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Capitalisme carnassier encore

Les gens qui se font livrer au plus fort d’une tempête comme pendant la tempête Ida et ses torrents d’eau dans les rues à New York City. Voir les copies d’écrans du tweet et de quelques saines réactions ci-dessous.

le tweet d’origine

Comme le dit cette députée, « if it’s too dangerous for you, it’s too dangerous for them », si c’est dangereux pour soi au point  de ne pas vouloir sortir chercher à manger, c’est dangereux pour le livreur. Cela devrait aller de soi mais les gens sont égoïstes et de purs connards comme le dit ce photographe qui documente justement ce genre de situations. Plusieurs ont réagi : ne pouvez-vous pas pour une fois aller faire un tour dans vos placards, faire réchauffer un plat surgelé au micro-ondes, manger une soupe instantanée ou des pâtes, voire au pire manger un bol de céréales — ‘ it’s okay to eat cereal during historic flooding’ ? »

Au-delà des abrutis (qui font partie des privilégiés qui ont le luxe de pouvoir ne pas travailler au milieu d’une catastrophe « naturelle ») qui commandent de la nourriture pendant une tempête historique, comme tout passe par les fameuses « apps » dans le téléphone (fini le temps où l’on téléphonait à son restaurant favori et on demandait une livraison, il en reste encore mais de moins en moins) donc comme tout passe par les fameuses « apps » surtout à New York City, pourquoi tout simplement les « apps » en question n’ont-elles pas fermé leur service pour la soirée tout en payant malgré tout leurs livreurs une compensation catastrophe  naturelle (livreurs qui ont n’ont pas forcément le choix de pouvoir ne pas travailler, même une seule soirée) ? D’autant que ces « apps » marchent dans le monde entier, donc couper le service seulement  pour une petite région géographique ne va pas leur faire perdre beaucoup d’argent aux multimillionnaires qui en sont les propriétaires.  Qui eux se dorent au soleil de la Silicon Valley pendant que les pauvres livreurs avec de l’eau jusqu’à la garde risquent leur vie pour 5 dollars la course y compris le pourboire. Capitalisme carnassier encore, toujours plus toujours plus !

Mon fils cadet a été livreur pour l’un de nos restaurants haut de gamme locaux : heureusement le manager fermait et surtout arrêtait les livraisons quand la tempête montait en puissance et si elle s’avérait importante (essentiellement des tempêtes de neige en hiver). Éventuellement ce manager finissait lui-même les quelques dernières livraisons en cours à la place de ses livreurs parce qu’il ne voulait pas les envoyer au casse-pipe à sa place et que de plus son véhicule personnel était un gros pick-up 4×4 (contrairement aux véhicules personnels des livreurs et à la petite Toyota de livraison du restaurant). Ensuite il fermait les livraisons pour le reste de la journée et de la soirée et refusait catégoriquement de faire ou faire faire toute livraison. Il se faisait abrutir d’injures par les certains « clients » pour ça, des purs connards qui sont légion dans notre région riche et snob, ces gens-là sont « entitled » (ils ont le droit parce qu’ils ont de l’argent). « Si c’est dangereux pour vous, c’est dangereux pour eux [les livreurs] ». C’est ce que j’ai toujours pensé bien avant que mon fils soit livreur et il ne me serait jamais venu à l’idée de me faire livrer un repas au beau milieu d’une tempête d’envergure — ce n’est pas que je me fasse livrer des repas souvent (plutôt jamais).

Dans ce restaurant le guichet de vente à emporter restait encore un peu ouvert tant que la tempête n’était pas trop forte, si les gens voulaient vraiment un repas tout prêt, ils n’avaient qu’à venir le chercher eux-mêmes après tout.  Puis si la tempête continuait à s’intensifier et que cela commençait à devenir trop difficile pour les employés de rentrer chez eux, il fermait tout simplement.

Heureusement ce restaurant employait ses propres livreurs (salariés du restaurant) et non pas ces horribles « apps » qui « ubérisent le travail et le paupérisent — sauf pour les multimillionnaires propriétaires de ladite app. 

Où est ma guillotine ?

Les cours du Collège de France

Je viens de finir d’écouter toute la série de cours du Collège de France sur les pandémies et c’est remarquable. Quand on entend Collège de France on prend un peu peur et on se dit que ça risque d’être trop ardu mais pas du tout. J’écoute de temps en temps Michel Zink ou Antoine Compagnon sur la poésie et la littérature et c’est effectivement spécialisé mais toujours très clair.

Concernant la série qui nous intéresse ici, celle sur les pandémies, il s’agit des cours d’Arnaud Fontanet pour la chaire de Santé Publique (2018-2019) (qui n’a été mis en ligne que tardivement, bien après le fait, courant 2020 ou peut-être même 2021, du moins bien après que la pandémie actuelle ait commencé. C’est souvent le cas : j’ai remarqué que les cours de l’année sont mis en ligne sur le site de podcasts que j’utilise un an ou un an et demi après que les cours aient été donnés. Donc un jour de fin 2020 ou début 2021, j’ai vu arriver ces cours sur les pandémies  —  évidemment dans le contexte actuel cela m’intéressait au plus haut point, d’autant plus qu’il s’agissait d’Arnaud Fontanet que je trouve toujours très limpide dans ses interventions variées (et que je ne connaissais pas spécialement avant notre pandémie actuelle : je l’ai découvert dans la série de France Info TV « Scan: » sur notre pandémie mise en ligne courant 2020 presque en simultané avec ce qu’il se passait).

C’est le propre des grands savants qui maitrisent parfaitement leur sujet que de pouvoir en expliquer les grands traits tout autant que les subtilités en termes clairs, sans jargon jargonneux (qui souvent cache une mauvaise maîtrise du sujet).

Le sujet est donc de grand intérêt en ce moment. L’épisode le plus saisissant de cette série et que je recommande encore plus, est le numéro 3, celui sur le SARS originel de 2003 qui est comme une répétition générale (en plus mortel) du SARS- COV-2. Dans cet épisode Arnaud Fontanet décrit par le menu ce que nous allions vivre un an plus tard à l’échelle mondiale puisque le cours a été donné au Collège de France le 18 février 2019. Donc pas de biais par rapport à notre pandémie actuelle puisque le cours a été écrit et donné bien avant. Mais ce qu’il décrit pour le SARS version 1 est exactement ce qui nous est arrivé : les façons de faire avec les quarantaines, les privations de déplacements, les mises à l’isolement des malades, la recherche de contacts et des contacts de contacts. Le plus saisissant rétrospectivement est la description d’un système de santé, celui de la ville de Toronto au Canada, qui a été mis sur les genoux en moins de 2 mois pour quelques dizaines de cas « seulement » du premier SARS.

Les autres cours de la série sont intéressants aussi bien entendu : Arnaud Fontanet y parle notamment de la rapacité et  de l’avidité pour les profits à tout crin (j’allais dire quoi qu’il en coûte — sarcasme) des grands groupes pharmaceutiques, notamment dans l’épisode sur la pandémie d’hépatite C en Égypte. Cela résonne avec les prix des vaccins actuels et la non-ouverture de leur formulation / procédé de fabrication à tous,  en open source / générique…  Et comment certains traitements sont à 100 ou 1000 fois le prix des génériques — quand ils sont permis par Big Pharma.

Son cours est en langage courant tout en étant précis et limpide. Je le conseille vivement d’autant que datant d’avant la pandémie actuelle, il n’est pas suspect de catastrophisme de circonstance ni d’accroche pour faire vendre  / faire peur ni de biais politique.

https://www.college-de-france.fr/site/arnaud-fontanet/course-2018-2019.htm

et un site de podcasts pour écouter sans être devant son ordinateur (dans un baladeur mp3 ou son téléphone) : https://podcasts.apple.com/us/podcast/santé-publique-2018-2019-arnaud-fontanet/id1453704964

C’est le site de podcasts que j’utilise mais en partant du site du Collège de France on doit pouvoir en trouver d’autres ou écouter directement sur Internet à partir de leur site. Personnellement j’écoute en différé et déconnecté dans un lecteur MP3 ancien, pendant que je mange en général. C’est d’ailleurs l’un de ces podcasts sur les pandémies que j’écoutais bien tranquillement et de façon inconsciente avant le branlebas de combat de la tempête IDA 10 minutes plus tard (lire mes articles sur la tempête Ida sur mon blog ici : https://michusa.wordpress.com/?s=tempête+ida  )

PS : ces cours et les podcasts sont évidemment gratuits !

