Archives du mot-clé Temps

Lueur orange

lueur orange

Et maintenant ? Suite à l’article que j’avais écrit sur toutes les catastrophes naturelles récentes, et moins  récentes, qui sont toutes de la main de l’homme ou rendues pires par l’homme, lire ici : https://michusa.wordpress.com/2021/07/06/et-maintenant/   depuis cet article donc, nous avons eu aussi les terribles glissements de terrain en Allemagne — glissements de terrain sur terrain plat dans son genre ça vaut l’incendie de l’océan, tout simplement incroyable, inimaginable. 

Et maintenant ? Moins dramatique pour notre vie quotidienne que ces glissements de terrain en Allemagne mais tout de même un signe que tout se dérègle à grande vitesse.

Et maintenant donc, une lueur orange toute la journée, jusqu’à la tombée de la nuit, aujourd’hui chez nous dans le New Jersey et dans tout le Nord-Est et certainement ailleurs.

lueur orange

Ce matin vers 8 heures, en regardant dehors j’ai tout de suite remarqué une lueur orange, des reflets orange sur les arbres, sur le sol, sur le goudron de ma driveway :  tout était baigné dans une lueur orange, une atmosphère orange.Le  ciel était blanc ou gris très pâle uniforme comme si c’était couvert alors qu’il n’y avait pas de nuages et que ce n’était pas orageux. Le soleil perçait à travers ce blanc comme à travers un voile.

Cela m’a tout de suite rappelé les jours de feu sur la Côte d’Azur, quand le massif de l’Estérel en feu nimbait l’atmosphère environnante d’une teinte orange. Pourtant aujourd’hui il n’y avait pas d’avis d’incendie dans les environs. Il était trop tard pour que ce soit le lever de soleil et de toute façon le lever de soleil ne donne jamais ces teintes ni cette lueur orange diffuse.

lueur orange

Fugitivement je me suis dit que c’était peut-être les incendies dans le Grand Ouest canadien à quelque 5000 km d’ici, tout en me disant que c’était quand même fort loin.

En septembre dernier (2020) nous avions eu les fumées en haute atmosphère qui masquaient le soleil et à cause de cette couche de fumée il a fait froid dans le New Jersey à la mi-septembre à cause des incendies dans le Grand Ouest américain (Californie, Oregon et État de Washington), lire ici : https://michusa.wordpress.com/2020/09/24/la-vague-de-froid-dans-le-new-jersey-et-les-incendies-de-californie/

Ça n’a pas manqué : j’ai eu confirmation de mon sentiment quand peu après dans la matinée nous avons reçu les alertes sur la qualité de l’air : très mauvaise aujourd’hui pour cause de particules dues aux incendies dans l’Ouest canadien. Nous y sommes donc encore.

Alerte qualité de l’air 20 juillet 2021

Mais contrairement à septembre dernier, aujourd’hui les fumées étaient plus basses et dont impactaient la qualité de l’air cette fois. Il était conseillé de ne pas faire d’activité sportive dehors et fortement suggéré aux  personnes avec des fragilités respiratoires ne pas sortir.

Le ciel est resté blanc/gris pâle toute la journée tout en étant sans nuages : la couche de fumée et de particules fines masquait le bleu habituel.

lueur orange

Et maintenant ? On (l’humanité) persiste et signe bien entendu. Par exemple et ce n’est qu’un tout petit exemple, les prix du marché de la voiture à essence s’envolent à cause des pénuries (de semi-conducteurs, WTF, ne pourrait-on pas s’en passer dans les voitures si on voulait vraiment ? c’est un autre sujet). Les prix montent à des hauteurs inédites y compris pour les voitures d’occasion (à cause de la pénurie de voitures neuves) : les particuliers qui possèdent un véhicule acheté d’occasion  il y a quelques années se retrouvent avec un véhicule qui vaut plus cher aujourd’hui que quand ils l’avaient acheté ! Du jamais vu quand on sait qu’une voiture perd de sa valeur (WTF ?) rien qu’en rentrant dedans et claquant la portière. Je n’accuse ni ne blâme le péquin moyen, pauvre diable comme vous et moi qui a besoin d’une voiture pour conduire ses activités quotidiennes et son travail, presque tous les jours selon s’il habite dans une région suburbaine ou au milieu de nulle part, mais enfin cette course au renouvellement des voitures et à la non-réparation ou réparation onéreuse est-elle encore d’actualité et de mise ? (Ne me parlez pas de la vaste fumisterie des contrôles techniques « pour notre sécurité », qui croit encore à ça ? )

Persiste et signe dans la destruction de notre environnement, notre milieu de vie— et ensuite ? Qui dit mieux (pire) ? 

lueur orange
lueur orange
lueur orange
lueur orange

Ouragan Elsa

Une des multiples alertes pour l’ouragan Elsa, reçues en continu tout l’après-midi
Ouragan Elsa

Nuit de jeudi 8 à vendredi 9 juillet 2021 : nous sommes en alerte ouragan depuis le début de l’après-midi avec passage prévu de l’ouragan proprement dit vers minuit et avant ça, un front de pluies (torrentielles aussi) indépendant venant de  l’ouest, produit par un autre système de précipitations qui n’a rien a voir avec l’ouragan Elsa.

Vendredi matin 9 juillet 2021 : nous avons survécu à l’ouragan Elsa qui est remonté jusque dans le New Jersey, ce qui  arrivait très rarement avant et qui arrive presque systématiquement ces dernières années. Sauf que cette fois c’est vraiment très tôt dans la saison puisque le gros de la saison des ouragans c’est août septembre et que chez nous (dans le New Jersey) ceux qui remontent, remontent en général fin août et plus généralement en septembre, s’ils remontent, ce qui n’est pas toujours le cas. Ça, c’était avant : maintenant ils ont tendance à remonter systématiquement. La limite du passage proprement dit c’est l’autoroute I 95 qui passe un peu au sud de chez nous à une 20taine de km. Donc nous sommes toujours au moins touchés par les franges des tempêtes et des ouragans, que ce soient par les ouragans / tempêtes tropicales de fin d’été ou en hiver par les tempêtes de neige et cyclones de types nor’easter, qui ont cette même limite approximative, mais dans l’autre sens. 

