Archives mensuelles : mai 2020

Les visiteurs du matin (mai 2020)

 

Lundi 25 mai en ouvrant ma fenêtre le matin : un renard. Première fois que j’en vois un dans mon jardin. Il y en a plusieurs à Berkeley Heights et un dans ma rue que j’ai vu traverser plusieurs fois devant ma voiture mais il n’était jamais venu dans mon jardin, du moins pendant la journée, je ne l’y avais jamais vu.

Jeudi 28 mai, de la même façon en ouvrant ma fenêtre le matin : une biche, c’est beaucoup plus courant et cela arrive régulièrement à toute heure de la journée aussi.

Vie quotidienne au temps du coronavirus (journal du 11 avril 2020)

 

11 avril 2020 : personnellement je lave quand même tout ce que je n’épluche pas et que je mange cru avec du Palmolive vaisselle, que je rince longuement et que j’essuie soigneusement. On n’est pas censé faire ça mais ce n’est pas pire que de laver sa vaisselle à la main et de la rincer pour manger ensuite dedans. Surtout que par exemple il y a des gens qui ne rincent pas : les Allemands dans le temps ne rinçaient jamais leur vaisselle. D’ailleurs du temps où je travaillais en arômes et parfumerie nous devions leur fournir des ingrédients de grade alimentaire pour parfumer leur liquide vaisselle. 

Bien entendu je ne faisais jamais ça dans la vie d’avant mais en réfléchissant je me suis dit que c’était le seul produit que je pouvais utiliser sans trop de risques en rinçant à fond.

Le reste des produits ménagers, hors de question bien entendu mais les gens sont ignorants et ne réfléchissent pas trop… Les centres antipoisons ont dû être débordés.

Je sais que les salades sous vide sont passées au chlore aux États-Unis, mais c’est fait au niveau industriel dans l’agroalimentaire donc c’est un procédé validé et les résidus sont contrôlés (du moins devraient l’être). Par contre je ne me risquerais pas du tout à mettre quelques gouttes de Clorox dans ma salade ! Tout d’abord ce n’est pas de la Javel mais pire et ensuite les concentrations sont aussi bien plus importantes ! Une fois en diluant le Clorox du bidon (qui d’ailleurs se garde pour toujours, le produit ne se dégrade pas, du moins sa force ne diminue pas avec le temps comme la Javel, c’est dire) en diluant le produit du bidon acheté en supermarché en une solution à 10 %, j’ai fait fondre un gant en coton. Je parlais avec ma mère au téléphone pour lui demander à combien elle diluait sa Javel en France pour désinfecter un gant (c’était du temps où mon fils était malade) et en parlant avec elle j’ai fait la manipulation, la dilution à 10% qu’elle m’avait indiquée, et j’ai mis le gant à tremper : il s’est désagrégé au bout de quelques minutes pendant que je parlais à ma mère ! On s’en souvient encore !

Vie quotidienne au temps du coronavirus (journal du 24 mars 2020)

 

Une tranche de ma vie quotidienne ou quand je me suis retrouvée à savonner mes concombres au Palmolive vaisselle.

On fait de ces trucs !

 

24 mars 2020 : aujourd’hui comme je voulais manger un concombre, je me suis trouvée à le savonner au Palmolive vaisselle. De même pour ma poire. Ces derniers temps nous n’avions mangé que des légumes cuits et de la salade sous vide déjà lavée (aux produits chlorés en général aux États-Unis, les Américains sont des grands fans de produits chlorés pour désinfecter leurs aliments, souvenez-vous du fameux poulet au chlore il y a quelques années). 

C’était ma première tentative de produits « crus » et non emballés sous vide depuis une dizaine de jours donc je me suis dit qu’il fallait tout nettoyer à fond. Précédemment j’avais mangé bananes, kiwis, myrtilles sous vide et mangues donc pas de problèmes…

Pourtant ces concombres ayant été achetés plus de 15 jours auparavant,  il ne devait plus y avoir grand risque. Mais bon. 

Décidément on fait de ces trucs !

Du New Jersey, journal du 16 avril

 

Ici tout va bien, nous ne sortons plus du tout vu la charge virale ambiante (c’est le New Jersey autrement dit le second point chaud après New York). Tout le monde travaille ou étudie de la maison et nous faisons livrer (à prix d’or) nos courses alimentaires.

