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Chose simple

C’est vraiment une chose et c’est vraiment simple : un arrosoir en plastique de jardin capacité 10 / 12 litres.

Croyais-je.

Je voulais acheter un arrosoir de jardin, le bon vieil arrosoir en plastique vert que j’ai toujours vu partout, de grande capacité, plus de 10 litres, avec pommeau amovible, une grande ouverture et anse qui va du haut au bas du corps de l’arrosoir. Bref cet arrosoir qu’on voit partout sans y penser plus que ça.

La bonne capacité de 10 ou 12 litres est impérative pour le jardin sinon on fait des allées venues,  qu’il soit facile à remplir (grande ouverture) et facile à transporter avec une grande anse que l’on peut saisir à 2 mains.

Simple, non ? Surtout qu’il existe, c’est cet arrosoir vert que j’ai toujours vu.

Eh bien non ! Cela n’existe plus ou c’est très compliqué : d’abord le principal argument de choix c’est la couleur. WTF ? Je me fous de la couleur, d’avoir un arrosoir violet ou pastel ou « teal » (un genre de bleu vert, une couleur très à la mode), je veux un arrosoir de jardin, robuste et de grande capacité.

Eh bien non ! Une recherche sur Internet ne m’a donné qu’un seul spécimen de couleur « bleu français »  ( ? ) qui fait bien 3 gallons (un peu plus de 11 litres, puisque nous sommes toujours en mesures prémoyenâgeuses et non métriques) à 30 dollars quand même plus les frais de port. En magasin il n’y en a tout simplement pas, j’ai passé une heure vendredi matin à en chercher dans tous les rayons possibles où ils auraient pu être cachés à Home Depot, le Casto local. Cela fait 40  dollars, même sur Amazon (où il s’avère que c’est le même fournisseur que j’avais trouvé dans ma recherche Internet). Un seul fournisseur, un arrosoir unique de couleur « French blue » et à 40 dollars. Aucune autre solution.

Sinon ce sont de petits arrosoirs d’intérieur, de couleurs fantaisie (passe encore) et de formes toutes plus alambiquées les unes que les autres (je me demande quelle substance ces concepteurs fument, ça doit être fort et chargé parce que pour arriver à certaines de ces formes d’arrosoir il ne faut pas être clair) et avec une ouverture microscopique qui fait que quand on les remplit on en fout de partout (à remplir dehors impérativement sauf que ce sont péniblement des 6 ou 8 litres alors pour le jardin c’est un peu petit) il faut presque un entonnoir, que dis-je, il faut un entonnoir pour en remplir certains.

Celui que j’ai est un peu petit (ce n’était déjà pas le classique, je n’avais pas dû le trouver à l’époque, acheté il y a 15 ans) mais la pomme a lâché il y a quelque temps. C’est évidemment une pomme  moulée d’une seule pièce avec le corps de l’arrosoir. J’ai fonctionné avec un scotch pendant un moment mais ce n’est pas pratique et ça ne fait plus « douche ».

Après le fiasco de mes recherches dans le magasin et sur Internet (j’y croyais encore, je pensais que le magasin soit n’en avait plu soit les avait cachés comme ils aiment bien le faire dans tous les magasins de bricolage que je connais) je vais tout simplement couper la pomme cassée de mon arrosoir et m’en servir comme ça, sans pomme d’arrosoir. Hors de question de mettre 40 dollars dans un bout de plastique surtout si je lis les évaluations clients : il n’est même pas robuste (sans doute merde in China) et durera sans doute moins d’un an, sans compter que la pomme d’arrosoir ne tient pas bien apparemment et est encore plus fragile que l’arrosoir.

Chose simple disions-nous…

mon bricolage

La vie telle que nous la connaissions (vidéo)

Montage réalisé à partir de séquences vidéos tournées en avril 2019. La vie telle que nous la connaissions, que nous tenions plus ou moins pour acquise dans ses grandes lignes sauf accident  personnel ou ponctuel. Rien d’extraordinaire, petites allées et venues au supermarché, à la poste, au tai-chi, chez le marchand de vin avec des dégustations sur place, aller chercher quelqu’un à l’aéroport, aller manger une pizza avec des amis, aller faire du lèche-vitrine au grand centre commercial, « Mall », voisin, toutes ces choses banales que nous faisions sans y penser outre mesure.

Ce qui n’a pas changé entre alors et aujourd’hui : les fleurs dans mon jardin et les couchers de soleil — tout le reste a simplement disparu ou s’est fortement ralenti, fait à la va-vite la peur au ventre et sans aucun plaisir.

Snowmageddon trace — vivre avec la neige

1er mars 2021

Un peu plus d’un mois après la tempête Snowmageddon, ça y est la neige fond, on voit maintenant bien le sol et les températures, toujours assez froides jusqu’à présent, devraient monter et nous donner un avant-goût de printemps : entre 15 et 20 degrés Celsius dans les jours qui viennent cette semaine — du moins ce sont les prévisions.

Depuis cette grosse tempête du 1er et 2 février, il a neigé une ou deux fois par semaine, quelques fois un saupoudrage quelques fois plus mais toujours suffisamment pour qu’il faille nettoyer — la pelle a suffi, nous n’avons plus eu besoin de mettre en action le chasse-neige. 

Vivre avec la neige, le sol couvert de neige, est un peu compliqué et nécessite des aménagements et de la préparation. Certaines tâches qui ne nécessitent que quelques minutes et auxquelles on ne pense même pas en les exécutant, deviennent des travaux à part entière et demandent du temps, beaucoup plus de temps. Quand le sol est couvert de neige et qu’il fait toujours bien froid (températures qui ne passent pas en positif dans la journée) on ne peut pas juste enfiler ses sabots de jardin pour aller chercher son courrier ou remonter ses poubelles.

Illustration en vidéo — en l’occurrence il nous a fallu excaver les poubelles.

