Archives mensuelles : mai 2021

Nous construisions des civilisations

« Nous construisions des civilisations. Maintenant nous construisons des centres commerciaux. »

Une citation tirée du livre de Bill Bryson que je viens de finir de lire et qui est résume parfaitement nos temps modernes de fin du XXème siècle et début de ce XXIème qui n’en finit pas d’être calamiteux. Écrite pour décrire son voyage autour de l’Europe en 1990 et tirée de son livre Neither here nor there: travels in Europe, publié en 1992 chez William Morrow & Company, malheureusement pas traduit ni publié en français.

It seemed odd and sad that mankind could for centuries have so effortlessly graced the landscape with structures that seemed made for it — little arched bridges and stone farmhouses, churches, windmills, winding roads, hedgerows — and now appeared quite unable to do anything to the countryside that wasn’t like a slap across the face. These days everything has at best a sleek utility, like the dully practical windmills slipping past with the scenery outside my train window, or else it looks cheap and temporary, like the tin sheds and concrete hangars that pass for superstores on the edge of every medium-sized town. We used to build civilizations. Now we build shopping malls.

Bill Bryson in Neither here nor there (the chapter about Copenhagen and Denmark)

Ce qui signifie en gros :

Il semblait étrange et triste que l’humanité ait pu pendant des siècles gratifier sans effort les paysages de structures qui semblaient faites pour ces paysages — des petits ponts en arche et des fermes en pierre, des églises, des moulins à vent, des routes sinueuses, des haies (de bocage) — et maintenant apparaissait complètement incapable de faire quoi que ce soit qui ne soit comme une gifle en travers du visage de la campagne. De nos jours tout a, au mieux, un tant soit peu d’utilité, comme les éoliennes pratiques et ennuyeuses qui se succèdent dans le paysage à travers ma fenêtre de train, ou sinon [pire] ça a un air de pacotille temporaire, comme les abris en tôle ondulée et les hangars en béton qui se font passer pour des magasins grande surface à l’orée de chaque ville de taille moyenne. [Dans le temps] Nous construisions des civilisations. Maintenant nous construisons des centres commerciaux.

Bill Bryson in Neither here nor there  pendant un voyage en train à travers le Danemark (chapitre Copenhague)

Quelques pas vers un peu plus de normalité

Etant complètement vaccinée depuis la mi-mai (deuxième injection le 1er mai) avec un vaccin à ARN messager, je me dis qu’il me faut commencer à retourner vers un peu plus de normalité. Ce d’autant que les cas et les hospitalisations baissent, qu’ils sont à leurs niveaux les plus bas depuis respectivement septembre et octobre 2020, que l’épidémie a l’air finalement de se retirer petit à petit. 

D’ailleurs les directives (du CDC) et ordonnances (du gouverneur du New Jersey) reflètent ce « progrès » : nous sommes autorisés à laisser tomber le masque en intérieur (pour les gens complètement vaccinés uniquement) à partir de ce week-end du Memorial Day qui vient, dans le New Jersey (qui rejoint sur ce point l’état de New York et du Connecticut)— les chiffres des contaminations diminuent à grande vitesse et le pourcentage de personnes vaccinées augmente. 

D’autant aussi que le taux de vaccination dans le New Jersey est assez haut : 55% des adultes sont complètement vaccinés et cela monte à 70% si on ajoute ceux qui ont reçu une seule injection. Les adultes représentent environ 75% de la population du New Jersey. 

Dans les autres ordonnances de ces jours-ci, les jauges de rassemblement sont augmentées, les jauges (à l’intérieur) pour restaurants augmentent et les dancings vont rouvrir dans les bars et les restaurants. Les clients ne seront plus obligés de rester assis pour la durée de leur présence dans ces établissements, bref ils vont pouvoir rouvrir presque normalement (à part les masques pour ceux qui ne sont pas encore vaccinés). Je tiens à préciser qu’il n’y a pas eu de « stop-and-go » dans nos 3 états du Nord Ouest (New Jersey, New York et Connecticut), rien n’a ouvert complètement depuis mars 2020 contrairement à ce qui s’est passé en Europe, les restaurants ont ouvert en extérieur seulement pendant très longtemps et seulement fin janvier 2021 en intérieur avec une jauge de 25 % ! Les salles de spectacles, théâtres cinémas, etc n’ont commencé à rouvrir qu’en mars 2021 (ils ont donc été complètement fermés pendant un an) et Broadway (les spectacles de comédies musicales) ne rouvrira qu’en septembre 2021 et n’a jamais rouvert depuis mars 2020.

Donc hier je suis allée faire les courses à la centrale d’achat en gros avec un simple masque au lieu des doubles masques que nous avons adoptés depuis début janvier selon les conseils du CDC : masque jetable filtrant (presque chirurgical) recouvert par un masque en tissu. Le masque de type presque médical (des médicaux on n’en trouve pas) jetable « bleu » pour protéger les autres et le masque en tissu ajusté (qui plaque le masque bleu, qui est toujours un peu vague, sur le visage) pour se protéger soi-même. Donc hier un seul masque (celui en tissu puisque je suis vaccinée).

