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18 août – les courses alimentaires à nouveau

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Départ pour les courses alimentaires 18 août 2020

 

Il me semblait bien que mes stocks avaient baissé grandement en seulement 2 semaines et qu’il me fallait retourner faire le plein alimentaire. Chose que je n’aimais déjà pas beaucoup faire dans la vie d’avant, que je redoute maintenant. Tous les préparatifs et le stress, tout est plus compliqué, une liste à peaufiner en ayant peur d’oublier quelque chose d’absolument indispensable, on ne veut pas avoir à y retourner de sitôt. Les stocks ne sont pas au maximum, il faut être prêt à faire des modifications ou à ne pas trouver ce que l’on cherche. Il faut se lever tôt pour aller en tout début de matinée pour éviter toute foule, faire attention aux gens — plus dangereux que le virus par leur comportement erratique au mieux, défiant au pire. Comme si la virilité (ce qui en tient lieu) ou la contestation (ce qui en tient lieu) passait outre le risque d’attraper une maladie, nécessitait d’attraper une maladie — cette maladie. J’ai envie de dire WTF* !  Il faut bien se mettre dans la tête que le virus n’en a rien à faire des actes de défiance et de pseudo bravoure — bravache sans objet. On se tourne contre, on est hostile envers un autre être humain ou ses recommandations mais quand on ne les suit pas c’est le virus qui gagne et ni l’un ou l’autre des deux humains en opposition soi-disant idéologique. Il n’y a pas d’idéologie dans une pandémie une épidémie un virus ou un microbe comme on les appelait dans le temps — soit dit en passant on s’en méfiait sans bravache alors.

Je me résous donc à aller faire les courses cette semaine-là, Comme d’habitude ces derniers temps, je choisis le mardi pour laisser du temps au réapprovisionnement, me disant qu’ils ne sont pas livrés le dimanche sans doute. 

Mardi 18 août donc. C’est en rangeant mes courses après et en mettant de côté mon ticket de caisse avec les autres que j’ai retrouvé le précédent : je me suis aperçue que la fois précédente où j’étais allée faire les courses c’était le 21 juillet. Donc un mois en fait et pas 15 jours comme je le croyais. Pas étonnant que j’aie trouvé mes stocks un peu bas et que nous mangions depuis un certain temps des tortillas mexicaines en guise de pain. (Elles se gardent un temps infini et même longtemps après la date de péremption, sans jamais moisir, ce qui en dit long sur leur composition … pas grand-chose de naturel, bourrées de produits chimiques sans aucun doute mais bon, ça dépanne.)

Sur les courses en elles-mêmes, je suis arrivée tôt, peu de monde, j’avais souvent les allées pour moi toute seule, j’y ai croisé épisodiquement une personne, jamais plus. Les stocks d’à peu près tout sont revenus, même s’ils ne sont pas au maximum, les rayons sont moins chargés à bloc qu’avant mais il y a un peu de tout. Le papier toilette est revenu (partout même en ligne) pas de la marque que j’achète depuis toujours (une des marques majeures aux États-Unis) mais il y en a. (J’ai acheté de ma marque en juillet à Target, comme d’habitude et sans restrictions.)

Seul point noir, les lingettes désinfectantes au chlore, et les lingettes pour main au chlore qui ne sont nulle part non plus. Mais les lingettes désinfectantes pour surface au chlore de type Clorox ou Lysol il n’y en a plus nulle part, dans aucun magasin ni en ligne. De temps en temps si on est là au bon moment on trouve de la marque distributeur, moins bien mais gradées désinfectantes. Sinon il y a des lingettes chinoises non gradées désinfectantes que j’ai achetées pour le ménage courant, histoire de conserver au maximum les vraies dont il me reste un tout petit stock, qui ne me sert que pour les sorties courses d’ailleurs. (Ce serait l’équivalent des lingettes St Marc Javel ou Lacroix Javel voire Sanytol en France)

Dans le magasin tout le monde a un masque (c’est obligatoire heureusement) mais j’ai quand même croisé (de loin, de très loin j’ai changé d’allée quand je les ai vus, histoire d’éviter tout risque et je répète, le risque majeur en cette occurrence n’est sans doute pas le virus) donc j’ai quand même croisé deux personnes avec les masques sous le nez — et le regard féroce. On dirait fierce ici. Aucune envie de faire la police ni de m’y frotter, ne serait-ce que par une moue de désapprobation, cela pourrait s’avérer dangereux. Heureusement la contrepartie c’est qu’avec mon masque on ne risque pas de voir ma moue de désapprobation. Mais comme je le disais, je me suis éloignée et ai attendu qu’ils s’en aillent de l’allée où je voulais aller pour y aller à mon tour.