Je suis très contente, je viens de souscrire à un « panier » de légumes de fermes du New Jersey Central et des régions avoisinantes. Bien que l’abonnement ne commence pas avant le mois de mai pour la saison 2020, ils ont proposé d’acheter un panier en avance sur la saison et hors abonnement, devant être livré aujourd’hui, ce qui a été le cas. Donc nous avons eu un énorme carton de produits frais : que du « vert » puisque nous sommes encore tôt pour la saison — poireaux, épinards, céleri, salade, mesclun, persil, champignons et pommes. Nous avons pu ajouter aussi des oignons jaunes et rouges et ma fille a voulu aussi du kale (un genre de chou vert à larges feuilles et pas compact). Donc nous allons faire des cures de légumes et de verdure. Ils ont aussi proposé deux autres de ces boîtes pour attendre le mois de mai et je me suis ruée dessus — ces temps-ci quand la nourriture est effectivement disponible et livrée à la porte, on prend ! Ce que nous n’aimons pas ou ne connaissons pas ou que nous n’achetons pas d’habitude, eh bien nous apprendrons à aimer.

Pour faire livrer les courses de supermarché ça ne marche pas si bien et c’est hors de prix : tout ce qu’on achète pour faire livrer est à la base plus cher que si l’on allait au supermarché. En gros prix plus chers (en plus de l’augmentation des prix en général depuis le début de la crise — c’est officiel, la plus grande augmentation mensuelle des prix pour les denrées et produits d’épicerie depuis 1974) plus la livraison plus des frais administratifs plus le pourboire du livreur (comme je ne sais pas s’ils ne sont pas payés qu’au pourboire, j’en mets un généreux). La semaine dernière pour une livraison de 100 dollars de marchandise il y a eu 20 dollars en plus pour la livraison (frais et pourboire confondus). Cette semaine c’est 30 dollars !  Je ne sais pas pourquoi. Mais il n’y avait pas les mêmes choix de livraison que la semaine dernière et il n’y avait qu’une seule case à cocher avec ce prix… ou pas de livraison du tout avant je ne sais quand. Pas d’option pour faire livrer la semaine prochaine par exemple comme c’était le cas la dernière fois.

Bref ces paniers (cartons en réalité) de légumes sont les bienvenus. Surtout que l’on peut avoir d’autres ajouts, venant d’autres fermes, avec des œufs, du lard, du miel, etc. Et la livraison est incluse dans les prix donc on sait à l’avance ce que l’on va payer, pas de surprise. C’est livré par les fermiers du collectif eux-mêmes, pas d’intermédiaires. D’autant que dans le cas des livraisons de supermarché, comme je l’ai expliqué précédemment, ce n’est pas le supermarché ni un employé du supermarché qui prépare la commande et qui livre, mais une société intermédiaire : c’est pour ça que c’est si cher et si je donne un pourboire c’est parce que censément 100% du pourboire va au livreur, ce qui me fait craindre qu’il n’ait pas de fixe. Tous les autres frais vont aux connards de la Silicon Valley et ça ne me plaît pas du tout. Quant à la différence de prix brut, entre le prix de la marchandise achetée directement sur place dans le supermarché et le prix de la même marchandise livrée ? Je ne sais pas où ça va, à qui profite le crime. Au supermarché ? Cela serait bizarre puisque pour eux ça ne change rien et puisque ce ne sont pas eux qui livrent. Donc la différence de prix de chaque article va encore dans la poche des connards milliardaires de la Silicon Valley.

Si je vois que la prochaine fois c’est 40 dollars en plus pour la livraison (donc 40% ! ) je laisse tomber. D’ici là nous aurons reçu nos masques alternatifs (cousus par un atelier de couture de San Francisco dont je suis cliente pour les pochettes de stylos et les sacs d’habitude, ils sont en route). Les masques sont obligatoires maintenant si on veut rentrer dans un supermarché. Je pourrai ainsi retourner à mon petit Stop and Shop du centre-ville, qui est en outre moins cher que le supermarché par lequel je suis obligée de passer pour avoir la livraison…