Et pour la première fois depuis un an je n’ai pas mis de gants en plastique jetables (presque médicaux, des médicaux on n’en trouve pas non plus) pour faire les courses. J’ai quand même passé au désinfectant au chlore la barre du charriot et me suis désinfecté les mains au chlore au retour à la voiture (J’ai désinfecté au chlore aussi mes clefs, les poignées de porte de la voiture et la carte de crédit), mais pas de gants ! Je compte passer bientôt au désinfectant gel hydroalcoolique (moins efficace sur les virus comme chacun le sait, c’est pour ça que j’étais restée sur le chlore), ce qui représentera un allégement de la procédure.

En bonus, dans le magasin, j’ai pu apprécier le retour des lingettes désinfectantes au chlore et en grand packaging ainsi que des sprays désinfectants. Depuis mars 2020 et le début de la pandémie, plus moyen de trouver des lingettes Clorox ni Lysol — les 2 grandes marques nationales — ni les marques distributeurs d’ailleurs, toutes faites aux USA. On ne trouvait seulement que des lingettes de bien moindre qualité avec des produits inconnus (et sans garantie que l’étiquette dise la vérité) de marques totalement inconnues et jamais vues auparavant… made in China avec les réserves que l’on peut avoir sur un acteur qui ne respecte pas les normes ni les lois et qui se fout complètement de mettre des produits dangereux ou toxiques sur le marché et de tuer des gens (ils l’ont déjà fait dans le passé et ont aussi tué plusieurs millions de personnes sans sourciller.)

Lingettes desinfectantes en gros paquets

Depuis le mois de mars 2021 (soit un an après ! ) j’arrivais à trouver parcimonieusement soit de ces 2 marques soit des marques distributeurs made in USA, mais dans des petits contenants et à achat limité — 1 par personne. Depuis un an j’économisais et réservais ces vraies lingettes désinfectantes aux courses et interactions extérieures justement et gardais les saloperies chinoises pour des nettoyages ne nécessitant pas une désinfection minutieuse et certainement pas pour mes mains. Donc à coup de 1 petite boite par ci et pas là j’avais refait mon stock. Mais hier au club d’achat en gros, Noël Montjoie Saint-Denis ! j’ai retrouvé ces 2 marques, non seulement en gros containers, mais en plus en lot de 5 gros containers (et sans limite d’achat par client) !  Conditionnements que je n’avais plus vus depuis plus d’un an. En mars 2020 lors de ma dernière virée au club avant le grand confinement, il n’y en avait déjà plus en rayon et nulle part non plus dans les supermarchés et magasins. 

Donc il a fallu 15 mois pour que cela revienne à la normale, que la pénurie cesse. Ce n’était pas sur ma liste, mais j’ai acheté un pack de 5 de chaque marque, un de Clorox et un de Lysol, de toute façon ça se garde très longtemps et dans ces tubes rigides ça ne sèche jamais. Quant au spray désinfectant Lysol (équivalent du spray Sanytol), même chose, il avait disparu pendant près d’un an et j’avais commencé à retrouver de ces sprays, disponibles 1 par 1 en petit conditionnement à Target en février. Mais hier j’ai pu acheter sans difficulté un pack de 3 grosses bombes de la marque Lysol.  Il aura aussi fallu 15 mois… 

Enfants gâtés (spoiled brats)

C’est bien un comportement d’enfants gâtés (spoiled brats comme on dit ici) quand en hiver on veut surchauffer à 24 degrés Celsius dans les maisons et en été quand il fait 23 ou 24 degrés, on met l’air conditionné central immédiatement parce qu’on trop chaud et que c’est insupportable. Je parle de 23 ou 24 degrés à humidité moyenne de 40%, voire faible, dans les 30 %.

Après 18 ans aux États-Unis, je ne m’y toujours pas habituée. Les intérieurs (maisons, magasins, restaurants et centres commerciaux) sont absolument surchauffés en hiver, en bref il faut laisser son manteau dans la voiture parce que c’est intenable même s’il fait -10 degrés Celsius dehors. Si l’on vient de la voiture avec son manteau, on ne tient pas 5 minutes dans le centre commercial. Et en dessous du manteau on a intérêt à s’habiller léger, sinon avec un gros pull ou une polaire on ne tient pas longtemps non plus. Il faut prévoir la possibilité de s’éplucher. Et en été c’est le contraire : il fait glacial (au point de greloter et d’être carrément inconfortable) dans les centres commerciaux, magasins et restaurants. Il faut se charrier un gilet ou un pull que l’on enfile avec joie une fois dedans et que l’on retire dès que l’on ressort lorsqu’il fait 35 degrés ou plus dehors.

Par honnêteté je dois quand même dire que quand c’est humide (humidité supérieure à 60%, 60% c’est vraiment la limite maximale du confort), et une humidité supérieure à 90% est fréquente l’été dans le New Jersey (c’est le nord du Sud), quand c’est humide même une température de seulement 24 degrés est intenable ou du moins extrêmement inconfortable. Or l’air conditionné par conception déshumidifie et dessèche énormément l’air. La stratégie serait alors de ne pas le mettre trop froid ou s’il ne fait pas assez chaud dehors pour qu’il se mette en route, de le pousser un peu pour le déclencher et une fois l’air intérieur suffisamment déshumidifié de remonter le thermostat pour ne plus qu’il se déclenche. Et répéter l’opération dès qu’il devient trop humide à nouveau dans la maison.