Ouragan Elsa
Ouragan Elsa
Ouragan Elsa

New York City plus à l’est et au bord de l’océan a été plus touché que nous.

Ma fille était au bureau  à New York City, jeudi toute la journée (la première fois depuis le 12 mars 2020 ! ) et elle est rentrée en train au lieu qu’on aille la chercher en voiture comme c’était prévu parce qu’il n’était pas certain que les tunnels soient passables : il y avait de fortes chances qu’ils soient inondés et donc fermés. Manhattan est une île donc pour y accéder il faut soit un tunnel soit un pont. Pour aller vers l’ouest dans le NJ, ce sont un pont qui arrive tout au nord du New Jersey (le pont de Washington) et 2 tunnels qui sont plus au centre  (Le Holland tunnel et le Lincoln tunnel). Comme nous habitons le New Jersey central, c’est ce que nous utilisons en règle générale, l’un ou l’autre de ces tunnels.

Dans certains endroits le métro de New York City était inondé : voir la vidéo tournée ce jeudi-là par la chaine météo et  c’était avant le passage de l’ouragan. C’était seulement le passage du front pluvieux qui venait de l’ouest et dans une moindre mesure  l’avant-garde de l’ouragan qui était encore à venir ! 

https://www.weather.com/news/weather/video/flooding-strands-motorists-in-new-york-city?pl=pl-the-latest

Aussitôt que j’ai reçu les alertes météo j’ai fait le tour du jardin pour mettre à l’abri tout ce qui pouvait s’envoler, pots de fleurs et poubelles, petits objets décoratifs, etc. J’ai également prévenu ma fille qui devait rentrer vers 22 h et qui a non seulement avancé son retour, mais également pris le train.

Vendredi matin j’ai fait  le tour du jardin et a priori il n’y avait pas de dégâts visibles, dans le sous-sol de la maison les pompes ont tenu le coup et l’escalier derrière la porte d’évacuation (porte dite hurricane door en métal qui va directement dans le sous-sol) ne s’est pas transformé en cataractes.

Nous avons par contre perdu le courant au milieu de la nuit pendant une ou 2 heures si j’en crois mon réveil qui marquait minuit et demi quand je me suis réveillée à 3 heures du matin, ce qui veut dire que le courant était revenu une demi-heure plus tôt puisque le réveil se remet à 0 c’est-à-dire minuit. Et comme j’ai lu jusqu’à minuit et demi ou une heure ça c’ est passé entretemps.

Tout a bien redémarré (Fibre et Wifi) par contre victimes collatérales : tous mes combinés téléphoniques de la ligne fixe étaient en vrac : 2 se sont remis à charger apparemment normalement et étaient toujours en train de charger en milieu de matinée et 2 autres ont eu du mal et pourtant ce sont les 2 dont j’ai changé la batterie il n’y a pas si longtemps. Une fois lors d’une coupure de courant de plus longue durée, il m’a fallu changer le système complet parce que ça coute à peu près aussi cher d’acheter un combiné isolé que de remplacer le système complet , encore pire si je dois changer 2 de ces combinés : vive la société du gaspillage ! 

Aujourd’hui samedi je peux dire qu’ils ont survécu, ils ont fini de charger mais je ne me suis pas servie du tout du téléphone fixe pendant 24 heures.

Il pleuvait encore par intermittence le vendredi matin et il y avait encore quelques coups de vent mais pendant la nuit ça a été des trombes de pluies, de véritables cataractes avec un bruit de chutes du Niagara.

Tout est encore bien détrempé dehors et il fait toujours des taux d’humidité proches de 90% ce qui est malheureusement  la norme dans le New Jersey : tout est toujours très vert et il y a beaucoup de mousses partout dans les parties à l’ombre et sur les façades des maisons exposées au nord et à l’est.

Un ouragan de passé, le premier de la saison et nous ne sommes même pas encore fin août…

Ouragan Elsa
Ouragan Elsa
Ouragan Elsa

Enfants gâtés (spoiled brats)

C’est bien un comportement d’enfants gâtés (spoiled brats comme on dit ici) quand en hiver on veut surchauffer à 24 degrés Celsius dans les maisons et en été quand il fait 23 ou 24 degrés, on met l’air conditionné central immédiatement parce qu’on trop chaud et que c’est insupportable. Je parle de 23 ou 24 degrés à humidité moyenne de 40%, voire faible, dans les 30 %.

Après 18 ans aux États-Unis, je ne m’y toujours pas habituée. Les intérieurs (maisons, magasins, restaurants et centres commerciaux) sont absolument surchauffés en hiver, en bref il faut laisser son manteau dans la voiture parce que c’est intenable même s’il fait -10 degrés Celsius dehors. Si l’on vient de la voiture avec son manteau, on ne tient pas 5 minutes dans le centre commercial. Et en dessous du manteau on a intérêt à s’habiller léger, sinon avec un gros pull ou une polaire on ne tient pas longtemps non plus. Il faut prévoir la possibilité de s’éplucher. Et en été c’est le contraire : il fait glacial (au point de greloter et d’être carrément inconfortable) dans les centres commerciaux, magasins et restaurants. Il faut se charrier un gilet ou un pull que l’on enfile avec joie une fois dedans et que l’on retire dès que l’on ressort lorsqu’il fait 35 degrés ou plus dehors.

Par honnêteté je dois quand même dire que quand c’est humide (humidité supérieure à 60%, 60% c’est vraiment la limite maximale du confort), et une humidité supérieure à 90% est fréquente l’été dans le New Jersey (c’est le nord du Sud), quand c’est humide même une température de seulement 24 degrés est intenable ou du moins extrêmement inconfortable. Or l’air conditionné par conception déshumidifie et dessèche énormément l’air. La stratégie serait alors de ne pas le mettre trop froid ou s’il ne fait pas assez chaud dehors pour qu’il se mette en route, de le pousser un peu pour le déclencher et une fois l’air intérieur suffisamment déshumidifié de remonter le thermostat pour ne plus qu’il se déclenche. Et répéter l’opération dès qu’il devient trop humide à nouveau dans la maison.

