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Capitalisme carnassier encore

Les gens qui se font livrer au plus fort d’une tempête comme pendant la tempête Ida et ses torrents d’eau dans les rues à New York City. Voir les copies d’écrans du tweet et de quelques saines réactions ci-dessous.

le tweet d’origine

Comme le dit cette députée, « if it’s too dangerous for you, it’s too dangerous for them », si c’est dangereux pour soi au point  de ne pas vouloir sortir chercher à manger, c’est dangereux pour le livreur. Cela devrait aller de soi mais les gens sont égoïstes et de purs connards comme le dit ce photographe qui documente justement ce genre de situations. Plusieurs ont réagi : ne pouvez-vous pas pour une fois aller faire un tour dans vos placards, faire réchauffer un plat surgelé au micro-ondes, manger une soupe instantanée ou des pâtes, voire au pire manger un bol de céréales — ‘ it’s okay to eat cereal during historic flooding’ ? »

Au-delà des abrutis (qui font partie des privilégiés qui ont le luxe de pouvoir ne pas travailler au milieu d’une catastrophe « naturelle ») qui commandent de la nourriture pendant une tempête historique, comme tout passe par les fameuses « apps » dans le téléphone (fini le temps où l’on téléphonait à son restaurant favori et on demandait une livraison, il en reste encore mais de moins en moins) donc comme tout passe par les fameuses « apps » surtout à New York City, pourquoi tout simplement les « apps » en question n’ont-elles pas fermé leur service pour la soirée tout en payant malgré tout leurs livreurs une compensation catastrophe  naturelle (livreurs qui ont n’ont pas forcément le choix de pouvoir ne pas travailler, même une seule soirée) ? D’autant que ces « apps » marchent dans le monde entier, donc couper le service seulement  pour une petite région géographique ne va pas leur faire perdre beaucoup d’argent aux multimillionnaires qui en sont les propriétaires.  Qui eux se dorent au soleil de la Silicon Valley pendant que les pauvres livreurs avec de l’eau jusqu’à la garde risquent leur vie pour 5 dollars la course y compris le pourboire. Capitalisme carnassier encore, toujours plus toujours plus !

Mon fils cadet a été livreur pour l’un de nos restaurants haut de gamme locaux : heureusement le manager fermait et surtout arrêtait les livraisons quand la tempête montait en puissance et si elle s’avérait importante (essentiellement des tempêtes de neige en hiver). Éventuellement ce manager finissait lui-même les quelques dernières livraisons en cours à la place de ses livreurs parce qu’il ne voulait pas les envoyer au casse-pipe à sa place et que de plus son véhicule personnel était un gros pick-up 4×4 (contrairement aux véhicules personnels des livreurs et à la petite Toyota de livraison du restaurant). Ensuite il fermait les livraisons pour le reste de la journée et de la soirée et refusait catégoriquement de faire ou faire faire toute livraison. Il se faisait abrutir d’injures par les certains « clients » pour ça, des purs connards qui sont légion dans notre région riche et snob, ces gens-là sont « entitled » (ils ont le droit parce qu’ils ont de l’argent). « Si c’est dangereux pour vous, c’est dangereux pour eux [les livreurs] ». C’est ce que j’ai toujours pensé bien avant que mon fils soit livreur et il ne me serait jamais venu à l’idée de me faire livrer un repas au beau milieu d’une tempête d’envergure — ce n’est pas que je me fasse livrer des repas souvent (plutôt jamais).

Dans ce restaurant le guichet de vente à emporter restait encore un peu ouvert tant que la tempête n’était pas trop forte, si les gens voulaient vraiment un repas tout prêt, ils n’avaient qu’à venir le chercher eux-mêmes après tout.  Puis si la tempête continuait à s’intensifier et que cela commençait à devenir trop difficile pour les employés de rentrer chez eux, il fermait tout simplement.

Heureusement ce restaurant employait ses propres livreurs (salariés du restaurant) et non pas ces horribles « apps » qui « ubérisent le travail et le paupérisent — sauf pour les multimillionnaires propriétaires de ladite app. 

Où est ma guillotine ?

Ida dans mon basement — la menace intérieure

Ida nous a tous pris de court, on n’imaginait pas la violence des pluies (sur un sol déjà surchargé avec toutes les pluies torrentielles et diluviennes de l’été, les nappes d’eau et les rivières déjà toutes gonflées et au plus haut de leur capacité normale, sans beaucoup de marge pour accueillir encore plus d’eau.

1.8 degrés F (1 degré C ) de plus de température cela fait 7% d’humidité que l’air peut contenir en plus, d’où ces pluies violentes et extrêmes tant en quantité qu’en fréquence de ces dernières années.

Alors c’est vrai les météorologues nous avaient prévenus de pluies très violentes avec des risques d’inondations très importants pour Ida, mais nous étions un peu insensibilisés parce que c’était la 3ème queue de tempête de l’été et pour les précédentes Henri et Elsa) chez nous cela s’était manifesté par de fortes pluies : donc nous attentions des fortes pluies and so what ? Sauf que c’était la 3ème fois justement et entre les tempêtes l’été avait été aussi très pluvieux (l’un des 10 étés les plus pluvieux depuis le début des mesures il y a 150 ans) et que personne n’a vraiment pris en considération que les sols étaient tellement saturés qu’ils ne pourraient plus absorber d’eau supplémentaire. D’où les inondations éclairs (flash floods), d’où Ida dans mon basement.

Je ne me suis pas sentie trop concernée non plus par les flash floods parce que nous vivons sur les hauteurs tout en haut de la ville et en plus d’être sur ces hauteurs nous sommes en haut d’une petite butte dans notre rue et loin de tout cours d’eau. Donc à part de l’eau qui peut dévaler éventuellement les escaliers du sous-sol pas trop d’inquiétude, d’autant que cela arrive moins souvent maintenant qu’il y a des galets au lieu du bitume juste devant cet escalier qui va vers le sous-sol via la hurricane door (porte d’évacuation en cas d’ouragan). Il est déjà arrivé d’avoir un peu d’eau à 2 endroits du sous-sol, en cas de fortes pluies ou de fonte de neiges, mais de façon très localisée et peu étendue, simplement mouillé sans hauteur d’eau mesurable. Ni si rapide. D’autant que cette fois toutes les pièces ont été touchées, pas une où se réfugier (si l’on voulait rester dans le sous-sol en attendant que l’alerte tornade passe justement), pas une pour transférer les quelques objets (des piles de livres que j’étais en train de trier, piles qui étaient dans un endroit qui était peu susceptible d’être mouillé et n’a jamais été mouillé de fait). La petite chambre du fond dans laquelle ne passe aucun de tuyau d’eau n’avait jamais été mouillée en 19 ans et les 2 placards des 2 chambres jamais non plus car même si dans l’une des chambres il y a eu des fuites de tuyaux, cela n’a jamais été d’ampleur suffisante pour mouiller toute la pièce, encore moins le placard qui est dans un coin loin de tout tuyau. 

Pourtant c’est exactement ce que nous avons eu : les inondations éclair ou flash floods dans notre sous-sol, notre basement, l’eau des fondations ne pouvait plus s’évacuer de la façon habituelle par les drains et par les pompes des fondations qui ne tournaient pas assez vite et ne tenaient pas la vitesse avec la pluie. La menace était bel et bien intérieure puisque l’eau n’est en fait pas descendue des escaliers ni passée par les fenêtres du sous-sol, mais montait du sol à travers la dalle en béton et passait aussi un peu à travers les murs à 30 cm au-dessus du sol !

J’étais également préoccupée par une poignée d’autres choses. Tout d’abord les travaux qui avaient tout juste eu lieu pour réparer la fuite de la ligne d’alimentation en eau de la maison, le 26 août et tout ce qu’il me restait à remettre en état dans le jardin. Je me disais que d’une part une forte pluie allait stabiliser et aider à tasser les sols de la pelouse et de l’allée qui avaient été ouverts et retournés avant d’être re-remplis et aussi que les fortes pluies allaient laver mon allée restée très boueuse (une vraie patinoire ) et m’éviteraient d’avoir à louer un Kärcher pour la nettoyer (cela a été effectivement le cas). 