Les cartons à recycler mentionnés dans la vidéo, ceux qui avaient été mis dehors fin janvier et ensevelis par la tempête Snowmageddon puis par les chutes de neige continuelles pendant presque tout le mois de février, y sont toujours. La semaine dernière je pouvais y accéder puisqu’une partie de la neige avait fondu mais il m’a été impossible de les prendre pour les descendre le jour du recyclage : ils étaient collés au sol par le gel. Ce sera pour le recyclage de la semaine prochaine j’espère.

Il a donc neigé régulièrement une grande partie du mois de février, jusqu’au’ au 22 février, ce qui nous a bien occupés. Ensuite ce sont les fuites d’eau dans le sous-sol qui ont pris le relais pour nous occuper, pas la fonte des neiges mais des véritables problèmes de tuyauteries — c’est une autre histoire, la plomberie aux États-Unis est d’une qualité déplorable, tout lâche régulièrement et a besoin d’être remplacé — par du matériel d’aussi mauvaise qualité qui lâchera quelques années plus tard, une façon de faire marcher le « business » je n’exagère pas c’est réel et fait à dessein.

1er mars 2021
1er mars 2021
1er mars 2021

Snowmageddon — nettoyage

Tempête Orlena 2 février 2021 matin

Ci-dessous en vidéo tout le nettoyage que nous avons eu à faire après la tempête Orlena du 31 janvier au 2 février 2021

Dans la semaine qui a suivi nous avons encore dû faire deux nettoyages supplémentaires, sans chasse-neige heureusement mais à la pelle quand même.

Depuis cela s’est calmé cette semaine, la tempête de glace (de glace ! une première pour moi, il ne s’agissait pas de pluies verglaçantes, ça nous avons eu l’habitude malheureusement mais d’une tempête de glace, Uri de son petit nom) n’a pas eu lieu du tout. Au contraire il a fait chaud, nous sommes repassés en positif hier soir et tout aujourd’hui pour la première fois depuis quelques semaines, jusqu’à +8 degrés Celsius et il a plu toute la nuit passée. Comme l’a dit un météorologiste : aujourd’hui il neige à Houston au Texas et il pleut à Philadelphie dans le Nord-Est ; quelles sont les chances que cela arrive ? Aucune ça n’arrive jamais… sauf que c’est arrivé. Il en était tout aussi étonné que nous. Houston c’est au grand sud du Texas, à la latitude de La Nouvelle-Orléans, du nord de la Floride, dans le golfe du Mexique, quasiment les Caraïbes. Un endroit où ils n’ont jamais de neige ou une fois par vie.

D’ailleurs le réseau électrique du Texas a capitulé et des millions de gens se sont retrouvés sans électricité et apparemment ils n’en ont pas l’habitude. Ce ne sont pas les lignes qui ont cassé sous le poids du gel ou de la neige comme je le pensais et comme cela se produit chez nous, voire des arbres qui s’abattraient sur les lignes pour les mêmes raisons, mais simplement la demande électrique pour se chauffer qui a fait imploser le système : la demande n’arrivait pas à être fournie, le système s’est effondré. Il faut dire que des températures de -8 degrés ils n’ont pas l’habitude et aussi leur mode de chauffage est principalement électrique puisqu’ils en ont à peine besoin tout au long de l’année. Le réseau et les stations génératrices secondaires n’ont pas tenu le coup malgré les tentatives de délestage. Malgré les exhortations des compagnies électriques et des pouvoirs publics à rationner son chauffage et ses besoins pour chaque particulier. Lesquels ont dû avoir peur de mourir de froid et ont poussé les chauffages domestiques au contraire.

Ceci dit aussi nous savons pour l’avoir vécu plusieurs fois, qu’avant de mourir de froid dans une maison même non chauffée, il en faut. Il suffit de bien se couvrir. Ce n’est pas confortable du tout mais on peut survivre (comment font les alpinistes qui font des bivouacs en montagne en hiver sous la neige quand ils font des randonnées ? ) Il suffit de se vêtir chaudement d’empiler plusieurs vêtements, puis plusieurs couvertures et on peut survivre sans chauffage — beaucoup moins dangereux que des solutions de fortune à base de four à gaz, de chauffage d’appoint au diésel ou autre carburant, chauffage mauvaise qualité sans ventilation adéquate, avec un empoisonnement au monoxyde de carbone qui suit immanquablement. Même avec les cheminées il faut faire attention, surtout quand on n’a pas l’habitude (ce n’est pas évident qu’ils aient des cheminées dans ces maisons du grand sud d’ailleurs). Apparemment les bricolages dangereux ont été légion puisque les autorités déplorent déjà beaucoup de morts par empoisonnement au monoxyde de carbone, en à peine 24-36 heures de tempête ! Alors qu’avant de mourir de froid proprement dit quand on est dans un abri même sans chauffage, il en faut.

Lors de l’ouragan mémorable Sandy et de nos 13 jours sans électricité, dont une partie lors d’un nor’easter et d’une tempête de neige qui ont suivi l’ouragan, je lisais la Correspondance croisée de Jacques-Laurent Bost et Simone de Beauvoir pendant la drôle de guerre de 1940 et il lui écrivait que lui et les autres soldats de son régiment dormaient dans une grange et qu’il faisait zéro degré dans la grange. Ils s’en sortaient en empilant vêtements et couvertures. Donc il y a de la marge, je me disais que s’ils avaient pu survivre sans rien faire d’exceptionnel, nous le pouvions aussi.

D’autant qu’à l’époque ils étaient moins bien équipés que nous, ils n’avaient pas tous ces vêtements high-tech ni ces duvets que nous avons maintenant.

