Archives mensuelles : juin 2021

Scorching heat (chaleur torride)

Une vague de chaleur ces derniers jours après une semaine dernière de températures clémentes et fraiches la nuit (10 degrés Celsius ! la petite laine était de rigueur sur le lit, il fallait fermer les fenêtres laissées grandes ouvertes lors de journées à 20 ou 22 degrés certaines fois un petit 19 ! ). Ces jours-ci ce n’est plus le cas, j’ai rallumé l’air conditionné en urgence vendredi soir sachant que la nuit serait chaude (effectivement la température n’est pas descendue en dessous de 20 degrés).

Cette nuit aussi il a fait chaud suite à un dimanche puis un lundi à plus de 30 dans la journée avec une humidité relativement haute entre 70 et 80 %). D’après mon thermomètre les températures ne sont pas descendues en dessous de 23 degrés pendant la nuit.

Aujourd’hui dans la journée la température est montée jusqu’à 39 dans ma voiture pourtant garée à l’ombre — il est vrai que j’étais allée faire une course rapide et que c’était sur de l’asphalte dans un parking sans beaucoup d’arbres, une ombre de béton, au contraire de chez moi où la voiture est à l’ombre végétale des arbres de l’arrière jardin pendant l’après-midi — il y faisait malgré tout 36 degrés !

Ce n’est rien en comparaison du Nord Ouest du pays, dans l’Oregon et le Washington State où ils ont eu jusqu’à 45 degrés C. Même la Colombie-Britannique voisine, au Canada, a enregistré sa température record de tous les temps de tout le Canada — plus de 46 degrés !

Donc ne nous plaignons pas surtout que nous avons l’air conditionné, ce qui n’est pas le cas dans ces états du Nord Ouest : ils n’en ont jamais vraiment eu besoin quand les températures en été jusqu’à présent ne dépassaient jamais 26 ou 27 degrés au plus chaud dans les journées d’été grâce à l’air venant de l’Océan Pacifique. Beaucoup plus au Sud, à San Francisco, j’ai des souvenirs de début août où nous avions enfilé tous les habits que nous possédions dans nos sacs de voyage pour avoir assez chaud — un petit 12 degrés dans la journée malgré le soleil.

Ce n’est pas encore le plus chaud de notre vague de chaleur, le pire est à venir demain avec encore un ou 2 degrés de plus qu’aujourd’hui qui sont annoncés. 

Nous (l’humanité) n’avons toujours rien compris : ni l’avertissement donné par la pandémie ni ceux donnés par le dérèglement climatique — neige très au sud, au Texas pendant qu’il pleuvait dans la région new-yorkaise  en mars, températures torrides dans des régions habituellement tempérées, catastrophes climatiques à répétition, ouragans et autres tornades en Europe Centrale (la semaine dernière en République Tchèque qui n’en avait connu autant, phénomène appelé « rare » dans cette région, mais qui sait si ça ne deviendra pas leur pain quotidien là-bas aussi ? ) sécheresse et feux de forêt en continu en Californie après l’Australie — tous les ans systématiquement maintenant alors qu’avant c’étaient aussi des phénomènes rares ou plus espacés dans le temps.

Nous n’avons toujours rien compris et le capitalisme sauvage (sauvage est un mot encore trop faible, bien trop faible) a repris ses droits avec le recul relatif de la pandémie dans les pays qui commencent à avoir un taux de vaccination qui en enraye la progression. Et quand je dis sauvage c’est plutôt à des pics inédits de brutalité : par exemple les loyers mensuels des rares appartements qui restent à louer à New York City augmentent de 1000 dollars toutes les 2 semaines sur les sites de location… et le prix n’est fixé que pour un an, les contrats de location sont annuels à New York City et surtout pas régulés par le gouvernement « on ne veut pas de communisme ici , hors de question ! » (je cite, sarcasme de ma part bien entendu, mais la citation est réelle). Alors qu’il n’y a pas si longtemps, pendant les mois où la pandémie était à son comble, on vous aurait payé pour vous faire venir habiter dans New York City. Sans compter le prix de l’essence qui augmente tous les jours (et aux USA c’est un signe que quelque chose ne va pas puisque c’était presque un « droit constitutionnel » pour les Américains que d’avoir de l’essence pas chère, pour le meilleur comme pour le pire). L’essence est revenue à des niveaux identiques à ceux qui ont suivi la crise de 2008, à presque 4 dollars le gallon (on s’y dirige on s’en rapproche à grands pas, ce n’est plus qu’une question de semaines) alors qu’il y a un an le pétrole avait un prix négatif et on vous payait presque pour acheter de l’essence. En tout état de cause elle était à moins de 2 dollars pour le consommateur lambda, lire ici : https://michusa.wordpress.com/2020/07/12/le-prix-de-lessence/

Donc le capitalisme brutal et sauvage est de retour, les banques et les financiers se frottent les mains et continuent de ruiner et appauvrir la classe moyenne pendant que les riches deviennent de plus en plus riches, indécemment riches en dépit de la crise sanitaire et même grâce à la crise. On achève de détruire la classe moyenne (destruction commencée dans les années 80, merci au tandem maudit de Reagan et Thatcher) elle est quasiment détruite et elle s’enfonce avec tout le reste de l’humanité dans la pauvreté — les pauvres deviennent de plus en plus pauvres et de plus en plus nombreux.

À quoi a servi la Révolution en son temps ? À rien sinon à être confisquée par une classe bourgeoise ultra capitaliste avant l’heure — les nobles de l’époque n’étaient pas aussi riches que les riches d’aujourd’hui, ni même que les grands bourgeois d’alors — tout ça pour ça : pour s’incliner devant le roi dollar. 

À quoi a servi la crise sanitaire qui est toujours en cours ? Les capitalistes sauvages dansent sur son cadavre encore chaud, son feu pas encore éteint.

Il ne faut pas être grand clerc, ni avoir fait l’ENA ni Science Po (surtout pas, au secours) pour comprendre que la crise sanitaire et la crise climatique sont entremêlées, résultent des mêmes causes. Même sans tenir compte de la crise sanitaire, cela fait 10 ou 20 ans que les événements climatiques s’accélèrent et empirent, touchant des régions dites tempérées parce que justement elles n’avaient jamais été touchées auparavant ou si rarement, au pire une fois par siècle.  Les deux causées par le capitalisme sauvage : si nous avons eu le virus et tous ces désastres climatiques de ces dernières décennies, jusqu’à cet immeuble de Floride qui s’est effondré la semaine dernière, un parmi d’autres à venir cela semble évident malheureusement, c’est grâce à cet appât du gain, cette avidité ce capitalisme brutal et sauvage reparti comme en quarante — encore plus sauvagement et brutalement pour rattraper la semi (pseudo, très pseudo) trêve des pics pandémiques, pendant ce temps dans l’ombre et sous le tapis les affaires continuaient de plus belle bien entendu). Ah ça ira ça ira ça ira !

Où est passée ma guillotine ?

Mon second cerveau

Mon fils cadet à 2 ans et demi, le petit geek, à Chatou en 2001
Mon fils cadet à 2 ans et demi, le petit geek à Chatou en 2001

« Ton ordinateur, c’est ton second cerveau », me disait une connaissance au début des années 2000. C’était en 2003 et je ne quittais guère ce petit ordinateur portable appelé Titanium que j’avais acheté en juillet 2002 —mon premier ordinateur potable.

J’ai commencé avec les ordinateurs, « micro-ordinateurs » comme on les appelait alors au début des années 80, en fac de chimie à Nice — j’avais pris l’option « informatique », l’informatique dans le cadre de la chimie bien entendu, avec des ordinateurs que l’on branchait sur une télé (ils n’avaient pas d’écrans dédiés à l’époque) et que l’on reliait à un magnétophone à cassettes en guise de disque dur — c’était avant l’apparition de la disquette souple. Peu de temps après un de ces ordinateurs a fait son apparition chez moi, un Apple pour être en phase avec l’université de chimie qui travaillait avec des machines Apple et pouvoir bénéficier de leurs imprimantes (les imprimantes étaient des machines hors de prix en ce temps-là) : c’était un ordinateur Apple II qui avait un écran à lui et un lecteur de disquettes souple, le comble du modernisme, bientôt amélioré avec un second lecteur de disquettes pour plus de capacité.

Ensuite nous avons toujours eu un ordinateur à la maison, puis 2 à la fin des années 90 pour partager avec les 3 enfants. Internet est venu en 1996 aussi, à peu près au même moment où le second ordinateur est entré dans la maison.

