Archives mensuelles : janvier 2021

Puisqu’on est en guerre — opinion

Puisqu’on est en guerre, comme on nous l’a martelé tant et plus depuis le début de cette « crise sanitaire » (euphémisme), pourquoi le gouvernement français n’a-t-il pas réquisitionné les laboratoires Sanofi et ses sites de production (au nom de l’effort de guerre, je suis certaine que nous avons des lois d’exception pour ça, il doit y avoir un dispositif de réquisition pour situation d’urgence ou de guerre, tous les pays en ont) pour produire les vaccins de ses concurrents ? Ce ne serait pas pour toujours cette réquisition mais seulement pour le temps de produire les doses nécessaires à vacciner tout le monde. C’est typiquement ce qu’on appelait dans le temps l’effort de guerre.

Tout d’abord Sanofi n’a non seulement pas été réquisitionné pour produire les doses de ses concurrents, à ce que j’ai lu, mais a simplement reçu des appels du pied du triumvirat qui gouverne la France en ce moment. Mais encore, Sanofi avait fini par daigner  répondre (après plusieurs de ces appels du pied) qu’il y réfléchirait. Il y réfléchirait, vraiment ?

Ensuite cette semaine Sanofi a accepté… de mettre une (une seule, vraiment ? ) de ses usines de production (je vais être mauvaise langue : pour pouvoir mettre des usines de production en France et en Europe à disposition encore faut-il toujours en avoir… et ne pas avoir délocalisé à l’autre bout du monde — sarcasme). Donc une seule. Mais pas avant l’été 2021 ! Vraiment ?

De qui se moque-t-on là, vraiment ? De qui ?

Pendant ce temps Sanofi ferme des laboratoires de recherche en France et en Europe, supprime 1700 emplois en Europe alors qu’il est bénéficiaire ! Parce qu’il cherche à faire des économies en Recherche et Développement, je cite ! C’est vrai qu’en ce moment la Recherche et Développement ça ne sert pas à grand-chose — sarcasme. Étudier par exemple les coronavirus jusqu’à il y a un peu plus d’un an c’était pour les losers selon le terme à la mode en ce moment, une voie de garage sans avenir. Bravo à ces quelques chercheurs « losers » qui ont persévéré malgré la pression pour leur faire abandonner ces recherches « inutiles ». Sans eux on n’en serait pas à ce niveau de connaissances du virus Sars-Cov-2 aujourd’hui ni sans doute aucun vaccin n’aurait pu être développé aussi vite. Ce qui montre bien qu’on ne peut présager de ce qui est important, ce qui sera important, que dis-je crucial vital d’ici seulement quelques mois ou un an. Recherche sur d’obscurs coronavirus sans intérêt (au sens financier du terme) il y a 12 mois, d’autres obscurs virus ou pathogènes aujourd’hui. De plus la recherche « fondamentale » sur d’obscurs sujets sans « intérêt » (financier) ce n’est pas seulement important en médecine et en biologie : qui sait ce qu’une découverte dans une autre matière qui n’a rien à voir pourrait et peut déjà porter comme aide pour nous sortir de cette « crise sanitaire ». En vrac : recherches en mathématiques, statistiques, histoire, physique quantique, astronomie, que sais-je, j’en passe et aussi tout ce qui a permis d’aboutir à l’informatique moderne et actuelle — aurions-nous pu progresser si vite sans les ordinateurs, dans la connaissance de ce virus de cette maladie et de ces vaccins ?

Donc Sanofi supprime des laboratoires de Recherche et Développement, dont 400 chercheurs en France, pour faire plus de profit (WTF de WTF ? C’est à hurler ! ) C’est la technique Sanofi que j’ai bien connue dans une vie professionnelle antérieure, de faire du profit à 2 chiffres et si possible avec le premier de ces 2 chiffres qui soit supérieur à 1, « quoi qu’il en coûte » pour reprendre une autre expression célèbre.

