Archives mensuelles : avril 2020

Histoires d’animaux

 

Les animaux reprennent leurs droits, regagnent du terrain et étendent leurs territoires : outre les chipmunks et autres rongeurs qui s’approprient notre voiture (lire ici), lundi matin, 27 avril, en ouvrant ma fenêtre pour aérer ma chambre peu avant neuf heures j’ai vu cet énorme oiseau posé sur la barrière dans mon arrière-jardin. Je n’ai eu que le temps de saisir mon téléphone et de filmer en zoomant à fond (à travers la moustiquaire donc). Il s’agit d’un vautour dindon ou vautour d’Amérique (turkey vulture) 

(filmé avec mon iPhone en zoomant au maximum) 

Le chat des voisins m’a bien fait rire quand, du coin de l’œil pendant que je filmais, je l’ai vu s’élancer. C’est pour cette raison qu’il m’a fallu l’inclure dans la vidéo. Il ne doutait de rien, ce vautour faisait 2 ou 3 fois sa taille ! Ceci dit j’ai aussi vu la chatte de mes parents qui est un tout petit format, un chat de poche (la moitié de celui-ci), se préparer à jaillir sur un faisan qui avait atterri par mégarde dans le jardin, faisan qui faisait bien sûr plus de trois ou 4 fois sa taille. Bon s’attaquer à un faisan c’est peut-être quand même moins risqué qu’à un vautour. Les chats sont des animaux très courageux qui ont une totale confiance dans leurs compétences et leurs capacités de chasseur et d’athlètes. En parlant de confiance en soi, ou du manque de confiance en soi, qui nous empoisonne souvent dans notre vie d’humains, on pourrait pendre modèle, c’est une autre histoire.

Ce n’est pas rare de voir des animaux sauvages (voire très sauvages) au milieu des habitations et des jardins dans notre coin du New Jersey Central. Je les trouve seulement plus nombreux et plus présents ces derniers temps à cause de notre manque d’activités à l’extérieur, l’absence de remue-ménage et de tout ce bruit dont les humains sont si friands. Depuis notre arrivée nous nous sommes habitués à la présence de biches (et de cerfs et de faons) dans le jardin (la première année, je croisais systématiquement un jeune mâle dans ma driveway lorsque je descendais ma poubelle, nous nous faisions peur mutuellement et il détalait en dérapant sur le goudron avec ses sabots). On en croise de façon régulière en centre-ville devant la banque. Il y a évidemment des animaux moins « exotiques » comme les fameux chipmunks mangeurs de câbles de voiture, des écureuils en pagaille, des lapins ou des lièvres, des geais bleus (fluo), des robins (sortes de gros rouges-gorges) des red cardinals (fluo) et quantité d’autres oiseaux certains plus courants et plus proches des oiseaux d’Europe.

Il y a le renard qui vit dans les environs, plusieurs renards rien que dans notre ville parce que j’en ai croisé plusieurs fois à des endroits très différents de la ville, des aigles qui cerclent en hauteur, tous les jours, ou croisent très bas dans le jardin (je me souviens que l’un de ces aigles était passé juste au-dessus des têtes des enfants qui jouaient dans leur cabane dans le fond du jardin une fois, à moins d’un mètre ou deux au-dessus), des corbeaux géants (qui se regroupent façon Les Oiseaux d’Hitchcock, par centaines, au point de recouvrir toute la pelouse : cela fait très peur, une fois que nous arrivions en voiture nous étions restés dans la voiture, qui ne les avait même pas effrayés en remontant, et avions attendu qu’ils partent), des busards et autres faucons / éperviers divers et variés. Une autre fois en revenant en voiture je me suis trouvée arrêtée par un aigle au milieu de ma petite route : c’était un animal immense, il faisait bien un mètre de haut et quand il s’est envolé son envergure devait bien être de deux mètres voire plus.

Il y a quelques années des pics-verts géants (gros comme des poules voire des canards ou des oies). Ce n’étaient pas les petits pics-verts habituels, par contre ils étaient aussi noir et blanc avec la crête rouge. De la même façon en ouvrant mes vitres un matin mais je n’avais pas eu le réflexe de saisir mon téléphone, j’avais voulu prendre mon gros appareil photo et évidemment le temps aller le chercher ainsi que le téléobjectif, ils avaient filé. Je fois avouer que leur taille énorme les rendait assez effrayants. Sans parler des oies Bernaches du Canada que l’on croise sur le parking d’un supermarché (lire ici).

J’ai même croisé une fois ou deux un opossum, un porc-épic aussi. Et des hérissons géants, de la taille d’un porc-épic voire plus gros, rien à voir avec les « petits » hérissons européens, ce n’étaient sans doute pas des animaux de la même espèce puisque qu’apparemment il n’y a pas de hérissons endémiques en Amérique du Nord.

Il y a les ratons laveurs, racoons, qui sont très friands de nos poubelles et assez agressifs (il m’est arrivé de voir leurs yeux qui brillaient dans la lumière de ma torche électrique un soir que j’avais oublié de descendre la poubelle, et qui me suivaient du regard :  je n’ai fait ni une ni deux, je suis rentrée dans la maison et j’ai laissé tomber la descente de la poubelle pour ce soir-là) voire des ours (tous les 2 ou 3 ans nous avons une alerte ours dans notre petite ville, certaines fois en centre-ville). Il y avait eu aussi la fois où j’avais trouvé que les voisins avaient été très bruyants une nuit… jusqu’au lendemain quand ils nous avaient dit qu’ils avaient été obligés d’appeler la police au milieu de la nuit parce qu’un ours et un raton laveur se battaient dans leur jardin (c’étaient eux qui avaient fait tout le ramdam justement), l’un des animaux avait grimpé dans un arbre pour échapper à l’autre, la police n’avait rien pu faire de nuit, il avait fallu attendre que la querelle se résolve toute seule pendant la nuit. 

Quand on va se promener dans les forêts et les diverses réserves avoisinantes il vaut mieux avoir un sifflet ou une trompe bien sonore pour faire du bruit en cas de rencontre avec un ours justement.

 Quelques coyotes aussi qui viennent de plus en plus vers l’Est du pays alors qu’ils étaient plutôt cantonnés dans l’Ouest. Ils ont commencé à apparaître en Pennsylvanie il y a quelques années et maintenant gagnent aussi chez nous dans le New Jersey (nous habitons à 60 km de la limite de la Pennsylvanie).

Et les vautours, dont les vautours dindons. Je n’en avais croisé qu’un, il y a moins d’un an sur la route fort passante par laquelle je reviens du tai-chi, un après-midi où justement il y avait depuis quelques jours une biche écrasée le long de cette route, il me fallait faire un écart à chaque fois que je revenais : c’est un énorme animal (fort laid ) qui ressemble à un dindon et à un vautour à la fois comme son nom l’indique et qui fait vraiment partie de la famille des vautours. Je ne connaissais pas son existence avant cette rencontre et une de mes élèves de tai-chi qui est prof de sciences, avait confirmé de quel animal il s’agissait quand je lui avais dit que j’avais vu un charognard qui avait l’air d’un croisement entre un vautour et un dindon. 

Mais c’est la première fois que j’en vois un dans notre jardin. Mon fils aîné à qui j’ai raconté cette histoire hier, m’a dit qu’il en avait déjà vu une fois ou deux dans notre jardin quand il était plus jeune. 

La Libération

La Libération à Laon, Aisne (02), Picardie 1944

La Libération à Laon, Aisne (02), Picardie 1944 (photo de la collection familiale)

La Libération à Laon, Aisne (02), Picardie 1944

Mon grand-père, ma mère et ma grand-mère à la Libération à Laon, Aisne (02), Picardie 1944 (photo de la collection familiale)

Ce que je crains le plus c’est que la levée du confinement, même si dans ses intentions elle est planifiée pour être progressive, en gardant toutes les mesures de distanciation et autres gestes barrières, ce que je crains c’est que ce soit malgré tout la Libération, la Libération avec un grand L, comme la Libération de 1944 pendant la Deuxième Guerre mondiale, les gens qui s’agglutinent et font la fête dans la rue, qui se collent les uns aux autres qui s’embrassent…

Ce n’est pas la même chose, ce ne devrait pas l’être, les circonstances sont complètement différentes mais je crois que c’est ce qui risque de se passer, au moins en partie : la Libération de 44.