Lors de cette tempête, je m’étais dit qu’avec la maison à 12 degrés après quelques jours c’était largement jouable et qu’avant qu’elle descende à zéro nous avions encore de la marge. Et qu’à zéro on pouvait encore survivre en se couvrant bien, en mangeant chaud (il suffit d’un petit réchaud à gaz de camping, ce n’est pas compliqué, nous, nous avons une cuisinière à gaz, encore plus simple. Depuis cette expérience — ces expériences, ce n’était pas la première fois, je n’ai plus eu aucune envie de la changer pour une électrique bien entendu). Ce n’est pas amusant ni confortable mais on survit, bien plus qu’en bricolant des solutions de fortune à base de flamme…

D’autant que la tempête a commencé seulement hier et continué aujourd’hui au Texas, donc même s’il fait froid dehors la température n’est certainement pas déjà descendue à zéro dans les maisons en seulement 24 ou 36 heures (c’est du vécu). Il y a une certaine inertie et une partie du courant devrait être rétablie ce soir ou demain mercredi. [Note pendant la rédaction de cet article : les compagnies électriques ont en fait rétabli le courant pour 97% des clients ce soir.] Alors… je pense que nos aïeux étaient un peu plus résistants, pas seulement physiquement mais moralement surtout, et que cela nous manque de savoir tenir le coup quand une situation n’est pas confortable. (Franchement, 24 ou 36 heures ? vraiment ? nous sommes quand même devenus des sacrées mauviettes.)

Quant à nous dans le New Jersey, cette fois nous étions au nord de la neige et de la glace : les tempêtes de neige et de glace ont eu lieu plus au sud de chez nous, du jamais vu !

Donc voici en vidéo notre déneigement de la tempête Orlena du début du mois, déneigement qui nous a pris 4 heures à deux et avec l’aide du chasse-neige heureusement ! Sinon ça nous aurait sans doute demandé un à deux jours de travail. Nous avons tout de même mis 2 jours à nous en remettre, nous n’avons plus l’habitude puisque la dernière fois que nous avons eu une chute de cette envergure c’était il y a 3 ans, en mars 2018, d’autant plus avec le manque d’exercice physique depuis presque un an de confinement.

Prochaine tempête dans les tuyaux, Viola, ce jeudi, après-demain, avec une bonne trentaine de centimètres de neige a priori. À moins que nous y échappions comme à celle-ci qui a bombardé le grand sud (Uri) mais ça n’en prend pas le chemin cette fois. Au temps pour notre déficit de neige.

Déficit

Tempête Orlena 1 février

Je veux parler non pas d’un déficit budgétaire ou public (quoique, on pourrait en parler, il y a beaucoup à dire sur ces fables dont on nous abreuve depuis trop longtemps et qui sont (un peu) débusquées avec la pandémie) mais d’un « déficit de neige » (je cite ! ) 

Le nord-est des États-Unis, la région où j’habite, est en déficit de neige nous a-t-on dit en décembre dernier car il n’y a pas eu de vraie chute de neige depuis plusieurs années, 3 ans pour nous dans le New Jersey, depuis l’hiver 2017/2018 et spécialement les mois de février mars et avril 2018 où nous avions été littéralement pilonnés, nor’easter après nor’easter et tempête de neige après tempête de neige — la dernière de la saison avait eu lieu le 2 avril — jusqu’à un dernier saupoudrage le 6 avril. Et 5 ans pour New York, la ville, qui avait été peu touchée par ces tempêtes à répétition, dont la plus importante, Quinn avait provoqué des chutes d’arbres et de lignes électriques et nous avait privés de courant pendant 4 jours et demi, expérience que je raconte ici :

https://michusa.wordpress.com/2018/03/07/prendre-la-neige-de-vitesse-2/

https://michusa.wordpress.com/2018/03/09/le-mot-du-jour/

https://michusa.wordpress.com/2018/03/17/quatre-jours-et-demi/

https://michusa.wordpress.com/2018/03/19/the-big-one/

Depuis nous n’avions pas vraiment eu de neige à part quelques saupoudrages ou de toutes petites chutes vite fondues quelques jours après. Même la chute de neige de ce décembre dernier (tempête Gail, lire ici https://michusa.wordpress.com/2020/12/15/en-attendant-gail/ ) était de peu d’envergure finalement, contrairement aux prévisions météorologiques alarmistes— ça avait été la limite basse pour utiliser le chasse-neige et nous aurions presque pu nous en abstenir puisque quelques jours après il avait tellement plu que tout avait fondu. Cela faisait depuis mars 2018 que nous n’avions plus eu besoin d’utiliser le chasse-neige. En décembre (2020) donc il y avait eu plus de peur que de mal malgré les prévisions un peu pessimistes : dans le New Jersey Central nous sommes à la limite géographique inférieure des grosses chutes de neige et certaines fois nous y échappons à quelques dizaines de kilomètres près. Ces 3 dernières années, nous étions ainsi passés à travers toutes les chutes de neige importantes. Plus au nord, même si en règle générale ils ont eu plus de neige que nous ces dernières années, ils n’en ont pas eu comme ils en ont d’habitude et tout le Nord-Est était donc en déficit de neige (heureusement nous n’étions pas en déficit de pluie et les nappes phréatiques étaient quand même remplies). 

Par contre ce dimanche 31 janvier 2021, cette fois était la bonne, une big one comme on dit ici, la tempête Orlena autrement nommée snowpocalypse, snowmageddon, les noms  ne manquent pas, au choix. Surnommons-la du petit nom doux de Snowmageddon. 

Il a commencé à neiger le dimanche vers la mi-journée, légèrement tout d’abord puis en début de soirée il s’est mis à neiger de plus en plus dru.

Le lundi à midi, soit moins de 24 heures après le début des hostilités plus sérieuses, j’avais de la neige à mon genou en haut des marches de l’escalier extérieur, soit 45-48 cm  et sans effet snow drift qui devait venir plus tard (neige entassée par le vent). À ce moment-là, lundi midi, les prévisions annonçaient qu’il allait continuer à neiger sans s’arrêter jusqu’au lendemain soir, soit encore 30 ou 36 heures. Ce qui s’est produit.

Tempête Orlena 1 février milieu après-midi

Photo prise par la fenêtre de mon salon le lundi 1er février 2021, toute la neige qu’a déversé la tempête Orlena en 24 heures : Orlena est un nor’easter, un cyclone d’altitude (qui se produisent en général entre octobre et mars et qui déversent toujours beaucoup de précipitations — et vu notre situation géographique et la saison d’octobre à mars, ces précipitations sont toujours de la neige : je n’ai encore jamais vu de nor’easter qui ne nous apporte pas de la neige, beaucoup de neige. 