Même moi qui suis très frileuse et qui aime la chaleur (je suis du Sud, méditerranéenne)  il m’est arrivé ces dernières années d’avoir à mettre en route l’engin alors qu’il faisait seulement 24 degrés dehors, mais avec 95 ou 96 % d’humidité, ce qui est extrêmement inconfortable. Le climat méditerranéen est plutôt sec en été bien que très chaud, humide en hiver, mais peu froid en contrepartie, donc la chaleur très humide je ne suis pas du tout habituée. Dans le New Jersey il arrive très souvent d’avoir 98% voire 100% d’humidité pendant plusieurs jours ou semaines d’affilée en été.

Ensuite, malheureusement, cela tient aussi à la façon dont sont construites les maisons : en bois elles retiennent extrêmement la chaleur, ce qui est certes un avantage en hiver, mais une absolue horreur en été. Quand on monte dans les étages (et les chambres sont généralement au 2ème voire 3ème étage justement) dès qu’il fait plus de 28 ou 29 degrés dehors, même avec chaleur sèche à moins de 40% d’humidité, la température des pièces devient parfois plus chaude que celle de dehors. Ensuite les maisons ont une grande inertie et le temps pour se rafraîchir ou refroidir est très long. Même si la nuit ça tombe à 15 degrés dehors, la maison n’a pas le temps de rafraîchir assez et est déjà à 25 degrés dès le matin suivant et ça continue de monter dans la journée. 

Ne pourrait-on pas construire mieux ou pas en bois, isoler ou trouver une solution d’isolation avec des matériaux modernes plus performants ? Dans les maisons en pierre ou en béton sur la Côte d’Azur, on encaisse bien chaud tant que l’humidité ambiante reste en dessous de 50% et la maison garde une certaine fraicheur en fermant vitres et volets. Ici j’ai fait l’erreur une fois de tout fermer (vitres et rideaux, il n’y a pas de volets) et la maison était devenue un four pire qu’avec les fenêtres ouvertes, si on n’a pas d’air conditionné ou on ne veut ou ne peut pas le mettre en route. Dans ces cas-là il vaut mieux laisser tout ouvert, portes et fenêtres. 

Ceci dit, aux États-Unis il y a souvent un basement dans les maisons, un sous-sol à moitié ou presque complètement enterré et là par contre c’est frais, très frais même puisque d’une part c’est enterré et d’autre part c’est une structure en pierre ou parpaing (ce sont les fondations de la maison) et pas en bois. Dans mon basement il fait péniblement 20 degrés quand on ne chauffe plus (de mai à octobre) voire moins et il m’arrive de mettre une veste ou un pull si j’y reste immobile pour regarder un film. 

Mais tout de même, en début de saison, quand il fait 24 degrés dans la journée au maximum et 30 ou 40 % d’humidité a-t-on vraiment besoin de mettre l’air conditionné en route ? C’est ce que fait tout le monde ici dès qu’il fait plus de 20 degrés dehors ! Et tenir ensuite sa maison, les magasins, les restaurants les centres commerciaux tout l’été à 18 degrés (voire 16 ou 17) quand en hiver on surchauffe à 24 ou 25 ? En hiver on ne supporte pas 18 degrés — « c’est trop froid ! » quand en été on les réclame et qu’on règle l’air conditionné partout à 17 ou 18 degrés ! Et en été on ne supporte pas 24 ou 25 degrés quand en hiver on les réclame et qu’on pousse les chauffages partout à 24 ou 25 ! Allez comprendre…

À ce rythme-là ce n’est pas demain qu’on va résoudre le changement climatique et les consommations d’électricité et autres énergies.

Quand même nous ne supportons pas (plus) grand-chose, nous nous comportons comme des spoiled brats.

Papier toilette et autres pénuries provoquées

L’essence est tout récemment passée à plus de 3 dollars (le gallon) alors qu’elle était à moins de 2 dollars l’an dernier en juillet, après le confinement (le vrai, le lockdown / shelter in place de mars avril mai 2020)  https://michusa.wordpress.com/2020/07/12/le-prix-de-lessence/

Nous avons appris qu’il s’est produit une attaque de hacker contre un pipeline majeur qui nous apporte de l’essence dans le Nord-Est et également tout l’Est du pays jusqu’au Sud-Est, attaque informatique qui a bloqué l’acheminement de l’essence dans le pipeline : en bref à cause de cette attaque et en attendant le paiement de la rançon qui allait avec, le robinet était fermé et l’essence ne coulait plus dans le pipeline. WTF ? Pourquoi met-on tout sur Internet ? D’autant plus ce genre d’infrastructures cruciales et potentiellement fragiles qui provoqueraient un désastre en cas d’attaque informatique ? Quand ce devraient être des systèmes en circuit fermé et ultra sécurisé. Circuit fermé ce n’est pas le cas puisque l’attaque viendrait d’un hacker de Russie ou de par là, en aucun cas de quelqu’un qui se serait introduit physiquement sur un des sites qui gère le pipeline. Les bras m’en tombent.

