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Snowmageddon trace — vivre avec la neige

1er mars 2021

Un peu plus d’un mois après la tempête Snowmageddon, ça y est la neige fond, on voit maintenant bien le sol et les températures, toujours assez froides jusqu’à présent, devraient monter et nous donner un avant-goût de printemps : entre 15 et 20 degrés Celsius dans les jours qui viennent cette semaine — du moins ce sont les prévisions.

Depuis cette grosse tempête du 1er et 2 février, il a neigé une ou deux fois par semaine, quelques fois un saupoudrage quelques fois plus mais toujours suffisamment pour qu’il faille nettoyer — la pelle a suffi, nous n’avons plus eu besoin de mettre en action le chasse-neige. 

Vivre avec la neige, le sol couvert de neige, est un peu compliqué et nécessite des aménagements et de la préparation. Certaines tâches qui ne nécessitent que quelques minutes et auxquelles on ne pense même pas en les exécutant, deviennent des travaux à part entière et demandent du temps, beaucoup plus de temps. Quand le sol est couvert de neige et qu’il fait toujours bien froid (températures qui ne passent pas en positif dans la journée) on ne peut pas juste enfiler ses sabots de jardin pour aller chercher son courrier ou remonter ses poubelles.

Illustration en vidéo — en l’occurrence il nous a fallu excaver les poubelles.

Les cartons à recycler mentionnés dans la vidéo, ceux qui avaient été mis dehors fin janvier et ensevelis par la tempête Snowmageddon puis par les chutes de neige continuelles pendant presque tout le mois de février, y sont toujours. La semaine dernière je pouvais y accéder puisqu’une partie de la neige avait fondu mais il m’a été impossible de les prendre pour les descendre le jour du recyclage : ils étaient collés au sol par le gel. Ce sera pour le recyclage de la semaine prochaine j’espère.

Il a donc neigé régulièrement une grande partie du mois de février, jusqu’au’ au 22 février, ce qui nous a bien occupés. Ensuite ce sont les fuites d’eau dans le sous-sol qui ont pris le relais pour nous occuper, pas la fonte des neiges mais des véritables problèmes de tuyauteries — c’est une autre histoire, la plomberie aux États-Unis est d’une qualité déplorable, tout lâche régulièrement et a besoin d’être remplacé — par du matériel d’aussi mauvaise qualité qui lâchera quelques années plus tard, une façon de faire marcher le « business » je n’exagère pas c’est réel et fait à dessein.

1er mars 2021
1er mars 2021
1er mars 2021

Snowmageddon — nettoyage

Tempête Orlena 2 février 2021 matin

Ci-dessous en vidéo tout le nettoyage que nous avons eu à faire après la tempête Orlena du 31 janvier au 2 février 2021

Dans la semaine qui a suivi nous avons encore dû faire deux nettoyages supplémentaires, sans chasse-neige heureusement mais à la pelle quand même.

Depuis cela s’est calmé cette semaine, la tempête de glace (de glace ! une première pour moi, il ne s’agissait pas de pluies verglaçantes, ça nous avons eu l’habitude malheureusement mais d’une tempête de glace, Uri de son petit nom) n’a pas eu lieu du tout. Au contraire il a fait chaud, nous sommes repassés en positif hier soir et tout aujourd’hui pour la première fois depuis quelques semaines, jusqu’à +8 degrés Celsius et il a plu toute la nuit passée. Comme l’a dit un météorologiste : aujourd’hui il neige à Houston au Texas et il pleut à Philadelphie dans le Nord-Est ; quelles sont les chances que cela arrive ? Aucune ça n’arrive jamais… sauf que c’est arrivé. Il en était tout aussi étonné que nous. Houston c’est au grand sud du Texas, à la latitude de La Nouvelle-Orléans, du nord de la Floride, dans le golfe du Mexique, quasiment les Caraïbes. Un endroit où ils n’ont jamais de neige ou une fois par vie.