Je me suis abonnée aussi à Amazon Prime pour avoir accès à la chaine de supermarchés locaux d’Amazon (chaine de supermarchés rachetée par Amazon il y a quelques années), mais impossible d’avoir une livraison et maintenant je ne peux même plus rien mettre dans mon caddie de courses alimentaires ! En plus ils passaient leur temps à me le vider selon les indisponibilités… donc je n’ai jamais rien pu commander. Je suis sur liste d’attente, c’est ridicule. Le supermarché physique est un peu trop loin de la maison pour que j’y aille (il se situe à Madison) et là on n’a pas besoin de Prime pour y rentrer de toute façon puisque c’est un supermarché classique (préexistant au rachat par Amazon, j’y suis déjà allée plusieurs fois dans le temps). Donc en gros je me suis fait avoir. Je vais au moins essayer de profiter des films de Prime, quoique… déjà que je n’ai jamais vraiment le temps de regarder Netflix.

Dire que j’avais résisté à ce Prime qui engraisse Bezos et voila que le virus m’a fait aller contre ma conviction ! 

Rien de grave, que des désagréments idiots… Je ne vous raconte pas non plus le nombre hallucinant de cartons que j’ai jeté au recyclage ce soir ! Bien sûr puisque je reçois mon savon pousse mousse, mon bicarbonate anti odeur, mes produits de ménage pour nettoyer les WC, les pastilles bleues pour la chasse d’eau par Amazon (Amazon normal, pas le supermarché) : donc rien d’excitant quand on ouvre ces cartons. Ça au moins c’est le même prix  (et livraison gratuite par Prime du coup) que quand je les achetais à Target. Mais c’était plus simple quand il suffisait de faire une virée en une heure de temps, aller courses et retour, à mon Target route 22 et j’avais mes produits de nettoyage tout de suite. Sans compter tout ce qui est en rupture ces temps-ci… Je pense que les gens nettoient leurs poignées de porte voire leur nourriture avec du canard WC, ce n‘est pas possible autrement !

De la neige en mai ?

 

Ce samedi 9 mai 2020 après-midi.

Effectivement, elle était annoncée dans les prévisions météorologiques de la veille — il y a sans doute eu quelques flocons dans la nuit de vendredi à samedi mais pas de traces chez moi au matin.

Quand soudainement dans l’après-midi de samedi, il s’est produit ceci :

Heureusement cela n’a été qu’une giboulée qui n’a duré qu’un quart d’heure et qui n’a pas tenu. Dans le New Jersey Central ça n’a pas tenu mais plus au nord dans le New Jersey, certains se sont réveillés ce samedi matin avec le sol tout blanc, même chose à Central Park qui a été saupoudré. 

Par contre il fait froid, cela fait plusieurs nuits qu’il s’est remis à geler, j’ai dû rajouter une couverture sur mon lit, couverture que j’avais enlevée ces semaines passées pensant être au printemps puisqu’il faisait plus doux. Je suis bien contente de ne pas avoir encore baissé la chaudière ni d’avoir mis la maison en mode été, notamment de n’avoir pas encore ouvert toutes les écoutilles et trappes d’aération pour l’air conditionné, ni enlevé les rideaux et les boudins des portes d’entrée. Habituellement je fais tout ça début mai, même si nous avons encore des petits frimas ponctuels courant mai ce n’est jamais froid à ce point (il ne gèle plus normalement).

(c’était même avant qu’il neige : il faisait si froid qu’il a fallu que je me harnache ainsi pour aller chercher mon courrier)

La neige en mai ce n’était plus arrivé depuis plus de 40 ans : la dernière fois qu’il y a eu de la neige en mai en quantité mesurable (ce qui a été le cas donc hier dans certains endroits du New Jersey et à Central park) c’était vers la fin des années 70 — le 9 mai (!) 1977.

Bref 2020 est une année définitivement à passer aux oubliettes (on voudrait ! )

Le printemps sans nous

Le printemps sans nous

Le printemps sans nous

Ce printemps 2020, c’est le printemps sans nous…

Photos et vidéos faites hier 7 mai 2020 dans le jardin sans jamais m’éloigner de plus de 20 ou 30 mètres de la maison. Grand soleil mais petit 17 degrés avec un peu de vent, le fond de l’air était frais, j’étais dehors vers 15 heures sans veste mais avec un pull en laine à manches longues. Le soir c’était nuageux, je n’ai pas pu observer la dernière super lune (super lune des fleurs) de la saison.

