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Nous construisions des civilisations

« Nous construisions des civilisations. Maintenant nous construisons des centres commerciaux. »

Une citation tirée du livre de Bill Bryson que je viens de finir de lire et qui est résume parfaitement nos temps modernes de fin du XXème siècle et début de ce XXIème qui n’en finit pas d’être calamiteux. Écrite pour décrire son voyage autour de l’Europe en 1990 et tirée de son livre Neither here nor there: travels in Europe, publié en 1992 chez William Morrow & Company, malheureusement pas traduit ni publié en français.

It seemed odd and sad that mankind could for centuries have so effortlessly graced the landscape with structures that seemed made for it — little arched bridges and stone farmhouses, churches, windmills, winding roads, hedgerows — and now appeared quite unable to do anything to the countryside that wasn’t like a slap across the face. These days everything has at best a sleek utility, like the dully practical windmills slipping past with the scenery outside my train window, or else it looks cheap and temporary, like the tin sheds and concrete hangars that pass for superstores on the edge of every medium-sized town. We used to build civilizations. Now we build shopping malls.

Bill Bryson in Neither here nor there (the chapter about Copenhagen and Denmark)

Ce qui signifie en gros :

Il semblait étrange et triste que l’humanité ait pu pendant des siècles gratifier sans effort les paysages de structures qui semblaient faites pour ces paysages — des petits ponts en arche et des fermes en pierre, des églises, des moulins à vent, des routes sinueuses, des haies (de bocage) — et maintenant apparaissait complètement incapable de faire quoi que ce soit qui ne soit comme une gifle en travers du visage de la campagne. De nos jours tout a, au mieux, un tant soit peu d’utilité, comme les éoliennes pratiques et ennuyeuses qui se succèdent dans le paysage à travers ma fenêtre de train, ou sinon [pire] ça a un air de pacotille temporaire, comme les abris en tôle ondulée et les hangars en béton qui se font passer pour des magasins grande surface à l’orée de chaque ville de taille moyenne. [Dans le temps] Nous construisions des civilisations. Maintenant nous construisons des centres commerciaux.

Bill Bryson in Neither here nor there  pendant un voyage en train à travers le Danemark (chapitre Copenhague)

La découverte renversante de Pied-de-Bois de Patrice Kes

La découverte renversante de Pied-de-Bois de Patrice Kes

Pour changer un peu du quotidien de pandémie, un article que je devais faire depuis bien longtemps à propos du livre de Patrice Kes, La découverte renversante de Pied-de-Bois, que j’ai enfin lu.

Patrice Kes du blog Patrice Kes Blog-Notes a publié ce roman, La découverte renversante de Pied-de-Bois, l’an dernier, en mai 2019 (quand je disais que je devais faire cet article depuis longtemps). Voici l’article que son blog qui le présente :

https://patricekes.wordpress.com/2019/05/25/au-coin-du-feu/

Livre que j’ai aussitôt acheté donc fin mai / début juin 2019. L’avantage de l’amazone, c’est que tout livre publié en autopublication chez l’amazone dans une partie du monde est de fait disponible à l’achat sur tous les sites Amazon de tous les pays. Donc peu importe où l’on habite dans le monde, pour peu qu’il y ait un site de l’amazone dans cette région  (y a-t-il une région du monde qui ne soit pas couverte par l’amazone d’ailleurs ? peut-être l’Antarctique ?) , on peut y acheter tout livre publié par eux, peu en importe le langage. Il est imprimé et fabriqué localement à la demande, à la commande donc.

Ce qui fait que j’ai pu l’acheter sans problème aux États-Unis. Comme je devais voyager je ne l’ai pas commencé (j’évite d’emporter des livres même pour le temps du voyage ou alors un tout petit livre de poche que je rapporte à mes parents ou que je leur laisse).

Je l’ai commencé après mon retour, à un moment pendant l’automne et j’ai bien aimé ce que j’ai lu. Puis il a fallu préparer le voyage de fin d’année et comme en outre je lis toujours plusieurs livres en même temps, je l’ai posé dans la pile à nouveau. C’est dangereux parce que les piles de livres ont une vie propre et, je le jure, les livres se déplacent tout seuls, sans aucune intervention humaine, dans les piles et dans les étagères pendant qu’on ne les regarde pas. Mais j’avais fait une note mentale de l’offrir à ma mère.