D’ailleurs on voit le résultat ! Où est le vaccin du « fleuron national » ? Pas prêt et pas avant au moins 12 mois. C’est vrai qu’on a le temps. C’est vrai aussi que Sanofi qui fournit pourtant des vaccins dont celui de la grippe saisonnière, fait tout pour se désengager des vaccins à terme (quel terme ? ) Parce que ça ne rapporte pas assez d’après la maxime de Big Pharma selon laquelle il vaut mieux guérir que prévenir et quand je dis guérir, ce serait mieux si possible de produire uniquement des médicaments pour des maladies chroniques, rente assurée pour toujours !  Et qu’à l’origine, au début de l’épidémie, Sanofi, mais pas que Sanofi bien entendu, n’avait aucune envie de s’engager dans la recherche vaccinale pour notre Covid actuel (j’avais lu cette information juste avant que la pandémie n’explose mondialement, quand ce n’était qu’une « maladie en Chine » qui devait s’arrêter aux frontières selon d’adage bien connu, encore plus facilement quand on les laisse ouvertes aux 4 vents, fin de la digression.

Mais de qui se moque-t-on à la fin ? Quand allons-nous laisser les chercheurs chercher, les ouvriers produire, les conditionneurs conditionner, les distributeurs distribuer, les logisticiens et autres intendants travailler ?

Je rêve d’aiguiser notre bonne vieille guillotine nationale, j’en viens presque (quoique ? ) à me dire qu’il y a des têtes qui seraient meilleures une fois coupées ou au bout d’une pique. De qui se moque-t-on ? Ah ça ira ça ira ça ira !

Puisqu’on n’a toujours rien compris (« on » c’est-à-dire les têtes arrogantes qui nous gouvernent, directement ou indirectement via le pouvoir financier des grands groupes toujours plus avides — les grands groupes n’existent évidemment pas en tant que personnes (personne morale ça ne veut rien dire du tout, c’est de l’enfumage et un grand mythe des temps dits modernes) ce sont donc les têtes qui les dirigent, on en revient encore aux têtes, voir ci-dessus mes rêves éveillés. Attention, on en a fait tomber par le passé des têtes, au propre comme au figuré.) puisqu’on n’a toujours rien compris donc, nous pavons la route pour la prochaine pandémie, en espérant qu’elle arrive seulement après quelques années histoire d’avoir un petit répit entre 2 et qu’elle n’enchaine pas directement à la suite de celle-ci, ni, pire, en même temps !

L’administration dans toute sa splendeur

…ou les administrations, il n’y en a pas une pour racheter l’autre quel que soit le pays. Cette rigidité de gens qui édictent des règles et qui ne vivent pas dans la vraie vie, des règles incompatibles avec la vraie vie.

Le dernier en date qui nous touche de près, je raconterai une autre fois les circonstances peut-être :

en attendant, nous avons en ce moment chez nous « une réfugiée » française qui est en fin de contrat de travail et qui doit donc quitter le pays (les États-Unis) pour rentrer chez elle en France, donc un déplacement « impératif » en quelque sorte, en tout état de cause pas pour s’amuser ni pour faire du tourisme. (À noter aussi : ce déplacement est dû à une rigidité administrative finalement, une de plus dans la longue liste que j’énumère ici.)

C’est ici que les administrations se mettent à briller de tous leurs feux de sagesse (et j’inclus aussi les administrations privées des compagnies et entreprises privées dans le tas) : pour prendre l’avion il faut fournir un test PCR négatif réalisé par un prélèvement moins de 72 heures avant l’heure de départ. Et surtout pas 73 ni 74 heures, 72 heures maximum, moins si possible. La rigidité administrative à la minute près, comme on les connait de longue date en France, ici c’est aux États unis comme quoi c’est partout pareil, la connerie humaine est un bien uniformément partagé.

Or les résultats desdits tests PCR mettent entre 48 et 72 à être connus.

On fait comment ?

Mais ça les administrations n’en ont cure.

Certes on a entendu dire qu’on pouvait faire un test PCR à l’arrivée en France (je ne suis pas certaine que ce soit vrai ou plus exactement que ce soit encore vrai, tout change très vite, on a eu tout et son contraire dans la foulée ) mais peut importe : ce test PCR (hypothétique) à l’arrivée c’est pour rentrer dans le territoire français (administration française).

