Chose simple

C’est vraiment une chose et c’est vraiment simple : un arrosoir en plastique de jardin capacité 10 / 12 litres.

Croyais-je.

Je voulais acheter un arrosoir de jardin, le bon vieil arrosoir en plastique vert que j’ai toujours vu partout, de grande capacité, plus de 10 litres, avec pommeau amovible, une grande ouverture et anse qui va du haut au bas du corps de l’arrosoir. Bref cet arrosoir qu’on voit partout sans y penser plus que ça.

La bonne capacité de 10 ou 12 litres est impérative pour le jardin sinon on fait des allées venues,  qu’il soit facile à remplir (grande ouverture) et facile à transporter avec une grande anse que l’on peut saisir à 2 mains.

Simple, non ? Surtout qu’il existe, c’est cet arrosoir vert que j’ai toujours vu.

Eh bien non ! Cela n’existe plus ou c’est très compliqué : d’abord le principal argument de choix c’est la couleur. WTF ? Je me fous de la couleur, d’avoir un arrosoir violet ou pastel ou « teal » (un genre de bleu vert, une couleur très à la mode), je veux un arrosoir de jardin, robuste et de grande capacité.

Eh bien non ! Une recherche sur Internet ne m’a donné qu’un seul spécimen de couleur « bleu français »  ( ? ) qui fait bien 3 gallons (un peu plus de 11 litres, puisque nous sommes toujours en mesures prémoyenâgeuses et non métriques) à 30 dollars quand même plus les frais de port. En magasin il n’y en a tout simplement pas, j’ai passé une heure vendredi matin à en chercher dans tous les rayons possibles où ils auraient pu être cachés à Home Depot, le Casto local. Cela fait 40  dollars, même sur Amazon (où il s’avère que c’est le même fournisseur que j’avais trouvé dans ma recherche Internet). Un seul fournisseur, un arrosoir unique de couleur « French blue » et à 40 dollars. Aucune autre solution.

Sinon ce sont de petits arrosoirs d’intérieur, de couleurs fantaisie (passe encore) et de formes toutes plus alambiquées les unes que les autres (je me demande quelle substance ces concepteurs fument, ça doit être fort et chargé parce que pour arriver à certaines de ces formes d’arrosoir il ne faut pas être clair) et avec une ouverture microscopique qui fait que quand on les remplit on en fout de partout (à remplir dehors impérativement sauf que ce sont péniblement des 6 ou 8 litres alors pour le jardin c’est un peu petit) il faut presque un entonnoir, que dis-je, il faut un entonnoir pour en remplir certains.

Celui que j’ai est un peu petit (ce n’était déjà pas le classique, je n’avais pas dû le trouver à l’époque, acheté il y a 15 ans) mais la pomme a lâché il y a quelque temps. C’est évidemment une pomme  moulée d’une seule pièce avec le corps de l’arrosoir. J’ai fonctionné avec un scotch pendant un moment mais ce n’est pas pratique et ça ne fait plus « douche ».

Après le fiasco de mes recherches dans le magasin et sur Internet (j’y croyais encore, je pensais que le magasin soit n’en avait plu soit les avait cachés comme ils aiment bien le faire dans tous les magasins de bricolage que je connais) je vais tout simplement couper la pomme cassée de mon arrosoir et m’en servir comme ça, sans pomme d’arrosoir. Hors de question de mettre 40 dollars dans un bout de plastique surtout si je lis les évaluations clients : il n’est même pas robuste (sans doute merde in China) et durera sans doute moins d’un an, sans compter que la pomme d’arrosoir ne tient pas bien apparemment et est encore plus fragile que l’arrosoir.

Chose simple disions-nous…

mon bricolage

Formulaires administratifs

Non la France n’est pas la seule avec ses formulaires Cerfa, ici aussi nous avons nos formulaires dûment numérotés et validés par l’Administration. Ils sont aussi sacrés que les Cerfa là-bas.

Je sais bien qu’une administration doit être rigoureuse et carrée et qu’un pays sans une telle administration n’existe tout simplement pas et est un désastre à tous points de vue. Nous sommes contents d’avoir des procédures éprouvées, des cadastres, des grilles électriques, l’eau les égouts des routes des autoroutes des hôpitaux des pharmacies officielles et non pas un chaos fait de corruption et de faussaires. Sans administration rigoureuse et carrée, tout ceci ne pourrait pas exister ou serait sujet à corruption et autres fonctionnements mafieux (voir les différents pays où justement cela ne marche pas, la Chine en premier pour ne pas la nommer).

Mais il y a un point où le mieux est l’ennemi du bien comme disait ma grand-mère, où l’Administration en fait trop, devient un but en elle-même et n’est plus au service des administrés, des citoyens et du bien public, du service public au sens noble du terme — existe-t-il encore ?

Lors de notre demande de passeport le mois dernier [lire ici : https://michusa.wordpress.com/2021/05/08/quelques-curiosites-administratives-americaines/ ], évidemment il y avait un formulaire à remplir. Soit. 

2 pages (1 recto et 1 verso ) jusqu’ici tout va bien… et 2 pages d’instructions et informations diverses. Là ça fait peur, on n’est pas loin du Que Sais-Je ? de Jean Lénarque pour remplir un formulaire. Surtout pour un passeport : après tout un passeport c’est un service que nous citoyens rendons au public, nous n’en avons pas besoin pour nous-mêmes, nous savons qui nous sommes. Nous en avons besoin pour les autres, pour prouver aux autres que nous sommes bien nous-mêmes. 

