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Capitalisme carnassier encore

Les gens qui se font livrer au plus fort d’une tempête comme pendant la tempête Ida et ses torrents d’eau dans les rues à New York City. Voir les copies d’écrans du tweet et de quelques saines réactions ci-dessous.

le tweet d’origine

Comme le dit cette députée, « if it’s too dangerous for you, it’s too dangerous for them », si c’est dangereux pour soi au point  de ne pas vouloir sortir chercher à manger, c’est dangereux pour le livreur. Cela devrait aller de soi mais les gens sont égoïstes et de purs connards comme le dit ce photographe qui documente justement ce genre de situations. Plusieurs ont réagi : ne pouvez-vous pas pour une fois aller faire un tour dans vos placards, faire réchauffer un plat surgelé au micro-ondes, manger une soupe instantanée ou des pâtes, voire au pire manger un bol de céréales — ‘ it’s okay to eat cereal during historic flooding’ ? »

Au-delà des abrutis (qui font partie des privilégiés qui ont le luxe de pouvoir ne pas travailler au milieu d’une catastrophe « naturelle ») qui commandent de la nourriture pendant une tempête historique, comme tout passe par les fameuses « apps » dans le téléphone (fini le temps où l’on téléphonait à son restaurant favori et on demandait une livraison, il en reste encore mais de moins en moins) donc comme tout passe par les fameuses « apps » surtout à New York City, pourquoi tout simplement les « apps » en question n’ont-elles pas fermé leur service pour la soirée tout en payant malgré tout leurs livreurs une compensation catastrophe  naturelle (livreurs qui ont n’ont pas forcément le choix de pouvoir ne pas travailler, même une seule soirée) ? D’autant que ces « apps » marchent dans le monde entier, donc couper le service seulement  pour une petite région géographique ne va pas leur faire perdre beaucoup d’argent aux multimillionnaires qui en sont les propriétaires.  Qui eux se dorent au soleil de la Silicon Valley pendant que les pauvres livreurs avec de l’eau jusqu’à la garde risquent leur vie pour 5 dollars la course y compris le pourboire. Capitalisme carnassier encore, toujours plus toujours plus !

Mon fils cadet a été livreur pour l’un de nos restaurants haut de gamme locaux : heureusement le manager fermait et surtout arrêtait les livraisons quand la tempête montait en puissance et si elle s’avérait importante (essentiellement des tempêtes de neige en hiver). Éventuellement ce manager finissait lui-même les quelques dernières livraisons en cours à la place de ses livreurs parce qu’il ne voulait pas les envoyer au casse-pipe à sa place et que de plus son véhicule personnel était un gros pick-up 4×4 (contrairement aux véhicules personnels des livreurs et à la petite Toyota de livraison du restaurant). Ensuite il fermait les livraisons pour le reste de la journée et de la soirée et refusait catégoriquement de faire ou faire faire toute livraison. Il se faisait abrutir d’injures par les certains « clients » pour ça, des purs connards qui sont légion dans notre région riche et snob, ces gens-là sont « entitled » (ils ont le droit parce qu’ils ont de l’argent). « Si c’est dangereux pour vous, c’est dangereux pour eux [les livreurs] ». C’est ce que j’ai toujours pensé bien avant que mon fils soit livreur et il ne me serait jamais venu à l’idée de me faire livrer un repas au beau milieu d’une tempête d’envergure — ce n’est pas que je me fasse livrer des repas souvent (plutôt jamais).

Dans ce restaurant le guichet de vente à emporter restait encore un peu ouvert tant que la tempête n’était pas trop forte, si les gens voulaient vraiment un repas tout prêt, ils n’avaient qu’à venir le chercher eux-mêmes après tout.  Puis si la tempête continuait à s’intensifier et que cela commençait à devenir trop difficile pour les employés de rentrer chez eux, il fermait tout simplement.

Heureusement ce restaurant employait ses propres livreurs (salariés du restaurant) et non pas ces horribles « apps » qui « ubérisent le travail et le paupérisent — sauf pour les multimillionnaires propriétaires de ladite app. 

Où est ma guillotine ?

Ida dans mon basement — la menace intérieure

Ida nous a tous pris de court, on n’imaginait pas la violence des pluies (sur un sol déjà surchargé avec toutes les pluies torrentielles et diluviennes de l’été, les nappes d’eau et les rivières déjà toutes gonflées et au plus haut de leur capacité normale, sans beaucoup de marge pour accueillir encore plus d’eau.

1.8 degrés F (1 degré C ) de plus de température cela fait 7% d’humidité que l’air peut contenir en plus, d’où ces pluies violentes et extrêmes tant en quantité qu’en fréquence de ces dernières années.

Alors c’est vrai les météorologues nous avaient prévenus de pluies très violentes avec des risques d’inondations très importants pour Ida, mais nous étions un peu insensibilisés parce que c’était la 3ème queue de tempête de l’été et pour les précédentes Henri et Elsa) chez nous cela s’était manifesté par de fortes pluies : donc nous attentions des fortes pluies and so what ? Sauf que c’était la 3ème fois justement et entre les tempêtes l’été avait été aussi très pluvieux (l’un des 10 étés les plus pluvieux depuis le début des mesures il y a 150 ans) et que personne n’a vraiment pris en considération que les sols étaient tellement saturés qu’ils ne pourraient plus absorber d’eau supplémentaire. D’où les inondations éclairs (flash floods), d’où Ida dans mon basement.

Je ne me suis pas sentie trop concernée non plus par les flash floods parce que nous vivons sur les hauteurs tout en haut de la ville et en plus d’être sur ces hauteurs nous sommes en haut d’une petite butte dans notre rue et loin de tout cours d’eau. Donc à part de l’eau qui peut dévaler éventuellement les escaliers du sous-sol pas trop d’inquiétude, d’autant que cela arrive moins souvent maintenant qu’il y a des galets au lieu du bitume juste devant cet escalier qui va vers le sous-sol via la hurricane door (porte d’évacuation en cas d’ouragan). Il est déjà arrivé d’avoir un peu d’eau à 2 endroits du sous-sol, en cas de fortes pluies ou de fonte de neiges, mais de façon très localisée et peu étendue, simplement mouillé sans hauteur d’eau mesurable. Ni si rapide. D’autant que cette fois toutes les pièces ont été touchées, pas une où se réfugier (si l’on voulait rester dans le sous-sol en attendant que l’alerte tornade passe justement), pas une pour transférer les quelques objets (des piles de livres que j’étais en train de trier, piles qui étaient dans un endroit qui était peu susceptible d’être mouillé et n’a jamais été mouillé de fait). La petite chambre du fond dans laquelle ne passe aucun de tuyau d’eau n’avait jamais été mouillée en 19 ans et les 2 placards des 2 chambres jamais non plus car même si dans l’une des chambres il y a eu des fuites de tuyaux, cela n’a jamais été d’ampleur suffisante pour mouiller toute la pièce, encore moins le placard qui est dans un coin loin de tout tuyau. 