Pierre et le loup

Tout le monde connaît ce conte de Pierre et le loup où le petit garçon Pierre passe son temps à crier au loup quand il n’y a pas de loup pour se moquer et ennuyer tout le monde, jusqu’au jour où il y a vraiment un loup et quand il crie au loup qui est vraiment là cette fois, personne ne le croit.

Conte très important. Dans mon enfance ça a été un conte fondateur — ma mère et ma grand-mère me l’ont répété à l’envi bref il est ancré en moi et j’ai fait la même chose avec mes enfants. 

Évidemment il est pris en défaut, de plus en plus. Il y a manifestement des adultes qui n’ont pas écouté leurs parents quand ils leur ont raconté ce conte  — notamment avec le principe de précaution exacerbé de nos jours qui fait qu’on crie au loup à tout bout de champ, du coup quand c’est vraiment important personne n’écoute plus. On pourrait en parler pendant des heures tant cela se répercute dans tous les aspects de nos vies.

L’exemple que je veux donner maintenant est un exemple qui nous touche malheureusement tous en ce moment, il a trait à la pandémie actuelle.

Ce sont les laboratoires pharmaceutiques qui crient au loup. Ces grandes firmes pharmaceutiques sont haïes et à raison : de pharmaceutique et médical elles n’ont que le nom — un bla-bla marketing. En réalité ce sont des pompes à fric, juste derrière les traders et autres institutions financières de la bourse : de fait l’industrie pharmaceutique et de santé en général est le domaine industriel le plus rentable et le plus juteux de tous les domaines industriels : pour parler vulgairement, si vous voulez faire du pognon, beaucoup de pognon et vite, investissez dans la santé et l’industrie pharmaceutiques, les autres industries sont loin, très loin derrière sur le plan du profit. Pendant que leurs employés, chercheurs médicaux, pharmaciens et autres scientifiques véritables, ceux qui travaillent réellement ne le font pas  toujours dans les meilleures conditions. Ce sont donc les grands labos pharmaceutiques « big pharma » comme on les surnomme, qui crient au loup avec leur vaccin contre notre virus actuel.

Qu’on ne se trompe pas : les vaccins en général sont un immense progrès médical à la fois sur le plan individuel et sur le plan de la santé publique, et dans notre cas actuel,  la seule clef pour la sortie de cette pandémie. Certes. Mais a-t-on besoin d’en rajouter ? Les labos big pharma jouent les fiers à bras parce qu’ils ont le monopole de notre possible retour vers la normale et ils abusent de leur position… où est ma guillotine ? Et ce n’est pas un effet de langage, je le pense réellement.

Déjà quand, il y a quelques semaines, ils se sont mis à augmenter leurs prix pour ces vaccins, j’avais eu un haut-le-cœur. Cela s’appelle des profiteurs et il n’y a pas si longtemps, les profiteurs on les fusillait. Direct. Sans jugement. D’autant que les labos n’ont pas mis un seul centime dans la recherche de ces vaccins il faut bien s’en souvenir. Les recherches notamment sur la technologie ARN messager dataient d’avant et les avancées réalisées l’étaient pour d’autres maladies, recherches en cours bien avant la pandémie et payées donc avant aussi et pour autre chose. Ils n’ont fait que recycler et repositionner (ce qui est bien du point de vue scientifique, re ne nous méprenons pas : mais je parle ici du point de vue financier et monétaire. Les dépenses étaient faites et étaient budgétées et auraient été continuées s’il n’y avait pas eu la pandémie de toute façon. Donc ça ne leur a coûté rien de plus). Ensuite ils n’ont pas mis un kopek en plus et toute la recherche de repositionnement a été payée par les gouvernements des pays riches et notamment du gouvernent américain avec le projet Operation Warp Speed où le gouvernement américain a déversé des milliards de dollars (18 milliards plus précisément) sur toutes les firmes pharmaceutiques pour leur recherche et développement d’un vaccin contre ce virus. L’Europe, l’Angleterre et d’autres aussi ont déversé de l’argent à foison. Et ce sans obligation de résultat ni de rembourser lesdits gouvernements ou instances en cas d’échec ou de non-résultat. 3 firmes américaines ont émergé du lot avec un résultat et nous avons eu 3 vaccins de firmes américaines, le gouvernement anglais n’a pas été de reste et il y a eu un vaccin d’une firme et université anglaises.

Donc ces vaccins, nous, les citoyens, les avons payés d’avance. Ensuite ces firmes les revendent aux gouvernements qui payent les doses (puisque les vaccins sont « gratuits » pour le consommateur final, même aux États-Unis où l’on connaît pourtant l’état de déréliction du système de santé dû à une financiarisation à outrance de la santé — on pourrait développer longuement sur ce sujet aussi). Donc les gouvernements ont payé la recherche et le développement puis ils payent le produit fini ensuite, les fameuses doses. On aurait pu espérer que big pharma les vende à prix coutant, ces vaccins développés avec l’argent public, ce serait la moindre des choses, ce serait juste sur le plan commercial (simplement défrayer leur prix de fabrication et les matières premières, soit) et aussi ce serait juste sur le plan moral quand il s’agit d’une pandémie majeure et que l’humanité entière est dans le même bateau.

Alors savoir que non, ils n’ont pas été vendus à prix coutant, même pire ils ont été vendus au plus offrant c’est révoltant ! Puis une augmentation de 25% ! 25% ! c’est l’augmentation des prix pour l’Europe annoncée début août, sans doute ailleurs aussi. Ensuite cette augmentation de prix intervient sur des prix déjà fort musclés et quand on sait que ces firmes ont fait des profits indécents depuis le début de la pandémie pendant que la plupart de l’humanité souffre et meurt, c’est encore plus révoltant. Quand je disais guillotine… c’est peut-être trop humain la guillotine.

Et depuis quelque temps c’est le pompon : on se met à parler de 3ème dose… Sur le coup, d’accord pour les personnes immunodéprimées ou très âgées, personnes dont le système immunitaire n’est plus au meilleur de sa forme. Mais maintenant depuis une ou 2 semaines on nous parle (aux États-Unis mais pas que) de 3ème dose pour tout le monde, troisième dose poussée par ces labos big pharma. Sans donner du tout crédit à des théories du complot, j’avoue que là ça en prend le chemin du complot. Surtout quand ça arrive comme par hasard juste après une (forte, 25% ! ) augmentation de prix. Je suis un peu sur la défensive quant à cette dose supplémentaire au bout de 8 mois précisément (et seulement 8 mois, pas un an ou deux, ce n’est même pas un « rappel annuel » à ce stade ! ) pour le grand public. Sur quels critères scientifiques ? D’autre part est-ce bien raisonnable quand on n’a pas encore vacciné tout le monde (je veux dire ni tout le monde dans les pays qui sont bien avancés en vaccination, ni tous les pays du monde). Surtout quand on sait aussi que les Anglais ont justement commencé par cette stratégie de vacciner d’une seule dose le maximum de gens possible avant même de fournir la deuxième dose qui était a priori bien nécessaire (et cela semble avoir été scientifiquement prouvé pour celle-là). Quand on considère tout ça, la 3ème dose pour le grand public alors qu’on manque de doses (ou qu’elles sont trop chères, ou qu’on n’a pas assez d’usines pour les fabriquer — à d’autres, j’y reviens plus bas ! ) pour vacciner tout le reste de l’humanité ?

Les augmentations il y a quelques semaines, puis juste après ces augmentations on parle bizarrement de 3ème dose pour tous ceux qui ont déjà eu leurs 2 doses — 3ème dose au nouveau prix donc. Big pharma crie au loup avec le variant delta… Et la 3ème dose serait exactement la même dose qu’on a déjà eue, même pas un vaccin modifié et adapté au variant delta ou un autre variant. Vraiment ? 

Je trouve tout ça très suspect et même s’il s’avère que c’est scientifiquement valide au final (on le saura effectivement mais après seulement) cela ressemble fort à un coup commercial et financier : même si ce n’est pas du complot, ça y ressemble fortement. Et c’est très grave sur le plan moral (moral ? quelle morale ? pourquoi est-ce que je dis des gros mots comme ça moi ? ) Et encore pire, c’est contre-productif et ça alimente les théories complotistes. Comment en vouloir à ceux qui refusent de se faire vacciner parce qu’ils ne veulent pas obéir et donner raison et argent à big pharma ? Ils trouvent là une raison de douter. Et cette façon de faire immorale remet en question ce vaccin. Et tous les vaccins. Vaccins qui ne seraient donc qu’une pompe à fric ? Ce n’est pas vrai évidemment, les vaccins ont été un grand progrès de santé publique depuis la fin du XIXème siècle. Mais ces façons de faire de gangsters instillent le doute.