Donc ce formulaire de 2 pages : cela m’a pris la matinée et encore je ne l’ai pas rempli « correctement », c’est à dire pas correctement aux yeux de l’Administration alors que toutes les informations que j’avais fournies et remplies étaient exactes, j’y reviens plus loin. En attendant cette matinée tout occupée à ce formulaire : tout d’abord on nous demande notre nom sur chacune des 2 pages (il y a une raison que je comprendrai plus tard, j’y reviens aussi plus loin). Mais et c’est le grand mais : sur la page 1 on met son prénom (ses prénoms) puis son nom, dans des cases séparées, tout est bien identifié. Page 2 rebelote le nom : que nenni ! Cette fois c’est le nom de famille d’abord puis le prénom (les prénoms), tout ça dans la même case. Je précise que c’est hautement inhabituel aux États-Unis de mettre son nom puis son prénom. Contrairement aux habitudes françaises, aux États-Unis on écrit toujours prénom et nom et jamais au grand jamais nom puis prénom. C’est là que je me suis trompée et qu’il m’a fallu tout recommencer puisque les ratures et le « blanco » ne sont pas autorisés sur la paperasse officielle. Ça, je veux bien l’admettre, on ne saurait plus si c’est une modification légitime ou un faux. Comme je n’avais plus l’original du formulaire qui nous avait été donné à la main par l’Administration, je suis allée sur leur site officiel fédéral et j’ai téléchargé la version numérique en PDF que j’ai imprimée pour la remplir à nouveau. Jusque là tout va bien.

Toujours dans ce formulaire, on doit mettre sa date de naissance sur la page 1 puis sur la page 2… des fois que notre date de naissance ait changé entre-deux !

Cette fois-ci je suis allée encore plus lentement, ai bien vérifié 2 fois le tout, relu à chaque étape les instructions. Entre parenthèses ce devrait être limpide et les intitulés des cases devraient se suffire à eux-mêmes, il me semble… Si chaque partie à remplir est sujette à interprétation, où va-t-on ? Je rappelle que c’est un document pour prouver qu’on est bien nous-mêmes, pour prouver notre identité. Donc ce devrait être simple comme bonjour : je m’appelle ainsi, je suis née tel jour, à tel endroit, dans tel pays, ma nationalité est telle et mon adresse est ici. Éventuellement le nom de mes parents pour une vérification de filiation. Où est l’ambiguïté ? Comment peut-il y avoir une ambiguïté sur notre propre identité ? Nos sociétés imploseront sous le poids de leur propre complexité, de leur propre complication à outrance de choses simples à l’origine.

Et donc, le Formulaire sacré dûment rempli, voici venu le jour du rendez-vous à la poste (oui ici on fait la demande de son passeport à la poste, je le raconte ici : https://michusa.wordpress.com/2021/05/08/quelques-curiosites-administratives-americaines/ ). C’est là que j’ai appris que j’avais fait tout faux : parce qu’un tel formulaire sur 2 pages, que j’avais donc réimprimé après mes erreurs et avec ma logique habituelle je l’avais imprimé recto verso — économie de papier etc, je m’étais même dit que c’était plus sûr, au moins on serait certain que les 2 pages ne risqueraient pas d’être désolidarisées par l’Administration. Que nenni ! Crime lèse Administration : il faut 2 pages indépendantes ! Histoire de mieux pouvoir les perdre voire les mélanger avec les pages de quelqu’un d’autre pourquoi pas ? (On a tout vu avec l’Administration et ce genre de chose arrive, plus souvent qu’on en a envie) C’est là que j’ai compris (bon sang mais c’est bien sûr !) pourquoi on remplit son nom sur chaque page. Effectivement si ce sont des pages volantes il vaut mieux…

Heureusement la dame de la poste ( que je connais depuis des années ) est très gentille (c’est une petite ville et ces employés postaux sont toujours les mêmes depuis notre arrivée il y a 18 ans, où j’avais fait sensation avec mon accent français et où ils me donnaient du « bonjour » de ce fait à chacune de mes visites ) la dame de la poste m’a gentiment dit qu’il ne fallait pas faire comme ça sinon la demande serait rejetée et m’a fait des photocopies illico pour avoir les 2 pages volantes (ouf je n’ai pas eu à tout refaire, surtout que nous parlons de 2 formulaires imprimés de la même mauvaise façon par mes soins, le mien et celui de mon fils).

Donc tout ça pour ça, cela m’a pris un temps fou, j’ai fait des erreurs même en allant lentement, j’ai recommencé… pour au final faire tout faux ! 

La dame de la poste a tout photocopié puis tout vérifié, ensuite vérifié notre identité (sans enlever le masque, c’est une petite ville, ils ont l’habitude de nous voir à la poste depuis des années, ils nous connaissent de vue et de nom) puis vérifié la légitimité des photocopies fournies, notamment de ce qui prouve notre identité —  le permis de conduire. Elle nous a ensuite rendu l’original du dit permis de conduire — soulagement. Même chose, comme il fallait faire des photocopies du recto et du verso — au verso il n’y a rien d’intéressant pour le commun des mortels (nous) mais des numéros cabalistiques et autres sigles qui doivent faire jouir les bureaucrates —  je m’étais dit que c’était mieux de faire une photocopie sur une seule feuille recto verso pour ne pas perdre une moitié du document (et c’est assez compliqué à faire sur une imprimante de maison qui n’a pas de recto verso pour les copies, il faut remettre la feuille dans l’autre sens et prier que ce soit le bon sens, une fois sur 2 ça ne l’est pas et on recommence…). Bref je m’étais embêtée pour rien puisque la dame a refait les photocopies du recto et du verso de ce permis de conduire sur 2 feuilles volantes — c’est quand même inquiétant puisque le nom n’est que sur le recto du permis, comment réunir les bons morceaux si les papiers viennent à se désolidariser ?