Même moi qui suis très frileuse et qui aime la chaleur (je suis du Sud, méditerranéenne)  il m’est arrivé ces dernières années d’avoir à mettre en route l’engin alors qu’il faisait seulement 24 degrés dehors, mais avec 95 ou 96 % d’humidité, ce qui est extrêmement inconfortable. Le climat méditerranéen est plutôt sec en été bien que très chaud, humide en hiver, mais peu froid en contrepartie, donc la chaleur très humide je ne suis pas du tout habituée. Dans le New Jersey il arrive très souvent d’avoir 98% voire 100% d’humidité pendant plusieurs jours ou semaines d’affilée en été.

Ensuite, malheureusement, cela tient aussi à la façon dont sont construites les maisons : en bois elles retiennent extrêmement la chaleur, ce qui est certes un avantage en hiver, mais une absolue horreur en été. Quand on monte dans les étages (et les chambres sont généralement au 2ème voire 3ème étage justement) dès qu’il fait plus de 28 ou 29 degrés dehors, même avec chaleur sèche à moins de 40% d’humidité, la température des pièces devient parfois plus chaude que celle de dehors. Ensuite les maisons ont une grande inertie et le temps pour se rafraîchir ou refroidir est très long. Même si la nuit ça tombe à 15 degrés dehors, la maison n’a pas le temps de rafraîchir assez et est déjà à 25 degrés dès le matin suivant et ça continue de monter dans la journée. 

Ne pourrait-on pas construire mieux ou pas en bois, isoler ou trouver une solution d’isolation avec des matériaux modernes plus performants ? Dans les maisons en pierre ou en béton sur la Côte d’Azur, on encaisse bien chaud tant que l’humidité ambiante reste en dessous de 50% et la maison garde une certaine fraicheur en fermant vitres et volets. Ici j’ai fait l’erreur une fois de tout fermer (vitres et rideaux, il n’y a pas de volets) et la maison était devenue un four pire qu’avec les fenêtres ouvertes, si on n’a pas d’air conditionné ou on ne veut ou ne peut pas le mettre en route. Dans ces cas-là il vaut mieux laisser tout ouvert, portes et fenêtres. 

Ceci dit, aux États-Unis il y a souvent un basement dans les maisons, un sous-sol à moitié ou presque complètement enterré et là par contre c’est frais, très frais même puisque d’une part c’est enterré et d’autre part c’est une structure en pierre ou parpaing (ce sont les fondations de la maison) et pas en bois. Dans mon basement il fait péniblement 20 degrés quand on ne chauffe plus (de mai à octobre) voire moins et il m’arrive de mettre une veste ou un pull si j’y reste immobile pour regarder un film. 

Mais tout de même, en début de saison, quand il fait 24 degrés dans la journée au maximum et 30 ou 40 % d’humidité a-t-on vraiment besoin de mettre l’air conditionné en route ? C’est ce que fait tout le monde ici dès qu’il fait plus de 20 degrés dehors ! Et tenir ensuite sa maison, les magasins, les restaurants les centres commerciaux tout l’été à 18 degrés (voire 16 ou 17) quand en hiver on surchauffe à 24 ou 25 ? En hiver on ne supporte pas 18 degrés — « c’est trop froid ! » quand en été on les réclame et qu’on règle l’air conditionné partout à 17 ou 18 degrés ! Et en été on ne supporte pas 24 ou 25 degrés quand en hiver on les réclame et qu’on pousse les chauffages partout à 24 ou 25 ! Allez comprendre…

À ce rythme-là ce n’est pas demain qu’on va résoudre le changement climatique et les consommations d’électricité et autres énergies.

Quand même nous ne supportons pas (plus) grand-chose, nous nous comportons comme des spoiled brats.

Arrogance

En mars dernier (2020), lors du changement d’heure le 8 mars j’avais écrit un petit texte sur l’arrogance des hommes qui veulent imposer leur volonté au soleil en changeant l’heure donnée par le soleil justement.

À lire ici:

https://michusa.wordpress.com/2020/03/08/lincroyable-arrogance-des-hommes/

J’avais prévu d’écrire d’autres articles sur l’arrogance des hommes, le changement d’heure qu’on nous impose pour des raisons qui nous échappent (monétaires financières à coup sûr et certainement pas pour faire des économies de quoi que ce soit — au contraire). J’avais prévu aussi d’écrire un article ou deux sur la journée internationale des droits des femmes qui tombait ce jour-là, celui du changement d’heure en 2020.

Puis la pandémie est passée par là et a tout écrasé de son rouleau compresseur, la pandémie ou ce que nous en avons fait —pas grand-chose en termes de monde d’après. Nous, le bas peuple, y avons presque cru, une demi-seconde, au tout début de ces « temps exceptionnels ».

Donc je n’ai pas écrit ces articles, tout occupée que j’étais à gérer le quotidien chamboulé, faire attention sans trop savoir à quoi ni comment au début, me documenter avec toutes les informations parcellaires et contradictoires du début aussi. On en a toujours de ces informations contradictoires, s’il y a une chose que la pandémie n’a pas changée — au contraire je dirais presque — c’est le « en même temps » …

Et un an plus tard quasiment jour pour jour, rien n’a changé ou presque sur le fond : nos façons de faire au niveau global, nos sociétés, la finance, le profit, la compétition inutile, la course droit vers le mur, les mêmes logiques, celles qui nous ont menées à cette crise, et à toutes les crises d’ailleurs, continuent de prévaloir. Seul notre quotidien (celui du bas peuple essentiellement) a changé, en pire bien entendu. Le pire dans tout ça c’est que c’est le bas peuple qui est montré du doigt et sermonné quand « les chiffres » (tout un programme, il y en aurait à raconter sur « les chiffres » auquel on fait dire ce que l’on veut, tout et son contraire absolu dans la même foulée, cela s’appelle de la politique et pas au sens noble du terme, qui a disparu depuis bien longtemps), quand les « chiffres » donc sont « mauvais ».

