Archives du mot-clé Désastre

Capitalisme carnassier encore

Les gens qui se font livrer au plus fort d’une tempête comme pendant la tempête Ida et ses torrents d’eau dans les rues à New York City. Voir les copies d’écrans du tweet et de quelques saines réactions ci-dessous.

le tweet d’origine

Comme le dit cette députée, « if it’s too dangerous for you, it’s too dangerous for them », si c’est dangereux pour soi au point  de ne pas vouloir sortir chercher à manger, c’est dangereux pour le livreur. Cela devrait aller de soi mais les gens sont égoïstes et de purs connards comme le dit ce photographe qui documente justement ce genre de situations. Plusieurs ont réagi : ne pouvez-vous pas pour une fois aller faire un tour dans vos placards, faire réchauffer un plat surgelé au micro-ondes, manger une soupe instantanée ou des pâtes, voire au pire manger un bol de céréales — ‘ it’s okay to eat cereal during historic flooding’ ? »

Au-delà des abrutis (qui font partie des privilégiés qui ont le luxe de pouvoir ne pas travailler au milieu d’une catastrophe « naturelle ») qui commandent de la nourriture pendant une tempête historique, comme tout passe par les fameuses « apps » dans le téléphone (fini le temps où l’on téléphonait à son restaurant favori et on demandait une livraison, il en reste encore mais de moins en moins) donc comme tout passe par les fameuses « apps » surtout à New York City, pourquoi tout simplement les « apps » en question n’ont-elles pas fermé leur service pour la soirée tout en payant malgré tout leurs livreurs une compensation catastrophe  naturelle (livreurs qui ont n’ont pas forcément le choix de pouvoir ne pas travailler, même une seule soirée) ? D’autant que ces « apps » marchent dans le monde entier, donc couper le service seulement  pour une petite région géographique ne va pas leur faire perdre beaucoup d’argent aux multimillionnaires qui en sont les propriétaires.  Qui eux se dorent au soleil de la Silicon Valley pendant que les pauvres livreurs avec de l’eau jusqu’à la garde risquent leur vie pour 5 dollars la course y compris le pourboire. Capitalisme carnassier encore, toujours plus toujours plus !

Mon fils cadet a été livreur pour l’un de nos restaurants haut de gamme locaux : heureusement le manager fermait et surtout arrêtait les livraisons quand la tempête montait en puissance et si elle s’avérait importante (essentiellement des tempêtes de neige en hiver). Éventuellement ce manager finissait lui-même les quelques dernières livraisons en cours à la place de ses livreurs parce qu’il ne voulait pas les envoyer au casse-pipe à sa place et que de plus son véhicule personnel était un gros pick-up 4×4 (contrairement aux véhicules personnels des livreurs et à la petite Toyota de livraison du restaurant). Ensuite il fermait les livraisons pour le reste de la journée et de la soirée et refusait catégoriquement de faire ou faire faire toute livraison. Il se faisait abrutir d’injures par les certains « clients » pour ça, des purs connards qui sont légion dans notre région riche et snob, ces gens-là sont « entitled » (ils ont le droit parce qu’ils ont de l’argent). « Si c’est dangereux pour vous, c’est dangereux pour eux [les livreurs] ». C’est ce que j’ai toujours pensé bien avant que mon fils soit livreur et il ne me serait jamais venu à l’idée de me faire livrer un repas au beau milieu d’une tempête d’envergure — ce n’est pas que je me fasse livrer des repas souvent (plutôt jamais).

Dans ce restaurant le guichet de vente à emporter restait encore un peu ouvert tant que la tempête n’était pas trop forte, si les gens voulaient vraiment un repas tout prêt, ils n’avaient qu’à venir le chercher eux-mêmes après tout.  Puis si la tempête continuait à s’intensifier et que cela commençait à devenir trop difficile pour les employés de rentrer chez eux, il fermait tout simplement.

Heureusement ce restaurant employait ses propres livreurs (salariés du restaurant) et non pas ces horribles « apps » qui « ubérisent le travail et le paupérisent — sauf pour les multimillionnaires propriétaires de ladite app. 

Où est ma guillotine ?

Les cours du Collège de France

Je viens de finir d’écouter toute la série de cours du Collège de France sur les pandémies et c’est remarquable. Quand on entend Collège de France on prend un peu peur et on se dit que ça risque d’être trop ardu mais pas du tout. J’écoute de temps en temps Michel Zink ou Antoine Compagnon sur la poésie et la littérature et c’est effectivement spécialisé mais toujours très clair.

Concernant la série qui nous intéresse ici, celle sur les pandémies, il s’agit des cours d’Arnaud Fontanet pour la chaire de Santé Publique (2018-2019) (qui n’a été mis en ligne que tardivement, bien après le fait, courant 2020 ou peut-être même 2021, du moins bien après que la pandémie actuelle ait commencé. C’est souvent le cas : j’ai remarqué que les cours de l’année sont mis en ligne sur le site de podcasts que j’utilise un an ou un an et demi après que les cours aient été donnés. Donc un jour de fin 2020 ou début 2021, j’ai vu arriver ces cours sur les pandémies  —  évidemment dans le contexte actuel cela m’intéressait au plus haut point, d’autant plus qu’il s’agissait d’Arnaud Fontanet que je trouve toujours très limpide dans ses interventions variées (et que je ne connaissais pas spécialement avant notre pandémie actuelle : je l’ai découvert dans la série de France Info TV « Scan: » sur notre pandémie mise en ligne courant 2020 presque en simultané avec ce qu’il se passait).

C’est le propre des grands savants qui maitrisent parfaitement leur sujet que de pouvoir en expliquer les grands traits tout autant que les subtilités en termes clairs, sans jargon jargonneux (qui souvent cache une mauvaise maîtrise du sujet).

Le sujet est donc de grand intérêt en ce moment. L’épisode le plus saisissant de cette série et que je recommande encore plus, est le numéro 3, celui sur le SARS originel de 2003 qui est comme une répétition générale (en plus mortel) du SARS- COV-2. Dans cet épisode Arnaud Fontanet décrit par le menu ce que nous allions vivre un an plus tard à l’échelle mondiale puisque le cours a été donné au Collège de France le 18 février 2019. Donc pas de biais par rapport à notre pandémie actuelle puisque le cours a été écrit et donné bien avant. Mais ce qu’il décrit pour le SARS version 1 est exactement ce qui nous est arrivé : les façons de faire avec les quarantaines, les privations de déplacements, les mises à l’isolement des malades, la recherche de contacts et des contacts de contacts. Le plus saisissant rétrospectivement est la description d’un système de santé, celui de la ville de Toronto au Canada, qui a été mis sur les genoux en moins de 2 mois pour quelques dizaines de cas « seulement » du premier SARS.

Les autres cours de la série sont intéressants aussi bien entendu : Arnaud Fontanet y parle notamment de la rapacité et  de l’avidité pour les profits à tout crin (j’allais dire quoi qu’il en coûte — sarcasme) des grands groupes pharmaceutiques, notamment dans l’épisode sur la pandémie d’hépatite C en Égypte. Cela résonne avec les prix des vaccins actuels et la non-ouverture de leur formulation / procédé de fabrication à tous,  en open source / générique…  Et comment certains traitements sont à 100 ou 1000 fois le prix des génériques — quand ils sont permis par Big Pharma.

Son cours est en langage courant tout en étant précis et limpide. Je le conseille vivement d’autant que datant d’avant la pandémie actuelle, il n’est pas suspect de catastrophisme de circonstance ni d’accroche pour faire vendre  / faire peur ni de biais politique.

https://www.college-de-france.fr/site/arnaud-fontanet/course-2018-2019.htm

et un site de podcasts pour écouter sans être devant son ordinateur (dans un baladeur mp3 ou son téléphone) : https://podcasts.apple.com/us/podcast/santé-publique-2018-2019-arnaud-fontanet/id1453704964

C’est le site de podcasts que j’utilise mais en partant du site du Collège de France on doit pouvoir en trouver d’autres ou écouter directement sur Internet à partir de leur site. Personnellement j’écoute en différé et déconnecté dans un lecteur MP3 ancien, pendant que je mange en général. C’est d’ailleurs l’un de ces podcasts sur les pandémies que j’écoutais bien tranquillement et de façon inconsciente avant le branlebas de combat de la tempête IDA 10 minutes plus tard (lire mes articles sur la tempête Ida sur mon blog ici : https://michusa.wordpress.com/?s=tempête+ida  )

PS : ces cours et les podcasts sont évidemment gratuits !

Ida dans mon basement — la menace intérieure

Ida nous a tous pris de court, on n’imaginait pas la violence des pluies (sur un sol déjà surchargé avec toutes les pluies torrentielles et diluviennes de l’été, les nappes d’eau et les rivières déjà toutes gonflées et au plus haut de leur capacité normale, sans beaucoup de marge pour accueillir encore plus d’eau.

1.8 degrés F (1 degré C ) de plus de température cela fait 7% d’humidité que l’air peut contenir en plus, d’où ces pluies violentes et extrêmes tant en quantité qu’en fréquence de ces dernières années.