En tous cas la dame de la poste n’a pas volé les frais que nous avons payés à la poste pour la prise en main du dossier (sic ! je cite vraiment, je n’invente rien) et elle ne nous a pas facturé les photocopies en plus. (Ni ne nous a pas envoyé bouler et tout recommencer : remplir à nouveau à la maison, reprendre rendez-vous. Il y a des Administrations qui font ça…)

Ensuite il a fallu écrire un chèque pour payer l’Administration particulière qui fait les passeports, 2 chèques d’ailleurs, un pour chacun. Chèques qu’elle a vérifiés heureusement aussi parce que cela devait bien faire 4 ou 5 ans que je n’avais pas écrit de chèque puisque ça ne sert plus et c’est en général refusé partout. La modernité de l’Administration qui vit avec son temps (sarcasme, elle est complètement hors-sol ! ) Nous pouvons nous estimer heureux qu’on ne nous ait pas demandé une lettre de change voire des pièces d’or pour payer. Et encore heureux qu’il me restait quelques chèques dans un vieux chéquier puisque je n’en demande plus jamais à la banque. Il faudra aussi que je prépare un chèque pour ma fille quand elle ira déposer sa demande de passeport, puisqu’elle n’a pas de chéquier évidemment. Sa banque ne lui en a jamais proposé puisque je répète cela ne sert plus à rien pour les particuliers — sauf à faire faire son passeport… valable 10 ans donc espérons que d’ici là l’Administration se sera mise au goût du jour parce d’ici là les chéquiers auront vraiment disparu.

Ensuite il faut compter 3 ou 4 mois pour recevoir ledit passeport. Il faut bien ça pour que les bureaucrates arrivent à agrafer ensemble toutes les feuilles volantes qui concernent une seule et même personne… à l’aide des codes cabalistiques peut-être. Ce qui me fait peur c’est que si notre permis de conduire original n’a pas été envoyé avec la copie, par contre notre certificat de citoyenneté original oui : lui a dû être envoyé avec la copie que la dame de la poste, agent notarié de l’État (elle a passé des tests, a reçu une licence d’activité qu’elle renouvelle toutes les quelques années) bref que cet agent notarié a vérifié : que la copie de ce document, que nous n’avons qu’en un seul exemplaire c’est plus marrant, était conforme, je voudrais dire Conforme. Mais il faut l’original aussi… allez comprendre. Original qu’ils nous renverront séparément du passeport, au cas où le courrier (non recommandé et non suivi avec accusé de réception, c’est plus marrant aussi, les Administrations réclament des suivis quand on leur envoie quoi que ce soit mais n’obéissent pas à leurs propres règles) donc au cas où le courrier avec le passeport  se perdrait, il y a moins de chance de perdre 2 courriers différents ! Textuel ! Je frémis, il n’est pas dit qu’on retrouve notre certificat de citoyenneté. On eut le refaire faire auprès de l’Administration, la même mais un autre bureau ou une autre branche, ils ont aussi des jolis petits mille-feuilles, la France n’en a pas l’exclusivité. J’espère que si l’on en arrive là, il ne faille pas envoyer son original de passeport pour ça… mais refaire faire ce genre de document c’est du tracas, il faut justifier pourquoi on le fait refaire (pour s’amuser évidemment, c’est une façon agréable de passer le temps quand on s’ennuie et aussi rien que pour embêter l’Administration) et c’est évidemment payant et il y a d’autres formulaires à remplir bien sûr ! Lorsque nous l’avons reçu (des blanches mains de l’Administration, en mains propres) on nous a conseillé d’en faire des copies avant d’envoyer l’original à toute Administration qui le demanderait des fois qu’ils le perdent (sic ! il faut l’entendre pour le croire). Idem, pourquoi les copies certifiées par agent notarié, agent agréé par l’Administration elle-même, ne suffisent-elles pas ? Ce sont les mystères de l’Administration, ses voies sont bien impénétrables. Qui plus est, pourquoi ont-ils besoin d’un papier qu’ils nous ont donné eux-mêmes et dont ils doivent avoir une copie dans leurs fichiers ?

C’est globalement ubuesque. Comme quoi l’Administration américaine n’a rien à envier à l’Administration française ou vice versa, c’est comme vous voulez. Bref c’est comme dans la blague de Noé et de son arche nouvelle version au XXIème siècle : à la fin Dieu n’a pas besoin de détruire l’humanité qui commence à lui casser les pieds, « l’Administration s’en charge », dit-il à Noé.

Cela fait un mois presque jour pour jour que nous avons déposé notre demande de passeport et les chèques n’ont toujours pas été encaissés… 

Quelques curiosités administratives américaines

US Post Office à Berkeley Heights, New Jersey

Ces dernières semaines nous avons fait faire notre passeport mon fils et moi (quitte à être bloqués et ne pas pouvoir voyager pour l’instant, autant en profiter pour faire la paperasse sans laquelle on ne peut plus vivre de nos jours). On nous a dit qu’il fallait compter 3 ou 4 mois pour recevoir le passeport, c’est pour ça que j’ai insisté pour que nous le fassions en ce moment pendant nous avons le temps d’attendre.

Le 13 avril donc, nous avons déposé notre dossier passeport à la poste : littéralement la demande se fait à la poste, un des postiers est agent notarié pour valider notre identité, que les copies des documents fournis sont conformes et que le dossier est bien rempli.

C’est une de ces curiosités américaines : le passeport se fait à la poste (et à d’autres endroits autorisés et aussi auprès de l’administration fédérale concernée) mais la poste est l’endroit le plus courant et le plus fréquemment utilisé par tout le monde — le plus facile d’accès et le plus proche puisqu’il y a des bureaux de poste un peu partout, même dans les plus petites villes (pourvu que ça dure).

Quant à la photo, officielle et agréée par l’administration, pour ledit passeport, elle se fait… à la pharmacie. Les photos de passeport se font toujours à la pharmacie, d’autant plus maintenant que les photographes (ateliers / magasins de photo) n’existent plus. Une autre de ces curiosités américaines.