Ce sont des hommes à chaque fois : virilité mal placée, surtout quand ce sont eux en moyenne les plus fragiles. Comme en général pour toutes les maladies et affections, une simple protection de l’espèce, n’oublions surtout pas que nous sommes des animaux comme les autres, pas plus pas moins, même si nous avons l’arrogance de nous croire supérieurs et meilleurs en tout — cette pandémie est la preuve qui confirme que nous sommes des animaux et la preuve qui infirme nous sommes supérieurs. En fait, mais c’est un autre sujet, le sexe faible c’est eux. Aucune polémique à avoir, c’est purement biologique. Il est vrai que la science est en recul depuis une bonne trentaine d’années, les croyances moyenâgeuses et autres mythes irréels ont de beaux jours devant eux. Et ça empire et ça s’accélère, encore plus depuis le début de la pandémie.

Pour finir en beauté ces courses, vraiment en beauté, la goutte d’eau, la cerise sur le gâteau, bien qu’elle ne me concerne pas directement, l’histoire de la femme dans la voiture avec sa lingette. En ce qui me concerne je fais les courses avec des gants en plastique jetables, je désinfecte ma barre de caddie à la lingette (la fameuse lingette Clorox ou Lysol, réservée uniquement aux courses ces temps-ci), puis j’ouvre mon coffre avec ma lingette, je rentre mes courses dans ledit coffre et je rapporte mon caddie. Alors je jette mes gants (enlevés selon la procédure premiers secours pour ne pas me contaminer) et la vieille lingette dans la poubelle dispose à cet effet à côté du coin de rangement des caddies, puis je sors une nouvelle lingette d’un sac en plastique dans ma poche et je me désinfecte les mains (qui devraient être non contaminées puisque j’avais les gants tout le temps des courses et du paiement, où l’on touche le maudit terminal et la maudite caisse où l’on fait tout soi-même, la seule que j’utilise si possible) donc je me désinfecte les mains avec une lingette au chlore neuve. Et je vais enfin dans ma voiture où j’enlève mon masque en le touchant par les boucles, puisqu’il fait relativement chaud et que je ne compte aller nulle part ailleurs. Un deuxième coup de désinfection des mains qui ne nuit pas ensuite, ce que je fais.

Assise dans ma voiture, prête à redémarrer, je tourne la tête et vois une dame qui rentre dans la sienne un peu plus loin. Elle enlève soigneusement son masque par les boucles, jusque là tout va bien (Plusieurs fois j’ai vu des gens  arracher leur masque à pleines mains — sales d’avoir touché tout le supermarché et la caisse ! — à peine un pied hors du seuil de la porte du supermarché). Je la vois qui ensuite se frotte les mains avec une lingette (à ce moment-là je me dis, tiens elle fait comme moi, avant de toucher son volant et le reste de sa voiture) tout va bien toujours. Et le coup de grâce, avec cette même lingette, j’insiste, je l’ai regardée tout du long, avec cette même lingette elle enchaine et se frotte énergiquement tout le visage ! Là je crois que j’ai crié « oh non ! » toute seule dans ma voiture.

Les bras m’en tombent. Ô désespoir ! ô connerie ennemie ! N’ai-je donc tant vécu que pour cette idiotie ?

Avec toutes ces (petites) péripéties et le stress induit, il n’est pas étonnant de comprendre que je n’aime pas faire les courses, que je les redoute même maintenant et que je continue à me faire livrer les produits non périssables quand ils sont disponibles à l’envoi postal. 