Mais (j’ai failli dire « en même temps », suivez mon regard) pour tout simplement rentrer dans l’avion il faut un test PCR avéré négatif et ça c’est l’exigence de la compagnie d’aviation (administration privée de la compagnie aérienne privée ).

Alors bien sur ce test négatif est à juste titre si l’on ne veut pas infecter tout l’avion : sur le papier c’est bien mais dans la vraie vie on fait comment ? Dans l’état actuel des tests PCR disponibles aux États-Unis, le résultat est disponible entre 48 et 72 heures. Il y a un progrès (sarcasme) avant c’était une bonne grosse semaine voire 15 jours et même pire. (WTF ? autant ne pas faire de test, si le test était positif le patient positif était sorti de sa durée d’isolement / quarantaine quand il recevait enfin son résultat ! Et s’il n’avait pas observé l’isolement, un pur désastre donc). Si l’on fait le test pour être bien dans la fourchette des 72 heures, mettons 48 heures ou 60 heures avant, on risque de ne pas recevoir le résultat dans les temps. Surtout que les centres de test ne travaillent pas 24/24 ni 7 jours sur 7.

Donc dans le cas de notre pauvre voyageuse : un vol dimanche soir à 19h50, cela veut dire test dans le labo jeudi soir après 19h50… sauf que le labo ferme à 20 heures… et qu’elle n’était pas la seule à prendre un test (étonnant non ? en pleine pandémie il y a foule pour prendre des tests dans des labos qui ne tournent pas 7 jours sur 7, comment cela se fait-il ? ) C’est là qu’on perd encore 12 heures avant le lendemain matin pour la réouverture du labo : test le vendredi matin serait dans la fourchette des 72 heures maximum mais avec un risque de ne pas recevoir les résultats dans les temps. Surtout que chez certains labos, pas de résultats officiels digitaux sur le téléphone, le seul document officiel fourni est un papier (dûment tamponné sans doute, administration privée du labo et administration publique des autorités sanitaires américaines étatiques ou fédérales ou les deux) qu’il faut aussi avoir le temps d’aller chercher avant de prendre l’avion. Sachant qu’il faut être à l’avion au moins 3 heures avant pour un vol transatlantique — c’étaient les préconisations avant le Covid, je me doute que depuis c’est peut-être encore plus tôt, 4 heures avant ? (administrations, publique de la sécurité du transport aérien et privées des compagnies aériennes et de l’aéroport).

Je n’aurais jamais pu travailler pour une administration qu’elle soit publique ou privée, j’ai trop de bon sens.

Note annexe : nous l’avons emmenée faire un deuxième test dans un deuxième labo qui fermait à 21 heures mais qui garantissait moins la rapidité et aussi celui-ci exigeait d’aller chercher le résultat sous forme papier…

Note annexe 2 : comment certains pays arrivent-ils à faire des tests avec résultats dans l’heure voire dans les 6 heures au pire ? Je ne parle même pas de la gratuité des tests, ici tout est payant bien entendu et très cher bien entendu aussi.

Note annexe 3 : on a appris aussi d’un des 2 centres de test (le moins rapide à fournir les résultats) que si l’on voulait bien payer 200 dollars de plus sur le prix du test, il pouvait être « expedited » fait en accéléré avec les résultats donnés en 48 heures ou moins (WTF ? on traite une pandémie ou on fait du business comme avant — ce fameux business comme avant qui a conduit tout droit à cette pandémie et aux prochaines)

Je retiens mon souffle

Mardi 19 janvier 2021, veille de l’inauguration et de la prise de fonction du nouveau président américain (vraiment ce délai d’un autre âge, de l’âge des voyages à cheval — si dangereux, on en a eu la preuve par l’exemple — doit être changé de toute urgence), je retiens mon souffle. En vérité je le retiens depuis le résultat de l’élection en novembre dernier.

Pour ne pas avoir à sortir demain, ce n’est pas qu’avec la pandémie on sorte beaucoup de toute façon, mais pour ne pas être dehors dans le public —  même un public limité, il suffit d’un seul fou et avec plus de 400 millions d’armes à feu en circulation aux États-Unis… — j’ai fait quelques courses alimentaires ce matin. Courses que je devais faire cette semaine et lundi étant férié, je me suis rabattue sur ce mardi pour éviter à tout prix de sortir demain jour de l’inauguration. Et les jours suivants au cas où il se passe quoi que ce soit. 