L’arrogance des hommes est toujours là, encore plus quand il s’agit de signifier au bas peuple qu’il est crétin et ne comprend rien à rien. Si l’on ne m’explique pas ou me cache des informations nécessaires pour faire fonctionner mon cerveau, bien entendu que je ne comprends rien ! Je comprends par contre bien une chose : cette crise est complexe, ce n’est absolument pas facile à gérer, on navigue à vue et les volte-face sont courantes même au niveau purement scientifique, au fur et à mesure que l’on en apprend plus sur le virus, la maladie et la dynamique de la pandémie. Cela n’est pas étonnant, je peux le comprendre et je me garderai de dire que je ferais mieux ou que untel ou untel ferait mieux pour gérer la crise. Les erreurs ne sont pas étonnantes, elles sont même escomptées, on peut les comprendre et les accepter. Ce que je refuse de comprendre c’est qu’elles ne soient jamais reconnues comme telles par les dirigeants et les politiques et qu’au contraire leur arrogance augmente avec la crise et la durée de cette crise. C’est cela qui est inacceptable, pas tant le fait qu’ils fassent des erreurs. Parce que quand on ne reconnaît pas ces (et ses) erreurs, qui je répète sont légitimes en premier lieu ou la première fois qu’on est confronté à une situation, quand on ne reconnaît pas ces erreurs comme telles, on n’en apprend rien, donc on les répète voire, pire, on s’enferre encore plus en connaissance de cause pour ne pas les admettre ou perdre la face (ou croire qu’on perd la face).

Pendant ce temps le virus se frotte les mains (en fait il s’en fout le virus, il est juste une force qui tire sa vitalité de la désolation et de la mort d’une autre espèce, rien de bien nouveau sous le soleil ), mais notre arrogance à nous les humains est pire que le virus 

(Pour commencer, cette arrogance a conduit tout droit à cette crise et cette pandémie, le virus, lui, n’a été qu’opportuniste comme tout sur cette terre — opportuniste sans jugement de valeur au sens médical et scientifique du terme, on lui ouvre la porte et lui offre un chemin, que dis-je une autoroute,  il l’a pris.)

Je viens de finir un livre dans lequel l’auteur dit : « nous devons faire fonctionner notre cerveau, et hésiter longuement lorsqu’un interlocuteur utilise son titre comme principal argument. » L’auteur parlait de médecine puisqu’il est médecin, mais cela vaut pour tous les domaines bien entendu et de plus en plus en ces temps de pandémie, puisqu’on nous assène des « je sais parce que je suis ministre de ci ou de ça, président de ci ou de ça, directeur de ci ou de ça, expert de ci ou de ça » etc., et non pas des « je sais parce que les faits sont ceux-ci, les hypothèses sont celles-ci, sont vérifiées par ces expériences, infirmées par d’autres, les conclusions sont issues de raisonnements qui sont ceux-ci appuyées par des faits et des connaissances avérées et solides qui sont telles et telles ». Ce qui compte pour convaincre ce sont les explications et le raisonnement de la personne et non pas son ou ses seuls titres, trop souvent la seule chose que cette personne met en avant pour convaincre ! Et on nous en a servi des titres, en veux-tu en voilà qui nous ont éructé des bêtises grosses comme des maisons —cela se voyait au moment même où ils les prononçaient, sans besoin d’être expert de ci ou de ça justement… Arrogance toujours, arrogance du titre qui est bien dévoyé de nos jours (d’autant plus que dans ce monde où tout s’achète tout se vend, un titre ça s’achète aussi, non ? nous en sommes là).

Snowmageddon trace — vivre avec la neige

1er mars 2021

Un peu plus d’un mois après la tempête Snowmageddon, ça y est la neige fond, on voit maintenant bien le sol et les températures, toujours assez froides jusqu’à présent, devraient monter et nous donner un avant-goût de printemps : entre 15 et 20 degrés Celsius dans les jours qui viennent cette semaine — du moins ce sont les prévisions.

Depuis cette grosse tempête du 1er et 2 février, il a neigé une ou deux fois par semaine, quelques fois un saupoudrage quelques fois plus mais toujours suffisamment pour qu’il faille nettoyer — la pelle a suffi, nous n’avons plus eu besoin de mettre en action le chasse-neige. 

Vivre avec la neige, le sol couvert de neige, est un peu compliqué et nécessite des aménagements et de la préparation. Certaines tâches qui ne nécessitent que quelques minutes et auxquelles on ne pense même pas en les exécutant, deviennent des travaux à part entière et demandent du temps, beaucoup plus de temps. Quand le sol est couvert de neige et qu’il fait toujours bien froid (températures qui ne passent pas en positif dans la journée) on ne peut pas juste enfiler ses sabots de jardin pour aller chercher son courrier ou remonter ses poubelles.

Illustration en vidéo — en l’occurrence il nous a fallu excaver les poubelles.

Les cartons à recycler mentionnés dans la vidéo, ceux qui avaient été mis dehors fin janvier et ensevelis par la tempête Snowmageddon puis par les chutes de neige continuelles pendant presque tout le mois de février, y sont toujours. La semaine dernière je pouvais y accéder puisqu’une partie de la neige avait fondu mais il m’a été impossible de les prendre pour les descendre le jour du recyclage : ils étaient collés au sol par le gel. Ce sera pour le recyclage de la semaine prochaine j’espère.

Il a donc neigé régulièrement une grande partie du mois de février, jusqu’au’ au 22 février, ce qui nous a bien occupés. Ensuite ce sont les fuites d’eau dans le sous-sol qui ont pris le relais pour nous occuper, pas la fonte des neiges mais des véritables problèmes de tuyauteries — c’est une autre histoire, la plomberie aux États-Unis est d’une qualité déplorable, tout lâche régulièrement et a besoin d’être remplacé — par du matériel d’aussi mauvaise qualité qui lâchera quelques années plus tard, une façon de faire marcher le « business » je n’exagère pas c’est réel et fait à dessein.

