Archives mensuelles : décembre 2019

Frénésie de fin d’année

 

Les dernières semaines avant le départ suroccupées et intenses m’ont rappelé ce texte écrit en 2006, neuf heures vingt-huit.

Il est vrai que ces derniers jours de novembre et premiers jours de décembre, à 9 heures 28 du matin j’avais déjà une pleine journée de travail derrière moi. Tout s’en est mêlé pour me rajouter du travail de dernière minute en plus du travail courant, en plus de préparer la maison pour l’hiver et la neige, en plus de préparer mon voyage et les bagages et tout ce qui s’en suit pour 5 semaines au loin, avec tout ce qu’il y a à gérer (mot haï mais malheureusement si vrai, de nos jours il s’agit de gestion de petites entreprises domestiques en lieu et place du simple foyer) à gérer de loin pour faire tourner une maison une famille, entre les factures les problèmes administratifs la maison la maintenance du dedans et du dehors, les réparations imprévues et la mise en mode hiver. Jusqu’à la neige qui s’en est mêlée et est arrivée cette année le 2 décembre — la première neige est toujours terrible même si elle est peu abondante, on a oublié comment cela fonctionnait et que tout prend beaucoup plus de temps, est beaucoup plus difficile quand le sol est couvert de neige.

En bref j’étais en limite de surmenage depuis la mi-novembre. Je commence à peine à décompresser et me poser. Décision unanime, ici chez mes parents, de ne pas céder à la frénésie de Noël : pas d’achats, inutile de sacrifier à la grand-messe marchande, pas de préparatifs pharaoniques non plus, un bon repas comme on en fait à d’autres moments que Noël, sans céder à la pression de la date pour la date. L’essentiel est ailleurs, n’est-il pas d’être tout simplement ensemble ? Alors que l’on mange du caviar ou des haricots blancs, que l’on boive du Dom Pérignon ou une bière de micro-brasserie, quelle importance en vérité ?

Neuf heures vingt-huit

 

Neuf heures vingt-huit, j’ai déjà nettoyé la salle de bain le couloir et la chambre. Les mains gantées de jaune je me demande quel est mon avenir dans une société qui ne propose que ça en termes d’épanouissement personnel. Certes l’on se sent mieux dans un environnement propre, l’on est plus enclin à faire des projets, à réaliser des objectifs — quelle tristesse à peine une tentative de consolation. Ce n’est pas de la philosophie théorique — je vois d’ici, de mon petit ici aux quatre murs de chambre pour horizon,  les grands philosophes rire et hausser du sourcil — et qui nettoie leur environnement leurs toilettes range leur linge fait leur lit, à propos  ?

Ce n’est pas de la philosophie imbibée, de théoriciens fumeux — de ceux invités aux grands « happenings » gorgés de petits fours et de champagne. Question basique pratique, quel avenir ? Pour moi, pour cette société-là ?

Il faut que le travail soit fait, certes, mais à quel prix ? Même pas le minimum légal quelques 7,15 dollars de l’heure, quelle misère, un zéro pointé puisque le travail est fait en interne.

Neuf heures vingt-huit j’ai nettoyé la salle de bain le couloir et la chambre, je me destine à la chambre bureau maintenant.

(texte écrit le 24 octobre 2006)

Octobre 2019

 

Le rendez-vous d’octobre avec bien du retard — il me semble que je n’arrête pas de vider un puits sans fond de tâches et de corvées à faire de toute urgence bien entendu, souvent il ne me reste que  tard le soir pour mes projets personnels mes écrits mes photos et mes blogs au moment où je m’effondre épuisée.

Les feuilles d’automne ont été à l’heure cette année (les deux années précédentes elles étaient très en retard) pas d’explosion de couleurs spectaculaire cependant et nous n’avons pas vraiment eu d’été indien non plus.