Je ne suis pas la seule à penser de la sorte, il y a eu cet article sur France 24 le 11 avril 2020 qui résonnait avec mes pensées sur la Libération du confinement :

« Des experts mettent également en garde. « Le pire scénario serait une sorte de fête de la victoire avec tout le monde dans la rue, en train de s’embrasser et de se congratuler », prévient David Lalloo, directeur de l’École de médecine tropicale de Liverpool. »
(France 24 du 11 avril 2020)

Et je viens de lire aujourd’hui un article qui raconte la levée de l’obligation du port des masques (déjà ! ) dans la ville de San Francisco en 1918 lors de l’épidémie de grippe « espagnole » (en fait américaine…) : cela s’est apparenté à la Libération là aussi, à midi, heure légale de la levée de l’obligation, quand la cloche a sonné, les gens (qui s’étaient rassemblés dans les rues en prévision de l’événement et de la célébration qu’ils comptaient bien mener) ont tous arraché leurs masques … Finalement, comme le rappelle l’article, San Francisco avait été une des grandes villes les plus touchées par l’épidémie sinon la plus touchée.

A contrario pour cette épidémie de coronavirus en 2020, San Francisco a été la première à mettre en place le « lockdown » (confinement) avant même l’État de Californie et la première aussi à rendre le port du masque obligatoire (en date du 17 avril 2020) en public, et pour les travailleurs des commerces essentiels et pour le public quand il doit sortir pour faire une course essentielle, puisque la ville est bien entendu toujours en « lockdown » et pratique toujours la distanciation sociale et les gestes barrières lors des sorties de nécessité seules autorisées.

« When the clock struck noon, the masks came off.
It was Nov. 21, 1918, and San Francisco residents gathered in the streets to celebrate not only the recent end of World War I and the Allies’ victory, but also the end of an onerous ordinance that shut down the city and required all residents and visitors to wear face coverings in public to stop the spread of the so-called Spanish flu.

A blaring whistle alerted gratified residents across the city and, as the San Francisco Chronicle reported at the time, « the sidewalks and runnels were strewn with the relics of a torturous month, » despite warnings from the health department to maintain face coverings. As celebrations continued and residents flocked to theaters, restaurants and other public spaces soon thereafter, city officials would soon learn their problems were far from over.

[…]

Back during the Spanish flu, San Fransisco’s failure to take swift action and the decision to ease restrictions after only a few weeks had huge ramifications. With 45,000 cases and more than 3,000 deaths, the city was reported to have been one of, if not, the hardest-hit big city. »
(NBC News 25 avril 2020)

La Libération à Laon, Aisne (02), Picardie 1944

La Libération à Laon, Aisne (02), Picardie 1944 (photo de la collection familiale)

Du New Jersey (journal du 29 au 4 avril) — partie 2

Le jeudi 2 avril j’ai passé la journée à essayer d’acheter des vivres (les courses alimentaires et des produits de première nécessité — food and grocery shopping) via Internet dans tous les magasins habituels (Stop and Shop mon supermarché, Target, le genre de Monoprix où je vais acheter mes produits d’entretien, voire Kings le supermarché haut de gamme plus le club d’achats en gros BJ’s). Sans succès. Je fais la réponse suivante à une de mes lectrices sur le blog :  « faire les courses en ligne… un cauchemar, j’ai 6 caddies ouverts dans 6 magasins différents à la fois, pour essayer d’avoir les mêmes produits alimentaires que lorsque je suis allée dans mon supermarché la semaine dernière et encore je ne trouve pas tout ! Donc j’ai aussi commencé un caddie Amazon (je ne voulais pas) mais là c’est tout sauf les produits frais parce que je ne suis pas membre ‘ Prime ‘ ».  

La seule commande que j’ai pu passer ce jour-là c’est à Target mais pas pour du frais : du shampooing, de la pâte à tartiner et de la Listerine (dont je n’avais pas absolument besoin mais qu’iil m’a fallu rajouter pour atteindre le minimum de livraison… non pas un minimum pour avoir la livraison gratuite mais un minimum en dessous duquel ils ne livrent pas, même en payant ! Et la livraison sera payante de toute façon. Fini les promotions et autres « free shipping » pour attirer le chaland !

Les autres produits dont j’avais besoin sont soit en rupture soit ils ne les livrent pas. Et je ne peux même pas utiliser leur « drive » alors qu’en pratique cet équivalent du « drive » ne se fait qu’à Target. Je ne comprends rien. À chaque fois que j’essaye d’ajouter un autre article ils ne me proposent pas la livraison par la poste ni le « drive up » mais seulement un « pick up in store ». Ce qui revient à entrer dans le magasin et aller faire la queue au service client, avoir une interaction avec l’employée dont je ne sais même pas si elle sera protégée. Et cela ne marche même pas pour les produits frais. La seule solution pour les produits frais c’est un service (indépendant du supermarché, j’y reviendrai) qui fait les courses pour moi.

Cela fait depuis le début de l’après-midi que je jongle avec les caddies : c’est d’une complexité inouïe (et inédite pour les États-Unis où justement, dans le temps d’avant, tout ce qui était commerce en ligne avait intérêt à être le plus simple et sans douleur possible sous peine de ne pas marcher — ce n’est plus le cas puisqu’on nous condamne quasiment à acheter en ligne au maximum, donc nous ne sommes plus les rois du monde, ce sont les marchands qui le sont et qui imposent leur volonté et leurs mauvaises façons de faire. J’irai presque jusqu’à dire arnaque ou à tout le moins une bien curieuse façon de presser le citron du consommateur. Certaines choses ne changent donc jamais, comme pendant la guerre, la Deuxième Guerre mondiale, et le marché noir avec les profiteurs et les spéculateurs… cela revient exactement au même, les bombes en moins.

J’ai fini par comprendre que le « drive up » est indisponible dans mon magasin Target habituel. Il est disponible dans d’autres Target qui sont beaucoup plus loin. Je ne vais pas faire 30 ou 40 kilomètres pour aller chercher ma commande (sans être absolument certaine que ça marche vraiment qui plus est et que, finalement, il ne me faudra pas faire un « pick up » dans le magasin). D’autant que selon les articles ce sont des magasins différents qui ont ce « drive up » disponible. Donc non seulement il me faudrait me déplacer loin (alors que nous ne sommes pas censés être sur les routes, les courses doivent se faire au plus proche de notre lieu de résidence bien entendu) mais encore il me faudrait faire une tournée des « drive up » de plusieurs magasins. Insensé et impensable.

Chez un même commerçant (je parle des chaines de supermarchés ou des clubs d’achat) certains articles sont livrés (par un livreur ? par un intermédiaire qui fait les courses pour moi ? certaines fois les deux sont possibles selon les articles), d’autres articles sont envoyés par la poste (poste ou Fedex ou UPS mais un service postal), d’autres encore sont en « commande à aller chercher en magasin ». Et les délais de livraison pour la nourriture sont incroyables : rien avant 15 avril… mais je n’ai pas accès aux dates d’après non plus. Donc je prévois que demain à la première heure j’essaierai de passer la commande… qui n’arrivera pas avant la fin avril au mieux ? Tout ça pour du jambon du fromage des yaourts et du jus d’orange !