D’ailleurs le réseau électrique du Texas a capitulé et des millions de gens se sont retrouvés sans électricité et apparemment ils n’en ont pas l’habitude. Ce ne sont pas les lignes qui ont cassé sous le poids du gel ou de la neige comme je le pensais et comme cela se produit chez nous, voire des arbres qui s’abattraient sur les lignes pour les mêmes raisons, mais simplement la demande électrique pour se chauffer qui a fait imploser le système : la demande n’arrivait pas à être fournie, le système s’est effondré. Il faut dire que des températures de -8 degrés ils n’ont pas l’habitude et aussi leur mode de chauffage est principalement électrique puisqu’ils en ont à peine besoin tout au long de l’année. Le réseau et les stations génératrices secondaires n’ont pas tenu le coup malgré les tentatives de délestage. Malgré les exhortations des compagnies électriques et des pouvoirs publics à rationner son chauffage et ses besoins pour chaque particulier. Lesquels ont dû avoir peur de mourir de froid et ont poussé les chauffages domestiques au contraire.

Ceci dit aussi nous savons pour l’avoir vécu plusieurs fois, qu’avant de mourir de froid dans une maison même non chauffée, il en faut. Il suffit de bien se couvrir. Ce n’est pas confortable du tout mais on peut survivre (comment font les alpinistes qui font des bivouacs en montagne en hiver sous la neige quand ils font des randonnées ? ) Il suffit de se vêtir chaudement d’empiler plusieurs vêtements, puis plusieurs couvertures et on peut survivre sans chauffage — beaucoup moins dangereux que des solutions de fortune à base de four à gaz, de chauffage d’appoint au diésel ou autre carburant, chauffage mauvaise qualité sans ventilation adéquate, avec un empoisonnement au monoxyde de carbone qui suit immanquablement. Même avec les cheminées il faut faire attention, surtout quand on n’a pas l’habitude (ce n’est pas évident qu’ils aient des cheminées dans ces maisons du grand sud d’ailleurs). Apparemment les bricolages dangereux ont été légion puisque les autorités déplorent déjà beaucoup de morts par empoisonnement au monoxyde de carbone, en à peine 24-36 heures de tempête ! Alors qu’avant de mourir de froid proprement dit quand on est dans un abri même sans chauffage, il en faut.

Lors de l’ouragan mémorable Sandy et de nos 13 jours sans électricité, dont une partie lors d’un nor’easter et d’une tempête de neige qui ont suivi l’ouragan, je lisais la Correspondance croisée de Jacques-Laurent Bost et Simone de Beauvoir pendant la drôle de guerre de 1940 et il lui écrivait que lui et les autres soldats de son régiment dormaient dans une grange et qu’il faisait zéro degré dans la grange. Ils s’en sortaient en empilant vêtements et couvertures. Donc il y a de la marge, je me disais que s’ils avaient pu survivre sans rien faire d’exceptionnel, nous le pouvions aussi.

D’autant qu’à l’époque ils étaient moins bien équipés que nous, ils n’avaient pas tous ces vêtements high-tech ni ces duvets que nous avons maintenant.

Lors de cette tempête, je m’étais dit qu’avec la maison à 12 degrés après quelques jours c’était largement jouable et qu’avant qu’elle descende à zéro nous avions encore de la marge. Et qu’à zéro on pouvait encore survivre en se couvrant bien, en mangeant chaud (il suffit d’un petit réchaud à gaz de camping, ce n’est pas compliqué, nous, nous avons une cuisinière à gaz, encore plus simple. Depuis cette expérience — ces expériences, ce n’était pas la première fois, je n’ai plus eu aucune envie de la changer pour une électrique bien entendu). Ce n’est pas amusant ni confortable mais on survit, bien plus qu’en bricolant des solutions de fortune à base de flamme…

D’autant que la tempête a commencé seulement hier et continué aujourd’hui au Texas, donc même s’il fait froid dehors la température n’est certainement pas déjà descendue à zéro dans les maisons en seulement 24 ou 36 heures (c’est du vécu). Il y a une certaine inertie et une partie du courant devrait être rétablie ce soir ou demain mercredi. [Note pendant la rédaction de cet article : les compagnies électriques ont en fait rétabli le courant pour 97% des clients ce soir.] Alors… je pense que nos aïeux étaient un peu plus résistants, pas seulement physiquement mais moralement surtout, et que cela nous manque de savoir tenir le coup quand une situation n’est pas confortable. (Franchement, 24 ou 36 heures ? vraiment ? nous sommes quand même devenus des sacrées mauviettes.)