Alors c’est vrai les météorologues nous avaient prévenus de pluies très violentes avec des risques d’inondations très importants pour Ida, mais nous étions un peu insensibilisés parce que c’était la 3ème queue de tempête de l’été et pour les précédentes Henri et Elsa) chez nous cela s’était manifesté par de fortes pluies : donc nous attentions des fortes pluies and so what ? Sauf que c’était la 3ème fois justement et entre les tempêtes l’été avait été aussi très pluvieux (l’un des 10 étés les plus pluvieux depuis le début des mesures il y a 150 ans) et que personne n’a vraiment pris en considération que les sols étaient tellement saturés qu’ils ne pourraient plus absorber d’eau supplémentaire. D’où les inondations éclairs (flash floods), d’où Ida dans mon basement.

Je ne me suis pas sentie trop concernée non plus par les flash floods parce que nous vivons sur les hauteurs tout en haut de la ville et en plus d’être sur ces hauteurs nous sommes en haut d’une petite butte dans notre rue et loin de tout cours d’eau. Donc à part de l’eau qui peut dévaler éventuellement les escaliers du sous-sol pas trop d’inquiétude, d’autant que cela arrive moins souvent maintenant qu’il y a des galets au lieu du bitume juste devant cet escalier qui va vers le sous-sol via la hurricane door (porte d’évacuation en cas d’ouragan). Il est déjà arrivé d’avoir un peu d’eau à 2 endroits du sous-sol, en cas de fortes pluies ou de fonte de neiges, mais de façon très localisée et peu étendue, simplement mouillé sans hauteur d’eau mesurable. Ni si rapide. D’autant que cette fois toutes les pièces ont été touchées, pas une où se réfugier (si l’on voulait rester dans le sous-sol en attendant que l’alerte tornade passe justement), pas une pour transférer les quelques objets (des piles de livres que j’étais en train de trier, piles qui étaient dans un endroit qui était peu susceptible d’être mouillé et n’a jamais été mouillé de fait). La petite chambre du fond dans laquelle ne passe aucun de tuyau d’eau n’avait jamais été mouillée en 19 ans et les 2 placards des 2 chambres jamais non plus car même si dans l’une des chambres il y a eu des fuites de tuyaux, cela n’a jamais été d’ampleur suffisante pour mouiller toute la pièce, encore moins le placard qui est dans un coin loin de tout tuyau. 

Pourtant c’est exactement ce que nous avons eu : les inondations éclair ou flash floods dans notre sous-sol, notre basement, l’eau des fondations ne pouvait plus s’évacuer de la façon habituelle par les drains et par les pompes des fondations qui ne tournaient pas assez vite et ne tenaient pas la vitesse avec la pluie. La menace était bel et bien intérieure puisque l’eau n’est en fait pas descendue des escaliers ni passée par les fenêtres du sous-sol, mais montait du sol à travers la dalle en béton et passait aussi un peu à travers les murs à 30 cm au-dessus du sol !

J’étais également préoccupée par une poignée d’autres choses. Tout d’abord les travaux qui avaient tout juste eu lieu pour réparer la fuite de la ligne d’alimentation en eau de la maison, le 26 août et tout ce qu’il me restait à remettre en état dans le jardin. Je me disais que d’une part une forte pluie allait stabiliser et aider à tasser les sols de la pelouse et de l’allée qui avaient été ouverts et retournés avant d’être re-remplis et aussi que les fortes pluies allaient laver mon allée restée très boueuse (une vraie patinoire ) et m’éviteraient d’avoir à louer un Kärcher pour la nettoyer (cela a été effectivement le cas). 

Préoccupée aussi par le déménagement de ma fille à New York City, voisine certes, mais avec beaucoup d’allées et venues en voiture — beaucoup de choses à penser, à préparer, des courses et bricolages à faire, des allers et retours à Ikea etc.

Et surtout j’étais préoccupée par l’opération chirurgicale de ma fille prévue pour le 1er septembre justement.

En voyant les prévisions météo, je m’étais juste dit, « j’espère qu’on sera rentrés avant le démarrage de la pluie » — en fait nous sommes repartis de l’hôpital alors que le ciel commençait à se déverser sur notre tête, l’infirmière m’a même fait monter sur la plateforme devant la porte avec ma voiture pour que ma fille ne soit pas mouillée — elle n’était en plus que modérément mobile, encore dans les vapes et nauséeuse. C’est pour cette raison que nous avons attendu encore une heure après l’heure où on nous a demandé de venir la chercher : elle était encore trop nauséeuse et ils ne voulaient pas la laisser sortir.

Cette heure de plus a été la raison pour laquelle nos sommes partis de l’hôpital alors que les trombes d’eau commençaient à se déverser, nous a obligés à faire des tours et des détours à cause d’arbres tombés sur les routes. Mais heureusement il n’y avait pas encore les inondations. L’hôpital est à environ 30 mn de la maison et nous étions rentrés avant le pire — juste à temps, m’étais-je dit.

Pour toutes ces raisons je n’étais pas prête, et quand je dis pas prête, mon basement complètement moquetté et aménagé est quand même prêt depuis longtemps pour affronter des inondations modérées, il est prêt en permanence puisque j’ai l’habitude d’avoir de l’eau par terre suite aux multiples et fréquentes fuites d’eau de tuyaux ou de lave-linge ou de ballon d’eau chaude : donc il est waterproof à 20 ou 30 cm, tout ce qui est directement posé sur le sol est dans des caisses plastiques exclusivement et tout le reste est surélevé pour que rien de ce qui craint ne soit à même le sol.

Donc pas de dommages majeurs puisque tout était protégé et les 2 ou 3 choses qui ne le sont pas ont été montées en 4ème vitesse (en gros : la grosse caisse de la batterie de mon fils qui est posée sur une plaque en plastique si jamais la moquette s’humidifie suite à une fuite de tuyau, mais ce n’est pas prévu pour 5 ou 6 cm.

L’eau est montée à la cheville puis vers minuit a arrêté de monter et vers 1 h du matin avait complètement reflué ce qui nous a permis d’aller dormir un peu plus tranquille.

Je n’étais pas préparée mentalement surtout donc nous avons couru dans tous les sens au lieu d’avoir un plan et de le suivre puisque le plan n’était pas prêt. Nous avons eu un plan de dernière minute quand l’alerte tornade est devenue imminente (je ne m’affolais pas puisque la mairie n’avait pas appelé) donc nous sommes descendus aux abris en catastrophe (et donc je n’avais pas préparé le sac habituel avec les essentiels en cas d’évacuation ou de démolition de la maison, sac que je prépare d’habitude en cas de probabilité d’ouragan ou de tornade). D’autant plus et surtout qu’il fallait tenir compte de ma fille qui n’était pas très mobile et devait se reposer dans un environnement propre et non mouillé. Hors de question d’aller gambader sous la pluie pour évacuer par exemple. Et 10 mn après nous être mis « aux abris »  au sous-sol comme le veulent les recommandations en cas de tornade, l’eau a commencé à monter dans ledit sous-sol donc nous avons fait tout le transfert inverse, ma fille puis tout ce que nous avions transporté en ordre dispersé « aux abris ». Je suis encore allée chercher les passeports dans le sous-sol (au lieu de les avoir dans le sac d’évacuation et de survie préparé à l’avance) après que nous ayons essayé d’écoper puis laissé tomber parce que cela ne servait pas à grand-chose. Si tous les préparatifs avaient été faits, nous n’aurions pas eu à courir partout de façon désordonnée et non efficace. Être préparé sur le plan matériel avec les sacs prêts, un plan à suivre en cas de besoin et être préparé aussi sur le plan mental aurait permis d’éviter tout ce stress inutile surtout en ayant à gérer quelqu’un qui sortait d’une opération chirurgicale.

Il me faut quand même dire que cette menace intérieure a été inédite en 19 ans : les quelques alertes tornade ont eu lieu sans inondation, même l’alerte ouragan du grand ouragan Sandy où nous avons dormi pendant une semaine dans ce sous-sol ! Ni celui de la tempête sans nom de l’année précédente à Sandy, (tempête de Halloween 2011 ) où nous avons dormi également pendant 4 jours dans ce sous-sol.

Nous avons eu de la chance, la maison a tenu, n’a pas été détruite par la grosse tornade qui a traversé le New Jersey, l’inondation du sous-sol a été limitée et pas si rapide que ça (certains ont eu de l’eau jusqu’en haut des marches de leur sous-sol, certaines fois en l’espace de quelques minutes ), nous n’avons pas perdu le courant (les pompes ont donc pu continuer à pomper sinon nous aurions eu encore plus d’eau dans le basement), l’eau n’est pas sortie non plus des prises électriques (cela s’est produit pour certains) donc je n’ai pas eu à couper le courant (heureusement pour les pompes donc), nous n’avons pas eu de dégâts majeurs, rien à part la moquette à faire sécher (17 jours plus tard j’en suis à finir de sécher les 2 pièces du fond, la moquette est encore un peu moite sous les meubles, donc je bouge tout  j’aère quand je peux s’il ne fait pas trop humide dehors, je ventile et je déshumidifie) et surtout nous avons tous survécu. L’eau n’a pas non plus refoulé des égouts par la douche et les toilettes du basement (cela est arrivé à certains ! ) donc nous ne nous plaignons pas. Ça aurait pu vraiment être bien pire, nous avons eu de la chance.