Mon premier ordinateur portable, appelé Titanium

En juillet 2002 j’ai acheté mon premier ordinateur portable — premier portable et premier ordinateur personnel que je ne partageais avec personne. C’était au moment du grand départ (juste avant le grand départ, pendant le voyage de reconnaissance pour trouver notre maison, début juillet 2002) et cet achat s’est révélé crucial pour gérer ce grand départ, le déménagement, le transfert et tous les problèmes administratifs et pratiques à régler, notamment pendant que toutes nos affaires et nos ordinateurs, de bureau donc, étaient dans les cartons, en transit dans les camions et dans le bateau — pendant un bon mois et demi. À l’époque il n’y avait pas de téléphone de type smartphone (qui sont en réalité de véritables petits ordinateurs de poche, pour le meilleur et pour le pire c’est un autre sujet), à peine des téléphones mobiles qui permettaient seulement d’envoyer et de recevoir des textos (SMS) et ce uniquement dans le même pays, pas plus. Et qui servaient essentiellement à téléphoner comme leur nom l’indique et comme ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Plus tard j’ai évidemment changé cet ordinateur pour un modèle plus récent (entretemps j’avais changé disque dur et batterie qui étaient tous 2 tombés en rade — heureusement que j’ai toujours été maniaque des sauvegardes, au moins de mes données, depuis le jour 1 : sur disquettes au début puis sur de gros disques amovibles Zip puis enfin sur des disques durs ainsi qu’en gravant des CD et DVD et pour finir, aujourd’hui, toujours sur des disques durs ainsi qu’une sauvegarde en ligne et l’usage du « cloud «  (qui n’est pas une sauvegarde du tout). L’ancien « portable » est allé aux enfants qui l’ont fini. Nous avons fini par laisser tomber les ordinateurs de bureau une fois qu’ils ont été tous hors d’état et avons fonctionné avec des portables, neufs pour les adultes , les enfants héritant de celui que nous changions, à force ils ont fini par avoir chacun le leur. Quand mon fils aîné a quitté la maison en 2011, il avait le sien, acheté neuf en 2010 pour ses 18 ans.

Maintenant seul mon cadet a un énorme ordinateur de bureau Mac, nécessaire pour ses études de production musicale ce qui demande des logiciels puissants et de la puissance informatique, puissance fournie seulement par un ordinateur de bureau (ou alors pour avoir la même chose en portable il faudrait mettre un prix exorbitant), acheté reconditionné chez Apple, un modèle sorti 6 mois plus tôt mais à bien meilleur prix qu’un neuf. Il gardait son portable (aussi acheté reconditionné quelques années plus tôt, quand un des mes vieux portables qu’il finissait s’est ouvert en deux, l’écran se séparant du reste — irréparable). Ce portable acheté en 2013 est mort de sa belle mort l’an dernier durant  l’été 2020 mais il ne s’en servait pour rien de crucial, il le finissait en quelque sorte en regardant Netflix et YouTube le soir dans son lit. Chose qu’il peut faire de toute façon sur son smartphone ou via sa console de jeux sur sa télé. Mon fils cadet est un « geek » dans le sens « techie » passionné d’activités informatiques en tous genres, pas dans le sens péjoratif du terme geek, raison pour laquelle il n’aime pas que je l’utilise. À ce compte-là moi aussi je suis une geek, alors disons techie. Je lui ai néanmoins réinstallé tout son historique sur un ancien portable de 2011, un peu lent mais toujours vivant, qui était mon portable de l’époque et qui est passé ensuite à ma fille qui a fait toute son université avec (elle rallait souvent parce qu’il était vraiment devenu lent mais il a tenu le coup surtout après que la carte vidéo ait grillé et que nous l’ayons porté pour réparation hors garantie chez Apple qui l’a remis intégralement à neuf gratuitement pour une raison (sans doute des procès en malfaçon en cours ? ), une raison que j’ignore : en gros quelque part en 2015 tout, absolument tout sauf le disque dur (qui avait lâché quelques années auparavant et avait été changé de toute façon, cette fois sous garantie officielle) donc tout avait été changé, depuis la carte-mère jusqu’au clavier à la coque à l’écran et la carte vidéos et les ports).

Donc quand mercredi, la semaine dernière, mon ordinateur en cours a donné soudainement des signes de faiblesse, je ne me suis pas alarmée outre mesure, je savais que j’allais devoir le changer dans les mois qui venaient puisque je l’avais acheté en 2014 et qu’il commençait à être très lent et à surchauffer souvent. Certaines pièces ne marchaient plus depuis un certain temps, comme la batterie qui avait dépassé son nombre de charges maximum depuis 2 ou 3 ans (mais Apple a changé ses façons de faire ces dernières années et ils « ne pouvaient plus » me remplacer cette batterie, même moyennant finances, il faillait racheter un ordinateur ! J’avais décliné bien entendu et je vivais avec mon chargeur à portée de main et en le laissant branché la plupart du temps). En vieillissant il ralentissait aussi beaucoup. Pour le courant (Internet et e-mail ) cela allait encore mais cela me prenait de plus en plus de temps pour traiter les photos et les vidéos (gros consommateurs de puissance, j’avais à l’époque de l’achat pris les options de mémoire et de processeur maximales pour justement traiter photos et vidéo et garantir une utilisation plus longue dans le temps, future proof, comme on dit ici). Depuis un an ou 2 ça commençait à faire beaucoup pour cet ordinateur de 2014, modèle 2013 qui plus est. Je voulais tenir le coup encore quelques mois puisque les nouveaux modèles qui me permettraient de « future proof «  ne sont pas attendus avant l’automne au mieux, sans doute novembre. Le son non plus ne marchait plus mais je le branchais sur des haut-parleurs extérieurs que j’avais et qui traînaient sans être utilisés, qui ont retrouvé une utilité et dont j’ai redécouvert accessoirement la qualité. Le lecteur de cartes photo marchait aléatoirement mais il m’a été facile de trouver un petit lecteur de carte pour une somme raisonnable. Donc je continuais sans trop de problèmes à part la lenteur.

derrières sauvegardes sur l’ordinateur mourant

Mercredi il a commencé à donner des signes de sa fin proche : je faisais quelque chose et il s’éteignait brutalement sans signe précurseur tout en étant branché et sans surchauffer. La première fois je l’ai rallumé. J’étais en train d’éditer une vidéo, chose extrêmement gourmande en puissance (cela fait longtemps que j’ai renoncé à seulement filmer en 4K puisqu’à l’époque où j’ai commencé à faire de la vidéo, en 2017, mon ordinateur n’avait pas apprécié ) je l’ai rallumé et ai fait autre chose sans trop y prêter attention. Puis j’ai décidé d’éditer des photos (un peu moins gourmandes en puissance). Je suis descendue me faire un thé et une fois remontée à mon bureau j’ai trouvé l’ordinateur éteint à nouveau. Il s’est encore éteint brutalement 2 autres fois dans l’après-midi, alors que je ne faisais ni photos ni vidéo, seulement du mail ou regarder YouTube. J’ai compris que la pauvre petite chose était en train de lâcher définitivement. J’ai tout arrêté, fait quelques dernières sauvegardes sur disques durs, vérifié ma sauvegarde en ligne, que mes fichiers dans le cloud étaient bien à jour et je me suis mise en quête d’en acheter un nouveau. Après tout cela fait 7 ans que j’utilisais celui-ci, j’allais dire jour et nuit ou presque, avec traitement vidéo et photo sur des logiciels gourmands en puissance. En plus de cet usage audiovisuel, je fais tout, absolument tout, sur mon ordinateur — je ne suis pas une personne qui utilise beaucoup le smartphone ni la tablette. Toute la gestion de la vie courante, les factures, les rendez-vous, les recherches YouTube pour les réparations et bricolages dans et autour de la maison, les achats d’outils et autres, sans compter absolument tous mes travaux personnels en plus des photos et vidéos (que je vends un petit peu, je commence tout juste à en vendre un peu plus régulièrement) : plus important encore, mes écrits (tous mes manuscrits, tous mes poèmes et tous mes haïku) et toute la documentation qui va avec, sont stockés sur mon ordinateur, ma base e-mail qui contient localement tous mes mails depuis 1996 et qui me sert de référence pour mes écrits. Finalement outre mes manuscrits en cours ou finis et mes brouillons, tous mes souvenirs sont numérisés d’une façon ou d’une autre (mails, photos, vidéos, documents, scans) ainsi que ma bibliothèque ma discothèque et ma vidéothèque, ma collection de vin (même si elle est toute petite et ne comprend qu’une 50taine de bouteilles) : toutes sont conservées et gérées par l’ordinateur.

juste avant l’arrivée virtuelle des élèves de tai-chi, prête pour donner le cours

Jusqu’à mes cours de tai-chi : toute la communication avec mon employeur et avec ma chef (que je voyais régulièrement « en vrai » lorsque j’allais donner mes cours physiquement au centre de sport : avant la pandémie si nous avions quelque chose à nous dire ou à régler, cela se faisait dans le couloir ou dans son bureau). Depuis la pandémie tout se fait par e-mail et par texto (les heures travaillées, le nombre d’élèves présents, etc.) Jusqu’aux cours eux-mêmes que je donne sur Zoom. Ceci dit j’ai refusé d’impliquer mon ordinateur qui justement était trop vieux et que je voulais réserver à la photo et vidéo qui puisent suffisamment de ressources pour ne pas y ajouter de l’émission vidéo (émission dans le sens télévision du terme car c’est de cela qu’il s’agit avec les cours sur Zoom). J’ai fait un montage technique avec mon téléphone et ma tablette (très vieille elle aussi et le téléphone n’est pas des plus récents non plus) alors que mes enfants m’assuraient que ce n’était pas possible de faire des cours Zoom avec plusieurs participants en utilisant un téléphone à cause de la taille de l’écran. Mais souvenez-vous je suis une geek aussi donc j’ai trouvé une solution [voir photo] avec ma tablette et un vieux téléviseur qui traînait dans le basement (au sous-sol) et j’ai monté un petit studio télé dans mon sous-sol avec également une tenture murale qui appartenait à ma fille pour cacher mes étagères ainsi q’une lampe Ikea comme éclairage de studio. Donc l’ordinateur n’a jamais été concerné ni fatigué et abimé par les conférences Zoom.

montage du « studio télé » pour les cours de tai-chi via Zoom (juin 2020)
montage du « studio télé » pour les cours de tai-chi via Zoom (juin 2020)
montage du « studio télé » pour les cours de tai-chi via Zoom (juin 2020)

Mon second cerveau donc.