Pour couper l’herbe sous le pied de tout complotisme et tout doute, il aurait vraiment fallu imposer les vaccins libres de droits (d’abord comme je le disais ce sont nous, les contribuables qui avons payé la recherche et le développement de ces vaccins, ils sont à nous tous donc et pas aux big pharmabig pharma, voleurs ?  ) donc nous devrions pouvoir imposer aux requins financiers qui ont la mainmise sur ces big pharma et leurs dirigeants et actionnaires (si l’on ne peut par leur imposer, il suffirait de les guillotiner, quand je parle de couper autant couper là où il faut) leur imposer donc des vaccins libres de droits, qui puissent être produits partout dans le monde à partir de matières premières et de technologies développées avec nos sous en plus !

Mon coup de gueule n’est pas que le mien. J’avais ce doute et ce malaise depuis la nouvelle de cette 3ème dose et il y a 2 jours, un article du très sérieux New York Times, américain donc, pose les mêmes questions et émet les mêmes doutes en disant de façon documentée scientifiquement ce que je pensais et subodorais : il n’y a pas actuellement d’argument scientifique en faveur d’une 3ème dose (surtout la même dose pas modifiée pour aucun variant ! ) De plus cela pose le problème moral du manque d’accès aux doses pour une grande partie de l’humanité qui n’est toujours pas vaccinée (manque de doses, prix des doses et impossibilité de fabriquer librement partout dans le monde à cause des brevets.)

Ci-dessous quelques copies d’écran d’extraits de cet article du New York Times du 30 août 2021 :

Lire également l’excellent livre de Didier Pittet et Thierry Crouzet, Vaincre les pandémies (j’en reparlerai, il y a beaucoup de choses intéressantes et pertinentes dans ce livre et Didier Pitter s’y connaît en matière de « libre de droits », lui qui a donné les formulations du gel hydroalcoolique à l’humanité, libres de droits et impossibles à breveter), où Pittet évoque déjà au printemps 2020 qu’il faudrait que les vaccins soient libres de droits et non brevetables, non seulement pour des raisons morales, aussi pour la raison qu’il faut vacciner tout le monde sinon ça ne sert à rien, mais aussi et surtout parce que c’est contre-productif : il le dit aussi si on « fait du pognon » (beaucoup de pognon en plus ! ) avec les vaccins, certains seront contre, verront aussi du danger ou une tentative d’empoisonnement et toutes les théories complotistes possibles.

« Pour atteindre cet objectif d’universalité [de la vaccination], une seule solution : rendre public ce traitement, le mettre en open source, le verser au compte des biens communs de l’humanité. Comme je l’ai observé avec les formulations hydroalcooliques, l’ouverture fait taire les suspicions. Par exemple, on ne peut pas accuser un vaccin de contenir une substance cancérigène si sa formulation est publique. Un vaccin s’adresse à tous, il doit être adopté à grande échelle pour créer une immunité collective. On doit donc avoir confiance en lui, et la seule façon de construire cette confiance est d’ouvrir les portes de la maison, d’autoriser tout le monde à la visiter en disant : « Regardez, je n’ai rien à cacher. » Un vaccin doit donc avoir un coût minimal, mais aussi être transparent. »

Didier Pittet et Thierry Crouzet, in Vaincre les pandémies page 146

Il parle aussi des profiteurs qui trafiquent la formulation du gel hydroalcoolique avec des alcools autres que l’éthanol et dont certains sont toxiques, pour faire plus de profit, aux dépens de la santé des utilisateurs : au-delà des dangers et des dégâts, cela introduit le doute sur les solutions hydroalcooliques légitimes et non trafiquées. Donc double peine.

C’est la même chose avec ce vaccin : ce vaccin (et les vaccins en général) est légitime et marche, les bénéfices de santé, personnelle et publique, sont immenses mais si les groupes big pharma se mettent à en profiter grassement et de façon outrancière, cela sera doublement dommageable — impossibilité de  vacciner tout le monde à cause des prix et cela introduirait le doute sur ce vaccin en particulier et tous les vaccins en général, de la même façon que les profiteurs du gel hydroalcoolique introduisent le doute.

« Je suis toujours très fâché quand des opportunistes cherchent à s’enrichir sur mon dos, quitte à introduire le doute sur les bienfaits de la friction hydroalcoolique » ibid. p 191 : on pourrait maintenant écrire la même phrase en remplaçant le gel hydroalcoolique par les vaccins.

Et pour continuer à couper l’herbe sous le pied des requins financiers (coupons, coupons, où est ma guillotine ?) un vaccin libre de droit ça s’est déjà produit, c’est tout à fait possible, c’est ce qui s’est passé avec le vaccin contre la polio de Jonas Salk.

À force de crier au loup — il faut impérativement une troisième dose à 8 mois à cause du variant delta — et à attiger et trop tirer sur la corde, le public ne les croira plus la prochaine fois quelle qu’elle soit (quatrième dose, autre pandémie, etc.) quand ils voudront nous vacciner et ils alimentent ainsi eux-mêmes les théories du complot par leur rapacité. 

Deux excellents livres à lire : Vaccins de Philippe Sansonetti éditions Odile Jacob, publié en janvier 2017, bien avant cette pandémie donc on ne peut l’accuser d’être partial envers ces vaccins Covid en particulier, ainsi que le livre précédemment cité : Vaincre les pandémies de Didier Pittet et Thierry Crouzet chez Hugo Doc

Désobéir et ne pas se tromper de dictateur

J’ai fait hier un commentaire à une publication de Barbara sur son excellent blog « Lire dit-elle » , publication d’un poème d’Edouard J. Maunick, « N’obéis pas ». Il faut lire ce poème qui est excellent et toujours d’actualité — quand il ne sera plus d’actualité cela voudra dire que nous (l’humanité) serons sauvés, que nous aurons enfin évolué et progressé, laissé derrière nous notre sauvagerie et serons vraiment « civilisés » , on peut rêver (il faut rêver en fait ! ). Pour lire le poème c’est ici : https://lireditelle.wordpress.com/2021/08/11/nobeis-pas-edouard-j-maunick/

Je reproduis ci-dessous, en l’augmentant un peu, le commentaire que m’a inspiré ce poème essentiel dont voici un extrait :

« N’obéissons plus

à la voix 

de l’ignominie. 

C’est seulement ainsi, 

par cette rébellion,

que le cours des choses

commencera à changer 

sur la terre. »

C’est en substance aussi ce que dit Le discours de la servitude volontaire de La Boétie.  «Soyez donc résolus à ne plus servir et vous serez libres ».

Nous obéissons aux puissants parce qu’ils sont puissants et qu’il faut donc leur obéir, croyons-nous : pourtant les « puissants » n’ont que le pouvoir que nous leur donnons en leur obéissant volontairement ou en obéissant à des règles soi-disant inamovibles, règles qu’ils ont mises en place mais qui sont de pures fictions. Par exemple les règles financières, les contrats scélérats dont les grandes entreprises et les grandes organisations sont de grands pourvoyeurs, les brevets sur des choses qui ne devraient pas être brevetables, j’en passe, la liste en est extrêmement longue si nous commençons à faire un pas en arrière et à y réfléchir. Nous obéissons aveuglément et bêtement à ces choses qui paraissent gravées dans le marbre. Comme le dit si bien ce poème, si nous arrêtons d’obéir, le cours des choses pourra changer et à cette condition seulement. 

Il est d’une actualité encore plus brûlante ces temps-ci de crises multiples simultanées (sanitaire, écologique / environnementale, politiques et sociales sans compter les (vrais) totalitarismes qui pointent leur tête ignoble dans certains pays pendant que nous sommes d’autant plus occupés par la crise sanitaire à regarder ailleurs). 

Pourquoi obéissons-nous à tous ces diktats financiers (et aux dictateurs financiers qui sont derrière), car ces diktats (et tous nos ennuis qui en découlent) sont tous financiers à la fin, à 100% : c’est la raison profonde et ultime, la raison d’être de chacun des diktats actuels (et passés) même s’ils sont parfois recouverts d’un lustre qui se veut honorable (et surtout veut le faire croire à tout prix) ? Pour le dire crûment tout est une question de pognon, encore et toujours — toujours plus de pognon — pour les puissants évidemment, toujours moins pour tous les autres, nous tous les sans grades.