Aujourd’hui 8 mai 2020, petite vague de froid, il a fait 6 ou 7 degrés toute la journée avec 11 au plus chaud, pluie toute la journée également, humidité glaçante dans la maison malgré le chauffage et ce soir 8 mai nous attendons de la neige pour cette nuit, oui de la neige !  En mai… pour ajouter à notre malheur.

(L’État de New York plus au nord en a déjà eu dans l’après-midi, au point d’avoir le sol tout blanc, couvert de quelques centimètres.)

Le printemps sans nous

Le printemps sans nous

Histoires de vautours — trace

Il y a les animaux légitimes, qui essayent de retrouver leur place ou de regagner du terrain voire de l’étendre. Et il y a les autres, les animaux humains, les autres vautours — néfastes. Les véritables vautours, les oiseaux, sont des animaux fort utiles puisqu’ils sont charognards et nettoient ainsi les cadavres dans la nature, ce qui évite notamment la propagation de maladies infectieuses d’empoisonnement et l’apparition d’épidémies — nous sommes en plein dans le sujet. On voit bien qu’outre être utiles à l’écosystème en général, ils nous sont même directement utiles à nous les humains, tout cela gratuitement et sans contrepartie. D’autant que les gros cadavres, ceux qui poseraient un problème de dissémination de maladies quand ils sont proches des habitations humaines, notamment les biches dans notre région, sont la plupart du temps des animaux tués par des voitures justement quand ils s’approchent trop des routes et des habitations humaines. Donc les vautours sont cruciaux — gratuitement et sans contrepartie disais-je, quand épisodiquement ce problème des cadavres de biches sur les routes principales et secondaires soulève des discussions à n’en plus finir sur qui doit payer pour enlever les cadavres « dangereux », ce qui est vrai. La collectivité donc nos impôts (mot tabou) ou faut-il supprimer l’action des services collectifs municipaux ou du comté et faire appel à des sociétés privées à ses propres frais ? (Chaque habitant étant alors responsable de faire appel à un entrepreneur et de le payer, si le cadavre à enlever se trouve non loin de son habitation et qu’il se sent en danger.)

La discussion et la controverse reviennent régulièrement sur le devant de la scène dans notre région du New Jersey, les municipalités et le county se renvoyant la balle et surtout voulant la passer aux citoyens pour qu’ils se débrouillent (et payent surtout, payent !) Les vautours (les oiseaux) font le travail sans rien demander et c’est même leur raison d’être, fin de la digression qui n’en est pas vraiment une en voyant la suite.

Les autres vautours donc, les vautours humains. Le même jour où j’ai filmé ce vautour dindon qui s’envolait dans mon jardin, à peine 2 ou 3 heures après, j’ai reçu un de ces appels « commerciaux » (pour être polie) qui a laissé un message (je ne réponds jamais quand je ne connais pas le numéro, en général quand ces appels tombent sur mon répondeur, volontairement rude et rugueux, ils raccrochent sans laisser de message). Donc ce matin-là justement ils ont laissé un message : c’était de fait un appel pour me vendre une nouvelle assurance maladie (puisqu’il n’y a pas ici d’assurance maladie universelle comme en Europe) : mieux et moins chère évidemment. Il fallait rappeler leur numéro gratuit tout de suite parce que cette assurance était le nec plus ultra en ces temps d’épidémie et de risques, outre de maladie mais également de gros frais médicaux (on parle de plusieurs dizaines de milliers de dollars, certaines fois y compris avec une assurance). Ce n’était pas un appel automatique émis par un ordinateur au hasard mais bien un individu qui appelait en contexte : dans le contexte du coronavirus actuel cette assurance promettait justement monts et merveilles… tant qu’on n’est pas malade — sarcasme qui n’en est pas un mais la pure vérité. Néfastes, disais-je, vautours humains…

