Archives mensuelles : novembre 2015

Les joies simples d’un coucher de soleil

Dans ce monde sens dessus dessous, si chacun était capable de s’arrêter pour profiter des joies simples d’un coucher de soleil…

Coucher de soleil 22 novembre 2015

Coucher de soleil 22 novembre 2015

Coucher de soleil 22 novembre 2015

Coucher de soleil 22 novembre 2015

(photos prises dimanche 22 novembre 2015 lors d’un coucher de soleil exceptionnellement spectaculaire)

Beaujolais nouveau en novembre 2015

 

Beaujolais nouveau 2015

Beaujolais nouveau 2015

L’an dernier je m’étais dit que peut-être je n’en reprendrais pas l’année suivante, après tout c’est un vin plus que moyen, le seul intérêt quand on est expatrié, c’est un petit morceau de France, des souvenirs des traces du pays, une ambiance. Plus pour l’ambiance que tout le reste — presque une tradition, je sais que ce n’en est pas une mais un petit mythe qui ne fait de mal à personne et ne coûte pas bien cher. Alors pourquoi pas, mais j’hésitais un peu. Pourquoi pas certes mais si je manquais l’occasion, ce ne serait pas très grave.

Aujourd’hui en 2015, en ce mois de novembre, moins d’une semaine après les attentats de Paris, c’est un acte de résistance, ténu certes mais tous les petits actes comptent puisque c’est de cela dont il s’agit, un mode de vie, empêcher les gens de faire ce qu’ils ont envie même si ça ne gène personne en vérité.

Boire du vin en est un, de ces petits actes de résistance. Donc cette année je suis retournée acheter du Beaujolais nouveau, pour faire ce que j’ai envie quand j’en ai envie dans la mesure où ça ne nuit à personne (sauf à moi éventuellement, si le vin est un peu trop acide et me donne une aigreur d’estomac — après tout ça ne regarde que moi), faire ce que j’ai envie quand j’en ai envie, même boire un vin moyen un soir de novembre avec ou sans compagnie avec ou sans bon repas.

Une semaine en novembre

Ça a vraiment été une semaine de merde — euphémisme.

La semaine avait mal commencé, très mal commencé, par la mort d’un camarade de classe de ma fille à Fairleigh Dickinson University, le mardi 10 novembre : un accident de la route, quelqu’un lui est rentré dedans, la voiture a pris feu puis explosé, les deux jeunes présents dans la voiture sont morts brûlés vif. 19 ans.

Encore sous le choc de cette mort brutale, dans la même semaine on apprend les attaques sur Paris le vendredi 13 novembre — l’horreur totale que l’on suit en direct dans notre fin d’après-midi, décalage horaire oblige.

Et il faut encore ajouter dans la même semaine ou presque, quelques jours avant, l’avion russe explosé dans le Sinaï.

Et 2 jours avant Paris, l’attentat de Beyrouth.

Mais la semaine n’était pas finie, malheureusement pas finie. Le samedi 14 novembre, sans un répit, on apprenait à 6 heures le soir, le suicide d’un très bon ami d’école de mon fils (dans la même classe que lui, en terminale au lycée). Un ami vraiment proche, ce jeune était encore à la maison chez moi avec mon fils et un petit groupe d’amis le mardi 10 novembre. Et aussi pendant le long week-end du 5-8 novembre, je revois sa grosse voiture blanche garée dans la rue en face de chez nous — ce week-end-là la maison était pleine, il n’y avait plus de place pour garer dans notre allée. Il venait d’avoir eu 18 ans le 11 novembre.

Nous sommes allés mon fils et moi, à la cérémonie funèbre hier après-midi et avons fini la soirée par un rassemblement sur le stade de notre ville, dans le froid (première soirée froide de la saison comme un fait exprès) à écouter tous ses copains au lycée monter au micro et raconter force souvenirs et anecdotes sur leur ami disparu. Très émouvant, autant que la cérémonie elle-même, les larmes montaient souvent aux yeux, le froid inattendu n’en était pas la seule raison.

Une semaine difficile, ce n’est rien de le dire, autant sur le plan personnel que global. Est-ce que ça va s’arrêter un peu enfin ?