Pourtant c’est exactement ce que nous avons eu : les inondations éclair ou flash floods dans notre sous-sol, notre basement, l’eau des fondations ne pouvait plus s’évacuer de la façon habituelle par les drains et par les pompes des fondations qui ne tournaient pas assez vite et ne tenaient pas la vitesse avec la pluie. La menace était bel et bien intérieure puisque l’eau n’est en fait pas descendue des escaliers ni passée par les fenêtres du sous-sol, mais montait du sol à travers la dalle en béton et passait aussi un peu à travers les murs à 30 cm au-dessus du sol !

J’étais également préoccupée par une poignée d’autres choses. Tout d’abord les travaux qui avaient tout juste eu lieu pour réparer la fuite de la ligne d’alimentation en eau de la maison, le 26 août et tout ce qu’il me restait à remettre en état dans le jardin. Je me disais que d’une part une forte pluie allait stabiliser et aider à tasser les sols de la pelouse et de l’allée qui avaient été ouverts et retournés avant d’être re-remplis et aussi que les fortes pluies allaient laver mon allée restée très boueuse (une vraie patinoire ) et m’éviteraient d’avoir à louer un Kärcher pour la nettoyer (cela a été effectivement le cas). 

Préoccupée aussi par le déménagement de ma fille à New York City, voisine certes, mais avec beaucoup d’allées et venues en voiture — beaucoup de choses à penser, à préparer, des courses et bricolages à faire, des allers et retours à Ikea etc.

Et surtout j’étais préoccupée par l’opération chirurgicale de ma fille prévue pour le 1er septembre justement.

En voyant les prévisions météo, je m’étais juste dit, « j’espère qu’on sera rentrés avant le démarrage de la pluie » — en fait nous sommes repartis de l’hôpital alors que le ciel commençait à se déverser sur notre tête, l’infirmière m’a même fait monter sur la plateforme devant la porte avec ma voiture pour que ma fille ne soit pas mouillée — elle n’était en plus que modérément mobile, encore dans les vapes et nauséeuse. C’est pour cette raison que nous avons attendu encore une heure après l’heure où on nous a demandé de venir la chercher : elle était encore trop nauséeuse et ils ne voulaient pas la laisser sortir.

Cette heure de plus a été la raison pour laquelle nos sommes partis de l’hôpital alors que les trombes d’eau commençaient à se déverser, nous a obligés à faire des tours et des détours à cause d’arbres tombés sur les routes. Mais heureusement il n’y avait pas encore les inondations. L’hôpital est à environ 30 mn de la maison et nous étions rentrés avant le pire — juste à temps, m’étais-je dit.

Pour toutes ces raisons je n’étais pas prête, et quand je dis pas prête, mon basement complètement moquetté et aménagé est quand même prêt depuis longtemps pour affronter des inondations modérées, il est prêt en permanence puisque j’ai l’habitude d’avoir de l’eau par terre suite aux multiples et fréquentes fuites d’eau de tuyaux ou de lave-linge ou de ballon d’eau chaude : donc il est waterproof à 20 ou 30 cm, tout ce qui est directement posé sur le sol est dans des caisses plastiques exclusivement et tout le reste est surélevé pour que rien de ce qui craint ne soit à même le sol.

Donc pas de dommages majeurs puisque tout était protégé et les 2 ou 3 choses qui ne le sont pas ont été montées en 4ème vitesse (en gros : la grosse caisse de la batterie de mon fils qui est posée sur une plaque en plastique si jamais la moquette s’humidifie suite à une fuite de tuyau, mais ce n’est pas prévu pour 5 ou 6 cm.

L’eau est montée à la cheville puis vers minuit a arrêté de monter et vers 1 h du matin avait complètement reflué ce qui nous a permis d’aller dormir un peu plus tranquille.

Je n’étais pas préparée mentalement surtout donc nous avons couru dans tous les sens au lieu d’avoir un plan et de le suivre puisque le plan n’était pas prêt. Nous avons eu un plan de dernière minute quand l’alerte tornade est devenue imminente (je ne m’affolais pas puisque la mairie n’avait pas appelé) donc nous sommes descendus aux abris en catastrophe (et donc je n’avais pas préparé le sac habituel avec les essentiels en cas d’évacuation ou de démolition de la maison, sac que je prépare d’habitude en cas de probabilité d’ouragan ou de tornade). D’autant plus et surtout qu’il fallait tenir compte de ma fille qui n’était pas très mobile et devait se reposer dans un environnement propre et non mouillé. Hors de question d’aller gambader sous la pluie pour évacuer par exemple. Et 10 mn après nous être mis « aux abris »  au sous-sol comme le veulent les recommandations en cas de tornade, l’eau a commencé à monter dans ledit sous-sol donc nous avons fait tout le transfert inverse, ma fille puis tout ce que nous avions transporté en ordre dispersé « aux abris ». Je suis encore allée chercher les passeports dans le sous-sol (au lieu de les avoir dans le sac d’évacuation et de survie préparé à l’avance) après que nous ayons essayé d’écoper puis laissé tomber parce que cela ne servait pas à grand-chose. Si tous les préparatifs avaient été faits, nous n’aurions pas eu à courir partout de façon désordonnée et non efficace. Être préparé sur le plan matériel avec les sacs prêts, un plan à suivre en cas de besoin et être préparé aussi sur le plan mental aurait permis d’éviter tout ce stress inutile surtout en ayant à gérer quelqu’un qui sortait d’une opération chirurgicale.

Il me faut quand même dire que cette menace intérieure a été inédite en 19 ans : les quelques alertes tornade ont eu lieu sans inondation, même l’alerte ouragan du grand ouragan Sandy où nous avons dormi pendant une semaine dans ce sous-sol ! Ni celui de la tempête sans nom de l’année précédente à Sandy, (tempête de Halloween 2011 ) où nous avons dormi également pendant 4 jours dans ce sous-sol.