Les prochaines courses dans un mois j’espère, autour du 20 septembre, D’autant que j’ai depuis le mois d’avril des produits frais, légumes, fruits, œufs ainsi que du fromage et d’autres produits frais comme des pâtes etc,  (en option, si je le souhaite) dans un « panier de ferme » hebdomadaire livré à ma porte tous les mercredis. Des produits de fermes locales et un peu moins locales (Virginie, Maryland et Delaware, ainsi que plus proches Pennsylvanie et état de New York ) mais essentiellement des produits de fermes du New Jersey et de la Pennsylvanie — nous vivons à 60 km de la frontière de la Pennsylvanie dans le New Jersey central où je vis. C’est ce panier (un gros carton en réalité) qui permet de tenir en ne faisant les courses alimentaires qu’une fois par mois.

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Note :

* WTF : What The Fuck. La traduction approximative pourrait être « c’est quoi cette merde » ou « c’est quoi ce bordel ».

P.S. — tous les dictionnaires en ligne fournis par Google ou Apple disent que cette locution n’existe pas ! Où le puritanisme et le chochotisme va se nicher. Il est évident que tuer des gens avec des armes c’est moins grave que de dire un gros mot, les tueries et la violence physique extrêmes ne sont pas censurées elles !

 

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Les courses faites !

Une crise dans une crise : Isaias — trace

 

Nous avons vraiment eu beaucoup de chance, 4 jours après la tempête, le samedi il y avait toujours des gens sans électricité à Berkeley Heights même si plus de la moitié des gens sans courant avaient été rétablis le vendredi soir. Certains ne seront rétablis que le lundi !

Plus grave : le grand centre de soin, qui est toujours rétabli en premier et assez rapidement d’habitude, n’a pu être rétabli que le vendredi soir c’est-à-dire 3 jours après la fin de la tempête ! Tout en étant prioritaire. C’est un immense campus médical avec des centaines de médecins, un hôpital de jour, des salles d’opération, un centre anti-cancer etc.

Et encore plus grave : la station de traitement des eaux usées (les égouts donc) de Berkeley Heights a perdu le courant pendant la tempête. C’est la première fois que j’entends ça ou alors on ne nous l’a pas dit pour les autres tempêtes ? Les mairies précédentes étaient pour le moins opaques pour ne pas dire corrompues voire carrément mafieuses. Du moins pour les tempêtes hors Sandy (pour Sandy je n’en sais rien, mais c’était une tempête hors norme, ceci dit le centre-ville était resté opérationnel tout du long) donc pour les tempêtes hors Sandy : tempête de neige de Halloween 2011, Quinn fin hiver 2018 voire Irene fin août 2011 où les résidents avaient en grande partie perdu le courant, on n’a jamais parlé de la station d’épuration. Et dans ces tempêtes-là aussi le grand centre médical soit n’avait rien perdu soit avait été rétabli très vite. C’est une première que ça prend tant de temps.

La raison principale d’après la communication de la mairie (très transparente et avec des mises à jour 2 fois par jour voire plus selon les nouvelles) sur le site de la mairie — un agréable changement, cette maire que nous avons actuellement me semble très bien ça change après les mâles blancs mafieux et corrompus — donc la raison principale était un nombre record de substations (stations électriques secondaires) qui ont été endommagées en plus des lignes électriques par terre. Autant il est relativement facile et visible de remettre en place une ligne tombée par terre, autant pour les substations ça demande plus de temps. D’autre parti chaque substation affecte plus de personnes, maisons et quartiers. Les dernières tempêtes hors Sandy c’était beaucoup de lignes et de transformateurs (ceux en haut des poteaux), mais pas autant de substations que cette fois-ci.

Donc la station d’épuration de Berkeley Heights qui était parmi les prioritaires pour être remise en service, sinon LE prioritaire. Alors pour fonctionner — c’est indispensable on n’a pas envie que les toilettes refoulent partout, avec les problèmes sanitaires que ça poserait très rapidement (Choléra etc) elle a été alimentée générateurs à essence (groupes électrogènes ) de secours, à raison de 500 gallons — presque 2000 litres — d’essence par jour et a fonctionné en mode « manuel » si j’ose dire. Chapeau aux opérateurs de ladite station. Vous parlez de pollution ! Mais entre la pollution et le choléra, je prends la pollution tant que vous voulez. Le 6 août (2 jours après la tempête) comme il ne restait « plus que » 3600 gallons c’est-à-dire 7 jours d’autonomie, la mairie a réservé et commandé 2000 gallons supplémentaires d’essence soit 4 jours de plus pour avoir 11 jours d’autonomie d’avance. C’est dire combien ils étaient pessimistes sur les temps de réparations. 

