Archives mensuelles : mars 2020

Lavage de mains 

Etat de mes mains-1

Lavage de mains trop fréquent, crème réparatrice juste avant de me coucher

Etat de mes mains-2

Lavage de mains trop fréquent, crème réparatrice juste avant de me coucher

 

(22 mars 2020)

Depuis le début de l’épidémie, je me lave les mains encore plus que d’habitude et d’habitude je me les lavais déjà beaucoup, il m’arrivait certains hivers d’avoir les mains en sang et trop sèches mais je me rattrapais certains jours où je n’avais pas trop de choses à toucher et où je sortais peu, me les lavais moins vigoureusement et, le soir surtout, je ne lavais que la face intérieure des mains pour épargner la peau du dessus plus fragile — hors de question en cette période d’épidémie.

Ma fille m’a dit que je devrais les laver moins souvent que ça puisque je ne sors pas de la maison — à la date de la photo (22 mars) je n’étais pas sortie depuis une semaine entière (depuis le 15 mars) à part quelques minutes chaque jour dans le jardin et mes enfants non plus — c’est vrai mais je ne peux m’y résoudre je frotte et refrotte mes mains comme une lanterne magique.

Préparatifs de sortie

Préparatifs de sortie

Préparatifs de sortie

Préparatifs pour sortie (courses alimentaires, pharmacie ou poste, de toute façon tous les magasins ou établissements qui ne sont pas de première nécessité sont fermés) : deux feuilles de papier absorbant, un petit sac congélation scellé avec 3 lingettes désinfectantes de ménage au chlore (Clorox dans mon cas, nous avons le choix entre deux grandes marques Clorox et Lysol ici aux États-Unis, c’est du lourd, rien ou presque ne résiste à ces produits), mes clefs de voiture  et une paire de gants médicaux jetables en vinyle.

Ne sont pas sur la photo mais que je prends également avec moi évidemment, mes clefs de maison et mon portefeuille avec mes papiers / cartes de paiement. Et un sac plastique pour jeter les gants en revenant à la voiture avant de toucher à quoi que ce soit dans la voiture.

C’est mon kit de sortie pour les temps présents et à venir, en lieu et place d’articles plus affriolants jusqu’à nouvel ordre.

La neige que l’on n’a pas eue

 

Lundi 23 mars était prévu de la neige et nous ne l’avons pas eue, heureusement. D’habitude je m’en moque un peu, je suis prête j’ai tout ce qu’il me faut pour passer le cap — avec les années j’ai peaufiné mes plans et mes préparatifs qui sont inscrits dans une routine hivernale. Mais cette fois je suis soulagée, pas la peine d’ajouter une difficulté supplémentaire à notre quotidien déjà compliqué. D’autant que nous n’avons pas eu de neige cet hiver, à part une petite chute le 2 décembre 2019. Depuis plus rien, à part un très léger saupoudrage en janvier peu après mon retour de France. Donc nous ne sommes pas rodés du tout pour la neige cette année. Et nous avons assez d’autres préoccupations.

Nous n’avons pas eu la neige annoncée, ni même de mélange pluie/neige, seulement des trombes et des trombes de pluie. Cela suffit à notre malheur ambiant, c’était certes déprimant mais au moins plus supportable que d’ajouter une difficulté de plus. Tout est toujours plus difficile avec un sol couvert de neige…

La neige est passée plus au nord cette fois mais nous pouvions être en bordure puisque nous ne sommes pas loin de l’autoroute appelée I 95 ou Interstate 95 : c’est souvent la limite inférieure de la neige, ce que l’on identifie ici comme le I 95 corridor. Nous sommes quelques kilomètres légèrement au-dessus et à l’ouest, en gros on pourrait pratiquement dire que nous sommes le long de ce corridor qui marque la limite pluie neige le plus souvent en hiver ou au printemps. D’où les erreurs ou plutôt les imprécisions des prévisions.

Cette fois-ci le front de neige est passé bien au-dessus, très largement même, je ne pense pas que le nord du New Jersey ait été touché.

Un répit au moins du côté de la météo. Un soulagement.

Les petites choses auxquelles on se raccroche, pour lesquelles on est reconnaissant en ce moment — une absence de neige.

Nous avons vraiment revu nos attentes à la baisse, un bien ou un mal — le futur (proche) nous le dira.

21 mars 2020, mise en confinement (New Jersey, USA)

Berkeley Heights septembre 2002

Berkeley Heights centre-ville (photo prise en septembre 2002)

Samedi 21 mars 2020, le gouverneur de mon état, le New Jersey, États-Unis, a annoncé l’ordonnance de confinement (c’est obligatoire et non plus seulement une forte recommandation), après avoir, pendant les 2 dernières semaines environ depuis lesquelles nous sommes en état d’urgence, pris des mesures de plus en plus strictes chaque jour qui passait. Nous étions déjà depuis une semaine en couvre-feu de 20 heures à 5 heures du matin (sauf les mêmes exceptions que vous, le personnel indispensable, les travailleurs qui reviennent ou vont prendre leur poste, urgence médicale) mais nous pouvions encore un peu circuler. 

Le confinement généralisé ou lockdown ou shelter in place selon comme on veut l’appeler, revient à un couvre-feu 24 heures sur 24, avec (pour le moment) exceptions durant les heures d’ouverture des magasins de première nécessité, pour aller acheter de la nourriture ou des médicaments autres denrées indispensables.

