Archives mensuelles : juin 2018

Lecture — trace

Si la lecture reste un plaisir secret ou une douleur secrète, un monde individuel où chacun seul a accès ou une clef pour ce royaume-là, l’écriture est un moyen de le faire partager, d’ouvrir et de donner la clef (codée bien sûr) aux autres. Déchiffreront la clef seuls ceux qui sont en résonance.
Écrire pour moi est un moyen de dire aux autres écrivains que j’ai les mêmes affinités, que je suis dans le même monde, même si nous ne nous voyons pas, tout au plus nous avons quelquefois la chance de nous apercevoir, ombre floue, instant fugace.
Écrire est ma réponse de lecteur. Lire est ma réponse d’écrivain.
Écrire est un moyen de dire mes plaisirs et mes douleurs secrètes de lecture, de lecteur, de moi-même en fin de compte.

Je trouve mes plus grandes joies et de grandes douleurs en lisant. Mais ma plus grande douleur c’est toi.

(3 novembre 2004)

Une femme à la fenêtre

Je suis devenue exactement ce que je ne voulais en aucun cas devenir. Une femme à la fenêtre. Qui attend.
Je t’avais trouvée enfin et je n’attendais plus de la même façon puisque tu étais là puisque tu existais. Maintenant je suis à nouveau une femme à la fenêtre — doublement puisque je t’attends, toi, en plus.

(novembre 2004)