En attendant j’ai lu ces jours-ci qu’il y a plus de troupes et de soldats déployés à Washington DC qu’en Afghanistan Iraq et Syrie réunis — ce n’est pas le but de vivre dans un pays libre avec élections libres que d’avoir la capitale en camp retranché, avec green zone tanks, etc. comme si l’on était dans une capitale en guerre au Moyen-Orient au plus fort des guerres en Iraq et Afghanistan. Effrayant à plus d’un titre.

Effrayant aussi : Poutine et Xi Jinping en rêvaient et l’agent orange l’a fait. Ils en rigolent toujours et se frottent les mains quand toutes les ingérences notamment russes n’avaient pas pour objectif principal de favoriser un candidat plutôt qu’un autre (objectif secondaire ou effet collatéral qui les arrangeaient, un bonus pour eux ) mais bien de saper la confiance dans les systèmes démocratiques et les élections libres. L’agent orange a réussi au-delà de leurs plus folles espérances. (Petit rêve éveillé de ma part : peut-être en remerciement lui donneront-ils l’asile politique s’il est trop poursuivi en justice et s’enfuit ? )

Effrayant enfin : l’agent orange n’ a même pas prétexté ne pas avoir voulu ce qui s’est passé au Capitole, il ne s’est même pas excusé ni n’a montré de quelconque regret d’avoir par exemple « été mal compris par ses supporters ». Il aurait pu utiliser cet argument mais l’a même pas fait.

Entendu aujourd’hui d’une politologue spécialiste des États-Unis que c’était un acte préparé. J’espère qu’elle se trompe parce que si c’est le cas rien n’interdit plus de penser que d’autres actes sont en préparation. Plus grave encore qu’une opportunité saisie à la volée. (Ceci dit le meeting était organisé pour avoir lieu en meme temps que la certification des résultats et ce n’est pas par hasard, ceci était bien entendu préparé, donc…)

Alors oui je retiens mon souffle.

Terrifiant

Je sais quoi dire — terrifiant. Il est terrifiant de vivre ces moments dans un pays libre avec des elections libres qui suivent « le jeu démocratique » c’est à dire que si l’on perd une élection, on laisse sa place et on espère faire mieux une prochaine fois. C’est le principe même : accepter la transition de pouvoir.

Bien la peine de pointer du doigt des pays où les anciens dirigeants n’acceptent pas de laisser le pouvoir, de les appeler « pays de merde » (citation : ce sont les mots-mêmes de l’agent orange): eh bien nous y voilà les États-Unis sont donc un « pays de merde » si l’on applique sa definition, n’est-ce pas ?

En attendant c’est grave, très grave ce qui s’est passé le 6 janvier à Washington DC, l’invasion du Capitole : ce n’est pas juste une foule en colère qui a voulu prendre le pouvoir — ceci aurait été deja grave en soit. Mais ce qui s’est passé va au-delà, c’est bien pire : c’est le president en exercice, le president sortant mid toujours en exercice qui dit à la foule de prendre en otage le pouvoir législatif pour le maintenir lui president sortant au pouvoir (son intérêt personnel donc). Et encore pire c’est une branche du gouvernement qui essaye de renverser une autre branche, de prendre l’ascendant, de supprimer une autre branche du gouvernement. Gravissime. Le pire qu’il puisse arrive dans un pays libre à elections libre dans une république.

Or les « Pères Fondateurs » avaient exactement écrit le texte de la Constitution de leur nouvelle république pour éviter cela, éviter de concentrer tout le pouvoir dans une seule branche voire pire dans une seule personne (ils en sortaient de la royauté des rois ou des empereurs omnipotents) : cela s’appelle la séparation des pouvoirs. Puis d’éviter qu’une branche prenne l’ascendant sur les autres voire prenne le pas, cela s’appelle le « checks and balances », les poids et contrepoids, c’est à dire l’équilibre de ces pouvoirs séparés.