Durant ces 15 jours de perte progressive mais rapide de nos habitudes de tous les jours, les bars, restaurants et autres clubs, les cinémas, théâtres et salles de concert, puis les écoles garderies et clubs sportifs, puis les coiffeurs, salons de beauté, j’en oublie, tous ces lieux qui rassemblent du public en masse et favorisent le socializing, les rencontres et les regroupements, ont été fermes les uns après les autres. Enfin les commerces non essentiels ont tout d’abord été en horaires limités pour suivre les horaires du couvre-feu puis finalement complément fermé samedi (21 mars) pour accompagner le lockdwown.

La mise en confinement a été effective samedi 21 mars 2020 à 20 heures. Mon fils et ma fille sont allés faire quelques courses rapidement samedi après-midi mais il n’y avait pas foule dans le petit supermarché de notre ville ni dans l’autre petit magasin de proximité où ils sont allés.

Donc nous en sommes maintenant au même stade que la France en termes de confinement, sans les autorisations dérogatoires (ce n’est pas la même culture administrative écrite que la France) et je ne sais pas trop comment on justifie son déplacement pour aller faire une course en cas de contrôle. De toute façon comme les magasins non indispensables sont tous fermés, les seules courses que l’on peut aller faire sont forcément légitimes et de première nécessité. Ceux-ci sont en outre maintenant fermés relativement tôt, 20 heures  au lieu de 23 heures ou minuit en temps ordinaire, le temps d’avant, pour permettre un restockage des rayons, une désinfection plus poussée et une meilleure sécurité des travailleurs (j’espère que ce dernier point est vrai et que l’on applique partout des horaires décalés pour éviter plusieurs personnes à la fois dans un espace trop restreint.)

Certains des magasins « non essentiels » continuent leurs ventes et leurs opérations en ligne, les restaurants prennent aussi presque systématiquement leurs commandes par téléphone, e-mail ou Internet et proposent livraison à domicile ou take-out, le plus souvent en curbside pickup pour éviter que les clients entrent à l’intérieur et éviter tout contact. Ceux qui ne le faisaient pas s’y sont mis très vite, depuis l’ordre de fermeture il y a une dizaine de jours, seul moyen pour eux de continuer leur activité. Les magasins essentiels pratiquent aussi la livraison et le curbside pickup (récupération de la commande au trottoir devant le magasin, ce qui correspondrait au « drive » en Europe et qui curieusement n’est pas très répandu aux États-Unis, du moins dans ma région du Nord-Est à ce que j’ai pu voir). Dans mon New Jersey j’avais justement commencé à remarquer que la grande chaine de magasins Target avait commencé depuis un an environ (ou peut-être moins) à mettre un (tout petit) espace « car pickup » dans ses parkings, qui correspondait à ce « drive », mais c’était vraiment tout nouveau et pas encore très populaire ni très utilisé. Inutile de dire que les bouchées doubles sont en train d’être mises sur cette façon nouvelle pour les Américains de faire leurs courses. J’ai reçu hier un e-mail de ce magasin Target mettant en avant ce « car pickup » et encourageant leurs clients à le privilégier. 

Curieusement aussi la chaine de mon supermarché qui commençait timidement à s’y mettre (sur son site Internet, il n’y avait pas vraiment de place de parking désignée pour le car pickup, du moins pas dans mon supermarché local) vient de l’arrêter hier jusqu’à nouvel ordre pour des raisons d’effectifs apparemment et préfère plutôt mettre ses effectifs au restockage, la désinfection et la livraison. D’autant que dans les supermarchés alimentaires, le plus souvent la livraison n’est pas faite directement par le supermarché mais par des entreprises intermédiaires (pays du capitalisme avec un grand C, c’est le pays des intermédiaires à foison, dans tous les domaines d’activités) donc des entreprises de livraison de courses alimentaires qui travaillent en contrat ou encore des entreprises de « shoppers » qui font les courses pour le client et le livrent (dans ce cas ce n’est même pas les employés du supermarché qui préparent la commande mais un acheteur délégué par le client).

Les marchands de vin et liqueur ont été qualifiés indispensables pour l’instant. Ma petite brasserie locale préférée (voir mes articles sur mon blog de vin, en anglais) s’est donc convertie à la commande en ligne et à la livraison et il est aussi possible d’aller chercher sa commande à la porte sans entrer dans la brasserie comme avant et sans contact. Ils demandent à leurs clients de privilégier ce curbside pickup le plus possible pour réserver les livraisons pour les gens qui ne peuvent  pas se déplacer ou qui ont des membres de leur famille à risque et ne veulent donc pas sortir (la livraison se fait sans contact aussi). Mon marchand de vin favori fait de même, beaucoup d’autres de ceux qui sont classés indispensables et donc encore ouverts font la même chose.

Nous avons aussi le droit de sortir pour faire de l’exercice mais comme nous n’avons plus le droit de sortir en voiture (sauf pour les courses indispensables) c’est forcément à pied (ou en vélo, je pense que c’est autorisé) donc la sortie ne peut se faire qu’à proximité du domicile, dans le quartier. De toute façon aussi je vois que petit à petit les County Parks et les State Parks ferment leurs parkings et leurs chemins. Sans doute des abus ont-ils été constatés et ils sont obligés de fermer. Ce qui n’était pas prévu au départ puisqu’on nous encourageait à nous aérer mais sans nous rassembler. 