Ceci dit, au début peu après notre arrivée aux États-Unis, j’allais chercher les timbres postaux à la banque. Il y en avait bien sûr à la poste aussi (je crois que maintenant il y en a aussi aux caisses des supermarchés mais c’est relativement récent) mais en ce temps-là pour je ne sais quelle raison j’allais toujours chercher mes timbres postaux à la banque — c’était le temps où l’on utilisait encore beaucoup de timbres, pour payer les factures envoyer des chèques, maintenant ce n’est plus le cas puisqu’on fait tout par Internet. Cela m’avait tellement étonnée que je l’avais raconté à tout le monde en France : «  Je vais chercher mes timbres postaux à la banque, c’est comme ça ici ».

Autre pays autres moeurs

Au moins ça c’est amusant, ce qui n’est pas le cas de toute la paperasse et des multiples autres tracas administratifs.

Pharmacie Walgreens à Berkeley Heights

Premier mai

Un brin de muguet dans mon jardin, le seul brin un peu fleuri, tous les autres sont en bouton encore ce qui est normal pour la saison, d’habitude ils sont en pleines fleurs une dizaine de jours plus tard, vers le 8 ou 10 mai.

Muguet dans mon jardin 1er mai 2021

Petites conversations d’aujourd’hui

Avant on parlait du temps, de la pluie et du beau temps, des tempêtes tropicales ou de neige, passées ou à venir selon les saisons, du nombre de centimètres de neige que nous avions eus respectivement, du nombre de centimètres prévus.

Maintenant les petites conversations, en guise de pluie et de beau temps, small talks comme on dit ici, sont à propos des vaccinations, où nous en sommes respectivement, complètement vaccinés ou en cours de vaccination, quels vaccins nous avons eus.

Tel ce matin avec mon plombier, lui en cours de vaccination comme moi, son frère complètement vacciné, lui a eu le Pfizer, moi le Moderna.

Les petites conversations du moment — jamais nous n’avons comparé nos vaccinations contre la grippe ni quel vaccin nous avions eus, les petites conversations c’étaient le temps qu’il faisait ou qu’il allait faire. Covid-19 a tout avalé — Covid écrase tout disent les médecins — même ça.

La vie telle que nous la connaissions (vidéo)

Montage réalisé à partir de séquences vidéos tournées en avril 2019. La vie telle que nous la connaissions, que nous tenions plus ou moins pour acquise dans ses grandes lignes sauf accident  personnel ou ponctuel. Rien d’extraordinaire, petites allées et venues au supermarché, à la poste, au tai-chi, chez le marchand de vin avec des dégustations sur place, aller chercher quelqu’un à l’aéroport, aller manger une pizza avec des amis, aller faire du lèche-vitrine au grand centre commercial, « Mall », voisin, toutes ces choses banales que nous faisions sans y penser outre mesure.

Ce qui n’a pas changé entre alors et aujourd’hui : les fleurs dans mon jardin et les couchers de soleil — tout le reste a simplement disparu ou s’est fortement ralenti, fait à la va-vite la peur au ventre et sans aucun plaisir.

Absurdité et arrogance encore

Je reviens sur cette histoire invraisemblable, pourtant vraie, du Canal de Suez qui a été bouché par un bateau en travers il y a quelques semaines. Et le monde qui retenait sa respiration, le monde sur un fil à cause de ce bateau en travers. Le monde moderne mis en défaite, en échec, en suspens, par une si petite chose quand on y réfléchit. La vulnérabilité inouïe à laquelle nous nous sommes soumis tous seuls. C’est un peu l’histoire de l’éléphant et de la souris, le monde des hommes, si important et si puissant, mis en échec par un bateau, certes gros mais tout petit par rapport à la planète des hommes et à la planète tout court. Tout ça parce qu’on fait passer un trafic fou et des bateaux énormes dans un conduit gros comme le chas d’une aiguille, c’est un autre sujet en soit.

Un talon d’Achille, il semble que nos sociétés modernes ne soient plus faites que de talons d’Achille. Et encore Achille et tout être humain en ont 2 de talons — nos sociétés en ont pléthore. Ne pouvons-nous pas nous poser un peu et réfléchir à tout ceci, réfléchir et surtout agir ?

Puis une crise dans une crise (dans une crise, une troisième si on compte la crise Covid par-dessus tout ça), une crise dans une crise : un canal bouché par un bateau et un autre bateau qui contient des moutons pour lesquels on a embarqué juste assez de nourriture et d’eau pour la traversée de tant de jours, pas un de plus. On peut déjà s’en offusquer que pour des raisons d’économies, de gros sous (petits sous plutôt) on n’ait pas embraqué du surplus pour ces pauvres animaux. 

Mais c’est là qu’il faut s’arrêter en fait et faire quelques pas en arrière. 

Des moutons ? Des moutons vraiment ? Dans un bateau qui passe le Canal de Suez, donc cela veut dire un bateau qui va fort loin ? La question qui devrait se poser avant toute autre c’est : quel besoin d’envoyer des moutons à l’autre bout du monde ? WTF ? D’autant que le mouton n’est pas l’animal le plus difficile à élever, où qu’il soit, qu’il y a peut-être d’autres animaux à élever localement. J’avoue que les bras m’en tombent.

Pour en revenir au bateau et à sa libération, il faut bien quand même se rendre compte et accepter le fait qu’il a été libéré par les forces de la nature : sans la marée, de pleine lune en plus, il ne se serait rien passé et le bateau serait toujours coincé, sans doute pour longtemps. Certes les travaux d’excavation à la petite cuiller (c’est ce dont cela avait l’air, n’est-ce pas…) ont sans doute aidé mais eux seuls ne pouvaient rien faire. Il fallait une force qui nous dépasse pour libérer un tel petit monstre, petit en regard des forces de la nature, monstre en regard de nos petites forces à nous humains. Qu’aurait-on pu faire sans la marée ? Une explosion atomique pour le libérer ? Les hommes aiment bien jouer avec des forces qui les dépassent, dont ils se croient maitres et qui produisent des catastrophes en rafale — sarcasme, euphémisme. Avant qu’il soit libéré par la marée, alors qu’il était coincé depuis plusieurs jours déjà, j’en venais à me dire qu’on allait être obligés de le laisser là, et petit à petit, de le vider puis de le démonter pièce par pièce — boulon par boulon, il y en aurait pour des années — et en attendant creuser un nouveau canal pour rétablir le passage, sans doute aussi quelques années — moins que le temps de démonter le bateau coincé ?