Quant à nous dans le New Jersey, cette fois nous étions au nord de la neige et de la glace : les tempêtes de neige et de glace ont eu lieu plus au sud de chez nous, du jamais vu !

Donc voici en vidéo notre déneigement de la tempête Orlena du début du mois, déneigement qui nous a pris 4 heures à deux et avec l’aide du chasse-neige heureusement ! Sinon ça nous aurait sans doute demandé un à deux jours de travail. Nous avons tout de même mis 2 jours à nous en remettre, nous n’avons plus l’habitude puisque la dernière fois que nous avons eu une chute de cette envergure c’était il y a 3 ans, en mars 2018, d’autant plus avec le manque d’exercice physique depuis presque un an de confinement.

Prochaine tempête dans les tuyaux, Viola, ce jeudi, après-demain, avec une bonne trentaine de centimètres de neige a priori. À moins que nous y échappions comme à celle-ci qui a bombardé le grand sud (Uri) mais ça n’en prend pas le chemin cette fois. Au temps pour notre déficit de neige.

Déficit

Tempête Orlena 1 février

Je veux parler non pas d’un déficit budgétaire ou public (quoique, on pourrait en parler, il y a beaucoup à dire sur ces fables dont on nous abreuve depuis trop longtemps et qui sont (un peu) débusquées avec la pandémie) mais d’un « déficit de neige » (je cite ! ) 

Le nord-est des États-Unis, la région où j’habite, est en déficit de neige nous a-t-on dit en décembre dernier car il n’y a pas eu de vraie chute de neige depuis plusieurs années, 3 ans pour nous dans le New Jersey, depuis l’hiver 2017/2018 et spécialement les mois de février mars et avril 2018 où nous avions été littéralement pilonnés, nor’easter après nor’easter et tempête de neige après tempête de neige — la dernière de la saison avait eu lieu le 2 avril — jusqu’à un dernier saupoudrage le 6 avril. Et 5 ans pour New York, la ville, qui avait été peu touchée par ces tempêtes à répétition, dont la plus importante, Quinn avait provoqué des chutes d’arbres et de lignes électriques et nous avait privés de courant pendant 4 jours et demi, expérience que je raconte ici :

https://michusa.wordpress.com/2018/03/07/prendre-la-neige-de-vitesse-2/

https://michusa.wordpress.com/2018/03/09/le-mot-du-jour/

https://michusa.wordpress.com/2018/03/17/quatre-jours-et-demi/

https://michusa.wordpress.com/2018/03/19/the-big-one/

Depuis nous n’avions pas vraiment eu de neige à part quelques saupoudrages ou de toutes petites chutes vite fondues quelques jours après. Même la chute de neige de ce décembre dernier (tempête Gail, lire ici https://michusa.wordpress.com/2020/12/15/en-attendant-gail/ ) était de peu d’envergure finalement, contrairement aux prévisions météorologiques alarmistes— ça avait été la limite basse pour utiliser le chasse-neige et nous aurions presque pu nous en abstenir puisque quelques jours après il avait tellement plu que tout avait fondu. Cela faisait depuis mars 2018 que nous n’avions plus eu besoin d’utiliser le chasse-neige. En décembre (2020) donc il y avait eu plus de peur que de mal malgré les prévisions un peu pessimistes : dans le New Jersey Central nous sommes à la limite géographique inférieure des grosses chutes de neige et certaines fois nous y échappons à quelques dizaines de kilomètres près. Ces 3 dernières années, nous étions ainsi passés à travers toutes les chutes de neige importantes. Plus au nord, même si en règle générale ils ont eu plus de neige que nous ces dernières années, ils n’en ont pas eu comme ils en ont d’habitude et tout le Nord-Est était donc en déficit de neige (heureusement nous n’étions pas en déficit de pluie et les nappes phréatiques étaient quand même remplies). 

Par contre ce dimanche 31 janvier 2021, cette fois était la bonne, une big one comme on dit ici, la tempête Orlena autrement nommée snowpocalypse, snowmageddon, les noms  ne manquent pas, au choix. Surnommons-la du petit nom doux de Snowmageddon. 

Il a commencé à neiger le dimanche vers la mi-journée, légèrement tout d’abord puis en début de soirée il s’est mis à neiger de plus en plus dru.