Avec la pointe de chaleur  — 23 degrés Celsius vendredi — les enfants à la maison et la majeure partie des gens en télétravail, les parcs ont apparemment été pris d’assaut avec des parkings pleins. Les jardins d’enfants avec toboggans et balançoires avaient eux été fermés la semaine précédente. Pour l’instant (combien de temps cela va-t-il durer ?) les parcs nationaux sont ouverts sauf pour les bâtiments et les toilettes, puisqu’on nous disait il y a quelques jours encore que nous pouvions aller nous aérer dans ces parcs mais en prévoyant d’aller aux toilettes avant de partir ! SI les gens en profitent pour se rassembler, faire des pique-niques et des barbecues ils vont être fermés aussi ce qui est bien dommage surtout que le pays est grand, ces parcs sont immenses et l’on pouvait aller s’y promener sans rencontrer personne (c’était le cas aussi dans nos petits County Parks et State Parks). De toute façon comme on n’a plus le droit d’aller se promener en voiture non plus et qu’il faut prendre la voiture pour aller à ces parcs, cela règle plus ou moins la question.

La ligne téléphonique d’urgence de ma ville a appelé le même soir (troisième fois en l’espace de quelques jours) pour répéter les mesures du gouverneur et être certain que tout le monde avait été informé de l’ordre de confinement. Le message a mentionné que nous pouvions sortir pour faire un peu d’exercice et prendre l’air. De toute façon dans notre cas à nous, Berkeley Heights est une petite ville suburbaine sans grands complexes d’appartements (seuls quelques condo ou petites copropriétés), elle est aussi très étalée : pour aller au centre-ville, j’en ai pour 10 kilomètres aller et retour. Je suis à environ 4 ou 5 kilomètres du petit centre autour de la gare et du supermarché / banque et pharmacie. Et là encore tout est très étalé, on se déplace en voiture entre chaque commerce, il n’y a pas vraiment de centre-ville à l’européenne où l’on pourrait tout faire à pied.

Étant très étalé on peut marcher dans mon quartier sans rencontrer grand monde, même en temps normal.

Mes enfants m’ont dit que samedi le « centre ville » était désert et qu’il n’y avait personne dans les rues, ce qui n’est pas inhabituel en soi, tous mes visiteurs de France m’ont fait la réflexion, « mais il n’y a jamais personne dans les rues ni dans les jardins chez vous ? ». C’est d’autant plus vrai que nous ne sommes pas une ville avec un centre-ville resserré avec petits commerces où l’ont peut aller de l’un à l’autre à pied comme la ville voisine de Summit. 

Ma voisine qui est allée au centre-ville en vélo hier (nous nous sommes parlé hier après-midi de jardin à jardin, à plus de 5 mètres de distance) m’a dit la même chose.

En gros le gouverneur ne nous veut plus sur les routes, il ne veut plus qu’on sorte : « We want you off the roads. That’s now 24 hours. We don’t want you out there. Period. » Cela peut se résumer simplement : « We want you to be home. »  comme le gouverneur nous le répète depuis plus d’une semaine.

À la maison nous avions plus ou moins anticipé l’ordre de confinement de toute façon, ma fille travaille de la maison depuis 10 jours et le restaurant de mon fils avait fermé le dimanche d’avant (15 mars). Il a ensuite rouvert pour les ventes à emporter seulement mais mon fils a décliné l’offre de revenir y travailler et se concentre simplement sur ses cours d’université en ligne (son université était de toute façon en ligne depuis qu’il avait commencé, il avait choisi ce moyen d’étudier qui lui correspond mieux).

Cela fait aussi depuis ce dimanche 15 mars que je ne suis plus sortie, après quelques dernières courses de lessive et de fromage ce jour-là, au centre d’achat en gros sur la grande route commerciale pas loin de chez moi (Highway 22) et un plein d’essence (voir mon article). À part des sorties dans mon jardin pour faire quelques photos des jonquilles qui commencent à percer et des forsythias en fleur, ramasser le courrier et descendre et remonter les poubelles. Je n’anticipe pas avec plaisir le fait de devoir aller chez le marchand de fruits et légumes à un certain moment cette semaine. 

Ce confinement de l’état du New Jersey fait suite à la mise en confinement de tout l’état de Californie (qui a suivi rapidement  la mise en confinement de la ville de San Francisco qui a initié le mouvement des lockdown des grandes villes, comme certaines villes plus petites de ci et de là, parmi les villes les plus infectées : cela a aussi été le cas dans le New Jersey), de l’Illinois (qui contient la ville de Chicago, du Connecticut et l’état de New York (plus la ville de New York la ville qui en fait partie). Le New Jersey a donc suivi en cinquième position.

En gros ce sont les états qui contiennent les principales (et plus grandes) villes américaines : New York Los Angeles et Chicago.

En tout un quart de la population américaine, soit 80 millions de personnes sont mises en confinement.