Préoccupée aussi par le déménagement de ma fille à New York City, voisine certes, mais avec beaucoup d’allées et venues en voiture — beaucoup de choses à penser, à préparer, des courses et bricolages à faire, des allers et retours à Ikea etc.

Et surtout j’étais préoccupée par l’opération chirurgicale de ma fille prévue pour le 1er septembre justement.

En voyant les prévisions météo, je m’étais juste dit, « j’espère qu’on sera rentrés avant le démarrage de la pluie » — en fait nous sommes repartis de l’hôpital alors que le ciel commençait à se déverser sur notre tête, l’infirmière m’a même fait monter sur la plateforme devant la porte avec ma voiture pour que ma fille ne soit pas mouillée — elle n’était en plus que modérément mobile, encore dans les vapes et nauséeuse. C’est pour cette raison que nous avons attendu encore une heure après l’heure où on nous a demandé de venir la chercher : elle était encore trop nauséeuse et ils ne voulaient pas la laisser sortir.

Cette heure de plus a été la raison pour laquelle nos sommes partis de l’hôpital alors que les trombes d’eau commençaient à se déverser, nous a obligés à faire des tours et des détours à cause d’arbres tombés sur les routes. Mais heureusement il n’y avait pas encore les inondations. L’hôpital est à environ 30 mn de la maison et nous étions rentrés avant le pire — juste à temps, m’étais-je dit.

Pour toutes ces raisons je n’étais pas prête, et quand je dis pas prête, mon basement complètement moquetté et aménagé est quand même prêt depuis longtemps pour affronter des inondations modérées, il est prêt en permanence puisque j’ai l’habitude d’avoir de l’eau par terre suite aux multiples et fréquentes fuites d’eau de tuyaux ou de lave-linge ou de ballon d’eau chaude : donc il est waterproof à 20 ou 30 cm, tout ce qui est directement posé sur le sol est dans des caisses plastiques exclusivement et tout le reste est surélevé pour que rien de ce qui craint ne soit à même le sol.

Donc pas de dommages majeurs puisque tout était protégé et les 2 ou 3 choses qui ne le sont pas ont été montées en 4ème vitesse (en gros : la grosse caisse de la batterie de mon fils qui est posée sur une plaque en plastique si jamais la moquette s’humidifie suite à une fuite de tuyau, mais ce n’est pas prévu pour 5 ou 6 cm.

L’eau est montée à la cheville puis vers minuit a arrêté de monter et vers 1 h du matin avait complètement reflué ce qui nous a permis d’aller dormir un peu plus tranquille.

Je n’étais pas préparée mentalement surtout donc nous avons couru dans tous les sens au lieu d’avoir un plan et de le suivre puisque le plan n’était pas prêt. Nous avons eu un plan de dernière minute quand l’alerte tornade est devenue imminente (je ne m’affolais pas puisque la mairie n’avait pas appelé) donc nous sommes descendus aux abris en catastrophe (et donc je n’avais pas préparé le sac habituel avec les essentiels en cas d’évacuation ou de démolition de la maison, sac que je prépare d’habitude en cas de probabilité d’ouragan ou de tornade). D’autant plus et surtout qu’il fallait tenir compte de ma fille qui n’était pas très mobile et devait se reposer dans un environnement propre et non mouillé. Hors de question d’aller gambader sous la pluie pour évacuer par exemple. Et 10 mn après nous être mis « aux abris »  au sous-sol comme le veulent les recommandations en cas de tornade, l’eau a commencé à monter dans ledit sous-sol donc nous avons fait tout le transfert inverse, ma fille puis tout ce que nous avions transporté en ordre dispersé « aux abris ». Je suis encore allée chercher les passeports dans le sous-sol (au lieu de les avoir dans le sac d’évacuation et de survie préparé à l’avance) après que nous ayons essayé d’écoper puis laissé tomber parce que cela ne servait pas à grand-chose. Si tous les préparatifs avaient été faits, nous n’aurions pas eu à courir partout de façon désordonnée et non efficace. Être préparé sur le plan matériel avec les sacs prêts, un plan à suivre en cas de besoin et être préparé aussi sur le plan mental aurait permis d’éviter tout ce stress inutile surtout en ayant à gérer quelqu’un qui sortait d’une opération chirurgicale.

Il me faut quand même dire que cette menace intérieure a été inédite en 19 ans : les quelques alertes tornade ont eu lieu sans inondation, même l’alerte ouragan du grand ouragan Sandy où nous avons dormi pendant une semaine dans ce sous-sol ! Ni celui de la tempête sans nom de l’année précédente à Sandy, (tempête de Halloween 2011 ) où nous avons dormi également pendant 4 jours dans ce sous-sol.

Nous avons eu de la chance, la maison a tenu, n’a pas été détruite par la grosse tornade qui a traversé le New Jersey, l’inondation du sous-sol a été limitée et pas si rapide que ça (certains ont eu de l’eau jusqu’en haut des marches de leur sous-sol, certaines fois en l’espace de quelques minutes ), nous n’avons pas perdu le courant (les pompes ont donc pu continuer à pomper sinon nous aurions eu encore plus d’eau dans le basement), l’eau n’est pas sortie non plus des prises électriques (cela s’est produit pour certains) donc je n’ai pas eu à couper le courant (heureusement pour les pompes donc), nous n’avons pas eu de dégâts majeurs, rien à part la moquette à faire sécher (17 jours plus tard j’en suis à finir de sécher les 2 pièces du fond, la moquette est encore un peu moite sous les meubles, donc je bouge tout  j’aère quand je peux s’il ne fait pas trop humide dehors, je ventile et je déshumidifie) et surtout nous avons tous survécu. L’eau n’a pas non plus refoulé des égouts par la douche et les toilettes du basement (cela est arrivé à certains ! ) donc nous ne nous plaignons pas. Ça aurait pu vraiment être bien pire, nous avons eu de la chance.

La station d’épuration de notre ville a été noyée elle aussi, mais a pu continuer à fonctionner heureusement, grâce aux employés qui doivent avoir un plan catastrophe efficace et qui ont pu en maintenir le fonctionnement malgré la furie des éléments.

Notre ville était sur le chemin de passage prévu de la tornade, mais ça a été une fausse alerte pour nous heureusement (alerte qui a duré moins d’une demi-heure, mais qui nous a mis dans une position où nous étions entre 2 directives contradictoires : nous abriter au sous-sol à cause de l’alerte tornade et en même temps aller aux étages pour éviter l’inondation-éclair dans le sous-sol.

Bref moi qui suis toujours prête, je n’étais pas prête cette fois, pas prête à ça du tout! Pas prête pour la menace intérieure de l’eau qui monte de dessous la maison ! Très stressant parce qu’on ne sait pas à quelle hauteur ni quand l’eau va s’arrêter de monter (ce n’est pas comme avec une fuite d’eau : dans ces cas-là dès qu’on coupe l’eau cela s’arrête, là impossible de couper la pluie évidemment), mais on a eu de la chance, pas de dégâts majeurs ni de menace vitale.

Toutes les séquences du montage vidéo ont été tournées  lors de la terrible soirée du 1er septembre et montrent la tempête Ida dans notre basement qui est un espace totalement habitable et chauffé en hiver avec moquette, télé, Internet dans toutes les pièces. Dans la pièce principale qui a été la plus atteinte et où vous nous verrez écoper et aspirer, l’eau nous est montée à la cheville — on peut être contents ça aurait pu être pire — c’est la pièce d’où je fais mes cours de tai-chi par Zoom depuis plus d’un an. 

Et je répète : la menace était intérieure : l’eau est rentrée par le sol à travers la dalle parce que les 2 pompes ne pouvaient pas pomper assez vite. L’une tournait en continu et déversait dans le puits et celle du puits tournait toutes les 10 minutes dès que le puits arrivait à un certain niveau. Même chose cela n’a pas débordé du puits du tout. L’eau est même rentrée par les murs à 20 ou 30 cm du sol . En fait dans la salle à outils elle n’est pas descendue par les marches contrairement à ce que je dis dans la vidéo et que je croyais, mais elle filtrait de la terre des fondations derrière les marches et aussi du sol en bas des marches.