Le courant y a été rétabli le vendredi 7 août en fin de journée ainsi qu’au centre médical. Soulagement pour la station d’épuration.  3 longs jours après le passage de la tempête, qui a été forte mais nous avons eu pire, notamment en hiver avec vents et neige lourde lors de nor’easters.

Mais ça a été « chaud » comme on dit. Comme les infrastructures du New Jersey vieillissent et ne sont jamais remises à niveau — on les entretient au minimum alors qu’elles devraient être purement et simplement renouvelées — cela ne peut aller que de mal en pis à chaque tempête, qui sont en outre de plus en plus fréquentes à remonter jusque chez nous. Celle-ci était particulièrement précoce pour la saison, le peu qui remontait dans le passé le faisait plutôt vers fin août et septembre. Un mois d’avance. 

Cette fois cela allait parce que c’était une tempête relativement localisée géographiquement donc des ressources extérieures étaient disponibles pour venir aider, les ressources matérielles sont aussi amplement disponibles puisqu’il n’y a pas 50 états qui se battent pour obtenir ces ressources (comme ça a été le cas dans la crise générale du Covid) et notamment l’essence qui est amplement disponible et très peu chère ce qui ne gâche rien. Tellement disponible que l’on vous paye quasiment pour en acheter, cette fois grâce au Covid d’ailleurs puisque presque personne ne bouge donc ne consomme d’essence. J’ai fait moins d’un plein en 5 mois ! Donc les stocks débordent de partout et on ne sait pas quoi en faire. Dans d’autres circonstances, ce ne sera peut-être pas le cas… Pendant Sandy nous avions eu des rationnements d’essence dont le prix était passé dans la nuit carrément à 4 dollars (contre moins de 3 dollars prix normal en ce temps-là) surtout parce que les camions ne pouvaient pas livrer les stations à cause des routes coupées et aussi parce que la plupart des stations avaient encore de l’essence, mais ne pouvaient pas la pomper donc était fermées, c’était bête ! Quand après la crise j’ai suggéré de rendre obligatoire un générateur (à essence ! ) pour chaque station (ils ont la matière première pour l’alimenter) on m’a sauté à la gorge « freedom » « on ne peut pas rendre ça obligatoire parce que freeedoooommmmm  ! » eh bien « freedom » et on crève de freedom. D’autant que pour un commerce ce n’est pas une dépense fulgurante que d’acheter un générateur surtout qu’ils ont la matière première de carburant pour l’alimenter. Dans un état comme la Floride, sujet à multiples tempêtes et ouragans, c’est d’ailleurs obligatoire malgré la freeedoooom.

Donc soulagés que la station d’épuration ait été remise sur l’alimentation électrique « du secteur » et ne fonctionne plus « manuellement » — ce sont les mots de la mairie et ça fait peur. Soulagés, mais inquiets quand même. Nous avons un puits et une nappe phréatique qui alimente toute une partie du quartier et du lotissement indépendant (mais rattaché à Berkeley Heights, une curiosité américaine encore) mais il ne faudrait pas qu’elle soit polluée par un refoulement des égouts.

J’ai donc étudié quelques blogs et chaines YouTube sur le camping et la van life et je viens d’acheter des toilettes à compost. Le modèle de base de camping : un seau avec un siège et un couvercle hermétique pour 20 dollars sur l’amazone, ainsi que de la poudre à compost (pour 10 jours je crois) pour avoir une petite autonomie de w.c. si jamais les égouts ne fonctionnaient plus ou si on nous demandait de ne plus les utiliser. Ensuite soit enterrer dans le jardin ou mieux, mettre dans les ordures parce qu’enterrer un petit peu ça va, mais trop on en revient à la pollution de la nappe phréatique (qui est à 50 mètres de profondeur si je me souviens bien ce qu’avait dit le puisatier, mais tout de même, c’est la quantité qui fait le poison).  