En attendant l’arrivée du nouveau acheté en ligne, arrivée prévue tout d’abord pour le lendemain puis repoussée au lundi — un long, très long week-end puisque je me servais à peine de l’ordinateur mourant, qui s’arrêtait même lorsque je faisais des tâches qui ne demandaient que peu de puissance —  comme je voulais le garder vivant quand même, j’ai arrêté de l’utiliser et ne faisais plus que des sauvegardes. Et j’ai utilisé mon téléphone pour les urgences.

Très long week-end quand toute son activité se produit sur cette petite machine — mon second cerveau. Heureusement je pouvais regarder des films et des vidéos sur Netflix et YouTube sur ma télé connectée à Internet (je n’ai pas la télé en tant que telle : pas de réseau télévisuel classique), chose que je fais rarement parce que j’ai trop d’autres activités,  l’écriture, la photo et la vidéo — qui malheureusement requièrent un ordinateur, impérativement pour la photo et la vidéo.

Malheureusement cela s’est très mal passé avec le nouvel ordinateur (une première pour moi avec un appareil Apple, fabricant qui a toujours été cher mais fiable) et le lundi soir j’étais encore loin d’être fonctionnelle, « up and running » comme on dit ici. Il m’a fallu attendre le jeudi soir suivant et l’achat d’un autre ordinateur, portable cette fois après la parenthèse ordinateur de bureau rendu à Apple le jeudi. Donc une longue semaine sans ordinateur. Et encore j’ai « triché » pour parer au plus pressé, comme acheter l’ordinateur la première fois, puis étudier la gamme des portables pour le second achat : j ai utilisé le vieil ordinateur de 2011 qui m’a bien sauvée pour les urgences aussi, comme payer les factures — mais sans possibilité de continuer mes travaux personnels. Heureusement que mes cours de tai-chi ne nécessitaient pas d’ordinateur.

Donc une semaine sans ordinateur ou presque, du moins sans mes données, sans mon environnement (et encore je ne suis pas à plaindre puisque j’avais accès à une partie de mes données comme les e-mails de mes boites de réception et d’envoi sur le téléphone ainsi que l’accès à Internet via le téléphone et le vieil ordinateur). Longue semaine où je n’ai presque rien avancé, presque rien fait de ce que je fais habituellement.

C’est la dépendance qui m’a fait peur, pas la dépendance au sens obsession maladive mais la dépendance matérielle parce que sans ordinateur je ne peux presque rien faire, ni la gestion de la vie courante (sauf en mode très dégradé) ni aucune de mes activités : les photos il faut un ordinateur pour les traiter puisqu’elles sont numériques, les vidéos encore plus. Écrire je peux encore le faire sur un cahier mais pour publier sur mes blogs il faut bien l’ordinateur. Le téléphone est un pis-aller, l’écran est trop petit et il n’y a pas toutes les possibilités d’un ordinateur. Et le téléphone ce n’est vraiment pas mon truc. Ainsi que toute ma mémoire qui est dans cet ordinateur, c’est de cela que j’avais peur : de tout perdre de cette archive qui résume ma vie durant ces 20 dernières années même si je commence à faire des films résumés et des albums photo en papier (les photo books). Le temps que j’écrive tous les livres que je veux écrire, la mémoire reste dans cette machine — j’avais l’impression d’être avec le Hall 9000 de L’odyssée de l’espace, quand l’ordinateur Hal 9000 est déconnecté et retombe en enfance en oubliant tout.

Ma fille m’a dit, « ça te fait des vacances ». Certes. Sur le fond elle a raison mais même la gestion de l’essentiel, les factures, la banque etc, était en mode dégradé : j’ai paré au plus pressé mais je n’avais pas mes documents, mes copies et mes factures — je n’imprime plus depuis un moment sauf ponctuellement, mais je sauvegarde en documents électroniques PDF dans mon ordinateur. Tout ceci était inaccessible. Où est passé le temps béni où l’on avait seulement 3 ou 4 factures à gérer, l’électricité le gaz l’eau et le téléphone ? Maintenant on en a plus, beaucoup plus, ainsi que des abonnements à tout un tas de choses et je ne parle pas que de Netflix : certains sont des abonnements pour le fonctionnement de la maison (encore que j’ai limité au maximum et j’en ai supprimé au fur et à mesure comme l’abonnement termites, oui un abonnement termites ! une belle arnaque c’est une autre histoire, enfin ce genre de choses).

Sans parler encore de mes travaux personnels d’écriture, de photo et vidéos, ce blog. Rien n’était perdu mais rien n’était accessible, du moins pas facilement et de toute façon pour tout ça il faut un ordinateur (pas nécessairement un Mac mais un ordinateur en tout cas).

C’est cette dépendance qui m’a fait peur, qui me fait peur, surtout pour mes « souvenirs ». Mon ordinateur est mon second cerveau, mon assistant pour me rappeler les choses à faire, mon agenda, mon cerveau de secours ou la sauvegarde de mon cerveau pour tous les souvenirs, moments de ma vie que j’ai soit tendance à oublier soit à déformer ou à me rappeler partiellement. Je suis une énorme utilisatrice des e-mails, qui racontent ma vie entière du moins de ces 20 dernières années avec l’expatriation. Au début de notre expatriation il n’y avait pas Skype ni smartphones pour garder le contact ou donner des nouvelles. Les appels téléphoniques classiques internationaux coûtaient très cher (c’est toujours le cas mais maintenant on a d’autres moyens par Internet et avec le visuel en plus). Donc ma base mail contient tous ces souvenirs, les anecdotes et aventures que je racontais à mes parents, mes amis — nos premiers pas dans notre nouveau pays — et sont destinés à alimenter un livre en cours de rédaction. Une partie a été exportée de la base mail et sauvegardée en fichiers textes mais ce sont toujours des fichiers…

Sans compter que je me suis mise sérieusement à écrire quand j’ai eu mon premier ordinateur portable à moi, où mes écrits étaient à l’abri de tous regards ou de toutes erreurs, de mes enfants par exemple. Et je l’avais tout le temps avec moi pendant les allers-retours entre les pays, pendant les voyages, les séjours loin de la maison, les périodes de transitions sans maison et dans les hôtels.

Être sans Internet c’est une chose handicapante — nous avons passé plusieurs mois voire années à résoudre les mauvais fonctionnements de notre fournisseur précédent en fonctionnant en mode dégradé ou sans pouvoir fonctionner certaines fois.

Être sans électricité encore plus — j’ai expérimenté plusieurs fois depuis que nous sommes aux États-Unis, dont la pire des fois pendant 13 jours et demi — c’est long très long, cela semble durer 13 mois. 

Mais sans ordinateur pendant une longue semaine (ce que j’ai rarement expérimenté, les quelques fois où il a fallu le faire réparer cela ne durait que 3 ou 4 jours maximum), surtout sans savoir si j’allais avoir accès à mes données à nouveau, ce qui m’a fait très peur, c’est encore la situation la plus handicapante de toutes — pour moi.

Alors oui, cette dépendance que j’ai touchée du doigt pendant cette semaine passée, me fait peur. Je la connaissais seulement en théorie, sans jamais l’avoir vraiment expérimentée puisque j’ai toujours eu un ordinateur avec moi depuis presque 20 ans. Effrayant mais je n’ai pas a priori d’idée ni de solution autres, mon ordinateur est mon second cerveau.

le nouveau portable en train de transférer jeudi après midi
transfert réussi !

Un jour à New York City (21 avril 2017)

Séquence nostalgie, un jour à New York City lors de la visite d’un de mes amis français en voyage professionnel pour la semaine, je l’avais rejoint pour passer la journée avec lui dans la City (comme on dit ici).

Je ne sais plus depuis combien de temps je ne suis plus allée à New York City — j’habite à une trentaine de kilomètres du centre de Manhattan. Avant la pandémie cela faisait un moment que je n’y étais plus allée parce que j’avais d’autres occupations. Et que je pouvais de toute façon y aller quand je voulais. Sauf que… la pandémie est arrivée.

En fait en janvier 2020, quand je suis rentrée après mon séjour France, j’avais fait ce projet pour le printemps 2020, d’accompagner une ou 2 fois par semaine ma fille qui travaillait tous les jours à New York City et d’en profiter pour y passer la journée à prendre des photos quartier par quartier pour renouveler ma collection de photos un peu vieillissantes pour certains quartiers, quand on sait que New York City se renouvelle à une vitesse ahurissante. Si on laisse passer 2 ou 3 ans sans aller dans un quartier, on ne le reconnait absolument pas quand on y retourne. En 18 ans j’ai pu observer ce phénomène de renouvellement à très grande vitesse de près. Il y a des quartiers que je connaissais bien qui sont méconnaissables —presque une nouvelle ville. 

Puis ça a été février et on commençait à ne plus avoir la tête aux projets de visites de NYC, de tourisme ni aux photos et mars, avec le coup de frein total — brutal. Le printemps où je pensais photographier New York City s’est passé intégralement à la maison, c’était le grand confinement.