Donc oui, c’est très grave, c’est terrifiant : quand la séparation des pouvoirs tombe, quand une branche prend le pouvoir et veut réduire à néant une autre branche, c’est le chemin le plus direct et le plus certain vers une dictature, cela s’appelle un coup d’état. Et peu importe les finasseries terminologiques, les fausses pudeurs et autre circonvolutions pour ne pas appeler un chat un chat. Il faut finir par regarder la réalité en face et reconnaître l’agent orange pour ce qu’il  est : une personnalité toxique et dangereuse, un fou un malade mental au sens médical du terme, un dictateur en puissance (et pas seulement en devenir). Depuis le début il vante la présidence à vie et les pleins pouvoirs. Et non, on ne peut pas mettre ça sur le compte d’une plaisanterie d’une provocation, que c’est une grande gueule : à ce niveau de pouvoir et de portée on n’est pas une grand gueule. Diriger et présider à la destinée d’un pays ce n’est pas un pique-nique autour d’un barbecue avec une bière ni une réunion entre potes avinés au Café du Commerce. Comme l’a bien dit le futur président Biden, la voix d’un president porte, il doit surveiller ce qu’il dit. Depuis le début l’agent orange trouve que les dictatures, les pleins pouvoirs et les présidences à vie c’est bien ! Il l’a répété maintes et maintes fois et on a laissé passer : il ne fallait pas laisser passer dès le premier coup de boutoir. Parce que chaque coup suivant est allé plus loin et ça a constamment dérivé pour en arriver là : un président qui demande à ses supporters de détruire une autre branche du gouvernement pour lui permettre de garder le pouvoir pour toujours. Parce qu’à ce stade pourquoi rendre le pouvoir plus tard dans 4 ans à la fin d’un second mandat, pourquoi limiter les mandats à 2, pourquoi même faire une prochaine élection, même plus la peine puisque son souhait est la présidence à vie. Et qu’on ne croit pas que parce qu’il est vieux « président à vie « c’est court : pas du tout. Il est en plus en train de tout mettre en place pour que ses fils ou sa fille lui succèdent. Faire une dynastie façon Corée du Nord où le pouvoir est passé du grand-père au fils et au petit-fils. Je n’exagère pas. Tout ça a été filme lors de ses multiples meetings politiques. Il y a deja des t-shirts avec des slogans pour l’un de ses fils en 2024 et aussi pour sa fille, il l’a aussi mise en avant comme potentielle pour 2024 avant même de perdre cette élection. C’est filmé, documenté.

Et c’est bel et bien d’un coup d’état qu’il s’agit. Tentative ratée certes mais tentative de coup d’état en renversant un branche du gouvernement. Ensuite il  n’en reste plus qu’une autre de branche en travers de son chemin, la branche judiciaire et rien n’empêcherait de continuer le travail. Quant au quatrième pouvoir, la presse, il a été mis à mal par des dénigrements répétés puis l’installation d’un système direct par les réseaux sociaux et les sites privés dédiés à sa cause voire complotistes et fascistes, non surveillés par les pairs (après tout un journal/chaine de télé peut raconter des bobards jusqu’à une certaine limite puisque les autres organes et autre journaux peuvent contredire et faire une « revue de pairs », peer review, qui est encore le meilleur garde fou qu’une censure pure et simple).

Alors ici on apprend ça à l’école, mes enfants ont appris ça depuis leur plus jeune âge à l’école américaine depuis le primaire jusqu’en terminale :  les 3 branches du pouvoir, la séparation des pouvoir et les checks and balances pour éviter qu’une branche du gouvernement devienne trop puissante par rapport aux 2 autres. Tout ça pour éviter de revenir aux tyrannies monarchies dictatures et autocraties dont les Pères Fondateurs s’étaient affranchis. Ils en sortaient et ne voulaient surtout pas que ce soit possible dans leur nouveau pays, leur république tout juste créée. Ils doivent se retourner dans leurs tombes, eux qui étaient issus des Lumières et qui vouaient une aversion profonde à tout culte de la personnalité (ils sont servis avec l’agent orange, nous sommes servis).

