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L’administration dans toute sa splendeur

…ou les administrations, il n’y en a pas une pour racheter l’autre quel que soit le pays. Cette rigidité de gens qui édictent des règles et qui ne vivent pas dans la vraie vie, des règles incompatibles avec la vraie vie.

Le dernier en date qui nous touche de près, je raconterai une autre fois les circonstances peut-être :

en attendant, nous avons en ce moment chez nous « une réfugiée » française qui est en fin de contrat de travail et qui doit donc quitter le pays (les États-Unis) pour rentrer chez elle en France, donc un déplacement « impératif » en quelque sorte, en tout état de cause pas pour s’amuser ni pour faire du tourisme. (À noter aussi : ce déplacement est dû à une rigidité administrative finalement, une de plus dans la longue liste que j’énumère ici.)

C’est ici que les administrations se mettent à briller de tous leurs feux de sagesse (et j’inclus aussi les administrations privées des compagnies et entreprises privées dans le tas) : pour prendre l’avion il faut fournir un test PCR négatif réalisé par un prélèvement moins de 72 heures avant l’heure de départ. Et surtout pas 73 ni 74 heures, 72 heures maximum, moins si possible. La rigidité administrative à la minute près, comme on les connait de longue date en France, ici c’est aux États unis comme quoi c’est partout pareil, la connerie humaine est un bien uniformément partagé.

Or les résultats desdits tests PCR mettent entre 48 et 72 à être connus.

On fait comment ?

Mais ça les administrations n’en ont cure.

Certes on a entendu dire qu’on pouvait faire un test PCR à l’arrivée en France (je ne suis pas certaine que ce soit vrai ou plus exactement que ce soit encore vrai, tout change très vite, on a eu tout et son contraire dans la foulée ) mais peut importe : ce test PCR (hypothétique) à l’arrivée c’est pour rentrer dans le territoire français (administration française).

Mais (j’ai failli dire « en même temps », suivez mon regard) pour tout simplement rentrer dans l’avion il faut un test PCR avéré négatif et ça c’est l’exigence de la compagnie d’aviation (administration privée de la compagnie aérienne privée ).

Alors bien sur ce test négatif est à juste titre si l’on ne veut pas infecter tout l’avion : sur le papier c’est bien mais dans la vraie vie on fait comment ? Dans l’état actuel des tests PCR disponibles aux États-Unis, le résultat est disponible entre 48 et 72 heures. Il y a un progrès (sarcasme) avant c’était une bonne grosse semaine voire 15 jours et même pire. (WTF ? autant ne pas faire de test, si le test était positif le patient positif était sorti de sa durée d’isolement / quarantaine quand il recevait enfin son résultat ! Et s’il n’avait pas observé l’isolement, un pur désastre donc). Si l’on fait le test pour être bien dans la fourchette des 72 heures, mettons 48 heures ou 60 heures avant, on risque de ne pas recevoir le résultat dans les temps. Surtout que les centres de test ne travaillent pas 24/24 ni 7 jours sur 7.

Donc dans le cas de notre pauvre voyageuse : un vol dimanche soir à 19h50, cela veut dire test dans le labo jeudi soir après 19h50… sauf que le labo ferme à 20 heures… et qu’elle n’était pas la seule à prendre un test (étonnant non ? en pleine pandémie il y a foule pour prendre des tests dans des labos qui ne tournent pas 7 jours sur 7, comment cela se fait-il ? ) C’est là qu’on perd encore 12 heures avant le lendemain matin pour la réouverture du labo : test le vendredi matin serait dans la fourchette des 72 heures maximum mais avec un risque de ne pas recevoir les résultats dans les temps. Surtout que chez certains labos, pas de résultats officiels digitaux sur le téléphone, le seul document officiel fourni est un papier (dûment tamponné sans doute, administration privée du labo et administration publique des autorités sanitaires américaines étatiques ou fédérales ou les deux) qu’il faut aussi avoir le temps d’aller chercher avant de prendre l’avion. Sachant qu’il faut être à l’avion au moins 3 heures avant pour un vol transatlantique — c’étaient les préconisations avant le Covid, je me doute que depuis c’est peut-être encore plus tôt, 4 heures avant ? (administrations, publique de la sécurité du transport aérien et privées des compagnies aériennes et de l’aéroport).

Je n’aurais jamais pu travailler pour une administration qu’elle soit publique ou privée, j’ai trop de bon sens.

Note annexe : nous l’avons emmenée faire un deuxième test dans un deuxième labo qui fermait à 21 heures mais qui garantissait moins la rapidité et aussi celui-ci exigeait d’aller chercher le résultat sous forme papier…

Note annexe 2 : comment certains pays arrivent-ils à faire des tests avec résultats dans l’heure voire dans les 6 heures au pire ? Je ne parle même pas de la gratuité des tests, ici tout est payant bien entendu et très cher bien entendu aussi.