Nous avons eu de la chance, la maison a tenu, n’a pas été détruite par la grosse tornade qui a traversé le New Jersey, l’inondation du sous-sol a été limitée et pas si rapide que ça (certains ont eu de l’eau jusqu’en haut des marches de leur sous-sol, certaines fois en l’espace de quelques minutes ), nous n’avons pas perdu le courant (les pompes ont donc pu continuer à pomper sinon nous aurions eu encore plus d’eau dans le basement), l’eau n’est pas sortie non plus des prises électriques (cela s’est produit pour certains) donc je n’ai pas eu à couper le courant (heureusement pour les pompes donc), nous n’avons pas eu de dégâts majeurs, rien à part la moquette à faire sécher (17 jours plus tard j’en suis à finir de sécher les 2 pièces du fond, la moquette est encore un peu moite sous les meubles, donc je bouge tout  j’aère quand je peux s’il ne fait pas trop humide dehors, je ventile et je déshumidifie) et surtout nous avons tous survécu. L’eau n’a pas non plus refoulé des égouts par la douche et les toilettes du basement (cela est arrivé à certains ! ) donc nous ne nous plaignons pas. Ça aurait pu vraiment être bien pire, nous avons eu de la chance.

La station d’épuration de notre ville a été noyée elle aussi, mais a pu continuer à fonctionner heureusement, grâce aux employés qui doivent avoir un plan catastrophe efficace et qui ont pu en maintenir le fonctionnement malgré la furie des éléments.

Notre ville était sur le chemin de passage prévu de la tornade, mais ça a été une fausse alerte pour nous heureusement (alerte qui a duré moins d’une demi-heure, mais qui nous a mis dans une position où nous étions entre 2 directives contradictoires : nous abriter au sous-sol à cause de l’alerte tornade et en même temps aller aux étages pour éviter l’inondation-éclair dans le sous-sol.

Bref moi qui suis toujours prête, je n’étais pas prête cette fois, pas prête à ça du tout! Pas prête pour la menace intérieure de l’eau qui monte de dessous la maison ! Très stressant parce qu’on ne sait pas à quelle hauteur ni quand l’eau va s’arrêter de monter (ce n’est pas comme avec une fuite d’eau : dans ces cas-là dès qu’on coupe l’eau cela s’arrête, là impossible de couper la pluie évidemment), mais on a eu de la chance, pas de dégâts majeurs ni de menace vitale.

Toutes les séquences du montage vidéo ont été tournées  lors de la terrible soirée du 1er septembre et montrent la tempête Ida dans notre basement qui est un espace totalement habitable et chauffé en hiver avec moquette, télé, Internet dans toutes les pièces. Dans la pièce principale qui a été la plus atteinte et où vous nous verrez écoper et aspirer, l’eau nous est montée à la cheville — on peut être contents ça aurait pu être pire — c’est la pièce d’où je fais mes cours de tai-chi par Zoom depuis plus d’un an. 

Et je répète : la menace était intérieure : l’eau est rentrée par le sol à travers la dalle parce que les 2 pompes ne pouvaient pas pomper assez vite. L’une tournait en continu et déversait dans le puits et celle du puits tournait toutes les 10 minutes dès que le puits arrivait à un certain niveau. Même chose cela n’a pas débordé du puits du tout. L’eau est même rentrée par les murs à 20 ou 30 cm du sol . En fait dans la salle à outils elle n’est pas descendue par les marches contrairement à ce que je dis dans la vidéo et que je croyais, mais elle filtrait de la terre des fondations derrière les marches et aussi du sol en bas des marches.

Même chose partout dans tous les basements du New Jersey ou presque. Chez mon amie Helen qui habite une ville voisine, même chose, en 30 ans elle n’avait jamais eu d’eau qui remontait à travers la dalle et aussi de l’eau qui coulait comme un robinet de son mur à 30 cm du sol  ! Son puits non plus ne débordait pas, mais la pompe n’arrivait pas à pomper assez vite et aussi l’eau est allée ailleurs que dans ce ou ces fameux puits, il y en avait tellement et avec une telle vitesse qu’elle n’a pas suivi ses chemins habituels qui la drainent dans le puits en temps normal et a percé à travers le sol et les murs.

Beaucoup de travail de séchage, mais rien perdu et rien d’endommagé, le frigo n’a pas été noyé donc fonctionne toujours, idem pour lave-linge et sèche-linge. La flamme du ballon d’eau chaude (flamme à une dizaine de cm du sol) n’a pas été éteinte non plus. Pour la chaudière ce devrait être bon, je le saurai mi-octobre quand je la remettrai en route : si ça ne chauffe pas les tuyaux c’est que la flamme est éteinte et j’appellerai ma compagnie de gaz pour la rallumer et la vérifier (cela arrive de temps en temps de toute façon, indépendamment de toute inondation, souvent un thermocouple à changer ce qu’ils ont fait l’automne dernier). 

Je tâcherai d’être prête la prochaine fois, pour la prochaine intempérie quelle qu’elle soit comme je fais d’habitude, sans me laisser distraire ou préoccuper par d’autres soucis aussi légitimes qu’ils soient, de ne pas me dire que ça ira, comme on dit ici : se préparer pour le pire en espérant le meilleur (prepare for the worst hope for the best).