Le lundi à midi, soit moins de 24 heures après le début des hostilités plus sérieuses, j’avais de la neige à mon genou en haut des marches de l’escalier extérieur, soit 45-48 cm  et sans effet snow drift qui devait venir plus tard (neige entassée par le vent). À ce moment-là, lundi midi, les prévisions annonçaient qu’il allait continuer à neiger sans s’arrêter jusqu’au lendemain soir, soit encore 30 ou 36 heures. Ce qui s’est produit.

Tempête Orlena 1 février milieu après-midi

Photo prise par la fenêtre de mon salon le lundi 1er février 2021, toute la neige qu’a déversé la tempête Orlena en 24 heures : Orlena est un nor’easter, un cyclone d’altitude (qui se produisent en général entre octobre et mars et qui déversent toujours beaucoup de précipitations — et vu notre situation géographique et la saison d’octobre à mars, ces précipitations sont toujours de la neige : je n’ai encore jamais vu de nor’easter qui ne nous apporte pas de la neige, beaucoup de neige. 

Ça tombe bien pour le déficit de neige, un peu moins pour nos muscles qui ont été mis à rude épreuve le mardi. Ça a été brutal, une big one surtout qu’il a neigé pendant plus 48 heures sans discontinuer ce qui est assez rare chez nous. Habituellement c’est 24 ou 30 heures d’affilée maximum. Nous avons eu 48 heures de neige en continu seulement une ou deux fois, dont une fois en février 2003 et en 2010 ou 2011 mais plus de 24 heures de chute de neige en continu c’est assez rare. Heureusement il avait fait très froid en début de semaine (polar vortex) et la neige était légère (fluffy) et donc n’a pas fait de dégâts contrairement à 2018 où c’était de la neige très lourde suivie par de la pluie verglaçante. Il avait aussi gelé après la tempête ce qui avait été un désastre (arbres qui avaient cassé et emporté les lignes électriques, fils électriques qui avaient cédé sous le poids de la glace et de la neige, etc.) Rien de tout cela cette fois, juste une grosse tempête de neige, 70 cm mesurés le mardi après-midi à l’endroit goudronné où nous garons les voitures dans le jardin.

De quoi combler notre déficit de neige.

Voici en vidéo les premières 24 heures de ce Snowmageddon :

Matin de tempête

Le calme avant la tempête en fait, ce matin 11 heures dans mon jardin :

Matin de tempête (11 heures le 16 décembre 2020)
Matin de tempête (11 heures le 16 décembre 2020)
Matin de tempête (11 heures le 16 décembre 2020)

Mise à jour à 15 heures, heure de New York : quand on parle de precision, les dernieres previsions donnaient le debut de la tempête à 15 heures et à 15 heures exactement il a commencé à neiger :

En attendant Gail

On nous prévoit de la neige beaucoup de neige, plus en 24 heures que ce que nous en avons eu en totalité l’an dernier — ce n’est pas très difficile il n’a quasiment pas neigé l’an dernier. Blague à part, on nous prévoit vraiment beaucoup de neige, comme cela fait plusieurs années que nous n’en avons pas eu. La dernière grosse tempête de neige, c’était la tempête Quinn en mars 2018 où il avait neigé entre 50 et 60 cm en 24 heures, où nous avions perdu le courant pendant 4 jours et demi, où il avait fallu excaver pour pouvoir mettre en route le groupe électrogène, en plus évidemment de passer le chasse-neige dans notre driveway et aussi d’excaver les voitures pour pouvoir sortir de chez nous.

Je parle de cette fameuse tempête Quinn de mars 2018 ici : 

https://michusa.wordpress.com/2018/03/07/prendre-la-neige-de-vitesse-2/

https://michusa.wordpress.com/2018/03/09/le-mot-du-jour/

https://michusa.wordpress.com/2018/03/17/quatre-jours-et-demi/

https://michusa.wordpress.com/2018/03/19/the-big-one/

De fait nous ne nous sommes plus servis du chasse-neige depuis cette fois-là, ce mois de mars 2018 — cela va faire 3 ans.

