Archives mensuelles : février 2015

La seule couleur

La seule couleur 1

La seule couleur 2

La seule couleur 3

La seule couleur 4

La seule couleur 5

La seule couleur c’est le ciel.

La seule couleur c’est le bleu du ciel les jours de beau temps, tout le reste est gris brun ou blanc.

Quand le ciel aussi vient à manquer tout n’est que dégradé terne du gris mat des arbres au blanc crayeux de la neige ou de ce qu’il reste du ciel, indistinctement.

La seule couleur c’est le ciel bleu — promesse de grand froid en conséquence.

New Jersey, une nuit — trace

Ce texte, New Jersey, une nuit, écrit il y a 10 ans exactement, jour pour jour (le 8 février 2005, posté sur le blog le 8 février 2015) j’aurais plus l’écrire maintenant, ces jours-ci, à l’identique ou presque. En revenant de la même séance, du même art martial, vendredi soir les températures étaient seulement  plus basses, partie par -6 degrés je suis revenue par -11 — il n’y avait pas Elton John dans le lecteur pas tonight

À l’identique, 10 ans après, le même tai-chi un soir de semaine, à peine moins tard, le même froid la même neige — le même New Jersey finalement.

Quelques nouvelles musiques, cela fait longtemps que je n’écoute plus Elton John et Tonight — cela n’a jamais été ma musique de chevet non plus.

Quant à toi, ton souvenir s’est affadi ou ton image s’est brouillée —

restent quelques rêves, si peu de rêves pour tant de nuits.

New Jersey, une nuit (2005)

Nuit noire d’hiver, comme seul un soleil implacable pendant la journée est capable de générer.

11 heures, après une longue séance d’arts martiaux — près de 3 heures de travail intense du corps et de l’esprit, je reprends la voiture pour rentrer me coucher. La température chute doucement, je suis partie par -1 degré tout à l’heure, je reviens par – 7.

Pour tenir j’ai bu dans l’après-midi un Nescafé riche en caféine, que je paierai en insomnies et tachycardie plus tard dans la nuit.

Elton John me chante Tonight, la chanson tourne en boucle dans le lecteur, assortie au soir, à mon humeur de blues nocturne. Paysage lunaire de la neige au-delà du halo de l’éclairage urbain. Rase campagne, sensation d’autre planète, où suis-je seule sans toi au milieu de ma nuit ?

Scintillement de la neige dans le faisceau de mes phares, route déserte, seule au monde le temps d’un trajet, ma musique interne à l’unisson, tonight , ce soir justement, je voudrais juste fermer les yeux, me laisser porter par la chanson et ton souvenir. Ma tête est déjà dans les étoiles de ce ciel si noir, étincelant de pureté, aucune lumière parasite ne venant en atténuer l’intensité.

Difficile de résister, tonight. J’ai failli fermer les yeux et rêver.

Je sais que tout à l’heure, la caféine au sommet de son effet, rechargée par l’effort physique, je m’abandonnerai à ma viscérale envie, j’écrirai.

Je ne cède pas, je ne ferme pas les yeux pour remplacer une absence par une autre — un rêve, une nuit. Tant de nuits, si peu de rêves. Je ne cède pas, je m’agrippe à ce réconfort, tout à l’heure j’écrirai.

— 8 février 2005

Par la fenêtre la neige

Par la fenetre la neige

Par la fenêtre la neige

et seulement la neige — un univers de blanc de froid de glace. Sans répit les tempêtes et précipitations s’enchaînent se confondent se mélangent — pas le temps de souffler entre deux il n’y a pas d’entre-deux ou si peu.

Par la fenêtre la neige où que je regarde aussi loin que portent mes yeux la neige, sur les toits les arbres les buissons les chemins les routes les trottoirs les voitures,

quelque soit la fenêtre — à perte de vue.

Par toutes les fenêtres la neige —

une gangue blanche et terne dure et croûteuse sans la beauté cristalline des flocons,

que l’acéré d’une congère laiteuse une glace opaque la compacité d’une neige tassée retassée, les empreintes ne marquent même plus le froid et le blanc ont comme figé le temps.

À peine le début de février à peine dix jours de cette neige — on dirait dix mois. Encore deux à tenir qui s’étirent vers l’infini un tunnel de blanc dont on ne voit pas le bout.

Un haïku retrouvé (2005)

À l’est, toi

À l’ouest, toi

La Terre est ronde.

— avril 2005

Publié précédemment dans Paintings from the mind, Haiku par Michèle Laroche, Wen-hsien Wu et Helen Hu chez Blurb.com (Blurb Inc) 2011

http://www.blurb.com/b/2323522-paintings-from-the-mind-haiku?ce=blurb_ew&utm_source=widget