La station d’épuration de notre ville a été noyée elle aussi, mais a pu continuer à fonctionner heureusement, grâce aux employés qui doivent avoir un plan catastrophe efficace et qui ont pu en maintenir le fonctionnement malgré la furie des éléments.

Notre ville était sur le chemin de passage prévu de la tornade, mais ça a été une fausse alerte pour nous heureusement (alerte qui a duré moins d’une demi-heure, mais qui nous a mis dans une position où nous étions entre 2 directives contradictoires : nous abriter au sous-sol à cause de l’alerte tornade et en même temps aller aux étages pour éviter l’inondation-éclair dans le sous-sol.

Bref moi qui suis toujours prête, je n’étais pas prête cette fois, pas prête à ça du tout! Pas prête pour la menace intérieure de l’eau qui monte de dessous la maison ! Très stressant parce qu’on ne sait pas à quelle hauteur ni quand l’eau va s’arrêter de monter (ce n’est pas comme avec une fuite d’eau : dans ces cas-là dès qu’on coupe l’eau cela s’arrête, là impossible de couper la pluie évidemment), mais on a eu de la chance, pas de dégâts majeurs ni de menace vitale.

Toutes les séquences du montage vidéo ont été tournées  lors de la terrible soirée du 1er septembre et montrent la tempête Ida dans notre basement qui est un espace totalement habitable et chauffé en hiver avec moquette, télé, Internet dans toutes les pièces. Dans la pièce principale qui a été la plus atteinte et où vous nous verrez écoper et aspirer, l’eau nous est montée à la cheville — on peut être contents ça aurait pu être pire — c’est la pièce d’où je fais mes cours de tai-chi par Zoom depuis plus d’un an. 

Et je répète : la menace était intérieure : l’eau est rentrée par le sol à travers la dalle parce que les 2 pompes ne pouvaient pas pomper assez vite. L’une tournait en continu et déversait dans le puits et celle du puits tournait toutes les 10 minutes dès que le puits arrivait à un certain niveau. Même chose cela n’a pas débordé du puits du tout. L’eau est même rentrée par les murs à 20 ou 30 cm du sol . En fait dans la salle à outils elle n’est pas descendue par les marches contrairement à ce que je dis dans la vidéo et que je croyais, mais elle filtrait de la terre des fondations derrière les marches et aussi du sol en bas des marches.

Même chose partout dans tous les basements du New Jersey ou presque. Chez mon amie Helen qui habite une ville voisine, même chose, en 30 ans elle n’avait jamais eu d’eau qui remontait à travers la dalle et aussi de l’eau qui coulait comme un robinet de son mur à 30 cm du sol  ! Son puits non plus ne débordait pas, mais la pompe n’arrivait pas à pomper assez vite et aussi l’eau est allée ailleurs que dans ce ou ces fameux puits, il y en avait tellement et avec une telle vitesse qu’elle n’a pas suivi ses chemins habituels qui la drainent dans le puits en temps normal et a percé à travers le sol et les murs.

Beaucoup de travail de séchage, mais rien perdu et rien d’endommagé, le frigo n’a pas été noyé donc fonctionne toujours, idem pour lave-linge et sèche-linge. La flamme du ballon d’eau chaude (flamme à une dizaine de cm du sol) n’a pas été éteinte non plus. Pour la chaudière ce devrait être bon, je le saurai mi-octobre quand je la remettrai en route : si ça ne chauffe pas les tuyaux c’est que la flamme est éteinte et j’appellerai ma compagnie de gaz pour la rallumer et la vérifier (cela arrive de temps en temps de toute façon, indépendamment de toute inondation, souvent un thermocouple à changer ce qu’ils ont fait l’automne dernier). 

Je tâcherai d’être prête la prochaine fois, pour la prochaine intempérie quelle qu’elle soit comme je fais d’habitude, sans me laisser distraire ou préoccuper par d’autres soucis aussi légitimes qu’ils soient, de ne pas me dire que ça ira, comme on dit ici : se préparer pour le pire en espérant le meilleur (prepare for the worst hope for the best).

J’en viendrais presque à regretter

voiture pleine comme un oeuf

J’en viendrais presque à regretter le temps suspendu de la pandémie, où nous étions claquemurés chez nous sans bouger beaucoup, où tout était au ralenti, même après le confinement « strict » du printemps, pendant l’été et en fin d’été, la même époque de septembre l’an dernier, où nous commencions à respirer, mais sans vaccin et avec l’épée de Damoclès toujours pendue au-dessus de nos têtes, tout restait encore très calme et très ralenti. 

Alors qu’aujourd’hui tout est reparti au galop, nous courrons partout comme des poulets sans tête, comme si la pandémie n’avait pas existé (ou presque), surtout comme si nous n’avions rien appris de cette période (nous n’avons rien appris).

Tout s’est précipité pour moi, surtout depuis 15 jours, plusieurs gros chantiers, certains prévus, mais qui ont coïncidé alors qu’ils n’auraient pas dû, certains totalement imprévus comme la tempête Ida et ses conséquences) : les grands travaux de Versailles dans mon jardin et ma driveway pour réparer une fuite d’eau qui durait depuis le mois de février (et sans doute avant, février c’est quand je m’en suis aperçu lorsque j’ai vu l’eau par terre dans une des chambres du basement), fuite que je contenais tant bien que mal depuis tout ce temps (couper l’eau la nuit, la rallumer au petit matin et vider un petit container de 2 litres tout au long de la journée — fuite mal placée et pas de possibilité de mettre un container plus gros), en fait une fuite sur la ligne d’alimentation en eau de la maison, ligne qu’il a fallu re-router complètement depuis le puits, les grands travaux ont eu lieu le 26 août ; ma fille qui déménage à New York City (c’est voisin heureusement,  une quarantaine de kilomètres, moins d’une heure de route) avec donc des allées et venues pour tout transporter, plus les allers et retours à Ikea (encore 30 kilomètres) pour les meubles, courir les magasins et les sites Internet pour les achats nécessaires, les bricolages et autres montages desdits meubles Ikea ; l’opération de ma fille le 1er septembre avec tous les préparatifs et visites médicales avant l’intervention (15 kilomètres) ; et ce même 1er septembre simultanément la tempête Ida avec l’ampleur inattendue qu’elle a prise chez nous dans le New Jersey et les dégâts qui ont suivi (et encore, personnellement nous avons eu de la chance, pas grand-chose, pas d’effondrement de la maison, pas de perte de biens, juste de la moquette détrempée et à faire sécher — ce qui prend un temps fou quand un jour sur 2 il fait soit un peu de pluie et donc humide à plus de 80% d’humidité soit il y a quand même entre 80 et 90% d’humidité dehors malgré le soleil. 

En clair je suis en limite de surmenage (ou pour utiliser le mot à la mode qui veut dire exactement la même chose en burn-out). 

Hier samedi dernière journée pleine à New York City à l’appartement, pour monter la télé au mur (chose que nous n’avions jamais faite de notre vie, nous en avons vu de toutes les couleurs mon fils et moi, d’autant que nous avions des outils limités, puisqu’apportés avec nous), à manipuler et ranger après avoir transporté tout le reste du déménagement, et déchargé la voiture pleine comme un œuf, garée en double file dans la rue sur la voie des vélos — c’est comme ça qu’on fait à New York City, pas moyen de faire autrement, ce n’est pas autorisé officiellement bien entendu et ça me stresse énormément, je suis pour le respect du Code de la route, s’il y a un code c’est pour une raison et pas pour embêter les gens — dans un Manhattan hystérique et très busy dans tous les sens du terme, en mode hyperactif et avec un monde fou : les vélos partout, les gens qui circulent en vélo bleu au lieu de marcher comme avant, les livreurs à vélo, les vélos électriques qui sont des scooters qui ne le disent pas et foncent à 40 ou 50 km/heure même en dehors de leurs pistes cyclables, voire sur les trottoirs. Les vélos ne respectent pas les feux rouges de toute façon ni même les sens interdits sur leurs propres pistes cyclables. Comme elles sont étroites elles sont à sens unique, mais pourquoi se gêner, le Code de la route c’est fait rien que pour les embêter c’est connu. En plus des vélos de toutes sortes, les scooters (les vrais scooters, c’est nouveau, on n’avait pas cette plaie aux États-Unis jusqu’à présent, c’est fini apparemment) les trottinettes dont certaines sont aussi électriques et foncent à 40 ou 50 km/h, les taxis (jaunes), les voitures — tout ce trafic routier est revenu comme avant, les piétons partout bien sûr aussi — les New-Yorkais (il faisait très beau) et les non-New-Yorkais, plus tous ceux venus pour les commémorations des 20 ans du 9/11 (mauvaise planification de notre part, mais pas trop de marge de manœuvre non plus). Ne manquaient à l’appel que les touristes (les frontières avec l’Europe et le Canada sont toujours fermées — heureusement, cela faisait un poil moins de gens sur les trottoirs et à traverser inopinément les rues ), mon père gardez-vous à droite, gardez-vous à gauche comme disait l’autre.