Le 3 avril même chose, je n’ai toujours pas pu passer ma commande de produits alimentaires, nulle part entre les 4 supermarchés : aucune date n’est disponible. Si tout se débloque d’un coup je risque d’avoir des produits en double ou en triple (et les dépenses en double ou en triple de façon inutile) puisque j’ai quasiment les mêmes articles dans mes 4 caddies restants (j’en ai laissé tomber deux sur les 6 d’hier). Tout en étant prévenue que, même si j’arrive à passer la commande, en raison de la situation « de forte demande » inhabituelle, certains produits ne seront pas en stock et seront manquants, mon « acheteur » me contactera pour des remplacements éventuels ou me recréditera du prix si je ne souhaite pas de remplacement. J’ai découvert plus tard que lorsqu’on passe la commande finalement, on arrive sur une nouvelle page avec un récapitulatif de la commande et, là, on peut prédéfinir les remplacements éventuels ou la demande de remboursement : cela évite les échanges de textos en direct pendant que l’acheteur fait mes courses. Cela m’est arrivé une fois, le gars m’envoyait des photos des produits susceptibles de servir de remplacements et je devais répondre, si je ne répondais pas assez vite soit il annulait soit il mettait le produit qu’il pensait… Mieux que rien, je suppose qu’avec les circonstances on doit s’en accommoder. C’est déjà bien d’avoir quelque chose (surtout que ce quelque chose est quelque chose à manger) mais ce n’est pas une façon idéale de faire les courses.

Le 3 avril aussi notre maire a rappelé via la ligne d’urgence : nous avons eu 4 morts dans la nuit à Berkeley Heights (des résidents âgés de plus de 80 ans et qui étaient dans des unités de vie assistée, un équivalent des maisons de retraite / ce que vous appelez EHPAD ). Elle nous donne le nombre de cas à ce jour du 3 avril pour notre petite ville : 47 cas dont 38 actifs et 9 guéris, 2 hospitalisés et 8 dans les maisons de retraite (long term care facilities) . Cela fait 10 de plus qu’il y a 3 jours seulement et surtout les premiers morts pour notre ville.

Nous allons vers la fin de notre deuxième semaine de confinement. Nous sommes en « lock down » obligatoire par ordre du gouverneur depuis le 21 mars dans le NJ, donc officiellement. En pratique nous avons personnellement devancé l’appel et sommes tous à la maison depuis le 13 mars, mon fils a fait son dernier jour au restaurant le 13 ou le 14.

4 avril : j’ai fait cette réponse dans les commentaires sur mon blog, de ce que j’ai découvert sur la livraison de l’alimentation : « ce n’est pas un pays qui fait ses courses alimentaires ou de premières nécessités par Internet contrairement à ce que je croyais… Les Américains achètent absolument tout en ligne… sauf l’alimentaire et le courant des « groceries » comme ils appellent ça ! Je découvre que rien n’est fait ni vraiment prévu pour. Mon supermarché qui avait commencé la livraison à domicile il y a quelques années, était justement en train de faire machine arrière il y a seulement 2 mois ! Donc c’est une partie de l’activité qui était en train d’être supprimée, je comprends mieux pourquoi je n’arrive pas à me faire livrer ! Je ne m’étais jamais intéressée à la question. Alors que mes parents dans le Sud de la France, dans leur petite ville, se font livrer depuis des années sans problème. De plus aux États-Unis ce n’est pas le magasin qui vous livre mais un intermédiaire qui est en contrat avec le magasin. C’est pour cette raison que tout est atrocement cher en livraison, tous les articles sont à des prix bien supérieurs à ceux du magasin (quand on va soi-même dans le magasin), il faut ensuite ajouter des frais de livraison plus des frais « administratifs  » on ne sait pourquoi — pour forcer à prendre l’abonnement au service pour 100 dollars par an, que l’on s’en serve ou non ! Et comme chaque supermarché a un intermédiaire, pour pouvoir bénéficier de la levée des frais dans les différentes enseignes des environs il faudrait s’abonner à plusieurs services, donc plusieurs centaines de dollars  par an. À tous ces frais il faut ajouter le pourboire du livreur… Souvent il n’est payé qu’au pourboire, le reste engraisse les connards milliardaires de la Silicon Valley ». Il faudrait vraiment se mettre à aiguiser la guillotine, c’est un autre sujet…

Suite de ma réponse sur le blog : « en France ma mère est livrée gratuitement depuis des années par son petit Marché U… qui livrait aussi gratuitement les bateaux du port etc. Sans compter qu’ici le « drive » est inexistant ! Je pensais que mon Target (genre de Monoprix) avait un « drive », il y a les emplacements sur le parking mais justement aucun des articles n’est disponible en « drive » dans ce magasin-là. Il me faudrait faire 20 ou 30 kilomètres au moins pour accéder au magasin particulier qui le fait pour tel article… mais pas pour d’autres. En gros il faudrait faire plusieurs magasins pour avoir tout son panier en drive. Je viens d’essayer tout l’après-midi. J’ai renoncé, je ne vais pas faire 20 ou 30 kilomètres alors que nous sommes en confinement et que le gouverneur ne veut pas que nous soyons sur les routes ! »

Le 4 avril aussi, une sorte d’intuition me pousse à soulever les capots des voitures (qui ont pourtant tourné le 1er avril ) : des rongeurs (sans doute des chipmunks peut-être des écureuils ? ) ont élu domicile dans le moteur de la voiture des enfants. Un nid est en cours de construction puisque de la bourre isolante a été grignotée d’un côté et déplacée vers un autre, sur l’aile. Nous trouvons aussi une réserve de coquilles vides (sans les glands, ils ont dont été mangés et il ne reste que les épluchures) sur l’aile opposée au-dessus de la roue. Rien dans le coffre heureusement. Quelques débris aussi sur la batterie. Je connaissais ce problème et ce risque mais pour l’instant cela ne nous était jamais arrivé, d’une part parce que nous nous servons des voitures pratiquement tous les jours et que nous sommes actifs dehors : nous bougeons, faisons des allées et venues dans le jardin… faisions… puisque ces deux dernières semaines, plus rien. C’est trop calme et les animaux reprennent leurs droits, regagnent du terrain. Cela peut être très dommageable pour les voitures car ces rongeurs raffolent des fils électriques et de la partie ionisée de la batterie (chacun ses goûts on se shoote à ce qu’on peut). J’ai appris aussi que les gaines des câbles sont maintenant en soja donc c’est une gourmandise pour eux ! Alors qu’on nous englobe et nous étouffe de plastique bien pétrolier et bien toxique partout, à cet endroit précis on met du plastique végétal ! Vraiment ? Allez comprendre. À part sans doute un autre appât du gain : justement pour que ce soit endommagé fréquemment et que cela coûte des milliers de dollars de réparations. Cela peut sembler friser la théorie du complot mais je ne dois malgré tout pas être loin de la vérité. L’assurance couvre, normalement… mais quand même ! Et la franchise est de 1000 dollars de toute façon, plus les tracas. Et en ce moment, est-ce seulement possible de faire réparer sa voiture ? 

 

comment protéger son moteur des rongeurs

comment protéger son moteur des rongeurs : Internet donne une solution

J’interroge aussitôt l’Internet pour une solution : elle existe, simple non toxique et naturelle. Surtout non toxique pour les autres animaux, dont le chat des voisins et les autres animaux qui passent dans notre coin (renards, aigles et autres busards). Ce serait malheureux d’empoisonner ces rongeurs déjà par principe et en plus on risquerait d’empoisonner toute la chaine alimentaire, dont des aigles ou des renards qui sont des espèces suffisamment en danger. La solution d’après l’Internet, c’est l’essence de menthe poivrée. Je n’en ai plus, mes flacons, trop vieux, sont évaporés et en plus il faudrait fabriquer un spray avec de l’eau et un peu d’émulsifiant. Je vais au plus simple et j’en commande directement à la source de la menthe (dans l’état de Washington, célèbre pour la fameuse menthe Yakima, souvenirs de quand je travaillais encore en arômes et parfums dans ma jeunesse). Ces 2 bouteilles de spray qui ne sont pas en rupture (miracle ! ) me seront livrées par Fedex d’ici quelques jours à peine. En attendant je tamponne deux morceaux de papier buvard avec les dernières gouttes de mes flacons d’essence de menthe poivrée et je les place aux deux endroits du moteur où nous avons observé une installation des rongeurs.