Ça tombe bien pour le déficit de neige, un peu moins pour nos muscles qui ont été mis à rude épreuve le mardi. Ça a été brutal, une big one surtout qu’il a neigé pendant plus 48 heures sans discontinuer ce qui est assez rare chez nous. Habituellement c’est 24 ou 30 heures d’affilée maximum. Nous avons eu 48 heures de neige en continu seulement une ou deux fois, dont une fois en février 2003 et en 2010 ou 2011 mais plus de 24 heures de chute de neige en continu c’est assez rare. Heureusement il avait fait très froid en début de semaine (polar vortex) et la neige était légère (fluffy) et donc n’a pas fait de dégâts contrairement à 2018 où c’était de la neige très lourde suivie par de la pluie verglaçante. Il avait aussi gelé après la tempête ce qui avait été un désastre (arbres qui avaient cassé et emporté les lignes électriques, fils électriques qui avaient cédé sous le poids de la glace et de la neige, etc.) Rien de tout cela cette fois, juste une grosse tempête de neige, 70 cm mesurés le mardi après-midi à l’endroit goudronné où nous garons les voitures dans le jardin.

De quoi combler notre déficit de neige.

Voici en vidéo les premières 24 heures de ce Snowmageddon :

Matin de tempête

Le calme avant la tempête en fait, ce matin 11 heures dans mon jardin :

Matin de tempête (11 heures le 16 décembre 2020)
Matin de tempête (11 heures le 16 décembre 2020)
Matin de tempête (11 heures le 16 décembre 2020)

Mise à jour à 15 heures, heure de New York : quand on parle de precision, les dernieres previsions donnaient le debut de la tempête à 15 heures et à 15 heures exactement il a commencé à neiger :

Courses du 18 septembre 2020

En partance pour les courses 18 septembre 2020

La dernière fois que j’ai fait les courses alimentaires c’était il y a un mois, le 18 août et je m’étais fixé comme objectif d’y retourner un mois plus tard. Ce que j’ai fait ce18 septembre qui tombait un vendredi, un jour de semaine, ce qui est mieux pour éviter d’avoir trop de monde et pas un lundi non plus, pour avoir de meilleures chances de rayons approvisionnés.

sur le départ

Comme d’habitude depuis notre nouvelle vie de pandémie, j’y suis allée de bon matin, vers 8 heures pour éviter le monde. Procédure habituelle de gants, lingettes, cartes de fidélité et de paiement dans la poche pour ne rien à avoir à tripoter dans mon sac etc.

arrivée au magasin

Les rayons ne sont pas pleins, il y a à peu près de tout mais pas en dans les mêmes quantités qu’avant la pandémie et il y a toujours des articles absents — les lingettes désinfectantes au chlore. Absolument introuvables où que ce soit.

Cette fois il n’y avait pas non plus de papier essuie-tout. Le papier toilette, c’est revenu depuis fin juin ou début juillet mais la moitié de ce rayon qui contient d’habitude le papier essuie-tout était intégralement vide, comme en mars ou avril. Pourtant depuis il y en a eu en magasin du papier essuie-tout : les dernières fois que j’ai fait les courses en juin juillet et août il y en avait. Cette fois plus un seul rouleau essuie-tout. Ce qui confirme qu’il faut toujours avoir un petit stock d’avance d’à peu près tout, on ne peut pas vivre comme avant à flux tendus et acheter à la volée. Ce qui est valable pour mon organisation domestique est aussi valable au niveau industriel d’ailleurs mais certains ne semblent toujours pas l’avoir compris.

D’autres choses que certains n’ont toujours pas comprises : parmi les employés qui remplissaient les rayons, deux qui étaient réticents au masque — le masque est obligatoire dans les commerces et supermarchés et dans tous les endroits publics où il y a du monde, d’autant plus quand c’est à l’intérieur. Obligation par ordonnance du gouverneur de l’état du New Jersey.

Donc ces employés : l’un caché derrière ses piles de pain de mie dont il remplissait les rayons avait carrément le masque sous le menton. J’ai vu ça de loin, j’ai fait demi-tour et suis allée dans une autre allée. Je cherchais quelque chose, il aurait pu sans doute me renseigner mais je me suis bien gardée d’approcher et de lui demander. L’autre caché lui aussi, derrière des piles de bouteilles d’eau minérale avait sont masque sous le nez. J’allais donc faire demi-tour d’autant que je n’avais pas besoin de m’avancer plus dans cette allée où je n’avais rien d’autre à acheter quand j’ai vu passer au bout de l’allée une femme avec un gilet de Stop and Shop qui devait être un manager : du coin de l’œil j’ai vu que l’employé avec son masque sous le nez le remontait précipitamment sur son nez. La femme était donc bien une manager comme je le pensais et quand il a vu passer son manager il a vite remonté son masque : il s’est senti merdeux — il l’était et je suppose aussi que c’est une cause de licenciement en ce moment.

Ces deux-là étaient tous les deux des hommes et relativement jeunes, moins de 30 ans.

Ils sont pitoyables et, non, ce n’est pas comme la ceinture de sécurité ou le casque de moto. Après tout dans ces cas-là ça ne nuit qu’à eux s’ils ont un accident et qu’ils sont blessés ou tués, tant pis pour eux. Dans le cas des masques, c’est la communauté, ce sont les autres qu’on protège plus que soi-même. En vrai ce n’est pas seulement pitoyable, ce sont des morons comme on dit ici (des crétins).