Ils vendent des sacs spéciaux mais ça s’utilise aussi avec des bêtes sacs-poubelle et de la litière à chat. J’en ai des stocks à cause des tempêtes de neige, en cas de pénurie de sel j’ai la litière en secours — c’est déjà arrivé en 2015 où j’ai dû utiliser de la litière à chat sur la glace dans ma driveway, il n’y avait plus de sel nulle part et les municipalités n’en avaient plus non plus, les écoles étaient restées fermées bien après la chute de neige parce qu’on ne pouvait pas dégeler les routes par manque de sel. Bref j’ai plusieurs sacs de 10 kilos depuis ce temps-là, qui peuvent donc servir à désodoriser et solidifier nos déchets humains si j’ose dire.

Nous avons eu dans le New Jersey, toujours d’après le site de la mairie, des équipes de compagnies d’électricité de 15 états et même du Canada qui sont venus aider à remettre le New Jersey sur pied après cette tempête Isaias — retrouver la fée électricité, tout ça sur fond de crise sanitaire avec les précautions Covid à prendre, ce qui n’aide pas. C’est déjà assez compliqué comme ça de restaurer le courant, de nettoyer les routes, enlever les arbres tombés pour que les camions électriques puissent passer, si en plus il y a les procédures anti-Covid, qui sont nécessaires évidemment, ça n’arrange rien. Donc comme je le dis dans mon titre, c’est une crise dans une crise. 

Aussi, quand je vois tout ça, ces dégâts immenses et ces efforts et ces personnes qui étaient toujours sans électricité le samedi matin, 3 jours et demi après la fin de la tempête, je me dis et me redis que nous avons eu une chance inouïe chez nous à la maison ! Pas de dommage et pas de perte de courant ! Je n’en reviens toujours pas parce que nous vivons dans la forêt et la plupart du temps nous sommes les premiers à perdre le courant et parmi les derniers à être rétablis : quartier non prioritaire car aucune infrastructure cruciale, que des résidences et en plus nous sommes à la périphérie de ville. De toute façon il faut que toutes les substations et lignes intermédiaires soient rétablies pour que le courant puisse arriver jusque chez nous. Une amie de ma fille qui habite en bas d’une rue qui donne dans notre rue, juste en face de la maison, donc à 500 mètres de chez nous n’avait toujours pas retrouvé le courant ce samedi matin 8 août et on leur avait dit que ce ne serait pas avant lundi. C’est ce qui c’est produit, ils ont été rétablis le lundi, le dimanche et le lundi les équipes électriques travaillaient dans notre rue !

Nous aurions très bien pu être dans ce cas. Ce qui montre que la tempête a été finalement plus grave en conséquences et dommages que la tempête de neige de Halloween 2011, 5 jours sans courant, que  la tempête Quinn de l’hiver 2018, 4 jours et demi sans courant et que aussi la tempête Irene de fin août 2011 (nous n’avions pas perdu le courant, mais avions eu une mini tornade dans le jardin et une partie de la ville était restée sans courant pendant 4 jours) Sandy ne compte pas c’était hors norme (13 jours sans courant). C’est aussi ce qu’ont dit les deux compagnies d’électricité dans leur communication à la mairie : tempête avec des dommages pires que ce qu’ils avaient vu depuis au moins une décennie et plus (hors Sandy bien sûr). C’est pour cette raison que leurs prévisions de réparations se comptaient en jours.

Une précision aussi : sur les 1.7 million de foyers et entreprises ou administrations privés de courant, il y en a eu 1,1 million pour le seul New Jersey… En Virginie par exemple les lignes électriques sont enterrées… Donc même si le New Jersey n’a pas été autant touché que d’autres états plus au sud en termes de la violence de la tempête, les conséquences ont été plus sévères. Qu’est-ce que ça aurait été si la tempête était remontée plus violemment qu’elle ne l’a été… 

Croisons les doigts que ce soit la seule tempête qui remonte pendant cette saison des ouragans (qui sont seulement dans le sud et la côte mid-atlantique normalement).

En images, la sortie d’inspection et d’enlèvement des branches les plus gênantes avec mon fils juste après la fin de la tempête vers 6 heures du soir le 4 août. 