Si l’essence de menthe poivrée ne marche pas, il restera la solution des pièges à souris (appâtés au beurre de cacahuètes ! ) à placer dans le moteur et qui tuent la souris ou le rongeur quand il entre dans le piège, donc sans poison pour le reste des animaux et de la chaine alimentaire.

Finalement cette première semaine d’avril j’ai découvert les Instacart et autres Instashoppers, ces intermédiaires qui vont faire les courses pour vous dans les supermarchés. Ce qui m’ennuie c’est que mon argent ne va pas au livreur/acheteur qui fait tout le travail et prend tous les risques mais engraisse un connard multimilliardaire de la Silicon Valley : il faut vraiment que ces gens disparaissent — they have to go. Surtout qu’ils sont responsables pour une bonne part de la situation actuelle avec leur course au profit et leur appât du gain, toujours plus toujours plus. 

Ce sont encore et surtout des intermédiaires, je préférais que ce soit un employé du supermarché protégé par une convention collective et un syndicat, qui touche l’argent (les États-Unis le pays des intermédiaires disais-je, rien d’étonnant que la vie quotidienne soit si chère), comme en France avec les « drive » où c’est un employé du supermarché qui prépare la commande et la met dans le coffre. 

En gros pour environ 100 dollars de courses j’ai entre 20 et 30 dollars en plus de livraison, dont à peine la moitié va à celui qui a fait le travail ! Cela m’ennuie d’autant plus que j’ai l’impression de les envoyer au casse-pipe à ma place, cela me met très mal à l’aise. Que faire ? Nous n’avons pas de masques ni rien ? J’espère qu’eux en ont ainsi que des gants et des produits de désinfection.

Du New Jersey (journal du 29 au 4 avril) — partie 1

Journal du New Jersey (semaine du 29 mars au 4 avril) : ce dimanche 29 mars, 2000 cas de plus dans la journée rien que dans le New Jersey (9 millions d’habitants et le premier cas répertorié y est apparu le 4 mars…), le dimanche 29 mars donc, nous décidons de ne plus sortir du tout même pas pour faire des courses, livraison au mieux ou « curbside pick up » — on va chercher au magasin ou au restaurant en restant dans sa voiture et un employé met le carton ou le sac avec la commande directement dans le coffre. Cette façon de faire marche mieux pour les petits commerces ou les petits restaurants et brasseries, les supermarchés et les grandes enseignes ne le font pas ou peu : seul Target — un genre de Monoprix — avait commencé à faire un peu ce qui ressemblerait au « drive » européen, depuis moins d’un an, ce n’est pas très bien rôdé ni répandu. Total une partie des articles ne peuvent pas en bénéficier. Ni d’ailleurs de la livraison par livreur ni de l’envoi par la poste : seule option aller dans le magasin… et affronter les caisses non protégées, les caissiers non protégés et les autres clients. Un article récent du journal d’information local en ligne (NJ dot com) disait que le point de bascule serait les supermarchés (grocery shopping).

Donc nous décidons de ne plus sortir du tout ou, plus exactement, de ne plus approcher quiconque hors de notre noyau familial, même pas aux deux mètres de distance réglementaire pour une petite durée : ce qui revient à ne pas entrer dans un supermarché ou quoi que ce soit de ce genre, y compris station essence ou pharmacie.

Le lundi ou mardi (30 ou31) les magasins d’armes rouvrent dans le New Jersey (pourtant un état démocrate, du moins notre gouverneur actuel est démocrate, cela n’a pas toujours été le cas ces dernières années). C’est vrai que c’est essentiel ! 

Mardi 31 mars au soir notre maire  nous appelle (nous c’est-à-dire tous les habitants de notre petite ville de Berkeley Heights) via la ligne téléphonique d’urgence, pour nous supplier de suivre les consignes (les ordres en fait) de confinement de façon stricte, absolument. Parce que trop d’enfants et d’adolescents passent du temps ensemble dehors, jouent au ballon ou sont ensemble : « il ne faut pas », nous martèle-t-elle. Puis elle nous assène les cas dans notre petite ville de 13,000 habitants environ : 37 répertoriés dont 28 actifs et 9 guéris, 2 sont à l’hôpital.

Mercredi 1er avril les chiffres de dimanche ont quasiment doublé, avec 3600 cas supplémentaires par jour pour le New Jersey.

Mercredi midi après m’être arraché les cheveux pour trouver le médicament indispensable et quotidien de mon fils (en ventre libre ou OTC) entre différents supermarchés et drugstores / pharmacies en ligne pour soit « curbside pick up » ou encore en livraison à domicile ou encore en envoi postal, sans succès, je me résous à descendre à ma pharmacie / drugstore habituelle en ville, qui offre un nouveau service via son « drive-thru » pharmacie : on peut maintenant aussi demander des produits autres que les médicaments sur ordonnance par la fenêtre et le tiroir blindé, sans sortir de son véhicule. 

C’est la première fois que je fais ça : c’était un article que je comptais faire dans la vie d’avant pour raconter comment beaucoup d’opérations peuvent se faire en « drive thru » (ce que vous appelez de façon erronée le « drive in » en France, pensez au MacDo quand on fait sa commande dans sa voiture et qu’on la récupère par la fenêtre sans sortir de sa voiture) : aux États-Unis, pays de la voiture reine, on peut y effectuer ses opérations bancaires ou récupérer son ordonnance à pharmacie en plus des commandes de restaurants et autres fast-foods. Cela m’amusait et je ne m’y étais jamais faite comme c’est le cas pour la plupart des expatriés qui trouvent ça trop étrange. Dans nos circonstances actuelles je l’accueille avec enthousiasme et je suis prête à l’embrasser (dans les deux sens du terme si j’ose dire) de ce pas : en plus de la seule délivrance des ordonnances (jusqu’avant la crise) on peut maintenant aussi donner une liste de courses (médicaments en vente libre et produits de droguerie puisque les pharmacies cumulent les fonctions de pharmacie et droguerie) par la fenêtre : pas de contact, l’assistante-pharmacienne est derrière une vitre blindée et parle dans un micro vers un haut-parleur extérieur et on répond de même via un micro qui doit être enchâssé dans le mur (il n’est pas visible). Il y a un tiroir blindé pour faire passer son moyen de paiement et récupérer ses achats. Seule restriction les objets achetés doivent pouvoir passer dans ce tiroir fait à l’origine pour un sac de médicaments d’ordonnance, rien de plus. J’ai téléphoné avant d’y aller et le vendeur du drugstore m’a confirmé que je peux demander ce que je veux sans commander à l’avance mais que ce doit être quelque chose qui n’est pas trop volumineux pour qu’il puisse tenir dans le tiroir. Bingo pour moi puisque ce sont deux boîtes de poudre (45 jours de médicament) qui tiendront sans problème dans le tiroir. Dans la partie drugstore de la pharmacie on vend des produits de beauté et d’hygiène, de ménage, un peu de nourriture, des packs d’eau etc. : ceux-ci on ne peut évidemment pas les commander à travers cette fenêtre et ce tiroir, il faut aller dans le magasin.

le médicament

1er avril : le médicament que je suis allée chercher, en train de sécher après passage à la lingette au chlore

Mercredi 1er avril toujours, un article incendiaire qui remet les pendules à l’heure avec ce qui s’est passé en Floride, je ferai peut-être un article — sans garantie parce que tout évolue si vite que soit les articles prévus deviennent caducs avant d’avoir été écrits, soit il y  autre chose de plus pressant à écrire.