Mais j’ai vu pire ce jour-là, toujours dans ce magasin, une première d’ailleurs : un homme qui faisait la revue des stocks — au niveau du rayon froid, saucisses et viande, encore mieux ! Manifestement cette fois c’était un gars de niveau supérieur, soit manager en chef ou directeur adjoint, ce genre-là, un gars entre 50 et 60 ans. Il faisait le point des rayons avec un bloc-notes, comme on en voit régulièrement le faire : eh bien lui n’avait absolument aucun masque, même pas sous le menton,  aucun !  C’est formellement interdit mais à tous les coups il devait avoir une « bonne raison » voire une prescription médicale. Soit dit en passant, quel docteur est assez moron, abruti, pour délivrer ce genre de prescription. Si le gars ne peut médicalement pas porter un masque (WTF ! ) eh bien il est sans doute incapable médicalement de travailler aussi. Il ne faut rien exagérer, les masques chirurgicaux ou médicaux jetables, les bleus, ne sont pas si pénibles à porter que ça et n’empêchent absolument pas de respirer. Je n’en reviens toujours pas ou cela parait tellement énorme alors que c’est obligatoire par ordonnance du gouverneur, d’autant plus pour quelqu’un qui travaille dans le supermarché. Et  même s’il avait une bonne raison ( sic !  je n’y crois absolument pas aux bonnes raisons, j’appelle ça de la foutaise d’autant plus quand on travaille dans le public, dans un magasin alimentaire et encore pire, au rayon froid et viande — on se souvient des foyers d’envergure dans les abattoirs ) mais même s’il avait eu une prescription médicale contre le masque, il aurait pu (il aurait dû) avoir au moins un écran en plastique — là il n’y a absolument aucune, mais alors aucune, contre-indication ! Déjà que pour le masque, je répète, j’en doute fortement des contrindications médicales. Ou alors si on en est là, on n’est certainement pas apte à travailler. D’autant que ces écrans en plastique transparent, on les trouve facilement, ils sont peu chers et réutilisables après désinfection ou lavage au savon. Donc aucune excuse.

Cerise sur le gâteau, Ô rage ô désespoir ! ô connerie ennemie ! encore une fois : le pire c’est que ce gars sans masque aucun, eh bien il se raclait la gorge bruyamment et toussotait bref expectorait ! Tout ça sans masque, le pire du pire . Et surtout pas dans son coude ni même dans ses mains ni un mouchoir, rien. Il expectorait bruyamment à tout va pour bien en faire profiter tout le monde autour. (Il y avait en plus un autre employé, masqué lui, qui travaillait avec lui, à 2 pas de lui.)

J’étais loin, à bien plus des 2 mètres, sans doute 3 ou 4 mètres quand je l’ai vu et surtout entendu et j’ai vite filé encore plus loin.

Quant aux clients dans le supermarché, ils avaient tous un masque, correctement mis, qui couvrait nez et bouche.

La seule personne qui est venue près de moi mais qui était masquée comme il faut et avait aussi des gants c’était à la caisse automatique pour m’aider. Il y a toujours un truc qui ne passe pas et comme j’avais beaucoup de sacs elle m’a aidée avec mes sacs et rempli un caddie vide avec mes sacs pleins d’articles déjà scannés qui s’empilaient (après m’avoir demandé la permission de le faire et en restant le plus loin possible, elle s’est seulement approchée plus près au moment où il a fallu débloquer un ou 2 produits). Mais premièrement c’était une femme (il y a bien sûr des femmes réticentes au masque et morons mais globalement j’ai remarqué que les femmes observaient plus volontiers le port du masque. Deuxièmement c’était une Asiatique. Je sais qu’en nos temps de confusion mentale et d’exagération politiquement correcte il ne faut rien dire de ce genre mais les Asiatiques en général et en particulier n’ont pas nos états d’âme d’enfants pourris gâté sur les masques. On l’a bien vu en Asie avec cette crise et avec les crises sanitaires précédentes et dans la vie en général. Au moindre doute les Asiatiques portent un masque. La logique imparable puisqu’on sait depuis une bonne centaine d’années que le masque est une des meilleures barrières pour les infections respiratoires, c’est que dans le doute qu’il vaut mieux le mettre pour rien, que ne pas le mettre et se trouver finalement dans une situation de contamination. Le mettre pour rien ne nuit pas, le contraire si.

Et ici dans le New Jersey les premiers à porter des masques c’étaient les Asiatiques justement, dès qu’il y  en a eu un petit peu de disponibles. Et avant ça ils mettaient des écrans en plastique puisqu’il n’y avait rien d’autre pour protéger les autres et se protéger. Une de mes élèves de tai-chi (originaire de Singapour) me l’avait dit lors d’une de mes premières classes sur Zoom : au début, quand on ne trouvait pas encore facilement des masques voire pas du tout elle a tout de suite investi dans un écran et ils étaient chers à l’époque, entre 20 et 30 dollars pièce. Elle avait payé le sien 29 dollars ! Sans rechigner, la santé et la protection passaient avant tout. Heureusement ils sont maintenant 10 fois moins chers, entre 2 et 3 dollars pièce.

après les courses
après les courses

Malgré ces petits incidents — qui pourraient être graves, je parle surtout du gars qui toussait et crachait ses poumons en plein magasin—  j’ai fait des énormes courses. Énorme total aussi. J’en ai acheté plus que d’habitude et aussi les prix ont augmenté. D’autant que ce magasin en centre-ville de Berkeley Heights est cher, je ne m’en servais ces dernières années que pour les produits que je ne pouvais trouver ni chez marchand de légumes et produits frais ni au club d’achat en gros. Je faisais le principal entre ces 2 endroits et complétais ponctuellement avec mon supermarché Stop and Shop.

Énormes courses 18 septembre 2020

Mais depuis la pandémie je ne suis plus allée chez mon marchand de légumes (raisons expliquées ici), ni au centre d’achat en gros (raisons expliquées ci-dessous). Par contre je commande tout ce qui peut se faire expédier par paquet postal ou UPS à ce centre d’achat en gros. 