Pourquoi sommes-nous aveuglés par ces diktats financiers, ces diktats du capitalisme sauvage prédateur à outrance, pourquoi y obéissons-nous le doigt sur la couture du pantalon ? Alors que certains croient qu’ils se révoltent en ne portant pas de masque et ne se faisant pas vacciner : c’est se tromper d’adversaire et de « dictateur ».

Entretien de la pelouse et capitalisme sauvage

landscaping

Un autre exemple personnel de capitalisme sauvage : l’avidité financière des landscapers (paysagistes) un grand mot pour designer ici des simples tondeurs de pelouse même pas des jardiniers (ce n’en sont manifestement pas, voir ce que j’explique ci-dessous).

Un peu de contexte : nous sommes 3 jardins ou plus exactement 3 backyards avec pelouse contigus, le voisin directement à côté de moi sur la gauche et celui à sa gauche. Ces 2 voisins sont sur une propriété qui était une seule jusqu’à il y a 3 ans.

Comme c’est habituel dans notre coin, il n’y a pas de barrière entre les propriétés (quelques rochers pour la mienne qui marquent la limite — et encore nous avons appris récemment que les rochers mis bien avant notre arrivée l’ont été de façon erronée et ne suivent pas le cadastre mais peu importe) mais encore moins pour ces 2 voisins qui partagent une pelouse, la limite de séparation entre leurs propriétés passe au milieu de la pelouse dans la longueur, puisque ce n’était qu’une seule pelouse encore en 2018. Donc c’est là même herbe qui a été plantée en même temps.

landscaping

Or la pelouse du voisin à ma gauche est jaune (le voisin du milieu entre chez moi et l’autre voisin avec qui il partage cette pelouse). La mienne, à sa droite est verte et celle de l’autre voisin à sa gauche est verte. Il pleut beaucoup dans le New Jersey en été et cet été 2021 est particulièrement pluvieux.

J’ai tondu hier, il m’a fallu viser entre 2 périodes de pluie qui sont quasi quotidiennes, hier était un jour où il n’a pas plu par extraordinaire (aujourd’hui il pleut à nouveau).

Ma pelouse n’est plus une vraie pelouse depuis longtemps mais un mélange de pelouse et d’herbes sauvages (mauvaises herbes variées). Cependant une fois tondue de frais elle fait illusion, encore plus si on la regarde de loin. Je suis du Sud, d’une région chaude et ne suis absolument pas obsédée par les pelouses. L’essentiel c’est que cela fasse propre et ne nécessite pas trop d’entretien.

La pelouse, anciennement unique donc, de ces 2 voisins est une vraie pelouse qui a été plus ou moins refaite il y a 4 ou 5 ans avant la vente des 2 lots respectivement fin 2018 et en mars 2021 pour celui du milieu.

Or le voisin du bout fait comme moi sa propre tonte et son entretien (qui consiste essentiellement à tondre et à s’occuper de quelques plantes de ci de là, plantes dont sa femme s’occupe avec leurs enfants pour les occuper). Je fais moi-même mon entretien évidemment, pas trop de plantes hors la « pelouse » et les arbres de la forêt parce que de toute façon les biches abondantes dans notre région suburbaine mangent tout (sauf les jonquilles qui sont du poison et quelques lys tigre et autre muguet qui sont du poison aussi).

Le voisin du milieu a fraichement emménagé en mai 2021 (dans cette maison construite en 2020 pendant la pandémie, c’est une autre histoire). À la fin de la construction en automne 2020 la pelouse de derrière qui n’avait pas été endommagée a été « patchée » pour les quelques traces de brouette des ouvriers et remise ainsi à niveau. Elle était bien verte à l’automne.

Au début du printemps tout a reverdi, la mienne et celle des 2 voisins.

Le voisin du milieu (et sa famille) est donc arrivé en mai 2021 et il a pris un service de maintenance pour son jardin et sa pelouse : un landscaper. Ici dans le New Jersey, ils se targuent tous d’être landscapers et jardiniers quand ils ne sont que des tondeurs de pelouse et surtout des business pompes à fric. Ce qui est toujours le cas dans 100% des cas et même en tant que tondeurs de pelouse ils sont incompétents car ils viennent tondre tous les 2 ou 3 jours. Alors que l’autre voisin et moi ne tondons que tous les 10 jours ou 15 jours (en général, et de toute façon toujours selon les besoins et la pousse effective de l’herbe : en cet été 2021 cela fait tous les 10 jours au plus).

Sa pelouse est jaune, indéniablement jaune. L’autre jour cela m’a frappée : j’ai d’abord cru que c’était une illusion due à la lumière. Ensuite j’ai pensé qu’elle était plus au soleil peut-être que la mienne. C’est effectivement un peu le cas mais la pelouse de l’autre voisin, celui du bout, est verte alors qu’elle a le même ensoleillement : mieux, on voit la limite des propriétés comme tracée au crayon de couleur, un côté est jaune, l’autre côté est bien vert…

Sur ce terrain qui a le même sous-sol exactement, le même ensoleillement, la seule différence est l’intervention d’un landscaper dans un cas et pas dans l’autre. La preuve par l’image en est la ligne de partage !

landscaping

Ce sont les landscapers qui lui bousillent sa pelouse en venant la tondre tous les 2 ou 3 jours (c’est un fait bien connu dans le New Jersey, cela fait longtemps que je le sais et en ai aussi entendu parler tout autour de moi). En plus de faire du fric en venant plus souvent — il y a un forfait de base (différents forfaits qui augmentent avec la fréquence et évidemment on vous vend le forfait le plus cher) qui ne couvre que la tonte proprement dite, si l’on ajoute quoi que ce soit c’est un coût en plus — ils font encore plus de fric pour « réparer ». Bientôt ils vont lui proposer des vitamines (de l’engrais ) et je ne sais quoi d’autre, tout ça avec des coûts supplémentaires hors forfait (c’est du vécu, je l’ai vécu en 2002 avant de virer avec perte et fracas ces landscaperbusinessmen – requins financiers). Jusqu’à ce qu’ils lui fassent un devis pour refaire absolument toute la pelouse avec ajout de couche de sous-sol (vécu aussi et il y a seulement quelques années : cela n’a servi absolument à rien à part enrichir le landscaper, les mauvaises herbes sont revenues aussitôt et il est resté des trous que j’ai finalement re-patchés moi-même avec plus de succès et pourtant je n’ai absolument pas la main verte).

En plus de tout ceci, c’est très désagréable et bruyant. C’est le voisin le plus proche à avoir un service de landscaper, tous les autres qui sont juste autour de chez moi le font eux-mêmes, même si dans le quartier globalement il y a beaucoup d’entreprises de landscapers qui officient mais c’est un peu plu loin et un peu moins bruyant — du moins pas directement sous mes fenêtres. Et de préférence à 8 heures du matin même le samedi. Le dimanche c’est interdit sauf si on le fait soi-même (les entreprises extérieures n’ont pas le droit mais on peut tondre / entretenir soi-même sa propriété) mais pas avant 9 heures du matin. Ceci dit c’est déjà arrivé plus souvent qu’on le voudrait que ces landscapers viennent aussi le dimanche à 8 heures du matin, même des jours fériés !

J’avais déjà évoqué la nuisance sonore de l’entretien des jardins notamment avec les souffleurs de feuilles, à lire ici : https://michusa.wordpress.com/2021/06/06/les-interdictions-a-venir/

Non seulement c’est désagréable et bruyant mais en plus c’est de l’incompétence (consciente, mâtinée de pompe à fric et arnaque), ils tuent la pelouse ce qui est le contraire de l’effet escompté : quand on a un landscaper c’est censément pour avoir un beau jardin, une belle pelouse et là c’est le contraire. Le paraître a une énorme importance aux USA, surtout dans notre coin, non seulement le paraître du jardin qui se doit d’être beau mais encore le paraître du « j’ai les moyens de payer un landscaper », qui a autant d’importance que l’apparence du jardin lui-même.

landscaping

Lueur orange

lueur orange

Et maintenant ? Suite à l’article que j’avais écrit sur toutes les catastrophes naturelles récentes, et moins  récentes, qui sont toutes de la main de l’homme ou rendues pires par l’homme, lire ici : https://michusa.wordpress.com/2021/07/06/et-maintenant/   depuis cet article donc, nous avons eu aussi les terribles glissements de terrain en Allemagne — glissements de terrain sur terrain plat dans son genre ça vaut l’incendie de l’océan, tout simplement incroyable, inimaginable. 