Attaque relayée avec force dans les news et les journaux partout, à hauts cris en disant bien haut et fort que le Nord-Est (et tout l’Est du pays mais il était surtout question du Nord-Est dans ces articles) allait expérimenter une pénurie d’essence à la pompe. Ce qu’il ne fallait surtout pas dire (mais la catastrophe et la mauvaise nouvelle sont vendeuses, une poule aux oeufs d’or pour les médias). Grâce à ce battage médiatique on a ainsi déclenché une panique, les gens se sont rués, ont fait la queue aux stations à essence pour remplir leur réservoir de voitures et des bidons ( ! ) et effectivement il y a eu une pénurie, essentiellement dans le Sud-Est et l’Est, pas tant par chez nous dans le Nord-Est d’ailleurs.

Alors que si je n’en avais rien su, si personne n’an avait rien su, il n’y aurait certainement pas eu de pénurie. Personnellement je n’ai même pas eu besoin de faire le plein cette dernière quinzaine donc si je n’en avais rien su, je ne me serais pas aperçue d’une pénurie à la pompe. D’autant plus que même si ce n’est plus le lockdown, la vie n’est pas encore entièrement revenue normale et on roule quand même beaucoup moins. Donc quel était l’intérêt de marteler l’information comme quoi « ouh là là le Nord-Est va manquer d’essence à la pompe » ? Total ça a été bien plus que le Nord-Est (et je répète dans mon coin du Nord-Est je n’ai rien vu aux stations alentours, ni queues ni panneaux disant qu’ils n’avaient plus d’essence). Par contre tout le Sud-Est et la partie de l’Est au sud de chez nous, le mid-Atlantic, ça a été queues à la pompe etc… Et la pénurie. Mais provoquée par cet afflux de clients qui ont surstocké !

Surtout que finalement cela a été réparé rapidement : le pipeline [le robinet] qui avait été coupé a été rouvert et l’essence coule de nouveau à flots. Quand je dis réparé, en fait la compagnie qui gère ce pipeline a payé la rançon au hacker (même chose : avons-nous besoin de savoir cela, qu’ils ont payé ? Ne devrait-on pas le garder secret — c’est quasiment du secret défense dans ce cas précis —parce que franchement pour donner des idées à d’autres hackers et leur montrer que ça marche puisque les entreprises payent, il n’y a rien de mieux ! )

En tout état de cause cela a été réparé très rapidement donc si l’on n’avait rien dit personne ne se serait aperçu de rien : le pipeline a été coupé moins d’une dizaine de jours et il y a quand même des stocks tampons chez les grossistes et dans les pompes il me semble. On aurait pu le dire après coup (ou même pas, franchement quel intérêt à part donner des idées malfaisantes à des pirates et aussi afficher notre vulnérabilité auprès de puissances étrangères malfaisantes, certaines fois ce sont les mêmes engeances d’ailleurs), on aurait pu au moins le dire après coup, une fois que tout était remis en place au lieu de déclencher cette panique qui a produit outre une pénurie toute temporaire, une augmentation des prix pas temporaire elle par contre… Les prix ne redescendront pas, on nous a déjà prévenus (par les mêmes médias d’ailleurs ça aussi c’est provoqué) on peut dire que ce sont des pénuries annoncées et provoquées. Ensuite tous les prétextes sont bons pour augmenter les prix (et ne pas les diminuer bien entendu) : pénurie, on augmente le prix ; sur-stock et si le consommateur final ne consomme pas assez, on augmente aussi les prix « parce qu’il y a un manque à gagner », je cite. Ça a été déjà le cas toujours pour l’essence : en novembre dernier (2020) il y a eu une augmentation des prix à la pompe parce qu’à cause du lockdown et des restrictions de déplacements  et des voyages de fait, nous n’avons pas consommé assez d’essence. Et maintenant en mai avec cette pénurie provoquée. (D’autant que ce ne sont pas des raisons internationales comme les prix du brut ni aucune tension particulière, guerre, c’est un « problème » (pseudo-problème) purement américain et encore, de l’Est américain.)

