Archives mensuelles : mars 2017

Le printemps ?

Le printemps enfin ? Ça en a tout l’air, les températures sont montées dans une fourchette un cran au-dessus des précédentes — on ne descend plus au-dessous de zéro la nuit. Tout ça est arrivé soudainement presque d’un jour à l’autre la semaine passée. On peut considérer maintenant qu’on est au printemps. Peut-être. Des années d’expérience dans ce climat et cette contrée inhospitalière m’ont appris la prudence — nous avons déjà eu des tempêtes de neige et des blizzards début avril après des journées printanières à 25 degrés en mars. Je garde tous les anoraks et autres parkas accessibles dans l’armoire, je ne les échangerai contre des gilets légers et ne les laverai que début mai, pas avant.

En attendant Stella

Non pas Stella Spotlight ni Stella by Starlight ni Stella Artois mais la tempête Stella, blizzard de sa catégorie.

Grâce à Stella nous apprenons un nouveau mot qui a été mentionné pour la première fois aux prévisions météo de 5 heures et demie ce soir : bombogenesis, soit une tempête qui se renforce très rapidement, bien plus rapidement qu’une tempête ordinaire, la pression doit descendre d’au moins 1 millibar par heure sur une période de 24 heures, donc un minimum 24 millibars en 24 heures pour être qualifiée de bombogenesis. Ce genre de tempête peut apparemment se produire à n’importe quel moment de l’année mais plus couramment entre octobre et mars. Je n’en avais jamais entendu parler. Avec toutes ces tempêtes et intempéries diverses et variées que je suis amenée à fréquenter depuis que j’habite en Amérique du Nord, j’ai appris un nombre impressionnant de mots dans le domaine météorologique.

Avec Stella on devrait avoir une chute de pression de 29 millibars en 24 heures donc elle rentre bien dans la catégorie bombogenesis, en plus de la catégorie blizzard, l’une n’exclue pas l’autre. Les autres petits noms de bombogenesis sont bombe météorologique ou encore développement explosif, ou encore plus simplement weather bomb.

Ci-dessous quelques photos avant le bombardement météorologique, prises cet après-midi et ce soir :

13 mars avant la tempete Stella

13 mars avant la tempete Stella

13 mars avant la tempete Stella

13 mars avant la tempete Stella

13 mars avant la tempete Stella

13 mars avant la tempete Stella

Avis de blizzard

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Les avis se sont multipliés depuis quelques jours et sont montés en puissance, de surveillance tempête à avis de tempête puis vigilance blizzard pour finir ce matin avec un avis qui annule et remplace tous les précédents, un avis de blizzard, ce fameux blizzard redouté, qui existe certes dans d’autres régions du monde mais qui est une grande spécialité de l’Amérique du Nord.

Jusqu’à jeudi on nous prédisait de 10 à 15 centimètres de neige, puis 20 à 25 et plus, puis 30 à 50 centimètres et maintenant on nous promet 50 à 70 centimètres de neige durant la nuit et la journée de demain mardi, avec, tôt le matin, des vitesses de chute de neige allant de 6 à 10 centimètres  par heure. Bref la tempête du siècle, du moins de l’année, un peu tardive dans la saison — jusqu’à présent nous avions été épargnés et avions eu un hiver assez clément sans beaucoup de neige, avec des températures modérées voire chaudes — jusqu’à 24 degrés Celsius dans la journée en février et fréquemment de belles journées entre 16 et 20 degrés. Le temps nous rattrape au tournant dirait-on.

C’est la tempête Stella, qui s’annonce de la même intensité que la tempête Jonas de l’an dernier où nous avions eu blizzard et conditions proches du blanc total avec une chute de neige de près d’un mètre en 24 heures. Mais c’était en janvier — le 22- 23 janvier. Nous sommes le 13 mars près de 2 mois plus tard dans la saison — dans une semaine exactement c’est officiellement le printemps.

Le nôtre est la pire variété de la spécialité blizzard, c’est un nor’easter blizzard, endémique de la région atlantique, de la Côte Est et Nord-Est des États-Unis jusqu’au Canada, « système de tempête de très large échelle qui englobe la région centre atlantique des États-Unis, la région nord-est et jusqu’au Canada atlantique ». Nous sommes en plein dedans. Son nom est tiré de l’origine du vent, nord-est et ce système a les mêmes caractéristiques qu’un hurricane (ouragan).