Même chose partout dans tous les basements du New Jersey ou presque. Chez mon amie Helen qui habite une ville voisine, même chose, en 30 ans elle n’avait jamais eu d’eau qui remontait à travers la dalle et aussi de l’eau qui coulait comme un robinet de son mur à 30 cm du sol  ! Son puits non plus ne débordait pas, mais la pompe n’arrivait pas à pomper assez vite et aussi l’eau est allée ailleurs que dans ce ou ces fameux puits, il y en avait tellement et avec une telle vitesse qu’elle n’a pas suivi ses chemins habituels qui la drainent dans le puits en temps normal et a percé à travers le sol et les murs.

Beaucoup de travail de séchage, mais rien perdu et rien d’endommagé, le frigo n’a pas été noyé donc fonctionne toujours, idem pour lave-linge et sèche-linge. La flamme du ballon d’eau chaude (flamme à une dizaine de cm du sol) n’a pas été éteinte non plus. Pour la chaudière ce devrait être bon, je le saurai mi-octobre quand je la remettrai en route : si ça ne chauffe pas les tuyaux c’est que la flamme est éteinte et j’appellerai ma compagnie de gaz pour la rallumer et la vérifier (cela arrive de temps en temps de toute façon, indépendamment de toute inondation, souvent un thermocouple à changer ce qu’ils ont fait l’automne dernier). 

Je tâcherai d’être prête la prochaine fois, pour la prochaine intempérie quelle qu’elle soit comme je fais d’habitude, sans me laisser distraire ou préoccuper par d’autres soucis aussi légitimes qu’ils soient, de ne pas me dire que ça ira, comme on dit ici : se préparer pour le pire en espérant le meilleur (prepare for the worst hope for the best).

J’en viendrais presque à regretter

voiture pleine comme un oeuf

J’en viendrais presque à regretter le temps suspendu de la pandémie, où nous étions claquemurés chez nous sans bouger beaucoup, où tout était au ralenti, même après le confinement « strict » du printemps, pendant l’été et en fin d’été, la même époque de septembre l’an dernier, où nous commencions à respirer, mais sans vaccin et avec l’épée de Damoclès toujours pendue au-dessus de nos têtes, tout restait encore très calme et très ralenti. 

Alors qu’aujourd’hui tout est reparti au galop, nous courrons partout comme des poulets sans tête, comme si la pandémie n’avait pas existé (ou presque), surtout comme si nous n’avions rien appris de cette période (nous n’avons rien appris).

Tout s’est précipité pour moi, surtout depuis 15 jours, plusieurs gros chantiers, certains prévus, mais qui ont coïncidé alors qu’ils n’auraient pas dû, certains totalement imprévus comme la tempête Ida et ses conséquences) : les grands travaux de Versailles dans mon jardin et ma driveway pour réparer une fuite d’eau qui durait depuis le mois de février (et sans doute avant, février c’est quand je m’en suis aperçu lorsque j’ai vu l’eau par terre dans une des chambres du basement), fuite que je contenais tant bien que mal depuis tout ce temps (couper l’eau la nuit, la rallumer au petit matin et vider un petit container de 2 litres tout au long de la journée — fuite mal placée et pas de possibilité de mettre un container plus gros), en fait une fuite sur la ligne d’alimentation en eau de la maison, ligne qu’il a fallu re-router complètement depuis le puits, les grands travaux ont eu lieu le 26 août ; ma fille qui déménage à New York City (c’est voisin heureusement,  une quarantaine de kilomètres, moins d’une heure de route) avec donc des allées et venues pour tout transporter, plus les allers et retours à Ikea (encore 30 kilomètres) pour les meubles, courir les magasins et les sites Internet pour les achats nécessaires, les bricolages et autres montages desdits meubles Ikea ; l’opération de ma fille le 1er septembre avec tous les préparatifs et visites médicales avant l’intervention (15 kilomètres) ; et ce même 1er septembre simultanément la tempête Ida avec l’ampleur inattendue qu’elle a prise chez nous dans le New Jersey et les dégâts qui ont suivi (et encore, personnellement nous avons eu de la chance, pas grand-chose, pas d’effondrement de la maison, pas de perte de biens, juste de la moquette détrempée et à faire sécher — ce qui prend un temps fou quand un jour sur 2 il fait soit un peu de pluie et donc humide à plus de 80% d’humidité soit il y a quand même entre 80 et 90% d’humidité dehors malgré le soleil. 

En clair je suis en limite de surmenage (ou pour utiliser le mot à la mode qui veut dire exactement la même chose en burn-out). 

Hier samedi dernière journée pleine à New York City à l’appartement, pour monter la télé au mur (chose que nous n’avions jamais faite de notre vie, nous en avons vu de toutes les couleurs mon fils et moi, d’autant que nous avions des outils limités, puisqu’apportés avec nous), à manipuler et ranger après avoir transporté tout le reste du déménagement, et déchargé la voiture pleine comme un œuf, garée en double file dans la rue sur la voie des vélos — c’est comme ça qu’on fait à New York City, pas moyen de faire autrement, ce n’est pas autorisé officiellement bien entendu et ça me stresse énormément, je suis pour le respect du Code de la route, s’il y a un code c’est pour une raison et pas pour embêter les gens — dans un Manhattan hystérique et très busy dans tous les sens du terme, en mode hyperactif et avec un monde fou : les vélos partout, les gens qui circulent en vélo bleu au lieu de marcher comme avant, les livreurs à vélo, les vélos électriques qui sont des scooters qui ne le disent pas et foncent à 40 ou 50 km/heure même en dehors de leurs pistes cyclables, voire sur les trottoirs. Les vélos ne respectent pas les feux rouges de toute façon ni même les sens interdits sur leurs propres pistes cyclables. Comme elles sont étroites elles sont à sens unique, mais pourquoi se gêner, le Code de la route c’est fait rien que pour les embêter c’est connu. En plus des vélos de toutes sortes, les scooters (les vrais scooters, c’est nouveau, on n’avait pas cette plaie aux États-Unis jusqu’à présent, c’est fini apparemment) les trottinettes dont certaines sont aussi électriques et foncent à 40 ou 50 km/h, les taxis (jaunes), les voitures — tout ce trafic routier est revenu comme avant, les piétons partout bien sûr aussi — les New-Yorkais (il faisait très beau) et les non-New-Yorkais, plus tous ceux venus pour les commémorations des 20 ans du 9/11 (mauvaise planification de notre part, mais pas trop de marge de manœuvre non plus). Ne manquaient à l’appel que les touristes (les frontières avec l’Europe et le Canada sont toujours fermées — heureusement, cela faisait un poil moins de gens sur les trottoirs et à traverser inopinément les rues ), mon père gardez-vous à droite, gardez-vous à gauche comme disait l’autre.

Tout ça en plus de la gestion courante habituelle du quotidien de la maison et du jardin, plus la saison des feuilles qui s’annonce en avance (très en avance) cette année : ma driveway est couverte de feuilles tombées — vertes (qu’est-ce que cela annonce ? c’es la première fois que je vois les feuilles tomber encore vertes).

Aujourd’hui j’ai fait relâche même s’il aurait fallu encore faire sécher le sous-sol : j’ai laissé sécher tout seul avec les ventilateurs et le dés-humidificateur (qui n’ont pas pu tourner hier puisque nous n’étions pas à la maison), alors que j’aurais dû continuer à déplacer les meubles pour faire sécher en dessous et passer du produit chloré pour éviter les moisissures.

J’ai fait relâche pour éviter de m’effondrer. Déjà depuis plusieurs jours des douleurs partout et hier des douleurs à la hanche et au sternum — les positions bizarres et inconfortables quand on bricole et surtout le démontage de la moquette dans 2 placards du sous-sol en sont la cause, moquette qui était collée, clouée et agrafée ! J’étais à la limite de tituber de fatigue, je me suis tenue à la rampe à chaque fois que j’ai descendu et monté l’escalier dans l’appartement (plusieurs dizaines de fois). Nous sommes repartis mon fils et moi vers 19h30 (un trafic routier fou dans Manhattan, une demi-heure d’attente rien que pour récupérer notre voiture au parking) et, une fois sur notre autoroute I 78, j’ai roulé à 50 à l’heure (50 miles/h environ 75 km/h au lieu des 65 miles/ heure (environ 100km/h) réglementaires, qui se transforment en 75 boire 80 dans notre coin de New Jersey fou furieux au volant depuis ces dernières années) derrière une voiture qui se trainait et que je n’ai pas doublée pour avoir le prétexte de pouvoir rouler plus lentement.