Pour le papier toilette la pénurie provoquée (par la pandémie, ou la panique initiée par la pandémie et surtout la façon dont la pandémie a été rapportée par les politiques et les médias) a été moins grave que celle de l’essence puisque les prix sont redevenus normaux sur ces produits. Mais nous avons eu plusieurs vagues de ces pénuries de papier toilette, vagues qui allaient avec les vagues pandémiques. Même chose c’est auto-déclenché par les nouvelles alarmantes et sensationnelles en une des médias, une façon de présenter l’information, par les médias et les politiques, telle qu’elle fait bien peur, ce qui a provoque la panique des foules et l’achat de papier toilette…

C’est un peu fatigant ce comportement provoqué, toujours par les mêmes spéculateurs, financiers et banquiers — oui je les mets dans le même sac — bien servis par les médias et les nouvelles en une des journaux, qui font tout pour provoquer ces pénuries. Quand on sait qu’à chaque chute de neige, chaque hiver, bien avant les problématiques de la pandémie, à chaque tempête annoncée il y avait des rayons vides de pâtes, de conserves et d’eau en bouteilles — pas de pénurie de papier toilette cependant, ça a été la marque du Covid ces pénuries de papier toilette. Je précise qu’une chute de neige c’est un jour, voire deux d’immobilisation forcée. Si on perd le courant, ce serait quelques jours (c’est déjà arrivé, on connait donc la durée) donc pas de quoi faire des provisions pour 6 mois, il ne faut rien exagérer. 

Si l’annonce d’une simple chute de neige peut provoquer ce genre de pénuries « artificielles » dans une région habituée à avoir des chutes de neige régulières en hiver, pas étonnant qu’une pandémie — phénomène hautement inhabituel, surtout celle-ci dans ses circonstances mondiales et uniques —provoque des pénuries de plus grande ampleur… 

Papier toilette, essence — la pénurie d’essence n’était pas due au virus du Covid-19 en l’occurrence mais à un virus informatique, il y a une certaine ironie amère. Mais ce n’est pas perdu pour tout le monde, certains en font leurs choux bien gras, directement ou indirectement, les médias n’étant pas les derniers, en vendant de la copie avec leur sensationnalisme de catastrophe et les revenus publicitaires induits, cha-ching !

Cha-ching : bruit de la machine à sous et expression onomatopée nord-américaine qui signifie l’encaissement de beaucoup d’argent.

Chose simple

C’est vraiment une chose et c’est vraiment simple : un arrosoir en plastique de jardin capacité 10 / 12 litres.

Croyais-je.

Je voulais acheter un arrosoir de jardin, le bon vieil arrosoir en plastique vert que j’ai toujours vu partout, de grande capacité, plus de 10 litres, avec pommeau amovible, une grande ouverture et anse qui va du haut au bas du corps de l’arrosoir. Bref cet arrosoir qu’on voit partout sans y penser plus que ça.

La bonne capacité de 10 ou 12 litres est impérative pour le jardin sinon on fait des allées venues,  qu’il soit facile à remplir (grande ouverture) et facile à transporter avec une grande anse que l’on peut saisir à 2 mains.

Simple, non ? Surtout qu’il existe, c’est cet arrosoir vert que j’ai toujours vu.

Eh bien non ! Cela n’existe plus ou c’est très compliqué : d’abord le principal argument de choix c’est la couleur. WTF ? Je me fous de la couleur, d’avoir un arrosoir violet ou pastel ou « teal » (un genre de bleu vert, une couleur très à la mode), je veux un arrosoir de jardin, robuste et de grande capacité.

Eh bien non ! Une recherche sur Internet ne m’a donné qu’un seul spécimen de couleur « bleu français »  ( ? ) qui fait bien 3 gallons (un peu plus de 11 litres, puisque nous sommes toujours en mesures prémoyenâgeuses et non métriques) à 30 dollars quand même plus les frais de port. En magasin il n’y en a tout simplement pas, j’ai passé une heure vendredi matin à en chercher dans tous les rayons possibles où ils auraient pu être cachés à Home Depot, le Casto local. Cela fait 40  dollars, même sur Amazon (où il s’avère que c’est le même fournisseur que j’avais trouvé dans ma recherche Internet). Un seul fournisseur, un arrosoir unique de couleur « French blue » et à 40 dollars. Aucune autre solution.

Sinon ce sont de petits arrosoirs d’intérieur, de couleurs fantaisie (passe encore) et de formes toutes plus alambiquées les unes que les autres (je me demande quelle substance ces concepteurs fument, ça doit être fort et chargé parce que pour arriver à certaines de ces formes d’arrosoir il ne faut pas être clair) et avec une ouverture microscopique qui fait que quand on les remplit on en fout de partout (à remplir dehors impérativement sauf que ce sont péniblement des 6 ou 8 litres alors pour le jardin c’est un peu petit) il faut presque un entonnoir, que dis-je, il faut un entonnoir pour en remplir certains.

Celui que j’ai est un peu petit (ce n’était déjà pas le classique, je n’avais pas dû le trouver à l’époque, acheté il y a 15 ans) mais la pomme a lâché il y a quelque temps. C’est évidemment une pomme  moulée d’une seule pièce avec le corps de l’arrosoir. J’ai fonctionné avec un scotch pendant un moment mais ce n’est pas pratique et ça ne fait plus « douche ».

Après le fiasco de mes recherches dans le magasin et sur Internet (j’y croyais encore, je pensais que le magasin soit n’en avait plu soit les avait cachés comme ils aiment bien le faire dans tous les magasins de bricolage que je connais) je vais tout simplement couper la pomme cassée de mon arrosoir et m’en servir comme ça, sans pomme d’arrosoir. Hors de question de mettre 40 dollars dans un bout de plastique surtout si je lis les évaluations clients : il n’est même pas robuste (sans doute merde in China) et durera sans doute moins d’un an, sans compter que la pomme d’arrosoir ne tient pas bien apparemment et est encore plus fragile que l’arrosoir.