Et les citoyens, chaque citoyen et encore plus les officiels, les membres du gouvernement, hauts fonctionnaires qu’ils soient de carrière, appointés ou élus jusqu’aux plus hautes sphères ainsi que tous les membres de l’armée du plus simple soldat au plus haut gradé, tous quand ils prennent leurs fonctions, prêtent serment de loyauté non pas à une branche du gouvernement ou une autre, non pas à une fonction ou une autre, encore moins à une personne ou une autre mais au drapeau (en tant que symbole du pays, voir le texte ci-dessous) et à la Constitution américaine. Quand on est citoyen même de base, même sans fonction officielle, on doit (c’est le devoir de TOUT citoyen américain ) être loyal à la Constitution américaine. Être patriote c’est protéger la Constitution et c’est tout.

Donc pas de loyauté ni envers un parti ni envers une fonction (comme le président par exemple) et encore moins envers une personne en particulier quelle qu’elle soit !

Je n’invente rien, ce sont les textes et de la Constitution et de la Pledge of Allegiance. Même si ce dernier texte n’est pas officiel dans le sens où il n’est pas inscrit dans les lois, il les résume de façon concise et simple.

Le texte du serment « Pledge of Allegiance » (non officiel mais c’est un texte simple qui avait été créé pour les enfants parce qu’il condensait de façon simple. Il est devenu officiel de fait.

I pledge allegiance to the flag of the United States of America and to the republic for which it stands, one nation under God, indivisible, with liberty and justice for all.

Mes enfants et tout le monde à l’école l’a répété tous les matins pendant toute la scolarité.

Nulle part on ne prête serment au président, encore moins à un président en particulier. Donc les pseudo patriotes (nommés patriotes par l’agent orange) ne connaissent même pas leurs devoirs de base parce que c’est les devoirs de base de tout citoyen américain : défendre la Constitution et les lois des États-Unis, je n’invente rien, je cite les textes officiels. Être loyal au drapeau et au pays, le drapeau représentant le pays, voir le texte de la Pledge. Nulle part on ne mentionne le président encore moins telle ou telle personne plutôt qu’une autre.

Et en obéissant à la Constitution et aux lois, on obéit de fait à la séparation des pouvoir et on respecte de fait les fonctions des uns et des autres, donc on ne renverse pas une branche au profit d’une autre.

Et si l’on n’est pas d’accord avec une branche et ses decisions, c’est bien simple on vote différemment la fois d’après, on pétitionne, on proteste, de façon pacifique, on peut même appeler son sénateur ou son représentant (equivalent de députés en France) on peut écrire aux journaux, dire son point de vue à des élus locaux, j’ai bien dit « dire » en utilisant des mots et non la violence physique ni la force. Ou devenir membre d’un parti voire créer son parti politique, se présenter à une élection locale ou fédérale. C’est la façon de faire changer ou évoluer les choses avec lesquelles on n’est pas d’accord.

Encore une fois je n’invente rien ce sont les textes officiels que l’on peut trouver sur tous les sites gouvernementaux qui informent sur les droits et les devoirs des citoyens américains. 

Donc tout cela est terrifiant. S’il y a des loopholes (échappatoire, lacunes dans les textes) il faudra travailler d’urgence à les combler et à changer les institutions voire une amendement (un numéro 28 et d’autres en plus s’il le faut) à la Constitution pour que ceci ne puisse plus se reproduire.

Et que celui qui a fomenté ceci et affaibli les institutions pendant tout son « règne » (c’est malheureusement de cela dont il s’agit, d’un règne ou voulu comme tel), la crédibilité des lois et affaibli même la Constitution, du moins l’a balayée comme ne se l’applicant pas à lui, que celui-ci soit jugé pur ses actes et puni. Impunité et c’est la voie royale à ce qu’il continue, à ce que se forge une dynastie et à tout futur aspirant dictateur : le chemin serait pavé ! Sans compter l’exemple et le précédent non seulement pour le pays mais pour le monde entier. Et s’il y a besoin de témoins il doit y avoir 2 ou 3 milliards de témoins qui ont vu en direct son discours et son appel à l’insurrection, au coup d’état, à marcher sur le Capitole et à se battre par la force ! Appels à l’usage de la force relayé aussi par son fils et par l’avocat véreux et véritable néo nazi. C’est documenté, filmé par les télévisions du monde entier et a été vu en direct par au moins la moitié de l’humanité.