Espérons que nous n’en arriverons pas à ces extrémités  — perte du courant, excavation et besoin du groupe électrogène. Le chasse-neige nous n’y couperons pas cette fois puisqu’on nous annonce entre 30 et 50 cm de neige en 24 heures. Quand c’est moins de 10 ou 15 cm on peut s’en tirer en faisant juste les traces pour que la petite voiture non-4×4 puisse circuler et en lui faisant aussi un rectangle à la pelle pour qu’elle puisse manœuvrer et faire demi-tour. La mienne, gros 4×4 —  honnis en France mais nécessaire ici et dans le nord du Nord-Est encore plus — peut faire sa trace dans 30 cm de neige, y compris en marche arrière. Mon 4×4 précédent qui était un vrai truck avant qu’ils changent le modèle en crossover (WTF ? n’importe quoi ! ) pouvait faire sa trace encore plus facilement puisque c’était une voiture à propulsion arrière de plus de 300 chevaux et presque 3.5 tonnes. Faire une note mentale pour la prochaine fois de prendre une 4×4 à propulsion arrière si ça se fabrique toujours. Plus dangereux à conduire voire dangereux si l’on n’en tient pas compte, plutôt il faut faire attention et suivre certaines astuces et procédures, mais c’est extrêmement performant dans la neige ou la boue et le sable. 

Espérons que nous n’en arriverons pas là, normalement  je suis prête à tout, même à ces extrémités — j’ai appris avec les années et ma procédure est maintenant bien rodée. La maison est prête, quelques courses alimentaires ce matin, jus d’orange, de pamplemousse et de mangue, lait fruits frais et quelques bricoles comme du miel et de la sauce tomate, du produit de nettoyage Monsieur Propre — courses que je devais faire de toute façon cette semaine. Surtout qu’avec la pandémie placards et frigos sont pleins en continu puisque pour chaque produit j’ai 2 exemplaires d’avance en plus de celui en cours. Dès que nous finissons l’exemplaire en cours et que je tape dans le stock de secours, je le restocke aussitôt sans laisser tarir le stock de secours pour ne pas être prise de court, notamment à cause des difficultés d’approvisionnement et des pénuries complètement aléatoires et soudaines. Les courses de ce matin c’était surtout parce que c’était prévu comme ça pour maintenir les stocks justement et que je ne veux pas y aller trop près de Noël pour éviter la foule. Malgré tout, lever 7 heures pour être avant 8 heures au supermarché. Un peu de retard pourtant parce qu’il m’a fallu un quart d’heure ou 20 minutes pour gratter et dégivrer les vitres de la voiture, ce que je n’avais pas prévu. Il a neigeoté hier lundi et il y avait une couche de neige gelée très dure sur le pare-brise avant et la lunette arrière, les moteurs des essuie-glace étaient poussifs aussi pour je ne sais quelle raison. Mais cela allait encore, les courses sont faites et j’ai tout trouvé, la foule a commencé à affluer quand j’ai quitté le supermarché vers 9h15. Les légumes de la ferme ont été livrés aussi à la mi-journée (bien contente d’être en jour de livraison le mardi et pas le mercredi ou le jeudi, ils ont annoncé un décalage de livraison pour ceux qui sont livrés ces jours-là).

Pour le reste aussi je suis prête, la maison est calfeutrée, mise en mode hiver, l’essence pour le chasse-neige et le groupe électrogène est stockée, les pelles sorties et les outils d’hiver à portée de main. Les voitures sont prêtes, tous les niveaux et la pression des pneus vérifiés, les pleins d’essence faits — en ce temps de pandémie ils sont toujours faits puisqu’on ne roule presque pas — et elles sont en mode hiver aussi (outils et brosses dans chacune). Les sacs de survie hiver — à emporter quand on doit utiliser la voiture par temps de neige — sont prêts aussi, les chaussures d’hiver imperméabilisées, les manteaux dans le placard du bas imperméabilisés également et prêts à servir — il a fait relativement doux jusqu’à présent — bonnets écharpes et gants sortis aussi.

Dimanche (13 décembre) j’étais en T-shirt dehors dans la journée et pour sortir les poubelles, il a fait entre 13 et 15 degrés dans la journée. Le lendemain il a neigé un peu et la température est restée aux alentours de zéro toute la journée.

On attend -12 / -13 degrés jeudi et vendredi après la tempête qui doit commencer demain mercredi à la mi-journée et durer tout le reste de la journée toute la nuit et tout le jeudi matin, environ 24 heures non-stop.