Le cas du New Jersey et du Connecticut, bien que plus petits en termes de population et qui ne contiennent pas de mégapole comme Los Angeles ou New York, est particulier : ces deux états font partie de la région du Tri-state (appelée encore NY Metro Area) puisqu’ils sont dans la proche banlieue de New York (la ville). Cela ne rimerait à rien et serait même dangereux de ne pas les ajuster aux dispositions prises par l’état de New York : les gens passeraient les state lines (les lignes de séparation des états) pour « profiter » de conditions moins contraignantes dans un des états voisins. Pour le dire de façon douce mais on peut dire aussi pour se comporter en purs connards.

Cela a été particulièrement crucial  la semaine dernière lors de la fermeture des restaurants bars et clubs en prévision de la St Patrick le 17 mars [voir mon article] : les 3 gouverneurs ont fait une déclaration et une ordonnance de fermeture conjointes et à juste titre !

Concernant notre état de confinement il y a en outre des villes (petites ou plus importantes) qui ont mis en place des mesures de confinement plus strictes voire totales comme la ville de Newark : il y a des quartiers très contaminés et à très haut risque de contagion. Ces quartiers classés hotspots ont des règles de confinement renforcé : ne pas sortir pour les nécessités quand d’autres personnes sont dehors (difficile à faire en ville à mon avis) car il est très dangereux de sortir dans ces hotspots actuellement. 

À suivre…

L’avantage de dormir — trace

 

quand je me réveille chaque matin il y a cet instant impalpable où je crois que je viens de faire un cauchemar et qu’il va falloir que je me dépêche de m’habiller de déjeuner pour conduire ma fille au train de 7 heures pour New York —

chaque matin il y a cet instant fébrile où je me dis qu’il faut que je me dépêche pour faire tout ce que je dois faire avant mes classes de tai-chi ou mes rendez-vous et autres engagements divers et variés — ces occupations que nous croyions indispensables,

la réalité me frappe à chaque fois en plein visage : ce n’est pas un cauchemar, un de ces mauvais rêves comme il arrive d’en faire de temps en temps et dont on se réveille le cœur tremblant avant d’être tout soulagé d’un seul coup —

ce n’est pas 

un mauvais rêve —

 

c’est un 

pur cauchemar éveillé —

 

je n’attends qu’une —

lueur au bout du tunnel,

 

et chaque matin quand je me réveille —

elle ne vient pas.

 

(Berkeley Heights, New Jersey, 20 mars 2020)

L’avantage de dormir

 

L’avantage de dormir c’est que pendant mon sommeil la vie est normale à nouveau, dans mes rêves le virus n’apparait pas n’existe pas.

À mon réveil il me faut quelques minutes pour revenir à la réalité, prendre conscience une fois de plus de notre situation actuelle, notre nouveau quotidien — que ce cauchemar digne des plus mauvaises séries américaines est bien réel.

Dans mes rêves j’étais ailleurs, dans mes rêves je me suis reposée — 

mes rêves auront au moins servi à quelque chose, diminuer temporairement pendant quelques petites heures, le stress les inquiétudes — un repos un répit, 

l’avantage de dormir.

 

(Berkeley Heights, New Jersey, 17 mars 2020)

État de sidération et volatilité de la situation

 

La situation évolue heure par heure, minute par minute et pas dans le bon sens  — cela empire de façon exponentielle.

Les articles que je pensais écrire au fur et à mesure sont caducs ou presque avant d’avoir été écrits.

Je croyais vendredi que l’Italie avait atteint un plateau mais ce dimanche c’est reparti de plus belle.

Hier samedi, j’ai été prise de sidération — presque au sens médical du terme — et incapable de faire quoi que ce soit… à part lire de façon hébétée toutes les nouvelles plus catastrophiques les unes que les autres. Puis une fois avoir écouté et lu le point quotidien de notre gouverneur en de2but d’après-midi, les nouvelles sont venues de France avec la quasi mise en lockdown du pays et je suis repartie pour une série de vidéos et d’articles. Je sais maintenant qu’avec un décalage — de plus en plus réduit dans le temps— nous allons suivre les mêmes mesures. Alors que nous étions toujours business as usual selon la doctrine officielle de mon état il y a une semaine.

Oui état de sidération, de voir comment les choses partent en vrille et vite — les réactions des autorités sont de plus en plus fortes on peut s’en réjouir ou le regretter — surtout regretter qu’elles soit si tardives quand il est presque trop tard. 

Semaine qui n’a cessé d’apporter son lot de pire, en pire — tout en ayant à la tête du pays (les États-Unis) un comique qui n’est pas comique justement fou dangereux. Fou il l’a toujours été mais tant que tout allait bien et qu’il était porté par une vague naturellement positive (pas de son fait mais du fait de la conjoncture pour le dire en langage moderne qui ne veut presque rien dire mais on voit l’idée), tant que tout allait bien ou suivait un cours sans cahot, ce n’était pas trop grave. Mais en période de crise sérieuse il est dangereux, extrêmement.

Après mon dernier article (mercredi 11 mars) il y a eu l’allocution du président (des États-Unis) désastreuse et donnant de plus des informations erronées que ses secrétaires d’états et hauts fonctionnaires ont dû rectifier de toute urgence à peine l’allocation terminée. Allocution tellement désastreuse qu’elle a provoqué une vague de panique et de ses citoyens et des marchés (économiques) qu’il voulait censément rassurer avec ce discours.