Ida dans mon basement

Ida a déversé ses tonnes d’eau sur le New Jersey et je n’étais pas prête du tout. J’avais à peine prêté attention aux alertes météo moi qui les suis toujours scrupuleusement et rien préparé du tout moi qui suis toujours prête et qui me sur-prépare toujours au cas où. Pas cette fois. Mal m’en a pris. Je dois dire que j’avais été un peu insensibilisée (nous l’avions tous été et les autorités aussi apparemment) un peu insensibilisée disais-je, par les alertes précédentes qui ont été des fausses alertes ou bien moins terribles que prévu (tempêtes tropicales Henri et Elsa [lire https://michusa.wordpress.com/2021/08/22/en-attendant-henri/  et  https://michusa.wordpress.com/2021/08/24/henri-trace/ et https://michusa.wordpress.com/2021/07/10/ouragan-elsa/ ] ) donc je me suis dit que ce seraient de très fortes pluies, que vraisemblablement les pompes du sous-sol tiendraient, je n’ai même pas pensé avoir un peu d’eau puisque de fortes pluies nous en avons eues tout l’été (l’un des 10 étés les plus pluvieux depuis le début des mesures météo il y a 150 ans, ça je l’ai appris après )

Donc Ida est entrée dans mon basement, mon sous-sol tout aménagé avec 2 chambres de secours, une salle de bain, la salle de télé / sport / tai-chi, la buanderie et la chaufferie, il y a même un deuxième frigo / congélateur. Un basement aménagé classique en Amérique (une institution en fait, le basement qui permet d’étendre la surface de la maison, d’avoir un grande salle de jeu pour les enfants et éviter ainsi de chambouler le salon et les chambres, ou d’avoir une salle de musique ou autres activités pour les ados et les plus grands, certains ont un billard dans leur basement, beaucoup ont une télé, des consoles de jeux vidéos. On sait qu’il peut y avoir des inondations ou de l’eau, surtout dans le New Jersey quand il pleut beaucoup et que les pompes des fondations sont prises en défaut ou lorsque le ballon d’eau chaude fuit ou la machine à laver fuit ou qu’un tuyau d’eau gèle en hiver et explose. Tout cela m’est arrivé, certains de ces incidents se sont même produits plusieurs fois, comme à la plupart des gens ici et je suis relativement prête pour tout ça.

Mais ce qui est arrivé ce 1er septembre ce n’est jamais arrivé avant, ni à moi ni à personne d’ailleurs : tout le monde a été stupéfait par l’ampleur. Personne n’était prêt, pas même les autorités qui ont lancé des avertissements intempéries mais pas pires que d’habitude.  Nous pensions tous que ce serait encore une queue de tempête comme nous en avons régulièrement tous les étés.

Non vraiment je n’étais pas prête pour Ida dans mon basement.

Mais nous ne pouvons pas nous plaindre, nous avons eu de la chance et peu de dégâts finalement, l’eau s’est arrêtée au niveau de la cheville et n’est pas montée plus. Bien sûr on ne peut pas savoir à l’avance à quelle hauteur l’eau va s’arrêter, donc ça fait très peur, surtout à la rapidité à laquelle ça va. Et encore, pour nous la montée des eaux n’a pas été si rapide que ça rétrospectivement. Dans les sous-sols new-yorkais  l’eau est montée en l’espace de quelques minutes de « tout sec » à 2 mètres d’eau, les habitants de ces sous-sols ont été prisonniers sans pouvoir s’échapper puisque l’eau les empêchait en plus de sortir par la porte ou les soupiraux (victimes du capitalisme sauvage encore bien plus que de la météo puisque ces sous-sols sont sous-loués illégalement comme habitations en tant que telles au lieu de rester de simples extensions d’habitation en tant que basement ). Même chose pour les gens qui ont été piégés dans leurs voitures.

Peu de dégâts pour moi parce que quand même mon basement est toujours prêt pour un peu d’eau, surtout à cause des fuites des tuyaux d’eau ou du lave-linge. Mais les fuites on peut les contenir : une fois qu’on a coupé l’eau ça s’arrête, l’eau ne continue pas à monter plus haut. Là pas moyen d’arrêter la pluie, il fallait attendre que la pluie diminue. Peu de dégâts matériels puisque l’eau s’est arrêtée à hauteur de la cheville et pas de situation critique où il y aurait eu une menace pour nos vies, même si on ne peut pas le savoir à l’avance donc pendant qu’on le vit c’est extrêmement stressant.

Donc nous allons bien et, à part le sous-sol mouillé absolument partout, la maison est intacte, le toit est toujours en place, aucune tornade ne nous a touchés. Pour nous finalement ça a été plus de peur que de mal mais une piqûre de rappel pour moi : à l’avenir il me faudra toujours me préparer, même « pour rien », même si je me dis que ça devrait aller. Veiller à ne pas être insensibilisée par les alertes successives, comme on dit ici better be safe than sorry, quelque chose comme il vaut mieux prévenir que guérir.

Je suis en train de tout faire sécher à grand renfort de ventilateurs (6 en tout ! ) et d’un dé-humidificateur qui doit être livré dans la semaine, après avoir aspiré de l’eau pendant 3 jours. Ceci explique mon absence sur les blogs, j’ai un retard fou dans la lecture des blogs que je suis, retard qui préexistait mais qui a bien empiré depuis ce mercredi 1er septembre. Je n’ai pas beaucoup touché terre.

Henri — trace

Finalement l’ouragan Henri a été rétrogradé en tempête tropicale et n’a pas touché terre sous forme d’ouragan, il a même évité (de quelques kilomètres) de toucher de plein fouet Long Island (une tempête tropicale c’est bien moins qu’un ouragan mais ça reste quand même une condition météorologique sévère) et a touché terre sous forme de tempête tropicale vers le Rhode Island. Donc Henri n’a pas été le premier ouragan à toucher terre en Nouvelle-Angleterre depuis 30 ans. Personne n’est pressé pour que cela se produise !

La tempête tropicale Henri a tout de même déversé des trombes de pluie sur tout le Nord-Est (sinon ce ne serait pas une tempête tropicale) — on peut parler de pluies diluviennes sans exagération, mais n’a rien à voir avec les inondations extrêmes et mortelles dans l’état du Tennessee : dans le Tennessee c’était une des tempêtes précédentes dans l’alphabet, qui n’avait pas encore fini sa couse, la tempête Fred.

Quant à nous, plus à l’ouest dans le New Jersey Central, la tempête nous a aussi déversé des tombereaux de pluie : il a plu comme vache qui pisse sans s’arrêter ni ralentir une seule minute pendant plus de 24 heures d’affilée mais il n’y a pas eu de vent du tout — heureusement. Comme nous vivons dans la forêt (un petit bois plus précisément, disons un quartier très boisé de ma ville suburbaine) je crains bien plus le vent que la pluie. D’autant que le vent sur des arbres bien en feuilles, alourdies de pluie, cela peut faire encore plus de dégâts que sur des arbres secs, d’autant plus quand le sol est complètement détrempé.

