Archives mensuelles : septembre 2015

Cette gare du RER — mes photos

(photos prises fin juillet-début août 2003)

Houilles gare RER juillet-août 2003

Houilles gare RER juillet-août 2003

Houilles gare RER juillet-août 2003

Houilles gare RER juillet-août 2003

Houilles gare RER juillet-août 2003

Houilles gare RER juillet-août 2003

Houilles gare RER juillet-août 2003

Houilles gare RER juillet-août 2003

Houilles gare RER juillet-août 2003

Houilles gare RER juillet-août 2003

Houilles gare RER juillet-août 2003

Houilles gare RER juillet-août 2003

Photos — trace

J’ai commis l’erreur de regarder des photos de cette petite ville de banlieue parisienne où j’ai été si heureuse si malheureuse, une chose en amenant une autre à vagabonder de collection en collection de photos sur Internet, je me suis tout à coup retrouvée dans cette région de la banlieue Ouest, dans cette ville précise à quelques kilomètres à peine de La Défense, La Défense en ligne de mire, visible depuis le pont au-dessus des voies de chemin de fer de cette gare de RER sur cette ligne que j’ai empruntée tant de fois.

Erreur — je m’aperçois que Paris me manque, que ce coin de banlieue sans grâce particulière me manque aussi, enfin ce n’est pas ce coin en tant que tel mais les souvenirs qui y sont attachés. Paris la Ville Lumière certes, mais surtout parce que c’était le décor de tous ces moments de pur bonheur que j’ai vécu, mes derniers moments en France, irradiés d’un bonheur si intense — les moments les plus heureux de ma vie.

Ces photos que je n’ai pas prises, faites par de parfaits inconnus qui ne sauront jamais qu’ils ont déclenché une déferlante de souvenirs, doux et aigres — leurs photos, le décor de mes amours fulgurantes et de mes désamours violents.

Le plus dur à supporter

Le plus dur à supporter quand j’ai relu tes anciennes lettres, ce sont les gentillesses les preuves de tendresse, toutes ces vagues d’amour. La méchanceté ça passe avec le recul on l’attend, on l’a déjà vécue on sait où elle est tapie. La gentillesse les preuves d’amour, c’est insupportable à relire. Insupportable. Ça m’a nouée à chaque fois, ça m’est tombé dessus, de recoins où je ne les savais pas enfouies, des preuves d’amour que j’avais oubliées. J’en avais oublié la teneur les détails la vérité indéniable, il ne restait dans ma mémoire que ce que je savais viscéralement sans preuve — l’immensité de ton amour pour moi. Et les preuves je les ai toutes trouvées dans ces tombereaux de gentillesse de tendresse, témoins dérisoires ténus, douloureux. Douloureux ça l’était de relire ça, douloureux à en crever — pire que tout.

Évidemment j’ai tout gardé, évidemment un écrivain garde tout — matière à futurs écrits romans mémoires récits poésie, la seule façon de sauver la personne que tu fus, sauver celle que je fus redonner une chance à ce que nous avons vécu, à ce que nous avons été, que tout cela n’ait pas existé en vain, cet amour, toi moi ce temps-là.

Tout relire

Tout relire pour retrouver et oublier — puis réécrire à partir de ces deux couches de souvenirs, les anciens, originaux, et les nouveaux, réalimentés resurgis à la relecture des lettres mails journaux carnets de bord.

Il y a les photos aussi, exhumées retrouvées revisionnées pour l’occasion. Qui déclenchent d’autres souvenirs, complémentaires.

Toutes ces couches de souvenirs se mélangent se confondent pour fabriquer un troisième niveau, ce que j’écris. Je me souviens de ce que j’ai écrit alors, ce que j’écris maintenant, ce que j’écrirai un jour.