Mercredi 1er avril aussi, je fais tourner les voitures : la mienne, c’est facile puisque je suis allée à la pharmacie en ville (10 kilomètres en tout aller et retour pour une virée à mon centre-ville) et celle des enfants, qui n’ont pas fait le plein comme je le leur avais demandé il y a 10 jours, avant le confinement et surtout avant le nombre retentissant de cas et le risque de charge virale élevée au moindre contact. Il n’est pas possible d’aller au self-service, cela n’existe pas pour l’essence dans le New Jersey, c’est d’ailleurs un des seuls sinon le seul état où il est illégal (oui, illégal ! ) de se servir soi-même de l’essence — encore un article que je voulais faire et une histoire que j’avais racontée à mes amis les premiers temps peu après notre arrivée dans le New Jersey en 2002. Il reste un gros tiers du réservoir heureusement donc je fais tourner la voiture pendant 10 minutes dans le jardin mais je pense que cela ne suffit pas donc je me résous (le gouverneur ne veut personne sur les routes, hors courses alimentaires ou de pharmacie ou pour aller à l’hôpital) bref je me résous à faire deux fois le tour du quartier au pas, avec une rue un peu en pente où je freine soigneusement pour utiliser les freins justement. En tout la voiture aura tourné 20 minutes, 10 minutes sur place et 10 minutes en roulant. Habituel en hiver puisque seule ma voiture est 4×4, il m’arrive lors de certains hivers très neigeux ou avec de la glace (une année la voiture des enfants a été coincée dans 5 cm de glace pendant plusieurs semaines) de la faire tourner 10 minutes tous les 3 ou 4 jours. Dans ces cas-là impossible de la bouger mais c’est déjà bien d’au moins la faire tourner un peu. La plupart du temps, ces dernières années, la voiture était immobilisée un mois grand maximum, le plus souvent seulement 10 ou 15 jours à la fois, guère plus. Notre situation actuelle étant différente (pas d’impossibilité physique à bouger la voiture) et surtout destinée à durer bien plus longtemps, le tour du quartier me semble nécessaire.

Ce mercredi 1er avril également, en remontant de la pharmacie justement, comme pour faire écho aux inquiétudes de notre maire : deux groupes de 4 ou 5 gamins du même âge, un groupe en train de faire du skate-board ensemble et l’autre en train de faire du vélo… 10 cas de transmetteurs potentiels en fait : les enfants avaient entre 10 et 13 ans, n’étaient pas à 2 mètres de distance, on connait les difficultés d’hygiène avec les enfants, d’autant plus comment peuvent-ils se laver les mains en jouant dans la rue ? Plus loin j’ai vu encore plusieurs autres petits groupes, de 2 cette fois, manifestement du même âge donc peu de chance que ce soient des frères et sœurs, en train de se promener, de faire du jogging ou encore du vélo.

Pour couronner le tout, en remontant de la pharmacie toujours, je vois deux de ces « superwomen » (les femmes ou les mères américaines comme on les déteste, ces « soccer moms » super actives qui gèrent les agendas sociaux de leurs gamins comme des ministres, qui sont une plaie totale pour les enseignants, un autre article à écrire) bref ces femmes qui font habituellement leur footing à deux, souvent de façon énergique (bien sûr ! ) : ce mercredi elles étaient deux femmes du même âge, espacées des deux mètres réglementaires en train de faire leur footing (marche énergique) en papotant.. Alors les 2 mètres c’est pour des contacts inévitables lors des sorties essentielles : en bref si on passe des heures ensemble même à 2 mètres de distance, ce n’est pas de la distanciation sociale, encore moins du confinement. Je me dis que le système de contrôle et d’amendes français n’est pas si mal finalement.

 

Le 31 mars le maire nous appelle :

 

Le 1er avril tour du quartier pour faire tourner la voiture des enfants :

 

 

 

 

 

America First

(sarcasme et ironie amère)

America First, il a été fidèle à sa parole… nous sommes effectivement les premiers, l’Amérique est la première dans cette épidémie : le pays le plus touché au monde, le plus de morts, le plus de cas, le plus de morts en une seule journée, le plus de tout — tous les records. Le pays le plus touché à la date d’aujourd’hui, l’épicentre finalement, le centre du monde… épidémique, quoique ce ne soit pas cette place de premier ni de centre que le reste du monde nous envie.

Ici on veut toujours être en premier, le premier en tout, le plus le plus le plus — superlatif ultime. Eh bien nous y voilà, premier pays au monde en termes d’épidémie, de contaminations  — pas de quoi être fiers.

19 avril 2017 à la Trump Tower New York City

Photo de mon ami (français) Éric prise par ses soins le 19 avril 2017 lors d’un passage à New York , à la (l’une des) Trump Tower – ironie et sarcasme ici aussi

Procédure de courses partie 3 et fin — le retour et le rangement des courses 

Je suis donc passée à la caisse automatique que j’ai touchée avec mes gants, ma carte de fidélité et ma carte de crédit aussi, le clavier pour valider et l’écran tactile (oui, ça marche avec les gants, hourra ! ). Au fur et à mesure j’ai empaqueté dans des sacs plastique neufs.

Une fois sortie du supermarché il a fallu passer à l’étape de rangement des sacs pleins de mes courses dans la voiture tout en évitant de toucher trop de choses dans la voiture pour avoir un minimum à désinfecter ensuite. Donc j’ai touché ma clef pour déverrouiller à distance puis j’ai ouvert le coffre en m’aidant de la lingette mise de côté dans le caddie (dire que dans le passé j’ai eu une (plusieurs) voiture dont le coffre s’ouvrait en grand et se refermait en appuyant sur la télécommande de la clef). J’ai chargé tous mes sacs dans le coffre puis l’ai refermé en m’aidant de la lingette. J’ai reconduit le caddie et repassé un coup de lingette sur la barre avant de le laisser.

De retour à la voiture j’ai ouvert la porte conducteur avec la lingette que j’ai jetée directement dans le sac plastique laissé grand ouvert sur mon siège, je me suis débarrassée, dans ce sac également, de mes gants en vinyle en prenant soin de les enlever sans me contaminer, comme j’ai appris à le faire pendant mes cours de premiers secours. À ce moment-là seulement j’ai pris une lingette neuve pour nettoyer mes clefs, mon téléphone (touché avec mes mains gantées pendant les courses, notamment pour faire des photos), je l’ai posé sur l’autre siège et je me suis passé enfin les mains à la lingette.

J’ai ensuite poussé le sac « poubelle » par terre puis me suis assise, ai fermé ma porte, démarré et suis rentrée à la maison. Le sac a été jeté dès mon arrivée dans la poubelle de dehors.

À l’arrivée j’ai ouvert la porte de ma mud room avec une lingette puis je touché ma clef de maison pour ouvrir la porte principale avec la lingette aussi (la clef de maison sera quand même désinfectée par la suite ) et j’ai laissé toutes ces portes grandes ouvertes le temps de tout décharger (vive l’écologie encore une fois). J’ai déchargé tout d’abord les quelques produits surgelés en allant directement au sous-sol avec les sacs (toutes les portes intérieures avaient été laissées grandes ouvertes et les lampes allumées à l’avance avant de partir comme je l’ai mentionné). J’ai ouvert la porte du congélateur avec la lingette puis j’ai enlevé (je les enlève toujours car ils prennent trop de place)  les cartons d’emballage et ai mis tous ces produits surgelés sans emballage dans le congélateur. En refermant j’ai oublié de fermer la porte du congélateur avec la lingette (donc la poignée de porte du congélateur sera ensuite désinfectée).

Je suis remontée et ai fini de sortir tous les autres sacs en les posant par terre dans la cuisine. 

Premier lavage de mains en ouvrant les robinets à la lingette. 

Je suis ressortie pour désinfecter ma voiture (malgré tout, bien qu’ayant pris toutes les précautions mentionnées ci-dessus) : poignées de porte, volant, clignotant démarreur et tableau de commande avec tous les boutons, le levier de vitesse, les boucles mâle et femelle de la ceinture de sécurité, poignées intérieure et extérieure de la porte et un coup aussi sur les poignées du coffre (des nouvelles lingettes sont utilisées bien entendu).

Puis les poignées des portes de la maison, intérieur et extérieur ( 2 portes) puis la poignée de porte du congélateur.