J’ai décidé que je ne retournerai pas faire les courses alimentaires avant début novembre, donc dans un mois et demi cette fois vu la note que j’ai eue. Aussi, entre-deux pour faire la jonction, je vais retourner chez mon marchand de légumes et produits frais maintenant que ma fille m’a dit qu’ils ont installé les écrans pour les caisses et que tout le monde (enfin en théorie) a un masque et que c’est obligatoire à l’intérieur des magasins (en théorie). Ceci dit ce sont des Coréens qui sont les patrons et propriétaires de ce magasin de légumes même si les employés et caissiers sont plutôt sud-américains. Donc il y a de fortes chances que la règle du masque soit bien observée et encore plus pour leurs employés. 

De toute façon ma règle de base en ces temps de pandémie, c’est que si je ne le sens pas ou si je suis mal à l’aise je m’en vais voire je n’y vais pas du tout. Il faut se fier à son instinct, à ces tripes. Encore plus ces temps-ci.

J’irai de bonne heure parce ce magasin est vraiment petit mais les prix pour le pain et les fruits et légumes sont vraiment plus raisonnables que le supermarché. Il me faut certains fruits comme citrons, mangues, oranges, mandarines, avocats, tout ce que je ne peux pas avoir par la livraison des produits des fermes locales en fait, mon « panier » de fermes. Pour le gros des légumes qui peuvent pousser ici dans le New Jersey, je continue mon abonnement au panier de fermes bien entendu.

Quant au centre d’achat en gros, BJ’s, j’évite parce que c’est sur la grande route commerciale 22. Il y en a peu dans le New Jersey de ces grands entrepôts de vente, contrairement à un supermarché ordinaire, donc ça brasse une population de plusieurs villes et comtés des environs — ce n’est même pas dans ma ville. Alors que le supermarché de Berkeley Heights brasse essentiellement des habitants de Berkeley Heights puisqu’il y a un voire 2 de ces supermarchés dans chaque petite ville— aucune raison d’allier dans des villes éloignées pour aller dans un supermarché puisqu’on a le même dans sa propre ville ou la ville toute voisine (Gillette pour moi puisque c’est même plus proche que mon centre-ville de Berkeley Heights). Et on sait que le virus aime le brassage de population. Donc c’est mon raisonnement. Le club d’achat permet en outre d’acheter certains articles non périssables ou des articles de ménage et nettoyage par Internet avec expédition postale et j’y fais les courses de cette façon maintenant.

Une crise dans une crise : Isaias — trace

 

Nous avons vraiment eu beaucoup de chance, 4 jours après la tempête, le samedi il y avait toujours des gens sans électricité à Berkeley Heights même si plus de la moitié des gens sans courant avaient été rétablis le vendredi soir. Certains ne seront rétablis que le lundi !

Plus grave : le grand centre de soin, qui est toujours rétabli en premier et assez rapidement d’habitude, n’a pu être rétabli que le vendredi soir c’est-à-dire 3 jours après la fin de la tempête ! Tout en étant prioritaire. C’est un immense campus médical avec des centaines de médecins, un hôpital de jour, des salles d’opération, un centre anti-cancer etc.

Et encore plus grave : la station de traitement des eaux usées (les égouts donc) de Berkeley Heights a perdu le courant pendant la tempête. C’est la première fois que j’entends ça ou alors on ne nous l’a pas dit pour les autres tempêtes ? Les mairies précédentes étaient pour le moins opaques pour ne pas dire corrompues voire carrément mafieuses. Du moins pour les tempêtes hors Sandy (pour Sandy je n’en sais rien, mais c’était une tempête hors norme, ceci dit le centre-ville était resté opérationnel tout du long) donc pour les tempêtes hors Sandy : tempête de neige de Halloween 2011, Quinn fin hiver 2018 voire Irene fin août 2011 où les résidents avaient en grande partie perdu le courant, on n’a jamais parlé de la station d’épuration. Et dans ces tempêtes-là aussi le grand centre médical soit n’avait rien perdu soit avait été rétabli très vite. C’est une première que ça prend tant de temps.

La raison principale d’après la communication de la mairie (très transparente et avec des mises à jour 2 fois par jour voire plus selon les nouvelles) sur le site de la mairie — un agréable changement, cette maire que nous avons actuellement me semble très bien ça change après les mâles blancs mafieux et corrompus — donc la raison principale était un nombre record de substations (stations électriques secondaires) qui ont été endommagées en plus des lignes électriques par terre. Autant il est relativement facile et visible de remettre en place une ligne tombée par terre, autant pour les substations ça demande plus de temps. D’autre parti chaque substation affecte plus de personnes, maisons et quartiers. Les dernières tempêtes hors Sandy c’était beaucoup de lignes et de transformateurs (ceux en haut des poteaux), mais pas autant de substations que cette fois-ci.

Donc la station d’épuration de Berkeley Heights qui était parmi les prioritaires pour être remise en service, sinon LE prioritaire. Alors pour fonctionner — c’est indispensable on n’a pas envie que les toilettes refoulent partout, avec les problèmes sanitaires que ça poserait très rapidement (Choléra etc) elle a été alimentée générateurs à essence (groupes électrogènes ) de secours, à raison de 500 gallons — presque 2000 litres — d’essence par jour et a fonctionné en mode « manuel » si j’ose dire. Chapeau aux opérateurs de ladite station. Vous parlez de pollution ! Mais entre la pollution et le choléra, je prends la pollution tant que vous voulez. Le 6 août (2 jours après la tempête) comme il ne restait « plus que » 3600 gallons c’est-à-dire 7 jours d’autonomie, la mairie a réservé et commandé 2000 gallons supplémentaires d’essence soit 4 jours de plus pour avoir 11 jours d’autonomie d’avance. C’est dire combien ils étaient pessimistes sur les temps de réparations. 

Le courant y a été rétabli le vendredi 7 août en fin de journée ainsi qu’au centre médical. Soulagement pour la station d’épuration.  3 longs jours après le passage de la tempête, qui a été forte mais nous avons eu pire, notamment en hiver avec vents et neige lourde lors de nor’easters.