Et maintenant ? Moins dramatique pour notre vie quotidienne que ces glissements de terrain en Allemagne mais tout de même un signe que tout se dérègle à grande vitesse.

Et maintenant donc, une lueur orange toute la journée, jusqu’à la tombée de la nuit, aujourd’hui chez nous dans le New Jersey et dans tout le Nord-Est et certainement ailleurs.

lueur orange

Ce matin vers 8 heures, en regardant dehors j’ai tout de suite remarqué une lueur orange, des reflets orange sur les arbres, sur le sol, sur le goudron de ma driveway :  tout était baigné dans une lueur orange, une atmosphère orange.Le  ciel était blanc ou gris très pâle uniforme comme si c’était couvert alors qu’il n’y avait pas de nuages et que ce n’était pas orageux. Le soleil perçait à travers ce blanc comme à travers un voile.

Cela m’a tout de suite rappelé les jours de feu sur la Côte d’Azur, quand le massif de l’Estérel en feu nimbait l’atmosphère environnante d’une teinte orange. Pourtant aujourd’hui il n’y avait pas d’avis d’incendie dans les environs. Il était trop tard pour que ce soit le lever de soleil et de toute façon le lever de soleil ne donne jamais ces teintes ni cette lueur orange diffuse.

lueur orange

Fugitivement je me suis dit que c’était peut-être les incendies dans le Grand Ouest canadien à quelque 5000 km d’ici, tout en me disant que c’était quand même fort loin.

En septembre dernier (2020) nous avions eu les fumées en haute atmosphère qui masquaient le soleil et à cause de cette couche de fumée il a fait froid dans le New Jersey à la mi-septembre à cause des incendies dans le Grand Ouest américain (Californie, Oregon et État de Washington), lire ici : https://michusa.wordpress.com/2020/09/24/la-vague-de-froid-dans-le-new-jersey-et-les-incendies-de-californie/

Ça n’a pas manqué : j’ai eu confirmation de mon sentiment quand peu après dans la matinée nous avons reçu les alertes sur la qualité de l’air : très mauvaise aujourd’hui pour cause de particules dues aux incendies dans l’Ouest canadien. Nous y sommes donc encore.

Alerte qualité de l’air 20 juillet 2021

Mais contrairement à septembre dernier, aujourd’hui les fumées étaient plus basses et dont impactaient la qualité de l’air cette fois. Il était conseillé de ne pas faire d’activité sportive dehors et fortement suggéré aux  personnes avec des fragilités respiratoires ne pas sortir.

Le ciel est resté blanc/gris pâle toute la journée tout en étant sans nuages : la couche de fumée et de particules fines masquait le bleu habituel.

lueur orange

Et maintenant ? On (l’humanité) persiste et signe bien entendu. Par exemple et ce n’est qu’un tout petit exemple, les prix du marché de la voiture à essence s’envolent à cause des pénuries (de semi-conducteurs, WTF, ne pourrait-on pas s’en passer dans les voitures si on voulait vraiment ? c’est un autre sujet). Les prix montent à des hauteurs inédites y compris pour les voitures d’occasion (à cause de la pénurie de voitures neuves) : les particuliers qui possèdent un véhicule acheté d’occasion  il y a quelques années se retrouvent avec un véhicule qui vaut plus cher aujourd’hui que quand ils l’avaient acheté ! Du jamais vu quand on sait qu’une voiture perd de sa valeur (WTF ?) rien qu’en rentrant dedans et claquant la portière. Je n’accuse ni ne blâme le péquin moyen, pauvre diable comme vous et moi qui a besoin d’une voiture pour conduire ses activités quotidiennes et son travail, presque tous les jours selon s’il habite dans une région suburbaine ou au milieu de nulle part, mais enfin cette course au renouvellement des voitures et à la non-réparation ou réparation onéreuse est-elle encore d’actualité et de mise ? (Ne me parlez pas de la vaste fumisterie des contrôles techniques « pour notre sécurité », qui croit encore à ça ? )

Persiste et signe dans la destruction de notre environnement, notre milieu de vie— et ensuite ? Qui dit mieux (pire) ? 

lueur orange
lueur orange
lueur orange
lueur orange

Et maintenant ?

Et maintenant quoi ?

Quoi d’autre ? La pandémie qui n’en finit pas de recommencer, le Canada point le plus chaud de la Terre, la neige et un froid polaire au Texas pendant qu’il faisait plus chaud au nord, un bateau géant qui se coince en travers du Canal de Suez — une première depuis l’existence du Canal —, un immeuble qui s’effondre dans une des nations les plus riches du monde pour manque de maintenance et de travaux à cause de l’appât du gain, et quoi d’autre encore ? Je ne cite que quelques-unes des catastrophes récentes qui me viennent à l’esprit sans chercher trop longtemps ni réfléchir, il y en a d’autres évidemment, beaucoup d’autres et partout dans le monde, certaines ont fait la une des informations mondiales, d’autres seulement des informations locales, d’autres encore on n’en a rien su, pour diverses raisons.

Et maintenant ?

Eh bien maintenant l’homme est même arrivé à mettre le feu à l’océan. Écrit comme ça on dirait une mauvaise blague, un rêve halluciné qu’on secoue au réveil, un délire de fin de soirée trop arrosée. Mettre le feu à l’océan ce n’est pas possible, répondions-nous à l’enfant qui posait la question, comme les enfants savent si bien poser ces questions à propos de tout et sans filtre. Avant. Maintenant il faudra lui répondre que oui.

Dans vos pires cauchemars vous n’en rêviez pas, pourtant l’homme l’a fait (sur l’air de la publicité « vous en rêviez Sony l’a fait »). Il a fini par mettre le feu à l’océan. 

Les bras m’en tombent, je ne suis pas la seule comme on peut le voir sur ces quelques publications lues sur Twitter que j’ai relevées tant elles reflétaient mon état d’esprit.

L’océan en feu maintenant.

Extrait d’article de USA Today 2 juillet 2021

Le jour où l’homme a mis le feu à l’ocean, je n’aurais jamais cru connaître ça de mon vivant ni que personne ne puisse connaitre ça un jour d’ailleurs, on ne peut même pas envisager que ce soit possible, un délire de mauvais film catastrophe ou de bande dessinée de super héros ? 

La caractéristique qu’il faut noter et bien mettre en avant, c’est que toutes, absolument toutes ces catastrophes sont de la main de l’homme, ont été si dramatiques et lourdes en bilan humain et en dégâts à cause de l’homme : très peu se seraient produites sans l’intervention de l’homme, voire si elles s’étaient produites quand même, elles auraient eu au moins peu d’impact, n’auraient occasionné que peu de dégâts.

On peut dire avec certitude qu’il n’y a plus de catastrophes naturelles ou très peu, très rares et lorsqu’elles existent malgré tout elles sont rendues pires par la main de l’homme.

Catastrophes naturelles devient un contre sens, un non-sens.

On peut remonter dans le temps, faire une liste et examiner toutes les catastrophes majeures de ces 50 dernières années (voire peut-être des 100 dernières années ) et je parie qu’elles sont absolument toutes man-made, de la main de l’homme sans exception. Ou même si à l’origine l’homme n’y était vraiment pour rien, son appât du gain et du profit à tout crin a su transformer toute catastrophe mineure, voire une catastrophe qu’on aurait pu éviter ou du moins minimiser façon « même pas mal », en désastre de grande ampleur jusqu’à une ampleur mondiale avec la pandémie — celle-là est un record mais même ce record il [l’homme] est en train de le battre sur d’autres terrains, en mettant l’océan en feu par exemple. Prochaine étape faire s’effondrer la Lune ? Se désintégrer le Soleil ? Détruire un trou noir ? La Voie Lactée ? 

On peut les regarder toutes, les grandes et moins grandes catastrophes des dernières décennies : à chaque fois l’homme les a déclenchées et dans les cas où l’homme n’était pas le déclencheur il en a été le facteur d’aggravation et de majoration exponentielle de la catastrophe — la pandémie étant l’exponentielle absolue — à ce jour.

Et maintenant le feu à l’océan.

Et après ? Congeler le Sahara en une nuit ?  après tout on a fait bien fondre le Pôle Nord et tous les glaciers, alors pourquoi pas ?

Qui dit mieux ? (sarcasme amer).