Le jeudi, les écoles des villes avoisinantes ont fermé les unes après les autres, villes par ville pour une durée de 15 jours ou d’un mois, mon centre (où j’enseigne le tai-chi) a fermé lui aussi dans la foulée, pour une durée indéterminée. Puis en France, le discours « de guerre » du président Macron.

Vendredi enfin, l’état d’urgence du pays (États-Unis) déclaré par le grand chef — qui a serré les mains de tout le monde autour de lui après sa déclaration d’état d’urgence ! Vraiment ? Moi j’aurais refusé la main tendue, quelqu’un l’a-t-il refusée ? Cela en dit long sur le personnage tout d’abord, sur l’exemple qu’il donne à la nation et à ses citoyens et ensuite, si son entourage a accepté de serrer cette main cela en dit long sur le clientélisme et le léchage de bottes — n’oublions pas que les dictateurs potentats et autres autocrates n’ont que le pouvoir que l’on veut bien leur donner. On veut bien le lui donner donc, cela ne fait aucun doute.

Maintenant ce dimanche 15 mars, on attend un lockdown de la ville de New York, c’est imminent. Ce soir dimanche les écoles ont été fermées dans toute la ville, pas par un acte volontaire de chaque district scolaire comme cela avait été le cas jusqu’à présent, mais imposé par en haut par décret ou loi du maire de New York.Le gouverneur peut faire de même au niveau de l’état de New York dans son ensemble. En attendant les bars/restaurants sont dans l’obligation de fermer à New York City, peut-être aussi les commerces non essentiels  (comme vous en France — sauf que vous venez du stade 1, 2 jusqu’au 3 ce samedi mais cela fait un mois que ça couve et que ça monte en puissance. Nous cela fait une semaine / 10 jours que l’on commence à voir les officiels s’agiter (au niveau des différents états ou des villes, pas au niveau fédéral, cela n’est venu que vendredi. Et encore l’agitation et la prise de décisions drastiques ont eu lieu du bas vers le haut, et aussi des initiatives privées vers les initiatives publiques.

Demain notre gouverneur du New Jersey, qui fait un point presse tous les jours vers 14 heures va annoncer les fermetures intégrales de toutes les écoles publiques et privées du New Jersey (les 2/3 voire plus des districts, dans chaque ville donc, ont déjà pris la décision de fermer, mais ce sera généralisé à toutes les écoles, plus sans doute d’autres mesures restrictives puisque, comme en France et ailleurs en Europe, une partie de la population ne semble pas avoir compris que le système de santé va s’effondrer si l’on ne réduit pas les nombres de cas. Ce n’est pas comme une « grippe » justement, à cause de la nécessité de lits en isolation, soins intensifs et réanimation. Il n’y a pas, loin de là, un de ces lits par citoyen — il y en a même peu parce que le système, sans doute a juste titre, n’est pas taillé pour une épidémie de grande ampleur. On les croyait derrière nous, les épidémies de peste noire, de grippe espagnole etc.

Il faut donc agir en amont.

Donc en plus de la fermeture obligatoire (par force de loi, le gouverneur a ce pouvoir et sur les écoles privées et/ou religieuses également) des écoles il y aura plus que certainement d’autres mesures draconiennes et de plus en plus draconiennes : un couvre-feu, un confinement obligatoire de tout le monde (sauf personnels essentiels : premiers secours, police, personnel de santé et d’intervention urgente) et non, puisqu’on « coincé » est chez soi on ne va pas boire une bière avec son voisin ni voir sa soeur sa cousine ou ses parents. Un confinement pour qu’il produise les effets souhaités doit être suivi à la lettre : il faut que chaque noyau familial reste ce noyau familial, sans apport extérieur, sans allées et venues. Pas de copains qui viennent jouer à la maison non plus — puisque tous les enfants sont à la maison et non plus à l’école. Connaissant la faiblesse des mères américaines face à leurs progénitures faites de petits dictateurs auxquels elles sont ravies de se soumettre cela va être difficile !

L’étape d’après ce sont les permis de circuler (Ausweis oui) et la désignation d’une personne par foyer, et toujours la même, qui fait des sorties réglementées et réduites pour les courses de première nécessité et les médicaments.

Il faudra en arriver là si les citoyens, les New Jerseyens et les autres ne sont pas raisonnables et ne se confinent pas avec rigueur.

La perspective de la Saint-Patrick mardi donne des frissons à tous les officiels et à certains citoyens : grande beuverie généralisée avec une proximité sociale décuplée (en temps normal c’est très bien pour ceux qui aiment ce genre de choses, je ne fête pas mais pourquoi pas pour ceux à qui ça plaît). D’ailleurs comme la Saint-Patrick tombe un mardi, ce week-end pour beaucoup c’était déjà le prétexte de faire une pré-Saint-Patrick (officiellement parce que le mardi on travaille donc on ne peut pas vraiment sortir trop tard ni boire trop, en réalité pour fêter deux fois). Donc ce week-end les foules compactes dans les bars et autres pubs et les queues (sans distance de sécurité ) dès 8 heures du matin (!) le samedi pour entrer dans lesdits pubs et bars ont fait dresser les cheveux des autorités du New Jersey et des autres états. Notre gouverneur et nos autorités sanitaires, depuis l’état d’urgence de lundi demandent à tous les citoyens de réduire dramatiquement toutes leurs interactions sociales et à pratiquer rigoureusement la distanciation sociale.