Les pompes du sous-sol (qui pompent l’eau des fondations, une particularité américaine notamment dans le Nord-Est très pluvieux) se sont déclenchées très souvent mais elles ont pu évacuer l’eau au fur et à mesure et ont tenu le coup. Il ne pleuvait pas plus vite qu’elles ne pouvaient évacuer l’eau : c’est du vécu, il est arrivé plusieurs fois que les pompes ne tournent pas assez vite pour évacuer l’eau au fur et à mesure et que l’eau finisse par déborder en passant à travers la dalle du sous-sol).

Par contre l’eau était très chargée en sédiments et avait une petite couleur orangée (vue dans le container en plastique utilisé pour « contenir »  une fuite située  avant les filtres, c’est une autre histoire). Au bout de 24 heures c’est revenu à la normale mais je sais que je dois maintenant changer les filtres qui sont bien chargés.

En attendant Henri

notre premier ouragan de la saison. Normalement Henri devrait nous frôler dans le New Jersey Central et nous apporter des vents assez forts et beaucoup de pluie, ce qui signifie pour nous seulement une tempête tropicale et pas l’ouragan à proprement parler.. Nous sommes à la limite de la zone touchée (et normalement hors du cône de l’ouragan, juste dans les franges) et même si nous sommes en « alerte ouragan » depuis hier, pour cette nuit et demain, c’est l’est de notre comté qui est touché par cette alerte et ce devrait rester pour nous, qui sommes complètement à l’ouest du comté, une grosse tempête tropicale avec vents forts et trombes de pluie, éventuellement quelques tornades localisées, pas plus.

Cependant l’ouragan Henri est attendu pour toucher la terre à Long Island puis dans le Connecticut juste au-dessus. Long Island c’est cette île en forme de doigt qui pointe dans l’Atlantique de l’autre côté de New York City. D’après ce que j’ai lu c’est très rare d’avoir des ouragans qui touchent terre à cet endroit (et dans le Nord-Est en général ) cela ne s’était plus produit depuis 36 ans, la dernière fois en 1985 donc. Quant à la Nouvelle-Angleterre, cela fait 30 ans exactement qu’elle n’avait pas été touchée par un ouragan. Et New York City cela fait depuis Sandy en 2012 qu’elle n’avait pas été touchée directement par un ouragan non plus. 

Tous ces endroits ont connu régulièrement (tous les ans ou presque, voire plusieurs fois par an) des tempêtes tropicales très fortes dans la queue ou les marges d’un ouragan qui passait plus au large et surtout qui avait touché terre bien plus au sud, dans les Carolines en général, mais pas directement un ouragan classé comme tel. 

Quand ces ouragans remontent, ils nous frôlent et apportent leur lot de pluie, vent, dommages et coupures de courant, cela suffit à notre malheur.

Dans le New Jersey c’est la même chose, souvent nous sommes « seulement » touchés par la frange des ouragans et n’avons « que » des tempêtes tropicales. Comme l’an dernier Isaias, nous n’avons eu que la frange tempête tropicale de l’ouragan Isaias puisque cet ouragan avait touché terre en Caroline du Nord. Lire ici : https://michusa.wordpress.com/2020/08/09/en-attendant-isaias/

Ou plus récemment pour celui remonté un peu plus tôt dans la saison cette année 2021,  l’ouragan Elsa qui n’a été pour nous qu’une tempête tropicale. Lire ici : https://michusa.wordpress.com/2021/07/10/ouragan-elsa/

Mais cette fois-ci (à part pour nous qui sommes plus à l’ouest dans notre coin du New Jersey Central, je croise les doigts que ça reste comme ça) c’est vraiment un ouragan qui va directement toucher New York City et surtout Long Island, l’atterrissage se faisant précisément à Long Island mais la ville de New York très proche sera dans le cône évidemment.

On attend beaucoup de dégâts et des coupures de courant, pour nous dans le New Jersey Central les coupures de courant sont une possibilité seulement, pour le Connecticut et Long Island les coupures de courant sont une certitude à 100%.

Pour l’instant tout va bien, il a commencé à pleuvoir vers 7 heures ce soir. Juste après que j’ai fait le tour du jardin et rentré tout ce qui risquait de s’envoler quand, vers 6h30, à force de recevoir des alertes et des notifications de plus en plus alarmantes je me suis avisée qu’il fallait peut-être me préparer. 

Puis le ciel a pris une couleur jaune fluo et tout le jardin luisait d’un jaune très saturé et assez inhabituel, le coucher de soleil qui devait se refléter dans les nuages et la pluie je suppose mais c’était assez effrayant en fait. Annonciateur de la tempête à venir.

(La luminosité jaune se voit mieux sur les photos que sur la vidéo)

le ciel tout jaune et la luminosité jaune dans le jardin avant la tempête Henri
le ciel tout jaune et la luminosité jaune dans le jardin avant la tempête Henri

Ouragan Elsa

Une des multiples alertes pour l’ouragan Elsa, reçues en continu tout l’après-midi
Ouragan Elsa

Nuit de jeudi 8 à vendredi 9 juillet 2021 : nous sommes en alerte ouragan depuis le début de l’après-midi avec passage prévu de l’ouragan proprement dit vers minuit et avant ça, un front de pluies (torrentielles aussi) indépendant venant de  l’ouest, produit par un autre système de précipitations qui n’a rien a voir avec l’ouragan Elsa.

Vendredi matin 9 juillet 2021 : nous avons survécu à l’ouragan Elsa qui est remonté jusque dans le New Jersey, ce qui  arrivait très rarement avant et qui arrive presque systématiquement ces dernières années. Sauf que cette fois c’est vraiment très tôt dans la saison puisque le gros de la saison des ouragans c’est août septembre et que chez nous (dans le New Jersey) ceux qui remontent, remontent en général fin août et plus généralement en septembre, s’ils remontent, ce qui n’est pas toujours le cas. Ça, c’était avant : maintenant ils ont tendance à remonter systématiquement. La limite du passage proprement dit c’est l’autoroute I 95 qui passe un peu au sud de chez nous à une 20taine de km. Donc nous sommes toujours au moins touchés par les franges des tempêtes et des ouragans, que ce soient par les ouragans / tempêtes tropicales de fin d’été ou en hiver par les tempêtes de neige et cyclones de types nor’easter, qui ont cette même limite approximative, mais dans l’autre sens. 

Ouragan Elsa
Ouragan Elsa
Ouragan Elsa

New York City plus à l’est et au bord de l’océan a été plus touché que nous.