1er mars 2021
1er mars 2021
1er mars 2021

Snowmageddon — nettoyage

Tempête Orlena 2 février 2021 matin

Ci-dessous en vidéo tout le nettoyage que nous avons eu à faire après la tempête Orlena du 31 janvier au 2 février 2021

Dans la semaine qui a suivi nous avons encore dû faire deux nettoyages supplémentaires, sans chasse-neige heureusement mais à la pelle quand même.

Depuis cela s’est calmé cette semaine, la tempête de glace (de glace ! une première pour moi, il ne s’agissait pas de pluies verglaçantes, ça nous avons eu l’habitude malheureusement mais d’une tempête de glace, Uri de son petit nom) n’a pas eu lieu du tout. Au contraire il a fait chaud, nous sommes repassés en positif hier soir et tout aujourd’hui pour la première fois depuis quelques semaines, jusqu’à +8 degrés Celsius et il a plu toute la nuit passée. Comme l’a dit un météorologiste : aujourd’hui il neige à Houston au Texas et il pleut à Philadelphie dans le Nord-Est ; quelles sont les chances que cela arrive ? Aucune ça n’arrive jamais… sauf que c’est arrivé. Il en était tout aussi étonné que nous. Houston c’est au grand sud du Texas, à la latitude de La Nouvelle-Orléans, du nord de la Floride, dans le golfe du Mexique, quasiment les Caraïbes. Un endroit où ils n’ont jamais de neige ou une fois par vie.

D’ailleurs le réseau électrique du Texas a capitulé et des millions de gens se sont retrouvés sans électricité et apparemment ils n’en ont pas l’habitude. Ce ne sont pas les lignes qui ont cassé sous le poids du gel ou de la neige comme je le pensais et comme cela se produit chez nous, voire des arbres qui s’abattraient sur les lignes pour les mêmes raisons, mais simplement la demande électrique pour se chauffer qui a fait imploser le système : la demande n’arrivait pas à être fournie, le système s’est effondré. Il faut dire que des températures de -8 degrés ils n’ont pas l’habitude et aussi leur mode de chauffage est principalement électrique puisqu’ils en ont à peine besoin tout au long de l’année. Le réseau et les stations génératrices secondaires n’ont pas tenu le coup malgré les tentatives de délestage. Malgré les exhortations des compagnies électriques et des pouvoirs publics à rationner son chauffage et ses besoins pour chaque particulier. Lesquels ont dû avoir peur de mourir de froid et ont poussé les chauffages domestiques au contraire.

Ceci dit aussi nous savons pour l’avoir vécu plusieurs fois, qu’avant de mourir de froid dans une maison même non chauffée, il en faut. Il suffit de bien se couvrir. Ce n’est pas confortable du tout mais on peut survivre (comment font les alpinistes qui font des bivouacs en montagne en hiver sous la neige quand ils font des randonnées ? ) Il suffit de se vêtir chaudement d’empiler plusieurs vêtements, puis plusieurs couvertures et on peut survivre sans chauffage — beaucoup moins dangereux que des solutions de fortune à base de four à gaz, de chauffage d’appoint au diésel ou autre carburant, chauffage mauvaise qualité sans ventilation adéquate, avec un empoisonnement au monoxyde de carbone qui suit immanquablement. Même avec les cheminées il faut faire attention, surtout quand on n’a pas l’habitude (ce n’est pas évident qu’ils aient des cheminées dans ces maisons du grand sud d’ailleurs). Apparemment les bricolages dangereux ont été légion puisque les autorités déplorent déjà beaucoup de morts par empoisonnement au monoxyde de carbone, en à peine 24-36 heures de tempête ! Alors qu’avant de mourir de froid proprement dit quand on est dans un abri même sans chauffage, il en faut.

Lors de l’ouragan mémorable Sandy et de nos 13 jours sans électricité, dont une partie lors d’un nor’easter et d’une tempête de neige qui ont suivi l’ouragan, je lisais la Correspondance croisée de Jacques-Laurent Bost et Simone de Beauvoir pendant la drôle de guerre de 1940 et il lui écrivait que lui et les autres soldats de son régiment dormaient dans une grange et qu’il faisait zéro degré dans la grange. Ils s’en sortaient en empilant vêtements et couvertures. Donc il y a de la marge, je me disais que s’ils avaient pu survivre sans rien faire d’exceptionnel, nous le pouvions aussi.

D’autant qu’à l’époque ils étaient moins bien équipés que nous, ils n’avaient pas tous ces vêtements high-tech ni ces duvets que nous avons maintenant.

Lors de cette tempête, je m’étais dit qu’avec la maison à 12 degrés après quelques jours c’était largement jouable et qu’avant qu’elle descende à zéro nous avions encore de la marge. Et qu’à zéro on pouvait encore survivre en se couvrant bien, en mangeant chaud (il suffit d’un petit réchaud à gaz de camping, ce n’est pas compliqué, nous, nous avons une cuisinière à gaz, encore plus simple. Depuis cette expérience — ces expériences, ce n’était pas la première fois, je n’ai plus eu aucune envie de la changer pour une électrique bien entendu). Ce n’est pas amusant ni confortable mais on survit, bien plus qu’en bricolant des solutions de fortune à base de flamme…

D’autant que la tempête a commencé seulement hier et continué aujourd’hui au Texas, donc même s’il fait froid dehors la température n’est certainement pas déjà descendue à zéro dans les maisons en seulement 24 ou 36 heures (c’est du vécu). Il y a une certaine inertie et une partie du courant devrait être rétablie ce soir ou demain mercredi. [Note pendant la rédaction de cet article : les compagnies électriques ont en fait rétabli le courant pour 97% des clients ce soir.] Alors… je pense que nos aïeux étaient un peu plus résistants, pas seulement physiquement mais moralement surtout, et que cela nous manque de savoir tenir le coup quand une situation n’est pas confortable. (Franchement, 24 ou 36 heures ? vraiment ? nous sommes quand même devenus des sacrées mauviettes.)

Quant à nous dans le New Jersey, cette fois nous étions au nord de la neige et de la glace : les tempêtes de neige et de glace ont eu lieu plus au sud de chez nous, du jamais vu !

