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Je roule pour vous

Lors de ma journée presque normale du 15 juillet — presque normale sur le plan « sanitaire » s’entend, lire ici [ https://michusa.wordpress.com/2021/07/24/une-journee-presque-normale/  ] —  j’ai en fait passé la journée à rouler pour vider le réservoir de la petite Honda Civic des enfants (en lire ici la raison : rappel sur la pompe à essence : https://michusa.wordpress.com/2021/06/13/les-rappels-sur-les-voitures/  ).

Le réservoir était plein à plus de 2/3 le mercredi après-midi pour un rendez-vous chez le concessionnaire le vendredi matin 8 heures. Rendez-vous pour lequel il était requis d’avoir un réservoir quasiment vide (aiguille dans le rouge ! ) sinon la réparation ne pourrait pas se faire (instructions expresses du concessionnaire ). Un comble pour un atelier de mécanique qui pourrait vider ledit réservoir, mettre de côté l’essence dans un bidon et refaire le plein avec ladite essence une fois la réparation faite. Mais non ! Pour une raison que j’ignore il fallait leur apporter la voiture avec le réservoir presque vide sinon rien. Comme s’ils ne pouvaient pas le vider eux. Mon père qui en était étonné en a parlé avec son petit mécanicien (pas concessionnaire) qui a confirmé que le garage pouvait vider, récupérer l’essence puis la remettre après. Il en était stupéfait que ce ne soit pas fait pour cette réparation : c’est ce qu’il aurait fait lui et tout mécanicien qui se respecte. Raison que j’ignore mais fainéantise ou historie de gros sous (petits sous : on rentabilise sans doute à outrance et on ne veut pas payer quelqu’un 10 minutes de plus pour faire cette opération).

En attendant, le jeudi j’ai roulé pour « rien » toute la journée. Heureusement nous en avons profité pour passer une journée presque normale avec mon amie Helen, l’occasion a fait le larron, cela a compensé ce gaspillage éhonté d’essence et la pollution inutile qui allait avec. Vider un réservoir au 2/3 plein sur une voiture qui ne consomme pas grand-chose c’était une gageure . 

Je précise aussi qu’avec les voitures modernes on ne peut pas siphonner ledit réservoir par l’extérieur (par la trappe pour faire le plein) bien entendu : il y a un dispositif anti-reflux et forcer un tuyau même très fin risquerait d’endommager le dispositif qui plus est. J’ai enquêté sur Internet évidemment sur ce sujet. Le seul moyen aurait été pour moi d’accéder au réservoir sous le siège arrière et de le démonter pour accéder au drain, bref de faire ce que le garage aurait dû faire. Dans ce cas si j’avais les connaissances pour me lancer dans ce genre d’opération, je pouvais changer moi-même la pompe à essence. Tant qu’à faire. 

J’ai essayé de la vider en laissant tourner le moteur en restant sur place mais ça ne consomme presque rien : après l’avoir laissée tourner 1 heure avec l’air conditionné à fond j’avais consommé seulement 9 miles et il me restait 244 miles. L’aiguille de la jauge n’avait pas bougé. En regardant sur Internet il était dit que même si je laissais tourner 24 heures comme ça, il me resterait encore la moitié du réservoir. Le soir ma fille a roulé pendant 1 heure ou 2 et fait une 60taine miles mais ça ne suffisait pas. Le soir vers 22 heures il restait encore 180 miles d’autonomie. On en était au 1/2 réservoir et il fallait que je roule environ 150 miles (soit plus de 220 km) et laisse environ 30 miles (45 km) pour pouvoir aller jusqu’au concessionnaire le surlendemain.

En fait mon fils devait aller à la plage cette semaine-là mais c’était orageux donc il n’y est pas allé, c’est comme ça que nous nous sommes retrouvés à 24 h avant le rendez-vous à avoir à vider.

Donc le lendemain j’avais prévu aussi d’enlever le mode éco (ce que ma fille avait déjà fait) et de mettre l’air conditionné à fond pour consommer plus. C’est le point fort de cette voiture : elle ne consomme presque rien (en terme américain) donc cela prend longtemps pour vider le réservoir. Si en plus on met le mode « éco » (nous roulons toujours en mode éco d’ordinaire) c’est encore plus long.

Donc j’ai gaspillé de l’essence très chère, à presque 3.5 dollars le gallon, pour rien, alors qu’ils pouvaient très bien vidanger le réservoir une fois qu’ils y auraient accédé, avant de s’occuper de la pompe puis remettre l’essence. La chasse au gaspillage ne fait pas partie des principes américains, il n’y a absolument aucun réflexe en ce sens ici contrairement aux Européens qui ont vécu la crise pétrolière des années 70 (comme moi dans ma jeunesse: ça plus la guerre que mes parents et grands-parents avaient eux vécue ce qui fait que j’ai été élevée dans l’esprit « on ne gâche rien » ce qui devrait être la devise de notre époque aussi et de toutes les époques d’ailleurs, ce qui a été le cas pendant 10,000 ans, à l’exception des 50 dernières années, dans certains pays seulement) .

Du coup pour ne pas économiser et gaspiller au maximum (vider)  j’avais décidé de faire une course puis rentrer à la maison, repartir aussitôt faire une autre course rentrer à la maison, exprès, pour rouler.

Le mercredi soir aussi, sur un coup de tête j’ai demandé à mon amie Helen, vaccinée intégralement aussi, si elle avait quelque chose à faire de spécial et si elle voulait m’accompagner pour cette journée à rouler en entrecoupant de lèche-vitrines, puis retrouver un parc où j’allais en 2005 sans en savoir le nom etc. Nous ne nous étions plus vues en personne depuis le 11 mars 2020 ! Nous avions prévu d’organiser des retrouvailles la semaine suivante mais l’occasion a fait le larron et nos retrouvailles ont eu lieu le lendemain pour utiliser l’essence de la Honda.

Cela a été le point positif de cette journée de gaspillage : une journée presque normale en bonne compagnie et les retrouvailles en vrai avec mon amie Helen (lire ici : https://michusa.wordpress.com/2021/07/24/une-journee-presque-normale/ ) ce qui nous a bien changé les idées à toutes les deux.

Après toute la journée à rouler j’ai déposé mon amie chez elle vers 22 heures (elle habite à 1/4 – 20 minutes de chez moi) puis j’ai roulé encore pendant une heure et demie parce qu’il me restait toujours 90 miles d’autonomie et un gros tiers du réservoir. Au lieu de rentrer par l’autoroute, je suis sortie à la première sortie et ai roulé en long en large et en travers de toutes les villes entre chez elle et chez moi. Vers 23h30 je n’en pouvais plus et je suis arrivée à la maison avec 35 miles d’autonomie, j’ai décidé que cela irait.

Le lendemain quand j’ai tourné la clef dans la voiture pour partir au garage le voyant rouge de l’essence s’est enfin allumé. Je suis donc arrivée chez le concessionnaire dans le rouge et avec l’aiguille du réservoir très basse. La réparation a donc pu être faite heureusement.

Par contre contrairement à ce que mes enfants attendaient ils n’ont pas rajouté d’essence du tout dans la voiture après la réparation et c’est un concessionnaire, pas une station donc pas moyen d’en acheter non plus. La sortie du concessionnaire se fait directement sur la voie rapide (highway) et les stations sont à quelques 5 ou 10 km plus loin. Quant à moi je n’en attendais pas moins du manque de service et de l’arnaque que représentent les concessionnaires donc j’avais emporté mon bidon de 20 litres de réserve d’essence (le dernier bidon de ma réserve d’hiver du groupe électrogène que j’utilise dans les voitures au printemps mais comme avec le Covid on roule moins je mets plus longtemps à les vider. Je ne veux pas garder les 100 litres de réserve à la maison (dehors) pendant la saison chaude pour éviter tout risque d’incendie.