À 9 heures ce soir, nouveau coup de gueule de notre gouverneur (de la même façon que le coup de gueule du Premier ministre français samedi) : « maintenant ça suffit arrêtez votre égoïsme et votre business as usual, a-t-il asséné en substance, « puisque personne ne veut comprendre on va frapper un grand coup. »

Ce soir aussi, la ligne téléphonique d’urgence de ma ville a appelé (ce qu’elle ne fait que pour les grandes urgences, ouragan Sandy ou tornades) pour enjoindre tous les habitants de ma ville à pratiquer rigoureusement la distanciation sociale et aussi pour répéter aux parents que les enfants de foyers différents ne doivent ne pas se mélanger (dans les parcs c’était flagrant tout le week-end ). Une dernière tentative avant la prise de mesures autoritaires, si la façon douce et le civisme ne marchent pas ce sera mis en place par la manière forte.

Demain lundi 16 mars, au point presse de 14 heures je m’attends donc au grand coup et à passer au stade lockdown comme la France voire l’Italie — donc en l’espace d’une semaine entre rien et tout, d’autant plus brutal.

Je me prépare à l’idée comme je me suis préparée à l’idée d’une crise plus grave que prévue depuis un moment déjà, environ depuis la mi-février en voyant l’étendue des dégâts en France et en Europe en général.

La préparation pratique et matérielle est en cours depuis la dernière semaine de février (article à venir, que je pensais avoir le temps d’écrire — la réalité a été plus rapide et m’a prise de vitesse).

Pendant que j’écris cet article, je reçois des mails des grandes enseignes qui ferment leurs magasins et boutiques sur tout le territoire américain, les unes après les autres — cela avant l’annonce d’une fermeture obligatoire soit des gouverneurs des états soit de la présidence fédérale. Comme je le disais les privés prennent les devants et agissent avant même que les autorités le fassent. Tous pour une durée de 15 jours, jusqu’à fin mars, dans un premier temps — des pas dans la bonne direction puisque l’une des grandes activités de loisir des Américains est le shopping. La fermeture de ces magasins non essentiels limite les risques de promiscuité et de rassemblement non seulement de foules aléatoires mais encore d’amis entre eux (je sais, c’est malheureux surtout dans ces temps de stress mais inévitable et nécessaire : même les petits rassemblements de personnes d’endroits différents peuvent accroitre la propagation et la diffusion de l’épidémie).

Mon fils qui ne travaillait pas aujourd’hui, m’a dit ce soir aussi que son restaurant a fermé ce soir pour une durée de 15 jours. De toute façon ils ne font que devancer une interdiction gouvernementale qui n’est plus qu’une question d’heures maintenant.

Jeudi ma fille qui commute à New York tous les jours y est allée pour rassembler tout ce dont elle avait besoin et faire un dernier point avec ses collègues, pensant dans un premier temps faire du télétravail jusqu’à mardi soir, et finalement durant la journée de jeudi il a été convenu (pour tous les employés) que ce serait pour 15 jours à compter de ce lundi. Dans un premier temps.

Je comptais demain lundi faire quelques courses pour ce que nous avions consommé ces derniers jours, il ne nous restait plus de fromage et il me fallait un bidon de lessive d’avance : j’ai tout fait cet après-midi (dimanche) finalement. En ces temps trop incertains et volatiles, ne pas remettre au  lendemain ce que l’on peut faire le jour même (phrase honnie de notre enfance) prend tout son sens. Le magasin d’achat en gros était méconnaissable, avec des stocks réduits à la peau de chagrin (pour certains articles, ce que j’achetais, du fromage, de la lessive et quelques produits frais, ils étaient suffisamment pourvus, pas au maximum des stocks, pas comme d’habitude mais j’ai pu prendre ce qu’il me fallait) avec des employés qui courraient partout comme des fous pour re-stoker les rayons qui étaient vidés à nouveau en un éclair (papier toilette toujours … ). Pourtant il n’y avait pas une grosse foule, le plus gros avait dû venir ce matin ou la veille samedi. Pas eu de promiscuité d’autant que le magasin est grand et les allées espacées. (si cela avait été la cohue, j’étais prête à rebrousser chemin et reporter à plus tard pour éviter un rassemblement)

J’ai annulé mon rendez-vous chez le coiffeur demain matin (lundi), après avoir tergiversé toute la journée, fait les courses prévues demain et fait mon plein d’essence. Il n’y avait pas de pénurie ni de queue du tout à la pompe c’est déjà ça et cela faisait longtemps que je n’avais pas payé si peu pour faire le plein — mon réservoir n’était qu’au 2/3 vide mais quand même, le plein pour 24 dollars au lieu de 35 pour la même quantité habituellement, voire 45 ou 50 dollars il n’y a pas si longtemps quand mon réservoir était au 3/4 vide.

À suivre…

Ce qui devait arriver

Pharmacie / droguerie New Jersey Central

Photo prise à la pharmacie / droguerie de la ville voisine mercredi 11 mars 2020 : limite sur les produits désinfectants et papier toilette

Interruption de mes articles et de notre vie quotidienne : ce qui devait arriver… arriva.