Donc voici en vidéo notre déneigement de la tempête Orlena du début du mois, déneigement qui nous a pris 4 heures à deux et avec l’aide du chasse-neige heureusement ! Sinon ça nous aurait sans doute demandé un à deux jours de travail. Nous avons tout de même mis 2 jours à nous en remettre, nous n’avons plus l’habitude puisque la dernière fois que nous avons eu une chute de cette envergure c’était il y a 3 ans, en mars 2018, d’autant plus avec le manque d’exercice physique depuis presque un an de confinement.

Prochaine tempête dans les tuyaux, Viola, ce jeudi, après-demain, avec une bonne trentaine de centimètres de neige a priori. À moins que nous y échappions comme à celle-ci qui a bombardé le grand sud (Uri) mais ça n’en prend pas le chemin cette fois. Au temps pour notre déficit de neige.

Déficit

Tempête Orlena 1 février

Je veux parler non pas d’un déficit budgétaire ou public (quoique, on pourrait en parler, il y a beaucoup à dire sur ces fables dont on nous abreuve depuis trop longtemps et qui sont (un peu) débusquées avec la pandémie) mais d’un « déficit de neige » (je cite ! ) 

Le nord-est des États-Unis, la région où j’habite, est en déficit de neige nous a-t-on dit en décembre dernier car il n’y a pas eu de vraie chute de neige depuis plusieurs années, 3 ans pour nous dans le New Jersey, depuis l’hiver 2017/2018 et spécialement les mois de février mars et avril 2018 où nous avions été littéralement pilonnés, nor’easter après nor’easter et tempête de neige après tempête de neige — la dernière de la saison avait eu lieu le 2 avril — jusqu’à un dernier saupoudrage le 6 avril. Et 5 ans pour New York, la ville, qui avait été peu touchée par ces tempêtes à répétition, dont la plus importante, Quinn avait provoqué des chutes d’arbres et de lignes électriques et nous avait privés de courant pendant 4 jours et demi, expérience que je raconte ici :

https://michusa.wordpress.com/2018/03/07/prendre-la-neige-de-vitesse-2/

https://michusa.wordpress.com/2018/03/09/le-mot-du-jour/

https://michusa.wordpress.com/2018/03/17/quatre-jours-et-demi/

https://michusa.wordpress.com/2018/03/19/the-big-one/

Depuis nous n’avions pas vraiment eu de neige à part quelques saupoudrages ou de toutes petites chutes vite fondues quelques jours après. Même la chute de neige de ce décembre dernier (tempête Gail, lire ici https://michusa.wordpress.com/2020/12/15/en-attendant-gail/ ) était de peu d’envergure finalement, contrairement aux prévisions météorologiques alarmistes— ça avait été la limite basse pour utiliser le chasse-neige et nous aurions presque pu nous en abstenir puisque quelques jours après il avait tellement plu que tout avait fondu. Cela faisait depuis mars 2018 que nous n’avions plus eu besoin d’utiliser le chasse-neige. En décembre (2020) donc il y avait eu plus de peur que de mal malgré les prévisions un peu pessimistes : dans le New Jersey Central nous sommes à la limite géographique inférieure des grosses chutes de neige et certaines fois nous y échappons à quelques dizaines de kilomètres près. Ces 3 dernières années, nous étions ainsi passés à travers toutes les chutes de neige importantes. Plus au nord, même si en règle générale ils ont eu plus de neige que nous ces dernières années, ils n’en ont pas eu comme ils en ont d’habitude et tout le Nord-Est était donc en déficit de neige (heureusement nous n’étions pas en déficit de pluie et les nappes phréatiques étaient quand même remplies). 

Par contre ce dimanche 31 janvier 2021, cette fois était la bonne, une big one comme on dit ici, la tempête Orlena autrement nommée snowpocalypse, snowmageddon, les noms  ne manquent pas, au choix. Surnommons-la du petit nom doux de Snowmageddon. 

Il a commencé à neiger le dimanche vers la mi-journée, légèrement tout d’abord puis en début de soirée il s’est mis à neiger de plus en plus dru.

Le lundi à midi, soit moins de 24 heures après le début des hostilités plus sérieuses, j’avais de la neige à mon genou en haut des marches de l’escalier extérieur, soit 45-48 cm  et sans effet snow drift qui devait venir plus tard (neige entassée par le vent). À ce moment-là, lundi midi, les prévisions annonçaient qu’il allait continuer à neiger sans s’arrêter jusqu’au lendemain soir, soit encore 30 ou 36 heures. Ce qui s’est produit.

Tempête Orlena 1 février milieu après-midi

Photo prise par la fenêtre de mon salon le lundi 1er février 2021, toute la neige qu’a déversé la tempête Orlena en 24 heures : Orlena est un nor’easter, un cyclone d’altitude (qui se produisent en général entre octobre et mars et qui déversent toujours beaucoup de précipitations — et vu notre situation géographique et la saison d’octobre à mars, ces précipitations sont toujours de la neige : je n’ai encore jamais vu de nor’easter qui ne nous apporte pas de la neige, beaucoup de neige. 

Ça tombe bien pour le déficit de neige, un peu moins pour nos muscles qui ont été mis à rude épreuve le mardi. Ça a été brutal, une big one surtout qu’il a neigé pendant plus 48 heures sans discontinuer ce qui est assez rare chez nous. Habituellement c’est 24 ou 30 heures d’affilée maximum. Nous avons eu 48 heures de neige en continu seulement une ou deux fois, dont une fois en février 2003 et en 2010 ou 2011 mais plus de 24 heures de chute de neige en continu c’est assez rare. Heureusement il avait fait très froid en début de semaine (polar vortex) et la neige était légère (fluffy) et donc n’a pas fait de dégâts contrairement à 2018 où c’était de la neige très lourde suivie par de la pluie verglaçante. Il avait aussi gelé après la tempête ce qui avait été un désastre (arbres qui avaient cassé et emporté les lignes électriques, fils électriques qui avaient cédé sous le poids de la glace et de la neige, etc.) Rien de tout cela cette fois, juste une grosse tempête de neige, 70 cm mesurés le mardi après-midi à l’endroit goudronné où nous garons les voitures dans le jardin.

De quoi combler notre déficit de neige.