Donc sur le parking du concessionnaire nous avons rempli le réservoir avec mon fils, pour pouvoir rentrer à la maison sans risque de tomber en panne d’essence — voire pire, de tomber en panne sur la voie rapide. La voiture est remontée tout de suite à presque 200 miles d’autonomie. Je m’attendais à me faire alpaguer par un employé sous prétexte qu’on n’a pas le droit de faire ça sur leur parking, que c’est dangereux etc. Surtout que j’utilisais mon propre entonnoir et pas l’entonnoir homologué Honda — si, si, il y a un entonnoir homologué la bonne blague ! Mais nous n’avons vu personne, cet endroit est devenu un peu fantôme, pas vraiment de clients qui se précipitent depuis la pandémie. Ils m’auraient entendu sinon. Comment comptent-ils qu’on puisse retourner chez nous avec un réservoir quasi vide, encore plus en étant obligé de passer quelques instants sur une voie rapide ?

D’autant que je ne savais pas combien il restait d’essence après leur intervention, l’écran me hurlait que le niveau d’essence était très bas et ne donnait plus d’autonomie, quant à l’aiguille, elle pointait encore plus bas que le matin.

Une journée presque normale

Avec Helen chez Blaze Pizza 15 juillet 2021

Il y a une dizaine de jours il fallait que je vide le réservoir d’essence de la petite Honda des enfants avant de l’apporter chez le concessionnaire pour le rappel (de la pompe à essence) [lire ici : https://michusa.wordpress.com/2021/06/13/les-rappels-sur-les-voitures/ ] Or l’avant-veille il restait encore de quoi faire plus de 250 km. Sur le coup d’une impulsion j’ai appelé mon amie Helen, avec qui je fais du tai-chi depuis plus de 18 ans pour lui demander si elle voulait passer la journée du lendemain à rouler avec moi pour consommer presque toute cette essence et ne laisser qu’une 50taine de km, juste de quoi aller chez le concessionnaire le surlendemain. Je lui proposais de nous arrêter de-ci de-là si elle avait des courses à faire. La veille lors du cours de tai-chi via Zoom, elle avait mentionné qu’elle aimerait bien retourner au mall (centre commercial) où elle n’avait plus mis les pieds depuis le début de la pandémie (ni moi non plus).

Comme nous avions (c’est du passé maintenant, l’épidémie repart ici aussi, nous avons 15 jours ou 3 semaines de décalage avec l’Europe), donc comme nous avions un répit dans l’épidémie, que les restrictions avaient été levées dans le New Jersey (dans les 3 états limitrophes du Nord-Est, New Jersey, New York et Connecticut) depuis le vendredi précédant le week-end du Memorial Day (le 28 mai), notamment les restrictions concernant les jauges et le port du masque pour les personnes vaccinées, que nous sommes toutes les deux complètement vaccinées, nous avons décidé de passer une journée « normale » ou presque normale, comme nous le faisions avant toute cette folie de pandémie.

Nous avions quand même des masques dans le sac pour le cas où ils s’avèreraient nécessaires : les obligations du gouvernement (de l’état) étaient levées (sont toujours au moment où j’écris cet article) mais chaque entreprise, commerce ou restaurant est libre d’instaurer ses propres règles et demander le port du masque indépendamment du statut vaccinal des personnes. Nous avions aussi du gel hydroalcoolique et des lingettes au chlore pour les mains.

Vers 13 heures je suis allée la chercher chez elle, nous avons même fait un hug (l’accolade anglo-saxonne qui remplace la bise) : nous ne nous étions plus vues en personne depuis le 11 mars 2020 ! Depuis nous nous sommes « vues » 2 ou 3 fois par semaine via Zoom mais plus jamais en personne jusqu’à ce 15 juillet 2021. Alors qu’auparavant avec les cours de tai-chi, nous nous voyions au moins 3 fois par semaine et plus si nous faisions d’autres activités ou sorties.

Pour rouler au maximum nous n’avons pas optimisé nos déplacements, au contraire. Pour chaque destination nous avons pris les chemins les plus longs possibles, le but étant de consommer cette essence.

Donc nous sommes allées flâner au mall et même à l’Apple Store du mall, tout ça sans masque (dans ce mall le masque est maintenant seulement recommandé mais pas obligatoire — pour les personnes vaccinées, pour les autres il l’est évidemment ). Nous sommes même allées prendre un café gratuit à la boutique Nespresso du magasin Bloomingdale’s (genre de Galeries Lafayette) comme j’avais l’habitude de le faire à chaque fois que j’allais dans ce mall pour une raison ou une autre, dans la vie d’avant.

Nous avons beaucoup roulé et parlé dans des parkings en laissant la voiture tourner avec l’air conditionné à fond (ça consomme plus d’essence), tout ça sans masque donc. Comme avant (sauf pour la partie consommation outrancière d’essence).

Nous sommes allées faire des petites courses ici et là, en faisant des allées et venues non rationnelles à dessein, nous avons aussi roulé longuement dans le Great Swamp (le marais), les petites routes sinueuses ça fait consommer plus d’essence.

Chez Blaze Pizza 15 juillet 2021

En fin d’après-midi nous avons fini par avoir faim et avons décidé d’aller manger dans une pizzeria que nous aimons bien : c’est une pizzeria où l’on construit soi-même sa pizza en pointant au serveur tout ce que nous voulons mettre dessus en passant devant les différentes garnitures que le serveur rajoute au fur et à mesure de nos indications avant de la faire cuire au feu de bois. Tout ça encore sans masque (les serveurs étaient tous masqués et les clients globalement non, mais c’était le 15 juillet : depuis les choses ont un peu changé et sont revenues en arrière). Les garnitures sont évidemment protégées par des Plexiglas (depuis toujours, bien avant la pandémie).

la pizza

Une journée presque normale à aller ici et là sans masque et sans se préoccuper de l’affluence. Ceci dit il n’y avait pas grand monde, les gens devaient être à la plage ou ont changé leurs habitudes de shopping. Au restaurant non plus il n’y avait pas foule. À part nous il y avait peut-être une autre table occupée, pas très longtemps, et c’est tout. Les clients venaient et emportaient. Comme ce n’était pas la foule le risque était somme toute limité à être sans masque puisque nous sommes vaccinées.

Nous avons bien fait d’en profiter, c’est sans doute la seule journée « normale » ou presque, avant longtemps. Une fenêtre qui s’est ouverte récemment, pour se refermer presque aussitôt. Je ne pense pas que nous pourrons refaire une journée sans masque de sitôt. Hier je suis allée à Ikea avec ma fille (même chose ce n’état pas les grandes foules) et nous avons porté le masque toute la journée (sauf une fois assises à notre table pour manger à la cafétéria qui n’était pleine qu’au tiers seulement, voire moins). Il y avait plus de gens qui portaient le masque que la semaine d’avant : lors de ma journée presque normale avec mon amie Helen, environ un tiers des gens croisés portaient le masque contre plus de la moitié maintenant, puisque la situation épidémique repart à la hausse, même ici dans le New Jersey où nous sommes à un peu plus de 70 % de la population adulte vaccinée* — reste toujours environ 30 % d’adultes non vaccinés… 

*si l’on compte toute la population, cela revient à 57% de la population complètement vaccinée en comptant donc les mineurs.

Lueur orange

lueur orange

Et maintenant ? Suite à l’article que j’avais écrit sur toutes les catastrophes naturelles récentes, et moins  récentes, qui sont toutes de la main de l’homme ou rendues pires par l’homme, lire ici : https://michusa.wordpress.com/2021/07/06/et-maintenant/   depuis cet article donc, nous avons eu aussi les terribles glissements de terrain en Allemagne — glissements de terrain sur terrain plat dans son genre ça vaut l’incendie de l’océan, tout simplement incroyable, inimaginable. 

Et maintenant ? Moins dramatique pour notre vie quotidienne que ces glissements de terrain en Allemagne mais tout de même un signe que tout se dérègle à grande vitesse.