Tout ça en plus de la gestion courante habituelle du quotidien de la maison et du jardin, plus la saison des feuilles qui s’annonce en avance (très en avance) cette année : ma driveway est couverte de feuilles tombées — vertes (qu’est-ce que cela annonce ? c’es la première fois que je vois les feuilles tomber encore vertes).

Aujourd’hui j’ai fait relâche même s’il aurait fallu encore faire sécher le sous-sol : j’ai laissé sécher tout seul avec les ventilateurs et le dés-humidificateur (qui n’ont pas pu tourner hier puisque nous n’étions pas à la maison), alors que j’aurais dû continuer à déplacer les meubles pour faire sécher en dessous et passer du produit chloré pour éviter les moisissures.

J’ai fait relâche pour éviter de m’effondrer. Déjà depuis plusieurs jours des douleurs partout et hier des douleurs à la hanche et au sternum — les positions bizarres et inconfortables quand on bricole et surtout le démontage de la moquette dans 2 placards du sous-sol en sont la cause, moquette qui était collée, clouée et agrafée ! J’étais à la limite de tituber de fatigue, je me suis tenue à la rampe à chaque fois que j’ai descendu et monté l’escalier dans l’appartement (plusieurs dizaines de fois). Nous sommes repartis mon fils et moi vers 19h30 (un trafic routier fou dans Manhattan, une demi-heure d’attente rien que pour récupérer notre voiture au parking) et, une fois sur notre autoroute I 78, j’ai roulé à 50 à l’heure (50 miles/h environ 75 km/h au lieu des 65 miles/ heure (environ 100km/h) réglementaires, qui se transforment en 75 boire 80 dans notre coin de New Jersey fou furieux au volant depuis ces dernières années) derrière une voiture qui se trainait et que je n’ai pas doublée pour avoir le prétexte de pouvoir rouler plus lentement.

J’ai fait relâche mais j’ai quand même fait quelques lessives, remis ma voiture en état (elle avait été vidée intégralement de son contenu pour pouvoir charger le déménagement et les sièges mis à plat), ventilé et aéré mon sous-sol, en ouvrant portes et fenêtres,  mais sans rien faire de physique ni de mental d’ailleurs (les tâches administratives et autres factures attendront demain).

Oui j’en viens à regretter le temps de l’an dernier où tout était plus lent — c’est quand même malheureux  qu’il faille une pandémie pour en arriver à ralentir, et encore ça n’a pas duré très longtemps.

Pierre et le loup — trace

Trop d’alertes, d’avis, de notifications émoussent l’attention. À force de recevoir trop d’alertes on finit par être insensibilisé, à ne plus vraiment prêter attention. Ce qui s’est passé dans une certaine mesure pour la tempête Ida qui nous a tous pris par surprise, personne n’était vraiment prêt ni ne s’attendait à une telle tempête, à un tel déluge d’eau [lire ici : https://michusa.wordpress.com/2021/09/05/ida-dans-mon-basement/ ]

Et encore ce sont des alertes légitimes et qui viennent des météorologues et des autorités. C’est leur rôle de nous signaler les risques apportés par ces tempêtes et les fortes pluies. Même si à force nous avons été émoussés, ces alertes ne sont pas faites de mauvaise foi ni par intérêt ou sensationnalisme, c’est déjà ça (ce qui est différent de certaines alertes, lire ici Pierre et le loup :  https://michusa.wordpress.com/2021/09/01/pierre-et-le-loup/

Elles ne sont pas faites avec malveillance, nous avons besoin de ces alertes. Il y en a simplement eu trop parce qu’il y a eu trop d’événements climatiques cet été, l’un des 10 étés les plus pluvieux depuis le début des enregistrements il y a 150 ans.

Mais comme a dit Malyloup dans son commentaire, c’est un effectivement un peu comme Pierre et le loup toutes ces alertes « pour rien » . Encore que dans le cas de la tempête Ida, finalement les alertes ont été plutôt sous-jouées que sur-jouées. Tout le monde était insensibilisé par les tempêtes à répétition depuis le début de l’été, on pensait que celle-ci ne serait pas différente.

J’en ai eu une autre d’alerte ce matin, une alerte qui tombe vraiment dans cette catégorie d’alertes sur-jouées  : l’alarme incendie qui se déclenche (trop souvent) et là, je pense que le jour où ce sera vraiment le feu nous n’y prêterons pas l’attention qu’il faut. Ce matin j’ai eu le malheur d’allumer une des bougies parfumées que je fais brûler dans la journée au sous-sol pendant que j’aère et que je ventile. Cela fait plusieurs jours que tous les matins j’allume plusieurs de ces bougies (la moquette mouillée en train de sécher, ce n’est pas très agréable comme odeur) mais ce matin comme j’arrivais au fond de la bougie, je ne l’ai pas allumée au briquet comme d’habitude mais j’ai utilisé une allumette pour ne pas me brûler les doigts. Mal m’en a pris quand je n’ai pas vu que j’étais trop proche d’une de ces alarmes incendie et que ça a déclenché la sonnerie dans toute la maison. 

Cela arrive aussi quand on allume le four en position grill ou qu’il y du fromage qui brûle. Mais cela arrive aussi de façon aléatoire si l’on ouvre trop rapidement la porte de la salle de bain en hiver et que l’on a pris une douche trop longue trop chaude : la vapeur déclenche l’alarme qui est en face de la porte de la salle de bain. Ma fille qui prenait souvent sa douche tard dans la nuit nous l’a déjà déclenchée plusieurs fois pendant qu’on dormait.

Au moins dans tous ces cas on sait que l’on a fait quelque chose susceptible de déclencher l’alarme donc on sait que c’est une fausse alerte. Pour la douche, la première fois on ne savait pas, donc exploration de toutes les pièces de la maison en reniflant partout — surtout que ces alarmes idiotes ne disent pas laquelle a été l’alarme source et comme il y en a au moins 10 si ce n’est plus dans toute la maison — pas encore dans chaque placard mais presque — il faut faire le tour pour l’identifier : si on reste assez longtemps sous chacune d’entre elles, celle qui est la source se différencie par un petit éclair rouge alors que les autres ont un petit éclair vert, éclairs qui ont lieu toutes les 3 ou 4 minutes. Inutile de dire que c’est très subtil et au milieu de la nuit on n’est pas les plus frais pour remarquer de telles subtilités et arriver à désigner l’alarme source. Ce serait quand même plus simple de savoir de façon évidente laquelle c’est pour vraiment examiner ses alentours au lieu d’avoir à inspecter toute la maison en détail. Un jour on ne le fera pas et ce sera la fois où ce sera vraiment grave.

Le pire de tout c’est quand elle se déclenche au milieu de la nuit (dans la journée cela peut arriver aussi mais en général c’est plutôt la nuit, loi de l’emmerdement maximum ou loi de Murphy, c’est aussi irritant dans la journée mais plus facile à supporter et à gérer) donc au milieu de la nuit pour « batterie faible » ce qui veut dire que la pile de secours est morte — pile de secours puisque ces alarmes sont toutes sur le secteur aussi. Et ça au milieu de la nuit, c’est abominable et inquiétant tout à la fois : on sait qu’on n’a pas fait la cuisine, une fois qu’on a eu fini d’accuser ma fille, qui dormait aussi ? eh bien on ne sait pas et il faut faire le tour de la maison et tout examiner. 

Être certain tout d’abord qu’il n’y a pas le feu (alors que si c’était le cas, on devrait plutôt foutre le camp non ? ) et ensuite même chose, difficile de voir laquelle a commencé donc laquelle a une batterie faible. Parce que ça va s’arrêter de sonner pour reprendre 5 ou 10 minutes plus tard. Il est déjà arrivé en désespoir de cause au milieu de la nuit, une fois qu’on était (à peu près, seulement à peu près ) certains que ce n’était pas le feu qu’on les débranche toutes (il faut les démonter du plafond puis ensuite enlever la batterie, une pile alcaline normalement).

J’en ai une seule d’une catégorie différente qui dit « batterie faible » : elle sonne tout d’abord pour réveiller les morts puis ensuite se met à brailler en alternance avec la sonnerie, « batterie faible ». Donc cette fois-là à 4 h du matin je savais laquelle c’était (celle du couloir, juste en face de la porte de ma chambre) elle alternait entre faire sonner partout dans la maison et crier « batterie faible » et je ne suis pas arrivée à l’arrêter. Elle a fini en miettes quand j’ai fini par arriver à la démonter du plafond (il faut un escabeau) et que de rage je l’ai balancée par terre.