Depuis je n’y suis plus retournée — la ville a changé dramatiquement pendant la pandémie pour le pire alors que c’était devenu à partir de la fin des années 90 une ville très sûre, on pouvait s’y promener dehors au milieu la nuit sans aucun risque, même prendre le métro — je l’ai fait. Depuis la pandémie la criminalité a beaucoup augmenté, il ne vaut mieux pas prendre le métro, ni même le train pour aller à Manhattan, la gare d’arrivée est devenue un coupe-gorge. Cela sera sans doute temporaire puisque les habitants retournent petit à petit vivre dans la City et reprennent le terrain resté vacant et donc à la merci des délinquants et gangs de toutes sortes.

Alors pour la nostalgie ce petit montage vidéo — un de mes premiers, il faut en excuser la qualité.

Et pour la bonne bouche cette chanson de Norah Jones — une des ses premières — chanson que j’apprécie particulièrement : https://youtu.be/xOCQEJ1ZNrw

Première sortie au restaurant

Première sortie au restaurant
Première sortie au restaurant

Il y a une dizaine de jours j’ai fait ma première sortie au restaurant depuis le début de la pandémie. Je n’étais plus allée au restaurant depuis un an et demi, la dernière fois c’était début janvier 2020 quand nous avions fait une visite de Fréjus avec mes parents lors de mon dernier séjour en France (dernier avant longtemps mais nous ne le savions pas). Ensuite le retour dans le New Jersey et la reprise de la vie quotidienne et peu après la pandémie était arrivée et rideau.

En fait j’ai demandé à mes enfants de m’y trainer, ayant besoin d’une bonne tape dans le dos pour retourner vers une vie plus normale maintenant que nous sommes vaccinés, qu’une grande partie des adultes sont vaccinés dans le New Jersey et les états voisins et que l’épidémie recule dans notre coin. Les restrictions sont petit à petit levées, dont certaines en cours de façon continue depuis un an — nous n’avons pas fait de « stop-and-go » mais un grand confinement jusqu’à la mi-juin 2020 et une levée à petits pas, tous petits pas, à partir de début juillet 2020. Certaines activités en intérieur n’ont commencé à être autorisées et possibles qu’en mars 2021 (par exemple de début juillet 2020 à mars 2021, pour les restaurants seuls la vente à emporter, la livraison et manger dehors étaient autorisés, avant ça de mi-mars 2020 à fin juin 2020, pendant le grand confinement, seules la livraison et la vente à emporter étaient autorisées  : sur la photo le panneau du restaurant mentionne toujours ces anciennes restrictions qui n’ont été levées qu’en mars 2021 ! ) Activités en intérieur avec une jauge évidemment, qui a commencé à 25% et est montée au fur et à mesure que la pandémie a reculé avec la vaccination. D’autres activités en intérieur comme les salles de cinéma et les théâtres n’ont pas encore rouvert depuis un an et quelques, la réouverture est en cours ces jours-ci. Les dernières restrictions sont levées depuis début juin et nous venons à peine de sortir de l’état d’urgence, notre gouverneur vient de laisser tomber ses pleins pouvoirs et ne gouvernera donc plus par ordonnance — ce qui était le cas depuis mars 2020.

Donc nous revenons progressivement à la vie — plus sociale, moins confinée. Mais après plus d’un an à faire très attention et ne pas sortir c’est difficile, un peu effrayant. Mes enfants eux sont sortis quelques fois, sont allés au restaurant en extérieur avant d’être vaccinés — avec les personnes de leur « bulle de confinement » à partir de juillet 2020 (la bulle de confinement ce sont les 2 ou 3 amis proches qui ont obéi au confinement strict du début eux aussi et qui appliquaient les gestes barrières masques et autres mesures de sécurité et se faisaient tester quand les tests ont été plus disponibles). 

Pour une première sorte « en public » j’ai voulu manger en extérieur. Nous étions dehors sous abri avec 2 murs seulement et un toit (la norme Covid en extérieur depuis juillet 2020). Malheureusement le beer garden était complet pour l’heure où nous avions réservé — c’était le premier week-end où toutes les restrictions ou presque étaient levées. Nous avions prévu d’y aller le vendredi soir mais malheureusement il a fait un temps exécrable avec des trombes de pluie et un orage extrêmement violent, qui empêchait tout repas à l’extérieur. Donc partie remise au dimanche soir qui coïncidait au premier week-end de levée presque totale des restrictions.

Nous sommes allés dans un de nos petits restaurants locaux habituels, dans la petite ville voisine, ce n’est pas non plus le restaurant branché qui attire un monde fou, c’est aussi une petite ville tranquille, pas une mégapole. Ce qu’il me fallait pour une reprise. Nous avions réservé bien entendu. 

Sur la terrasse couverte où nous étions, seulement  2 autres tables étaient occupées par 2 ou 3 personnes chacune et très éloignées de la nôtre.

Mes enfants m’avaient prévenue : « tu ne t’affoleras pas mais les serveurs n’auront certainement pas de masque » (en théorie ils doivent être vaccinés car leur employeur peut l’exiger et c’est le cas la plupart du temps pour les serveurs et employés de restaurant à ce que m’ont dit mes enfants), puisque les restrictions de masque sont levées, pour les gens vaccinés uniquement. 

Je suis allée depuis le parking jusqu’à l’accueil (en extérieur) puis à notre table avec le masque. L’hôtesse d’accueil n’était pas masquée et ma fille non plus pour ce trajet. Mon fils et moi avons enlevé le masque en arrivant à la table. Nos serveurs n’étaient pas masqués non plus. 

J’ai malgré tout remis mon masque pour retourner à la voiture (trajet tout en extérieur) — une habitude, même si les quelques personnes entrevues sur le parking ne portaient pas le masque.

Il va falloir se réhabituer et même si les restrictions officielles sont tombées, il y a encore des endroits qui rendent le masque obligatoire, des magasins des endroits publics — c’est un temps de transition, le temps que tout le monde redevienne confortable sans porter le masque. Cela ne concerne que les personnes vaccinées bien entendu.

Je tiens à signaler que j’ai constaté que dès qu’on tombe le masque on est moins vigilant pour le reste aussi — on a moins tendance à respecter les autres gestes barrières, à ne pas se toucher le visage, à se désinfecter les mains dès qu’on touche un objet étranger — en l’occurrence le stylo du restaurant. Avec le masque sur le visage je n’aurais pas manqué de me passer les mains au gel désinfectant voire à la lingette au chlore juste après avoir touché ce stylo « public » ou j’aurais pris le mien. Sans le masque je n’y ai plus pensé. Ceci dit c’était pour payer, donc à la fin et nous sommes partis tout de suite après. Je me suis toute de même désinfecté les mains au gel hydroalcoolique en arrivant à la voiture –  mais c’était parce qu’à ce moment-là j’avais de nouveau le masque.

Première sortie au restaurant
Première sortie au restaurant
Première sortie au restaurant
Première sortie au restaurant
Première sortie au restaurant
le menu est virtuel : il faut scanner et regarder sur son téléphone
Première sortie au restaurant
Première sortie au restaurant
Première sortie au restaurant
Repas fini nous repartons (à droite le panneau des anciennes restrictions)
Le beer garden s’est vidé mais quand nous sommes arrivés il était complet
Première sortie au restaurant

Les rappels sur les voitures

Lettre Honda rappel fuel pump fin mai 2021

Je me suis juré de ne plus avoir affaire aux concessionnaires pour la maintenance des voitures mais de faire travailler mon petit garagiste (on a le droit, j’ai vérifié sur les contrats de leasing des constructeurs des 2 voitures, on a même le droit de faire la maintenance soi-même, ce que je fais en partie : pour les vérifications des niveaux et ajustements éventuels, les pressions des pneus, les changements des essuie-glace, ce genre de choses simples, à une époque je changeais aussi moi-même la batterie (maintenant ça ne vaut plus le coup avec le prix exorbitant de la batterie elle-même par rapport à la main d’oeuvre). J’avais écrit ici tout mon « amour » pour les concessionnaires : https://michusa.wordpress.com/2019/10/08/je-prefere-aller-me-faire-arracher-les-dents-que/

Cependant une chose pour laquelle on ne peut pas faire autrement que d’aller chez les concessionnaires officiels, c’est quand il y a des rappels, qui sont relativement fréquents, je devrais dire devenus de plus en plus fréquents. Je sais qu’en partie c’est un truc d’avocats (les hommes à abattre, où est passée ma guillotine ? ) que souvent les rappels ratissent très large pour éviter toute poursuite en justice du fabricant et ne sont pas forcement pour une raison de sécurité où il faudrait tout lâcher séance tenante. Mais quand même, je constate qu’il y en an de plus en plus souvent, même sur les voitures japonaises qui étaient bien mieux fabriquées dans le passé. Nous avons toujours acheté des voitures japonaises d’occasion quand nous vivions en France. Par contre depuis que nous sommes aux États-Unis, les deux fois où nous avons acheté des voitures américaines — neuves en plus les deux fois ! — il y a eu des problèmes dans l’année de l’achat — en plus des rappels. Des véritables problèmes qui empêchaient les voitures de fonctionner correctement, couverts par la garantie heureusement mais quand même. Donc retour aux voitures japonaises. Qui sont de moins en moins bien fabriquées ces dernières années, qui ont de plus en plus souvent des rappels. J’en viens à me dire que quitte à acheter de la camelote, autant payer le prix de la camelote. Peut-être que la prochaine fois j’achète Ford, c’est de la merde mais au moins ce n’est pas cher contrairement aux voitures japonaises qui sont hors de prix. Il y a aussi l’option Toyota, moins bonne qualité que les autres japonaises (dans le temps du moins, maintenant c’est moins certain puisque la qualité de Honda and co a bien baissé) et c’est aussi moins cher que les autres. 

