Archives mensuelles : octobre 2019

Septembre 2019

 

Le retour dans la routine, les visites médicales de rentrée, les 23 ans de ma fille, et toujours des bières et du vin à déguster. Les feuilles s’annoncent en temps et heure cette année. 

Beaucoup de retard dans les lectures, les montages video, les photos sans parler d’écrire… Le manuscrit est au point mort.

 

Je préfère aller me faire arracher les dents que…

Comment cela se fait-il que je préfère, et de loin, aller me faire arracher les dents y compris les dents de sagesse plutôt que d’aller chez le concessionnaire auto :

que ce soit pour acheter une voiture — l’horreur totale comment et de combien allons-nous être arnaqués cette fois sans le savoir (des chiffres et des taux d’intérêt qui changent magiquement après avoir signé, je n’invente rien c’est du vécu et pas seulement par moi, des taxes que je croyais étatiques qui n’en sont pas et ne sont que des frais administratifs inventés par le concessionnaire pour récupérer intégralement le rabais qu’il vient de nous accorder pour nous faire signer, ces « taxes »  apparaissant après avoir signé bien sûr et présentées comme inévitables en blâmant à demi-mot le gouvernement, c’est toujours la faute du gouvernement bien voyons)
alors que ce devrait être une joie et un plaisir d’acheter une voiture neuve puisque ce n’est jamais parce que la précédente est au bout du rouleau… 

que ce soit pour aller faire la révision de ladite voiture neuve — horreur aussi, comment et de combien vais-je me faire déplumer encore, sur une voiture de bonne qualité (un SUV Nissan donc ce n’est pas une Trabant non plus loin de là) qui aura moins de 30,000 kilomètres et tout juste 3 ans quand je la rendrai (les joies du leasing, ce sera l’objet d’un autre article), quand vraiment au cours de ces 3 ans une voire 2 vidanges suffiraient amplement, un tour des niveaux et un coup d’œil général et rien, je dis bien rien d’autre. De toute façon le reste si reste il y avait,  serait couvert par la garantie Nissan 3 ans justement pour l’essentiel. Et quand il y a un défaut de fabrication il y a les fameux rappels entièrement gratuits (payés par le constructeur, y compris la mise à disposition d’une voiture de remplacement si l’immobilisation est supérieure à une journée).

Alors pourquoi est-ce que je tends le dos à chaque fois que je vais chez le concessionnaire — une fois par an et surtout pas plus pour les révisions, je maudis les rappels, pas pour le rappel lui-même mais pour le fait de devoir aller chez ce satané concessionnaire, et une fois tous les 3 ans pour changer la voiture, pourquoi est-ce que je tends le dos et que je préfèrerais être ailleurs, même chez le dentiste, même me faire enlever les dents de sagesse ou dévitaliser une dent, c’est moins stressant ?

Histoire en cours de développement donc à suivre. J’ai décidé de parler haut et fort, d’écrire dans mon blog que je ne destine pas à ce genre de choses normalement. Speak up comme on dit ici. Et cela va loin, plus loin qu’une seule histoire de voiture et de révision donc cela suffit, je ne laisse plus passer et je ne laisserai plus rien passer, j’ai encaissé sans rien dire trop longtemps.

Souvenons-nous en outre que les tyrans, les harceleurs et autres agresseurs de quelque ordre que ce soit n’ont que le pouvoir que nous acceptons de leur donner (La Boétie).

Écriture et respiration

Tu te doutes bien que j’écris d’autres choses, sur d’autres sujets aussi, qui me tiennent à cœur, profondément. Et quoiqu’on puisse penser ce n’est pas une perte de temps que de passer du temps à faire ces textes où je m’applique et que je vous envoie par mail. D’une part ça me plaît (en plus du simple fait que j’aime bien partager avec vous) et d’autre part aussi ça m’est nécessaire. Ces écrits ne sont pas douloureux, ils me font comme une respiration au milieu d’autres plus difficiles. Je prends mon souffle si tu veux, pour pouvoir aller plus profond, ailleurs.

D’ailleurs, pour la petite histoire (c’est la meilleure la petite histoire finalement, au milieu de la grande, officielle — encore une digression) je viens de commencer des leçons de natation (je nage beaucoup mais comme un fer à repasser, c’est une autre histoire, amusante d’ailleurs, une autre fois) histoire d’apprendre à nager la tête sous l’eau et ne pas avoir peur d’étouffer ni de me noyer : travailler le souffle pour aller en profondeur et savoir remonter. Dans le même ordre d’idées j’aimerais trouver des leçons de chant, toujours pareil une question de souffle. Le tai-chi m’aide aussi beaucoup pour aller en profondeur sans trop de casse.

À part ça je suis contente que mes textes te mettent en joie.  Écrire me procure beaucoup de plaisir, presque autant que d’embrasser qui tu sais mais c’est une autre histoire et celle-là est plus douloureuse à écrire.

En tout cas je m’applique quand j’écris et tu sais pour qui j’écris, pour la seule personne qui ne me lira jamais plus. Cela paraît peut-être stupide et triste comme motivation, mais les motivations et les raisons sont toutes plus stupides les unes que les autres, il n’y a jamais de grandes raisons nobles. Les grandes raisons nobles sont en général la grande histoire officielle, la légende, fabriquée a posteriori. Seule la petite histoire est intéressante et authentique et fournit un éclairage sans égal… je digresse encore.

Outre le fait que l’écriture me procure énormément de plaisir et de joie, c’est aussi un moyen de survivre et de continuer pour moi. Quand je n’écris pas je ne suis pas bien et cercle vicieux. L’inverse est résolument vrai, quand j’écris cela me fait du bien et je boucle dans le cercle inverse. Enfin cela dépend du sujet, on en revient à cette respiration « écrite » nécessaire. Je ne parle pas d’écriture thérapeutique parce que celle-là c’est de la foutaise, elle ne vaut pas tripette sauf pour soi-même, peut-être.

Bref j’essaye d’écrire avec mon cœur comme le conseille Joyce Carol Oates dans son essai sur le travail d’écriture, « speak your heart » (textuellement elle dit, « write your heart out » ). Je n’aime pas tout ce qu’elle écrit ni pas toujours son style mais elle est très intéressante. Outre que c’est une grande voix de la littérature américaine contemporaine (et vivante ! ) c’est aussi une célébrité locale, sais-tu qu’elle est prof à Princeton ? (C’était encore pour la petite histoire).

Même dans mes écrits de colère j’essaye de mettre mon cœur. L’écriture en colère ou sur la colère est très délicate à gérer, justement Natalie Goldberg donne des tuyaux intéressants pour en faire quelque chose d’exploitable.

Bon tu n’as pas eu de chance : si tu m’écris le mercredi il y a de fortes chances que je te réponde longuement parce qu’après le tai-chi je suis toujours bien réveillée et, en outre, le mercredi soir je suis presque toujours seule.

Continue à être joyeuse, more on the way comme on dit ici. Continue à être joyeuse disais-je donc, si ça fait de l’effet à ne serait-ce qu’une seule personne c’est gagné, cela signifie que ça valait le coup de l’écrire. Franchement je n’invente rien, je décris exactement tout ce qui m’est passé en tête ou ce que j’ai ressenti durant ce séjour. Goldman, déglingué etc., tout est strictement authentique, je n’ai rien inventé ni imaginé artificiellement a posteriori, j’ai juste mis en forme.

Michèle en mode déglinguée mais joyeuse d’avoir mis ne serait-ce qu’une seule personne en joie.

(lettre à Claire le 27 octobre 2004)