Tout ceci nous amène 7 ou 8 mois plus tard, au début de cette année 2020. Je ne l’ai pas repris tout de suite en rentrant de France mi -janvier (il était tombé au fond de la pile disais-je — de laquelle ? ), mais je l’ai offert à ma mère pour son anniversaire début mars : même chose, les joies de l’amazone font que j’ai pu le commander sur le site français depuis les États-Unis et le faire livrer en France. Une bonne chose de l’avoir commandé au tout début mars parce qu’ensuite avec la pandémie et tout ce qui a fermé ou tourné au ralenti — y compris l’amazone en France — ça n’aurait plus été possible avant un certain temps.

Ma mère l’a reçu sans problème avant le confinement. Heureusement elle lit plus vite que moi et l’a lu dans la foulée et extrêmement apprécié. Voici ce qu’elle m’en a dit le 11 mars : «   Je viens de finir le livre, très amusant et bien écrit, ce qui est rare de nos jours ! »

Du coup j’ai fouillé partout et je l’ai retrouvé dans une pile où je jure que je ne l’avais pas mis (encore un coup de Napoléon c’est certain) et enfin lu en avril 2020 pendant le confinement, avec les difficultés de concentration que l’on sait et que tous les lecteurs ont plus ou moins subies.

J’ai également beaucoup apprécié les aventures historiques de Pied-de-Bois et de La Chouette, d’autant plus que le sujet et l’intrigue étaient à des années-lumière de ce que nous vivions avec le confinement etc,, ce qui faisait une diversion extrêmement bienvenue. J’aurais déjà apprécié le sujet en temps normal de toute façon mais en ces temps de stress c’était encore plus appréciable.

J’ai beaucoup aimé l’histoire, la petite histoire dans la grande Histoire et les personnages qui sont tous très attachants. Il est aussi très bien écrit, ce qui est agréable. Ce roman n’est pas sans rappeler Re-vive l’empereur ! de Romain Puertolas (dans l’esprit seulement parce que ni l’histoire ni le genre ne se ressemblent, leur principal point de ressemblance est une uchronie en quelque sorte, avec le même personnage de Napoleon). Les deux sont également amusants aussi.

Excellent livre que je recommande donc chaudement. En plus, en ce moment, c’est un agréable changement d’ambiance et une lecture sans stress. Les thrillers c’est bien, mais ces temps-ci ça rajoute un stress dont on n’a pas besoin et je cherche des lectures tranquilles tout en étant intéressantes bien entendu. Donc je recommande absolument ce livre, d’autant plus qu’il est autopublié et que plus on en parle autour de soi, plus il aura de chance de trouver des nouveaux lecteurs — c’est difficile sans la machinerie marketing d’une maison d’édition, les passages à la radio et les articles dans la presse.

Pour se le procurer, il suffit d’aller sur le site Amazon de votre région géographique et de faire recherche par le nom de l’auteur ou le titre.

En espérant donner l’envie à quelques lecteurs.

La découverte renversante de Pied-de-Bois de Patrice Kes

La théorie de l’information

La théorie de l’information

La théorie de l’information

Pendant mon séjour en France j’ai enfin lu La théorie de l’information d’ Aurélien Bellanger publié par les éditions Gallimard : chronologie de l’informatisation de la France depuis le Minitel jusqu’à l’Internet de Facebook et des smartphones. Inspiré largement de la vie du patron d’un opérateur Internet et milliardaire des nouvelles technologies français Xavier Niel, créateur notamment de Free. 

Cela m’a pris quasiment tout mon séjour, plus de 4 semaines, le livre étant pénible à lire. Assez bourratif pour ne pas dire chiant, cependant informatif, notamment pour comprendre comment nous les consommateurs, sommes pressés comme des citrons façon arnaque. Mais tout est légal bien sûr ! Quant à la moralité de la chose elle n’entre pas en ligne de compte et ça continue.

Bref la vie, depuis la naissance jusqu’à la réussite financière, sur notre dos, d’une catégorie de bandits des grands chemins : la catégorie des fournisseurs d’accès Internet, téléphonie mobile et fixe. Il y en a d’autres (les banquiers, les assureurs, les concessionnaires…) ma liste s’allonge de jour en jour mais ceux que je viens de citer forment le cœur même de cette engeance — bandits des grands chemins gros arnaqueurs.

La théorie de l’information

La théorie de l’information