Et maintenant donc, une lueur orange toute la journée, jusqu’à la tombée de la nuit, aujourd’hui chez nous dans le New Jersey et dans tout le Nord-Est et certainement ailleurs.

lueur orange

Ce matin vers 8 heures, en regardant dehors j’ai tout de suite remarqué une lueur orange, des reflets orange sur les arbres, sur le sol, sur le goudron de ma driveway :  tout était baigné dans une lueur orange, une atmosphère orange.Le  ciel était blanc ou gris très pâle uniforme comme si c’était couvert alors qu’il n’y avait pas de nuages et que ce n’était pas orageux. Le soleil perçait à travers ce blanc comme à travers un voile.

Cela m’a tout de suite rappelé les jours de feu sur la Côte d’Azur, quand le massif de l’Estérel en feu nimbait l’atmosphère environnante d’une teinte orange. Pourtant aujourd’hui il n’y avait pas d’avis d’incendie dans les environs. Il était trop tard pour que ce soit le lever de soleil et de toute façon le lever de soleil ne donne jamais ces teintes ni cette lueur orange diffuse.

lueur orange

Fugitivement je me suis dit que c’était peut-être les incendies dans le Grand Ouest canadien à quelque 5000 km d’ici, tout en me disant que c’était quand même fort loin.

En septembre dernier (2020) nous avions eu les fumées en haute atmosphère qui masquaient le soleil et à cause de cette couche de fumée il a fait froid dans le New Jersey à la mi-septembre à cause des incendies dans le Grand Ouest américain (Californie, Oregon et État de Washington), lire ici : https://michusa.wordpress.com/2020/09/24/la-vague-de-froid-dans-le-new-jersey-et-les-incendies-de-californie/

Ça n’a pas manqué : j’ai eu confirmation de mon sentiment quand peu après dans la matinée nous avons reçu les alertes sur la qualité de l’air : très mauvaise aujourd’hui pour cause de particules dues aux incendies dans l’Ouest canadien. Nous y sommes donc encore.

Alerte qualité de l’air 20 juillet 2021

Mais contrairement à septembre dernier, aujourd’hui les fumées étaient plus basses et dont impactaient la qualité de l’air cette fois. Il était conseillé de ne pas faire d’activité sportive dehors et fortement suggéré aux  personnes avec des fragilités respiratoires ne pas sortir.

Le ciel est resté blanc/gris pâle toute la journée tout en étant sans nuages : la couche de fumée et de particules fines masquait le bleu habituel.

lueur orange

Et maintenant ? On (l’humanité) persiste et signe bien entendu. Par exemple et ce n’est qu’un tout petit exemple, les prix du marché de la voiture à essence s’envolent à cause des pénuries (de semi-conducteurs, WTF, ne pourrait-on pas s’en passer dans les voitures si on voulait vraiment ? c’est un autre sujet). Les prix montent à des hauteurs inédites y compris pour les voitures d’occasion (à cause de la pénurie de voitures neuves) : les particuliers qui possèdent un véhicule acheté d’occasion  il y a quelques années se retrouvent avec un véhicule qui vaut plus cher aujourd’hui que quand ils l’avaient acheté ! Du jamais vu quand on sait qu’une voiture perd de sa valeur (WTF ?) rien qu’en rentrant dedans et claquant la portière. Je n’accuse ni ne blâme le péquin moyen, pauvre diable comme vous et moi qui a besoin d’une voiture pour conduire ses activités quotidiennes et son travail, presque tous les jours selon s’il habite dans une région suburbaine ou au milieu de nulle part, mais enfin cette course au renouvellement des voitures et à la non-réparation ou réparation onéreuse est-elle encore d’actualité et de mise ? (Ne me parlez pas de la vaste fumisterie des contrôles techniques « pour notre sécurité », qui croit encore à ça ? )

Persiste et signe dans la destruction de notre environnement, notre milieu de vie— et ensuite ? Qui dit mieux (pire) ? 

lueur orange
lueur orange
lueur orange
lueur orange

Avril 2021

Avril 2021, à la maison bien sûr. 

Presque rien.

C’est fou comme on s’attache aux petites tâches et aux petites satisfactions du quotidien — un repas simple de légumes ou de pâtes, une bière artisanale un petit vin blanc sans prétention. Sinon presque rien, toujours calfeutrés en attendant notre seconde dose de vaccin début mai.

En attendant le printemps a fait du bien. Quand on voit le jaune arriver on se met à revivre : dans le New Jersey les premiers signes du printemps sont en jaune avec les forsythias et les jonquilles, le vert des arbres n’arrive que bien après, début mai en général — cette année il est venu plus tôt, dès le 8 avril.

Simone avait raison évidemment 

N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question.

Simone de Beauvoir

Une phrase que j’avais notée et qui m’accompagne depuis longtemps, qui sert de sentinelle, qui maintient ma vigilance éveillée.

D’autant qu’elle était toujours vérifiée à au moins un endroit dans le monde à un instant donné —  plusieurs endroits à vrai dire, beaucoup.

Mais maintenant elle est vraie aussi chez nous, en Occident. Il n’y a qu’à voir ne serait-ce qu’aux États-Unis, dans certains états à la con et je pèse mes mots, c’est même un euphémisme, combien sont remis en cause outre les droits à l’avortement mais encore les droits à la contraception tout simplement, sans parler des éternels perdants que sont les droits au travail et au salaire égal à ceux des hommes — entre autres.

Tout le monde (parmi les gens ordinaires, les autres absolument non, au contraire) a beaucoup perdu pendant cette crise sanitaire, de l’argent, son travail, sa santé voire la vie, des libertés aussi mais les femmes encore plus que les autres. Et comme toujours elles ont eu double peine parce que la peine de faire tenir tout simplement le foyer (un travail à temps plein en soi) leur incombe toujours en plus du reste et le reste il y en a encore plus pendant la crise sanitaire.

Les pas en arrière mettront des années à se rattraper s’il se rattrapent un jour.

J’ai lu cette estimation effrayante récemment publiée dans une étude du Forum économique de Davos — d’autant plus effrayante qu’ils ne doivent pas être des progressistes ni des féministes extrêmes dans ce Forum…

« La pandémie a fait perdre 36 ans à l’égalité entre les femmes et les hommes dans le monde ».

C’est-à-dire que la crise a retardé de plus d’une génération le temps nécessaire pour parvenir à l’égalité entre les femmes et les hommes. Pire : ces 36 ans sont un délai supplémentaire en moyenne et comme il y a de fortes disparités entre les pays, en tout à l’échelle mondiale il faudra environ 136 ans pour combler les inégalités partout.

Et maintenant ?

Et maintenant quoi ?

Quoi d’autre ? La pandémie qui n’en finit pas de recommencer, le Canada point le plus chaud de la Terre, la neige et un froid polaire au Texas pendant qu’il faisait plus chaud au nord, un bateau géant qui se coince en travers du Canal de Suez — une première depuis l’existence du Canal —, un immeuble qui s’effondre dans une des nations les plus riches du monde pour manque de maintenance et de travaux à cause de l’appât du gain, et quoi d’autre encore ? Je ne cite que quelques-unes des catastrophes récentes qui me viennent à l’esprit sans chercher trop longtemps ni réfléchir, il y en a d’autres évidemment, beaucoup d’autres et partout dans le monde, certaines ont fait la une des informations mondiales, d’autres seulement des informations locales, d’autres encore on n’en a rien su, pour diverses raisons.

Et maintenant ?

Eh bien maintenant l’homme est même arrivé à mettre le feu à l’océan. Écrit comme ça on dirait une mauvaise blague, un rêve halluciné qu’on secoue au réveil, un délire de fin de soirée trop arrosée. Mettre le feu à l’océan ce n’est pas possible, répondions-nous à l’enfant qui posait la question, comme les enfants savent si bien poser ces questions à propos de tout et sans filtre. Avant. Maintenant il faudra lui répondre que oui.