Je veux finir par quelques citations des Esprits des Lumières justement, dont tout le monde se réclame à tour de bras.

Tout d’abord Montesquieu sur la séparation des pouvoirs justement (dans L’esprit des lois) :

« Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que par la disposition des choses le pouvoir arrête le pouvoir. »

« Il n’y a point encore de liberté si la puissance de juger n’est pas séparée de la puissance législative et de l’exécutrice. »

« Le plus grand mal que fait un ministre n’est pas de ruiner son peuple, il y en a un autre mille fois plus dangereux : c’est le mauvais exemple qu’il donne. »

Ensuite Beaumarchais (dans Le barbier de Séville) :

« De la justice ! C’est bon entre vous autres misérables, la justice ! Je suis votre maître, moi, pour avoir toujours raison. »

« Quand une chose est vraie ! Si je ne veux pas qu’elle soit vraie, je prétends bien qu’elle ne soit pas vraie. Il n’y aurait qu’à permettre à tous ces faquins-là d’avoir raison, vous verriez bientôt ce que deviendrait l’autorité. »

et aussi par notre bon vieux La Fontaine qui a eu beaucoup d’ennuis de son vivant d’ailleurs pour avoir écrit toutes ces fables (dans Les fables de La Fontaine, Les animaux malades de la peste)

« Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. »

L’avenir proche nous dira si cette dernière s’avère vraie. Une impunité serait une catastrophe non seulement pour le temps présent mais également à venir, pour l’Amérique et pour le monde entier par l’exemple qu’il donne, retour à Montesquieu.

Je ne sais pas quoi dire à nouveau

La situation évolue de mal en pis avec cette après-élection interminable. (Vraiment une révision constitutionnelle et législative  s’impose, ce système avec 2 mois et demi d’intérim entre le président sortant et le président élu était valable du temps des voyages à cheval, le temps de rapporter en chariot les bulletins et les votes depuis un bout du pays à l’autre. De nos jours c’est totalement obsolète et dangereux quand quelqu’un ne joue pas le jeu. Bien entendu cela ne s’était jamais produit mais c’est ce qui arrive quand on élit un fou furieux dictateur en puissance — il aura tout essayé et il continue à cause de cet espace, ce trou, ce vide dans la passation de pouvoir. Sans compter les sabotages avec les lois de dernière minute et les grâces présidentielles. Ça aussi il faudrait que ça cesse, je ne comprends pas comment un tel pouvoir « royal » continue d’exister en ce début de XXIème siècle )

Chaque fois on croit avoir atteint un sommet et depuis 4 ans des sommets de folie furieuse on en a grimpé, chaque sommet plus haut que le précédent, chaque coup de boutoir dans la république, pire. Jusqu’où ?

Donc aujourd’hui c’était le pompon ! Mais je crains que dans les 15 jours qui restent il y ait d’autres pompons, pires. Ça en prend le chemin. Maintenant il faut que les gens autour du fou orange arrêtent de l’accréditer de le conforter dans ses positions hallucinées : il y en a qui ont persisté et signé, l’avocat aux vrais airs de Goebbels, le propre fils du fou orange et j’en passe, encore aujourd’hui au rassemblent avec ces discours effarants, qui a précédé la prise d’assaut du Capitole. J’espère qu’ils seront marqués au fer rouge, que leur carrière politique en sera abruptement finie. Aujourd’hui cet assaut, double assaut moral et maintenant physique, comme dans la pire des républiques bananières, le pire des pays voyous. Une chose que je n’aurais jamais pensé voir dans un pays occidental, dans une république avec élections libres, encore moins ici dans le pays qui se targue d’être la république entre toutes, le modèle mondial des républiques.

Les institutions sont poussées à l’extrême, à leur point de presque rupture.

