Archives mensuelles : février 2019

Le froid

Le froid est prégnant, surtout pendant les jours qui sont suivi mon retour après 5 semaines de Côte d’Azur où les températures ont oscillé entre 10 et 15 degrés Celsius, voire plus certains jours. Après le Jour de l’An il a fait certes plus froid, surtout le matin et la nuit avec même zéro pendant la nuit ou au petit matin. Dans la journée c’était surtout l’humidité qui donnait un ressenti plus bas — les températures étaient à 10 degrés et au-delà.

Ici les vagues de froid se succèdent et ne se ressemblent pas : petite vague de grand froid de deux jours le 20 janvier pour l’éclipse de lune (-12 avec un ressenti vers -20) ou grande vague encore plus froide de près d’une semaine fin janvier. Cette fois-là les grands fonds ont été atteints, -17 / -18 degrés Celsius avec un effet vent ou ressenti à -27.

Alors que le moment le plus froid sur la Côte d’Azur a été le matin de mon départ, le 10 janvier : au petit matin, juste avant 5 heures, il faisait entre -1 et zéro degré. La canicule pour ici après cette semaine de vortex polaire (même pas un véritable vortex, nous n’avons eu que les franges ou la queue du vortex et rien de comparable avec Chicago au même moment par exemple, où l’effet ressenti était à -40 C ou pire dans le Montana près de -50 degrés Celsius.)

Maintenant (3 semaines plus tard) nous sommes stabilisés autour de zéro Celsius, entre -5 ent +5 la plupart du temps, avec cependant chaque semaine une pointe à 10/12 degrés voire plus pour nous donner une envie de printemps et nous faire sentir frigorifiés et dépités quand ça retombe à zéro.

Vendredi soir après le tai-chi  nous avons discuté 2 heures sur le parking, jusqu’à 10 heures du soir sans bonnet ni gants —  c’était un de ces jours à 12 degrés. Le lundi qui a suivi, 18 février, on était de nouveau retombé à zéro, entre -2 et +1 au plus chaud, du coup nous étions tous gelés et nous nous plaignions piteusement du froid. J’ai mis beaucoup d’échauffements au programme de mon cours de tai-chi ce soir-là pour cette seule raison : nous réchauffer !

Décalage — trace

Kennedy Airport de nouveau. En attente de l’avion qui me ramène ou m’enlève ? Imminence de l’embarquement — vers quelle destination ? Française revenant au pays ou Américaine de passage en France ? Les repères sont flous — inexistants faussés.
Arrivée d’une façon, repartie d’une autre, opposée. Transit entre deux états — d’âme ou de cœur. Virage à 180 degrés, la boussole qui indique le sud, ou indique-t-elle plutôt le nord, enfin?

Les mots sont vides de sens, chacun signifie son contraire, oscillation de l’aimante. Je reprendrai cette lettre plus tard, tout tourbillonne.

Plus tard ou plus tôt, le temps et l’espace sont courbes, virent à l’intangible : je suis dans l’avion du retour, du départ, je ne sais plus — de quelle direction s’agit-il, où est l’arrivée où est le départ ? Je suis en train de passer une nuit blanche, décalage horaire et état planant, je crois que vous êtes déjà demain à Paris.

Et je ne sais où je suis exactement, quelque part dans le ciel… le septième certainement.

 

(texte écrit le 9 juillet 2002 dans l’avion du « retour » après le voyage éclair pour finaliser la procédure d’immigration américaine — petit départ avant le grand départ fin août 2002)

Décalage

Le décalage est grand surtout lorsque l’on voyage à contretemps, que l’on remonte le temps, on pense évidemment au décalage horaire — décalage majeur 6 heures à contresens pour le cerveau quand il est déjà si tard de l’autre côté de l’Atlantique et à peine la fin de l’après-midi de ce côté-ci.

Pourtant le décalage horaire malgré son effet immédiat et brutal est le moindre de tous, il y a les autres décalages a priori plus anodins voire anecdotiques mais plus envahissants en vérité puisqu’ils persistent, ne s’effacent pas avec le temps, le décalage alimentaire, violent, impossible à surmonter même et surtout après des années, le décalage culturel dont le décalage alimentaire représente une petite partie — ce décalage culturel dont peu de gens mesurent l’écart sur le coup, on commence à s’en apercevoir enfin en Europe. Après tout nous sommes tous en Occident… mais ce n’est pas le même Occident, je serais partie en expatriation au fin fond de la Chine ou de l’Inde que l’écart ne serait pas plus grand, même quand je suis partie il y a 15 ans et quelques. Le décalage culturel est seulement moins visible, ces deux mondes se ressemblent tellement à première vue — c’est pourtant un choc culturel entre là-bas et ici, ici et là-bas.

Enfin le dernier mais pas le moindre, le décalage de températures, décalage météorologique, le plus difficile et fatigant surtout en hiver avec ses vagues de froid, de neige — un écart de températures de 30 degrés et plus entre le départ et l’arrivée.