Le lendemain j’ai changé la pile, remis les miettes dans le boitier et l’ai remise en place (et en fait elle « marche »  toujours… puisqu’elle sonne avec les autres quand l’une d’elles se déclenche). J’ai changé sa pile encore une autre fois depuis ce jour-là et elle m’a sorti la panoplie de tous ses cris parce qu’en plus de la sonnerie, elle cause : feu, monoxyde de carbone, batterie faible, virus du Nil, tempête de neige, changement d’huile, invasion de martiens — je m’égare.

Ces alarmes, incendie, monoxyde de carbone, radon, âge du capitaine et j’en passe, sont certes bien en théorie, elles partent d’un bon principe (il y a eu tellement d’accidents graves) mais l’exécution et la mise en oeuvre pratique est vraiment faiblarde et peu appropriée : ce sont d’authentiques histoires de « Pierre et le loup » à elles toutes seules,

Les 2 nouvelles que j’ai achetées récemment (au bout de 10 ans ou quelle chose comme ça, ça se change : le changement de batterie n’apaisait pas leurs cris, c’est là que j’ai vu la date de péremption de l’engin (date cachée dans la face qui est contre le mur comme ça c’est plus pratique…) donc les nouvelles que j’ai achetées en remplacement n’ont plus de batterie que l’on peut changer : la batterie incluse et inamovible est censée durer la durée de vie de l’engin, 10 ans donc. On verra, ce sera intéressant. En espérant que si ça arrive au milieu de la nuit, l’on puisse quand même la faire taire sans avoir à la détruire au marteau ou à la balancer dehors (ce sont les voisins qui seront contents ! ) L’argument du fabricant c’est justement pour éviter ce genre de situation où l’engin bipe quand sa batterie devient faible avant de se mettre à hurler si on ne l’a pas changée entre-temps (le fameux bip préalable à l’apocalypse est très espacé dans le temps et on peut le louper, surtout avec tous nos équipements électroniques qui bipent tous à un moment ou à un autre, on ne sait jamais quel appareil c’est). Épatant quand on habite en appartement  ! 

Lire aussi ici https://michusa.wordpress.com/2018/10/25/technologie/ un article precedent sur ces fameuses alarmes

Ida dans mon basement

Ida a déversé ses tonnes d’eau sur le New Jersey et je n’étais pas prête du tout. J’avais à peine prêté attention aux alertes météo moi qui les suis toujours scrupuleusement et rien préparé du tout moi qui suis toujours prête et qui me sur-prépare toujours au cas où. Pas cette fois. Mal m’en a pris. Je dois dire que j’avais été un peu insensibilisée (nous l’avions tous été et les autorités aussi apparemment) un peu insensibilisée disais-je, par les alertes précédentes qui ont été des fausses alertes ou bien moins terribles que prévu (tempêtes tropicales Henri et Elsa [lire https://michusa.wordpress.com/2021/08/22/en-attendant-henri/  et  https://michusa.wordpress.com/2021/08/24/henri-trace/ et https://michusa.wordpress.com/2021/07/10/ouragan-elsa/ ] ) donc je me suis dit que ce seraient de très fortes pluies, que vraisemblablement les pompes du sous-sol tiendraient, je n’ai même pas pensé avoir un peu d’eau puisque de fortes pluies nous en avons eues tout l’été (l’un des 10 étés les plus pluvieux depuis le début des mesures météo il y a 150 ans, ça je l’ai appris après )

Donc Ida est entrée dans mon basement, mon sous-sol tout aménagé avec 2 chambres de secours, une salle de bain, la salle de télé / sport / tai-chi, la buanderie et la chaufferie, il y a même un deuxième frigo / congélateur. Un basement aménagé classique en Amérique (une institution en fait, le basement qui permet d’étendre la surface de la maison, d’avoir un grande salle de jeu pour les enfants et éviter ainsi de chambouler le salon et les chambres, ou d’avoir une salle de musique ou autres activités pour les ados et les plus grands, certains ont un billard dans leur basement, beaucoup ont une télé, des consoles de jeux vidéos. On sait qu’il peut y avoir des inondations ou de l’eau, surtout dans le New Jersey quand il pleut beaucoup et que les pompes des fondations sont prises en défaut ou lorsque le ballon d’eau chaude fuit ou la machine à laver fuit ou qu’un tuyau d’eau gèle en hiver et explose. Tout cela m’est arrivé, certains de ces incidents se sont même produits plusieurs fois, comme à la plupart des gens ici et je suis relativement prête pour tout ça.

Mais ce qui est arrivé ce 1er septembre ce n’est jamais arrivé avant, ni à moi ni à personne d’ailleurs : tout le monde a été stupéfait par l’ampleur. Personne n’était prêt, pas même les autorités qui ont lancé des avertissements intempéries mais pas pires que d’habitude.  Nous pensions tous que ce serait encore une queue de tempête comme nous en avons régulièrement tous les étés.

Non vraiment je n’étais pas prête pour Ida dans mon basement.

Mais nous ne pouvons pas nous plaindre, nous avons eu de la chance et peu de dégâts finalement, l’eau s’est arrêtée au niveau de la cheville et n’est pas montée plus. Bien sûr on ne peut pas savoir à l’avance à quelle hauteur l’eau va s’arrêter, donc ça fait très peur, surtout à la rapidité à laquelle ça va. Et encore, pour nous la montée des eaux n’a pas été si rapide que ça rétrospectivement. Dans les sous-sols new-yorkais  l’eau est montée en l’espace de quelques minutes de « tout sec » à 2 mètres d’eau, les habitants de ces sous-sols ont été prisonniers sans pouvoir s’échapper puisque l’eau les empêchait en plus de sortir par la porte ou les soupiraux (victimes du capitalisme sauvage encore bien plus que de la météo puisque ces sous-sols sont sous-loués illégalement comme habitations en tant que telles au lieu de rester de simples extensions d’habitation en tant que basement ). Même chose pour les gens qui ont été piégés dans leurs voitures.

Peu de dégâts pour moi parce que quand même mon basement est toujours prêt pour un peu d’eau, surtout à cause des fuites des tuyaux d’eau ou du lave-linge. Mais les fuites on peut les contenir : une fois qu’on a coupé l’eau ça s’arrête, l’eau ne continue pas à monter plus haut. Là pas moyen d’arrêter la pluie, il fallait attendre que la pluie diminue. Peu de dégâts matériels puisque l’eau s’est arrêtée à hauteur de la cheville et pas de situation critique où il y aurait eu une menace pour nos vies, même si on ne peut pas le savoir à l’avance donc pendant qu’on le vit c’est extrêmement stressant.

Donc nous allons bien et, à part le sous-sol mouillé absolument partout, la maison est intacte, le toit est toujours en place, aucune tornade ne nous a touchés. Pour nous finalement ça a été plus de peur que de mal mais une piqûre de rappel pour moi : à l’avenir il me faudra toujours me préparer, même « pour rien », même si je me dis que ça devrait aller. Veiller à ne pas être insensibilisée par les alertes successives, comme on dit ici better be safe than sorry, quelque chose comme il vaut mieux prévenir que guérir.

Je suis en train de tout faire sécher à grand renfort de ventilateurs (6 en tout ! ) et d’un dé-humidificateur qui doit être livré dans la semaine, après avoir aspiré de l’eau pendant 3 jours. Ceci explique mon absence sur les blogs, j’ai un retard fou dans la lecture des blogs que je suis, retard qui préexistait mais qui a bien empiré depuis ce mercredi 1er septembre. Je n’ai pas beaucoup touché terre.

Pierre et le loup

Tout le monde connaît ce conte de Pierre et le loup où le petit garçon Pierre passe son temps à crier au loup quand il n’y a pas de loup pour se moquer et ennuyer tout le monde, jusqu’au jour où il y a vraiment un loup et quand il crie au loup qui est vraiment là cette fois, personne ne le croit.

Conte très important. Dans mon enfance ça a été un conte fondateur — ma mère et ma grand-mère me l’ont répété à l’envi bref il est ancré en moi et j’ai fait la même chose avec mes enfants. 

Évidemment il est pris en défaut, de plus en plus. Il y a manifestement des adultes qui n’ont pas écouté leurs parents quand ils leur ont raconté ce conte  — notamment avec le principe de précaution exacerbé de nos jours qui fait qu’on crie au loup à tout bout de champ, du coup quand c’est vraiment important personne n’écoute plus. On pourrait en parler pendant des heures tant cela se répercute dans tous les aspects de nos vies.

L’exemple que je veux donner maintenant est un exemple qui nous touche malheureusement tous en ce moment, il a trait à la pandémie actuelle.