En l’occurrence je viens de recevoir un rappel sur la petite Honda Civic des enfants : « 2019-20 Civic Fuel Pump Motor Safety Recall Expansion » comme ils le désignent dans l’entête de la lettre — la pompe à essence doit être changée. Et là ça m’énerve profondément d’avoir à retourner obligatoirement chez le concessionnaire, de perdre plusieurs heures à l’apporter et aller la chercher, d’y aller à 2 voitures — à moins que je fasse ma mauvaise tête et que j’exige une voiture de prêt (gratuite) rien que pour les emmerder. Ça m’énerve d’autant plus que c’est une voiture japonaise, plus chère et qui a moins de 2 ans. Et encore plus, qu’il s’agisse de la pompe à essence. Vraiment ? La pompe à essence ! Il ne s’agit pas d’une nouvelle technologie, d’une pièce qui vient d’être inventée. Le moteur à 4 temps fonctionne toujours de la même manière peu ou prou depuis plus de 100 ans, il a été inventé il y a 160 ans, en 1862 ! On a certes amélioré des parties et des composants pour de meilleures performances au fur et à mesure des années mais ces améliorations et ces petites modifications ne sont pas récentes, globalement c’est une technologie qui n’a pas bougé depuis des décennies. Alors ne peuvent-ils pas avoir leur procédure de fabrication bien huilée (c’est le cas de le dire) depuis le temps ?

Fuel pump, la pompe à essence : vraiment ce n’est pas une nouvelle pièce, comment cela se fait-il qu’on modifie des trucs éprouvés qui marchent depuis des décennies, au point qu’il y ait des rappels ? Vraiment ?

Encore pire:  ce rappel n’affecte que les Honda Civic 2019-2020… (et d’autres modèles chez Honda et Acura mais tous sont des modèles 2019-2020). Quand je dis que la fabrication et le montage de cette pièce devraient être bien huilés (jeu de mots voulu) : les modèles d’avant ne sont pas touchés et ceux d’après non plus. Alors ? Pourquoi change-t-on une procédure qui marche, pourquoi change-t-on une pièce qui est sans problème ? (Encore une preuve que le moteur fonctionne de manière identique entre les modèles, que c’est exactement la même technologie, ce dont je ne doutais pas, puisque c’est la même pièce défectueuse pour tous les modèles de ces 2 années.) C’est soit l’un soit l’autre, soit la procédure de montage soit la pièce elle-même. Sans doute une histoire de gros sous, je devrais dire de de petits sous : bénéfices à tout crin et avidité. Sinon c’est une règle d’or qui devrait vraiment être gravée dans le marbre : si ce n’est pas cassé on ne répare pas, si ça marche on ne répare pas, si ça marche on ne change surtout rien.

D’autant, et c’est là aussi que ça m’énerve, qu’en plus d’être une technologie plus que centenaire qui n’a que peu évolué voire pas (le moteur à 4 temps ), il y a aussi le fait que c’est une Honda Civic, un modèle qui existe depuis 30 ou 40 ans. Alors il a évolué au fil des ans mais au fond c’est toujours la même voiture et le même modèle sinon ils auraient changé de nom. Ce sont pour la plupart des évolutions cosmétiques ou de gadgets embarqués, d’autant plus d’une année sur la suivante. D’une année sur l’autre il y a moins de différences entre 2 « millésimes » contigus de ces voitures qu’entre 2 millésimes de vins (là oui, il y a des différences mais le vin est un produit vivant contrairement au paquet de plastique verre et métal que sont les voitures) donc entre la Civic 2018 et la 2019 les différences sont uniquement cosmétiques — un prétexte pour vendre plus cher. Dans ces cas-là les millésimes ne devraient même pas exister. Arnaque. Donc sur un modèle qui existe depuis 30 ou 40 ans, on n’a pas pu consolider et figer son procédé de fabrication ? Vraiment ?

Quand on pense que ce sont à la fois des modèles éprouvés et une technologie éprouvée et, qu’en fait nous (l’acheteur, le consommateur) sommes toujours en train d’essuyer les plâtres, cela fait peur : quand nous aurons des voitures électriques ou à hydrogène, atomique ou je ne sais quelle nouvelle technologie (vraiment nouvelle cette fois-ci) qu’est ce que cela va donner ? On ne sait pas fabriquer une pompe à carburant fiable (modèles 2019 ou 2020, cela veut dire que ces voitures ont 2 ans au maximum, voire 1 an) et on veut nous faire acheter des voitures de technologies vraiment nouvelles et non éprouvées ? Que les technologies éprouvées ne le soient toujours pas après plus de 150 ans, cela n’inspire pas du tout confiance.

Dans le passé (récent) plupart du temps pour ces rappels c’était à cause de l’électronique qui faillissait à sa tâche et rendait la voiture dangereuse en s’interposant entre le conducteur et la mécanique de façon erronée (au temps pour les futures voitures sans conducteur, cela fait encore plus peur) mais là c’est la mécanique qui est fabriquée de façon défectueuse, encore pire…

À noter aussi : sur la lettre de Honda on nous dit que c’est crucial voire dangereux, que cette pompe en lâchant peut couper l’alimentation du moteur et la voiture peut caler à pleine vitesse ( vraiment ? ) donc qu’il faut absolument faire réparer.

Et quand j’ai appelé le concessionnaire (toute une histoire aussi, ce n’est pas simple là non plus de prendre un rendez-vous) il me dit que le rendez-vous pris en ligne sur leur site pour la semaine prochaine ne pourra pas avoir lieu (j’ai eu le nez creux de les rappeler pour vérifier), qu’il allait falloir le remettre à plus tard. Je me suis brièvement dit « soit ! il faut qu’ils commandent la pièce ». Après tout c’est un concessionnaire qui vend en majeure partie des voitures neuves Honda (dont la plupart des modèles 2019 et 2020 sont touchés) et ils n’ont pas la pièce : c’est un peu moyen mais peut-être que tout le monde s’est rué pour faire réparer et peut-être qu’il n’en ont plus, on va repousser de 2 ou 3 jours, voire une semaine. Que nenni ! La réparation ne pourra pas avoir lieu avant le 16 juillet ! Donc dans plus d’un mois. Si c’est un problème si grave de sécurité (première fois qu’il faut plus d’un mois pour un rappel, les autres avaient tous été traités dans la semaine où j’avais appelé) si c’est un problème si crucial de sécurité, cela fait peur. Que sommes-nous censés faire ? Ne pas nous servir de la voiture pendant un mois — voiture que nous payons à prix d’or tous les mois ? Voiture dont nous avons besoin ? Si j’étais procédurière je demanderais à avoir une voiture de prêt à partir d’aujourd’hui (carrément du jour où j’ai reçu le papelard de Honda) jusqu’à la réparation. Après tout ? J’ai eu des rappels où l’on me disait de ne plus conduire séance tenante la voiture si je voyais tel voyant s’allumer (quand on connait la « fiabilité » ou plutôt l’absence de fiabilité des dits voyants, cela fait peur). Là aussi il y a « potentiellement » un voyant qui « peut » s’allumer, tout cela est très potentiel. Et c’est potentiellement dangereux !

Mais comme il y a des voyants qui s’allument même quand la voiture est sur le chemin du retour de la révision… Du vécu et pas qu’une seule fois. J’ai fini par trouver des trucs pour les désactiver ces voyants et ces alertes selon ce que c’est… Comme le voyant rouge et l’alarme qui se met à sonner, que dis-je, à hurler, au beau milieu d’un trajet pour me dire de faire ma révision huile et niveaux séance tenante, de me garer immédiatement et de ne plus rouler — du vécu aussi et ça fait une peur bleue cette alarme qui beugle quand on roule et ce voyant rouge de danger imminent. Ces alertes-là, en me plongeant dans le manuel, je les ai toutes désactivées et j’ai mis les alarmes des révisions tous les 5 ans et 300,000 miles (450,000 kilomètres). Une fois ma fille est rentrée en pleurs en me disant que sa voiture toute neuve (la Honda Civic précédente) était cassée : je la lui ai réparée en effaçant toutes ces alarmes de changement d’huile. Je me suis d’ailleurs fait engueuler par le concessionnaire la fois suivante où je l’apportais à la révision annuelle parce que, selon lui, « il n’y avait pas besoin de révision, l’huile était toujours à 2 % d’utilisation » — bien sûr c’est moi qui ai remis l’alerte à zéro parce que j’en avais marre qu’elle sonne tous les 3000 miles ! J’ai crié encore plus fort et demandé à parler à un véritable mécanicien (il n’y en a plus beaucoup chez les concessionnaires) et pas à un singe savant qui ne fait que répéter ce que dit l’ordinateur de bord sans ouvrir le capot — un véritable singe serait évidemment plus intelligent que ça. On comprend pourquoi je ne veux plus remettre les pieds chez les concessionnaires. 

D’ailleurs je me demande si je ne devrais pas mettre un cheveu sur cette pompe ou un petit coup de feutre pour être certaine qu’ils font vraiment le travail. Du vécu aussi, quand on vous force (et fait payer pour) à faire une rotation des pneus à laquelle je suis opposée de toute façon, une belle arnaque, encore plus une arnaque quand vous retrouvez les marques constructeur (c’est le constructeur qui met ces marques de couleurs différentes sur chaque pneu ) exactement en mêmes positions sur la voiture,  preuve que rien n’a été fait — ce qui est mieux de toute façon, sauf qu’on a payé pour.