J’ai fait relâche mais j’ai quand même fait quelques lessives, remis ma voiture en état (elle avait été vidée intégralement de son contenu pour pouvoir charger le déménagement et les sièges mis à plat), ventilé et aéré mon sous-sol, en ouvrant portes et fenêtres,  mais sans rien faire de physique ni de mental d’ailleurs (les tâches administratives et autres factures attendront demain).

Oui j’en viens à regretter le temps de l’an dernier où tout était plus lent — c’est quand même malheureux  qu’il faille une pandémie pour en arriver à ralentir, et encore ça n’a pas duré très longtemps.

Ida dans mon basement

Ida a déversé ses tonnes d’eau sur le New Jersey et je n’étais pas prête du tout. J’avais à peine prêté attention aux alertes météo moi qui les suis toujours scrupuleusement et rien préparé du tout moi qui suis toujours prête et qui me sur-prépare toujours au cas où. Pas cette fois. Mal m’en a pris. Je dois dire que j’avais été un peu insensibilisée (nous l’avions tous été et les autorités aussi apparemment) un peu insensibilisée disais-je, par les alertes précédentes qui ont été des fausses alertes ou bien moins terribles que prévu (tempêtes tropicales Henri et Elsa [lire https://michusa.wordpress.com/2021/08/22/en-attendant-henri/  et  https://michusa.wordpress.com/2021/08/24/henri-trace/ et https://michusa.wordpress.com/2021/07/10/ouragan-elsa/ ] ) donc je me suis dit que ce seraient de très fortes pluies, que vraisemblablement les pompes du sous-sol tiendraient, je n’ai même pas pensé avoir un peu d’eau puisque de fortes pluies nous en avons eues tout l’été (l’un des 10 étés les plus pluvieux depuis le début des mesures météo il y a 150 ans, ça je l’ai appris après )

Donc Ida est entrée dans mon basement, mon sous-sol tout aménagé avec 2 chambres de secours, une salle de bain, la salle de télé / sport / tai-chi, la buanderie et la chaufferie, il y a même un deuxième frigo / congélateur. Un basement aménagé classique en Amérique (une institution en fait, le basement qui permet d’étendre la surface de la maison, d’avoir un grande salle de jeu pour les enfants et éviter ainsi de chambouler le salon et les chambres, ou d’avoir une salle de musique ou autres activités pour les ados et les plus grands, certains ont un billard dans leur basement, beaucoup ont une télé, des consoles de jeux vidéos. On sait qu’il peut y avoir des inondations ou de l’eau, surtout dans le New Jersey quand il pleut beaucoup et que les pompes des fondations sont prises en défaut ou lorsque le ballon d’eau chaude fuit ou la machine à laver fuit ou qu’un tuyau d’eau gèle en hiver et explose. Tout cela m’est arrivé, certains de ces incidents se sont même produits plusieurs fois, comme à la plupart des gens ici et je suis relativement prête pour tout ça.

Mais ce qui est arrivé ce 1er septembre ce n’est jamais arrivé avant, ni à moi ni à personne d’ailleurs : tout le monde a été stupéfait par l’ampleur. Personne n’était prêt, pas même les autorités qui ont lancé des avertissements intempéries mais pas pires que d’habitude.  Nous pensions tous que ce serait encore une queue de tempête comme nous en avons régulièrement tous les étés.

Non vraiment je n’étais pas prête pour Ida dans mon basement.

Mais nous ne pouvons pas nous plaindre, nous avons eu de la chance et peu de dégâts finalement, l’eau s’est arrêtée au niveau de la cheville et n’est pas montée plus. Bien sûr on ne peut pas savoir à l’avance à quelle hauteur l’eau va s’arrêter, donc ça fait très peur, surtout à la rapidité à laquelle ça va. Et encore, pour nous la montée des eaux n’a pas été si rapide que ça rétrospectivement. Dans les sous-sols new-yorkais  l’eau est montée en l’espace de quelques minutes de « tout sec » à 2 mètres d’eau, les habitants de ces sous-sols ont été prisonniers sans pouvoir s’échapper puisque l’eau les empêchait en plus de sortir par la porte ou les soupiraux (victimes du capitalisme sauvage encore bien plus que de la météo puisque ces sous-sols sont sous-loués illégalement comme habitations en tant que telles au lieu de rester de simples extensions d’habitation en tant que basement ). Même chose pour les gens qui ont été piégés dans leurs voitures.

Peu de dégâts pour moi parce que quand même mon basement est toujours prêt pour un peu d’eau, surtout à cause des fuites des tuyaux d’eau ou du lave-linge. Mais les fuites on peut les contenir : une fois qu’on a coupé l’eau ça s’arrête, l’eau ne continue pas à monter plus haut. Là pas moyen d’arrêter la pluie, il fallait attendre que la pluie diminue. Peu de dégâts matériels puisque l’eau s’est arrêtée à hauteur de la cheville et pas de situation critique où il y aurait eu une menace pour nos vies, même si on ne peut pas le savoir à l’avance donc pendant qu’on le vit c’est extrêmement stressant.

Donc nous allons bien et, à part le sous-sol mouillé absolument partout, la maison est intacte, le toit est toujours en place, aucune tornade ne nous a touchés. Pour nous finalement ça a été plus de peur que de mal mais une piqûre de rappel pour moi : à l’avenir il me faudra toujours me préparer, même « pour rien », même si je me dis que ça devrait aller. Veiller à ne pas être insensibilisée par les alertes successives, comme on dit ici better be safe than sorry, quelque chose comme il vaut mieux prévenir que guérir.

Je suis en train de tout faire sécher à grand renfort de ventilateurs (6 en tout ! ) et d’un dé-humidificateur qui doit être livré dans la semaine, après avoir aspiré de l’eau pendant 3 jours. Ceci explique mon absence sur les blogs, j’ai un retard fou dans la lecture des blogs que je suis, retard qui préexistait mais qui a bien empiré depuis ce mercredi 1er septembre. Je n’ai pas beaucoup touché terre.

Un jour à New York City – 1er août 2021

Une des mes rares sorties (autre que pour des courses, rendez-vous ou obligations administratives) depuis le début de la pandémie il y a un an et demi et sans doute la dernière avant un moment (lire ici les 2 autres : sorite au restaurant en juin :   https://michusa.wordpress.com/2021/06/15/premiere-sortie-au-restaurant/  et sortie au centre commercial et à la pizzeria en juillet :  https://michusa.wordpress.com/2021/07/24/une-journee-presque-normale/  ).

C’était il y a 4 semaines à New York City pour apporter une partie du déménagement de ma fille à l’appartement où elle va aménager avec une colocataire vers la mi septembre. Après avoir déposé les affaires et visité son appartement, elle nous a invités (mon fils cadet et moi) à manger des tacos dans un petit restaurant « en terrasse » terrasse  couverte en partie sur le trottoir et sur la rue (l’avenue en l’occurrence). Les terrasses sur la rue sont une des nouveautés à New York City, nouveauté due à la pandémie bien entendu et qui, tout le monde l’espère, vont rester. Les Américains sont très envieux des terrasses de nos cafés, restaurants et brasseries en France et en Europe en général. Pour je ne sais quelle raison ce n’est pas vraiment répandu en ville ni en banlieue suburbaine. Si je sais : l’air conditionné en été ou le climat trop rigoureux en hiver et aussi une absence d’art de vivre et de prendre son temps pour déjeuner ou dîner — tout doit être efficace et rentable dans tous les sens du terme, donc rapide, pas le temps de « perdre son temps »  donc la terrasse est inutile — était  puisque la pandémie est passée par là. Peut-être la seule chose « positive » sortie de la pandémie : l’éclosion des terrasses pour les bars, cafés et restaurants, non seulement à New York City mais partout, même dans les villes suburbaines — espérons que ces terrasses extérieures durent et que cela entraine les américains à ralentir. En tout cas ils y ont pris goût et les restaurateurs aussi.