Dans vos pires cauchemars vous n’en rêviez pas, pourtant l’homme l’a fait (sur l’air de la publicité « vous en rêviez Sony l’a fait »). Il a fini par mettre le feu à l’océan. 

Les bras m’en tombent, je ne suis pas la seule comme on peut le voir sur ces quelques publications lues sur Twitter que j’ai relevées tant elles reflétaient mon état d’esprit.

L’océan en feu maintenant.

Extrait d’article de USA Today 2 juillet 2021

Le jour où l’homme a mis le feu à l’ocean, je n’aurais jamais cru connaître ça de mon vivant ni que personne ne puisse connaitre ça un jour d’ailleurs, on ne peut même pas envisager que ce soit possible, un délire de mauvais film catastrophe ou de bande dessinée de super héros ? 

La caractéristique qu’il faut noter et bien mettre en avant, c’est que toutes, absolument toutes ces catastrophes sont de la main de l’homme, ont été si dramatiques et lourdes en bilan humain et en dégâts à cause de l’homme : très peu se seraient produites sans l’intervention de l’homme, voire si elles s’étaient produites quand même, elles auraient eu au moins peu d’impact, n’auraient occasionné que peu de dégâts.

On peut dire avec certitude qu’il n’y a plus de catastrophes naturelles ou très peu, très rares et lorsqu’elles existent malgré tout elles sont rendues pires par la main de l’homme.

Catastrophes naturelles devient un contre sens, un non-sens.

On peut remonter dans le temps, faire une liste et examiner toutes les catastrophes majeures de ces 50 dernières années (voire peut-être des 100 dernières années ) et je parie qu’elles sont absolument toutes man-made, de la main de l’homme sans exception. Ou même si à l’origine l’homme n’y était vraiment pour rien, son appât du gain et du profit à tout crin a su transformer toute catastrophe mineure, voire une catastrophe qu’on aurait pu éviter ou du moins minimiser façon « même pas mal », en désastre de grande ampleur jusqu’à une ampleur mondiale avec la pandémie — celle-là est un record mais même ce record il [l’homme] est en train de le battre sur d’autres terrains, en mettant l’océan en feu par exemple. Prochaine étape faire s’effondrer la Lune ? Se désintégrer le Soleil ? Détruire un trou noir ? La Voie Lactée ? 

On peut les regarder toutes, les grandes et moins grandes catastrophes des dernières décennies : à chaque fois l’homme les a déclenchées et dans les cas où l’homme n’était pas le déclencheur il en a été le facteur d’aggravation et de majoration exponentielle de la catastrophe — la pandémie étant l’exponentielle absolue — à ce jour.

Et maintenant le feu à l’océan.

Et après ? Congeler le Sahara en une nuit ?  après tout on a fait bien fondre le Pôle Nord et tous les glaciers, alors pourquoi pas ?

Qui dit mieux ? (sarcasme amer).

Les entreprises qui se la jouent

Il y a des petites entreprises, vraiment petites, d’une 20taine de personnes voire 30 au plus qui y travaillent, qui se la joue Big Corp’ (grande société). Je viens de vérifier pour cette entreprise dont je vais parler dans ce billet : il y a précisément 26 personnes qui y travaillent, en comptant  les techniciens et installateurs qui ne sont pas au bureau mais sur la route et chez les clients, donc sur place dans les bureaux de cette entreprise bien moins…

Avant-hier j’avais besoin de contacter cette entreprise (située à quelques 20taine de kilomètres de chez moi, dans une des villes de mon coin du New Jersey central) : cette entreprise de traitement de l’eau potable m’a installé un adoucisseur d’eau il y a quelques années. Tout va bien avec cet adoucisseur, j’achète mon sel au magasin de bricolage et je le remplis moi-même (merci, non pas d’abonnement de sel pour moi… et un abonnement de moins) mais j’avais une question pratique à leur poser concernant un laboratoire d’analyse de l’eau qu’ils pourraient conseiller puisque l’eau c’est leur domaine. Rien à acheter rien à réparer rien à livrer, juste une simple question qui devait être répondue en 2 minutes par téléphone. À l’époque de l’installation de l’adoucisseur, la dame qui m’avait vendu le système — dame qui ne travaille plus là et son téléphone portable n’est pas attribué à un autre employé (disait le message sur son répondeur, tel quel, donc ce téléphone est toujours actif mais personne n’y répond ? … passons) — donc à l’époque nous en avions discuté et elle m’avait dit qu’elle pourrait me conseiller un laboratoire si un jour j’en avais besoin puisque les analyses qu’ils faisaient eux ne concernaient que le pH et la dureté de l’eau essentiellement. Si j’avais besoin d’analyses plus pointues dans le futur, elle me conseillerait. J’avais enregistré l’idée pour plus tard.

Donc avant-hier je reprends la carte de visite professionnelle de cette dame et je téléphone une première fois directement sur son portable : c’est là que je suis tombée sur le message me disant que la personne ne travaillait plus ici et que son téléphone n’avait pas été attribué à un autre employé et qu’il fallait téléphoner sur la ligne principale de l’entreprise.

Ce que j’ai fait. Je pensais tomber sur une secrétaire ou à l’accueil et je suis tombée sur un de ces serveurs vocaux qui donnent des envies de meurtre. D’abord si je connaissais le numéro de l’extension de poste téléphonique de mon correspondant, je pouvais le taper maintenant (le taper en vrai ou taper les touches de mon téléphone ? ) Non je ne le connaissais pas. À ce moment-là je pensais encore être transférée sur l’accueil, avec une vraie voix, une vraie personne. Que nenni ! Le serveur vocal a continué et égrené pas moins de 6 options : vous savez les « si gna-gna-gna, tapez 1, si gna-gna-gni, taper 2 — j’ai plutôt envie de les taper eux, ceux qui ont mis en place cette absurdité ! Quant aux inventeurs des serveurs vocaux : où est ma guillotine ? Comment peut-on inventer des horreurs pareilles ? D’autant que nous sommes plus de 7 milliards d’êtres humains sur Terre et on ne peut parler qu’à des machines ? Vraiment ? Cherchez l’erreur.

Pendant que la machine en question égrenait ses possibilités jusqu’à 6 je commençais à me mettre en ébullition. Mais j’espérais (c’est le cas en général ou au moins dans la moitié des cas) qu’après la dernière option il y aurait l’option de rester en ligne pour parler à quelqu’un de vivant voire de taper la dernière option 7 ou 5899 parce que ça commençait à faire long, pour parler aussi à quelqu’un de vivant. Je rappelle que c’est une petite entreprise de 26 employés — je réalise maintenant qu’il aurait presque pu y avoir 26 options ou la moitié, 13 — une par bureau avec un chef et sa secrétaire, ou un tiers — une par service ou département. Département ! Cela fait pompeux et vraiment ils se la jouent « grande entreprise ».

J’ai évidemment été obligée de raccrocher et de refaire le numéro (local donc compris dans mon forfait téléphonique fixe) pour réécouter toutes les options (certaines étaient nébuleuses) et fini par avoir à la toute fin, en ne tapant rien et en attendant un peu dans le vide (c’est une ruse de leur part, les gens raccrochent avant de penser qu’il peuvent laisser un message, certaines fois ce n’est pas possible d’ailleurs ) la possibilité de laisser un message et le « next available agent will call you back », le prochain agent disponible vous rappellera. Vraiment ? J’ai laissé un message avec mon nom, mon numéro de téléphone en disant que j’avais besoin d’un renseignement (ne pas dire lequel sinon il n’est pas évident qu’ils me rappellent, s’ils me rappellent un jour…

Inutile de dire que je doutais fortement de l’efficacité d’un message que presque certainement personne ne me retournera 

Donc j’ai décidé de rappeler (j’en étais au 4ème coup de fil à ce niveau-là) et j’ai fini par avoir ma réponse !