Note annexe 3 : on a appris aussi d’un des 2 centres de test (le moins rapide à fournir les résultats) que si l’on voulait bien payer 200 dollars de plus sur le prix du test, il pouvait être « expedited » fait en accéléré avec les résultats donnés en 48 heures ou moins (WTF ? on traite une pandémie ou on fait du business comme avant — ce fameux business comme avant qui a conduit tout droit à cette pandémie et aux prochaines)

Stress administratif — trace

Je n’ai publié le texte sur les stress administratifs que bien après coup pour ne pas nous porter la poisse — superstition. Elle est là la superstition du XXIe siècle, plus qu’une superstition d’ailleurs puisque cela arrive vraiment. Foin des échelles, des chats noirs, ce sont les échelles les miroirs brisés et les chats noirs de ce début de XXIe siècle décidément peu convaincant en termes de progrès humain — une véritable et inexorable régression depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale semble-t-il.

Et je n’ai même pas parlé des autres stress administratifs « mineurs » dans la même semaine, il y en a eu, il y en a d’ailleurs tous les jours, sauf les week-ends peut-être. Et encore, pendant le week-end on stresse sur ce qui n’a pas pu être réglé la semaine précédente, ce qui est pendu comme une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes pour la semaine à venir, épée qui va s’abattre brutalement à la première heure le lundi matin avant d’avoir pu même agir.

Stress administratif

99% de nos stress actuels viennent de corvées situations ou problèmes administratifs, je ne parle pas ici des stress liés à nos relations interpersonnelles avec nos proches, moins proches et inconnus — c’est un autre sujet. Mais des stress quasi quotidiens auxquels nous sommes confrontés : un bombardement administratif paperassier ou pas paperassier — c’est rare, il y a de plus en plus de paperasse administrative et légale impliquée dans le moindre de nos actes quotidiens.

L’autre semaine, pas moins de deux gros stress purement administratifs, le renouvellement de mon passeport au consulat français de New York et l’obtention du permis de conduire du New Jersey (pourquoi faire simple, il y en a un par état, soit 50 permis de conduire différents, vive le système fédéral — c’est un autre sujet aussi) pour mon fils cadet.

Le permis ça consiste en une paperasse inouïe, des bureaucrates pires que tatillons, une identité à prouver à l’aide de (bons) points — sic ! Il en faut 6, chaque document administratif, ou pas administratif d’ailleurs, chaque document plus ou moins officiel, certaines fois moins que plus, vaut tant de points dans un barème pondu par des bureaucrates qui n’ont rien à envier à nos énarques — ils sont pires, ce n’est rien de le dire— surtout dans un pays où l’idée même d’une carte d’identité nationale (ou fédérale) est honnie : c’est une idée du diable en personne à tout le moins pour les Américains. Aucun, et je pèse mes mots, aucun Américain ne veut en entendre parler. Comme ça c’est facile sans carte d’identité de prouver son identité ! Encore mieux quand moins de 5% des citoyens possèdent un passeport. Inutile de dire que les documents officiels et gouvernementaux étrangers n’ont aucune valeur y compris les passeports étrangers, cherchez l’erreur, j’avais cru comprendre justement qu’un passeport était un document officiel pour prouver son identité dans un pays autre que son pays d’origine, mais j’ai dû mal comprendre. Et mon consulat aussi, qui m’avait dit pour le mien de permis, d’utiliser mon passeport français comme papier d’identité si je manquais de points. Ça ne marche pas dans le New Jersey. Étonnant aussi quand finalement la preuve d’identité principale, le papier d’identité qu’on vous demande partout aux États-Unis, bref la « carte d’identité » ultime  c’est… le permis de conduire. Il faut juste arriver à l’obtenir la première fois. Dans le New Jersey ça se renouvelle tous les 4 ans histoire de faire simple encore, mais, ironie perfide, le permis en passe d’être périmé justement sert de preuve d’identité et rapporte ces fameux points d’identité, un seul je crois, mais certaines fois ça se joue à un point. Vraiment tout est une question d’avoir le premier exemplaire de ce sésame. Indice : il suffit de passer à travers les mailles du filet bureaucratique, on finit par y arriver, certaines fois il faut récidiver, se présenter et se faire refouler plusieurs fois, mais on finit par y arriver. Bien sûr toute cette folie de points c’est pour notre sécurité. Je suis rassurée si c’est pour notre sécurité… quand les gens légitimes n’arrivent pas à avoir assez de points… En dernier ressort c’est l’extrait de naissance (américain sinon rien, bien sûr)… sans photo, qui peut apporter les 4 points de base si l’on n’a pas de passeport. Cherchez l’erreur. Il faut l’avoir vécu pour en témoigner et être cru…

Voilà, l’origine majeure du stress, ce n’est pas de passer la conduite (qui se déroule sur un parking avec une voiture à boîte automatique), c’est la paperasse : on peut bien réussir son test de conduite, si facile, et être refoulé par manque de points d’identité. Une initiale de second prénom manquante ou en trop sur une carte bancaire peut nous faire refouler inexorablement, j’en parle en connaissance de cause, ça m’est arrivé. Oui, la carte bancaire est une preuve d’identité (sans photo n’est-ce pas, c’est plus rigoureux). D’ailleurs la carte bancaire en question je l’avais obtenue de ma banque… grâce à mon passeport français comme preuve d’identité. Ça ne se raconte pas, ça se visite, il faut l’avoir vécu pour y croire !