Mais ça a été « chaud » comme on dit. Comme les infrastructures du New Jersey vieillissent et ne sont jamais remises à niveau — on les entretient au minimum alors qu’elles devraient être purement et simplement renouvelées — cela ne peut aller que de mal en pis à chaque tempête, qui sont en outre de plus en plus fréquentes à remonter jusque chez nous. Celle-ci était particulièrement précoce pour la saison, le peu qui remontait dans le passé le faisait plutôt vers fin août et septembre. Un mois d’avance. 

Cette fois cela allait parce que c’était une tempête relativement localisée géographiquement donc des ressources extérieures étaient disponibles pour venir aider, les ressources matérielles sont aussi amplement disponibles puisqu’il n’y a pas 50 états qui se battent pour obtenir ces ressources (comme ça a été le cas dans la crise générale du Covid) et notamment l’essence qui est amplement disponible et très peu chère ce qui ne gâche rien. Tellement disponible que l’on vous paye quasiment pour en acheter, cette fois grâce au Covid d’ailleurs puisque presque personne ne bouge donc ne consomme d’essence. J’ai fait moins d’un plein en 5 mois ! Donc les stocks débordent de partout et on ne sait pas quoi en faire. Dans d’autres circonstances, ce ne sera peut-être pas le cas… Pendant Sandy nous avions eu des rationnements d’essence dont le prix était passé dans la nuit carrément à 4 dollars (contre moins de 3 dollars prix normal en ce temps-là) surtout parce que les camions ne pouvaient pas livrer les stations à cause des routes coupées et aussi parce que la plupart des stations avaient encore de l’essence, mais ne pouvaient pas la pomper donc était fermées, c’était bête ! Quand après la crise j’ai suggéré de rendre obligatoire un générateur (à essence ! ) pour chaque station (ils ont la matière première pour l’alimenter) on m’a sauté à la gorge « freedom » « on ne peut pas rendre ça obligatoire parce que freeedoooommmmm  ! » eh bien « freedom » et on crève de freedom. D’autant que pour un commerce ce n’est pas une dépense fulgurante que d’acheter un générateur surtout qu’ils ont la matière première de carburant pour l’alimenter. Dans un état comme la Floride, sujet à multiples tempêtes et ouragans, c’est d’ailleurs obligatoire malgré la freeedoooom.

Donc soulagés que la station d’épuration ait été remise sur l’alimentation électrique « du secteur » et ne fonctionne plus « manuellement » — ce sont les mots de la mairie et ça fait peur. Soulagés, mais inquiets quand même. Nous avons un puits et une nappe phréatique qui alimente toute une partie du quartier et du lotissement indépendant (mais rattaché à Berkeley Heights, une curiosité américaine encore) mais il ne faudrait pas qu’elle soit polluée par un refoulement des égouts.

J’ai donc étudié quelques blogs et chaines YouTube sur le camping et la van life et je viens d’acheter des toilettes à compost. Le modèle de base de camping : un seau avec un siège et un couvercle hermétique pour 20 dollars sur l’amazone, ainsi que de la poudre à compost (pour 10 jours je crois) pour avoir une petite autonomie de w.c. si jamais les égouts ne fonctionnaient plus ou si on nous demandait de ne plus les utiliser. Ensuite soit enterrer dans le jardin ou mieux, mettre dans les ordures parce qu’enterrer un petit peu ça va, mais trop on en revient à la pollution de la nappe phréatique (qui est à 50 mètres de profondeur si je me souviens bien ce qu’avait dit le puisatier, mais tout de même, c’est la quantité qui fait le poison).  

Ils vendent des sacs spéciaux mais ça s’utilise aussi avec des bêtes sacs-poubelle et de la litière à chat. J’en ai des stocks à cause des tempêtes de neige, en cas de pénurie de sel j’ai la litière en secours — c’est déjà arrivé en 2015 où j’ai dû utiliser de la litière à chat sur la glace dans ma driveway, il n’y avait plus de sel nulle part et les municipalités n’en avaient plus non plus, les écoles étaient restées fermées bien après la chute de neige parce qu’on ne pouvait pas dégeler les routes par manque de sel. Bref j’ai plusieurs sacs de 10 kilos depuis ce temps-là, qui peuvent donc servir à désodoriser et solidifier nos déchets humains si j’ose dire.

Nous avons eu dans le New Jersey, toujours d’après le site de la mairie, des équipes de compagnies d’électricité de 15 états et même du Canada qui sont venus aider à remettre le New Jersey sur pied après cette tempête Isaias — retrouver la fée électricité, tout ça sur fond de crise sanitaire avec les précautions Covid à prendre, ce qui n’aide pas. C’est déjà assez compliqué comme ça de restaurer le courant, de nettoyer les routes, enlever les arbres tombés pour que les camions électriques puissent passer, si en plus il y a les procédures anti-Covid, qui sont nécessaires évidemment, ça n’arrange rien. Donc comme je le dis dans mon titre, c’est une crise dans une crise. 

Aussi, quand je vois tout ça, ces dégâts immenses et ces efforts et ces personnes qui étaient toujours sans électricité le samedi matin, 3 jours et demi après la fin de la tempête, je me dis et me redis que nous avons eu une chance inouïe chez nous à la maison ! Pas de dommage et pas de perte de courant ! Je n’en reviens toujours pas parce que nous vivons dans la forêt et la plupart du temps nous sommes les premiers à perdre le courant et parmi les derniers à être rétablis : quartier non prioritaire car aucune infrastructure cruciale, que des résidences et en plus nous sommes à la périphérie de ville. De toute façon il faut que toutes les substations et lignes intermédiaires soient rétablies pour que le courant puisse arriver jusque chez nous. Une amie de ma fille qui habite en bas d’une rue qui donne dans notre rue, juste en face de la maison, donc à 500 mètres de chez nous n’avait toujours pas retrouvé le courant ce samedi matin 8 août et on leur avait dit que ce ne serait pas avant lundi. C’est ce qui c’est produit, ils ont été rétablis le lundi, le dimanche et le lundi les équipes électriques travaillaient dans notre rue !

