Archives mensuelles : juillet 2014

Départ — trace

Trace de départ, de ce dernier départ dans la joie et la félicité.

Trace d’arrivée — indésirée.

Trace de retour —

                          voulu définitif,

                          finalement provisoire.

Trace que tu as laissée sur tous mes voyages présents et futurs,

tous les suivants après ce dernier-là.

Et moi, quelle trace ai-je laissée alors,

depuis ?

Aucun voyage n’aura plus l’innocente insouciance ou l’insouciante innocence de celui-ci.

Trace de déchirure

                         une brisure.

Une trace sur ma joue

                 dans mes yeux

                 dans mon cœur

trace — une douceur et une douleur.

Je n’ai plus l’enthousiasme

Always on the move

Je n’ai plus l’enthousiasme à voyager, prendre l’avion — le pire du voyage — alors que ce devrait être une joie — c’est un privilège que de pouvoir le faire, je ne l’oublie pas pourtant je n’ai plus l’enthousiasme à voyager, préparer ces fichus bagages qui seront toujours trop lourds mais où il manquera toujours quelque chose que je sacrifierai au poids à l’encombrement,

je n’ai plus l’enthousiasme des départs (pour aller où ?), des retours (pour revenir où ?) — je ne me sens nulle part chez moi finalement il ne faut pas fantasmer sur les expatriés, il leur restera toujours un manque un vide ou un regret, c’est le cas pour moi, il ne faut pas fantasmer sur ma vie d’expatriée loin de tous, oubliée de toi,

il me faut quand même partir revenir

ou revenir et partir.

Le fond de la pile

Sous couvert de rangement de grand ménage avant les vacances, j’atteins le fond de la pile des choses à faire documents à traiter papiers à lire à conserver à classer, les moins urgents ceux que l’on laisse pour plus tard quand on aura le temps quand on aura fini l’indispensable le vital le crucial, ceux que l’on finit par entasser des mois des années, papiers jaunis ayant dépassé la date honorable de lecture de traitement de réponse — il y a des courriers des lettres sans importance légale mais  d’une importance amicale relationnelle — des opportunités manquées. J’atteins le fond de la pile enfin, peut-être que j’aurai tout fait pour une fois vraiment fini tout ce qui est en souffrance, on peut rêver d’ici que j’atteigne le tout dernier le quotidien me sera retombé dessus et j’entasserai à nouveau par dessus ce petit reste à jamais.