Chose simple disions-nous…

mon bricolage

Formulaires administratifs

Non la France n’est pas la seule avec ses formulaires Cerfa, ici aussi nous avons nos formulaires dûment numérotés et validés par l’Administration. Ils sont aussi sacrés que les Cerfa là-bas.

Je sais bien qu’une administration doit être rigoureuse et carrée et qu’un pays sans une telle administration n’existe tout simplement pas et est un désastre à tous points de vue. Nous sommes contents d’avoir des procédures éprouvées, des cadastres, des grilles électriques, l’eau les égouts des routes des autoroutes des hôpitaux des pharmacies officielles et non pas un chaos fait de corruption et de faussaires. Sans administration rigoureuse et carrée, tout ceci ne pourrait pas exister ou serait sujet à corruption et autres fonctionnements mafieux (voir les différents pays où justement cela ne marche pas, la Chine en premier pour ne pas la nommer).

Mais il y a un point où le mieux est l’ennemi du bien comme disait ma grand-mère, où l’Administration en fait trop, devient un but en elle-même et n’est plus au service des administrés, des citoyens et du bien public, du service public au sens noble du terme — existe-t-il encore ?

Lors de notre demande de passeport le mois dernier [lire ici : https://michusa.wordpress.com/2021/05/08/quelques-curiosites-administratives-americaines/ ], évidemment il y avait un formulaire à remplir. Soit. 

2 pages (1 recto et 1 verso ) jusqu’ici tout va bien… et 2 pages d’instructions et informations diverses. Là ça fait peur, on n’est pas loin du Que Sais-Je ? de Jean Lénarque pour remplir un formulaire. Surtout pour un passeport : après tout un passeport c’est un service que nous citoyens rendons au public, nous n’en avons pas besoin pour nous-mêmes, nous savons qui nous sommes. Nous en avons besoin pour les autres, pour prouver aux autres que nous sommes bien nous-mêmes. 

Donc ce formulaire de 2 pages : cela m’a pris la matinée et encore je ne l’ai pas rempli « correctement », c’est à dire pas correctement aux yeux de l’Administration alors que toutes les informations que j’avais fournies et remplies étaient exactes, j’y reviens plus loin. En attendant cette matinée tout occupée à ce formulaire : tout d’abord on nous demande notre nom sur chacune des 2 pages (il y a une raison que je comprendrai plus tard, j’y reviens aussi plus loin). Mais et c’est le grand mais : sur la page 1 on met son prénom (ses prénoms) puis son nom, dans des cases séparées, tout est bien identifié. Page 2 rebelote le nom : que nenni ! Cette fois c’est le nom de famille d’abord puis le prénom (les prénoms), tout ça dans la même case. Je précise que c’est hautement inhabituel aux États-Unis de mettre son nom puis son prénom. Contrairement aux habitudes françaises, aux États-Unis on écrit toujours prénom et nom et jamais au grand jamais nom puis prénom. C’est là que je me suis trompée et qu’il m’a fallu tout recommencer puisque les ratures et le « blanco » ne sont pas autorisés sur la paperasse officielle. Ça, je veux bien l’admettre, on ne saurait plus si c’est une modification légitime ou un faux. Comme je n’avais plus l’original du formulaire qui nous avait été donné à la main par l’Administration, je suis allée sur leur site officiel fédéral et j’ai téléchargé la version numérique en PDF que j’ai imprimée pour la remplir à nouveau. Jusque là tout va bien.

Toujours dans ce formulaire, on doit mettre sa date de naissance sur la page 1 puis sur la page 2… des fois que notre date de naissance ait changé entre-deux !

Cette fois-ci je suis allée encore plus lentement, ai bien vérifié 2 fois le tout, relu à chaque étape les instructions. Entre parenthèses ce devrait être limpide et les intitulés des cases devraient se suffire à eux-mêmes, il me semble… Si chaque partie à remplir est sujette à interprétation, où va-t-on ? Je rappelle que c’est un document pour prouver qu’on est bien nous-mêmes, pour prouver notre identité. Donc ce devrait être simple comme bonjour : je m’appelle ainsi, je suis née tel jour, à tel endroit, dans tel pays, ma nationalité est telle et mon adresse est ici. Éventuellement le nom de mes parents pour une vérification de filiation. Où est l’ambiguïté ? Comment peut-il y avoir une ambiguïté sur notre propre identité ? Nos sociétés imploseront sous le poids de leur propre complexité, de leur propre complication à outrance de choses simples à l’origine.