Les jours suivants il ne nous restait plus qu’à couper les 2 branches avec mon fils dont la fameuse branche qui pendouillait derrière une des voitures. Et pour laquelle il me fallait aller chercher un outil au magasin de bricolage (outil commandé le soir même pour éviter la pénurie, ce qui a été le cas, tout le monde s’est rué sur ce type d’outils) : une scie avec un manche de 5 mètres de long puisqu’ils ont fait une erreur sur ma commande et n’avaient plus en stock celui de 4 mètres que j’avais pourtant commandé et payé. En allant au magasin chercher ma commande le lendemain j’ai finalement eu le modèle au-dessus en longueur et en qualité pour le prix déjà payé en ligne alors qu’en réalité il valait le double. Ça m’a pris un temps fou parce que beaucoup de routes étaient encore coupées, dont la route principale d’accès, donc il m’a fallu passer par ailleurs ce qui est plus long et surtout c’était du coup embouteillé : 40 minutes de trajet au lieu de 10 minutes d’habitude.

Une crise dans une crise : Isaias

Tempete tropicale Isaias-2

Une crise dans une crise : Isaias

Donc mardi 4 août nous avons eu le passage d’Isaias dans le New Jersey, sous forme de tempête tropicale et pas d’ouragan heureusement. 

Il a plu par intermittences dans la nuit de lundi à mardi, des gros pointillés de pluies violentes des véritables cataractes. Le matin du mardi il ne pleuvait plus. Nous avons d’ailleurs été réveillés par le chantier de la maison d’à côté comme si de rien n’était. Ce qui me faisait soucis parce qu’ils n’avaient rien sécurisé, toutes leurs planches leurs échelles etc. qui formaient une bonne prise au vent et si ça se mettait à s’envoler partout, notre maison était en première ligne…

Je pensais qu’ils étaient venus pour sécuriser le tout le mardi  matin juste avant le passage de la tempête, il n’en a rien été du tout.

Le passage du coeur la tempête proprement dite était prévue pour l’après-midi donc avec les vents extrêmement violents. 

Mardi matin au réveil j’ai fait le tour du sous-sol : pas d’inondation, les pompes ont tenu le coup et surtout pu pomper au fur et à mesure (c’est arrivé une paire de fois, où il a plu plus vite et plus fort que les pompes pouvaient évacuer). Pompes silencieuses le mardi matin donc tout avait été évacué. Parce que durant la nuit il y a eu des trombes inimaginables par moment.

L’eau n’est pas descendue non plus par l’escalier du sous-sol là où il y a la « hurricane door »  comme c’est le cas certaines fois quand il pleut très fort, ça fait une cascade. La « hurricane door » ou porte tempête, la bien nommée qui sert de sortie de secours en cas d’ouragan et d’effondrement de la maison…

Par contre ce même mardi matin nous avons reçu une notification (par e-mail et texto) : nous étions en vigilance tornade… (tornado watch).

Tempete tropicale Isaias-1

Une crise dans une crise : Isaias

Ce matin-là je suis donc restée en alerte et j’ai fait de la place en bas dans le sous-sol pour le cas où on recevrait l’alerte « seek shelter », c’est à dire « aux abris » !

Nous avons déjà eu ce genre d’alerte l’an dernier heureusement les tornades n’ont pas eu lieu c’était une alerte pour rien mais j’étais restée une heure et demie en bas et je le raconte ici :

https://michusa.wordpress.com/2019/05/31/une-alerte-tornade/

Nous avons eu de la chance mardi parce que dès 15 heures plus de 1 million de foyers et entreprises se sont retrouvés  sans électricité dans le New Jersey. L’état d’urgence avait été déclaré dès le matin en prévision (un autre état d’urgence que l’état d’urgence Covid bien sûr, c’est un état d’urgence intempéries ). On nous a demandé de ne pas circuler : « stay off the roads ».

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Une crise dans une crise : Isaias

Vers 15 heures aussi, la ligne d’urgence de la municipalité a appelé parce qu’une grosse partie de notre ville était sans électricité, beaucoup d’arbres par terre et beaucoup de routes coupées. La police nous a demandé aussi de ne pas circuler (stay off the roads)  parce que c’était extrêmement dangereux entre les arbres et les branches par terre plus les lignes électriques par terre aussi. 

Quant à nous, nous avons eu une chance folle car nous avions toujours de l’électricité à ce moment-là et nous ne l’avons pas perdue, pas même un clignotement de mauvais augure, de toute la tempête.