Voici en vidéo les premières 24 heures de ce Snowmageddon :

Matin de tempête

Le calme avant la tempête en fait, ce matin 11 heures dans mon jardin :

Matin de tempête (11 heures le 16 décembre 2020)
Matin de tempête (11 heures le 16 décembre 2020)
Matin de tempête (11 heures le 16 décembre 2020)

Mise à jour à 15 heures, heure de New York : quand on parle de precision, les dernieres previsions donnaient le debut de la tempête à 15 heures et à 15 heures exactement il a commencé à neiger :

En attendant Gail

On nous prévoit de la neige beaucoup de neige, plus en 24 heures que ce que nous en avons eu en totalité l’an dernier — ce n’est pas très difficile il n’a quasiment pas neigé l’an dernier. Blague à part, on nous prévoit vraiment beaucoup de neige, comme cela fait plusieurs années que nous n’en avons pas eu. La dernière grosse tempête de neige, c’était la tempête Quinn en mars 2018 où il avait neigé entre 50 et 60 cm en 24 heures, où nous avions perdu le courant pendant 4 jours et demi, où il avait fallu excaver pour pouvoir mettre en route le groupe électrogène, en plus évidemment de passer le chasse-neige dans notre driveway et aussi d’excaver les voitures pour pouvoir sortir de chez nous.

Je parle de cette fameuse tempête Quinn de mars 2018 ici : 

https://michusa.wordpress.com/2018/03/07/prendre-la-neige-de-vitesse-2/

https://michusa.wordpress.com/2018/03/09/le-mot-du-jour/

https://michusa.wordpress.com/2018/03/17/quatre-jours-et-demi/

https://michusa.wordpress.com/2018/03/19/the-big-one/

De fait nous ne nous sommes plus servis du chasse-neige depuis cette fois-là, ce mois de mars 2018 — cela va faire 3 ans.

Espérons que nous n’en arriverons pas à ces extrémités  — perte du courant, excavation et besoin du groupe électrogène. Le chasse-neige nous n’y couperons pas cette fois puisqu’on nous annonce entre 30 et 50 cm de neige en 24 heures. Quand c’est moins de 10 ou 15 cm on peut s’en tirer en faisant juste les traces pour que la petite voiture non-4×4 puisse circuler et en lui faisant aussi un rectangle à la pelle pour qu’elle puisse manœuvrer et faire demi-tour. La mienne, gros 4×4 —  honnis en France mais nécessaire ici et dans le nord du Nord-Est encore plus — peut faire sa trace dans 30 cm de neige, y compris en marche arrière. Mon 4×4 précédent qui était un vrai truck avant qu’ils changent le modèle en crossover (WTF ? n’importe quoi ! ) pouvait faire sa trace encore plus facilement puisque c’était une voiture à propulsion arrière de plus de 300 chevaux et presque 3.5 tonnes. Faire une note mentale pour la prochaine fois de prendre une 4×4 à propulsion arrière si ça se fabrique toujours. Plus dangereux à conduire voire dangereux si l’on n’en tient pas compte, plutôt il faut faire attention et suivre certaines astuces et procédures, mais c’est extrêmement performant dans la neige ou la boue et le sable. 

Espérons que nous n’en arriverons pas là, normalement  je suis prête à tout, même à ces extrémités — j’ai appris avec les années et ma procédure est maintenant bien rodée. La maison est prête, quelques courses alimentaires ce matin, jus d’orange, de pamplemousse et de mangue, lait fruits frais et quelques bricoles comme du miel et de la sauce tomate, du produit de nettoyage Monsieur Propre — courses que je devais faire de toute façon cette semaine. Surtout qu’avec la pandémie placards et frigos sont pleins en continu puisque pour chaque produit j’ai 2 exemplaires d’avance en plus de celui en cours. Dès que nous finissons l’exemplaire en cours et que je tape dans le stock de secours, je le restocke aussitôt sans laisser tarir le stock de secours pour ne pas être prise de court, notamment à cause des difficultés d’approvisionnement et des pénuries complètement aléatoires et soudaines. Les courses de ce matin c’était surtout parce que c’était prévu comme ça pour maintenir les stocks justement et que je ne veux pas y aller trop près de Noël pour éviter la foule. Malgré tout, lever 7 heures pour être avant 8 heures au supermarché. Un peu de retard pourtant parce qu’il m’a fallu un quart d’heure ou 20 minutes pour gratter et dégivrer les vitres de la voiture, ce que je n’avais pas prévu. Il a neigeoté hier lundi et il y avait une couche de neige gelée très dure sur le pare-brise avant et la lunette arrière, les moteurs des essuie-glace étaient poussifs aussi pour je ne sais quelle raison. Mais cela allait encore, les courses sont faites et j’ai tout trouvé, la foule a commencé à affluer quand j’ai quitté le supermarché vers 9h15. Les légumes de la ferme ont été livrés aussi à la mi-journée (bien contente d’être en jour de livraison le mardi et pas le mercredi ou le jeudi, ils ont annoncé un décalage de livraison pour ceux qui sont livrés ces jours-là).

Pour le reste aussi je suis prête, la maison est calfeutrée, mise en mode hiver, l’essence pour le chasse-neige et le groupe électrogène est stockée, les pelles sorties et les outils d’hiver à portée de main. Les voitures sont prêtes, tous les niveaux et la pression des pneus vérifiés, les pleins d’essence faits — en ce temps de pandémie ils sont toujours faits puisqu’on ne roule presque pas — et elles sont en mode hiver aussi (outils et brosses dans chacune). Les sacs de survie hiver — à emporter quand on doit utiliser la voiture par temps de neige — sont prêts aussi, les chaussures d’hiver imperméabilisées, les manteaux dans le placard du bas imperméabilisés également et prêts à servir — il a fait relativement doux jusqu’à présent — bonnets écharpes et gants sortis aussi.

Dimanche (13 décembre) j’étais en T-shirt dehors dans la journée et pour sortir les poubelles, il a fait entre 13 et 15 degrés dans la journée. Le lendemain il a neigé un peu et la température est restée aux alentours de zéro toute la journée.

