Archives mensuelles : décembre 2016

Trêve des confiseurs

Se poser un peu pour réfléchir, enfin un ralentissement dans la trépidante vie suburbaine américaine, trépidante le rythme est soutenu, et ennuyeuse tout à la fois, rien d’excitant ne se produit ni ne se fait que du vent qui se brasse et qu’on ne peut s’arrêter de brasser à l’unisson avec les autres suburbains — un ennui d’un profond inimaginable.

Se poser un peu pour réfléchir peut-être, dormir surtout, malgré quelques malveillantes publicités qui osent appeler avant 9 heures du matin, lire un peu — le retard de lecture n’est plus rattrapable à ce niveau-là mais je fais comme si.

Écrire surtout, me remettre au manuscrit — il m’a fallu près d’une semaine de trêve pour enfin m’y pencher ce soir — une semaine d’hébétude à ne plus savoir par quel bout prendre rien du tout, effet boomerang du changement de rythme.

Les choses sérieuses suite

Jeudi matin -6 degrés C au réveil mais il y a toujours de l’eau au robinet de la cuisine — le seul endroit où par grand froid je peux perdre l’eau. J’ai beau avoir calfeutré les tuyaux, isolé et re-isolé, je chauffe aussi avec un petit chauffage électrique la pièce du sous-sol — non chauffée et faiblement isolée à l’origine — où passent ces tuyaux, je chauffe les tuyaux eux-mêmes avec des résistances attachées qui courent le long des tuyaux sous un manchon isolant : rien n’y fait. Malgré toutes mes améliorations et toutes mes précautions il arrive au moins une fois l’an que je perde l’eau dans la cuisine. Ce n’est pas tant le fait de perdre l’eau — je peux vivre sans pendant quelques jours, ça m’est déjà arrivé plusieurs fois, pas uniquement pour des raisons de gel d’ailleurs, j’ai des réserves en gros jerricans de 20 litres — mais le risque de voir les tuyaux éclater et inonder le sous-sol au dégel, ça m’est déjà arrivé il y a 10 ans, d’où les améliorations chaque année. La seule solution extrême et efficace quand rien n’y a fait, c’est de laisser couler un filet d’eau au robinet de la cuisine. Pas un simple filet d’eau, mais un double filet d’eau au mélangeur, eau froide et eau chaude, j’ai aussi appris cela au fil d’essais et d’erreurs chaque année.

Donc jeudi matin au réveil malgré le thermomètre (qui prend la température extérieure au niveau du mur nord de la maison, là où justement passent les tuyaux d’arrivée d’eau de la cuisine, il y a environ 10 ou 15 cm que je ne peux ni chauffer ni isoler plus, ils sont dans le mur ou dans l’espace entre le plafond du sous-sol et le plancher de la cuisine) qui marque -6 degrés C, j’ai toujours de l’eau froide et de l’eau chaude. En général, d’expérience, c’est quand on arrive vers -9/-10 degrés C qu’il faut laisser couler ce double filet d’eau. Les -11 degrés sont prévus pour le soir donc en revenant du travail à 13 heures il sera toujours temps de laisser couler l’eau.
Croyais-je.

Et ce jeudi matin je n’ai pas perdu l’eau du frigo non plus, c’est en général le signe qui m’annonce qu’il faut laisser couler l’eau à l’évier. Ce petit tuyau en plastique fin je ne peux rien y faire, donc je me suis résignée à perdre l’eau du frigo par grand froid.
Double erreur.

En revenant vers 13 heures, en voulant me laver les mains je m’aperçois que je n’ai plus d’eau chaude au robinet. Alors que j’ai toujours de l’eau froide, cherchez l’erreur. Et toujours de l’eau au frigo, cherchez aussi l’erreur. En général, par expérience des années passées, l’eau chaude, je la perds en dernier si jamais je n’ai pas appliqué la procédure de conservation du filet d’eau.