Blizzard (définition) : aux États-Unis, le service de météorologie nationale définit le blizzard comme « une tempête de neige sévère caractérisée par des vents violents qui soulèvent la neige, ce qui résulte dans une très faible visibilité. La différence entre un blizzard et une simple tempête de neige c’est la force du vent et non la quantité de neige qui doit tomber. » (Nous y sommes donc, au cran au-dessus de la tempête de neige.) La définition chiffrée : « pour être qualifiée de  blizzard, on doit avoir une tempête de neige avec des vents soutenus ou des rafales fréquentes de vitesses supérieures ou égales à 56 km/h qui soulèvent et/ou déplacent la neige, ce qui réduit la visibilité à 400 mètres au maximum et ce pour une durée de temps prolongée, généralement supérieure à 3 heures. Tout ceci peut causer des conditions de blanc total et paralyser la région concernée pour un ou plusieurs jours. » Je vous fais grâce de la définition officielle de blanc total (whiteout) elle parle d’elle-même, tout est blanc, on ne voit plus d’horizon donc on n’a plus aucun repère pour se situer dans l’espace. Dans le cas avéré de blanc total on peut se perdre dans son propre jardin à trois mètres de sa porte d’entrée, ce n’est pas une exagération, ça fait partie de la définition.

Même s’il ne tombe que 60 centimètres ou un mètre de neige, la neige soulevée et déplacée par le vent peut atteindre des hauteurs bien supérieures, de 2 ou 3 mètres par endroit en formant de gigantesques congères… Dans le grand blizzard de référence, le Grand Blizzard de 1888, du 11 au 13 mars justement, dans la même région, région mi-atlantique, région de New York et Nouvelle-Angleterre et provoqué par un nor’easter aussi, la hauteur des congères a excédé 15 mètres d’épaisseur de neige. Tout est grand en Amérique…

Relire Pennac

Une lubie qui m’a prise y a une dizaine de jours à peu près, en apprenant la sortie de son tout nouvel opus de la série Malaussène 30 ans après ses débuts, en Série Noire à l’époque. Nouvel opus que j’ai commandé aussitôt d’occasion (?) via Amazon USA, édition originale en français sur un site revendeur allemand — les voies d’Amazon sont impénétrables — pour le même prix, port compris, depuis l’Allemagne que le prix du livre neuf en France.

J’étais fana de cette série en son temps (une simple trilogie ou tétralogie à l’origine) commencée à la fin des années 80 et continuée tout le long des années 90. Je m’étais arrêtée à Monsieur Malaussène que je n’ai pas lu, après la petite déception du Dictateur et le hamac, livre qui ne fait pas partie de cette série et que je n’avais guère aimé ni jamais fini d’ailleurs, en 2003-2004.

Pour pouvoir lire ce nouvel épisode des aventures de la famille Malaussène, je me suis dit que tant qu’à faire je pouvais relire toute la série depuis le début — j’avais adoré à l’époque — est-ce que ça avait tenu la distance ? La réponse est oui, j’en suis au deuxième, La fée carabine et j’adore toujours autant, ça n’a pas vieilli d’un pouce, ni le langage, ni l’univers déjanté ni les personnages qui sont tout autant réjouissants, l’ensemble procure toujours un véritable plaisir de lecture.

Mardi matin dans les innombrables temps d’attente à l’hôpital pour la visite de contrôle trimestrielle de mon fils, j’en ai profité pour commencer La fée carabine justement. En partant de l’hôpital j’en étais déjà au tiers et je n’avais pas envie de le lâcher, le trouvant encore meilleur qu’Au bonheur des ogres que j’ai trouvé lui-même excellent à la relecture. J’attends avec impatience de relire le troisième, La petite marchande de prose, celui-ci avait paru directement dans la collection blanche de Gallimard en son temps et m’avait introduite à la série en 1990 — c’était mon préféré de tous.

Relire Pennac, une récréation délectable entre les déambulations poétiques de Basho au Japon et les aventures botaniques d’Elizabeth von Arnim en Prusse.