Dernière sortie avant le retour vers plus de restrictions et sans masque pour marcher dans la rue et au restaurant — maintenant non seulement les masques sont obligatoires à l’intérieur (pas en terrasse) mais en plus la vaccination est obligatoire pour aller au restaurant et pour toutes activités avec du public à New York City (bar, salle de sport, musée, concert bref tout ce qu’on peut faire d’intéressant dans une ville comme NYC). Il n’y est pas question de passe sanitaire à la française avec une option de test négatif : à NYC pour toutes les activités c’est vaccin ou rien. Autrement dit ceux qui ne veulent pas se faire vacciner à NYC n’ont qu’à déménager ailleurs (en Floride ou au Texas au hasard) sinon ils ne peuvent que rester calfeutrés chez eux puisque tout le reste leur est interdit. Ce qui fait perdre tout son intérêt à vivre dans NYC. Au temps pour le pays de la « liberté »… et pendant que certains pleurnichent en France sur l’autoritarisme de l’état, il faut réaliser ce qui se passe non seulement à NYC mais dans tout le Nord-Est (idem chez nous dans le New Jersey voisin qui est très densément peuplé) avec vaccins obligatoires pour les enseignants avant la rentrée scolaire, les personnels médicaux (pour eux cela fait un moment), les employés municipaux et gouvernementaux, etc. D’autant que depuis que l’un des vaccins a été autorisé formellement hors autorisation d’urgence, les obligations strictes se mettent à pleuvoir, y compris dans le privé. Sur ce sujet, lire ici aussi :  https://michusa.wordpress.com/2021/08/15/de-sans-masque-au-double-masque/

Donc ce jour-là, le 1er août nous n’avons pas eu à montrer notre carte de vaccination. Depuis ma fille, qui est allée manger avec des amies à NYC (elle ne loge pas encore dans son appartement ), a dû montrer sa carte de vaccination pour entrer dans le restaurant : c’était a semaine dernière, le 18 août exactement alors que l’obligation du maire était applicable à partir du 20 août techniquement avec une tolérance jusqu’à début septembre)

Henri — trace

Finalement l’ouragan Henri a été rétrogradé en tempête tropicale et n’a pas touché terre sous forme d’ouragan, il a même évité (de quelques kilomètres) de toucher de plein fouet Long Island (une tempête tropicale c’est bien moins qu’un ouragan mais ça reste quand même une condition météorologique sévère) et a touché terre sous forme de tempête tropicale vers le Rhode Island. Donc Henri n’a pas été le premier ouragan à toucher terre en Nouvelle-Angleterre depuis 30 ans. Personne n’est pressé pour que cela se produise !

La tempête tropicale Henri a tout de même déversé des trombes de pluie sur tout le Nord-Est (sinon ce ne serait pas une tempête tropicale) — on peut parler de pluies diluviennes sans exagération, mais n’a rien à voir avec les inondations extrêmes et mortelles dans l’état du Tennessee : dans le Tennessee c’était une des tempêtes précédentes dans l’alphabet, qui n’avait pas encore fini sa couse, la tempête Fred.

Quant à nous, plus à l’ouest dans le New Jersey Central, la tempête nous a aussi déversé des tombereaux de pluie : il a plu comme vache qui pisse sans s’arrêter ni ralentir une seule minute pendant plus de 24 heures d’affilée mais il n’y a pas eu de vent du tout — heureusement. Comme nous vivons dans la forêt (un petit bois plus précisément, disons un quartier très boisé de ma ville suburbaine) je crains bien plus le vent que la pluie. D’autant que le vent sur des arbres bien en feuilles, alourdies de pluie, cela peut faire encore plus de dégâts que sur des arbres secs, d’autant plus quand le sol est complètement détrempé.

Les pompes du sous-sol (qui pompent l’eau des fondations, une particularité américaine notamment dans le Nord-Est très pluvieux) se sont déclenchées très souvent mais elles ont pu évacuer l’eau au fur et à mesure et ont tenu le coup. Il ne pleuvait pas plus vite qu’elles ne pouvaient évacuer l’eau : c’est du vécu, il est arrivé plusieurs fois que les pompes ne tournent pas assez vite pour évacuer l’eau au fur et à mesure et que l’eau finisse par déborder en passant à travers la dalle du sous-sol).

Par contre l’eau était très chargée en sédiments et avait une petite couleur orangée (vue dans le container en plastique utilisé pour « contenir »  une fuite située  avant les filtres, c’est une autre histoire). Au bout de 24 heures c’est revenu à la normale mais je sais que je dois maintenant changer les filtres qui sont bien chargés.

En attendant Henri

notre premier ouragan de la saison. Normalement Henri devrait nous frôler dans le New Jersey Central et nous apporter des vents assez forts et beaucoup de pluie, ce qui signifie pour nous seulement une tempête tropicale et pas l’ouragan à proprement parler.. Nous sommes à la limite de la zone touchée (et normalement hors du cône de l’ouragan, juste dans les franges) et même si nous sommes en « alerte ouragan » depuis hier, pour cette nuit et demain, c’est l’est de notre comté qui est touché par cette alerte et ce devrait rester pour nous, qui sommes complètement à l’ouest du comté, une grosse tempête tropicale avec vents forts et trombes de pluie, éventuellement quelques tornades localisées, pas plus.

Cependant l’ouragan Henri est attendu pour toucher la terre à Long Island puis dans le Connecticut juste au-dessus. Long Island c’est cette île en forme de doigt qui pointe dans l’Atlantique de l’autre côté de New York City. D’après ce que j’ai lu c’est très rare d’avoir des ouragans qui touchent terre à cet endroit (et dans le Nord-Est en général ) cela ne s’était plus produit depuis 36 ans, la dernière fois en 1985 donc. Quant à la Nouvelle-Angleterre, cela fait 30 ans exactement qu’elle n’avait pas été touchée par un ouragan. Et New York City cela fait depuis Sandy en 2012 qu’elle n’avait pas été touchée directement par un ouragan non plus. 

Tous ces endroits ont connu régulièrement (tous les ans ou presque, voire plusieurs fois par an) des tempêtes tropicales très fortes dans la queue ou les marges d’un ouragan qui passait plus au large et surtout qui avait touché terre bien plus au sud, dans les Carolines en général, mais pas directement un ouragan classé comme tel. 

Quand ces ouragans remontent, ils nous frôlent et apportent leur lot de pluie, vent, dommages et coupures de courant, cela suffit à notre malheur.

Dans le New Jersey c’est la même chose, souvent nous sommes « seulement » touchés par la frange des ouragans et n’avons « que » des tempêtes tropicales. Comme l’an dernier Isaias, nous n’avons eu que la frange tempête tropicale de l’ouragan Isaias puisque cet ouragan avait touché terre en Caroline du Nord. Lire ici : https://michusa.wordpress.com/2020/08/09/en-attendant-isaias/

Ou plus récemment pour celui remonté un peu plus tôt dans la saison cette année 2021,  l’ouragan Elsa qui n’a été pour nous qu’une tempête tropicale. Lire ici : https://michusa.wordpress.com/2021/07/10/ouragan-elsa/

Mais cette fois-ci (à part pour nous qui sommes plus à l’ouest dans notre coin du New Jersey Central, je croise les doigts que ça reste comme ça) c’est vraiment un ouragan qui va directement toucher New York City et surtout Long Island, l’atterrissage se faisant précisément à Long Island mais la ville de New York très proche sera dans le cône évidemment.

On attend beaucoup de dégâts et des coupures de courant, pour nous dans le New Jersey Central les coupures de courant sont une possibilité seulement, pour le Connecticut et Long Island les coupures de courant sont une certitude à 100%.