Après des semaines de je-m’en-foutisme ou d’aveuglement façon autruche — cela (l’épidémie de coronavirus) n’arrive que dans le reste du monde mais pas chez nous, c’est un coup monté, un hoax, un fake news quelque chose de monté contre notre président (le président américain actuel). Dans le reste du monde oui, il ya une épidémie mais pas chez nous (aux États-Unis) ceux qui disent que l’épidémie est rampante parmi nous aux États-Unis font de la propagande contre le président et c’est tout. Voilà la doctrine présidentielle jusqu’à ce dimanche 8 mars 2020.

Le dimanche 8 mars 2020, c’est toujours business as usual (surtout surtout ! Qu’est-ce que c’est dans ces autres pays, quelle bande de trouillards) malgré quelques cas sporadiques, les chiffres sont gonflés par les démocrates n’est-ce pas,  et le lundi 9 mars donc, avant-hier, c’est la fermeture de la plupart des universités, de certaines écoles (c’est ville par ville que la décision est prise, non pas uniquement en fonction de l’état de l’épidémie mais surtout parce que nous avons un « ministère de l’éducation nationale » dans chaque ville ou chaque district, qui peut être un regroupement de communes voisines où les écoles sont toutes en commun entre 2 ou 3 petites villes guère plus, donc en gros c’est à chaque ville son petit ministère de l’éducation nationale qui prend toutes les décisions d’embauches, de programmes scolaires, de fermeture ou et d’ouverture, de dates de vacances, de jours fériés, de neige, etc.).

Donc le lundi 9 mars, fermetures en rafale qui se produisent et, en fin d’après midi, la déclaration de l’état d’urgence dans mon état, le New Jersey. Déclaration de l’état d’urgence qui suit celle de l’état de New York deux jours auparavant, le samedi 7 mars 2020. L’état de New York est un état voisin du mien mais pas uniquement : un grand nombre d’habitants du New Jersey sont des commuters, c’est à dire des gens qui travaillent dans la ville de New York, qui est elle-même dans l’état de New York, dans un autre état donc et qui vivent dans le New Jersey.  On pourrait un peu les comparer à des travailleurs frontaliers.

Le dimanche tout va bien, le lundi c’est la fin du monde. Le dimanche tout va bien et le mardi on envoie l’armée ceinturer un des clusters (petite ville de New Rochelle dans l’état de New York à une vingtaine de kilomètres de Manhattan).

Pas de réponse graduée, comme d’habitude avec les Américains — c’est ce qui les fait détester dans le monde entier entre autres. Pas de préparation pas de plan, surtout pas de plan à l’avance — le plan est bâclé le jour même de la crise.

Le mardi 10 mars, le gouvernement de l’état du New Jersey (mon état) conseille à tous les gens de plus de 60 ans de rester chez eux pendant un certain temps (sauf déplacement pour travail qui ne peut pas être fait depuis la maison ou déplacement d’urgence) et à tous les habitants de faire des vivres pour 15 jours (nourriture et médicaments) au cas où ils recevraient soudainement un ordre de confinement (pour éviter d’être malade) ou une « quarantaine » parce que l’on serait soi-même suspecté d’être malade.

Un jour business as usual et le lendemain c’est la panique, littéralement la panique — le mot est faible : on est passé du stade 0 au stade 3 directement, si on reprend les stades institués en France qui n’ont pas cours ici. Les stades 1,2 3,4 tels que définis par le gouvernement français l’ont été lors de la précédente pandémie de grippe, la fameuse H1N1 : rien de nouveau donc pour cette pandémie, cela veut simplement dire qu’au moins le gouvernement français avait un plan. On peut critiquer ou en rire mais au moins il y avait quelque chose de pensé de prévu de cas où. Rien de tel ici aux États-Unis, nous sommes  une société réactive pas préventive. On agit une fois que la crise est là, bien installée, on réagit et avec vigueur et exagération bien entendu. Comme pour rattraper le temps perdu, comme par réaction, outrancière, envers le je-m’en-foutisme précédent.

En outre ce lundi 9 mars, en plus de la déclaration de l’état d’urgence (qui ne doit pas faire peur en tant que tel puisque c’est surtout une mesure bureaucratique et administrative, pour avoir droit à des aides fédérales et aussi pour pouvoir faire des réquisitions, armée, police et autre personnel étatique sans avoir à passer par un vote et des autorisations / veto, etc., bref l’état d’urgence permet au gouverneur d’agir dans l’urgence comme son nom l’indique sans avoir à passer par toute la chaine administrative bureaucratique qui ferait perdre un temps vital), en outre donc ce lundi 9 mars, ce qui devait arriver aussi, arriva : un cas dans ma petite ville du New Jersey central, le premier cas dans ce coin du New Jersey en outre (sur un total à ce moment-là lundi 9 mars, de 11 cas dans le New Jersey — la situation a évolué bien entendu dans les heures qui ont suivi). Une famille en quarantaine, le père à l’hôpital de la ville voisine (celle où je vais enseigner le tai-chi) et les écoles fermées en catastrophe pour aviser d’un plan (le travail du jour pour les dirigeants, superviseurs et autre superintendant ) et  effectuer une désinfection des écoles (un ou plusieurs enfants de cette famille scolarisés dans le district ? on ne nous l’a pas dit mais au moins un, d’où la fermeture de toutes les écoles du district et la désinfection), travail du jour pour les employés de maintenance. 