Ah et c’est aussi un nor’easter finalement, un cyclone hivernal d’altitude qui amène toujours de la neige chez nous d’après mon expérience, certaines fois beaucoup de neige selon son trajet plus au nord ou plus au sud — nous sommes dans un corridor qui marque la limite de ces nor’easter alors un décalage de 20 ou 30 km de son chemin fait toute la différence pour le New Jersey Central et certaines fois nous nous en sommes sorti avec un saupoudrage, certaines fois aussi avec 1 mètre de neige.

Apparemment, c’est New York City et sa région ( nous donc ! ) qui doivent être les plus touchés par la tempête cette fois : le plus de neige, plus que pour le nord du Nord-Est (Boston et Massachusetts) et des vents pouvant aller jusqu’à 75 km/h au niveau de l’aéroport de Kennedy qui est en bord d’océan. Nous, nous sommes un peu à l’intérieur des terres donc les pointes de vent devraient rester en dessous de 50 km/h maximum. Mais neige et vent forment une mauvaise combinaison : du blizzard en perspective voire un blanc total ?

Les dernières mises à jour de cet après-midi : nous sommes passés de surveillance tempête (winter storm watch) à l’alerte maximum winter storm warning. Pas d’alerte blizzard pour le moment. Mais ce sera une big one a dit la dame de la météo tout à l’heure.

La vie telle que nous la connaissions

Juste après mon retour de France en janvier, ma vie de tous les jours, chez moi à Berkeley Heights, New Jersey — la vie telle que nous la connaissions.

On commençait à peine à parler, à la télé, avant mon départ de France, d’une maladie à pneumopathie en Chine (il faut se rappeler que la Chine n’a été confinée que fin janvier finalement et encore, cela n’a été que Wuhan et sa région à cette date). Franchement à ce moment-là on pensait plus ou moins, tous, dans le grand public et les gens non informés comme nous, que ce serait un truc comme le SARS en 2003. Je me souviens que dans la queue pour l’immigration à l’arrivée à Newark, le 14 janvier 2020 donc, il y avait un écran qui parlait de coronavirus (tel quel, sans précision, il était simplement fait mention de coronavirus sans autre dénomination à ce moment-là) et qu’il fallait, si on revenait de la région de Wuhan en Chine et que l’on avait des symptômes comme fièvre et toux, aller voir son médecin immédiatement. Mais ces panneaux sont fréquents, une fois c’est pour Zika, une fois pour la grippe, une fois pour la rougeole, j’en ai vu au cours des années, pas systématiquement mais bien tous les 2 ou 3 ans. Donc ça ne m’avait pas alarmée plus que ça et d’ailleurs même les services n’étaient pas alarmés, c’était seulement une information et une recommandation d’aller voir son médecin.

Il faut aussi que je précise que quand je filme, en général je ne filme pas les gens, à part mes amis proches et ma famille. Dehors et lors de mes allées et venues dans l’espace public, je pointe toujours ma caméra où il n’y a personne ou alors je me filme moi-même parlant à la caméra façon « vlog » (journal vidéo). Durant ces quelques jours de janvier qui étaient encore la vie telle que nous la connaissions, je n’ai filmé personne à part moi ou mon fils mais en fait j’ai eu des interactions avec au moins 20 personnes extérieures même si cela ne se voit pas : il n’était pas question de distanciation sociale du tout à ce moment-là — l’expression était loin d’être dans le langage courant, encore moins quotidien comme elle l’est devenue par la suite.

Donc des interactions au tai-chi et au centre de sport de façon générale. Ce n’est pas un centre de sport à strictement parler mais une association à but non lucratif qui agissait comme centre de communauté, avec enseignement de l’anglais aux immigrants, garde d’enfants et programmes après école et vacances pour les enfants et aussi centre de sport, sans être un centre de sport branché du tout ni à la mode. Donc il y a beaucoup de coins avec des fauteuils et des machines à thé et à café pour que les membres socialisent et parlent ensemble. La plupart du temps, bien que la leçon de tai-chi ne dure qu’une heure 15 voire une heure 30, j’y restais 4 ou 5 heures en tout à parler avec élèves, connaissances et amis. 