Pour l’instant tout va bien, il a commencé à pleuvoir vers 7 heures ce soir. Juste après que j’ai fait le tour du jardin et rentré tout ce qui risquait de s’envoler quand, vers 6h30, à force de recevoir des alertes et des notifications de plus en plus alarmantes je me suis avisée qu’il fallait peut-être me préparer. 

Puis le ciel a pris une couleur jaune fluo et tout le jardin luisait d’un jaune très saturé et assez inhabituel, le coucher de soleil qui devait se refléter dans les nuages et la pluie je suppose mais c’était assez effrayant en fait. Annonciateur de la tempête à venir.

(La luminosité jaune se voit mieux sur les photos que sur la vidéo)

le ciel tout jaune et la luminosité jaune dans le jardin avant la tempête Henri
le ciel tout jaune et la luminosité jaune dans le jardin avant la tempête Henri

De sans masque au double masque

Et voilà c’est reparti ici aussi pour les restrictions. La France n’est pas unique au monde avec son passeport sanitaire etc, d’autres pays y viennent aussi, même les États-Unis (ce qui n’est pas peu dire. Cela ne se fera pas de façon fédérale, comme cela a été le cas pour les masques d’ailleurs, mais état par état, voire ville par ville dans un premier temps, ce qui s’était passé avec les masques aussi). En plus de ce « passeport sanitaire » les masques reviennent aussi et ce pour les personnes vaccinées. Les obligations de masque n’avaient jamais été levées pour les personnes non vaccinées bien sûr. Donc pas la peine de pleurnicher et de crier à l’état totalitaire en France, ce n’est pas unique à la France ni au gouvernement français.

À noter aussi que, pour ce que j’en ai vu pour l’instant, les « passeports sanitaires »  requièrent ici une vaccination et pas la possibilité d’un test négatif donc sont bien plus restrictifs qu’en France. Comme quoi… La ville de San Francisco est la première à le mettre en vigueur de façon pure et dure : c’est le vaccin ou rien, pas de tests qui tiennent pour aller au restaurant, cinéma, clubs de sports, concerts, événements sportifs etc. La nouvelle est tombée il y a 2 jours avec mise en application stricte dès le 20 août. New York City prend le même chemin : pour l’instant être en cours de vaccination est encore suffisant même si l’on n’a pas encore fini son schéma vaccinal (pour l’instant) et on parle d’une application téléphonique à venir, plus pratique que de se trimballer sa carte de vaccination du CDC (quant à nous, nous en avons fait chacun une photo que nous stockons dans notre téléphone pour éviter de nous la trimballer et de risquer de la perdre). Pour New York City la nouvelle est tombée le 3 août (le surlendemain de ma journée à NYC, j’en reparlerai) avec entrée en vigueur le 16 août avec tolérance, mais appliquée strictement à partir de septembre. Le New York Times cite : un passeport sanitaire « comme en France ».  D’ailleurs pour certaines professions (médicales, paramédicales, enseignement et éducation et pour les employés municipaux etc) la vaccination devient obligatoire, par ordonnance du maire. Pourtant New York City n’est pas si mal lotie avec 66 % des adultes complètement vaccinés. 

Notre état d’urgence sanitaire dans le New Jersey a été levé à un moment en juin, le 4 juin précisément — par contre l’état d’urgence tout court est resté en vigueur (il a été déclaré le 9 mars 2020 ! ) une subtilité administrative sans doute pour continuer à recevoir des aides fédérales et fournir des aides, prévenir les expulsions des logements pour cause de loyers impayés et/ou de factures électriques/gaz impayées.

Les obligations pour les masques avaient été levées (seulement pour les personnes vaccinées) pour la plupart (sauf pour les hôpitaux / centres médicaux et les endroits très fréquentés avec une grande densité de personnes ) à peine ce 28 mai 2021. Je répète, cela n’était valable que pour les personnes complètement vaccinées.

Cela n’aura pas duré bien longtemps : 2 petits mois en fait. En plus avec le temps de se déshabituer à mettre les masques, inutile de dire que pour la plupart les gens ne sont pas rués à les enlever dès le 28 mai. Cela a été progressif de laisser tomber les masques. 

Pour moi cela  n’a été que le 15 juillet, le temps de m’habituer à l’idée. Le 15 juillet j’ai passé une journée presque normale avec mon amie Helen (vaccinée comme moi) lire ici: https://michusa.wordpress.com/2021/07/24/une-journee-presque-normale/  Nous avons passé la journée intégralement sans masque (nous ne sommes pas allées dans des endroits trop peuplés, mais quand même dans un centre commercial, à l’Apple Store, dans un petit magasin de bricolage, avons mangé dans une pizzeria et sommes aussi allées voir mon club de sport, où j’enseigne le tai-chi et où je n’avais plus mis les pieds depuis le 11 mars 2020 puisque je donne les cours par Zoom depuis juin 2020. Nous devions retourner en cours en personne au bâtiment à la rentrée de septembre (2021), ce ne sera donc pas le cas et les cours Zoom vont continuer au moins jusqu’en novembre. La nouvelle est tombée une semaine après cette petite visite du 15 juillet (sans masque), le 21 juillet (à cause des inquiétudes liées au variant delta évidemment).

Une semaine plus tard à peine on commençait aussi à parler de remettre les masques par sécurité pour les gens vaccinés. Quant à moi — comme je ne sors pas très souvent, cette journée du 15 juillet qui aura été ma seule journée totalement sans masque depuis plus d’un an — dès la semaine suivante j’ai remis le masque pour mes rares sorties.

Masque à nouveau pour faire les courses

Le 27 juillet le CDC a émis sa recommandation officielle de remettre les masques pour les personnes vaccinées.

Je l’ai remis quelques jours avant donc, ce n’était pas encore « obligatoire », mais les obligations sont ensuite revenues jour après jour au niveau des magasins/ centres commerciaux ou établissements en particulier jusqu’à des obligations étatiques à nouveau. Pour l’instant les obligations (pour les personnes vaccinées, les non-vaccinées devaient toujours porter le masque) émises par l’état du New Jersey se limitent aux masques obligatoires à l’intérieur pour les écoles et divers établissements scolaires (ordonnance du 6 août en vue de la rentrée de septembre). Pour l’instant donc le gouverneur s’est arrêté à deux doigts de réinstaurer les masques obligatoires à l’intérieur (pour tous même si on est vacciné donc) dans tout l’état mais les recommande fortement et le 6 août il a signé cette ordonnance d’obligation des masques pour tout le monde y compris les enfants, pour les écoles privées, publiques et paroissiales.  

Je suis encore allée à New York City en mettant le masque par intermittence et en ne mettant pas pour marcher dans la rue ni au restaurant (en terrasse) le 1er août. Je l’ai remis ensuite systématiquement.

L’obligation des masques à l’intérieur du bâtiment est revenue le 2 août pour mon club de sport (cela ne me concernera pas vraiment puis que je vais continuer à donner mes cours par Zoom depuis chez moi).

Et maintenant depuis une grosse semaine (2 ou 3 semaines seulement après cette journée presque normale) on parle de double masque à nouveau. De fait cela fait 2 ou 3 jours que je remets un double masque quand je sors en ville faire une course ou autre.

En l’espace de 3 petites semaines je suis passée de sans masque à double masque : masque jetable « bleu » à plis (ils ne sont pas chirurgicaux ni médicaux, nous n’en trouvons pas pour le grand public aux États-Unis, même en pharmacie)  le masque « bleu » donc contre le visage et un masque en tissu (grand public non normalisé) par-dessus. Le masque jetable pour protéger les autres et le masque en tissu pour se protéger soi-même car il permet d’éviter au masque jetable de bâiller en le maintenant fermement appliqué contre le visage. Nous avions fait de cette façon en double masquant à partir de janvier 2021 pour arrêter et repasser au simple masque début mai quand les chiffres de la pandémie dans le New Jersey étaient devenus meilleurs. Pour reprendre début août.

Entretien de la pelouse et capitalisme sauvage

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Un autre exemple personnel de capitalisme sauvage : l’avidité financière des landscapers (paysagistes) un grand mot pour designer ici des simples tondeurs de pelouse même pas des jardiniers (ce n’en sont manifestement pas, voir ce que j’explique ci-dessous).