J’ai fini par avoir quelqu’un en rusant : j’ai décidé de rappeler et de taper l’option 2, l’option « vente aux particuliers ». Tout simplement j’ai fait semblant d’être une future cliente et de vouloir leur acheter un système : en tapant 2, le service commercial pour les particuliers. À ne pas confondre avec le service commercial pour les entreprises, c’est du lourd ces services dans une boite de 26 personnes dont certainement un bon quart voire plus sont des techniciens sur les routes. Et là bingo ! j’ai eu tout de suite quelqu’un de réel au bout du fil : la ruse ultime quand vous voulez parler à quelqu’un de réel, pour passer la grille d’entrée et le pont-levis relevé que sont ces serveurs téléphoniques il faut taper l’option du service commercial qui veut vendre à tout prix donc qui répond en personne à son téléphone. Je ne suis même pas tombée sur le répondeur du « service commercial ». Une vraie personne tout de suite, des fois qu’on puisse me vendre quelque chose, capitalisme sauvage… 

Et j’ai eu la réponse à ma question dans les 2 minutes, le nom d’un laboratoire qu’ils conseillaient plutôt que d’en choisir un au hasard sur Internet. De l’autre côté ils ont dû être déçus, ils ont répondu à un appel et rien vendu à la personne qui les appelait ! 

La petite ruse contre le capitalisme sauvage et les serveurs vocaux : on fait semblant d’être un client potentiel, d’avoir quelque chose à acheter et on a miraculeusement une personne vivante au bout du fil…

Mais vraiment pour 26 personnes est-ce utile de mettre un serveur vocal ? Sans compter que chacun a aussi un portable professionnel si j’en crois la carte de visite. Les bras m’en tombent. C’est certainement plus onéreux au final de mettre en place et d’entretenir ce serveur (prestation de service d’une autre entreprise, les serveurs physiques eux -mêmes, les postes connexions et autres équipements ) que de payer une vraie personne pour répondre au téléphone même si elle ne fait que ça. Mais une vraie personne ce n’est jamais le souhait du capitalisme sauvage qui veut supprimer tous les emplois pour que ça rapporte plus (s’il n’y a plus d’employés et de travailleurs à la fin, qui va leur acheter leurs saloperies ? ) et une prestation de service auprès d’une autre entreprise, ça fait marcher les pompes à fric.

En attendant il y en a beaucoup par ici des petites entreprises qui se la jouent Big Corp’ . D’ailleurs les autres entreprises de même taille, qui ont des vraies personnes qui répondent à leurs appels téléphoniques (il en reste, peu mais il en reste) sont appelées avec mépris et condescendance des entreprises « mom and pop »  (les entreprises de papa ou de grand-papa).

Les bras m’en tombent.

Scorching heat (chaleur torride)

Une vague de chaleur ces derniers jours après une semaine dernière de températures clémentes et fraiches la nuit (10 degrés Celsius ! la petite laine était de rigueur sur le lit, il fallait fermer les fenêtres laissées grandes ouvertes lors de journées à 20 ou 22 degrés certaines fois un petit 19 ! ). Ces jours-ci ce n’est plus le cas, j’ai rallumé l’air conditionné en urgence vendredi soir sachant que la nuit serait chaude (effectivement la température n’est pas descendue en dessous de 20 degrés).

Cette nuit aussi il a fait chaud suite à un dimanche puis un lundi à plus de 30 dans la journée avec une humidité relativement haute entre 70 et 80 %). D’après mon thermomètre les températures ne sont pas descendues en dessous de 23 degrés pendant la nuit.

Aujourd’hui dans la journée la température est montée jusqu’à 39 dans ma voiture pourtant garée à l’ombre — il est vrai que j’étais allée faire une course rapide et que c’était sur de l’asphalte dans un parking sans beaucoup d’arbres, une ombre de béton, au contraire de chez moi où la voiture est à l’ombre végétale des arbres de l’arrière jardin pendant l’après-midi — il y faisait malgré tout 36 degrés !

Ce n’est rien en comparaison du Nord Ouest du pays, dans l’Oregon et le Washington State où ils ont eu jusqu’à 45 degrés C. Même la Colombie-Britannique voisine, au Canada, a enregistré sa température record de tous les temps de tout le Canada — plus de 46 degrés !

Donc ne nous plaignons pas surtout que nous avons l’air conditionné, ce qui n’est pas le cas dans ces états du Nord Ouest : ils n’en ont jamais vraiment eu besoin quand les températures en été jusqu’à présent ne dépassaient jamais 26 ou 27 degrés au plus chaud dans les journées d’été grâce à l’air venant de l’Océan Pacifique. Beaucoup plus au Sud, à San Francisco, j’ai des souvenirs de début août où nous avions enfilé tous les habits que nous possédions dans nos sacs de voyage pour avoir assez chaud — un petit 12 degrés dans la journée malgré le soleil.

Ce n’est pas encore le plus chaud de notre vague de chaleur, le pire est à venir demain avec encore un ou 2 degrés de plus qu’aujourd’hui qui sont annoncés. 

Nous (l’humanité) n’avons toujours rien compris : ni l’avertissement donné par la pandémie ni ceux donnés par le dérèglement climatique — neige très au sud, au Texas pendant qu’il pleuvait dans la région new-yorkaise  en mars, températures torrides dans des régions habituellement tempérées, catastrophes climatiques à répétition, ouragans et autres tornades en Europe Centrale (la semaine dernière en République Tchèque qui n’en avait connu autant, phénomène appelé « rare » dans cette région, mais qui sait si ça ne deviendra pas leur pain quotidien là-bas aussi ? ) sécheresse et feux de forêt en continu en Californie après l’Australie — tous les ans systématiquement maintenant alors qu’avant c’étaient aussi des phénomènes rares ou plus espacés dans le temps.

Nous n’avons toujours rien compris et le capitalisme sauvage (sauvage est un mot encore trop faible, bien trop faible) a repris ses droits avec le recul relatif de la pandémie dans les pays qui commencent à avoir un taux de vaccination qui en enraye la progression. Et quand je dis sauvage c’est plutôt à des pics inédits de brutalité : par exemple les loyers mensuels des rares appartements qui restent à louer à New York City augmentent de 1000 dollars toutes les 2 semaines sur les sites de location… et le prix n’est fixé que pour un an, les contrats de location sont annuels à New York City et surtout pas régulés par le gouvernement « on ne veut pas de communisme ici , hors de question ! » (je cite, sarcasme de ma part bien entendu, mais la citation est réelle). Alors qu’il n’y a pas si longtemps, pendant les mois où la pandémie était à son comble, on vous aurait payé pour vous faire venir habiter dans New York City. Sans compter le prix de l’essence qui augmente tous les jours (et aux USA c’est un signe que quelque chose ne va pas puisque c’était presque un « droit constitutionnel » pour les Américains que d’avoir de l’essence pas chère, pour le meilleur comme pour le pire). L’essence est revenue à des niveaux identiques à ceux qui ont suivi la crise de 2008, à presque 4 dollars le gallon (on s’y dirige on s’en rapproche à grands pas, ce n’est plus qu’une question de semaines) alors qu’il y a un an le pétrole avait un prix négatif et on vous payait presque pour acheter de l’essence. En tout état de cause elle était à moins de 2 dollars pour le consommateur lambda, lire ici : https://michusa.wordpress.com/2020/07/12/le-prix-de-lessence/

Donc le capitalisme brutal et sauvage est de retour, les banques et les financiers se frottent les mains et continuent de ruiner et appauvrir la classe moyenne pendant que les riches deviennent de plus en plus riches, indécemment riches en dépit de la crise sanitaire et même grâce à la crise. On achève de détruire la classe moyenne (destruction commencée dans les années 80, merci au tandem maudit de Reagan et Thatcher) elle est quasiment détruite et elle s’enfonce avec tout le reste de l’humanité dans la pauvreté — les pauvres deviennent de plus en plus pauvres et de plus en plus nombreux.