Re-lavage de mains (à la fois pour enlever tout risque de pathogènes et surtout pour enlever le chlore des lingettes de mes mains).

Rangement des courses, désinfection à la lingette des poignées du frigo.

Puis re-lavage de mains et enfin mise au sale de mes vêtements (je n’ai pas enlevé ces vêtements dès mon arrivée à part la parka qui a été laissée dans le sas (la mud room) sur un cintre pour reposer.

Re-lavage de mains et ensuite désinfection à la lingette (neuve) des clefs de voiture, de maison, de mes cartes, du crayon et de mon téléphone. Le tout a été posé sur du papier absorbant pour sécher : il ne faut surtout pas essuyer mais laisser sécher naturellement car un temps d’action est nécessaire pour effectivement désinfecter, temps d’action qui nécessite que la surface ou l’objet reste « mouillé » de façon visible par le produit — pour ces lingettes Clorox le temps d’action nécessaire pour tuer les virus est de 15 secondes, pour désinfecter en général des surfaces de 4 minutes. Tous ces temps d’actions sont mentionnés sur les étiquettes et les modes d’emploi des divers produits. La liste de courses a été jetée. 

Re-lavage des mains et je suis allée enfin sous la douche.

Arrivée au supermarché à 8 heures moins 10, courses finies à 9 heures 7 (tous les sacs étaient dans le coffre et j’étais prête à remonter à la maison).

Par contre entre l’arrivée à la maison vers 9 heures 15 et la douche il s’est passé plus d’une heure pour effectuer rangement et désinfection (plus du double de temps que pour le rangement habituel — dans la vie d’avant) : il est exactement 10 heures 30 quand j’entre dans la douche.

Outre le stress (d’être dans le magasin et de risquer un contact potentiellement contaminant) c’est toute cette procédure de vigilance et de désinfection qui complique tout, qui m’enlève toute envie de faire des courses. Je n’étais pas fana avant (de faire des courses en général et encore moins pour des courses alimentaires et de première nécessité qui sont une sorte de pierre de Sisyphe), maintenant encore moins.

À suivre…

Après les courses

les objets passés à la lingette au chlore en train de sécher

 

Procédure de courses partie 2 — les courses

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Le parking du supermarché relativement vide à cette heure matinale

Évidemment je suis dans un état de stress comme si je partais dans une zone rouge en pleine épidémie Ebola — il ne faut rien exagérer mais rien n’y fait, mon stress prend le dessus sur ma raison scientifique. Inutile de dire que je n’ai pas dormi de la nuit ou presque.

Je surjoue j’en fais trop, bien sûr que j’en fais trop. Mon esprit scientifique — je suis chimiste — tente de reprendre le dessus en me basant sur ce que je sais, toute la documentation parfois pointue que je lis et suis à même de comprendre et de juger, cohérente avec ce que j’ai appris, au moins de la méthode scientifique et de la science tout court.

Même mon fils aîné qui a lu mes rapports presque quotidiens envoyés à mes proches sur les procédures de courses ou de désinfection des voitures, à chaque fois que ma fille ou mon fils revenait de l’extérieur (la dernière fois pour des courses rapides le 21 mars, je précise les dates parce qu’à ce moment-là il n’y avait encore que très peu de cas, la charge virale ambiante était moindre, bien moindre) donc mon fils aîné en France m’a dit que j’en faisais trop — ceci dit c’est le premier à avoir des habits « de dehors » qu’il laisse dans un sas avant de rentrer pour se jeter directement dans la douche à chaque fois qu’il sort dehors faire des courses pour lui ou mes parents. Lui-même est dans le Sud, dans une petite ville de la Côte d’Azur et il ne s’approche même pas de loin de mes parents, qui sont confinés de leur côté, il reste dans sa maison à lui, voisine, et leur dépose les courses devant leur porte où les sacs et les emballages sont ensuite décontaminés par mon père (là aussi ils font leur zone de décontamination type Ebola). Je ne suis donc pas la seule à surjouer (nous n’étions alors que le 26 mars, il y avait 4 400 cas officiellement dans le New Jersey à la veille le 25 mars, contre 22 300 le 1er avril soit une semaine plus tard et plus de 34 000 aujourd’hui 4 avril).

Peut-être qu’en lisant ce compte rendu de ma procédure de courses plus d’une semaine après l’avoir effectuée, elle paraitra normale voire minimale. Mais à ce moment la charge virale était moindre, d’autant moindre que nous habitons dans une petite agglomération très étalée sans vrai centre-ville (voir article précédent 21 mars 2020 – mise en confinement).

Je suis montée en puissance, je suis passée à la gamme au-dessus de mon kit de sortie des semaines précédentes (jusqu’au 15 mars) qui consistait en lingettes au chlore pour les mains (j’en ai en permanence dans la voiture de toute façon) que j’utilisais dès que j’avais ouvert la voiture : avant de toucher quoi que ce soit d’autre, je me passais les mains à la lingette, puis mon téléphone avec une nouvelle lingette puis la poignée de la porte de la voiture.

Cette procédure ne me semble plus suffisante le 26 (je ne suis pas sortie entre le 15 et le 26 mars) je suis donc passée au stade d’au-dessus avec les lingettes Clorox de ménage et non plus celles pour les mains, j’ai ajouté des gants en vinyle pour tous les cas où je dois aller toucher des objets et des produits dans un magasin ou à la poste (gants que je jette dans un sac plastique — première chose — après avoir ouvert la voiture). Puis la même désinfection de mes mains, du téléphone et de la poignée de porte de ma voiture mais avec cette lingette beaucoup plus vigoureuse.

Ces courses du 26 mars sont donc des courses de produits frais et des quelques aliments que nous avons consommés lors des 10 jours passés. Les courses de produits de nettoyage, papier absorbant et papier toilette, produits de soin et d’hygiène ont été faites dans d’autres magasins il y a longtemps, fin février et les tout premiers jours de mars. La seule chose « non alimentaire » qu’il me faut maintenant c’est du Palmolive vaisselle (dont je me sers peu d’habitude, donc le quart de bouteille qui me reste me durerait des mois en temps ordinaire mais plus maintenant puisque j’ai décidé depuis quelques jours de laver tous les fruits et légumes à consommer crus et non épluchés en les savonnant au Palmolive vaisselle, puis en les rinçant soigneusement évidemment. Ce n’est pas pire que de faire sa vaisselle à la main et de boire ensuite ou de manger dans les assiettes lavées au Palmolive et rincées). La salade sera achetée en sachet sous vide ou en boîte sous vide (c’est de toute façon ce que j’achète en général ici aux États-Unis) salade déjà lavée et emballée sous atmosphère contrôlée, en général elle est aussi lavée au chlore (comme les tristement célèbres poulets, les Américains sont des grands fanas du désinfectant chloré de type industriel encore plus puissant que la bête eau de Javel trop douce et pas assez agressive en comparaison), bref pas de salade en vrac. Ceci dit il y en a peu, même les fameuses salades romaines sont la plupart du temps dans des sacs mais pas sous vide : cela leur évite déjà d’être tripotées par les clients mais cela ne me suffit plus. Bien dommage parce que ces cœurs de romaine en sacs plastique, emballés par Géant Vert ou Dole ou une autre de ces grandes corporations, se gardent des semaines — la salade sous vide ne tient péniblement qu’une semaine — tant pis on mangera plus de salade verte plus tard. On compensera avec des concombres et des tomates — lavés au Palmolive — et de temps en temps un peu de salade sous vide prélavée — celle-ci se garde moins bien que la salade en boîte non prélavée mais même chose, je ne prends pas de risque.

La procédure de courses elle-même a consisté à : une fois arrivée j’ai inspecté le parking et délibéré qu’il n’était pas très plein donc cela n’augurait pas trop de monde. En me garant j’ai vu une femme de mon âge voire plus jeune — à ce moment il était déjà 8 heures moins 10 — avec un caddie qui ne contenait que 2 packs d’eau, un gros pack de papier toilette et un gros pack de papier absorbant, c’est tout. Je n’ai pas eu la présence d’esprit de la photographier, d’autant qu’elle me jette un regard torve, de loin à travers mon pare-brise puisque je suis encore dans ma voiture — comme si j’allais me ruer dehors et lui harponner tout son caddie !