Ce sont les laboratoires pharmaceutiques qui crient au loup. Ces grandes firmes pharmaceutiques sont haïes et à raison : de pharmaceutique et médical elles n’ont que le nom — un bla-bla marketing. En réalité ce sont des pompes à fric, juste derrière les traders et autres institutions financières de la bourse : de fait l’industrie pharmaceutique et de santé en général est le domaine industriel le plus rentable et le plus juteux de tous les domaines industriels : pour parler vulgairement, si vous voulez faire du pognon, beaucoup de pognon et vite, investissez dans la santé et l’industrie pharmaceutiques, les autres industries sont loin, très loin derrière sur le plan du profit. Pendant que leurs employés, chercheurs médicaux, pharmaciens et autres scientifiques véritables, ceux qui travaillent réellement ne le font pas  toujours dans les meilleures conditions. Ce sont donc les grands labos pharmaceutiques « big pharma » comme on les surnomme, qui crient au loup avec leur vaccin contre notre virus actuel.

Qu’on ne se trompe pas : les vaccins en général sont un immense progrès médical à la fois sur le plan individuel et sur le plan de la santé publique, et dans notre cas actuel,  la seule clef pour la sortie de cette pandémie. Certes. Mais a-t-on besoin d’en rajouter ? Les labos big pharma jouent les fiers à bras parce qu’ils ont le monopole de notre possible retour vers la normale et ils abusent de leur position… où est ma guillotine ? Et ce n’est pas un effet de langage, je le pense réellement.

Déjà quand, il y a quelques semaines, ils se sont mis à augmenter leurs prix pour ces vaccins, j’avais eu un haut-le-cœur. Cela s’appelle des profiteurs et il n’y a pas si longtemps, les profiteurs on les fusillait. Direct. Sans jugement. D’autant que les labos n’ont pas mis un seul centime dans la recherche de ces vaccins il faut bien s’en souvenir. Les recherches notamment sur la technologie ARN messager dataient d’avant et les avancées réalisées l’étaient pour d’autres maladies, recherches en cours bien avant la pandémie et payées donc avant aussi et pour autre chose. Ils n’ont fait que recycler et repositionner (ce qui est bien du point de vue scientifique, re ne nous méprenons pas : mais je parle ici du point de vue financier et monétaire. Les dépenses étaient faites et étaient budgétées et auraient été continuées s’il n’y avait pas eu la pandémie de toute façon. Donc ça ne leur a coûté rien de plus). Ensuite ils n’ont pas mis un kopek en plus et toute la recherche de repositionnement a été payée par les gouvernements des pays riches et notamment du gouvernent américain avec le projet Operation Warp Speed où le gouvernement américain a déversé des milliards de dollars (18 milliards plus précisément) sur toutes les firmes pharmaceutiques pour leur recherche et développement d’un vaccin contre ce virus. L’Europe, l’Angleterre et d’autres aussi ont déversé de l’argent à foison. Et ce sans obligation de résultat ni de rembourser lesdits gouvernements ou instances en cas d’échec ou de non-résultat. 3 firmes américaines ont émergé du lot avec un résultat et nous avons eu 3 vaccins de firmes américaines, le gouvernement anglais n’a pas été de reste et il y a eu un vaccin d’une firme et université anglaises.

Donc ces vaccins, nous, les citoyens, les avons payés d’avance. Ensuite ces firmes les revendent aux gouvernements qui payent les doses (puisque les vaccins sont « gratuits » pour le consommateur final, même aux États-Unis où l’on connaît pourtant l’état de déréliction du système de santé dû à une financiarisation à outrance de la santé — on pourrait développer longuement sur ce sujet aussi). Donc les gouvernements ont payé la recherche et le développement puis ils payent le produit fini ensuite, les fameuses doses. On aurait pu espérer que big pharma les vende à prix coutant, ces vaccins développés avec l’argent public, ce serait la moindre des choses, ce serait juste sur le plan commercial (simplement défrayer leur prix de fabrication et les matières premières, soit) et aussi ce serait juste sur le plan moral quand il s’agit d’une pandémie majeure et que l’humanité entière est dans le même bateau.

Alors savoir que non, ils n’ont pas été vendus à prix coutant, même pire ils ont été vendus au plus offrant c’est révoltant ! Puis une augmentation de 25% ! 25% ! c’est l’augmentation des prix pour l’Europe annoncée début août, sans doute ailleurs aussi. Ensuite cette augmentation de prix intervient sur des prix déjà fort musclés et quand on sait que ces firmes ont fait des profits indécents depuis le début de la pandémie pendant que la plupart de l’humanité souffre et meurt, c’est encore plus révoltant. Quand je disais guillotine… c’est peut-être trop humain la guillotine.

Et depuis quelque temps c’est le pompon : on se met à parler de 3ème dose… Sur le coup, d’accord pour les personnes immunodéprimées ou très âgées, personnes dont le système immunitaire n’est plus au meilleur de sa forme. Mais maintenant depuis une ou 2 semaines on nous parle (aux États-Unis mais pas que) de 3ème dose pour tout le monde, troisième dose poussée par ces labos big pharma. Sans donner du tout crédit à des théories du complot, j’avoue que là ça en prend le chemin du complot. Surtout quand ça arrive comme par hasard juste après une (forte, 25% ! ) augmentation de prix. Je suis un peu sur la défensive quant à cette dose supplémentaire au bout de 8 mois précisément (et seulement 8 mois, pas un an ou deux, ce n’est même pas un « rappel annuel » à ce stade ! ) pour le grand public. Sur quels critères scientifiques ? D’autre part est-ce bien raisonnable quand on n’a pas encore vacciné tout le monde (je veux dire ni tout le monde dans les pays qui sont bien avancés en vaccination, ni tous les pays du monde). Surtout quand on sait aussi que les Anglais ont justement commencé par cette stratégie de vacciner d’une seule dose le maximum de gens possible avant même de fournir la deuxième dose qui était a priori bien nécessaire (et cela semble avoir été scientifiquement prouvé pour celle-là). Quand on considère tout ça, la 3ème dose pour le grand public alors qu’on manque de doses (ou qu’elles sont trop chères, ou qu’on n’a pas assez d’usines pour les fabriquer — à d’autres, j’y reviens plus bas ! ) pour vacciner tout le reste de l’humanité ?

Les augmentations il y a quelques semaines, puis juste après ces augmentations on parle bizarrement de 3ème dose pour tous ceux qui ont déjà eu leurs 2 doses — 3ème dose au nouveau prix donc. Big pharma crie au loup avec le variant delta… Et la 3ème dose serait exactement la même dose qu’on a déjà eue, même pas un vaccin modifié et adapté au variant delta ou un autre variant. Vraiment ? 

Je trouve tout ça très suspect et même s’il s’avère que c’est scientifiquement valide au final (on le saura effectivement mais après seulement) cela ressemble fort à un coup commercial et financier : même si ce n’est pas du complot, ça y ressemble fortement. Et c’est très grave sur le plan moral (moral ? quelle morale ? pourquoi est-ce que je dis des gros mots comme ça moi ? ) Et encore pire, c’est contre-productif et ça alimente les théories complotistes. Comment en vouloir à ceux qui refusent de se faire vacciner parce qu’ils ne veulent pas obéir et donner raison et argent à big pharma ? Ils trouvent là une raison de douter. Et cette façon de faire immorale remet en question ce vaccin. Et tous les vaccins. Vaccins qui ne seraient donc qu’une pompe à fric ? Ce n’est pas vrai évidemment, les vaccins ont été un grand progrès de santé publique depuis la fin du XIXème siècle. Mais ces façons de faire de gangsters instillent le doute.

Pour couper l’herbe sous le pied de tout complotisme et tout doute, il aurait vraiment fallu imposer les vaccins libres de droits (d’abord comme je le disais ce sont nous, les contribuables qui avons payé la recherche et le développement de ces vaccins, ils sont à nous tous donc et pas aux big pharmabig pharma, voleurs ?  ) donc nous devrions pouvoir imposer aux requins financiers qui ont la mainmise sur ces big pharma et leurs dirigeants et actionnaires (si l’on ne peut par leur imposer, il suffirait de les guillotiner, quand je parle de couper autant couper là où il faut) leur imposer donc des vaccins libres de droits, qui puissent être produits partout dans le monde à partir de matières premières et de technologies développées avec nos sous en plus !

Mon coup de gueule n’est pas que le mien. J’avais ce doute et ce malaise depuis la nouvelle de cette 3ème dose et il y a 2 jours, un article du très sérieux New York Times, américain donc, pose les mêmes questions et émet les mêmes doutes en disant de façon documentée scientifiquement ce que je pensais et subodorais : il n’y a pas actuellement d’argument scientifique en faveur d’une 3ème dose (surtout la même dose pas modifiée pour aucun variant ! ) De plus cela pose le problème moral du manque d’accès aux doses pour une grande partie de l’humanité qui n’est toujours pas vaccinée (manque de doses, prix des doses et impossibilité de fabriquer librement partout dans le monde à cause des brevets.)