Et encore, toujours ce même jour du vautour oiseau, d’autres vautours humains tout aussi néfastes voire pires. Au courrier (papier) la lettre une agence immobilière qui nous suggérait de vendre notre maison et de déménager aussitôt ! Comme si c’était le moment de mettre en route un tel projet. C’était une agence d’une grosse entreprise immobilière mais, il faut le noter c’est important, avec une enveloppe écrite à la main et collée manuellement : ce que dit le texte de la lettre c’est, « pour quel prix êtes-vous prêts à vendre ? » Ils ne demandent pas si on est en train de penser à vendre éventuellement pour le futur, mais demandent de façon frontale, « même si vous ne pensiez pas vendre, pour quelle somme êtes-vous prêt à vendre maintenant, en ce moment même ? »

Ils se plaignent que l’inventaire des maisons en vente dans notre coin est bas : bien sûr idiots, en pleine crise sanitaire, on est en plein confinement, on a autre chose à penser à voir à faire à s’inquiéter que de changer de maison. Cela va même plus loin entre les lignes : si l’on a des ennuis financiers justement à cause de la situation, eh bien voilà un moyen de se refaire, vendre sa maison. Pour aller où ? Si ce n’est pas facile d’acheter justement, comment fait-on lorsque l’on a vendu, comment trouve-t-on à acheter ou louer autre chose ? Si cela est difficile pour les uns, cela est aussi difficile pour les autres — le vendeur en l’occurrence.

Tout ça pour d’ignobles citadins qui, il n’y a pas si longtemps, regardaient de haut les « commuters » qui passent tant de temps dans les transports en commun au lieu d’être branchés et d’habiter dans la Grande Ville où ils travaillent. Tout d’un coup la banlieue devient attirante aux yeux des hipsters branchés— c’est certain qu’une maison avec un jardin dans une petite ville c’est plus agréable d’y être confiné que dans un petit appartement au quarantième étage dans la Grande Ville où simplement de sortir dans la rue est potentiellement contaminant. C’est vrai que, dans notre petite ville pépère du New Jersey Central, si nous sortons dans notre rue au milieu de la nature, il n’y a aucun risque de se faire contaminer tant qu’on ne se rapproche pas d’une autre personne — et il y a peu de gens qui sont dans les rues de fait et on a la place de mettre de l’espace pour se croiser le cas échéant. 

Autant le vautour humain de l’assurance était une saleté d’opportuniste et de menteur, autant ceux-ci (de l’agence immobilière) sont des dangers publics qui font même faire des choses illégales voire criminelles en ce moment : faire visiter sa maison mais bien sûr j’allais vous le dire. En plein lockdown par ordre du gouverneur (ordonnance : ce n’est pas une suggestion c’est la loi) ! Il est absolument hors de question de visiter, de faire visiter des maisons. La bonne blague, on ne peut même pas faire venir un réparateur de gaz sauf s’il s’agit d’une urgence vitale ou d’un danger, alors faire venir un flot de personnes pour visiter, j’allais le dire ! En plus si l’on considère que ces personnes viennent sans aucun doute de la grande ville voisine, nommément New York, épicentre mondial actuel de l’épidémie — la lettre est datée du 24 avril ! —  donc d’autant plus de chances d’être à tout le moins porteurs voire contaminés voire malades. Glorieux !

Je reprécise qu’il est évident que ce n’est pas un courrier automatique, un de ces mailings de longue date parti par inattention ou une mauvaise programmation qui n’aurait pas eu le temps d’être annulé : c’est du local, une agence de Summit la ville voisine (où je vais enseigner le tai-chi en temps normal), l’enveloppe est écrite à la main (j’espère d’ailleurs que l’enveloppe était autocollante et non à lécher… ) et à notre nom spécifiquement (et non comme c’est parfois le cas adressée à « our friends at… » sans nom précis).

C’est donc un fait de l’agence locale et des deux personnes en photo sur la lettre. Cette agence est une chaine d’agences assez importante dans le New Jersey et le Nord-Est aux États-Unis.

Ce qui m’a le plus mise en colère c’est la tournure : « pour quel prix êtes-vous prêts à déménager ? » Cela fait époque du Far West et western de la grande heure — « donne-moi ton prix, ton prix sera le mien ». À vomir dans les circonstances de la crise de si grande ampleur que nous traversons.

Cela laisse mal présager « l’après » si « pendant » on en est toujours et encore à la cupidité et à la rapacité, au toujours plus et à l’argent-roi.

Les vautours humains

Les vautours humains