Donc c’est urgent, c’est dangereux de rouler avec… mais il faut 5 semaines pour faire changer la pièce. La pièce qui est une bête pompe à carburant bien banale et présente dans tous les moteurs depuis les origines, pas une pièce de fusée interstellaire non plus. Je sais bien que c’est très certainement un excès du principe de précaution, un truc d’avocats (où est ma guillotine, etc.) mais quand même.

En plus en prenant ce rendrez-vous pour le 16 juillet j’ai appris que c’est en fait beaucoup plus contraignant que ce que dit Honda dans sa lettre, « le changement de la pompe dure environ 1h30 » : tu parles, il faut laisser la voiture la journée entière et l’apporter tôt le matin pour que la réparation puisse être faite ! Tu parles d’une heure ou deux, gros mensonge éhonté de Honda. Je sais que la plupart des gens ne font pas les rappels et repoussent à plus tard — on comprend pourquoi. Et il n’est pas dit que je récupère la voiture en fin de journée. Dans ce cas je ferai ma mauvaise tête et demanderai une voiture de prêt. C’est aussi du vécu, j’ai déjà fait ma mauvaise tête chez ces voleurs des grands chemins, je veux dire le département vente des concessionnaires. La dernière fois en date c’est quand j’ai changé ma Nissan à la fin du leasing et que le concessionnaire voulait me donner une voiture de prêt pourrie et bien usagée le temps qu’il prépare le nouveau modèle que je venais de prendre en leasing (et payer la première mensualité plus le paiement des taxes et de l’apport) et qui avait une rayure. Rayure que j’ai exigé d’avoir réparée par un carrossier officiel Nissan avant même que je touche la voiture. Et en attendant je gardais mon ancienne Nissan, beaucoup plus simple que de passer par une voiture intermédiaire d’autant que c’était une vieillerie pourrie. Je n’acceptais de voiture de prêt que si c’était le modèle au-dessus de la mienne et en haut de gamme tout cuir. Parce que sinon je les connais, la réparation aurait duré des semaines voire des mois. Elle a duré plus de 10 jours pour une petite rayure de 2 cm mais j’avais toujours ma voiture précédente, celle qu’ils devaient renvoyer à Nissan, en otage donc. On dira que ça a un peu accéléré le mouvement. Et le modèle du dessus grand luxe, ils ne voulaient pas donc le compromis ça a été de me laisser ma voiture précédente… L’agent du concessionnaire en pissait dans son pantalon mais au moins c’était à égalité ou à peu près : ma voiture de 3 ans qu’il leur fallait absolument retourner à Nissan rapidement contre la neuve, au lieu d’un rogaton tout pourri et dont ils n’avaient rien à faire contre la neuve.

Après quelques petites recherches sur Internet sur cette pompe à carburant, j’ai trouvé un article canadien qui dit ceci : 

« Dans un document publié par la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA) aux États-Unis, on apprend que ces pompes à essence, qui proviennent du fournisseur Denso, sont munies d’un rotor qui aurait été trop longtemps exposé à des solvants de production. Ce rotor peut se fissurer en surface et prendre de l’expansion, entraînant du même coup une défaillance de la pompe et du système d’alimentation en carburant. »  (Le guide de l’auto, version web)

Vraiment ? C’est bien ce que je disais sur les procédures de fabrication qui ont été changées sans raison.

L’article poursuit en disant que les propriétaires recevront un avis par la poste prochainement, ce qui a été le cas, j’ai reçu cette lettre de Honda il y a une dizaine de jours fin mai 2021… sauf que l’article date du 4 juin 2020 ! Long à la détente Honda ! On a eu de la chance depuis un an qu’on utilise la voiture (et même avant puisqu’elle a été achetée en août 2019 ! Et de conclure que pour l’instant aucun accident n’a été signalé — et on n’en a pas entendu parler non plus depuis la publication de l’article il y a un an. Heureusement. 

À suivre…

Jour de vote en Amérique

Bureau de vote

Aujourd’hui 8 juin était un jour de vote, du moins dans le New Jersey. Rien d’excitant cependant, c’étaient des élections primaires où l’on choisit le candidat pour la future élection (en novembre) au sein de « son «  parti.

sample ballot (papier électoral)
papier électoral

Il y a une quinzaine de jours chacun d’entre nous a reçu par la poste un courrier à son nom et son numéro d’inscription sur les listes électorales —  un document qui une fois ouvert et déplié est de la taille d’une carte routière sans exagérer (voir photo) : il s’agit du « sample ballot », le papier électoral officiel qui récapitule tous les candidats se présentant dans un immense tableau façon Excel (et de la même convivialité / facilité à comprendre qu’un tableau Excel — sarcasme. Et encore je suis une grande utilisatrice de ces tableaux, dans le passé du temps où je travaillais dans la gestion de projets informatiques et toujours maintenant pour mes projets personnels. Mais celui-ci c’est une autre histoire ! À peu près incompréhensible. En plus on nous avertit de bien nous familiariser avec ce « sample ballot «  parce qu’en plus cette année il y a de nouvelles machines pour voter que personne n’a jamais utilisées auparavant (les Américains et l’obsession de la technologie alors qu’un simple bout de papier et une enveloppe pourraient faire l’affaire). Mon ami Richard qui est volontaire aux bureaux de vote depuis des années m’a dit qu’il avait eu une formation spéciale cette fois-ci et qu’il n’avait pas tout compris, qu’il allait regarder plusieurs fois la vidéo récapitulative qu’on leur avait envoyée après la formation pour être fin prêt pour le jour J — le 8 juin.

Cela ne m’a pas rassurée. 

En fait ce sont des élections primaires auxquelles sont conviés tous les citoyens inscrits sur les listes électorales mais avec une seule restriction : on ne peut voter que pour les candidats de son parti. Au cas où il y en a plusieurs on départage ainsi celui qui sera nommé candidat pour l’élection elle-même. Comme quand en 2008 il avait fallu départager Barak Obama et Hilary Clinton lors des primaires démocrates.

Je ne savais pas que ces primaires étaient organisées nationalement ou au niveau de l’état quand ce sont des élections étatiques et non fédérales (de toute façon chaque état est en charge des processus électoraux même fédéraux et a ses propres lois électorales). Je pensais que c’était lors des rassemblements et meetings politiques des partis que l’on votait pour les primaires pour départager les candidats. Que nenni ! cela nous revient à tous de le faire. Sauf que selon la loi on ne peut voter qu’une seule fois : pour les primaires de son parti et pas de tous les partis (il n’y en a que 2 en général donc ça irait vite). Donc avant de voter on déclare à haute voix et en public à l’assesseur pour quel parti on veut faire l’élection puisqu’on ne peut la faire que pour un seul parti. Cela revient à déclarer pour qui l’on vote à mon avis. Au temps pour la confidentialité (apparemment pour les élections non primaires ce n’est pas le cas. J’espère ! ) Et normalement on vote pour le parti pour lequel on s’est inscrit lors de son inscription sur les listes électorales. Heureusement pour nous dans le New Jersey nous n’avons pas été obligés de nous enregistrer pour un parti : on pouvait s’inscrire sur les listes sans marquer de parti, ce n’était pas un champ obligatoire ouf ! Sinon après est-on coincé dans un parti ? Je n’en sais rien. Ou faut-il refaire son inscription si l’on change d’orientation politique ? Et si l’on veut voter pour les (rares) indépendants ? Donc nous nous sommes inscrits sans parti. La dame ce matin au bureau de vote a demandé à ma fille qui passait juste avant moi pour quel parti elle voulait voter, ou plus exactement pour quel parti elle voulait faire les primaires. (Si nous avions été enregistrés avec un parti sur la liste électorale, aurait-elle demandé ou est-ce que ca aurait été automatique ? Il aurait de toute façon fallu qu’elle le dise à haute voix à l’autre assesseur qui règle la machine, voir ci-dessous.)

Du coup d’ailleurs elle a enchainé avec le même parti pour moi sans me demander, je ne l’ai réalisé que bien plus tard dans la journée. Bon avec un choix d’un sur deux peu de chance de faire des erreurs d’estimation, surtout que nous venions voter ensemble ma fille et moi. Ce dame (l’assesseur) m’a surtout entretenue de Tours (la ville de Tours en France) où elle avait été pour le mariage d’un cousin il y a quelques années et qu’elle avait adorée — « such a beautiful country » , et les châteaux etc. Forcément avec mon accent et surtout notre nom c’est facile de voir que nous sommes Français, d’ailleurs on ne nous a pas demandé notre pièce d’identité, je l’ai vaguement agitée mais la dame a dit « c’est bon » — nous sommes dans une petite ville, on doit être connus comme « les Français » — nous ne sommes pas les seuls mais il n’y en a pas beaucoup non plus. J’avais aussi apporté le papier carte routière arrivé par la poste et le reçu officiel d’inscription sur les listes électorales, qui je croyais faisait figure de carte d’électeur mais apparemment nous n’avions pas besoin de tout ça : on est inscrit et notre nom suffit (le papier d’identité doit être demandé dans le cas d’une plus grande ville où les gens ne se connaissent pas, je suppose).