Nous aurions très bien pu être dans ce cas. Ce qui montre que la tempête a été finalement plus grave en conséquences et dommages que la tempête de neige de Halloween 2011, 5 jours sans courant, que  la tempête Quinn de l’hiver 2018, 4 jours et demi sans courant et que aussi la tempête Irene de fin août 2011 (nous n’avions pas perdu le courant, mais avions eu une mini tornade dans le jardin et une partie de la ville était restée sans courant pendant 4 jours) Sandy ne compte pas c’était hors norme (13 jours sans courant). C’est aussi ce qu’ont dit les deux compagnies d’électricité dans leur communication à la mairie : tempête avec des dommages pires que ce qu’ils avaient vu depuis au moins une décennie et plus (hors Sandy bien sûr). C’est pour cette raison que leurs prévisions de réparations se comptaient en jours.

Une précision aussi : sur les 1.7 million de foyers et entreprises ou administrations privés de courant, il y en a eu 1,1 million pour le seul New Jersey… En Virginie par exemple les lignes électriques sont enterrées… Donc même si le New Jersey n’a pas été autant touché que d’autres états plus au sud en termes de la violence de la tempête, les conséquences ont été plus sévères. Qu’est-ce que ça aurait été si la tempête était remontée plus violemment qu’elle ne l’a été… 

Croisons les doigts que ce soit la seule tempête qui remonte pendant cette saison des ouragans (qui sont seulement dans le sud et la côte mid-atlantique normalement).

En images, la sortie d’inspection et d’enlèvement des branches les plus gênantes avec mon fils juste après la fin de la tempête vers 6 heures du soir le 4 août. 

Les jours suivants il ne nous restait plus qu’à couper les 2 branches avec mon fils dont la fameuse branche qui pendouillait derrière une des voitures. Et pour laquelle il me fallait aller chercher un outil au magasin de bricolage (outil commandé le soir même pour éviter la pénurie, ce qui a été le cas, tout le monde s’est rué sur ce type d’outils) : une scie avec un manche de 5 mètres de long puisqu’ils ont fait une erreur sur ma commande et n’avaient plus en stock celui de 4 mètres que j’avais pourtant commandé et payé. En allant au magasin chercher ma commande le lendemain j’ai finalement eu le modèle au-dessus en longueur et en qualité pour le prix déjà payé en ligne alors qu’en réalité il valait le double. Ça m’a pris un temps fou parce que beaucoup de routes étaient encore coupées, dont la route principale d’accès, donc il m’a fallu passer par ailleurs ce qui est plus long et surtout c’était du coup embouteillé : 40 minutes de trajet au lieu de 10 minutes d’habitude.

Une crise dans une crise : Isaias

Tempete tropicale Isaias-2

Une crise dans une crise : Isaias

Donc mardi 4 août nous avons eu le passage d’Isaias dans le New Jersey, sous forme de tempête tropicale et pas d’ouragan heureusement. 

Il a plu par intermittences dans la nuit de lundi à mardi, des gros pointillés de pluies violentes des véritables cataractes. Le matin du mardi il ne pleuvait plus. Nous avons d’ailleurs été réveillés par le chantier de la maison d’à côté comme si de rien n’était. Ce qui me faisait soucis parce qu’ils n’avaient rien sécurisé, toutes leurs planches leurs échelles etc. qui formaient une bonne prise au vent et si ça se mettait à s’envoler partout, notre maison était en première ligne…

Je pensais qu’ils étaient venus pour sécuriser le tout le mardi  matin juste avant le passage de la tempête, il n’en a rien été du tout.

Le passage du coeur la tempête proprement dite était prévue pour l’après-midi donc avec les vents extrêmement violents. 

Mardi matin au réveil j’ai fait le tour du sous-sol : pas d’inondation, les pompes ont tenu le coup et surtout pu pomper au fur et à mesure (c’est arrivé une paire de fois, où il a plu plus vite et plus fort que les pompes pouvaient évacuer). Pompes silencieuses le mardi matin donc tout avait été évacué. Parce que durant la nuit il y a eu des trombes inimaginables par moment.

L’eau n’est pas descendue non plus par l’escalier du sous-sol là où il y a la « hurricane door »  comme c’est le cas certaines fois quand il pleut très fort, ça fait une cascade. La « hurricane door » ou porte tempête, la bien nommée qui sert de sortie de secours en cas d’ouragan et d’effondrement de la maison…

Par contre ce même mardi matin nous avons reçu une notification (par e-mail et texto) : nous étions en vigilance tornade… (tornado watch).

Tempete tropicale Isaias-1

Une crise dans une crise : Isaias

Ce matin-là je suis donc restée en alerte et j’ai fait de la place en bas dans le sous-sol pour le cas où on recevrait l’alerte « seek shelter », c’est à dire « aux abris » !

Nous avons déjà eu ce genre d’alerte l’an dernier heureusement les tornades n’ont pas eu lieu c’était une alerte pour rien mais j’étais restée une heure et demie en bas et je le raconte ici :

https://michusa.wordpress.com/2019/05/31/une-alerte-tornade/

Nous avons eu de la chance mardi parce que dès 15 heures plus de 1 million de foyers et entreprises se sont retrouvés  sans électricité dans le New Jersey. L’état d’urgence avait été déclaré dès le matin en prévision (un autre état d’urgence que l’état d’urgence Covid bien sûr, c’est un état d’urgence intempéries ). On nous a demandé de ne pas circuler : « stay off the roads ».

Tempete tropicale Isaias-3

Une crise dans une crise : Isaias

Vers 15 heures aussi, la ligne d’urgence de la municipalité a appelé parce qu’une grosse partie de notre ville était sans électricité, beaucoup d’arbres par terre et beaucoup de routes coupées. La police nous a demandé aussi de ne pas circuler (stay off the roads)  parce que c’était extrêmement dangereux entre les arbres et les branches par terre plus les lignes électriques par terre aussi. 

Quant à nous, nous avons eu une chance folle car nous avions toujours de l’électricité à ce moment-là et nous ne l’avons pas perdue, pas même un clignotement de mauvais augure, de toute la tempête.

La tempête en images :