Archives mensuelles : septembre 2014

Pourquoi fouiller le passé ?

Pourquoi fouiller le passé

retourner invariablement le couteau dans des plaies, certaines toujours ouvertes jamais cicatrisées,

pourquoi chercher

inévitablement se remémorer le passé ?

Des souvenirs que je me suis fabriqués ? Même pas, j’en ai retrouvé toutes les traces

tous les écrits emails lettres textos journaux, qui les racontent

en long en large en travers en détail — trop.

Pourquoi retrouver tous ces gens de mon passé certains me fuient déjà,

d’autres me fuiront-ils m’éviteront-ils ?

Question à peine rhétorique j’en ai peur.

L’ombre de lui-même

L’ombre de lui-même,

mon professeur de tai-chi, avec qui je pratique depuis plus de 10 ans, il n’est plus que l’ombre de lui-même lui habituellement si plein d’allant si souple et sautillant, il traîne des pieds au sens propre comme au figuré lui qui était passionné de son art, il peine il oublie des mouvements en réduit d’autres à un simulacre de mouvement, comme si le vrai mouvement lui était pénible ou trop difficile. Il oublie aussi tout le reste, confond mélange les souvenirs, nous raconte avec force détails la mort de ses parents comme si elle s’était passée cette année,

comme si rien de récent ne laissait de trace en lui va-t-il finir par s’évaporer tout à fait ?

Me souvenir de tout

Il me faut me hâter lentement à me souvenir de tout —

avant que j’en aie assez que je veuille réellement tout oublier, laisser tomber ma recherche du temps perdu. Temps volé désagrégé, désintégré.

Me hâter, je triche j’ai mes journaux mes lettres du temps passé, heure par heure minute par minute quelquefois je relis avec étonnement sans discernement l’important comme le futile. Le futile révèle plus parfois. Je n’ai que peu de photos, heureusement ou malheureusement, les photos ne font que déclencher les souvenirs, elles ne les relatent pas — ne sont ni factuelles ni objectives,

lentement pour retrouver la saveur l’émotion de ce temps-là, temps d’innocence de tous les possibles la fenêtre était étroite elle se devait de vite se refermer, elle s’est refermée. Reste la nostalgie parfois, les souvenirs traces dans mes lettres mes cahiers mes récits, heureusement, ma mémoire a flanché souvent je l’ai prise en défaut en la confrontant aux écrits — preuves. Des claques, c’est pire en réalité que dans mon souvenir, qui avait gommé estompé, la grâce d’un brouillard pour masquer les épines.

Le brouillard des souvenirs, aujourd’hui je les prends en pleine figure en les relisant, si détaillés d’une précision quasi scientifique, une description clinique une dissection de mon temps avec toi —

ce qu’il restera de tous ces écrits cette impression générale, à vouloir tout fixer tout enregistrer, je peux dire pour finir sur une note plus légère, en forme de clin d’oeil, que longtemps je ne me suis pas couchée de bonne heure.

Retour — trace

Broken Image

Trace d’un retour non prémédité — que je n’ai pu éviter.

Il m’a fallu revenir donc — n’étant pas d’ici, n’étant plus de là-bas je ne reste pas

j’oscille entre les deux côtés, un océan au milieu  — pour rien,

qu’y noyer mes larmes.

Chaque retour comme un miroir brisé — en attente du prochain départ

pour revenir finalement,

où aller où s’arrêter —

quel aller sera sans retour ?

Matin de départ

Matin de départ à nouveau, emballer empaqueter peser

rejeter abandonner laisser

oublier paniquer retrouver

un dernier soupir

il faut y aller

fermer les yeux imaginer être arrivé

enfin

matin de départ, ma vie d’été n’est que départs et arrivées

départs sans toi

               jamais vers toi.