Donc nous les êtres humains, ne devrions pas la ramener et plutôt rester humbles : ce sont les forces de la nature qui ont aidé (la marée) et permis la libération, pas nous. Nous qui avons provoqué la catastrophe pour commencer.

Ensuite nous devrions aussi laisser tomber toute arrogance restante, rester très humbles pour surtout faire en sorte que cela ne se reproduise pas . Ne pas faire des procès en veux-tu en voilà, virer des équipages « incompétents » — je ne pense pas que ce soit là le fond du problème, même s’ils ont éventuellement commis une erreur de navigation. L’erreur humaine dans cette crise n’est pas une erreur de pilotage au fond, peu importe ce que « prouvera » l’enquête :  l’erreur c’est notre mode de vie, notre course au profit qui nous mène droit au mur — nous y sommes avec la pandémie de Covid. Et maintenant ça, le bateau coincé dans un canal qui existe depuis plus de 150 ans et dans lequel une telle chose n’était jamais arrivée.

L’humilité véritable serait de se remettre en question à l’échelle de la société humaine dans son ensemble, de travailler de concert pour faire les choses différemment, de ne pas mettre des pressions inouïes sur la nature et sur les autres humains (les esclaves modernes du bas peuple), de laisser tomber les procès et autres poursuites judiciaires parce qu’elles sont inutiles dans ce cas là — elles ne servent qu’à assouvir la tendance lourde de ces dernières décennies : rejeter la faute sur l’autre, ce genre de procès ne sert qu’à ça.

Plutôt que de faire un procès, tous les intervenants devraient se mettre autour d’une table et travailler ensemble pour éviter que cela se reproduise. Non pas en faisant des lois de ci ou de ça, des normes, de la paperasse de la bureaucratie à n’en plus finir — brassage de vent —  mais en changeant les procédures pratiques, les façons de faire sur le terrain. Avec bon sens.

Manifestement on peut toujours rêver — encore que…

Les 3 premières semaines de mars

Début mars mes parents se font vacciner, le 4 mars précisément, de leur première dose du vaccin Pfizer, ma mère exactement 2 jours avant son 90ème anniversaire. Il était temps nous commencions à désespérer et je me disais que j’allais finir par être vaccinée avant eux (au temps pour le discours officiel du gouvernement français qui annonçait que la vaccination était bien en chemin pour les personnes âgées à haut risque — en chemin certes  mais un étroit sentier de haute montagne, pas une autoroute.)

Début mars aussi mon « rhume » : un matin réveil avec le nez bouché, ce qui peut arriver avec le chauffage et l’air dans la maison qui devient très sec. De temps en temps, relativement rarement cependant, j’ai besoin de me moucher au réveil mais c’est léger. Ce matin-là mon nez est très bouché, j’ai besoin de me moucher plusieurs fois. J’essaye de ne plus y penser. Mais dans la matinée j’ai le nez qui coule régulièrement et besoin de me moucher souvent. L’après-midi se passe aussi à me moucher, le nez qui coule puis nez bouché, me moucher, puis encore le nez qui coule. Pression dans le haut du visage, les sinus, je me sens congestionnée. Éternuements fréquents aussi. Évidemment qu’on y pense, évidemment. En temps ordinaire je me serais dit « tiens j’ai attrapé un rhume ». Mais ces temps-ci fortes chances que le « rhume » soit l’autre coronavirus. Et comment attraper un rhume « ordinaire » quand on fait les gestes barrière, qu’on suit toutes les précautions, qu’on ne sort pour ainsi dire pas et que personne dans la maisonnée ne sort non plus ? Les rares sorties éclair au supermarché ou à Home Depot, le magasin de bricolage, faites les jours précédents c’était à 8 heures du matin, quand les magasins sont presque vides, double masquée, sans m’approcher de personne (caisse automatique où on encaisse tout seul). Mais le petit vélo dans ma tête me dit « voilà tu es sortie faire quelques courses au supermarché la semaine dernière et aussi au magasin de bricolage — 2 sorties ». En début de soirée j’en suis toujours à me moucher et à être congestionnée, je me dis qu’il va falloir appeler mon médecin demain pour lui en parler. Et toujours cette question, comment avoir pu attraper un rhume avec toutes ces précautions surtout que justement je n’ai plus eu de rhume, ni personne dans la maison, depuis 12 mois, depuis le confinement en mars 2020 ! Tout l’après-midi je me suis bourrée de citron chaud avec du miel et de pastilles Halls à la menthe / eucalyptus. J’ai pris aussi une gélule de paracétamol action rapide pour essayer de soulager la congestion. Le soir pour me changer les idées je regarde un épisode d’un feuilleton (10 pour cent) dans le sous-sol (le basement) où ma grande télé est installée. Et pendant l’heure que dure le feuilleton, je ne me mouche pas une seule fois contrairement au reste de la journée. En remontant au rez-de-chaussée, à peine arrivée en haut de l’escalier dans le salon, que je me mets à éternuer plusieurs fois et que j’ai le nez qui coule à nouveau. C’est là que je suis soulagée, cela doit être une simple allergie. Je ne suis allergique à rien normalement mais je me souviens que la veille il a fait plus doux et que c’était la première fois de la saison où nous avons ouvert les fenêtres en grand pendant une partie de la journée. 

Le lendemain matin au réveil : nez pas bouché et qui ne coule absolument plus, je ne me suis pas mouchée de la journée — je ne me suis plus mouchée une seule fois depuis ! Une petite réaction allergique donc.