À la mi-journée j’étais en train de donner mon cours de tai-chi par visioconférence. Après le cours nous papotons toujours un moment puisque pour la plupart nous faisons du tai-chi ensemble depuis plus de 10 ans voire quelque 17 ans pour mon amie Helen et sommes devenus amis. Quand soudain la femme d’un de ces amis a interrompu nos discussions à bâtons rompus pour dire à son mari de venir vite pour voir à la télé ce qui se passait en direct à Washington DC, que le Capitole avait été investi par des trumpistes. Incrédule son mari a d’abord cru qu’elle plaisantait. 

Incrédulité c’est le mot, sidération, indignation.

Indigne de ce pays, indigne de la fonction présidentielle qui a, depuis 4 ans, été piétinée et galvaudée totalement dépréciée et déclarée sans valeur — au profit d’une présidence à vie, seule valable à ses yeux, son souhait le plus ardent, il ne s’en est même pas caché. L’avantage avec ces idioties de réseaux sociaux c’est que c’est par écrit, c’est enregistré et rien n’est effaçable puisqu’il y a toujours quelqu’un qui peut faire une copie d’écran au pire. Donc on peut le mettre le nez devant ses dires, écrits. Sans compter les enregistrements vidéos. J’espère que tout ça pourra peser dans la balance de la justice. Car, non, quelqu’un qui occupe une fonction étatique de haut niveau, d’autant plus présidentielle, ne peut et ne doit pas faire des déclarations fracassantes façon Café du Commerce, car comme l’a dit le futur président, la parole présidentielle porte, celui qui en assume la fonction et les responsabilités doit mesurer et peser ses paroles.

La preuve par les faits cet après-midi quand un président encore en exercice (WTF ? vraiment des institutions et des législations à changer) échauffe ses partisans en les exhortant à marcher sur le Capitole après les avoir déjà chauffés à blanc sous des déluges d’accusations mensongères de fraudes électorales. Littéralement à fouler aux pieds la République. Quand le devoir du même président —c’est à cela et cela exclusivement qu’il s’engage en prêtant serment et en acceptant la charge — c’est de protéger la Constitution. Surtout quand on sait que la Constitution est aux yeux de tous les citoyens américains le texte le plus sacré du monde (d’où les grandes difficultés pour le faire évoluer avec le temps et l’époque, ceci explique cela, il est gravé dans le marbre, à la fois sa force et sa faiblesse).

Cette action seulement, serait une raison d’empêchement et de destitution — une haute trahison.

Les institutions et la République sont vraiment en limite de craquer — souvenons-nous de l’Allemagne des années 30, de la prise des pleins pouvoirs par les nazis après avoir été élus légalement au départ… C’est ce que m’a dit ma mère au téléphone ce soir. (Mes parents m’ont appelée vers minuit heure française, tant ils étaient catastrophés par ce qu’ils venaient de voir). Ce que ma mère a vu à la télé avec la prise d’assaut du Congrès lui rappelait les actualités qu’elle voyait enfant dans les années 30, sans les comprendre mais qui lui faisaient peur, les actualités sur ce qui se passait en Allemagne dans ces années 30, Munich, Berlin, la prise du Reichstag etc.

Je ne sais pas quoi dire à nouveau et je retiens mon souffle jusqu’au 20 janvier.

Mes articles précédents sur ces élections :

https://michusa.wordpress.com/2020/11/07/je-ne-sais-pas-quoi-dire/

https://michusa.wordpress.com/2020/11/14/je-ne-sais-pas-quoi-dire-trace/

P.S. — Pourquoi est-ce que je ne suis tout de même pas étonnée ? Que je tends le dos depuis l’annonce du résultat des élections début novembre ?

Autre P.S. — Tous ces abrutis qui ne portent pas de masque (pas de masque anti-Covid puisque la pandémie est un hoax des démocrates selon eux, encore et toujours) tous ces abrutis non masqués ont été filmés et se sont aussi filmés eux-mêmes, ont fait des selfies dans le Capitole, selfies et vidéos qui seront postés par eux sur leurs propres réseaux sociaux. Ce devait donc être facile de les identifier et de les traduire en justice pour les envoyer réfléchir en prison. Ils tiendront compagnie à leur champion qui devrait y être enfermé depuis longtemps.