Chez le marchand de vin aussi, à chaque visite je discutais de temps en temps avec d’autres clients et en tout cas systématiquement avec un ou deux des vendeurs, toujours de bons conseils et avec l’acheteur pour savoir où en étaient soit des nouveautés soit des vins que j’avais repérés dans des blogs ou des recherches sur Internet. Plus la brasserie où je parlais toujours avec les beer tenders et longuement avec l’un des propriétaires lors de l’anniversaire de la brasserie fin janvier (ce n’est pas dans cette vidéo-ci, l’anniversaire de la brasserie, auquel j’ai assisté et participé n’a eu lieu que quelques jours après). Plus les quelques courses où l’on interagit toujours avec quelques personnes même si c’est moins longtemps.

Même si je mène une vie relativement solitaire et recluse, je voyais du monde. Peu pour l’époque, énormément en termes actuels ! Et surtout c’est cette liberté d’aller et de venir sans arrière-pensées ni précautions particulières, la possibilité d’aller de façon impromptue quelque part, dans un restaurant, se promener ou faire du lèche-vitrine — chez le marchand de vin et à la brasserie surtout pour moi — voire aller prendre un café gratuit au centre commercial, un café ou un doughnut avec mes amis du tai-chi après la classe, ou aller au restaurant, une pizzeria ou encore à la brasserie, sans avoir à planifier, sans précautions sans masque sans désinfectant sans avoir « peur »  de l’autre et de son contact trop proche. Une course rapide s’il me manquait des œufs du fromage ou du lait, en passant ou en revenant du tai-chi tout cela n’est plus envisageable, d’autant que les magasins (essentiels uniquement) qui sont ouverts au public ont des horaires réduits. Les autres ne sont toujours pas ouverts au public en date du 6 juin, on ne peut qu’aller chercher sa commande à la porte sans contact (contactless curbside pick up) et encore ceci est récent, ils ont longtemps été tout simplement fermés. D’autant plus que je ne vais plus au tai-chi puisque le centre de sport est bien évidemment fermé depuis la mi-mars. 

Il faut noter par ailleurs que la chute de neige que j’ai longuement filmée est la seule chute de neige (pas grand-chose) que nous ayons eue de tout l’hiver.

Voilà donc la vie ordinaire, telle que nous la connaissions, très ordinaire mais qui me semble extraordinaire et si lointaine maintenant.

De la neige en mai ?

 

Ce samedi 9 mai 2020 après-midi.

Effectivement, elle était annoncée dans les prévisions météorologiques de la veille — il y a sans doute eu quelques flocons dans la nuit de vendredi à samedi mais pas de traces chez moi au matin.

Quand soudainement dans l’après-midi de samedi, il s’est produit ceci :

Heureusement cela n’a été qu’une giboulée qui n’a duré qu’un quart d’heure et qui n’a pas tenu. Dans le New Jersey Central ça n’a pas tenu mais plus au nord dans le New Jersey, certains se sont réveillés ce samedi matin avec le sol tout blanc, même chose à Central Park qui a été saupoudré. 

Par contre il fait froid, cela fait plusieurs nuits qu’il s’est remis à geler, j’ai dû rajouter une couverture sur mon lit, couverture que j’avais enlevée ces semaines passées pensant être au printemps puisqu’il faisait plus doux. Je suis bien contente de ne pas avoir encore baissé la chaudière ni d’avoir mis la maison en mode été, notamment de n’avoir pas encore ouvert toutes les écoutilles et trappes d’aération pour l’air conditionné, ni enlevé les rideaux et les boudins des portes d’entrée. Habituellement je fais tout ça début mai, même si nous avons encore des petits frimas ponctuels courant mai ce n’est jamais froid à ce point (il ne gèle plus normalement).

(c’était même avant qu’il neige : il faisait si froid qu’il a fallu que je me harnache ainsi pour aller chercher mon courrier)

La neige en mai ce n’était plus arrivé depuis plus de 40 ans : la dernière fois qu’il y a eu de la neige en mai en quantité mesurable (ce qui a été le cas donc hier dans certains endroits du New Jersey et à Central park) c’était vers la fin des années 70 — le 9 mai (!) 1977.