Depuis nous avons eu quelques belles journées et ouvert les fenêtres encore mais sans conséquence pour moi. J’en déduis que cela s’est produit parce que c’était la première fois de la saison et peut-être mon système immunitaire maintenu dans une bulle depuis un an, a été un peu surpris par des particules nouvelles et soudaines de pollen ou autres à l’extérieur. 

Début mars aussi les courses alimentaires au supermarché Stop and Shop du centre-ville : petite différence quand même, les masques sont bien portés et portés par tous. J’ai même vu ce responsable qui était habituellement sans masque, contre la règle de son propre établissement, qui a enfilé correctement son masque avant d’entrer. Les fois précédentes il était toujours sans masque dans les rayons. L’autre employé qui lui portait un écran plastique et un écran uniquement depuis le début (depuis au moins le mois de juin 2020 et sans jamais porter rien d’autre à chaque fois que j’y suis allée) portait un masque cette fois. Effet Biden ? Sans doute un peu. J’ai fait comme à mon habitude depuis la pandémie, la caisse automatique où l’on fait tout tout seul, je n’ai interagi qu’avec une personne, masquée elle aussi, dans un rayon pendant une minute maximum et à distance. Et je double masque : masque chirurgical plus masque en tissu trois épaisseurs, bien enveloppant, chose que nous pratiquons depuis janvier lors de nos sorties « dans le public ». Gants et désinfection du caddie, puis désinfection des mains au Clorox à la fin des courses, après avoir chargé la voiture et avant de conduire. Lavage des mains à l’eau et au savon de retour à la maison, etc.

Début mars aussi, un petit saut éclair à Home Depot pour acheter 2 barres LED pour remplacer mes barres de néon qui ne fonctionnent plus au sous-sol. J’avais prévisualisé sur Internet dans quelle allée du magasin elles se trouvaient, histoire de minimiser mon temps dans le magasin. À Home Depot ça reste pareil qu’avant Biden : les artisans (et ce n’est pas seulement politique puisque les artisans en Europe, en France du moins, sont aussi globalement réticents à porter des masques. C’est pareil ici, être artisan, électricien, plombier plâtrier maçon ou mécanicien aussi, protège du virus — sarcasme), donc les artisans, parmi les quelques artisans présents (j’y suis allée tôt mais pas trop tôt, entre 6h et 8h du matin les artisans viennent en masse acheter leurs fournitures avant de rejoindre leur chantier, après 8h ça se calme et c’est encore trop tôt pour le grand public : j’y suis allée juste après 8 heures donc) certains ont le masque sous le nez (vraiment après 12 mois ? ) ou l’enlèvent quand ils ont passé l’entrée et le contrôle visuel de l’employé, bien cachés derrière les étagères dans une aile plus éloignée (quel âge ont-ils ? cela vaut la cour de récréation de maternelle, et encore ! ). Sans compter ceux qui remontent mollement avant d’entrer leur bandana bien fin au tissu presque transparent, une seule épaisseur de coton ou acrylique ou qui remontent leur tour de cou du même genre…

Début mars aussi (appel du 7 mars de notre maire) la nouvelle des 44 nouveaux cas de Covid pendant la première semaine de mars à Berkeley Heights, puis un autre appel le 14 mars pour nous signaler 25 cas en plus dans la semaine d’après, ce qui est beaucoup pour une ville de 11000 habitants. La maire nous enjoint à respecter les consignes de sécurité, gestes barrière, distanciation physique, masques, même en extérieur quand il y a du monde, désinfection des mains et à continuer à être vigilants car si les cas augmentent trop on peut en arriver à nouveau à devoir fermer les commerces ou baisser la jauge d’occupation pour ceux qui pourront rester ouverts. Ce qui serait catastrophique : ils ont survécu péniblement jusque là, une prochaine fermeture leur serait fatale, voire une simple diminution d’activité. Les cas sont essentiellement des jeunes adolescents et enfants plus quelques personnes de 40 ans. Pour les enfants et adolescents, c’est le sport après école qui est le lieu leur contamination. Le fameux sport qui est organisé par les écoles après les heures officielles d’école, uniquement des sports de compétition donc pratiqués en groupe, des sports collectifs quoi ! Cela fait partie de l’institution, de la tradition, qui fait que les écoles ferment à 3 heures et donc fonctionnent en réalité en mi-temps, ceci en temps normal, hors pandémie. Durant la pandémie les écoles ont fermé complètement au début et sont passées en enseignement à distance à 100% puis à la rentrée de septembre ont rouvert partiellement (rotation des élèves, mi-temps du mi-temps normal et enseignement à distance, voir ci-après). Dans notre ville elles n’ont toujours pas rouvert à 100% depuis un an. À New York City, elles ont été en distanciel 100% depuis un an et n’ont jamais rouvert, il est question de les rouvrir en avril 2021 selon des protocoles sanitaires qui sont encore en discussion. 