Donc ma fille a dit pour quel parti elle voulait voter et une autre personne, un autre assesseur (le mari de la dame apparemment) a réglé la machine pour qu’elle ne nous présente que les candidats du parti choisi (pour la plupart des postes à pourvoir il n’y en avait qu’un donc c’était facile).

Je me demande si certains votent pour le parti concurrent pour faire tomber un candidat indésirable ou un concurrent potentiellement dangereux pour leur parti de coeur, donc sans voter au sein de leur parti. Cela doit être possible. Pour une Française cartésienne tout cela semble très étrange. 

En tout état de cause nous avons voté. Notre bureau de vote était mentionné sur la carte routière, imprimée sur papier recyclé, est-il dit, sans doute pour nous rassurer qu’il n’y a pas de gaspillage parce que non seulement c’est beaucoup de papier mais en plus c’est un « sample ballot », un exemple de bulletin qui liste tous les candidats mais qu’on ne peut pas utiliser du tout pour voter — encore moins maintenant avec les nouvelles machines où tout est électronique. On a coché les gens qu’on voulait sur un écran tactile et non pas coché une case sur un document papier, à remplir intégralement au stylo noir comme c’était le cas auparavant. De toute façon les « sample ballots » n’ont pas d’endroit où cocher.

Tout était électronique — heureusement que nous sommes vaccinés parce que toucher cet écran tactile que tout le monde a touché… quoiqu’il n’y avait personne ce matin, peu de gens votent aux États-Unis, encore moins pour des élections non essentielles.

Pour nous aujourd’hui dans le New Jersey, c’étaient les primaires pour le gouverneur de l’état, le sénateur de l’état (pas le sénateur fédéral appelé US senator) et quelques autres officiels du gouvernement de l’état, du gouvernement de notre comté et aussi 2 conseillers pour notre conseil municipal. 

La plupart de temps pour le parti que nous avons choisi il n’y avait qu’un nom donc c’était simple, pas trop de choix… sauf si on veut « write in » c’est-à-dire mettre un nom de notre choix «  à la main » en l’occurrence en tapant sur clavier tactile puisque tout était électronique. Mais il n’y a pas si longtemps on écrivait le nom du candidat de son choix au stylo. Ça j’avoue que je n’ai toujours pas compris : on peut mettre n’importe quel nom apparemment, mon nom ou celui de ma fille ou un nom au hasard pris dans l’annuaire ? Peu de chance que ce « write in » soit sélectionné dans ce cas ! Si c’est quelqu’un qui ne se présente pas qui est sélectionné ? Bonjour les emmerdements si tout d’un coup on apprend qu’on est le candidat retenu alors qu’on ne s’était jamais présenté ! Je n’ai toujours pas compris comment ça fonctionne ce « write in » parce que si c’était quelqu’un qui se présentait effectivement, il serait dans les choix officiels me semble-t-il. Et si l’on s’en remet au hasard des nominations à la volée peu de chances d’être sélectionné à moins d’habiter dans une petite ville de quelques centaines d’habitants ou moins. On dirait que c’est un reste des votes de l’époque où il y avait 4 pelés et 2 tondus dans une petite communauté et où effectivement on marquait à la main son candidat . Cela donne cette impression. (En plus vu le taux d’illettrisme de l’époque, cela devait finir en « mets une croix » — ironie).

Il faudra quand même que je me renseigne sur ce procédé de « write In », c’est resté très mystérieux pour moi. Ma fille n’en savait pas plus.

Donc ce matin nous avons voté, à la caserne des pompiers comme indiqué sur notre carte routière / « sample ballot » — ce qui m’arrangeait parce que je ne me voyais pas voter dans une des écoles au milieu de tout un tas d’élèves non vaccinés qui galopent partout (les bureaux de vote sont dans les écoles primaires et le collège à ce que j’ai vu les années précédentes, je n’ai jamais vu de bureau de vote fonctionner au lycée de notre ville mais peut-être je n’ai pas fait bien attention. Par contre je sais que pour les écoles primaires et le collège c’est le cas, je les ai vus plusieurs fois de mes propres yeux). Oui l’autre particularité c’est qu’on ne vote pas un dimanche ni un jour férié mais toujours un jour de semaine, un mardi à chaque fois j’ai l’impression, je veux dire même en dehors de l’élection présidentielle qui elle est toujours le mardi qui suit le premier lundi de novembre.

Cela fait partie des curiosités administratives locales (américaines), encore d’autres après le passeport qui se fait à la poste et les photos d’identité qui se font à la pharmacie, lire ici : https://michusa.wordpress.com/2021/05/08/quelques-curiosites-administratives-americaines/

En tout état de cause on nous a offert un magnifique autocollant « j’ai voté ».  

Autocollant « j’ai voté »

Les interdictions à venir

mon souffleur de feuilles

Les interdictions à venir dans notre petit coin du New Jersey concernent les souffleurs de feuilles à essence, ces engins extrêmement bruyants qui servent à souffler les feuilles dans les jardins à l’automne. Les interdictions viennent de 2 faits qui ont convergé au même moment. 

Tout d’abord du fait qu’il y a des abus — de la part des entreprises de jardinage / landscaping puisque peu d’Américains dans mon coin rupin entretiennent leur jardin eux-mêmes. Ici on fait appel à des « paysagistes » appelés landscapers, bref des tondeurs de pelouse qui en plus font mal leur travail pour la plupart : mal en termes de maintenance / écologie / jardinage mais qui le font très bien au niveau business. Ils font de très bonnes affaires, juteuses, en facturant à outrance leurs clients et en payant leurs employés au lance-pierre (j’ai failli écrire leurs esclaves mais on n’en est pas loin, combien de ces employés sont des travailleurs légaux ? beaucoup sont originaires d’Amérique latine…) Les millionnaires par ici sont les entrepreneurs qui ont fait fortune dans le landscaping — la plupart des villes sont possédées en grande partie par ces landscapers qui ont réussi, cela pose d’autres problèmes notamment scolaires, j’y reviendrai un jour.

Donc ces abus : normalement on utilise ces engins bruyants pendant un court laps de temps dans l’année, pendant la saison des feuilles entre fin septembre et fin novembre. 2 mois pendant lesquels il faut enlever les feuilles de façon hebdomadaire selon les endroits où l’on vit. Le New Jersey c’est Garden State, très vert et beaucoup d’arbres. En dehors des quelques grandes villes peu nombreuses, ce sont plutôt ce que l’on appelle le suburban, des petites villes dans la campagne et dans la forêt donc. Forêt d’arbres à feuilles caduques essentiellement. Qui produisent des feuilles, beaucoup de feuilles, à ramasser à l’automne.

Je n’aime pas particulièrement ces souffleurs de feuilles mais, comme l’air conditionné dans notre région, ils sont tous les deux des maux nécessaires malheureusement. Si je ne fais pas les feuilles toutes les semaines en saison, j’en ai vite jusqu’aux genoux. 

Et « faire les feuilles » ce n’est pas une raison esthétique : il faut faire les feuilles tout d’abord parce que nous avons de la neige en hiver. S’il reste des feuilles sur les pelouses, dont sont constituées 90% des surfaces de nos jardins, donc s’il reste des feuilles en hiver sous la neige, la pelouse sera grillée au printemps suivant et il faudra replanter si on ne veut pas vivre sur un terrain vague. C’est réel, je l’ai expérimenté personnellement. Une fois que mon fils aîné était épuisé après avoir soufflé au souffleur électrique que nous avions auparavant et avait laissé une bande de feuilles sur la pelouse de derrière. Je me suis retrouvée avec une bande de pelouse grillée et morte au printemps et il m’a fallu replanter.

En plus de la neige, on doit aussi enlever les feuilles pour des raisons de sécurité : si on laisse ces feuilles s’accumuler en dessous des voitures il y a des risques d’incendie — merci les pots catalytiques. Donc il faut aussi impérativement enlever régulièrement les feuilles aux endroits où l’on risque de garer une voiture.

Le problème des abus : depuis quelques années, 5 ou 6 ans, guère plus, ce n’est plus seulement  en saison (octobre-novembre, pendant la saison effective des feuilles) qu’on entend opérer ces engins mais plus longtemps pendant l’année : cela a d’abord débuté par des utilisations prolongées au printemps après l’hiver : d’accord pour un nettoyage de printemps une fois la neige fondue pour enlever les dernières feuilles tombées après coup et pendant l’hiver — je le fais une fois effectivement courant avril selon les années voire début mai. Mais une seule fois. Depuis quelques années c’est pendant tout le printemps que l’on entend ces engins. Puis on a commencé à les entendre en fin d’été et en début d’été puis en continu pendant tout l’été, ce qui n’était pas le cas avant. Et depuis ces 2 dernières années (avec une pause Covid au printemps 2020 pendant le grand confinement malgré tout) en hiver aussi entre 2 chutes de neige ! Quand je disais que c’étaient des businessmen ces landscapers ! Donc ils sont utilisés maintenant 12 mois par an contre 2 à 3 mois (en comptant le nettoyage de printemps) auparavant.