La tempête en images :

En attendant Isaias

En attendant Isaias

trajet de la tempête tropicale Isaias

Lundi 3 août nous avons eu un avis de tempête tropicale au plus haut niveau d’alerte, « warning » pour la tempête Isaias qui a remonté la côte atlantique, après avoir évité la Floride, jusque chez nous dans le Nord-Est. Pluies torrentielles et vents avec pointes à plus de 100 km/heure, possibilités de tornades localisées. Cette tempête a flirté avec l’ouragan et a fluctué entre tempête tropicale et ouragan. Pour finir nous n’avons eu qu’une tempête tropicale dans le New Jersey et le Nord-Est. Ça a suffi à notre malheur.

La tempête tropicale Isaias devait toucher le New Jersey au petit matin du mardi 4 août et passer pendant toute la journée pour finir en fin de journée ce même mardi. Par contre les pluies torrentielles ont commencé dès le lundi 3 août soir avec les franges de la tempête.

En cas d’alerte tornade, la mairie nous appelle sur la ligne d’urgence pour qu’on aille se réfugier dans le sous-sol et je suis enregistrée auprès de la mairie et du comté sur tous les téléphones, e-mails textos possibles pour que si l’un des moyens de communication coupe on en ait un autre qui reçoive l’alerte.

Conformément à la procédure recommandée par le consulat et des organismes météo nationaux, j’ai prévenu mes parents et mes amis en France de l’avis de tempête qui nous concernait.  La règle c’est d’informer des gens le plus loin possible, dans un autre état au minimum, un autre continent encore mieux car on sait que les communications et les informations passent mieux au loin que localement dans ces cas-là. On l’a effectivement vérifié lors de du super-ouragan Sandy en 2012. Sans nouvelles prolongées de notre part, charge à eux de contacter les autorités consulaires à New York voire les autorités françaises en charge des expatriés, en France, puisque nous sommes inscrits au consulat pour cette raison notamment. 

En attendant Isaias

L’e-mail du consulat de France à New York

J’ai passé une partie de la journée du lundi donc à faire les préparatifs « tempête d’été », que vous pouvez voir en images dans cette vidéo filmée au fur et à mesure.

On pouvait s’attendre aussi à des coupures de courant généralisées, qui sont de plus en plus fréquentes en cas de tempête maintenant, ce qui n’était pas le cas il y a 15 ou 20 ans. Les infrastructures ne sont pas maintenues ni même modernisées ni même carrément remplacées, ce qu’il faudrait faire, j’y reviendrai.

Heureusement qu’il me reste 20 litres d’essence de secours (de mon stock d’hiver pour le groupe électrogène), que j’élimine en général en mai pour éviter de garder de l’essence dans des jerricans pendant les mois de grosses chaleurs. Mais avec le Covid on ne roule presque pas et j’ai eu du mal à écouler ce stock d’essence d’hiver (heureusement cette année je n’avais fait que 80 litres de stock). D’habitude j’ai tout consommé dans ma voiture à la fin juin. Lundi je les ai transvasés dans 2 bidons de 10 litres que je pense passer dans la tondeuse en attendant de pouvoir les balancer dans une des voitures (il y en a pour 2 ou 3 ans dans la tondeuse !) sauf si besoin pour le groupe électrogène pendant une tempête donc, celle-ci ou une autre… Tout en espérant que non parce qu’avec la chaleur qu’il fait, le groupe électrogène n’est pas fait pour alimenter l’air conditionné mais juste taillé pour alimenter les pompes à eau (alimentation et évacuation), les frigos/congélateurs et le petit appareillage électrique courant, le modem, les ordinateurs et les lumières, pas plus. Donc je serais obligée de faire sauter les fusibles des 2 unités air conditionné centrales. Il faut également débrancher le micro-onde qui fait plus de 1000 watts et le grille-pain dans le même ordre de grandeur, ne pas se servir de l’aspirateur ni d’un quelconque sèche-cheveux. Mon toaster four d’appoint aussi devrait être débranché. Tout le reste peut fonctionner car ce sont tous des appareils à gaz avec juste les thermostats qui sont électriques. 

En milieu d’après-midi du lundi 3 août, il faisait toujours bien chaud, grand soleil et ciel bleu, comme c’est souvent le cas du calme avant la tempête.

