit à 8/10 kilomètres et de Morristown à 15/20 kilomètres.

Nous étions en bordure ouest du front d’orages qui passait plus au nord et à l’est et se dirigeait en plein sur l’aéroport international de Newark (en regardant le site de l’aéroport un peu plus tard j’ai appris que tous les vols à l’atterrissage ont eu un retard de 2 à 3 heures : les décollages des aéroports de départ avaient été repoussés pour qu’ils n’aient pas à atterrir au maximum des orages.

Puis de nouveau la redoutable sirène spéciale tornade dans mon téléphone : cette fois-ci pour mon county et nommément pour ma ville ! Il était 9h 45 quand j’ai reçu l’alerte qui était effective à 9 heures 33. L’alerte devait prendre fin à 10 heures 15.

Cette fois il était temps de descendre dans le sous-sol — procédure à appliquer en cas de tornade.

J’ai également reçu un e-mail d’alerte tornade des services du county qui rappelait aussi la procédure à suivre en cas d’alerte tornade.

J’avais tout préparé pour être prête à jaillir au cas où je recevrais l’alerte donc je suis descendue dans le sous-sol (basement) avec les clefs de voiture, mes papiers, mon portefeuille, mon sac à dos qui me sert de sac à main et qui contient tout un nécessaire d’urgence.

J’ai pris mon ordinateur et mon téléphone portable pour suivre l’évolution de la situation (dans le sous-sol nous avons accès à la connexion wifi pour l’Internet comme partout ailleurs dans la maison). 

Pour passer le temps en restant aux aguets (ce n’était pas le moment de regarder un film et de perdre son attention voire de ne pas entendre les alertes ni le téléphone) je me suis mise à écrire l’article sur le mint julep pour mon blog de vin (link).

Je n’étais pas installée depuis plus de 5 minutes que le téléphone de la ligne fixe de la maison a sonné. Il était 9 heures 53 précisément, 8 minutes après la sirène de l’alerte du portable : c’était la ligne d’urgence de la mairie qui nous enjoignait à nous mettre aux abris, « seek shelter » et nous confirmait que nous (notre ville) étions bien en tornado warning, le niveau d’alerte le plus élevé (rouge en France), nous demandait de suivre la procédure tornade et d’attendre des instructions supplémentaires éventuelles des autorités.

Cette ligne d’appel d’urgence a été mise en place au début des années 2010, en 2011 plus précisément, après la tempête de neige d’Halloween de sinistre mémoire, juste à temps pour l’ouragan Sandy (encore pire) l’année d’après où nous avions reçu ces appels d’alerte de la municipalité pour la première fois. C’était sur la ligne téléphonique en cuivre à l’époque, seule à fonctionner puisque l’électricité était coupée. Depuis pour les événements météorologiques majeurs nous recevons des appels : procédures à suivre, les couvre-feux ou les interdictions de circuler, les rationnements d’essence éventuels, les refuges disponibles en ville etc.

Je note que nous étions tout de même au-delà du warning (le plus haut niveau habituellement) : dans mon téléphone l’application de surveillance tornade de la Croix-Rouge me disait alerte tornade (tornado alert) et non pas avis de tornade ni avertissement ni surveillance (warning, advisory ou watch) donc c’était effectivement du sérieux cette fois-ci.

À 10 heures 15 tout était fini, il ne pleuvait même pas, pas de vent non plus et nous n’avons pas eu de tornade, du moins pas chez nous. Dans ma ville nous étions en marge, à la lisière du front d’orages et d’éclairs (je les voyais plus au loin, nous n’étions pas dedans comme cela est déjà arrivé, ces fois où l’on voit l’éclair et où l’on n’a même pas le temps de compter une seconde que le tonnerre retentit ). Dehors il faisait toujours chaud, environ 22 degrés. Il faisait nuit noire, j’ai décidé de reporter au lendemain le tour du jardin pour voir s’il y avait des dégâts. Je n’avais pas entendu de bruit majeur et nous avions toujours courant et Internet donc il ne devait rien s’être produit de méchant, dans le quartier du moins.

Si j’en crois les cartes météo animées, le front est passé plus à l’est et au nord donc nous étions vraiment en lisière. Ceci dit certaines fois la précision n’est pas au kilomètre près et nous aurions pu fort bien nous trouver dedans. Surtout que ces tornades se forment aléatoirement en fonction des coups de vent et de pluie et peuvent être très localisées.

Plus de peur que de mal, la tornade n’a pas eu lieu cette fois encore, je ne m’en plains pas. 

Tornado warning in BH

Alerte Tornade

Tornado warning text

Alerte Tornade

 

Tornado Warning procedure

Procédure à suivre en cas de tornade

Carte des coups de foudre

Carte des coups de foudre

Début de printemps (mois d’avril 2019)

Écarts moins grands entre les jours, le temps est moins contrasté en ce début de printemps, on ne passe pas de la tempête de neige au beau temps comme en mars et les fleurs sont au rendez-vous comme il se doit, sans avance ni retard particulier. Un mois d’avril ordinaire sans événements météorologiques exceptionnels.

 

Perspectives — traces

Il est évident que je n’écris pas comme si j’étais sûre que tu me lisais. Le jeu des certitudes, espérances, suppositions est complexe. J’écris pensant que tu ne me lis pas, tout en espérant que par quelque miracle inopiné ou inconnu de moi tu me lises quand même. Ensuite, ne sachant pas et n’étant pas destinée à savoir ce que tu en penses, encore moins avoir ta réponse, la perspective de mon écrit en est encore une fois changée.

Jeu de perspectives, de miroirs à l’infini… Les possibles en sont aléatoires, les espoirs perpétuellement changeants, la réalité basique, autre.

Jeux et visions de l’esprit… sauf que ce n’est pas un jeu. Une partie de tout ce qui me ronge et me coule. Oh sombrer et ne plus souffrir !

Ainsi privée de ton regard, du censeur en toi, de la partie en toi qui m’intimidait certaines fois, je peux me laisser aller loin, plus vraie que je n’ai jamais été, sans fard ni artifice, aucune précaution. Le pire je l’ai déjà eu, je t’ai déjà perdue. Quand on est au-delà du risque, que reste-t-il pour s’accrocher ?

(12 mars 2005)