À quoi a servi la Révolution en son temps ? À rien sinon à être confisquée par une classe bourgeoise ultra capitaliste avant l’heure — les nobles de l’époque n’étaient pas aussi riches que les riches d’aujourd’hui, ni même que les grands bourgeois d’alors — tout ça pour ça : pour s’incliner devant le roi dollar. 

À quoi a servi la crise sanitaire qui est toujours en cours ? Les capitalistes sauvages dansent sur son cadavre encore chaud, son feu pas encore éteint.

Il ne faut pas être grand clerc, ni avoir fait l’ENA ni Science Po (surtout pas, au secours) pour comprendre que la crise sanitaire et la crise climatique sont entremêlées, résultent des mêmes causes. Même sans tenir compte de la crise sanitaire, cela fait 10 ou 20 ans que les événements climatiques s’accélèrent et empirent, touchant des régions dites tempérées parce que justement elles n’avaient jamais été touchées auparavant ou si rarement, au pire une fois par siècle.  Les deux causées par le capitalisme sauvage : si nous avons eu le virus et tous ces désastres climatiques de ces dernières décennies, jusqu’à cet immeuble de Floride qui s’est effondré la semaine dernière, un parmi d’autres à venir cela semble évident malheureusement, c’est grâce à cet appât du gain, cette avidité ce capitalisme brutal et sauvage reparti comme en quarante — encore plus sauvagement et brutalement pour rattraper la semi (pseudo, très pseudo) trêve des pics pandémiques, pendant ce temps dans l’ombre et sous le tapis les affaires continuaient de plus belle bien entendu). Ah ça ira ça ira ça ira !

Où est passée ma guillotine ?

Mon second cerveau

Mon fils cadet à 2 ans et demi, le petit geek, à Chatou en 2001
Mon fils cadet à 2 ans et demi, le petit geek à Chatou en 2001

« Ton ordinateur, c’est ton second cerveau », me disait une connaissance au début des années 2000. C’était en 2003 et je ne quittais guère ce petit ordinateur portable appelé Titanium que j’avais acheté en juillet 2002 —mon premier ordinateur potable.

J’ai commencé avec les ordinateurs, « micro-ordinateurs » comme on les appelait alors au début des années 80, en fac de chimie à Nice — j’avais pris l’option « informatique », l’informatique dans le cadre de la chimie bien entendu, avec des ordinateurs que l’on branchait sur une télé (ils n’avaient pas d’écrans dédiés à l’époque) et que l’on reliait à un magnétophone à cassettes en guise de disque dur — c’était avant l’apparition de la disquette souple. Peu de temps après un de ces ordinateurs a fait son apparition chez moi, un Apple pour être en phase avec l’université de chimie qui travaillait avec des machines Apple et pouvoir bénéficier de leurs imprimantes (les imprimantes étaient des machines hors de prix en ce temps-là) : c’était un ordinateur Apple II qui avait un écran à lui et un lecteur de disquettes souple, le comble du modernisme, bientôt amélioré avec un second lecteur de disquettes pour plus de capacité.

Ensuite nous avons toujours eu un ordinateur à la maison, puis 2 à la fin des années 90 pour partager avec les 3 enfants. Internet est venu en 1996 aussi, à peu près au même moment où le second ordinateur est entré dans la maison.

Mon premier ordinateur portable, appelé Titanium

En juillet 2002 j’ai acheté mon premier ordinateur portable — premier portable et premier ordinateur personnel que je ne partageais avec personne. C’était au moment du grand départ (juste avant le grand départ, pendant le voyage de reconnaissance pour trouver notre maison, début juillet 2002) et cet achat s’est révélé crucial pour gérer ce grand départ, le déménagement, le transfert et tous les problèmes administratifs et pratiques à régler, notamment pendant que toutes nos affaires et nos ordinateurs, de bureau donc, étaient dans les cartons, en transit dans les camions et dans le bateau — pendant un bon mois et demi. À l’époque il n’y avait pas de téléphone de type smartphone (qui sont en réalité de véritables petits ordinateurs de poche, pour le meilleur et pour le pire c’est un autre sujet), à peine des téléphones mobiles qui permettaient seulement d’envoyer et de recevoir des textos (SMS) et ce uniquement dans le même pays, pas plus. Et qui servaient essentiellement à téléphoner comme leur nom l’indique et comme ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Plus tard j’ai évidemment changé cet ordinateur pour un modèle plus récent (entretemps j’avais changé disque dur et batterie qui étaient tous 2 tombés en rade — heureusement que j’ai toujours été maniaque des sauvegardes, au moins de mes données, depuis le jour 1 : sur disquettes au début puis sur de gros disques amovibles Zip puis enfin sur des disques durs ainsi qu’en gravant des CD et DVD et pour finir, aujourd’hui, toujours sur des disques durs ainsi qu’une sauvegarde en ligne et l’usage du « cloud «  (qui n’est pas une sauvegarde du tout). L’ancien « portable » est allé aux enfants qui l’ont fini. Nous avons fini par laisser tomber les ordinateurs de bureau une fois qu’ils ont été tous hors d’état et avons fonctionné avec des portables, neufs pour les adultes , les enfants héritant de celui que nous changions, à force ils ont fini par avoir chacun le leur. Quand mon fils aîné a quitté la maison en 2011, il avait le sien, acheté neuf en 2010 pour ses 18 ans.

Maintenant seul mon cadet a un énorme ordinateur de bureau Mac, nécessaire pour ses études de production musicale ce qui demande des logiciels puissants et de la puissance informatique, puissance fournie seulement par un ordinateur de bureau (ou alors pour avoir la même chose en portable il faudrait mettre un prix exorbitant), acheté reconditionné chez Apple, un modèle sorti 6 mois plus tôt mais à bien meilleur prix qu’un neuf. Il gardait son portable (aussi acheté reconditionné quelques années plus tôt, quand un des mes vieux portables qu’il finissait s’est ouvert en deux, l’écran se séparant du reste — irréparable). Ce portable acheté en 2013 est mort de sa belle mort l’an dernier durant  l’été 2020 mais il ne s’en servait pour rien de crucial, il le finissait en quelque sorte en regardant Netflix et YouTube le soir dans son lit. Chose qu’il peut faire de toute façon sur son smartphone ou via sa console de jeux sur sa télé. Mon fils cadet est un « geek » dans le sens « techie » passionné d’activités informatiques en tous genres, pas dans le sens péjoratif du terme geek, raison pour laquelle il n’aime pas que je l’utilise. À ce compte-là moi aussi je suis une geek, alors disons techie. Je lui ai néanmoins réinstallé tout son historique sur un ancien portable de 2011, un peu lent mais toujours vivant, qui était mon portable de l’époque et qui est passé ensuite à ma fille qui a fait toute son université avec (elle rallait souvent parce qu’il était vraiment devenu lent mais il a tenu le coup surtout après que la carte vidéo ait grillé et que nous l’ayons porté pour réparation hors garantie chez Apple qui l’a remis intégralement à neuf gratuitement pour une raison (sans doute des procès en malfaçon en cours ? ), une raison que j’ignore : en gros quelque part en 2015 tout, absolument tout sauf le disque dur (qui avait lâché quelques années auparavant et avait été changé de toute façon, cette fois sous garantie officielle) donc tout avait été changé, depuis la carte-mère jusqu’au clavier à la coque à l’écran et la carte vidéos et les ports).