Dans notre ville, comme ailleurs, la réouverture complète des écoles est aussi soumise à la baisse des cas, s’ils augmentent trop on repasse en enseignement à distance à 100%. D’ailleurs les écoles de notre ville qui n’ont jamais rouvert en plein depuis mars 2020 donc, referment occasionnellement quand il y a des pics : le lycée a fermé ce début mars 2021 et est passé en 100% sur Internet pour cause de 25 cas parmi les élèves et enseignants (nombre d’élèves de ce lycée entre 1000 et 1200 plus le personnel). Mais quand il repasse en présentiel, c’est en alternance, mi-temps en ligne et mi-temps en présentiel, avec en plus rotation des élèves et encore en plus les élèves sont divisés en cohortes, quasiment au sens romain du terme. Cohortes qui restent ensemble (cohortes d’enseignants et d’élèves) et ne se croisent pas avec les autres cohortes dans les bâtiments. Bref rotation des élèves une semaine sur deux et mi-temps en présentiel dans la journée, l’école est loin d’avoir rouvert pleinement. Cela revient a ouvrir au quart si je comprends bien : mi-journée et moitié des élèves seulement dans ces mi-journées, le reste du temps et des élèves sur Internet. Plus le fait que certains élèves peuvent rester 100% en distanciel sans jamais mettre les pieds dans les bâtiments scolaires si tel est le choix des parents. Choix proposé aux parents, et qui continuera à l’être même quand (si) on rouvrira à 100% pour le reste de cette année scolaire. Ensuite cela changera, à la fin de la pandémie seulement. Tout cela sans compter les fermetures ponctuelles et le passage en tout distanciel selon le nombre de cas qui montent, plus le distanciel  systématique  pour toutes les écoles (maternelle, primaires, collège et lycée : 6 établissements en tout dans notre ville avec le lycée qui accueille les élèves de la ville voisine, qui n’a des établissements que jusqu’au collège) donc mise en 100% distanciel pendant 1 semaine après chaque vacances, à titre de prévention.

Enfin le 12 mars un e-mail d’amis français, des amis très proches, qui m’apprennent qu’ils sont touchés par le virus : le fils de 12 ans a été contaminé puis a contaminé son père, 62-63 ans, à risque à cause se son diabète et hypertension. Heureusement il avait eu sa première injection du vaccin, puisqu’il est à risque, 2 semaines avant d’être contaminé. (Heureusement aussi que dans leur petit village de l’arrière-pays grassois ils ont eu les doses ! )  Il est malade, lessivé, fiévreux et tousse. Son médecin pense que d’avoir eu la première injection lui a évité de partir à l’hôpital a priori— c’étaient les nouvelles au 12 mars, il restait  une semaine à tirer pour voir si ça ne dégénèrerait pas. Seule la mère, plus jeune et sans comorbidités, était alors négative, qui tentait de le rester en s’isolant dans leur maison — pas gagné là non plus. Elle est très inquiète et nous sommes tous très inquiets pour eux. On voit que la première dose c’est mieux que rien mais que ça ne suffit pas.

Hier 21 mars des nouvelles de mon ami français : il a passé le cap après une semaine de toux et de fièvre et à surveiller de près son taux d’oxygène. Soulagement mais le boulet n’est pas passé loin et maintenant il tire une fatigue d’enfer : il est épuisé au moindre mouvement et aura besoin d’un certain temps à se remettre en forme (avant la pandémie il allait régulièrement à la salle de sport et se maintenant en forme raisonnable). Il reste encore au lit toute la journée mais le cap est passé, il s’en est sorti. Son médecin confirme que vraiment la premiere injection lui a permis de minimiser les réactions et d’éviter hospitalisation voire réanimation. Heureusement que le timing a été ce qu’il a été et qu’il avait reçu cette dose 2 semaines avant d’être contaminé.

Leur fils de 12 ans a passé une seule une soirée avec 39 degrés de fièvre et c’est tout (symptômes quand même…)

Quant à la mère elle est passée au travers a priori, elle doit confirmer par un test PCR avant de pouvoir reprendre le travail (en présentiel partiel 1 à 2 jours par semaine, là elle était passée en 100% à distance). En tout état de cause elle n’aurait eu aucun symptôme si elle s’avère positive dans les jours qui viennent, ou alors elle est restée négative. Elle attend aussi le vaccin pour sa tranche d’âge avec impatience.

Arrogance

En mars dernier (2020), lors du changement d’heure le 8 mars j’avais écrit un petit texte sur l’arrogance des hommes qui veulent imposer leur volonté au soleil en changeant l’heure donnée par le soleil justement.

À lire ici:

https://michusa.wordpress.com/2020/03/08/lincroyable-arrogance-des-hommes/

J’avais prévu d’écrire d’autres articles sur l’arrogance des hommes, le changement d’heure qu’on nous impose pour des raisons qui nous échappent (monétaires financières à coup sûr et certainement pas pour faire des économies de quoi que ce soit — au contraire). J’avais prévu aussi d’écrire un article ou deux sur la journée internationale des droits des femmes qui tombait ce jour-là, celui du changement d’heure en 2020.

Puis la pandémie est passée par là et a tout écrasé de son rouleau compresseur, la pandémie ou ce que nous en avons fait —pas grand-chose en termes de monde d’après. Nous, le bas peuple, y avons presque cru, une demi-seconde, au tout début de ces « temps exceptionnels ».

Donc je n’ai pas écrit ces articles, tout occupée que j’étais à gérer le quotidien chamboulé, faire attention sans trop savoir à quoi ni comment au début, me documenter avec toutes les informations parcellaires et contradictoires du début aussi. On en a toujours de ces informations contradictoires, s’il y a une chose que la pandémie n’a pas changée — au contraire je dirais presque — c’est le « en même temps » …

Et un an plus tard quasiment jour pour jour, rien n’a changé ou presque sur le fond : nos façons de faire au niveau global, nos sociétés, la finance, le profit, la compétition inutile, la course droit vers le mur, les mêmes logiques, celles qui nous ont menées à cette crise, et à toutes les crises d’ailleurs, continuent de prévaloir. Seul notre quotidien (celui du bas peuple essentiellement) a changé, en pire bien entendu. Le pire dans tout ça c’est que c’est le bas peuple qui est montré du doigt et sermonné quand « les chiffres » (tout un programme, il y en aurait à raconter sur « les chiffres » auquel on fait dire ce que l’on veut, tout et son contraire absolu dans la même foulée, cela s’appelle de la politique et pas au sens noble du terme, qui a disparu depuis bien longtemps), quand les « chiffres » donc sont « mauvais ».