Une fois cette dame bien loin, je suis sortie de la voiture, j’ai disposé mon sac plastique bien ouvert sur mon siège pour avoir la poubelle toute prête au retour, j’ai enfilé mes gants en vinyle, attrapé une des lingettes au chlore et mis le sac avec les autres dans la poche de ma parka avec mon téléphone. J’ai fermé la voiture avec la télécommande et je suis allée vers le caddie : avant de le toucher j’ai nettoyé la barre avec ma lingette et je l’ai calée sur le siège enfant pour autre usage si besoin — il faut conserver et ne pas trop gaspiller ces lingettes qui sont des denrées rares. J’ai attrapé ma liste et mon crayon dans ma poche (le crayon sera désinfecté au chlore au retour et la liste jetée).

Il faut noter que le supermarché fournit une poubelle et des lingettes à l’entrée pour désinfecter caddie ou panier et mains mais j’ai préféré le faire avec les miennes (au cas où il n’y en aurait plus et aussi pour nettoyer le caddie avant même de le toucher).

Les courses se sont bien passées, il y avait peu de clients au maximum nous serons deux par allée (je ne m’engageais pas si je voyais quelqu’un et si quelqu’un y pénétrait alors que j’y étais nous sommes arrivées à nous croiser à plus d’un mètre). J’ai à peu près tout trouvé à part quelques articles que j’ai essentiellement pu substituer par d’autres marques que mes marques habituelles (le lait d’amande et le jus de mangue par exemple) et je n’ai pas trouvé pas de yaourt nature du tout à part des yaourts à la grecque (ceux que nous avons ici sont extrêmement  plâtreux et immangeables) tant pis il m’en reste un peu et quand ils seront finis nous nous en passerons. 

J’ai acheté aussi les deux dernières bouteilles de Palmolive vert grand format. Il n’y avait personne dans l’allée quand je les ai prises et je ne me suis pas sentie mal outre mesure puisqu’il y en avait plein d’autres de la même taille mais de la version parfumée et d’autres couleurs. Il se trouve que je préfère l’original vert et, en plus, pour nettoyer des légumes je préfère le parfum plus neutre du vert. Mais les autres clients ne seront pas en manque donc c’est sans arrière-pensée que j’ai pris ces deux dernières bouteilles — il y avait des bouteilles plus petites du vert aussi donc j’ai bonne conscience.

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Le rayon avec ce qu’il reste de Palmolive, moins les deux grosses bouteilles de Palmolive Vert que j’ai prises

Je n’ai interagi avec personne sauf une fois avec un employé pour lui demander où se trouvaient les courgettes qu’il est allé me chercher derrière : il m’a ouvert le carton et m’a dit de me servir directement dedans comme ça il ne les a pas touchées. De toute façon je les cuirai (et je pourrai toujours les savonner au Palmolive). Je lui ai parlé de loin, à plus de 2 mètres et il ne s’est jamais approché non plus. J’ai attendu qu’il soit parti pour approcher du carton et me servir.

Au rayon légumes (et dans tous autres les rayons) quand quelqu’un était en train de se servir en légumes ou en fruits que je voulais aussi, j’ai attendu au loin à plus de 2 mètres qu’il ou elle ait fini et soit parti avant d’aller me servir moi-même. 

À la caisse automatique, raison pour laquelle je voulais aller spécifiquement dans ce magasin, il m’a fallu une fois ou deux sonner pour que l’employée (masquée et gantée) vienne débloquer la caisse mais je me suis reculée et nous n’avons jamais été plus proches qu’un mètre, plutôt plus.

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Parking du supermarché presque vide à cette heure matinale

Il n’y avait pas grand monde de toute façon, bénéfice de l’heure matinale. Quelques clients étaient masqués, essentiellement des femmes de mon âge (les femmes plus âgées et les hommes ne l’étaient pas, je ne l’étais pas non plus) et qui jetaient un regard torve sur tout le monde. Ce sont ces gens-là que je crains plus que le virus en fait, on ne sait jamais si un coup de folie peut leur passer par la tête. De façon générale je crains plus les gens et leurs réactions de panique ou d’agressivité dans les moments de crise — réelle ou supposée. Cela me conforte dans ma décision d’être allée tôt, outre les risques moindres de contagion. Pour éviter les gens, autant si ce n’est plus que le virus éventuel. Je n’ai entendu personne tousser (à l’époque il y a une dizaine de jours seulement, cela me parait une éternité, cela était de bon augure, on sait aujourd’hui que ce n’est pas nécessairement un meilleur pronostic puisque les chiffres aujourd’hui suggèrent qu’un quart des gens sont asymptomatiques tout en étant positifs et déjà contagieux voire assez contagieux). 

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Mes courses : guère plus en quantité que mes courses habituelles (dans la vie d’avant je faisais à peu près cette quantité toutes les 3 semaines environ pour éviter d’y aller plus souvent)

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9 heures 7 : j’ai fini !

Il faut noter aussi qu’une fois à la maison je n’ai pas désinfecté les courses ni les sacs. Les sacs étaient des sacs neufs et touchés uniquement par moi avec mes gants, qui ont certes fait les courses mais la probabilité  d’avoir une charge virale nécessaire et suffisante pour me contaminer sur chaque paquet est quand même faible il me semble : il faudrait que quelqu’un ait toussé et craché ou postillonné sur chaque article du magasin. La plupart, si ce n’est tous, des autres clients avaient des gants, ceux qui mettent en rayon ont des gants aussi (et souvent des gants de gros travaux, je me souviens que c’est ce qu’utilisait mon fils cadet quand il travaillait au rayon re-stockage d’un supermarché il y a quelque années ainsi qu’au 7-eleven dans le temps). Les sacs plastique utilisés seront mis de côté pour servir uniquement de sacs poubelle de toute façon.

À suivre…

Procédure de courses partie 1 — les préparatifs 

 

Jeudi dernier 26 mars, après 11 jours intégralement à la maison, il m’a fallu sortir faire des courses (dernières courses alimentaires faites le 15 mars) — inutile de dire que cela ne me remplissait pas de joie du tout. Le principe de ce que vous appelez le « drive » en Europe n’existe pas ou très peu, il en est à ses balbutiements ici, comme je l’ai déjà expliqué dans un article précédent. Notamment mon supermarché qui commençait timidement à s’y mettre vient de supprimer purement et simplement ce service.

Le mercredi j’ai fait une liste soigneuse, sachant qu’il ne fallait rien oublier d’important, pas question d’y retourner de sitôt et aussi pas question de faire tous les rayons comme il m’arrivait de le faire certaines fois où je n’avais pas de liste détaillée, encore moins de trainer ni de flâner dans le supermarché.

Ce ne seront que des courses alimentaires de produits « frais » dont des légumes que j’achète d’ordinaire et depuis des années au Farmers Market de la ville voisine (pas vraiment un marché fermier, plutôt une supérette qui vend presque uniquement des fruits et légumes, du pain, de la charcuterie / fromage et quelques produits frais comme du lait et des œufs ). Ce Farmers Market est quatre fois moins cher pour les fruits et légumes, qui, pour la plupart, viennent des mêmes endroits et des mêmes producteurs. En saison (printemps et été) ils proposent également des produits cultivés localement (dans le New Jersey). Il est aussi moins cher pour le pain. Hors de question pourtant cette fois. Tout d’abord ce Farmers Market est tout petit, on ne peut pas vraiment être à plus de 2 mètres des autres clients, même pas 1 mètre la plupart du temps. Le pire ce sont les caisses — à l’ancienne sans séparation et sans tapis roulant, juste une sorte de plateforme pour poser les marchandises déjà comptées. On est en outre à 50 centimètres de la caissière et on signe son ticket de carte de crédit sur cette plateforme, exactement sous son nez. Hors de question ! En plus l’hygiène du magasin est discutable. En temps ordinaire cela ne me dérange pas. En ce moment, si. C’est vraiment dommage, outre les prix plus avantageux il y a vraiment beaucoup plus de choix et de variété. Tant pis, ce n’est pas la peine de risquer quoi que ce soit. De plus je regrouperai tous les achats dans un seul magasin en un seul déplacement, contrairement à ce que je faisais dans la vie d’avant.