Quant au passeport français à renouveler (auprès de l’administration française donc, en l’occurrence le consulat français à New York), même si tout est en règle et facile a priori (je suis inscrite au consulat, j’ai mon ancien passeport, c’est un simple renouvellement, je suis de nationalité française d’une famille française depuis au moins le XIVe siècle voire depuis Clovis, j’ai tous les papiers demandés, les preuves d’adresse, l’acte intégral de naissance, les photos qui suivent les mensurations officielles et obligatoires) je peux être refoulée pour un rien, un papier trop ancien (qui date de 3 mois et 2 jours par exemple) une photo décalée de 2 millimètres ou un poil trop claire ou trop foncée, l’humeur de l’employé ou sa propension à un zèle extrême lui-même motivé par un zèle à l’autre bout, en France, là où le passeport est effectivement fabriqué, il faut bien le dire. Ceci dit les employés du consulat de New York ont toujours été efficaces et charmants depuis le début, mais il suffit que les procédures soient durcies au dernier moment pour une raison de sécurité ou une autre.

Pour le permis de conduire du New Jersey par contre, il faut bien tenir compte de l’incompétence crasse des employés du Motor Vehicule Service du New Jersey, en 14 ans et de multiples visites pour moi ou les enfants, je n’en ai jamais rencontré de compétents ni de charmants —tous sont zélés et au delà, sans nécessité ni efficacité et tous sont extrêmement désagréables — dans cette administration on fait tout pour vous rendre la vie difficile. Fait connu, le Motor Vehicule Services du New Jersey est le pire de tous les États-Unis. Un détail peut vous faire refouler, un timbre mal placé, un autocollant mal attaché sur la voiture, autocollant que l’on enlève tout de suite après avoir passé le permis, c’est un autocollant obligatoire pour passer le permis, il faut payer les 5 ou 6 dollars pour l’acheter (en avance surtout, pas le jour même sinon l’on est refoulé), le coller juste le jour du permis sur sa voiture, celle avec laquelle on passe le permis. Tout le monde l’enlève juste après parce sinon c’est le meilleur moyen de se faire contrôler pour rien par la police — l’autocollant crie « nouveau conducteur » — je vous parle d’un pays qui ne veut absolument pas entendre parler du A (anciennement le 90) pour les nouveaux conducteurs, pour des raisons de sécurité encore… peur que les jeunes de 17 ans se fassent attaquer à cause du A sur la voiture qui divulguerait leur âge. Je n’ai pas tout compris là encore… Mais les autocollants réfléchissants orange sur les plaques d’immatriculation ça va ? Sauf que là le vrai risque est de se faire contrôler comme nouveau conducteur par la police, ce qui peut être embêtant si le nouveau conducteur en question a dépassé le couvre-feu de 23h30 par exemple, avec l’autocollant bien visible de nuit parce que réfléchissant c’est facile de se faire repérer par la police — je sais ça paraît incompréhensible, c’est la logique américaine, on a le droit de conduire, mais pas dans telles conditions et pas après telle heure etc. Rien de très cohérent et certainement pas carré pour la logique et la rigueur française. Plus de 14 ans après j’en découvre encore.

Et le malheur de tomber sur un employé encore plus zélé et encore plus incompétent que les autres, qui ne comprend pas les règlements et les règles : le coup du passeport français pas valable (ça ce n’est que dans dans le New Jersey, le consulat m’a confirmé que le MVS de l’État de New York et d’autres acceptaient le passeport français), le coup de l’initiale en moins sur un document, peut-être même l’accent sur mon prénom, je n’ai pas encore eu le cas mais pourquoi pas ? Mon fils a son prénom écrit à la française sur certains documents et sur d’autres à l’anglo- saxonne, je m’en suis aperçue avec horreur la veille d’aller passer le permis : le document (d’une autre administration américaine) pourrait être déclaré invalide ou du moins invalide à procurer les fameux points d’identité. Ça m’est arrivé pour la fameuse initiale de mon second prénom manquante, la fois d’avant ou d’après c’était passé pourtant, cette fois là il m’avait fallu récidiver 3 fois pour finir par passer dans les mailles du filet, en l’occurrence en la personne d’une employée moins zélée ou moins tatillonne, ou pas sur ce point-là.