Comme c’est bruyant, très bruyant (et que ça pollue, moteur à essence ) il a commencé à y avoir des plaintes. En gros à trop l’utiliser ils vont le gâcher pour tout le monde (ruin it for everybody), comme cela s’est passé pour les drones il y a quelques années et qui sont interdits partout maintenant. Certaines villes ou comtés (counties) veulent les faire interdire totalement et n’autoriser que des souffleurs électriques. Alors ça, le modèle ordinaire de souffleur électrique, ça ne marche pas pour les quantités de feuilles que nous avons : pas assez puissant et il faut aussi un fil pour le brancher, ce qui est compliqué. D’une part il faut des longueurs et des longueurs de fils et comme nous sommes en 110 Volts ces fils finissent par cramer (j’en ai eu plusieurs qui ont pris feu) et les appareils eux-mêmes finissent par cramer aussi (j’en ai grillé plusieurs jusqu’à ce que je me résolve à en acheter un a essence. Je dois avouer que ça a changé ma vie de ramasseuse de feuilles et divisé mon temps de travail par 2 ou 3).

Quant à ceux sur batterie, cela commence juste, comme les voitures électriques, et pour avoir un appareil de qualité et de puissance suffisante, ce sera réservé aux professionnels à cause du prix. Seules les entreprises pourront se payer des engins électriques de capacité suffisante et avec batterie mais ce ne sera pas vraiment rentable pour les particuliers.

Ce qui veut dire aussi que si ceux à essence sont interdits, il faudra faire appel de façon quasi obligatoire à une société de landscaping, hors de prix elle aussi. Et non, on ne peut pas simplement ratisser… Nous le faisions à 4 avec mes enfants dans le temps et c’était l’enfer. Et encore j’avais en sus un petit souffleur électrique pour aider quand même. La compagnie de landscaping n’a duré que le premier automne après notre arrivée en 2002. Quand j’ai reçu la première facture de nettoyage de feuilles, j’ai eu un choc. Le contrat n’a pas été renouvelé ni même pour tondre du coup. Cela revenait moins cher d’acheter une tondeuse de qualité et pour les feuilles j’avais 3 enfants pour m’aider. Sauf qu’il a fallu aussi acheter un puis 2 souffleurs électriques . Quand les enfants ont grandi et mon aîné est parti j’ai fini par me résoudre au bout de 3 ou 4 ans de galère de feuilles à acheter un souffleur autonome à essence, de ceux qu’utilisent les entreprises de landscaping.

Donc il y a d’une part les abus et la sur-utilisation à tout bout de champ de ces souffleurs, à chaque fois qu’une de ces entreprises intervient dans un jardin. Ce sont des maniaques, pour moi qui reste à la maison la plupart du temps ou qui finissais à 3 heures quand je travaillais à l’école c’est infernal ! Mais les maniaques sont aussi les propriétaires des maisons, qui ont des exigences de plus en plus hautes (cercle vicieux parce que les entreprises passent leur temps à tout souffler, elles finissent par créer un besoin de propreté maniaque de son terrain) et ne supportent plus une feuille ou une branchette voire une graine de pollen sur leur pelouse ni dans le jardin en général et réclament un soufflage systématique. L’obsession de gagner de l’argent des uns a initié et nourri une obsession maniaque de « netteté «  des autres. J’en viens à penser que leurs jardins sont plus propres que leurs cuisines.

Je parlais d’une convergence de 2 faits : après l’abus le deuxième fait c’est l’effet Covid et confinement dans nos régions suburbaines où tous les travailleurs, qui avant allaient à New York City ou ailleurs au bureau tous les jours, se sont retrouvés à travailler de la maison. Et hors moment du confinement strict de mars avril mai 2020 où il n’y a eu aucune maintenance de jardin par ces entreprises, qui étaient non essentielles, depuis ils se sont rattrapés et ont entretenu encore plus en soufflant 12 mois de l’année… chez des gens qui restaient à la maison et qui ont réalisé soudainement combien c’était bruyant et infernal, surtout quand on essaye de travailler ou qu’on a des réunions en visioconférence.

Mais le pire du pire c’est que ces gens-là sont les mêmes qui exigent une pelouse absolument nickel sans un brin qui dépasse et sans une feuille par terre et qui veulent le silence… depuis qu’ils sont à la maison 100% du temps. Et qui ont appelé leurs mairies et leurs élus pour faire interdire ces engins. L’hypocrisie à son sommet !

Donc les abus et le travail à la maison du fait de la pandémie ont initié un processus d’interdictions et on parle maintenant de façon concrète d’interdiction partielle voire de bannissement total et permanent. Certaines villes vont mettre en place des dates entre lesquelles on pourra utiliser ces engins et les interdire pour toutes les autres périodes de l’année. Cela encore ne serait pas trop mal, j’ai vu certaines propositions où les souffleurs de feuilles à essence seraient autorisés en octobre et novembre au gros de la saison et entre le 15 mars et le 15 avril pour un nettoyage de printemps. Comme cela devait être si l’on suivait le bon sens commun et non pas l’avidité pour l’argent et le paraitre.

Si c’est cela je pourrai encore fonctionner sans avoir à payer ces horribles entreprises de landscaping qui feraient passer la mafia pour un organisme social et d’intérêt public.

Dans certaines villes par contre, on en est à bannissement intégral (c’est le cas de la ville voisine très snob). Villes qui veulent aussi imposer que ces entrepreneurs landscapers s’enregistrent dans leur ville pour avoir le droit d’y travailler et d’y avoir des clients (des particuliers) : au temps pour la liberté d’entreprise et la liberté tout court. Dans ces villes, si je voulais engager un landscaper pour s’occuper de mon jardin il faudrait qu’il fasse partie de la liste des landscapers agréés par la ville. Pour travailler dans une propriété privée ! Avec le risque des copinages et des trafics d’influence entre les riches entrepreneurs qui font des dons pour les campagnes électorales des élus locaux… et autres magouilles en tous genres.

Sans compter que les souffleurs électriques qui seraient les seuls autorisés dans certains endroits, sont tout aussi bruyants : il n’y a pas que le moteur à essence qui fait du bruit dans ces engins mais la soufflerie : un peu de bon sens ! C’est l’exact inverse d’un aspirateur ça souffle au lieu d’aspirer et un aspirateur ça a beau être électrique c’est extrêmement bruyant (le plus bruyant des appareils électroménagers). Je confirme d’autant plus que je l’ai vécu par l’expérience : mon souffleur de feuilles électrique était extrêmement  bruyant aussi et nous utilisions des casques anti bruit tout autant qu’avec celui à essence.

D’un extrême l’autre… au lieu de pratiquer le bon sens, la considération et la modération en toute chose.

faire les feuilles
faire les feuilles
faire les feuilles
faire les feuilles
faire les feuilles

Enfants gâtés (spoiled brats) suite

tabouret escabeau pliant Rhino
tabouret escabeau pliant Rhino

J’ai plusieurs de ces petits tabourets / escabeaux pliants dans la maison, un à chaque étage. Comme je suis relativement petite je les utilise quasiment tous les jours pour attraper quelque chose sur une étagère un peu haute, atteindre une poignée ou une ampoule un peu en hauteur etc. J’ai récemment voulu en racheter deux, un pour ma fille et un pour le jardin (fort utiles pour faire les niveaux de ma voiture, le moteur et le capot sont tellement hauts qu’être surélevé de 20 cm est exactement ce qu’il me faut). Une histoire simple donc. En effet, à part la recherche du meilleur prix dans la même marque (Rhino) que j’utilise déjà depuis des années et que je trouve robuste et fiable, rien de bien sorcier. 

Sauf que sur un des sites marchands j’ai lu la revue faite par un des clients, le titre m’a interpellée: « bon tabouret / escabeau mais très dangereux ! »  Allons bon ! Avant d’en racheter j’ai donc voulu lire ce qu’en disait ce consommateur, pour quelle raison il le catégorisait de dangereux et éventuellement renoncer à mon achat et jeter ceux que j’avais si c’était si risqué que ça. Je n’avais rien remarqué, mon père a les mêmes et les utilise régulièrement, il en est très content aussi. Alors peut-être que le poids garanti (180 kilos) est faux et qu’il va s’écrouler sous moi soudainement ? Un autre problème ? Un peu alarmée j’ai donc lu : tout est bien, il est fiable et supporte bien les poids mentionnés, est très stable mais… ce que cette personne trouvait dangereux, très dangereux même, c’était qu’on pouvait se pincer les doigts en le repliant et c’est précisément ce qui lui faisait catégoriser ce tabouret comme très dangereux.

Vraiment ? WTF ? dangereux parce qu’on peut se pincer les doigts en le repliant ? On ne parle pas d’une chaise longue où l’on peut effectivement se sectionner les doigts mais d’un simple tabouret en plastique pliant qui lorsqu’on veut le plier on est obligé de le tenir en main : on ne peut pas être dessus pour le plier. Donc au pire si on se pince les doigts c’est juste en le fermant à la main, au pire du pire on se fait un pinçon. En aucun cas ne risque-t-on de se sectionner les doigts puisqu’il ne peut pas y avoir le poids de son corps dessus comme dans une chaise longue.

Et les chaises pliantes de jardin et de pique-nique alors ? Il faudrait les interdire, les classer comme très dangereuses (ce qu’elles sont, tout comme les chaises longues puisqu’on peut effectivement se sectionner les doigts si l’on n’est pas attentif).

Et les portes alors ? On peut se coincer les doigts dans la charnière ou tout simplement dans la porte en se la refermant sur les doigts. Doit-on faire une pétition pour faire classer les portes comme dangereuses voire les faire interdire à ce compte-là ?

Les bras m’en tombent ( et non pas les doigts). Vraiment nous sommes des enfants gâtés, des spoiled brats…

Quant à moi j’ai effectivement racheté de ces tabourets / escabeaux — vite avant qu’ils soient interdits.