Donc quand mercredi, la semaine dernière, mon ordinateur en cours a donné soudainement des signes de faiblesse, je ne me suis pas alarmée outre mesure, je savais que j’allais devoir le changer dans les mois qui venaient puisque je l’avais acheté en 2014 et qu’il commençait à être très lent et à surchauffer souvent. Certaines pièces ne marchaient plus depuis un certain temps, comme la batterie qui avait dépassé son nombre de charges maximum depuis 2 ou 3 ans (mais Apple a changé ses façons de faire ces dernières années et ils « ne pouvaient plus » me remplacer cette batterie, même moyennant finances, il faillait racheter un ordinateur ! J’avais décliné bien entendu et je vivais avec mon chargeur à portée de main et en le laissant branché la plupart du temps). En vieillissant il ralentissait aussi beaucoup. Pour le courant (Internet et e-mail ) cela allait encore mais cela me prenait de plus en plus de temps pour traiter les photos et les vidéos (gros consommateurs de puissance, j’avais à l’époque de l’achat pris les options de mémoire et de processeur maximales pour justement traiter photos et vidéo et garantir une utilisation plus longue dans le temps, future proof, comme on dit ici). Depuis un an ou 2 ça commençait à faire beaucoup pour cet ordinateur de 2014, modèle 2013 qui plus est. Je voulais tenir le coup encore quelques mois puisque les nouveaux modèles qui me permettraient de « future proof «  ne sont pas attendus avant l’automne au mieux, sans doute novembre. Le son non plus ne marchait plus mais je le branchais sur des haut-parleurs extérieurs que j’avais et qui traînaient sans être utilisés, qui ont retrouvé une utilité et dont j’ai redécouvert accessoirement la qualité. Le lecteur de cartes photo marchait aléatoirement mais il m’a été facile de trouver un petit lecteur de carte pour une somme raisonnable. Donc je continuais sans trop de problèmes à part la lenteur.

derrières sauvegardes sur l’ordinateur mourant

Mercredi il a commencé à donner des signes de sa fin proche : je faisais quelque chose et il s’éteignait brutalement sans signe précurseur tout en étant branché et sans surchauffer. La première fois je l’ai rallumé. J’étais en train d’éditer une vidéo, chose extrêmement gourmande en puissance (cela fait longtemps que j’ai renoncé à seulement filmer en 4K puisqu’à l’époque où j’ai commencé à faire de la vidéo, en 2017, mon ordinateur n’avait pas apprécié ) je l’ai rallumé et ai fait autre chose sans trop y prêter attention. Puis j’ai décidé d’éditer des photos (un peu moins gourmandes en puissance). Je suis descendue me faire un thé et une fois remontée à mon bureau j’ai trouvé l’ordinateur éteint à nouveau. Il s’est encore éteint brutalement 2 autres fois dans l’après-midi, alors que je ne faisais ni photos ni vidéo, seulement du mail ou regarder YouTube. J’ai compris que la pauvre petite chose était en train de lâcher définitivement. J’ai tout arrêté, fait quelques dernières sauvegardes sur disques durs, vérifié ma sauvegarde en ligne, que mes fichiers dans le cloud étaient bien à jour et je me suis mise en quête d’en acheter un nouveau. Après tout cela fait 7 ans que j’utilisais celui-ci, j’allais dire jour et nuit ou presque, avec traitement vidéo et photo sur des logiciels gourmands en puissance. En plus de cet usage audiovisuel, je fais tout, absolument tout, sur mon ordinateur — je ne suis pas une personne qui utilise beaucoup le smartphone ni la tablette. Toute la gestion de la vie courante, les factures, les rendez-vous, les recherches YouTube pour les réparations et bricolages dans et autour de la maison, les achats d’outils et autres, sans compter absolument tous mes travaux personnels en plus des photos et vidéos (que je vends un petit peu, je commence tout juste à en vendre un peu plus régulièrement) : plus important encore, mes écrits (tous mes manuscrits, tous mes poèmes et tous mes haïku) et toute la documentation qui va avec, sont stockés sur mon ordinateur, ma base e-mail qui contient localement tous mes mails depuis 1996 et qui me sert de référence pour mes écrits. Finalement outre mes manuscrits en cours ou finis et mes brouillons, tous mes souvenirs sont numérisés d’une façon ou d’une autre (mails, photos, vidéos, documents, scans) ainsi que ma bibliothèque ma discothèque et ma vidéothèque, ma collection de vin (même si elle est toute petite et ne comprend qu’une 50taine de bouteilles) : toutes sont conservées et gérées par l’ordinateur.

juste avant l’arrivée virtuelle des élèves de tai-chi, prête pour donner le cours

Jusqu’à mes cours de tai-chi : toute la communication avec mon employeur et avec ma chef (que je voyais régulièrement « en vrai » lorsque j’allais donner mes cours physiquement au centre de sport : avant la pandémie si nous avions quelque chose à nous dire ou à régler, cela se faisait dans le couloir ou dans son bureau). Depuis la pandémie tout se fait par e-mail et par texto (les heures travaillées, le nombre d’élèves présents, etc.) Jusqu’aux cours eux-mêmes que je donne sur Zoom. Ceci dit j’ai refusé d’impliquer mon ordinateur qui justement était trop vieux et que je voulais réserver à la photo et vidéo qui puisent suffisamment de ressources pour ne pas y ajouter de l’émission vidéo (émission dans le sens télévision du terme car c’est de cela qu’il s’agit avec les cours sur Zoom). J’ai fait un montage technique avec mon téléphone et ma tablette (très vieille elle aussi et le téléphone n’est pas des plus récents non plus) alors que mes enfants m’assuraient que ce n’était pas possible de faire des cours Zoom avec plusieurs participants en utilisant un téléphone à cause de la taille de l’écran. Mais souvenez-vous je suis une geek aussi donc j’ai trouvé une solution [voir photo] avec ma tablette et un vieux téléviseur qui traînait dans le basement (au sous-sol) et j’ai monté un petit studio télé dans mon sous-sol avec également une tenture murale qui appartenait à ma fille pour cacher mes étagères ainsi q’une lampe Ikea comme éclairage de studio. Donc l’ordinateur n’a jamais été concerné ni fatigué et abimé par les conférences Zoom.

montage du « studio télé » pour les cours de tai-chi via Zoom (juin 2020)
montage du « studio télé » pour les cours de tai-chi via Zoom (juin 2020)
montage du « studio télé » pour les cours de tai-chi via Zoom (juin 2020)

Mon second cerveau donc.

En attendant l’arrivée du nouveau acheté en ligne, arrivée prévue tout d’abord pour le lendemain puis repoussée au lundi — un long, très long week-end puisque je me servais à peine de l’ordinateur mourant, qui s’arrêtait même lorsque je faisais des tâches qui ne demandaient que peu de puissance —  comme je voulais le garder vivant quand même, j’ai arrêté de l’utiliser et ne faisais plus que des sauvegardes. Et j’ai utilisé mon téléphone pour les urgences.

Très long week-end quand toute son activité se produit sur cette petite machine — mon second cerveau. Heureusement je pouvais regarder des films et des vidéos sur Netflix et YouTube sur ma télé connectée à Internet (je n’ai pas la télé en tant que telle : pas de réseau télévisuel classique), chose que je fais rarement parce que j’ai trop d’autres activités,  l’écriture, la photo et la vidéo — qui malheureusement requièrent un ordinateur, impérativement pour la photo et la vidéo.

Malheureusement cela s’est très mal passé avec le nouvel ordinateur (une première pour moi avec un appareil Apple, fabricant qui a toujours été cher mais fiable) et le lundi soir j’étais encore loin d’être fonctionnelle, « up and running » comme on dit ici. Il m’a fallu attendre le jeudi soir suivant et l’achat d’un autre ordinateur, portable cette fois après la parenthèse ordinateur de bureau rendu à Apple le jeudi. Donc une longue semaine sans ordinateur. Et encore j’ai « triché » pour parer au plus pressé, comme acheter l’ordinateur la première fois, puis étudier la gamme des portables pour le second achat : j ai utilisé le vieil ordinateur de 2011 qui m’a bien sauvée pour les urgences aussi, comme payer les factures — mais sans possibilité de continuer mes travaux personnels. Heureusement que mes cours de tai-chi ne nécessitaient pas d’ordinateur.

Donc une semaine sans ordinateur ou presque, du moins sans mes données, sans mon environnement (et encore je ne suis pas à plaindre puisque j’avais accès à une partie de mes données comme les e-mails de mes boites de réception et d’envoi sur le téléphone ainsi que l’accès à Internet via le téléphone et le vieil ordinateur). Longue semaine où je n’ai presque rien avancé, presque rien fait de ce que je fais habituellement.