Ma fille était au bureau  à New York City, jeudi toute la journée (la première fois depuis le 12 mars 2020 ! ) et elle est rentrée en train au lieu qu’on aille la chercher en voiture comme c’était prévu parce qu’il n’était pas certain que les tunnels soient passables : il y avait de fortes chances qu’ils soient inondés et donc fermés. Manhattan est une île donc pour y accéder il faut soit un tunnel soit un pont. Pour aller vers l’ouest dans le NJ, ce sont un pont qui arrive tout au nord du New Jersey (le pont de Washington) et 2 tunnels qui sont plus au centre  (Le Holland tunnel et le Lincoln tunnel). Comme nous habitons le New Jersey central, c’est ce que nous utilisons en règle générale, l’un ou l’autre de ces tunnels.

Dans certains endroits le métro de New York City était inondé : voir la vidéo tournée ce jeudi-là par la chaine météo et  c’était avant le passage de l’ouragan. C’était seulement le passage du front pluvieux qui venait de l’ouest et dans une moindre mesure  l’avant-garde de l’ouragan qui était encore à venir ! 

https://www.weather.com/news/weather/video/flooding-strands-motorists-in-new-york-city?pl=pl-the-latest

Aussitôt que j’ai reçu les alertes météo j’ai fait le tour du jardin pour mettre à l’abri tout ce qui pouvait s’envoler, pots de fleurs et poubelles, petits objets décoratifs, etc. J’ai également prévenu ma fille qui devait rentrer vers 22 h et qui a non seulement avancé son retour, mais également pris le train.

Vendredi matin j’ai fait  le tour du jardin et a priori il n’y avait pas de dégâts visibles, dans le sous-sol de la maison les pompes ont tenu le coup et l’escalier derrière la porte d’évacuation (porte dite hurricane door en métal qui va directement dans le sous-sol) ne s’est pas transformé en cataractes.

Nous avons par contre perdu le courant au milieu de la nuit pendant une ou 2 heures si j’en crois mon réveil qui marquait minuit et demi quand je me suis réveillée à 3 heures du matin, ce qui veut dire que le courant était revenu une demi-heure plus tôt puisque le réveil se remet à 0 c’est-à-dire minuit. Et comme j’ai lu jusqu’à minuit et demi ou une heure ça c’ est passé entretemps.

Tout a bien redémarré (Fibre et Wifi) par contre victimes collatérales : tous mes combinés téléphoniques de la ligne fixe étaient en vrac : 2 se sont remis à charger apparemment normalement et étaient toujours en train de charger en milieu de matinée et 2 autres ont eu du mal et pourtant ce sont les 2 dont j’ai changé la batterie il n’y a pas si longtemps. Une fois lors d’une coupure de courant de plus longue durée, il m’a fallu changer le système complet parce que ça coute à peu près aussi cher d’acheter un combiné isolé que de remplacer le système complet , encore pire si je dois changer 2 de ces combinés : vive la société du gaspillage ! 

Aujourd’hui samedi je peux dire qu’ils ont survécu, ils ont fini de charger mais je ne me suis pas servie du tout du téléphone fixe pendant 24 heures.

Il pleuvait encore par intermittence le vendredi matin et il y avait encore quelques coups de vent mais pendant la nuit ça a été des trombes de pluies, de véritables cataractes avec un bruit de chutes du Niagara.

Tout est encore bien détrempé dehors et il fait toujours des taux d’humidité proches de 90% ce qui est malheureusement  la norme dans le New Jersey : tout est toujours très vert et il y a beaucoup de mousses partout dans les parties à l’ombre et sur les façades des maisons exposées au nord et à l’est.

Un ouragan de passé, le premier de la saison et nous ne sommes même pas encore fin août…

Ouragan Elsa
Ouragan Elsa
Ouragan Elsa

Snowmageddon trace — vivre avec la neige

1er mars 2021

Un peu plus d’un mois après la tempête Snowmageddon, ça y est la neige fond, on voit maintenant bien le sol et les températures, toujours assez froides jusqu’à présent, devraient monter et nous donner un avant-goût de printemps : entre 15 et 20 degrés Celsius dans les jours qui viennent cette semaine — du moins ce sont les prévisions.

Depuis cette grosse tempête du 1er et 2 février, il a neigé une ou deux fois par semaine, quelques fois un saupoudrage quelques fois plus mais toujours suffisamment pour qu’il faille nettoyer — la pelle a suffi, nous n’avons plus eu besoin de mettre en action le chasse-neige. 

Vivre avec la neige, le sol couvert de neige, est un peu compliqué et nécessite des aménagements et de la préparation. Certaines tâches qui ne nécessitent que quelques minutes et auxquelles on ne pense même pas en les exécutant, deviennent des travaux à part entière et demandent du temps, beaucoup plus de temps. Quand le sol est couvert de neige et qu’il fait toujours bien froid (températures qui ne passent pas en positif dans la journée) on ne peut pas juste enfiler ses sabots de jardin pour aller chercher son courrier ou remonter ses poubelles.

Illustration en vidéo — en l’occurrence il nous a fallu excaver les poubelles.

Les cartons à recycler mentionnés dans la vidéo, ceux qui avaient été mis dehors fin janvier et ensevelis par la tempête Snowmageddon puis par les chutes de neige continuelles pendant presque tout le mois de février, y sont toujours. La semaine dernière je pouvais y accéder puisqu’une partie de la neige avait fondu mais il m’a été impossible de les prendre pour les descendre le jour du recyclage : ils étaient collés au sol par le gel. Ce sera pour le recyclage de la semaine prochaine j’espère.

Il a donc neigé régulièrement une grande partie du mois de février, jusqu’au’ au 22 février, ce qui nous a bien occupés. Ensuite ce sont les fuites d’eau dans le sous-sol qui ont pris le relais pour nous occuper, pas la fonte des neiges mais des véritables problèmes de tuyauteries — c’est une autre histoire, la plomberie aux États-Unis est d’une qualité déplorable, tout lâche régulièrement et a besoin d’être remplacé — par du matériel d’aussi mauvaise qualité qui lâchera quelques années plus tard, une façon de faire marcher le « business » je n’exagère pas c’est réel et fait à dessein.

1er mars 2021
1er mars 2021
1er mars 2021

Snowmageddon — nettoyage

Tempête Orlena 2 février 2021 matin

Ci-dessous en vidéo tout le nettoyage que nous avons eu à faire après la tempête Orlena du 31 janvier au 2 février 2021

Dans la semaine qui a suivi nous avons encore dû faire deux nettoyages supplémentaires, sans chasse-neige heureusement mais à la pelle quand même.