Les entreprises qui se la jouent

Il y a des petites entreprises, vraiment petites, d’une 20taine de personnes voire 30 au plus qui y travaillent, qui se la joue Big Corp’ (grande société). Je viens de vérifier pour cette entreprise dont je vais parler dans ce billet : il y a précisément 26 personnes qui y travaillent, en comptant  les techniciens et installateurs qui ne sont pas au bureau mais sur la route et chez les clients, donc sur place dans les bureaux de cette entreprise bien moins…

Avant-hier j’avais besoin de contacter cette entreprise (située à quelques 20taine de kilomètres de chez moi, dans une des villes de mon coin du New Jersey central) : cette entreprise de traitement de l’eau potable m’a installé un adoucisseur d’eau il y a quelques années. Tout va bien avec cet adoucisseur, j’achète mon sel au magasin de bricolage et je le remplis moi-même (merci, non pas d’abonnement de sel pour moi… et un abonnement de moins) mais j’avais une question pratique à leur poser concernant un laboratoire d’analyse de l’eau qu’ils pourraient conseiller puisque l’eau c’est leur domaine. Rien à acheter rien à réparer rien à livrer, juste une simple question qui devait être répondue en 2 minutes par téléphone. À l’époque de l’installation de l’adoucisseur, la dame qui m’avait vendu le système — dame qui ne travaille plus là et son téléphone portable n’est pas attribué à un autre employé (disait le message sur son répondeur, tel quel, donc ce téléphone est toujours actif mais personne n’y répond ? … passons) — donc à l’époque nous en avions discuté et elle m’avait dit qu’elle pourrait me conseiller un laboratoire si un jour j’en avais besoin puisque les analyses qu’ils faisaient eux ne concernaient que le pH et la dureté de l’eau essentiellement. Si j’avais besoin d’analyses plus pointues dans le futur, elle me conseillerait. J’avais enregistré l’idée pour plus tard.

Donc avant-hier je reprends la carte de visite professionnelle de cette dame et je téléphone une première fois directement sur son portable : c’est là que je suis tombée sur le message me disant que la personne ne travaillait plus ici et que son téléphone n’avait pas été attribué à un autre employé et qu’il fallait téléphoner sur la ligne principale de l’entreprise.

Ce que j’ai fait. Je pensais tomber sur une secrétaire ou à l’accueil et je suis tombée sur un de ces serveurs vocaux qui donnent des envies de meurtre. D’abord si je connaissais le numéro de l’extension de poste téléphonique de mon correspondant, je pouvais le taper maintenant (le taper en vrai ou taper les touches de mon téléphone ? ) Non je ne le connaissais pas. À ce moment-là je pensais encore être transférée sur l’accueil, avec une vraie voix, une vraie personne. Que nenni ! Le serveur vocal a continué et égrené pas moins de 6 options : vous savez les « si gna-gna-gna, tapez 1, si gna-gna-gni, taper 2 — j’ai plutôt envie de les taper eux, ceux qui ont mis en place cette absurdité ! Quant aux inventeurs des serveurs vocaux : où est ma guillotine ? Comment peut-on inventer des horreurs pareilles ? D’autant que nous sommes plus de 7 milliards d’êtres humains sur Terre et on ne peut parler qu’à des machines ? Vraiment ? Cherchez l’erreur.

Pendant que la machine en question égrenait ses possibilités jusqu’à 6 je commençais à me mettre en ébullition. Mais j’espérais (c’est le cas en général ou au moins dans la moitié des cas) qu’après la dernière option il y aurait l’option de rester en ligne pour parler à quelqu’un de vivant voire de taper la dernière option 7 ou 5899 parce que ça commençait à faire long, pour parler aussi à quelqu’un de vivant. Je rappelle que c’est une petite entreprise de 26 employés — je réalise maintenant qu’il aurait presque pu y avoir 26 options ou la moitié, 13 — une par bureau avec un chef et sa secrétaire, ou un tiers — une par service ou département. Département ! Cela fait pompeux et vraiment ils se la jouent « grande entreprise ».

J’ai évidemment été obligée de raccrocher et de refaire le numéro (local donc compris dans mon forfait téléphonique fixe) pour réécouter toutes les options (certaines étaient nébuleuses) et fini par avoir à la toute fin, en ne tapant rien et en attendant un peu dans le vide (c’est une ruse de leur part, les gens raccrochent avant de penser qu’il peuvent laisser un message, certaines fois ce n’est pas possible d’ailleurs ) la possibilité de laisser un message et le « next available agent will call you back », le prochain agent disponible vous rappellera. Vraiment ? J’ai laissé un message avec mon nom, mon numéro de téléphone en disant que j’avais besoin d’un renseignement (ne pas dire lequel sinon il n’est pas évident qu’ils me rappellent, s’ils me rappellent un jour…

Inutile de dire que je doutais fortement de l’efficacité d’un message que presque certainement personne ne me retournera 

Donc j’ai décidé de rappeler (j’en étais au 4ème coup de fil à ce niveau-là) et j’ai fini par avoir ma réponse !

J’ai fini par avoir quelqu’un en rusant : j’ai décidé de rappeler et de taper l’option 2, l’option « vente aux particuliers ». Tout simplement j’ai fait semblant d’être une future cliente et de vouloir leur acheter un système : en tapant 2, le service commercial pour les particuliers. À ne pas confondre avec le service commercial pour les entreprises, c’est du lourd ces services dans une boite de 26 personnes dont certainement un bon quart voire plus sont des techniciens sur les routes. Et là bingo ! j’ai eu tout de suite quelqu’un de réel au bout du fil : la ruse ultime quand vous voulez parler à quelqu’un de réel, pour passer la grille d’entrée et le pont-levis relevé que sont ces serveurs téléphoniques il faut taper l’option du service commercial qui veut vendre à tout prix donc qui répond en personne à son téléphone. Je ne suis même pas tombée sur le répondeur du « service commercial ». Une vraie personne tout de suite, des fois qu’on puisse me vendre quelque chose, capitalisme sauvage… 

Et j’ai eu la réponse à ma question dans les 2 minutes, le nom d’un laboratoire qu’ils conseillaient plutôt que d’en choisir un au hasard sur Internet. De l’autre côté ils ont dû être déçus, ils ont répondu à un appel et rien vendu à la personne qui les appelait ! 

La petite ruse contre le capitalisme sauvage et les serveurs vocaux : on fait semblant d’être un client potentiel, d’avoir quelque chose à acheter et on a miraculeusement une personne vivante au bout du fil…

Mais vraiment pour 26 personnes est-ce utile de mettre un serveur vocal ? Sans compter que chacun a aussi un portable professionnel si j’en crois la carte de visite. Les bras m’en tombent. C’est certainement plus onéreux au final de mettre en place et d’entretenir ce serveur (prestation de service d’une autre entreprise, les serveurs physiques eux -mêmes, les postes connexions et autres équipements ) que de payer une vraie personne pour répondre au téléphone même si elle ne fait que ça. Mais une vraie personne ce n’est jamais le souhait du capitalisme sauvage qui veut supprimer tous les emplois pour que ça rapporte plus (s’il n’y a plus d’employés et de travailleurs à la fin, qui va leur acheter leurs saloperies ? ) et une prestation de service auprès d’une autre entreprise, ça fait marcher les pompes à fric.

En attendant il y en a beaucoup par ici des petites entreprises qui se la jouent Big Corp’ . D’ailleurs les autres entreprises de même taille, qui ont des vraies personnes qui répondent à leurs appels téléphoniques (il en reste, peu mais il en reste) sont appelées avec mépris et condescendance des entreprises « mom and pop »  (les entreprises de papa ou de grand-papa).

Les bras m’en tombent.

Scorching heat (chaleur torride)

Une vague de chaleur ces derniers jours après une semaine dernière de températures clémentes et fraiches la nuit (10 degrés Celsius ! la petite laine était de rigueur sur le lit, il fallait fermer les fenêtres laissées grandes ouvertes lors de journées à 20 ou 22 degrés certaines fois un petit 19 ! ). Ces jours-ci ce n’est plus le cas, j’ai rallumé l’air conditionné en urgence vendredi soir sachant que la nuit serait chaude (effectivement la température n’est pas descendue en dessous de 20 degrés).

Cette nuit aussi il a fait chaud suite à un dimanche puis un lundi à plus de 30 dans la journée avec une humidité relativement haute entre 70 et 80 %). D’après mon thermomètre les températures ne sont pas descendues en dessous de 23 degrés pendant la nuit.