Et donc, le Formulaire sacré dûment rempli, voici venu le jour du rendez-vous à la poste (oui ici on fait la demande de son passeport à la poste, je le raconte ici : https://michusa.wordpress.com/2021/05/08/quelques-curiosites-administratives-americaines/ ). C’est là que j’ai appris que j’avais fait tout faux : parce qu’un tel formulaire sur 2 pages, que j’avais donc réimprimé après mes erreurs et avec ma logique habituelle je l’avais imprimé recto verso — économie de papier etc, je m’étais même dit que c’était plus sûr, au moins on serait certain que les 2 pages ne risqueraient pas d’être désolidarisées par l’Administration. Que nenni ! Crime lèse Administration : il faut 2 pages indépendantes ! Histoire de mieux pouvoir les perdre voire les mélanger avec les pages de quelqu’un d’autre pourquoi pas ? (On a tout vu avec l’Administration et ce genre de chose arrive, plus souvent qu’on en a envie) C’est là que j’ai compris (bon sang mais c’est bien sûr !) pourquoi on remplit son nom sur chaque page. Effectivement si ce sont des pages volantes il vaut mieux…

Heureusement la dame de la poste ( que je connais depuis des années ) est très gentille (c’est une petite ville et ces employés postaux sont toujours les mêmes depuis notre arrivée il y a 18 ans, où j’avais fait sensation avec mon accent français et où ils me donnaient du « bonjour » de ce fait à chacune de mes visites ) la dame de la poste m’a gentiment dit qu’il ne fallait pas faire comme ça sinon la demande serait rejetée et m’a fait des photocopies illico pour avoir les 2 pages volantes (ouf je n’ai pas eu à tout refaire, surtout que nous parlons de 2 formulaires imprimés de la même mauvaise façon par mes soins, le mien et celui de mon fils).

Donc tout ça pour ça, cela m’a pris un temps fou, j’ai fait des erreurs même en allant lentement, j’ai recommencé… pour au final faire tout faux ! 

La dame de la poste a tout photocopié puis tout vérifié, ensuite vérifié notre identité (sans enlever le masque, c’est une petite ville, ils ont l’habitude de nous voir à la poste depuis des années, ils nous connaissent de vue et de nom) puis vérifié la légitimité des photocopies fournies, notamment de ce qui prouve notre identité —  le permis de conduire. Elle nous a ensuite rendu l’original du dit permis de conduire — soulagement. Même chose, comme il fallait faire des photocopies du recto et du verso — au verso il n’y a rien d’intéressant pour le commun des mortels (nous) mais des numéros cabalistiques et autres sigles qui doivent faire jouir les bureaucrates —  je m’étais dit que c’était mieux de faire une photocopie sur une seule feuille recto verso pour ne pas perdre une moitié du document (et c’est assez compliqué à faire sur une imprimante de maison qui n’a pas de recto verso pour les copies, il faut remettre la feuille dans l’autre sens et prier que ce soit le bon sens, une fois sur 2 ça ne l’est pas et on recommence…). Bref je m’étais embêtée pour rien puisque la dame a refait les photocopies du recto et du verso de ce permis de conduire sur 2 feuilles volantes — c’est quand même inquiétant puisque le nom n’est que sur le recto du permis, comment réunir les bons morceaux si les papiers viennent à se désolidariser ?

En tous cas la dame de la poste n’a pas volé les frais que nous avons payés à la poste pour la prise en main du dossier (sic ! je cite vraiment, je n’invente rien) et elle ne nous a pas facturé les photocopies en plus. (Ni ne nous a pas envoyé bouler et tout recommencer : remplir à nouveau à la maison, reprendre rendez-vous. Il y a des Administrations qui font ça…)

Ensuite il a fallu écrire un chèque pour payer l’Administration particulière qui fait les passeports, 2 chèques d’ailleurs, un pour chacun. Chèques qu’elle a vérifiés heureusement aussi parce que cela devait bien faire 4 ou 5 ans que je n’avais pas écrit de chèque puisque ça ne sert plus et c’est en général refusé partout. La modernité de l’Administration qui vit avec son temps (sarcasme, elle est complètement hors-sol ! ) Nous pouvons nous estimer heureux qu’on ne nous ait pas demandé une lettre de change voire des pièces d’or pour payer. Et encore heureux qu’il me restait quelques chèques dans un vieux chéquier puisque je n’en demande plus jamais à la banque. Il faudra aussi que je prépare un chèque pour ma fille quand elle ira déposer sa demande de passeport, puisqu’elle n’a pas de chéquier évidemment. Sa banque ne lui en a jamais proposé puisque je répète cela ne sert plus à rien pour les particuliers — sauf à faire faire son passeport… valable 10 ans donc espérons que d’ici là l’Administration se sera mise au goût du jour parce d’ici là les chéquiers auront vraiment disparu.