Depuis cela s’est calmé cette semaine, la tempête de glace (de glace ! une première pour moi, il ne s’agissait pas de pluies verglaçantes, ça nous avons eu l’habitude malheureusement mais d’une tempête de glace, Uri de son petit nom) n’a pas eu lieu du tout. Au contraire il a fait chaud, nous sommes repassés en positif hier soir et tout aujourd’hui pour la première fois depuis quelques semaines, jusqu’à +8 degrés Celsius et il a plu toute la nuit passée. Comme l’a dit un météorologiste : aujourd’hui il neige à Houston au Texas et il pleut à Philadelphie dans le Nord-Est ; quelles sont les chances que cela arrive ? Aucune ça n’arrive jamais… sauf que c’est arrivé. Il en était tout aussi étonné que nous. Houston c’est au grand sud du Texas, à la latitude de La Nouvelle-Orléans, du nord de la Floride, dans le golfe du Mexique, quasiment les Caraïbes. Un endroit où ils n’ont jamais de neige ou une fois par vie.

D’ailleurs le réseau électrique du Texas a capitulé et des millions de gens se sont retrouvés sans électricité et apparemment ils n’en ont pas l’habitude. Ce ne sont pas les lignes qui ont cassé sous le poids du gel ou de la neige comme je le pensais et comme cela se produit chez nous, voire des arbres qui s’abattraient sur les lignes pour les mêmes raisons, mais simplement la demande électrique pour se chauffer qui a fait imploser le système : la demande n’arrivait pas à être fournie, le système s’est effondré. Il faut dire que des températures de -8 degrés ils n’ont pas l’habitude et aussi leur mode de chauffage est principalement électrique puisqu’ils en ont à peine besoin tout au long de l’année. Le réseau et les stations génératrices secondaires n’ont pas tenu le coup malgré les tentatives de délestage. Malgré les exhortations des compagnies électriques et des pouvoirs publics à rationner son chauffage et ses besoins pour chaque particulier. Lesquels ont dû avoir peur de mourir de froid et ont poussé les chauffages domestiques au contraire.

Ceci dit aussi nous savons pour l’avoir vécu plusieurs fois, qu’avant de mourir de froid dans une maison même non chauffée, il en faut. Il suffit de bien se couvrir. Ce n’est pas confortable du tout mais on peut survivre (comment font les alpinistes qui font des bivouacs en montagne en hiver sous la neige quand ils font des randonnées ? ) Il suffit de se vêtir chaudement d’empiler plusieurs vêtements, puis plusieurs couvertures et on peut survivre sans chauffage — beaucoup moins dangereux que des solutions de fortune à base de four à gaz, de chauffage d’appoint au diésel ou autre carburant, chauffage mauvaise qualité sans ventilation adéquate, avec un empoisonnement au monoxyde de carbone qui suit immanquablement. Même avec les cheminées il faut faire attention, surtout quand on n’a pas l’habitude (ce n’est pas évident qu’ils aient des cheminées dans ces maisons du grand sud d’ailleurs). Apparemment les bricolages dangereux ont été légion puisque les autorités déplorent déjà beaucoup de morts par empoisonnement au monoxyde de carbone, en à peine 24-36 heures de tempête ! Alors qu’avant de mourir de froid proprement dit quand on est dans un abri même sans chauffage, il en faut.

Lors de l’ouragan mémorable Sandy et de nos 13 jours sans électricité, dont une partie lors d’un nor’easter et d’une tempête de neige qui ont suivi l’ouragan, je lisais la Correspondance croisée de Jacques-Laurent Bost et Simone de Beauvoir pendant la drôle de guerre de 1940 et il lui écrivait que lui et les autres soldats de son régiment dormaient dans une grange et qu’il faisait zéro degré dans la grange. Ils s’en sortaient en empilant vêtements et couvertures. Donc il y a de la marge, je me disais que s’ils avaient pu survivre sans rien faire d’exceptionnel, nous le pouvions aussi.

D’autant qu’à l’époque ils étaient moins bien équipés que nous, ils n’avaient pas tous ces vêtements high-tech ni ces duvets que nous avons maintenant.

Lors de cette tempête, je m’étais dit qu’avec la maison à 12 degrés après quelques jours c’était largement jouable et qu’avant qu’elle descende à zéro nous avions encore de la marge. Et qu’à zéro on pouvait encore survivre en se couvrant bien, en mangeant chaud (il suffit d’un petit réchaud à gaz de camping, ce n’est pas compliqué, nous, nous avons une cuisinière à gaz, encore plus simple. Depuis cette expérience — ces expériences, ce n’était pas la première fois, je n’ai plus eu aucune envie de la changer pour une électrique bien entendu). Ce n’est pas amusant ni confortable mais on survit, bien plus qu’en bricolant des solutions de fortune à base de flamme…

D’autant que la tempête a commencé seulement hier et continué aujourd’hui au Texas, donc même s’il fait froid dehors la température n’est certainement pas déjà descendue à zéro dans les maisons en seulement 24 ou 36 heures (c’est du vécu). Il y a une certaine inertie et une partie du courant devrait être rétablie ce soir ou demain mercredi. [Note pendant la rédaction de cet article : les compagnies électriques ont en fait rétabli le courant pour 97% des clients ce soir.] Alors… je pense que nos aïeux étaient un peu plus résistants, pas seulement physiquement mais moralement surtout, et que cela nous manque de savoir tenir le coup quand une situation n’est pas confortable. (Franchement, 24 ou 36 heures ? vraiment ? nous sommes quand même devenus des sacrées mauviettes.)

Quant à nous dans le New Jersey, cette fois nous étions au nord de la neige et de la glace : les tempêtes de neige et de glace ont eu lieu plus au sud de chez nous, du jamais vu !

Donc voici en vidéo notre déneigement de la tempête Orlena du début du mois, déneigement qui nous a pris 4 heures à deux et avec l’aide du chasse-neige heureusement ! Sinon ça nous aurait sans doute demandé un à deux jours de travail. Nous avons tout de même mis 2 jours à nous en remettre, nous n’avons plus l’habitude puisque la dernière fois que nous avons eu une chute de cette envergure c’était il y a 3 ans, en mars 2018, d’autant plus avec le manque d’exercice physique depuis presque un an de confinement.