Bref 2020 est une année définitivement à passer aux oubliettes (on voudrait ! )

La neige annoncée ce soir

 

La neige annoncée ce soir a été annulée, ce n’est pas trop étonnant, il fait encore doux, il a fait 13 degrés aujourd’hui et après le coucher du soleil il faisait entre 8 et 10 degrés quand il a commencé à pleuvoir — au lieu de neiger donc.

Rien ne m’aurait étonné pourtant, nous avons déjà eu de la neige par 12 degrés et de la pluie par moins 10.

C’est ce qui arrive à force de ne pas utiliser le système métrique et d’être bloqué dans un système archaïque, pas pratique du tout et qui ne correspond à rien : 100 F c’est environ 38 / 40 degrés C (je ne vous raconte pas quand l’infirmière de l’école m’appelait pour me dire que l’un de mes enfants avait 99 ou 100 ou 101, cela ne m’émouvait jamais, cela n’avait pour moi aucune signification), 32 F correspond peu ou prou à 0 degré C et l’eau bout à 212 F environ, tout cela n’a vraiment aucune signification, on ne peut même pas se faire une échelle logique.

C’est ce qui arrive à force de ne pas utiliser le système métrique, l’eau elle-même ne s’y retrouve pas, ne gèle pas quand il faudrait. J’ai déjà vu mes tuyaux du sous-sol sous abri (relatif) geler complètement par -5 ou -6 et pas du tout par -15 alors que la plupart du temps quand la température descend à -10 dehors cela se répercute immanquablement dans le sous-sol (sous abri), l’eau gèle dans les tuyaux à cet endroit précis. Ce sont les exceptions qui confirment la règle… sauf que ces exceptions ne sont pas logiques elles-mêmes.

Ne pas utiliser le système métrique, système logique et parlant, l’eau s’y perd aussi, ne reconnait rien dans ces chiffres absurdes et gèle quand il fait suffisamment chaud ou reste liquide quand il fait très froid — allez comprendre, elle ne le comprend pas non plus.

Passage du temps (mois de mars 2019)

 

Le passage du temps est visible et rapide pour ce long mois de mars de froid et de fureur pendant lequel on peut tout à la fois avoir une rigueur digne du plus froid de l’hiver et des prémices de printemps — illusions vite brisées, n’appelle-t-on pas ces variations subites du chaud au froid du beau au mauvais temps, les giboulées de mars ?

Quand même, on démarre avec la neige continuation de février et de janvier et on finit avec les forsythias en fleur. Il est arrivé qu’ils se recouvrent de neige dès le lendemain de leur floraison. 

Première année depuis un long moment que nous n’avons pas eu de chute de neige pour le jour précis du printemps — piqure de rappel que l’hiver n’est pas fini dans les faits même si le solstice a eu lieu.

 

 

Écrivain après la tempête

Après les tempêtes car nous avons eu un duo de tempêtes : une première chute de neige la nuit du 1er au 2 mars, une quinzaine de centimètres au réveil samedi matin, 20 centimètres non tassés (tempête Ryan) puis une seconde chute de neige un peu plus importante, entre 20 et 30 centimètres la nuit du 3 au 4 (tempête Scott). Une trentaine de centimètres le matin au réveil le lundi matin, puis heureusement ça s’est rapidement tassé en une vingtaine de centimètres. Pas de quoi réveiller la princesse au petit pois (autre nom du chasse-neige) mais il a fallu nettoyer quand même, les escaliers, les voitures et faire une plate-forme propre pour que la petite voiture de mon fils puisse faire marche arrière et demi-tour. Ensuite il a pu rouler dans les traces faites à la pelle dans l’allée.

Voilà ce à quoi je me suis occupée les premiers jours de mars. Il ne faut pas trop nous plaindre ceci dit, ce sont les deux seules chutes de relative importance que nous avons eues cet hiver, hormis la chute précoce de mi-novembre. Et en regard des chutes de neige des tempêtes des années précédentes (fréquemment 50 ou 60 centimètres en une nuit, quelques fois jusqu’à 1 mètre ! ) ce n’était pas grand-chose.

Ne pas se réjouir trop tôt, en général il neige le premier jour du printemps et nous avons eu du blizzard et 30 cm de neige une fois vers la mi-avril… Certaines années les congères dans les parkings restaient intactes jusque courant mai tellement il y avait eu de neige pendant l’hiver.