Quand je vous disais qu’il n’y avait pas de plan : cela devait arriver tôt ou tard, ce n’est pas surprenant avec la proximité de la ville de New York, de notre grande population de commuters, de la présence de trois aéroports internationaux dans les environs dont celui de Newark à 20 minutes de notre ville.  C’est arrivé d’ailleurs relativement tôt alors qu’on en était lundi à peine au début de l’épidémie dans le New Jersey et même sur la Côte Est (la situation a changé depuis) mais aucun plan sauf business as usual alors que cela faisait bien 10 ou 15 jours que les nouvelles alarmantes venaient de la Côte Ouest, de l’état de Washington et de la Californie.

Au niveau du pays les cas sont maintenant en mode exponentiel, après une semaine à « seulement une centaine de cas », au loin là-bas sur la Côte Ouest : on a rattrapé les pays européens avec plus de 1000 cas. La semaine dernière on regardait avec mépris la vieille Europe, la France et l’Allemagne avec tous leurs cas, sans parler de l’Italie, en se rengorgeant : non pas chez nous ! Je le disais encore à ma sœur (qui est en France) la semaine dernière : que je pensais que les États-Unis en étaient sans doute au même point que la France ou l’Allemagne mais que nous ne le savions pas encore. Ne pas vouloir le voir ni le considérer, cela s’appelle faire l’autruche. 

Depuis lundi les états (il y en a 50) déclarent l’état d’urgence les uns après les autres. Au niveau (fédéral) du pays même impréparation et on est passé de « pas chez nous de toute façon » à un pays en panique en l’espace de 10 jours voire moins. (10/15 jours pour la Côte Ouest et 3 /4 jours pour la Côte Est où je vis).

Absence de plan et panique maintenant, avec tous les dangers qu’une panique peut engendrer, a fortiori dans un pays où un foyer sur 4 possède des armes à feu chez lui (dans certains coins encore plus, c’est une moyenne et sans doute une fourchette basse puisqu’une bonne partie des armes passe en dehors des radars et des déclarations). 

À suivre…

Pharmacie / droguerie New Jersey Central 11 mars 2020

Photo prise à la pharmacie / droguerie de la ville voisine mercredi 11 mars 2020 : rayon des produits désinfectants et de nettoyage

Pharmacie / droguerie New Jersey Central

Photo prise à la pharmacie / droguerie de la ville voisine mercredi 11 mars 2020 : rayon du papier toilette

L’incroyable arrogance des hommes

 

Supplanter le soleil supplanter les rythmes du soleil et de la rotation de la Terre et imposer nos horaires selon nos petites rapacités économiques — en essayant de faire passer la pilule sous divers prétextes aussi fallacieux les uns que les autres.

Quelle arrogance !

Quelle arrogance, quelle insupportable arrogance des hommes à vouloir imposer leur volonté au soleil, aux mouvements cosmiques tout simplement, excusez du peu.

On aurait pu penser qu’en ces temps de crise sanitaire, où sur certains plans l’on semble en faire trop (qui suis-je pour juger qu’on en fait trop ou pas assez, on ne saura qu’après ce qu’il aurait fallu faire et il est si facile d’être malin après coup), on aurait pu cependant penser qu’en ces temps de crise sanitaire avec l’angoisse, le stress et l’anxiété qu’elle porte à son paroxysme, il aurait fallu supprimer ou au moins repousser le changement d’heure. Quand il est connu et reconnu médicalement, psychologiquement et socialement que c’est un facteur de stress supplémentaire, que la majorité des gens le subissent de plein fouet et qu’il influe négativement au niveau fatigue, santé, irritabilité et j’en passe, chaque année, en temps ordinaire sans crises particulières. N’aurait-il pas été judicieux cette année, pour une fois, par principe de précaution — puisque c’est le credo actuel et toutes les décisions même les plus discutables sont prises au nom de ce principe, ne serait-ce que pour clore toute discussion, toute objection — n’aurait-il pas été judicieux donc, d’au moins repousser le changement d’heure, exceptionnellement ? 

Mais l’immense arrogance des hommes leur fait penser qu’ils sont supérieurs au soleil et à l’univers — au lieu de suivre et respecter les rythmes de l’univers, ils passent outre et font comme ils veulent — avec les crises que l’on sait, l’une s’enchaine après l’autre. Tout n’est certes pas imputable au changement d’heure mais, dans tous les cas finalement, imputable au non-respect de notre environnement au sens premier du terme, le milieu dans lequel nous vivons, notre planète soumise aux forces du soleil, de la galaxie et au-delà. Cela n’empêche pas le soleil et la planète de continuer de tourner à leur rythme de toute façon, en dépit de nos conventions humaines à la petite semaine, ces conventions qui ne tiennent pas compte des situations naturelles ni des situations exceptionnelles que nous (les humains) rencontrons — selon la formule consacrée et sacrée, surtout sacrée, business as usual.

Changement d’heure aux États-Unis (passage à l’heure d’été) ce dimanche 8 mars 2020, pour tous les états continentaux et l’Alaska (sauf Hawaii et une exception, ce n’est pas chez moi ni dans les états voisins, j’y reviendrai).