L’arrogance des hommes est toujours là, encore plus quand il s’agit de signifier au bas peuple qu’il est crétin et ne comprend rien à rien. Si l’on ne m’explique pas ou me cache des informations nécessaires pour faire fonctionner mon cerveau, bien entendu que je ne comprends rien ! Je comprends par contre bien une chose : cette crise est complexe, ce n’est absolument pas facile à gérer, on navigue à vue et les volte-face sont courantes même au niveau purement scientifique, au fur et à mesure que l’on en apprend plus sur le virus, la maladie et la dynamique de la pandémie. Cela n’est pas étonnant, je peux le comprendre et je me garderai de dire que je ferais mieux ou que untel ou untel ferait mieux pour gérer la crise. Les erreurs ne sont pas étonnantes, elles sont même escomptées, on peut les comprendre et les accepter. Ce que je refuse de comprendre c’est qu’elles ne soient jamais reconnues comme telles par les dirigeants et les politiques et qu’au contraire leur arrogance augmente avec la crise et la durée de cette crise. C’est cela qui est inacceptable, pas tant le fait qu’ils fassent des erreurs. Parce que quand on ne reconnaît pas ces (et ses) erreurs, qui je répète sont légitimes en premier lieu ou la première fois qu’on est confronté à une situation, quand on ne reconnaît pas ces erreurs comme telles, on n’en apprend rien, donc on les répète voire, pire, on s’enferre encore plus en connaissance de cause pour ne pas les admettre ou perdre la face (ou croire qu’on perd la face).

Pendant ce temps le virus se frotte les mains (en fait il s’en fout le virus, il est juste une force qui tire sa vitalité de la désolation et de la mort d’une autre espèce, rien de bien nouveau sous le soleil ), mais notre arrogance à nous les humains est pire que le virus 

(Pour commencer, cette arrogance a conduit tout droit à cette crise et cette pandémie, le virus, lui, n’a été qu’opportuniste comme tout sur cette terre — opportuniste sans jugement de valeur au sens médical et scientifique du terme, on lui ouvre la porte et lui offre un chemin, que dis-je une autoroute,  il l’a pris.)

Je viens de finir un livre dans lequel l’auteur dit : « nous devons faire fonctionner notre cerveau, et hésiter longuement lorsqu’un interlocuteur utilise son titre comme principal argument. » L’auteur parlait de médecine puisqu’il est médecin, mais cela vaut pour tous les domaines bien entendu et de plus en plus en ces temps de pandémie, puisqu’on nous assène des « je sais parce que je suis ministre de ci ou de ça, président de ci ou de ça, directeur de ci ou de ça, expert de ci ou de ça » etc., et non pas des « je sais parce que les faits sont ceux-ci, les hypothèses sont celles-ci, sont vérifiées par ces expériences, infirmées par d’autres, les conclusions sont issues de raisonnements qui sont ceux-ci appuyées par des faits et des connaissances avérées et solides qui sont telles et telles ». Ce qui compte pour convaincre ce sont les explications et le raisonnement de la personne et non pas son ou ses seuls titres, trop souvent la seule chose que cette personne met en avant pour convaincre ! Et on nous en a servi des titres, en veux-tu en voilà qui nous ont éructé des bêtises grosses comme des maisons —cela se voyait au moment même où ils les prononçaient, sans besoin d’être expert de ci ou de ça justement… Arrogance toujours, arrogance du titre qui est bien dévoyé de nos jours (d’autant plus que dans ce monde où tout s’achète tout se vend, un titre ça s’achète aussi, non ? nous en sommes là).

Snowmageddon trace — vivre avec la neige

1er mars 2021

Un peu plus d’un mois après la tempête Snowmageddon, ça y est la neige fond, on voit maintenant bien le sol et les températures, toujours assez froides jusqu’à présent, devraient monter et nous donner un avant-goût de printemps : entre 15 et 20 degrés Celsius dans les jours qui viennent cette semaine — du moins ce sont les prévisions.

Depuis cette grosse tempête du 1er et 2 février, il a neigé une ou deux fois par semaine, quelques fois un saupoudrage quelques fois plus mais toujours suffisamment pour qu’il faille nettoyer — la pelle a suffi, nous n’avons plus eu besoin de mettre en action le chasse-neige. 

Vivre avec la neige, le sol couvert de neige, est un peu compliqué et nécessite des aménagements et de la préparation. Certaines tâches qui ne nécessitent que quelques minutes et auxquelles on ne pense même pas en les exécutant, deviennent des travaux à part entière et demandent du temps, beaucoup plus de temps. Quand le sol est couvert de neige et qu’il fait toujours bien froid (températures qui ne passent pas en positif dans la journée) on ne peut pas juste enfiler ses sabots de jardin pour aller chercher son courrier ou remonter ses poubelles.

Illustration en vidéo — en l’occurrence il nous a fallu excaver les poubelles.

Les cartons à recycler mentionnés dans la vidéo, ceux qui avaient été mis dehors fin janvier et ensevelis par la tempête Snowmageddon puis par les chutes de neige continuelles pendant presque tout le mois de février, y sont toujours. La semaine dernière je pouvais y accéder puisqu’une partie de la neige avait fondu mais il m’a été impossible de les prendre pour les descendre le jour du recyclage : ils étaient collés au sol par le gel. Ce sera pour le recyclage de la semaine prochaine j’espère.

Il a donc neigé régulièrement une grande partie du mois de février, jusqu’au’ au 22 février, ce qui nous a bien occupés. Ensuite ce sont les fuites d’eau dans le sous-sol qui ont pris le relais pour nous occuper, pas la fonte des neiges mais des véritables problèmes de tuyauteries — c’est une autre histoire, la plomberie aux États-Unis est d’une qualité déplorable, tout lâche régulièrement et a besoin d’être remplacé — par du matériel d’aussi mauvaise qualité qui lâchera quelques années plus tard, une façon de faire marcher le « business » je n’exagère pas c’est réel et fait à dessein.

1er mars 2021
1er mars 2021
1er mars 2021