Prochaine tempête dans les tuyaux, Viola, ce jeudi, après-demain, avec une bonne trentaine de centimètres de neige a priori. À moins que nous y échappions comme à celle-ci qui a bombardé le grand sud (Uri) mais ça n’en prend pas le chemin cette fois. Au temps pour notre déficit de neige.

Déficit

Tempête Orlena 1 février

Je veux parler non pas d’un déficit budgétaire ou public (quoique, on pourrait en parler, il y a beaucoup à dire sur ces fables dont on nous abreuve depuis trop longtemps et qui sont (un peu) débusquées avec la pandémie) mais d’un « déficit de neige » (je cite ! ) 

Le nord-est des États-Unis, la région où j’habite, est en déficit de neige nous a-t-on dit en décembre dernier car il n’y a pas eu de vraie chute de neige depuis plusieurs années, 3 ans pour nous dans le New Jersey, depuis l’hiver 2017/2018 et spécialement les mois de février mars et avril 2018 où nous avions été littéralement pilonnés, nor’easter après nor’easter et tempête de neige après tempête de neige — la dernière de la saison avait eu lieu le 2 avril — jusqu’à un dernier saupoudrage le 6 avril. Et 5 ans pour New York, la ville, qui avait été peu touchée par ces tempêtes à répétition, dont la plus importante, Quinn avait provoqué des chutes d’arbres et de lignes électriques et nous avait privés de courant pendant 4 jours et demi, expérience que je raconte ici :

https://michusa.wordpress.com/2018/03/07/prendre-la-neige-de-vitesse-2/

https://michusa.wordpress.com/2018/03/09/le-mot-du-jour/

https://michusa.wordpress.com/2018/03/17/quatre-jours-et-demi/

https://michusa.wordpress.com/2018/03/19/the-big-one/

Depuis nous n’avions pas vraiment eu de neige à part quelques saupoudrages ou de toutes petites chutes vite fondues quelques jours après. Même la chute de neige de ce décembre dernier (tempête Gail, lire ici https://michusa.wordpress.com/2020/12/15/en-attendant-gail/ ) était de peu d’envergure finalement, contrairement aux prévisions météorologiques alarmistes— ça avait été la limite basse pour utiliser le chasse-neige et nous aurions presque pu nous en abstenir puisque quelques jours après il avait tellement plu que tout avait fondu. Cela faisait depuis mars 2018 que nous n’avions plus eu besoin d’utiliser le chasse-neige. En décembre (2020) donc il y avait eu plus de peur que de mal malgré les prévisions un peu pessimistes : dans le New Jersey Central nous sommes à la limite géographique inférieure des grosses chutes de neige et certaines fois nous y échappons à quelques dizaines de kilomètres près. Ces 3 dernières années, nous étions ainsi passés à travers toutes les chutes de neige importantes. Plus au nord, même si en règle générale ils ont eu plus de neige que nous ces dernières années, ils n’en ont pas eu comme ils en ont d’habitude et tout le Nord-Est était donc en déficit de neige (heureusement nous n’étions pas en déficit de pluie et les nappes phréatiques étaient quand même remplies). 

Par contre ce dimanche 31 janvier 2021, cette fois était la bonne, une big one comme on dit ici, la tempête Orlena autrement nommée snowpocalypse, snowmageddon, les noms  ne manquent pas, au choix. Surnommons-la du petit nom doux de Snowmageddon. 

Il a commencé à neiger le dimanche vers la mi-journée, légèrement tout d’abord puis en début de soirée il s’est mis à neiger de plus en plus dru.

Le lundi à midi, soit moins de 24 heures après le début des hostilités plus sérieuses, j’avais de la neige à mon genou en haut des marches de l’escalier extérieur, soit 45-48 cm  et sans effet snow drift qui devait venir plus tard (neige entassée par le vent). À ce moment-là, lundi midi, les prévisions annonçaient qu’il allait continuer à neiger sans s’arrêter jusqu’au lendemain soir, soit encore 30 ou 36 heures. Ce qui s’est produit.

Tempête Orlena 1 février milieu après-midi

Photo prise par la fenêtre de mon salon le lundi 1er février 2021, toute la neige qu’a déversé la tempête Orlena en 24 heures : Orlena est un nor’easter, un cyclone d’altitude (qui se produisent en général entre octobre et mars et qui déversent toujours beaucoup de précipitations — et vu notre situation géographique et la saison d’octobre à mars, ces précipitations sont toujours de la neige : je n’ai encore jamais vu de nor’easter qui ne nous apporte pas de la neige, beaucoup de neige. 

Ça tombe bien pour le déficit de neige, un peu moins pour nos muscles qui ont été mis à rude épreuve le mardi. Ça a été brutal, une big one surtout qu’il a neigé pendant plus 48 heures sans discontinuer ce qui est assez rare chez nous. Habituellement c’est 24 ou 30 heures d’affilée maximum. Nous avons eu 48 heures de neige en continu seulement une ou deux fois, dont une fois en février 2003 et en 2010 ou 2011 mais plus de 24 heures de chute de neige en continu c’est assez rare. Heureusement il avait fait très froid en début de semaine (polar vortex) et la neige était légère (fluffy) et donc n’a pas fait de dégâts contrairement à 2018 où c’était de la neige très lourde suivie par de la pluie verglaçante. Il avait aussi gelé après la tempête ce qui avait été un désastre (arbres qui avaient cassé et emporté les lignes électriques, fils électriques qui avaient cédé sous le poids de la glace et de la neige, etc.) Rien de tout cela cette fois, juste une grosse tempête de neige, 70 cm mesurés le mardi après-midi à l’endroit goudronné où nous garons les voitures dans le jardin.

De quoi combler notre déficit de neige.

Voici en vidéo les premières 24 heures de ce Snowmageddon :

Matin de tempête

Le calme avant la tempête en fait, ce matin 11 heures dans mon jardin :

Matin de tempête (11 heures le 16 décembre 2020)
Matin de tempête (11 heures le 16 décembre 2020)
Matin de tempête (11 heures le 16 décembre 2020)

Mise à jour à 15 heures, heure de New York : quand on parle de precision, les dernieres previsions donnaient le debut de la tempête à 15 heures et à 15 heures exactement il a commencé à neiger :