Aujourd’hui dans la journée la température est montée jusqu’à 39 dans ma voiture pourtant garée à l’ombre — il est vrai que j’étais allée faire une course rapide et que c’était sur de l’asphalte dans un parking sans beaucoup d’arbres, une ombre de béton, au contraire de chez moi où la voiture est à l’ombre végétale des arbres de l’arrière jardin pendant l’après-midi — il y faisait malgré tout 36 degrés !

Ce n’est rien en comparaison du Nord Ouest du pays, dans l’Oregon et le Washington State où ils ont eu jusqu’à 45 degrés C. Même la Colombie-Britannique voisine, au Canada, a enregistré sa température record de tous les temps de tout le Canada — plus de 46 degrés !

Donc ne nous plaignons pas surtout que nous avons l’air conditionné, ce qui n’est pas le cas dans ces états du Nord Ouest : ils n’en ont jamais vraiment eu besoin quand les températures en été jusqu’à présent ne dépassaient jamais 26 ou 27 degrés au plus chaud dans les journées d’été grâce à l’air venant de l’Océan Pacifique. Beaucoup plus au Sud, à San Francisco, j’ai des souvenirs de début août où nous avions enfilé tous les habits que nous possédions dans nos sacs de voyage pour avoir assez chaud — un petit 12 degrés dans la journée malgré le soleil.

Ce n’est pas encore le plus chaud de notre vague de chaleur, le pire est à venir demain avec encore un ou 2 degrés de plus qu’aujourd’hui qui sont annoncés. 

Nous (l’humanité) n’avons toujours rien compris : ni l’avertissement donné par la pandémie ni ceux donnés par le dérèglement climatique — neige très au sud, au Texas pendant qu’il pleuvait dans la région new-yorkaise  en mars, températures torrides dans des régions habituellement tempérées, catastrophes climatiques à répétition, ouragans et autres tornades en Europe Centrale (la semaine dernière en République Tchèque qui n’en avait connu autant, phénomène appelé « rare » dans cette région, mais qui sait si ça ne deviendra pas leur pain quotidien là-bas aussi ? ) sécheresse et feux de forêt en continu en Californie après l’Australie — tous les ans systématiquement maintenant alors qu’avant c’étaient aussi des phénomènes rares ou plus espacés dans le temps.

Nous n’avons toujours rien compris et le capitalisme sauvage (sauvage est un mot encore trop faible, bien trop faible) a repris ses droits avec le recul relatif de la pandémie dans les pays qui commencent à avoir un taux de vaccination qui en enraye la progression. Et quand je dis sauvage c’est plutôt à des pics inédits de brutalité : par exemple les loyers mensuels des rares appartements qui restent à louer à New York City augmentent de 1000 dollars toutes les 2 semaines sur les sites de location… et le prix n’est fixé que pour un an, les contrats de location sont annuels à New York City et surtout pas régulés par le gouvernement « on ne veut pas de communisme ici , hors de question ! » (je cite, sarcasme de ma part bien entendu, mais la citation est réelle). Alors qu’il n’y a pas si longtemps, pendant les mois où la pandémie était à son comble, on vous aurait payé pour vous faire venir habiter dans New York City. Sans compter le prix de l’essence qui augmente tous les jours (et aux USA c’est un signe que quelque chose ne va pas puisque c’était presque un « droit constitutionnel » pour les Américains que d’avoir de l’essence pas chère, pour le meilleur comme pour le pire). L’essence est revenue à des niveaux identiques à ceux qui ont suivi la crise de 2008, à presque 4 dollars le gallon (on s’y dirige on s’en rapproche à grands pas, ce n’est plus qu’une question de semaines) alors qu’il y a un an le pétrole avait un prix négatif et on vous payait presque pour acheter de l’essence. En tout état de cause elle était à moins de 2 dollars pour le consommateur lambda, lire ici : https://michusa.wordpress.com/2020/07/12/le-prix-de-lessence/

Donc le capitalisme brutal et sauvage est de retour, les banques et les financiers se frottent les mains et continuent de ruiner et appauvrir la classe moyenne pendant que les riches deviennent de plus en plus riches, indécemment riches en dépit de la crise sanitaire et même grâce à la crise. On achève de détruire la classe moyenne (destruction commencée dans les années 80, merci au tandem maudit de Reagan et Thatcher) elle est quasiment détruite et elle s’enfonce avec tout le reste de l’humanité dans la pauvreté — les pauvres deviennent de plus en plus pauvres et de plus en plus nombreux.

À quoi a servi la Révolution en son temps ? À rien sinon à être confisquée par une classe bourgeoise ultra capitaliste avant l’heure — les nobles de l’époque n’étaient pas aussi riches que les riches d’aujourd’hui, ni même que les grands bourgeois d’alors — tout ça pour ça : pour s’incliner devant le roi dollar. 

À quoi a servi la crise sanitaire qui est toujours en cours ? Les capitalistes sauvages dansent sur son cadavre encore chaud, son feu pas encore éteint.

Il ne faut pas être grand clerc, ni avoir fait l’ENA ni Science Po (surtout pas, au secours) pour comprendre que la crise sanitaire et la crise climatique sont entremêlées, résultent des mêmes causes. Même sans tenir compte de la crise sanitaire, cela fait 10 ou 20 ans que les événements climatiques s’accélèrent et empirent, touchant des régions dites tempérées parce que justement elles n’avaient jamais été touchées auparavant ou si rarement, au pire une fois par siècle.  Les deux causées par le capitalisme sauvage : si nous avons eu le virus et tous ces désastres climatiques de ces dernières décennies, jusqu’à cet immeuble de Floride qui s’est effondré la semaine dernière, un parmi d’autres à venir cela semble évident malheureusement, c’est grâce à cet appât du gain, cette avidité ce capitalisme brutal et sauvage reparti comme en quarante — encore plus sauvagement et brutalement pour rattraper la semi (pseudo, très pseudo) trêve des pics pandémiques, pendant ce temps dans l’ombre et sous le tapis les affaires continuaient de plus belle bien entendu). Ah ça ira ça ira ça ira !

Où est passée ma guillotine ?

Les interdictions à venir

mon souffleur de feuilles

Les interdictions à venir dans notre petit coin du New Jersey concernent les souffleurs de feuilles à essence, ces engins extrêmement bruyants qui servent à souffler les feuilles dans les jardins à l’automne. Les interdictions viennent de 2 faits qui ont convergé au même moment. 

Tout d’abord du fait qu’il y a des abus — de la part des entreprises de jardinage / landscaping puisque peu d’Américains dans mon coin rupin entretiennent leur jardin eux-mêmes. Ici on fait appel à des « paysagistes » appelés landscapers, bref des tondeurs de pelouse qui en plus font mal leur travail pour la plupart : mal en termes de maintenance / écologie / jardinage mais qui le font très bien au niveau business. Ils font de très bonnes affaires, juteuses, en facturant à outrance leurs clients et en payant leurs employés au lance-pierre (j’ai failli écrire leurs esclaves mais on n’en est pas loin, combien de ces employés sont des travailleurs légaux ? beaucoup sont originaires d’Amérique latine…) Les millionnaires par ici sont les entrepreneurs qui ont fait fortune dans le landscaping — la plupart des villes sont possédées en grande partie par ces landscapers qui ont réussi, cela pose d’autres problèmes notamment scolaires, j’y reviendrai un jour.

Donc ces abus : normalement on utilise ces engins bruyants pendant un court laps de temps dans l’année, pendant la saison des feuilles entre fin septembre et fin novembre. 2 mois pendant lesquels il faut enlever les feuilles de façon hebdomadaire selon les endroits où l’on vit. Le New Jersey c’est Garden State, très vert et beaucoup d’arbres. En dehors des quelques grandes villes peu nombreuses, ce sont plutôt ce que l’on appelle le suburban, des petites villes dans la campagne et dans la forêt donc. Forêt d’arbres à feuilles caduques essentiellement. Qui produisent des feuilles, beaucoup de feuilles, à ramasser à l’automne.

Je n’aime pas particulièrement ces souffleurs de feuilles mais, comme l’air conditionné dans notre région, ils sont tous les deux des maux nécessaires malheureusement. Si je ne fais pas les feuilles toutes les semaines en saison, j’en ai vite jusqu’aux genoux. 

Et « faire les feuilles » ce n’est pas une raison esthétique : il faut faire les feuilles tout d’abord parce que nous avons de la neige en hiver. S’il reste des feuilles sur les pelouses, dont sont constituées 90% des surfaces de nos jardins, donc s’il reste des feuilles en hiver sous la neige, la pelouse sera grillée au printemps suivant et il faudra replanter si on ne veut pas vivre sur un terrain vague. C’est réel, je l’ai expérimenté personnellement. Une fois que mon fils aîné était épuisé après avoir soufflé au souffleur électrique que nous avions auparavant et avait laissé une bande de feuilles sur la pelouse de derrière. Je me suis retrouvée avec une bande de pelouse grillée et morte au printemps et il m’a fallu replanter.

