Archives mensuelles : mars 2014

New York encore par grand froid — trace

New York par grand vent cette fois. Pas de trace de la neige promise et attendue. Sans regret. À la place un vent de tempête force je ne sais combien — tout est exagéré à New York, même un jour sans vent il y a du vent dans les corridors des avenues.

Pas le courage de braver les rafales pour me promener malgré le jour qui dure plus longtemps.

Le même café, les mêmes gens ou presque, interchangeables, j’en reconnais certains cependant, qui pianotent sur leur ordinateur ou leur téléphone.

Personne ne parle à personne dans ce café, 7 milliards d’êtres humains et on ne parle qu’à des machines ou par machines interposées — prétendument. On ne parle pas d’ailleurs on communique, c’est le mot consacré.

Dans ce café, je ne communique pas, je ne parle pas — je cherche la trace d’une vie antérieure ma trace dans la ville des villes,

trace dans ma mémoire

de mémoire,

j’écris.

Un autre jour de froid à New York

New York par grand froid encore

Il m’a fallu aller à New York par grand froid encore, la température n’est jamais passée en positif de la journée — le ressenti encore plus bas que la température réelle.

Une dernière trace d’hiver, cet hiver qui n’en finit pas.

Malgré le ciel bleu, je n’ai pas eu le courage d’emporter mon appareil photo, je trouverai une autre photo — un autre jour, le même froid — dans ma collection. Plutôt je me suis réfugiée dans un café où tout le monde pianote sur un ordinateur ou un téléphone portable. Je suis la seule avec mon cahier de papier et mon stylo-plume. À l’ancienne.

Une respiration dans ce monde toujours plus connecté. Au moins je laisserai une vraie trace sur du papier de mon passage à New York.

Les bracelets de l’amitié — trace

Le dernier en date ne tient qu’à un fil. Il me faut le dire à ma fille, qu’elle se mette en quête du suivant.

Il y a des amitiés qui n’étaient pas faites pour casser, contrairement aux bracelets — il n’y a jamais eu de bracelet associé à ces amitiés d’ailleurs.

Pourtant par deux fois — la première fois ce n’était la faute de personne juste la faute à pas de chance, la mort a prélevé son dû sans qu’on lui ait rien demandé, elle s’est servie. On peut dire que l’amitié n’a pas cassé, elle s’est seulement interrompue à cause de circonstances indépendantes de nos deux volontés, ça oui. Franchement il n’avait pas choisi de mourir.

La seconde fois ce n’était pas le cas, personne n’est mort, alors on peut dire que l’amitié a cassé d’elle-même. Pas de mon fait. Tout a cassé, explosé en mille morceaux que je n’arrive pas à recoller. C’était peut-être le but, que je n’arrive pas à recoller. Il ne reste que la trace. Dans ma mémoire. La mienne seulement  ?

Trace.

Chacune de ces amitiés, à sa façon, a laissé une trace, indélébile, infinie.

Le bracelet cassé ne laissera pas de trace, je ne m’en souviendrai plus d’ici quelques semaines.

L’amitié, si, infiniment.

Douloureusement.

Les deux.

Les bracelets de l’amitié

Les bracelets de l’amitié sont faits pour casser et être jetés quand cela arrive, m’a dit ma fille, mon unique pourvoyeur de ces bracelets. Quand cela arrive, que le bracelet casse, elle m’en fournit un nouveau quelque temps après.

Ce n’est pas grave de les jeter, c’est fait pour, m’a-t-elle dit. Immanquablement elle me les remplace de toute façon.

Pourquoi cela s’appelle-t-il un bracelet de l’amitié si c’est cassable et jetable dans tous les cas ?

L’amitié qui va avec, est-elle supposée suivre le même chemin ?

Une heure de perdue — trace

Une heure de perdue trace

Une heure de perdue, une seule qu’est-ce finalement en regard de toutes ces heures perdues —

trace du temps qui a passé, trace du temps qui passe

à me demander où, quand

ce ne sont même pas les pourquoi j’ai tiré une croix dessus il y a longtemps déjà.

Une heure de perdue tous les jours certes, jusqu’à l’hiver prochain, interminable pire ou meilleur que celui-ci, qui a été le plus rigoureux depuis 20 ans au moins, c’est en hiver que je voudrais perdre une heure tous les jours, qu’il passe plus vite surtout, il n’y a rien à en espérer.

Une heure de perdue tous les jours de l’été, ma saison préférée pourtant, quel gâchis

l’été qui me ramène à cet été-là, toujours, quel gâchis,

quel incroyable gâchis.

Trace de ce gâchis dans ma vie, toujours

des années de perdues

une vie de perdue ?

Une heure de perdue

Passage a l heure d ete

9 mars, passage à l’heure d’été.

Une heure de perdue dans les limbes du temps. Au plus mauvais moment de l’année, cet hiver qui s’étire cet affreux mois de mars interminable, le plus long de l’année, sans coupure d’aucune sorte, que le mauvais temps, le gris du ciel le gel et le froid.

Quand on est fatigué de l’hiver et qu’il doit encore durer.

Je n’ai jamais compris pourquoi ce n’était pas l’inverse, ou encore mieux rien, la même heure toute l’année, une fois pour toute.

Une heure de perdue à jamais,

où la retrouverai-je ?

La retrouverais-je ?

New York par grand froid — trace

New York un jour de grand froid

Trace d’autres visites par grand froid, New York par moins 17 degrés, les larmes de froid de mon fils, traces sur ses joues, les gants insuffisants la peau qui se déchire, traces sur mes mains.

New York, la trace qu’elle a toujours laissée au fil des années depuis que je la connais.

La trace d’une ville que tu ne connais pas.

Aller à New York un jour de grand froid

Aller a NY par grand froid

Aller à New York un jour de grand froid, le vent dans les avenues empire tout. À l’ombre profonde des gratte-ciel on marche au fond de canyons que le soleil n’atteint jamais. Ce n’est pas une visite de plaisir, l’université n’attend pas et n’a que faire de mon état d’éternelle frileuse. Quoique je ne sois pas la seule cette année à craindre le froid et à en être dégoûtée, nous avons eu notre part.