Un peu de contexte : nous sommes 3 jardins ou plus exactement 3 backyards avec pelouse contigus, le voisin directement à côté de moi sur la gauche et celui à sa gauche. Ces 2 voisins sont sur une propriété qui était une seule jusqu’à il y a 3 ans.

Comme c’est habituel dans notre coin, il n’y a pas de barrière entre les propriétés (quelques rochers pour la mienne qui marquent la limite — et encore nous avons appris récemment que les rochers mis bien avant notre arrivée l’ont été de façon erronée et ne suivent pas le cadastre mais peu importe) mais encore moins pour ces 2 voisins qui partagent une pelouse, la limite de séparation entre leurs propriétés passe au milieu de la pelouse dans la longueur, puisque ce n’était qu’une seule pelouse encore en 2018. Donc c’est là même herbe qui a été plantée en même temps.

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Or la pelouse du voisin à ma gauche est jaune (le voisin du milieu entre chez moi et l’autre voisin avec qui il partage cette pelouse). La mienne, à sa droite est verte et celle de l’autre voisin à sa gauche est verte. Il pleut beaucoup dans le New Jersey en été et cet été 2021 est particulièrement pluvieux.

J’ai tondu hier, il m’a fallu viser entre 2 périodes de pluie qui sont quasi quotidiennes, hier était un jour où il n’a pas plu par extraordinaire (aujourd’hui il pleut à nouveau).

Ma pelouse n’est plus une vraie pelouse depuis longtemps mais un mélange de pelouse et d’herbes sauvages (mauvaises herbes variées). Cependant une fois tondue de frais elle fait illusion, encore plus si on la regarde de loin. Je suis du Sud, d’une région chaude et ne suis absolument pas obsédée par les pelouses. L’essentiel c’est que cela fasse propre et ne nécessite pas trop d’entretien.

La pelouse, anciennement unique donc, de ces 2 voisins est une vraie pelouse qui a été plus ou moins refaite il y a 4 ou 5 ans avant la vente des 2 lots respectivement fin 2018 et en mars 2021 pour celui du milieu.

Or le voisin du bout fait comme moi sa propre tonte et son entretien (qui consiste essentiellement à tondre et à s’occuper de quelques plantes de ci de là, plantes dont sa femme s’occupe avec leurs enfants pour les occuper). Je fais moi-même mon entretien évidemment, pas trop de plantes hors la « pelouse » et les arbres de la forêt parce que de toute façon les biches abondantes dans notre région suburbaine mangent tout (sauf les jonquilles qui sont du poison et quelques lys tigre et autre muguet qui sont du poison aussi).

Le voisin du milieu a fraichement emménagé en mai 2021 (dans cette maison construite en 2020 pendant la pandémie, c’est une autre histoire). À la fin de la construction en automne 2020 la pelouse de derrière qui n’avait pas été endommagée a été « patchée » pour les quelques traces de brouette des ouvriers et remise ainsi à niveau. Elle était bien verte à l’automne.

Au début du printemps tout a reverdi, la mienne et celle des 2 voisins.

Le voisin du milieu (et sa famille) est donc arrivé en mai 2021 et il a pris un service de maintenance pour son jardin et sa pelouse : un landscaper. Ici dans le New Jersey, ils se targuent tous d’être landscapers et jardiniers quand ils ne sont que des tondeurs de pelouse et surtout des business pompes à fric. Ce qui est toujours le cas dans 100% des cas et même en tant que tondeurs de pelouse ils sont incompétents car ils viennent tondre tous les 2 ou 3 jours. Alors que l’autre voisin et moi ne tondons que tous les 10 jours ou 15 jours (en général, et de toute façon toujours selon les besoins et la pousse effective de l’herbe : en cet été 2021 cela fait tous les 10 jours au plus).

Sa pelouse est jaune, indéniablement jaune. L’autre jour cela m’a frappée : j’ai d’abord cru que c’était une illusion due à la lumière. Ensuite j’ai pensé qu’elle était plus au soleil peut-être que la mienne. C’est effectivement un peu le cas mais la pelouse de l’autre voisin, celui du bout, est verte alors qu’elle a le même ensoleillement : mieux, on voit la limite des propriétés comme tracée au crayon de couleur, un côté est jaune, l’autre côté est bien vert…

Sur ce terrain qui a le même sous-sol exactement, le même ensoleillement, la seule différence est l’intervention d’un landscaper dans un cas et pas dans l’autre. La preuve par l’image en est la ligne de partage !

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Ce sont les landscapers qui lui bousillent sa pelouse en venant la tondre tous les 2 ou 3 jours (c’est un fait bien connu dans le New Jersey, cela fait longtemps que je le sais et en ai aussi entendu parler tout autour de moi). En plus de faire du fric en venant plus souvent — il y a un forfait de base (différents forfaits qui augmentent avec la fréquence et évidemment on vous vend le forfait le plus cher) qui ne couvre que la tonte proprement dite, si l’on ajoute quoi que ce soit c’est un coût en plus — ils font encore plus de fric pour « réparer ». Bientôt ils vont lui proposer des vitamines (de l’engrais ) et je ne sais quoi d’autre, tout ça avec des coûts supplémentaires hors forfait (c’est du vécu, je l’ai vécu en 2002 avant de virer avec perte et fracas ces landscaperbusinessmen – requins financiers). Jusqu’à ce qu’ils lui fassent un devis pour refaire absolument toute la pelouse avec ajout de couche de sous-sol (vécu aussi et il y a seulement quelques années : cela n’a servi absolument à rien à part enrichir le landscaper, les mauvaises herbes sont revenues aussitôt et il est resté des trous que j’ai finalement re-patchés moi-même avec plus de succès et pourtant je n’ai absolument pas la main verte).

En plus de tout ceci, c’est très désagréable et bruyant. C’est le voisin le plus proche à avoir un service de landscaper, tous les autres qui sont juste autour de chez moi le font eux-mêmes, même si dans le quartier globalement il y a beaucoup d’entreprises de landscapers qui officient mais c’est un peu plu loin et un peu moins bruyant — du moins pas directement sous mes fenêtres. Et de préférence à 8 heures du matin même le samedi. Le dimanche c’est interdit sauf si on le fait soi-même (les entreprises extérieures n’ont pas le droit mais on peut tondre / entretenir soi-même sa propriété) mais pas avant 9 heures du matin. Ceci dit c’est déjà arrivé plus souvent qu’on le voudrait que ces landscapers viennent aussi le dimanche à 8 heures du matin, même des jours fériés !

J’avais déjà évoqué la nuisance sonore de l’entretien des jardins notamment avec les souffleurs de feuilles, à lire ici : https://michusa.wordpress.com/2021/06/06/les-interdictions-a-venir/

Non seulement c’est désagréable et bruyant mais en plus c’est de l’incompétence (consciente, mâtinée de pompe à fric et arnaque), ils tuent la pelouse ce qui est le contraire de l’effet escompté : quand on a un landscaper c’est censément pour avoir un beau jardin, une belle pelouse et là c’est le contraire. Le paraître a une énorme importance aux USA, surtout dans notre coin, non seulement le paraître du jardin qui se doit d’être beau mais encore le paraître du « j’ai les moyens de payer un landscaper », qui a autant d’importance que l’apparence du jardin lui-même.

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Je roule pour vous

Lors de ma journée presque normale du 15 juillet — presque normale sur le plan « sanitaire » s’entend, lire ici [ https://michusa.wordpress.com/2021/07/24/une-journee-presque-normale/  ] —  j’ai en fait passé la journée à rouler pour vider le réservoir de la petite Honda Civic des enfants (en lire ici la raison : rappel sur la pompe à essence : https://michusa.wordpress.com/2021/06/13/les-rappels-sur-les-voitures/  ).