Le Farmers Market

Le Farmers Market de New Providence où j’avais l’habitude d’acheter mes fruits et légumes (photo prise le 13 mars 2017)

Le supermarché de ma petite ville (celui où je vais faire mes courses alimentaires la plupart du temps, depuis 18 ans) a changé ses horaires pour accommoder une plage horaire pour les personnes dites « à risque » : on sait maintenant que tout le monde est malheureusement à risque, plus qu’on le croyait à l’origine, disons donc pour les personnes encore plus à risque que les autres, les personnes plus âgées et les personnes immunodéficitaires ou avec des pathologies chroniques. Ils ont réservé le créneau horaire de 6 heures à 7h30 le matin pour ces cas, imaginant, à raison sans doute, que de toute façon cela ne pénaliserait pas trop les autres et que cela découragerait également une affluence massive à cette heure du matin. D’autant que ce n’est pas seulement un seul jour par semaine mais tous les jours. Les horaires normaux du magasin étaient de 6 heures à 22h30 dans la vie d’avant, maintenant ils ferment à 20 h pour pouvoir re-stocker les rayons, désinfecter de façon plus approfondie et accommoder le couvre feu de 20 heures pour les habitants (malgré la mise en place du confinement obligatoire, le couvre-feu de 20 h a 5 h du matin, mis en place auparavant, est toujours de rigueur dans le New Jersey).

Mon supermarché

Mon supermarché Stop & Shop à Berkeley Heights (photo prise le 13 mars 2017)

Au supermarché

Au supermarché le jeudi 26 mars 2020 pendant la pandémie de coronavirus

Au supermarché

Au supermarché le jeudi 26 mars 2020 pendant la pandémie de coronavirus

Je décide donc d’y aller juste après 7h30 pour bénéficier aussi de l’heure trop matinale pour les grandes foules.

Ce supermarché a en outre ce qu’il faut pour m’inciter à aller là plutôt qu’ailleurs : des caisses automatiques où le client fait le travail lui-même: il scanne ses produits et les met directement dans des sacs plastique disponibles sur le peson. Oui nous avons toujours des sacs plastique gratuits et sans limitation mais cette fois j’en suis fort contente ! D’habitude j’apporte mes sacs que je mets sur le peson au lieu d’utiliser ces sacs plastique mais pas cette fois, je ne veux pas avoir à nettoyer ou m’inquiéter de mes sacs et, en ce moment, des sacs plastiques pour servir de sacs poubelle supplémentaires seront les bienvenus. Les rares fois où j’en prenais, ils me servaient systématiquement de petits sacs poubelle partout dans la maison.

Après avoir fini ma liste j’ai préparé une procédure à suivre et tout le matériel nécessaire pour la suivre — stress encore, il ne faut rien oublier et surtout faire les gestes dans le bon ordre. J’ai prévu de prendre un peu de rab  bien entendu, au cas où je ferais une erreur : ce sont les gants médicaux jetables en vinyle, les lingettes au chlore de ménage dans un sac congélation scellé, des feuilles de papier absorbant. Je prends donc 2 paires de gants pour en avoir une paire de secours, on ne sait jamais. Et 3 lingettes, dont une pour pouvoir nettoyer la poignée du caddie avant même de le toucher (avec mes mains gantées), 2 lingettes de rab donc. Un sac plastique (ancien sac de courses justement) qui restera dans la voiture pour pouvoir jeter tout de suite les gants et la lingette utilisés avant de toucher quoi que ce soit dans la voiture. J’ai pris en photo mon kit de sortie, voir article précédent.

Il fait encore bien froid (à peine au-dessus de zéro au petit matin) donc je mettrai ma parka d’hiver : le portefeuille ira dans une des poches. Pour parfaire le tout et éviter de tripoter (donc d’avoir à désinfecter) le portefeuille, je décide de sortir ma carte de crédit (2 cartes de crédit au cas où quelque chose se produit, une de rechange donc), de sortir donc ces cartes de crédit de mon portefeuille et de les mettre dans une autre poche avec ma liste, un crayon et la carte de fidélité du magasin. Dans une troisième poche (ma parka a beaucoup de poches, c’est une parka d’homme, j’écrirai un jour un article sur le sujet, seule possibilité d’avoir des poches en nombre suffisant voire des poches tout court) dans une troisième poche, mon téléphone et j’y mettrai aussi le sac Ziplock qui contient les lingettes au chlore. Une des feuilles de papier absorbant ira dans la poche arrière de mon jean (même motif même punition, acheté au rayon homme pour avoir des poches, les jeans de femme en sont dépourvus presque totalement aux États-Unis) en cas de besoin. Je ne m’en servirai pas finalement je ferai tout avec la lingette au chlore, par exemple ouvrir les portes de la voiture au retour (celles du supermarché sont automatiques). 

Les clefs de la maison dans une poche avant de mon jean, les clefs de la voiture accrochées de l’autre côté à l’un des passants. Surtout pas de sac, une chose de moins à désinfecter au retour. Pas d’écharpe non plus alors que d’habitude c’est sine qua non par temps froid — je crains le froid dans le cou — je ne veux rien avoir qui risque de tremper par terre ou de toucher quoi que ce soit. Un bonnet parce qu’il fait vraiment froid.

Je précise aussi que j’ai gardé pour cette sortie les vêtements que je comptais mettre au sale la veille (pull et pantalon) et qu’ils iront au sale directement à mon retour. La parka restera en isolation dans ma mud room (petite pièce qui sert de sas et dans laquelle on enlève anoraks et chaussures, très utile en hiver quand on a les grosses bottes de neige bien mouillées ou pleine de boue et de sel).

Pas de gel hydro-alcoolique, j’y reviendrai dans un autre article, je ne m’en suis jamais servi dans le passé, je n’y crois pas trop pour le commun des mortels, c’est un produit que l’on devrait réserver au personnel médical, paramédical, aux hôpitaux, à la médecine de ville et aux pharmaciens, c’est un autre sujet je ferai un autre article. J’ai de toute façon en permanence dans la voiture des boîtes de lingettes au chlore pour les mains, le même désinfectant chloré ou un produit voisin, mais dans une formulation faite plus spécialement pour les mains, que les lingettes de ménage que l’on n’est pas supposé utiliser pour les mains (d’autant que les lingettes américaines de ménage Clorox ou Lysol, c’est du lourd, c’est quasiment du désinfectant de puissance industrielle). Pas supposé mais on le fait quand même, là en l’occurrence je l’ai fait, je ne me suis pas embêtée à ouvrir ma boîte de lingettes pour mains que j’avais utilisées ces derniers temps (depuis fin février), à chaque fois que je faisais des courses ou que j’étais en route, en attendant de pouvoir me laver les mains au savon et à l’eau.

Avant de partir ce matin du 26 mars, j’ai révisé une dernière fois ma liste, ma procédure et mes fournitures. Je sais que j’ouvrirai les portes de la mud room et la porte de la maison avec une des lingettes au retour, mais je veux pouvoir, une fois la voiture vidée (les sacs seront mis par terre dans l’entrée ou dans la cuisine) descendre directement au sous-sol et balancer tous mes vêtements dans la machine : donc j’ai aussi laissé les portes intermédiaires à l’intérieur de la maison ouvertes et les lampes allumées partout (vive l’écologie en ce moment !)

À suivre…

26 Mars 2020 au matin : la gelée blanche sur les voitures :

Les fournitures nécessaires :

Je pars enfin :

Dans la voiture :

Arrivée au supermarché :