Ci-dessous quelques copies d’écran d’extraits de cet article du New York Times du 30 août 2021 :

Lire également l’excellent livre de Didier Pittet et Thierry Crouzet, Vaincre les pandémies (j’en reparlerai, il y a beaucoup de choses intéressantes et pertinentes dans ce livre et Didier Pitter s’y connaît en matière de « libre de droits », lui qui a donné les formulations du gel hydroalcoolique à l’humanité, libres de droits et impossibles à breveter), où Pittet évoque déjà au printemps 2020 qu’il faudrait que les vaccins soient libres de droits et non brevetables, non seulement pour des raisons morales, aussi pour la raison qu’il faut vacciner tout le monde sinon ça ne sert à rien, mais aussi et surtout parce que c’est contre-productif : il le dit aussi si on « fait du pognon » (beaucoup de pognon en plus ! ) avec les vaccins, certains seront contre, verront aussi du danger ou une tentative d’empoisonnement et toutes les théories complotistes possibles.

« Pour atteindre cet objectif d’universalité [de la vaccination], une seule solution : rendre public ce traitement, le mettre en open source, le verser au compte des biens communs de l’humanité. Comme je l’ai observé avec les formulations hydroalcooliques, l’ouverture fait taire les suspicions. Par exemple, on ne peut pas accuser un vaccin de contenir une substance cancérigène si sa formulation est publique. Un vaccin s’adresse à tous, il doit être adopté à grande échelle pour créer une immunité collective. On doit donc avoir confiance en lui, et la seule façon de construire cette confiance est d’ouvrir les portes de la maison, d’autoriser tout le monde à la visiter en disant : « Regardez, je n’ai rien à cacher. » Un vaccin doit donc avoir un coût minimal, mais aussi être transparent. »

Didier Pittet et Thierry Crouzet, in Vaincre les pandémies page 146

Il parle aussi des profiteurs qui trafiquent la formulation du gel hydroalcoolique avec des alcools autres que l’éthanol et dont certains sont toxiques, pour faire plus de profit, aux dépens de la santé des utilisateurs : au-delà des dangers et des dégâts, cela introduit le doute sur les solutions hydroalcooliques légitimes et non trafiquées. Donc double peine.

C’est la même chose avec ce vaccin : ce vaccin (et les vaccins en général) est légitime et marche, les bénéfices de santé, personnelle et publique, sont immenses mais si les groupes big pharma se mettent à en profiter grassement et de façon outrancière, cela sera doublement dommageable — impossibilité de  vacciner tout le monde à cause des prix et cela introduirait le doute sur ce vaccin en particulier et tous les vaccins en général, de la même façon que les profiteurs du gel hydroalcoolique introduisent le doute.

« Je suis toujours très fâché quand des opportunistes cherchent à s’enrichir sur mon dos, quitte à introduire le doute sur les bienfaits de la friction hydroalcoolique » ibid. p 191 : on pourrait maintenant écrire la même phrase en remplaçant le gel hydroalcoolique par les vaccins.

Et pour continuer à couper l’herbe sous le pied des requins financiers (coupons, coupons, où est ma guillotine ?) un vaccin libre de droit ça s’est déjà produit, c’est tout à fait possible, c’est ce qui s’est passé avec le vaccin contre la polio de Jonas Salk.

À force de crier au loup — il faut impérativement une troisième dose à 8 mois à cause du variant delta — et à attiger et trop tirer sur la corde, le public ne les croira plus la prochaine fois quelle qu’elle soit (quatrième dose, autre pandémie, etc.) quand ils voudront nous vacciner et ils alimentent ainsi eux-mêmes les théories du complot par leur rapacité. 

Deux excellents livres à lire : Vaccins de Philippe Sansonetti éditions Odile Jacob, publié en janvier 2017, bien avant cette pandémie donc on ne peut l’accuser d’être partial envers ces vaccins Covid en particulier, ainsi que le livre précédemment cité : Vaincre les pandémies de Didier Pittet et Thierry Crouzet chez Hugo Doc

Un jour à New York City – 1er août 2021

Une des mes rares sorties (autre que pour des courses, rendez-vous ou obligations administratives) depuis le début de la pandémie il y a un an et demi et sans doute la dernière avant un moment (lire ici les 2 autres : sorite au restaurant en juin :   https://michusa.wordpress.com/2021/06/15/premiere-sortie-au-restaurant/  et sortie au centre commercial et à la pizzeria en juillet :  https://michusa.wordpress.com/2021/07/24/une-journee-presque-normale/  ).

C’était il y a 4 semaines à New York City pour apporter une partie du déménagement de ma fille à l’appartement où elle va aménager avec une colocataire vers la mi septembre. Après avoir déposé les affaires et visité son appartement, elle nous a invités (mon fils cadet et moi) à manger des tacos dans un petit restaurant « en terrasse » terrasse  couverte en partie sur le trottoir et sur la rue (l’avenue en l’occurrence). Les terrasses sur la rue sont une des nouveautés à New York City, nouveauté due à la pandémie bien entendu et qui, tout le monde l’espère, vont rester. Les Américains sont très envieux des terrasses de nos cafés, restaurants et brasseries en France et en Europe en général. Pour je ne sais quelle raison ce n’est pas vraiment répandu en ville ni en banlieue suburbaine. Si je sais : l’air conditionné en été ou le climat trop rigoureux en hiver et aussi une absence d’art de vivre et de prendre son temps pour déjeuner ou dîner — tout doit être efficace et rentable dans tous les sens du terme, donc rapide, pas le temps de « perdre son temps »  donc la terrasse est inutile — était  puisque la pandémie est passée par là. Peut-être la seule chose « positive » sortie de la pandémie : l’éclosion des terrasses pour les bars, cafés et restaurants, non seulement à New York City mais partout, même dans les villes suburbaines — espérons que ces terrasses extérieures durent et que cela entraine les américains à ralentir. En tout cas ils y ont pris goût et les restaurateurs aussi.

Dernière sortie avant le retour vers plus de restrictions et sans masque pour marcher dans la rue et au restaurant — maintenant non seulement les masques sont obligatoires à l’intérieur (pas en terrasse) mais en plus la vaccination est obligatoire pour aller au restaurant et pour toutes activités avec du public à New York City (bar, salle de sport, musée, concert bref tout ce qu’on peut faire d’intéressant dans une ville comme NYC). Il n’y est pas question de passe sanitaire à la française avec une option de test négatif : à NYC pour toutes les activités c’est vaccin ou rien. Autrement dit ceux qui ne veulent pas se faire vacciner à NYC n’ont qu’à déménager ailleurs (en Floride ou au Texas au hasard) sinon ils ne peuvent que rester calfeutrés chez eux puisque tout le reste leur est interdit. Ce qui fait perdre tout son intérêt à vivre dans NYC. Au temps pour le pays de la « liberté »… et pendant que certains pleurnichent en France sur l’autoritarisme de l’état, il faut réaliser ce qui se passe non seulement à NYC mais dans tout le Nord-Est (idem chez nous dans le New Jersey voisin qui est très densément peuplé) avec vaccins obligatoires pour les enseignants avant la rentrée scolaire, les personnels médicaux (pour eux cela fait un moment), les employés municipaux et gouvernementaux, etc. D’autant que depuis que l’un des vaccins a été autorisé formellement hors autorisation d’urgence, les obligations strictes se mettent à pleuvoir, y compris dans le privé. Sur ce sujet, lire ici aussi :  https://michusa.wordpress.com/2021/08/15/de-sans-masque-au-double-masque/

Donc ce jour-là, le 1er août nous n’avons pas eu à montrer notre carte de vaccination. Depuis ma fille, qui est allée manger avec des amies à NYC (elle ne loge pas encore dans son appartement ), a dû montrer sa carte de vaccination pour entrer dans le restaurant : c’était a semaine dernière, le 18 août exactement alors que l’obligation du maire était applicable à partir du 20 août techniquement avec une tolérance jusqu’à début septembre)

Désobéir et ne pas se tromper de dictateur

J’ai fait hier un commentaire à une publication de Barbara sur son excellent blog « Lire dit-elle » , publication d’un poème d’Edouard J. Maunick, « N’obéis pas ». Il faut lire ce poème qui est excellent et toujours d’actualité — quand il ne sera plus d’actualité cela voudra dire que nous (l’humanité) serons sauvés, que nous aurons enfin évolué et progressé, laissé derrière nous notre sauvagerie et serons vraiment « civilisés » , on peut rêver (il faut rêver en fait ! ). Pour lire le poème c’est ici : https://lireditelle.wordpress.com/2021/08/11/nobeis-pas-edouard-j-maunick/

Je reproduis ci-dessous, en l’augmentant un peu, le commentaire que m’a inspiré ce poème essentiel dont voici un extrait :

« N’obéissons plus

à la voix 

de l’ignominie. 

C’est seulement ainsi, 

par cette rébellion,

que le cours des choses

commencera à changer 

sur la terre. »

C’est en substance aussi ce que dit Le discours de la servitude volontaire de La Boétie.  «Soyez donc résolus à ne plus servir et vous serez libres ».