En attendant Isaias

Isaias : les nouvelles du lundi soir

 

La Terre est plate — trace

 

En écho à ce que j’écrivais récemment sur la propagande et la désinformation qui ont cours ici, dans un des pays les plus riches du monde, [America first, la Terre est plate], un article du New York Times en date du 29 juillet tente de mettre le doigt sur une raison, trouver une explication : pourquoi l’un des pays les plus riches du monde, avec toutes ses ressources financières et industrielles, scientifiques et universitaires qui sont à sa disposition, s’en sort si mal pour gérer et stabiliser cette pandémie et assiste impuissant à la pire éruption de virus que partout ailleurs — n’en déplaise à l’agent orange (et ça lui déplaît, il ne faut que du positif et des bonnes nouvelles, en ces temps où tout va mal on a qu’a les inventer s’il n’y en a pas et nier les mauvaises — c’est une citation ! ) Pourquoi donc l’épidémie fait-elle rage ici de façon pire que partout ailleurs dans les pays développés et riches ?

Il y a de multiples raisons, l’une et non des moindres, étant l’agent orange, mais le New York Times soulève une autre raison tout aussi importante : en sus donc de l’agent orange incompétent et dangereux et toute une cour qui le courtise — il n’est pas seul et ceci rejoint cela : il y a les Fox News et autres chaînes télévisées, et propriétaires de journaux d’extrême droite (très extrême, on pourrait dire fasciste voire pire), il n’est pas seul comme je disais !

Ces groupes multimédias d’extrême extrême droite n’existent pas à ce niveau de diffusion, d’audience et de moyens financiers ailleurs dans le monde (démocratique) et c’est la perte de ce pays. Le NYT pointe avec justesse que la taille et le pouvoir (financier et par conséquence de nuisance ) de ces médias n’ont aucun équivalent dans le monde occidental et riche (nommément Canada, Japon et la majeure partie de l’Europe). Ils mentionnent une organisation de presse et télévision que je ne connaissais pas ( heureusement pour moi, d’après ce qu’ils décrivent c’est à vomir ! ) peut-être même pire que Fox News (encore que) qui n’est déjà pas un cadeau. Ce groupe de médias (je refuse de citer son nom) en particulier touche 40 % ( ! ) des Américains via les nouvelles locales — propagande mensonge éhonté anti-science et théories du complot, conspirations et conspirationisme sont au programme et ça a l’air normal, personne n’y trouve à redire, Ça a pignon sur rue, ce n’est pas sous le manteau ni dans le DarkNet. 

C’est vrai, dans les autres pays il n’y en a pas de cette dimension, les complotistes et autres fous à lier ne touchent pas une grande audience et surtout ne sont pas pourvus des moyens colossaux tels que ceux de ce groupe (200 chaînes de télé plus la presse et peut-être d’autres médias dont nous n’avons pas idée ) pas plus que ceux de Fox News qui a des moyens équivalents et surtout qui influence énormément le président actuel — avec les résultats que l’on sait. Chaînes de désinformation, de mensonges, de théorie du complot plus agent orange décérébré donnent pour résultat un cocktail explosif dont nous (la population) faisons les frais sur le plan sanitaire en premier lieu, mais pas que (disons qu’en ce moment le problème sanitaire est le problème majeur).

Si un illuminé fait la promotion de la Terre plate en Europe, il aura peu d’audience notamment dans le grand public, ce qui n’est pas le cas ici. Ici, non seulement il aura une audience, mais surtout des moyens financiers extraordinaires pour le soutenir et supporter sa cause aussi arriérée soit-elle.

Sans compter qu’outre ces groupes multimédias extrêmement puissants, le NYT pointe aussi le pouvoir de nuisance des réseaux sociaux (par leur essence même je dirais) surtout parce qu’ils traînent des pieds pour faire le nettoyage de la désinformation qui circule sur leurs plates-formes (le NYT cite nommément FB et YT).

Ces deux points mis en avant par l’article du NYT sont les deux raisons majeures qui font que le virus nous a atteints avec une telle force et provoque un tel désastre ici sans lueur au bout de notre tunnel — descente en vrille totale.

Le virus, quel virus ?