Le réservoir était plein à plus de 2/3 le mercredi après-midi pour un rendez-vous chez le concessionnaire le vendredi matin 8 heures. Rendez-vous pour lequel il était requis d’avoir un réservoir quasiment vide (aiguille dans le rouge ! ) sinon la réparation ne pourrait pas se faire (instructions expresses du concessionnaire ). Un comble pour un atelier de mécanique qui pourrait vider ledit réservoir, mettre de côté l’essence dans un bidon et refaire le plein avec ladite essence une fois la réparation faite. Mais non ! Pour une raison que j’ignore il fallait leur apporter la voiture avec le réservoir presque vide sinon rien. Comme s’ils ne pouvaient pas le vider eux. Mon père qui en était étonné en a parlé avec son petit mécanicien (pas concessionnaire) qui a confirmé que le garage pouvait vider, récupérer l’essence puis la remettre après. Il en était stupéfait que ce ne soit pas fait pour cette réparation : c’est ce qu’il aurait fait lui et tout mécanicien qui se respecte. Raison que j’ignore mais fainéantise ou historie de gros sous (petits sous : on rentabilise sans doute à outrance et on ne veut pas payer quelqu’un 10 minutes de plus pour faire cette opération).

En attendant, le jeudi j’ai roulé pour « rien » toute la journée. Heureusement nous en avons profité pour passer une journée presque normale avec mon amie Helen, l’occasion a fait le larron, cela a compensé ce gaspillage éhonté d’essence et la pollution inutile qui allait avec. Vider un réservoir au 2/3 plein sur une voiture qui ne consomme pas grand-chose c’était une gageure . 

Je précise aussi qu’avec les voitures modernes on ne peut pas siphonner ledit réservoir par l’extérieur (par la trappe pour faire le plein) bien entendu : il y a un dispositif anti-reflux et forcer un tuyau même très fin risquerait d’endommager le dispositif qui plus est. J’ai enquêté sur Internet évidemment sur ce sujet. Le seul moyen aurait été pour moi d’accéder au réservoir sous le siège arrière et de le démonter pour accéder au drain, bref de faire ce que le garage aurait dû faire. Dans ce cas si j’avais les connaissances pour me lancer dans ce genre d’opération, je pouvais changer moi-même la pompe à essence. Tant qu’à faire. 

J’ai essayé de la vider en laissant tourner le moteur en restant sur place mais ça ne consomme presque rien : après l’avoir laissée tourner 1 heure avec l’air conditionné à fond j’avais consommé seulement 9 miles et il me restait 244 miles. L’aiguille de la jauge n’avait pas bougé. En regardant sur Internet il était dit que même si je laissais tourner 24 heures comme ça, il me resterait encore la moitié du réservoir. Le soir ma fille a roulé pendant 1 heure ou 2 et fait une 60taine miles mais ça ne suffisait pas. Le soir vers 22 heures il restait encore 180 miles d’autonomie. On en était au 1/2 réservoir et il fallait que je roule environ 150 miles (soit plus de 220 km) et laisse environ 30 miles (45 km) pour pouvoir aller jusqu’au concessionnaire le surlendemain.

En fait mon fils devait aller à la plage cette semaine-là mais c’était orageux donc il n’y est pas allé, c’est comme ça que nous nous sommes retrouvés à 24 h avant le rendez-vous à avoir à vider.

Donc le lendemain j’avais prévu aussi d’enlever le mode éco (ce que ma fille avait déjà fait) et de mettre l’air conditionné à fond pour consommer plus. C’est le point fort de cette voiture : elle ne consomme presque rien (en terme américain) donc cela prend longtemps pour vider le réservoir. Si en plus on met le mode « éco » (nous roulons toujours en mode éco d’ordinaire) c’est encore plus long.

Donc j’ai gaspillé de l’essence très chère, à presque 3.5 dollars le gallon, pour rien, alors qu’ils pouvaient très bien vidanger le réservoir une fois qu’ils y auraient accédé, avant de s’occuper de la pompe puis remettre l’essence. La chasse au gaspillage ne fait pas partie des principes américains, il n’y a absolument aucun réflexe en ce sens ici contrairement aux Européens qui ont vécu la crise pétrolière des années 70 (comme moi dans ma jeunesse: ça plus la guerre que mes parents et grands-parents avaient eux vécue ce qui fait que j’ai été élevée dans l’esprit « on ne gâche rien » ce qui devrait être la devise de notre époque aussi et de toutes les époques d’ailleurs, ce qui a été le cas pendant 10,000 ans, à l’exception des 50 dernières années, dans certains pays seulement) .

Du coup pour ne pas économiser et gaspiller au maximum (vider)  j’avais décidé de faire une course puis rentrer à la maison, repartir aussitôt faire une autre course rentrer à la maison, exprès, pour rouler.

Le mercredi soir aussi, sur un coup de tête j’ai demandé à mon amie Helen, vaccinée intégralement aussi, si elle avait quelque chose à faire de spécial et si elle voulait m’accompagner pour cette journée à rouler en entrecoupant de lèche-vitrines, puis retrouver un parc où j’allais en 2005 sans en savoir le nom etc. Nous ne nous étions plus vues en personne depuis le 11 mars 2020 ! Nous avions prévu d’organiser des retrouvailles la semaine suivante mais l’occasion a fait le larron et nos retrouvailles ont eu lieu le lendemain pour utiliser l’essence de la Honda.

Cela a été le point positif de cette journée de gaspillage : une journée presque normale en bonne compagnie et les retrouvailles en vrai avec mon amie Helen (lire ici : https://michusa.wordpress.com/2021/07/24/une-journee-presque-normale/ ) ce qui nous a bien changé les idées à toutes les deux.

Après toute la journée à rouler j’ai déposé mon amie chez elle vers 22 heures (elle habite à 1/4 – 20 minutes de chez moi) puis j’ai roulé encore pendant une heure et demie parce qu’il me restait toujours 90 miles d’autonomie et un gros tiers du réservoir. Au lieu de rentrer par l’autoroute, je suis sortie à la première sortie et ai roulé en long en large et en travers de toutes les villes entre chez elle et chez moi. Vers 23h30 je n’en pouvais plus et je suis arrivée à la maison avec 35 miles d’autonomie, j’ai décidé que cela irait.

Le lendemain quand j’ai tourné la clef dans la voiture pour partir au garage le voyant rouge de l’essence s’est enfin allumé. Je suis donc arrivée chez le concessionnaire dans le rouge et avec l’aiguille du réservoir très basse. La réparation a donc pu être faite heureusement.

Par contre contrairement à ce que mes enfants attendaient ils n’ont pas rajouté d’essence du tout dans la voiture après la réparation et c’est un concessionnaire, pas une station donc pas moyen d’en acheter non plus. La sortie du concessionnaire se fait directement sur la voie rapide (highway) et les stations sont à quelques 5 ou 10 km plus loin. Quant à moi je n’en attendais pas moins du manque de service et de l’arnaque que représentent les concessionnaires donc j’avais emporté mon bidon de 20 litres de réserve d’essence (le dernier bidon de ma réserve d’hiver du groupe électrogène que j’utilise dans les voitures au printemps mais comme avec le Covid on roule moins je mets plus longtemps à les vider. Je ne veux pas garder les 100 litres de réserve à la maison (dehors) pendant la saison chaude pour éviter tout risque d’incendie.

Donc sur le parking du concessionnaire nous avons rempli le réservoir avec mon fils, pour pouvoir rentrer à la maison sans risque de tomber en panne d’essence — voire pire, de tomber en panne sur la voie rapide. La voiture est remontée tout de suite à presque 200 miles d’autonomie. Je m’attendais à me faire alpaguer par un employé sous prétexte qu’on n’a pas le droit de faire ça sur leur parking, que c’est dangereux etc. Surtout que j’utilisais mon propre entonnoir et pas l’entonnoir homologué Honda — si, si, il y a un entonnoir homologué la bonne blague ! Mais nous n’avons vu personne, cet endroit est devenu un peu fantôme, pas vraiment de clients qui se précipitent depuis la pandémie. Ils m’auraient entendu sinon. Comment comptent-ils qu’on puisse retourner chez nous avec un réservoir quasi vide, encore plus en étant obligé de passer quelques instants sur une voie rapide ?

D’autant que je ne savais pas combien il restait d’essence après leur intervention, l’écran me hurlait que le niveau d’essence était très bas et ne donnait plus d’autonomie, quant à l’aiguille, elle pointait encore plus bas que le matin.