Ensuite il faut compter 3 ou 4 mois pour recevoir ledit passeport. Il faut bien ça pour que les bureaucrates arrivent à agrafer ensemble toutes les feuilles volantes qui concernent une seule et même personne… à l’aide des codes cabalistiques peut-être. Ce qui me fait peur c’est que si notre permis de conduire original n’a pas été envoyé avec la copie, par contre notre certificat de citoyenneté original oui : lui a dû être envoyé avec la copie que la dame de la poste, agent notarié de l’État (elle a passé des tests, a reçu une licence d’activité qu’elle renouvelle toutes les quelques années) bref que cet agent notarié a vérifié : que la copie de ce document, que nous n’avons qu’en un seul exemplaire c’est plus marrant, était conforme, je voudrais dire Conforme. Mais il faut l’original aussi… allez comprendre. Original qu’ils nous renverront séparément du passeport, au cas où le courrier (non recommandé et non suivi avec accusé de réception, c’est plus marrant aussi, les Administrations réclament des suivis quand on leur envoie quoi que ce soit mais n’obéissent pas à leurs propres règles) donc au cas où le courrier avec le passeport  se perdrait, il y a moins de chance de perdre 2 courriers différents ! Textuel ! Je frémis, il n’est pas dit qu’on retrouve notre certificat de citoyenneté. On eut le refaire faire auprès de l’Administration, la même mais un autre bureau ou une autre branche, ils ont aussi des jolis petits mille-feuilles, la France n’en a pas l’exclusivité. J’espère que si l’on en arrive là, il ne faille pas envoyer son original de passeport pour ça… mais refaire faire ce genre de document c’est du tracas, il faut justifier pourquoi on le fait refaire (pour s’amuser évidemment, c’est une façon agréable de passer le temps quand on s’ennuie et aussi rien que pour embêter l’Administration) et c’est évidemment payant et il y a d’autres formulaires à remplir bien sûr ! Lorsque nous l’avons reçu (des blanches mains de l’Administration, en mains propres) on nous a conseillé d’en faire des copies avant d’envoyer l’original à toute Administration qui le demanderait des fois qu’ils le perdent (sic ! il faut l’entendre pour le croire). Idem, pourquoi les copies certifiées par agent notarié, agent agréé par l’Administration elle-même, ne suffisent-elles pas ? Ce sont les mystères de l’Administration, ses voies sont bien impénétrables. Qui plus est, pourquoi ont-ils besoin d’un papier qu’ils nous ont donné eux-mêmes et dont ils doivent avoir une copie dans leurs fichiers ?

C’est globalement ubuesque. Comme quoi l’Administration américaine n’a rien à envier à l’Administration française ou vice versa, c’est comme vous voulez. Bref c’est comme dans la blague de Noé et de son arche nouvelle version au XXIème siècle : à la fin Dieu n’a pas besoin de détruire l’humanité qui commence à lui casser les pieds, « l’Administration s’en charge », dit-il à Noé.

Cela fait un mois presque jour pour jour que nous avons déposé notre demande de passeport et les chèques n’ont toujours pas été encaissés… 

Quelques curiosités administratives américaines

US Post Office à Berkeley Heights, New Jersey

Ces dernières semaines nous avons fait faire notre passeport mon fils et moi (quitte à être bloqués et ne pas pouvoir voyager pour l’instant, autant en profiter pour faire la paperasse sans laquelle on ne peut plus vivre de nos jours). On nous a dit qu’il fallait compter 3 ou 4 mois pour recevoir le passeport, c’est pour ça que j’ai insisté pour que nous le fassions en ce moment pendant nous avons le temps d’attendre.

Le 13 avril donc, nous avons déposé notre dossier passeport à la poste : littéralement la demande se fait à la poste, un des postiers est agent notarié pour valider notre identité, que les copies des documents fournis sont conformes et que le dossier est bien rempli.

C’est une de ces curiosités américaines : le passeport se fait à la poste (et à d’autres endroits autorisés et aussi auprès de l’administration fédérale concernée) mais la poste est l’endroit le plus courant et le plus fréquemment utilisé par tout le monde — le plus facile d’accès et le plus proche puisqu’il y a des bureaux de poste un peu partout, même dans les plus petites villes (pourvu que ça dure).

Quant à la photo, officielle et agréée par l’administration, pour ledit passeport, elle se fait… à la pharmacie. Les photos de passeport se font toujours à la pharmacie, d’autant plus maintenant que les photographes (ateliers / magasins de photo) n’existent plus. Une autre de ces curiosités américaines.

Ceci dit, au début peu après notre arrivée aux États-Unis, j’allais chercher les timbres postaux à la banque. Il y en avait bien sûr à la poste aussi (je crois que maintenant il y en a aussi aux caisses des supermarchés mais c’est relativement récent) mais en ce temps-là pour je ne sais quelle raison j’allais toujours chercher mes timbres postaux à la banque — c’était le temps où l’on utilisait encore beaucoup de timbres, pour payer les factures envoyer des chèques, maintenant ce n’est plus le cas puisqu’on fait tout par Internet. Cela m’avait tellement étonnée que je l’avais raconté à tout le monde en France : «  Je vais chercher mes timbres postaux à la banque, c’est comme ça ici ».

Autre pays autres moeurs

Au moins ça c’est amusant, ce qui n’est pas le cas de toute la paperasse et des multiples autres tracas administratifs.

Pharmacie Walgreens à Berkeley Heights

Premier mai

Un brin de muguet dans mon jardin, le seul brin un peu fleuri, tous les autres sont en bouton encore ce qui est normal pour la saison, d’habitude ils sont en pleines fleurs une dizaine de jours plus tard, vers le 8 ou 10 mai.

Muguet dans mon jardin 1er mai 2021