On attend -12 / -13 degrés jeudi et vendredi après la tempête qui doit commencer demain mercredi à la mi-journée et durer tout le reste de la journée toute la nuit et tout le jeudi matin, environ 24 heures non-stop.

Ah et c’est aussi un nor’easter finalement, un cyclone hivernal d’altitude qui amène toujours de la neige chez nous d’après mon expérience, certaines fois beaucoup de neige selon son trajet plus au nord ou plus au sud — nous sommes dans un corridor qui marque la limite de ces nor’easter alors un décalage de 20 ou 30 km de son chemin fait toute la différence pour le New Jersey Central et certaines fois nous nous en sommes sorti avec un saupoudrage, certaines fois aussi avec 1 mètre de neige.

Apparemment, c’est New York City et sa région ( nous donc ! ) qui doivent être les plus touchés par la tempête cette fois : le plus de neige, plus que pour le nord du Nord-Est (Boston et Massachusetts) et des vents pouvant aller jusqu’à 75 km/h au niveau de l’aéroport de Kennedy qui est en bord d’océan. Nous, nous sommes un peu à l’intérieur des terres donc les pointes de vent devraient rester en dessous de 50 km/h maximum. Mais neige et vent forment une mauvaise combinaison : du blizzard en perspective voire un blanc total ?

Les dernières mises à jour de cet après-midi : nous sommes passés de surveillance tempête (winter storm watch) à l’alerte maximum winter storm warning. Pas d’alerte blizzard pour le moment. Mais ce sera une big one a dit la dame de la météo tout à l’heure.

Interruption intempéries

Une interruption intempéries, encore une, l’automne et les mois de septembre octobre sont les moments où les tempêtes tropicales sont le plus susceptible de remonter jusque dans le New Jersey — quoique cette année nous en ayons eu une qui est remontée début août [lire ici la tempête Isaias, ici et ici]. Si elles ne remontent pas toutes sous forme de tempête tropicale directement à l’intérieur des terres, on en a souvent au moins les franges ou les queues « simplement »  sous forme de pluies torrentielles (diluviennes littéralement ) sans les vents violents — c’est déjà ça. 

Mais demain et vendredi c’est une nouveauté, une nouvelle variante des intempéries brutales : nous attendons non pas une mais 2 tempêtes qui vont se rencontrer sur terre quelque part dans la région des plaines centrales et mi-atlantiques et unir leurs forces pour apporter encore plus de vent et encore plus de pluie. La cerise sur le gâteau c’est que sur leur sortie des terres, au niveau du Nord-Est (c’est nous, le New Jersey et le New York puis la Nouvelle-Angleterre) il y aura de la neige dans la queue de cette tempête jumelée puisque la masse d’air chaud humide chargée de pluie de la tempête tropicale va rencontrer la masse d’air froid de la seconde tempête qui vient de l’ouest. De la neige ! Pas exactement chez nous dans le New Jersey central ni à New York la ville mais à la limite nord du New Jersey, à la frontière avec le New York (l’état), à moins de 100 km,  70 / 80 maximum de chez nous. Pour ce que l’on appelle upstate New York, la partie nord de cet état ce sera définitivement certain et ce sera leur première neige de la saison.

C’est pour cette raison que j’ai vu des prévisions de températures négatives,  -2 degrés Celsius pour vendredi alors qu’il fait encore entre 12/15 et jusqu’à 18 degrés ces temps-ci. J’ai compris pourquoi, avec cette neige si proche l’air va se refroidir de façon significative.

Deux tempêtes qui se rencontrent (Billy et Zeta, cela sonne comme une romance d’un film hollywoodien ou un roman à l’eau de rose et ce n’est pourtant pas le cas ni de l’un ni de l’autre) et qui vont joindre leurs forces, une première je n’avais jamais entendu ni vu ça depuis plus de 18 ans que je suis ici !

Inutile de dire que je ne suis pas prête, j’ai simplement un peu d’essence qui me reste, pour la tondeuse à l’origine, une dizaine de litres, la tente canopée que je viens d’acheter il y a deux jours pour le groupe électrogène n’est pas encore arrivée. Et j’ai encore besoin de faire un bricolage pour adapter une petite boîte imperméable pour la prise sur le côté de la maison sur laquelle on branche l’énorme fil électrique qui sort du groupe électrogène et alimente la maison dans sa totalité. Une boîte étanche qui permettra de brancher et d’alimenter pendant des intempéries justement. Tâche que je fois faire depuis 2 ou 3 ans et que je remettais sans cesse à plus tard et que j’avais commencé à attaquer il y a quelques jours, sans savoir qu’une tempête me prendrait de vitesse. Jusqu’à présent nous n’avons jamais eu besoin de faire tourner le groupe électrogène pendant l’intempérie elle-même mais seulement après, donc sans réel besoin ni de l’abriter ni surtout d’abriter les branchements électriques ni la prise d’entrée dans la maison. D’autant moins prête qu’en ces temps de pandémie tout est aussi plus compliqué donc se préparer aussi est plus compliqué.

Forte de la prévision météo qui dit que nous aurons seulement des pluies torrentielles mais (normalement) pas de vent chez nous, je croise les doigts pour que la prévision soit vraie. Mais les fortes pluies peuvent aussi abattre des arbres, même sans vent. C’est ce qui s’est passé il y a un mois : des pluies torrentielles ont fait tomber la moitié d’un chêne en bordure de notre propriété avec l’un de nos voisins. Pas de dommages ou très peu et rien sur la maison ni sur les voitures mais la branche qui portait la moitié du feuillage tout en haut du chêne est tombée de 30 mètres de haut où elle était attachée et nous avions entendu un bruit immense ce soir-là au milieu des torrents de pluie. Ce chêne en particulier ne risque plus de tomber, la moitié qui restait a été abattue par les bûcherons professionnels engagés par ledit voisin la semaine dernière. Un souci de moins pour cette tempête, que dis-je, ces tempêtes jumelées à venir.

Décidément cette année 2020 en a toujours en rayon pour ajouter à notre malheur pandémique déjà fort contraignant et notre quotidien misérable.