Nous obéissons aux puissants parce qu’ils sont puissants et qu’il faut donc leur obéir, croyons-nous : pourtant les « puissants » n’ont que le pouvoir que nous leur donnons en leur obéissant volontairement ou en obéissant à des règles soi-disant inamovibles, règles qu’ils ont mises en place mais qui sont de pures fictions. Par exemple les règles financières, les contrats scélérats dont les grandes entreprises et les grandes organisations sont de grands pourvoyeurs, les brevets sur des choses qui ne devraient pas être brevetables, j’en passe, la liste en est extrêmement longue si nous commençons à faire un pas en arrière et à y réfléchir. Nous obéissons aveuglément et bêtement à ces choses qui paraissent gravées dans le marbre. Comme le dit si bien ce poème, si nous arrêtons d’obéir, le cours des choses pourra changer et à cette condition seulement. 

Il est d’une actualité encore plus brûlante ces temps-ci de crises multiples simultanées (sanitaire, écologique / environnementale, politiques et sociales sans compter les (vrais) totalitarismes qui pointent leur tête ignoble dans certains pays pendant que nous sommes d’autant plus occupés par la crise sanitaire à regarder ailleurs). 

Pourquoi obéissons-nous à tous ces diktats financiers (et aux dictateurs financiers qui sont derrière), car ces diktats (et tous nos ennuis qui en découlent) sont tous financiers à la fin, à 100% : c’est la raison profonde et ultime, la raison d’être de chacun des diktats actuels (et passés) même s’ils sont parfois recouverts d’un lustre qui se veut honorable (et surtout veut le faire croire à tout prix) ? Pour le dire crûment tout est une question de pognon, encore et toujours — toujours plus de pognon — pour les puissants évidemment, toujours moins pour tous les autres, nous tous les sans grades.

Pourquoi sommes-nous aveuglés par ces diktats financiers, ces diktats du capitalisme sauvage prédateur à outrance, pourquoi y obéissons-nous le doigt sur la couture du pantalon ? Alors que certains croient qu’ils se révoltent en ne portant pas de masque et ne se faisant pas vacciner : c’est se tromper d’adversaire et de « dictateur ».

De sans masque au double masque

Et voilà c’est reparti ici aussi pour les restrictions. La France n’est pas unique au monde avec son passeport sanitaire etc, d’autres pays y viennent aussi, même les États-Unis (ce qui n’est pas peu dire. Cela ne se fera pas de façon fédérale, comme cela a été le cas pour les masques d’ailleurs, mais état par état, voire ville par ville dans un premier temps, ce qui s’était passé avec les masques aussi). En plus de ce « passeport sanitaire » les masques reviennent aussi et ce pour les personnes vaccinées. Les obligations de masque n’avaient jamais été levées pour les personnes non vaccinées bien sûr. Donc pas la peine de pleurnicher et de crier à l’état totalitaire en France, ce n’est pas unique à la France ni au gouvernement français.

À noter aussi que, pour ce que j’en ai vu pour l’instant, les « passeports sanitaires »  requièrent ici une vaccination et pas la possibilité d’un test négatif donc sont bien plus restrictifs qu’en France. Comme quoi… La ville de San Francisco est la première à le mettre en vigueur de façon pure et dure : c’est le vaccin ou rien, pas de tests qui tiennent pour aller au restaurant, cinéma, clubs de sports, concerts, événements sportifs etc. La nouvelle est tombée il y a 2 jours avec mise en application stricte dès le 20 août. New York City prend le même chemin : pour l’instant être en cours de vaccination est encore suffisant même si l’on n’a pas encore fini son schéma vaccinal (pour l’instant) et on parle d’une application téléphonique à venir, plus pratique que de se trimballer sa carte de vaccination du CDC (quant à nous, nous en avons fait chacun une photo que nous stockons dans notre téléphone pour éviter de nous la trimballer et de risquer de la perdre). Pour New York City la nouvelle est tombée le 3 août (le surlendemain de ma journée à NYC, j’en reparlerai) avec entrée en vigueur le 16 août avec tolérance, mais appliquée strictement à partir de septembre. Le New York Times cite : un passeport sanitaire « comme en France ».  D’ailleurs pour certaines professions (médicales, paramédicales, enseignement et éducation et pour les employés municipaux etc) la vaccination devient obligatoire, par ordonnance du maire. Pourtant New York City n’est pas si mal lotie avec 66 % des adultes complètement vaccinés. 

Notre état d’urgence sanitaire dans le New Jersey a été levé à un moment en juin, le 4 juin précisément — par contre l’état d’urgence tout court est resté en vigueur (il a été déclaré le 9 mars 2020 ! ) une subtilité administrative sans doute pour continuer à recevoir des aides fédérales et fournir des aides, prévenir les expulsions des logements pour cause de loyers impayés et/ou de factures électriques/gaz impayées.

Les obligations pour les masques avaient été levées (seulement pour les personnes vaccinées) pour la plupart (sauf pour les hôpitaux / centres médicaux et les endroits très fréquentés avec une grande densité de personnes ) à peine ce 28 mai 2021. Je répète, cela n’était valable que pour les personnes complètement vaccinées.

Cela n’aura pas duré bien longtemps : 2 petits mois en fait. En plus avec le temps de se déshabituer à mettre les masques, inutile de dire que pour la plupart les gens ne sont pas rués à les enlever dès le 28 mai. Cela a été progressif de laisser tomber les masques. 

Pour moi cela  n’a été que le 15 juillet, le temps de m’habituer à l’idée. Le 15 juillet j’ai passé une journée presque normale avec mon amie Helen (vaccinée comme moi) lire ici: https://michusa.wordpress.com/2021/07/24/une-journee-presque-normale/  Nous avons passé la journée intégralement sans masque (nous ne sommes pas allées dans des endroits trop peuplés, mais quand même dans un centre commercial, à l’Apple Store, dans un petit magasin de bricolage, avons mangé dans une pizzeria et sommes aussi allées voir mon club de sport, où j’enseigne le tai-chi et où je n’avais plus mis les pieds depuis le 11 mars 2020 puisque je donne les cours par Zoom depuis juin 2020. Nous devions retourner en cours en personne au bâtiment à la rentrée de septembre (2021), ce ne sera donc pas le cas et les cours Zoom vont continuer au moins jusqu’en novembre. La nouvelle est tombée une semaine après cette petite visite du 15 juillet (sans masque), le 21 juillet (à cause des inquiétudes liées au variant delta évidemment).

Une semaine plus tard à peine on commençait aussi à parler de remettre les masques par sécurité pour les gens vaccinés. Quant à moi — comme je ne sors pas très souvent, cette journée du 15 juillet qui aura été ma seule journée totalement sans masque depuis plus d’un an — dès la semaine suivante j’ai remis le masque pour mes rares sorties.

Masque à nouveau pour faire les courses

Le 27 juillet le CDC a émis sa recommandation officielle de remettre les masques pour les personnes vaccinées.

Je l’ai remis quelques jours avant donc, ce n’était pas encore « obligatoire », mais les obligations sont ensuite revenues jour après jour au niveau des magasins/ centres commerciaux ou établissements en particulier jusqu’à des obligations étatiques à nouveau. Pour l’instant les obligations (pour les personnes vaccinées, les non-vaccinées devaient toujours porter le masque) émises par l’état du New Jersey se limitent aux masques obligatoires à l’intérieur pour les écoles et divers établissements scolaires (ordonnance du 6 août en vue de la rentrée de septembre). Pour l’instant donc le gouverneur s’est arrêté à deux doigts de réinstaurer les masques obligatoires à l’intérieur (pour tous même si on est vacciné donc) dans tout l’état mais les recommande fortement et le 6 août il a signé cette ordonnance d’obligation des masques pour tout le monde y compris les enfants, pour les écoles privées, publiques et paroissiales.  

Je suis encore allée à New York City en mettant le masque par intermittence et en ne mettant pas pour marcher dans la rue ni au restaurant (en terrasse) le 1er août. Je l’ai remis ensuite systématiquement.

L’obligation des masques à l’intérieur du bâtiment est revenue le 2 août pour mon club de sport (cela ne me concernera pas vraiment puis que je vais continuer à donner mes cours par Zoom depuis chez moi).

Et maintenant depuis une grosse semaine (2 ou 3 semaines seulement après cette journée presque normale) on parle de double masque à nouveau. De fait cela fait 2 ou 3 jours que je remets un double masque quand je sors en ville faire une course ou autre.

En l’espace de 3 petites semaines je suis passée de sans masque à double masque : masque jetable « bleu » à plis (ils ne sont pas chirurgicaux ni médicaux, nous n’en trouvons pas pour le grand public aux États-Unis, même en pharmacie)  le masque « bleu » donc contre le visage et un masque en tissu (grand public non normalisé) par-dessus. Le masque jetable pour protéger les autres et le masque en tissu pour se protéger soi-même car il permet d’éviter au masque jetable de bâiller en le maintenant fermement appliqué contre le visage. Nous avions fait de cette façon en double masquant à partir de janvier 2021 pour arrêter et repasser au simple masque début mai quand les chiffres de la pandémie dans le New Jersey étaient devenus meilleurs. Pour reprendre début août.