Pas cette fois, tout a fonctionné à l’envers. Surtout que la température est toujours à -6, pas plus basse.
J’ouvre néanmoins le robinet d’eau chaude au tiers et celui d’eau froide au tiers aussi — au moins sauver ce tuyau, ce n’est pas la peine de prendre le risque de deux explosions de tuyaux.

Vendredi matin au réveil -11 degrés C, l’eau froide coule toujours au robinet laissé ouvert et je n’ai pas perdu l’eau du frigo — je ne comprends pas pourquoi mais je m’en réjouis.  Je surveille les prévisions de températures pour la journée, on ne devrait revenir vers zéro que samedi dans la journée,  je me résigne à attendre samedi pour retrouver l’eau chaude et vérifier que tout est intact dans le sous-sol.
D’où ma surprise quand ce même vendredi vers 10h30 du matin le filet d’eau est tiède, l’eau chaude s’est remise à couler au robinet. Il fait toujours -11 dehors. Cherchez l’erreur.

À force de fricoter avec ces degrés Fahrenheit antédiluviens qui ne correspondent à rien, même l’eau ne sait plus à quelle température geler ou dégeler. Difficile de comprendre, pour la scientifique que je suis, ce qui se passe. Comme si ce pays, si réfractaire à toute science, déteignait sur les éléments et sur l’eau. J’ai d’autres histoires d’eau si j’ose dire, la neige qui tombe par +12 degrés C ou la pluie par -6, c’est déjà arrivé sur cette terre inhospitalière et inéluctablement rebelle aux lois de la physique et de la chimie.

La seule explication c’est le wind chill, l’effet de refroidissement dû au vent. En fait jeudi il faisait un vent terrible, -6 de température mais un wind chill, un effet vent, de -14, ce qui n’était pas le cas vendredi : -11 degrés mesurés mais pas de vent.

Du coup j’ai passé le vendredi après-midi à scotcher des sacs plastiques épais (des sacs congélation très épais ou des sacs poubelle de jardin selon la taille nécessaire) sur toutes les fentes et tous les interstices entre deux poutres ou aux jonctions entre briques, béton et poutres. J’ai l’impression que ça marche et qu’on sent moins l’air du dehors dans la portion du sous-sol où passent ces fameux tuyaux.

Bien sûr ça fait bricolage mais personne ne le voit, c’est dans un recoin semi-extérieur du sous-sol derrière la porte-tempête et c’est en attendant la venue de mon fils qui m’aidera à isoler plus efficacement avec de la mousse isolante polyuréthane expansive si ça existe ici ou au moins un équivalent en bombe aérosol pour boucher tous ces petits interstices.

Dire que je viens d’une région où la température descend rarement au-dessous de zéro…

Les choses sérieuses commencent

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Premier gel

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Premier gel

Hier samedi, premier gel.

Nous avons déjà eu quelques gelées blanches, assez peu cette année,  2 ou 3 fois seulement, mais aucun vrai gel. Ce samedi les flaques d’eau étaient toutes gelées — surtout encore gelées le matin au réveil, ce qui n’était pas encore arrivé cette année et n’ont pas dégelé de la journée. Il a fait de -3 degrés à +1 au plus chaud.

Plus tard dans la journée nous avons aussi reçu le premier avis de neige-verglas-pluie verglaçante pour aujourd’hui dimanche.

Nous attendions de la neige dans l’après-midi et tout à l’heure effectivement il a commencé à neiger. Nous attendons aussi une baisse draconienne de température jeudi prochain à -14 degrés, avec -7 au plus chaud de la journée et encore de la neige-pluie verglaçante ou les deux, mercredi. Dommage pour la Super Lune, il fera sans doute trop froid pour aller gambader dehors, de toute façon ce sera couvert. Dire que j’avais trouvé un endroit élevé et dégagé avec vue sur New York dans le lointain.

De la neige est prévue pour samedi prochain aussi.

Les choses sérieuses commencent…