En plus de la neige, on doit aussi enlever les feuilles pour des raisons de sécurité : si on laisse ces feuilles s’accumuler en dessous des voitures il y a des risques d’incendie — merci les pots catalytiques. Donc il faut aussi impérativement enlever régulièrement les feuilles aux endroits où l’on risque de garer une voiture.

Le problème des abus : depuis quelques années, 5 ou 6 ans, guère plus, ce n’est plus seulement  en saison (octobre-novembre, pendant la saison effective des feuilles) qu’on entend opérer ces engins mais plus longtemps pendant l’année : cela a d’abord débuté par des utilisations prolongées au printemps après l’hiver : d’accord pour un nettoyage de printemps une fois la neige fondue pour enlever les dernières feuilles tombées après coup et pendant l’hiver — je le fais une fois effectivement courant avril selon les années voire début mai. Mais une seule fois. Depuis quelques années c’est pendant tout le printemps que l’on entend ces engins. Puis on a commencé à les entendre en fin d’été et en début d’été puis en continu pendant tout l’été, ce qui n’était pas le cas avant. Et depuis ces 2 dernières années (avec une pause Covid au printemps 2020 pendant le grand confinement malgré tout) en hiver aussi entre 2 chutes de neige ! Quand je disais que c’étaient des businessmen ces landscapers ! Donc ils sont utilisés maintenant 12 mois par an contre 2 à 3 mois (en comptant le nettoyage de printemps) auparavant.

Comme c’est bruyant, très bruyant (et que ça pollue, moteur à essence ) il a commencé à y avoir des plaintes. En gros à trop l’utiliser ils vont le gâcher pour tout le monde (ruin it for everybody), comme cela s’est passé pour les drones il y a quelques années et qui sont interdits partout maintenant. Certaines villes ou comtés (counties) veulent les faire interdire totalement et n’autoriser que des souffleurs électriques. Alors ça, le modèle ordinaire de souffleur électrique, ça ne marche pas pour les quantités de feuilles que nous avons : pas assez puissant et il faut aussi un fil pour le brancher, ce qui est compliqué. D’une part il faut des longueurs et des longueurs de fils et comme nous sommes en 110 Volts ces fils finissent par cramer (j’en ai eu plusieurs qui ont pris feu) et les appareils eux-mêmes finissent par cramer aussi (j’en ai grillé plusieurs jusqu’à ce que je me résolve à en acheter un a essence. Je dois avouer que ça a changé ma vie de ramasseuse de feuilles et divisé mon temps de travail par 2 ou 3).

Quant à ceux sur batterie, cela commence juste, comme les voitures électriques, et pour avoir un appareil de qualité et de puissance suffisante, ce sera réservé aux professionnels à cause du prix. Seules les entreprises pourront se payer des engins électriques de capacité suffisante et avec batterie mais ce ne sera pas vraiment rentable pour les particuliers.

Ce qui veut dire aussi que si ceux à essence sont interdits, il faudra faire appel de façon quasi obligatoire à une société de landscaping, hors de prix elle aussi. Et non, on ne peut pas simplement ratisser… Nous le faisions à 4 avec mes enfants dans le temps et c’était l’enfer. Et encore j’avais en sus un petit souffleur électrique pour aider quand même. La compagnie de landscaping n’a duré que le premier automne après notre arrivée en 2002. Quand j’ai reçu la première facture de nettoyage de feuilles, j’ai eu un choc. Le contrat n’a pas été renouvelé ni même pour tondre du coup. Cela revenait moins cher d’acheter une tondeuse de qualité et pour les feuilles j’avais 3 enfants pour m’aider. Sauf qu’il a fallu aussi acheter un puis 2 souffleurs électriques . Quand les enfants ont grandi et mon aîné est parti j’ai fini par me résoudre au bout de 3 ou 4 ans de galère de feuilles à acheter un souffleur autonome à essence, de ceux qu’utilisent les entreprises de landscaping.

Donc il y a d’une part les abus et la sur-utilisation à tout bout de champ de ces souffleurs, à chaque fois qu’une de ces entreprises intervient dans un jardin. Ce sont des maniaques, pour moi qui reste à la maison la plupart du temps ou qui finissais à 3 heures quand je travaillais à l’école c’est infernal ! Mais les maniaques sont aussi les propriétaires des maisons, qui ont des exigences de plus en plus hautes (cercle vicieux parce que les entreprises passent leur temps à tout souffler, elles finissent par créer un besoin de propreté maniaque de son terrain) et ne supportent plus une feuille ou une branchette voire une graine de pollen sur leur pelouse ni dans le jardin en général et réclament un soufflage systématique. L’obsession de gagner de l’argent des uns a initié et nourri une obsession maniaque de « netteté «  des autres. J’en viens à penser que leurs jardins sont plus propres que leurs cuisines.

Je parlais d’une convergence de 2 faits : après l’abus le deuxième fait c’est l’effet Covid et confinement dans nos régions suburbaines où tous les travailleurs, qui avant allaient à New York City ou ailleurs au bureau tous les jours, se sont retrouvés à travailler de la maison. Et hors moment du confinement strict de mars avril mai 2020 où il n’y a eu aucune maintenance de jardin par ces entreprises, qui étaient non essentielles, depuis ils se sont rattrapés et ont entretenu encore plus en soufflant 12 mois de l’année… chez des gens qui restaient à la maison et qui ont réalisé soudainement combien c’était bruyant et infernal, surtout quand on essaye de travailler ou qu’on a des réunions en visioconférence.

Mais le pire du pire c’est que ces gens-là sont les mêmes qui exigent une pelouse absolument nickel sans un brin qui dépasse et sans une feuille par terre et qui veulent le silence… depuis qu’ils sont à la maison 100% du temps. Et qui ont appelé leurs mairies et leurs élus pour faire interdire ces engins. L’hypocrisie à son sommet !

Donc les abus et le travail à la maison du fait de la pandémie ont initié un processus d’interdictions et on parle maintenant de façon concrète d’interdiction partielle voire de bannissement total et permanent. Certaines villes vont mettre en place des dates entre lesquelles on pourra utiliser ces engins et les interdire pour toutes les autres périodes de l’année. Cela encore ne serait pas trop mal, j’ai vu certaines propositions où les souffleurs de feuilles à essence seraient autorisés en octobre et novembre au gros de la saison et entre le 15 mars et le 15 avril pour un nettoyage de printemps. Comme cela devait être si l’on suivait le bon sens commun et non pas l’avidité pour l’argent et le paraitre.

Si c’est cela je pourrai encore fonctionner sans avoir à payer ces horribles entreprises de landscaping qui feraient passer la mafia pour un organisme social et d’intérêt public.

Dans certaines villes par contre, on en est à bannissement intégral (c’est le cas de la ville voisine très snob). Villes qui veulent aussi imposer que ces entrepreneurs landscapers s’enregistrent dans leur ville pour avoir le droit d’y travailler et d’y avoir des clients (des particuliers) : au temps pour la liberté d’entreprise et la liberté tout court. Dans ces villes, si je voulais engager un landscaper pour s’occuper de mon jardin il faudrait qu’il fasse partie de la liste des landscapers agréés par la ville. Pour travailler dans une propriété privée ! Avec le risque des copinages et des trafics d’influence entre les riches entrepreneurs qui font des dons pour les campagnes électorales des élus locaux… et autres magouilles en tous genres.

Sans compter que les souffleurs électriques qui seraient les seuls autorisés dans certains endroits, sont tout aussi bruyants : il n’y a pas que le moteur à essence qui fait du bruit dans ces engins mais la soufflerie : un peu de bon sens ! C’est l’exact inverse d’un aspirateur ça souffle au lieu d’aspirer et un aspirateur ça a beau être électrique c’est extrêmement bruyant (le plus bruyant des appareils électroménagers). Je confirme d’autant plus que je l’ai vécu par l’expérience : mon souffleur de feuilles électrique était extrêmement  bruyant aussi et nous utilisions des casques anti bruit tout autant qu’avec celui à essence.

D’un extrême l’autre… au lieu de pratiquer le bon sens, la considération et la modération en toute chose.

faire les feuilles
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