C’est la dépendance qui m’a fait peur, pas la dépendance au sens obsession maladive mais la dépendance matérielle parce que sans ordinateur je ne peux presque rien faire, ni la gestion de la vie courante (sauf en mode très dégradé) ni aucune de mes activités : les photos il faut un ordinateur pour les traiter puisqu’elles sont numériques, les vidéos encore plus. Écrire je peux encore le faire sur un cahier mais pour publier sur mes blogs il faut bien l’ordinateur. Le téléphone est un pis-aller, l’écran est trop petit et il n’y a pas toutes les possibilités d’un ordinateur. Et le téléphone ce n’est vraiment pas mon truc. Ainsi que toute ma mémoire qui est dans cet ordinateur, c’est de cela que j’avais peur : de tout perdre de cette archive qui résume ma vie durant ces 20 dernières années même si je commence à faire des films résumés et des albums photo en papier (les photo books). Le temps que j’écrive tous les livres que je veux écrire, la mémoire reste dans cette machine — j’avais l’impression d’être avec le Hall 9000 de L’odyssée de l’espace, quand l’ordinateur Hal 9000 est déconnecté et retombe en enfance en oubliant tout.

Ma fille m’a dit, « ça te fait des vacances ». Certes. Sur le fond elle a raison mais même la gestion de l’essentiel, les factures, la banque etc, était en mode dégradé : j’ai paré au plus pressé mais je n’avais pas mes documents, mes copies et mes factures — je n’imprime plus depuis un moment sauf ponctuellement, mais je sauvegarde en documents électroniques PDF dans mon ordinateur. Tout ceci était inaccessible. Où est passé le temps béni où l’on avait seulement 3 ou 4 factures à gérer, l’électricité le gaz l’eau et le téléphone ? Maintenant on en a plus, beaucoup plus, ainsi que des abonnements à tout un tas de choses et je ne parle pas que de Netflix : certains sont des abonnements pour le fonctionnement de la maison (encore que j’ai limité au maximum et j’en ai supprimé au fur et à mesure comme l’abonnement termites, oui un abonnement termites ! une belle arnaque c’est une autre histoire, enfin ce genre de choses).

Sans parler encore de mes travaux personnels d’écriture, de photo et vidéos, ce blog. Rien n’était perdu mais rien n’était accessible, du moins pas facilement et de toute façon pour tout ça il faut un ordinateur (pas nécessairement un Mac mais un ordinateur en tout cas).

C’est cette dépendance qui m’a fait peur, qui me fait peur, surtout pour mes « souvenirs ». Mon ordinateur est mon second cerveau, mon assistant pour me rappeler les choses à faire, mon agenda, mon cerveau de secours ou la sauvegarde de mon cerveau pour tous les souvenirs, moments de ma vie que j’ai soit tendance à oublier soit à déformer ou à me rappeler partiellement. Je suis une énorme utilisatrice des e-mails, qui racontent ma vie entière du moins de ces 20 dernières années avec l’expatriation. Au début de notre expatriation il n’y avait pas Skype ni smartphones pour garder le contact ou donner des nouvelles. Les appels téléphoniques classiques internationaux coûtaient très cher (c’est toujours le cas mais maintenant on a d’autres moyens par Internet et avec le visuel en plus). Donc ma base mail contient tous ces souvenirs, les anecdotes et aventures que je racontais à mes parents, mes amis — nos premiers pas dans notre nouveau pays — et sont destinés à alimenter un livre en cours de rédaction. Une partie a été exportée de la base mail et sauvegardée en fichiers textes mais ce sont toujours des fichiers…

Sans compter que je me suis mise sérieusement à écrire quand j’ai eu mon premier ordinateur portable à moi, où mes écrits étaient à l’abri de tous regards ou de toutes erreurs, de mes enfants par exemple. Et je l’avais tout le temps avec moi pendant les allers-retours entre les pays, pendant les voyages, les séjours loin de la maison, les périodes de transitions sans maison et dans les hôtels.

Être sans Internet c’est une chose handicapante — nous avons passé plusieurs mois voire années à résoudre les mauvais fonctionnements de notre fournisseur précédent en fonctionnant en mode dégradé ou sans pouvoir fonctionner certaines fois.

Être sans électricité encore plus — j’ai expérimenté plusieurs fois depuis que nous sommes aux États-Unis, dont la pire des fois pendant 13 jours et demi — c’est long très long, cela semble durer 13 mois. 

Mais sans ordinateur pendant une longue semaine (ce que j’ai rarement expérimenté, les quelques fois où il a fallu le faire réparer cela ne durait que 3 ou 4 jours maximum), surtout sans savoir si j’allais avoir accès à mes données à nouveau, ce qui m’a fait très peur, c’est encore la situation la plus handicapante de toutes — pour moi.

Alors oui, cette dépendance que j’ai touchée du doigt pendant cette semaine passée, me fait peur. Je la connaissais seulement en théorie, sans jamais l’avoir vraiment expérimentée puisque j’ai toujours eu un ordinateur avec moi depuis presque 20 ans. Effrayant mais je n’ai pas a priori d’idée ni de solution autres, mon ordinateur est mon second cerveau.

le nouveau portable en train de transférer jeudi après midi
transfert réussi !

Un jour à New York City (21 avril 2017)

Séquence nostalgie, un jour à New York City lors de la visite d’un de mes amis français en voyage professionnel pour la semaine, je l’avais rejoint pour passer la journée avec lui dans la City (comme on dit ici).

Je ne sais plus depuis combien de temps je ne suis plus allée à New York City — j’habite à une trentaine de kilomètres du centre de Manhattan. Avant la pandémie cela faisait un moment que je n’y étais plus allée parce que j’avais d’autres occupations. Et que je pouvais de toute façon y aller quand je voulais. Sauf que… la pandémie est arrivée.

En fait en janvier 2020, quand je suis rentrée après mon séjour France, j’avais fait ce projet pour le printemps 2020, d’accompagner une ou 2 fois par semaine ma fille qui travaillait tous les jours à New York City et d’en profiter pour y passer la journée à prendre des photos quartier par quartier pour renouveler ma collection de photos un peu vieillissantes pour certains quartiers, quand on sait que New York City se renouvelle à une vitesse ahurissante. Si on laisse passer 2 ou 3 ans sans aller dans un quartier, on ne le reconnait absolument pas quand on y retourne. En 18 ans j’ai pu observer ce phénomène de renouvellement à très grande vitesse de près. Il y a des quartiers que je connaissais bien qui sont méconnaissables —presque une nouvelle ville. 

Puis ça a été février et on commençait à ne plus avoir la tête aux projets de visites de NYC, de tourisme ni aux photos et mars, avec le coup de frein total — brutal. Le printemps où je pensais photographier New York City s’est passé intégralement à la maison, c’était le grand confinement.

Depuis je n’y suis plus retournée — la ville a changé dramatiquement pendant la pandémie pour le pire alors que c’était devenu à partir de la fin des années 90 une ville très sûre, on pouvait s’y promener dehors au milieu la nuit sans aucun risque, même prendre le métro — je l’ai fait. Depuis la pandémie la criminalité a beaucoup augmenté, il ne vaut mieux pas prendre le métro, ni même le train pour aller à Manhattan, la gare d’arrivée est devenue un coupe-gorge. Cela sera sans doute temporaire puisque les habitants retournent petit à petit vivre dans la City et reprennent le terrain resté vacant et donc à la merci des délinquants et gangs de toutes sortes.

Alors pour la nostalgie ce petit montage vidéo — un de mes premiers, il faut en excuser la qualité.

Et pour la bonne bouche cette chanson de Norah Jones — une des ses premières — chanson que j’apprécie particulièrement : https://youtu.be/xOCQEJ1ZNrw