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La théorie de l’information

La théorie de l’information

La théorie de l’information

Pendant mon séjour en France j’ai enfin lu La théorie de l’information d’ Aurélien Bellanger publié par les éditions Gallimard : chronologie de l’informatisation de la France depuis le Minitel jusqu’à l’Internet de Facebook et des smartphones. Inspiré largement de la vie du patron d’un opérateur Internet et milliardaire des nouvelles technologies français Xavier Niel, créateur notamment de Free. 

Cela m’a pris quasiment tout mon séjour, plus de 4 semaines, le livre étant pénible à lire. Assez bourratif pour ne pas dire chiant, cependant informatif, notamment pour comprendre comment nous les consommateurs, sommes pressés comme des citrons façon arnaque. Mais tout est légal bien sûr ! Quant à la moralité de la chose elle n’entre pas en ligne de compte et ça continue.

Bref la vie, depuis la naissance jusqu’à la réussite financière, sur notre dos, d’une catégorie de bandits des grands chemins : la catégorie des fournisseurs d’accès Internet, téléphonie mobile et fixe. Il y en a d’autres (les banquiers, les assureurs, les concessionnaires…) ma liste s’allonge de jour en jour mais ceux que je viens de citer forment le cœur même de cette engeance — bandits des grands chemins gros arnaqueurs.

La théorie de l’information

La théorie de l’information

Autres formes narratives — trace 

Il est intéressant de voir le résultat, la forme narrative que prend un mois dans une vie — ce mois de janvier et l’accélération du temps ou le ralentissement en l’occurrence.  

La répétitivité des jours, le rythme lent de la vraie vie par rapport aux histoires fictions ou récits — ce rythme dont j’avais pu constater la douloureuse lenteur dans le passé.

C’est vrai que je trouve que le temps a passé lentement en visionnant cette vidéo de 33 secondes (environ 1 seconde, très approximative, par jour) — la désespérante lenteur compressée en 30 secondes, reste lente malgré tout.

Il est intéressant de voir ce résultat sans scénario ni fil de récit aucun puisque ce sont des séquences mises bout à bout sans but ni planification comme on le ferait pour un vrai film qui aurait une structure narrative, comme on le ferait avec un récit écrit avec un avancement et un plan, bref une ligne directrice de l’écrivain ou du scénariste. Là ce n’est pas le cas j’ai filmé au hasard de mes activités sans penser à ce que j’avais filmé la veille ni à ce que je filmerais le lendemain (le plus souvent je ne m’en souvenais même pas) : donc sans plan ni structure prédéfinie surtout que certains jours j’ai filmé plusieurs extraits et j’ai choisi celui qui rendait le mieux de façon visuelle ou qui n’avait pas de  problème technique, indépendamment du sens et du contenu de la séquence.

Finalement c’est presque une suite de haïku visuels, un renku visuel, Le renku (ou renga comme il était appelé traditionnellement)  est une série de petits poèmes (en général des tanka ou alternance de haïku et poèmes à deux lignes) en chaîne, écrits à plusieurs normalement. Je pourrais élargir ce projet vidéo en écrivant justement les haïku / tanka  qui correspondent à chaque vignette visuelle ou qui leur répondent ou qui sont en contrepoint ou en contre-pied, tout est permis, tout est possible. J’en prends note dans mon cahier d’idées et de projets divers. Un moyen de boucler la boucle et de revenir à l’écrit — mise en abyme ultime puisque les haïku sont des vignettes visuelles écrites.

(la suite aussi : mon mois de février en un peu moins d’une trentaine de secondes)

Autres formes narratives

Je suis tombée au détour d’une des multiples lettres d’information photo / vidéo auxquelles je suis abonnée, sur cette application pour mon téléphone, 1SE, qui était recommandée pour effectuer un défi / projet à faire tout au long de l’année, ou du mois ou de la durée que l’on veut : tourner une seconde de vidéo chaque jour avec son téléphone (pour faire simple) puis l’importer dans ce petit logiciel au fur et à mesure. Cela fait un petit bout de vidéo pour chaque jour du calendrier et à la fin du mois ou de la période désirée, on le laisse faire automatiquement un petit montage avec cette seconde (environ) de vidéo par jour. 

Intéressant pour moi parce que cela me force à penser à filmer un peu tous les jours, ce qui permet une sorte de sauvegarde mémorielle en sus de la photo. Les photos, je n’oublie jamais d’en prendre et de documenter au jour le jour ou presque — ce qui me permet ensuite, des mois voire des années plus tard, d’écrire a posteriori, en complétant les notes prises sur le vif ou à l’époque, voire les remplacer complètement, par les photos quand on a oublié d’écrire un jour donné. J’ai ainsi réécrit un récit de mon voyage en France en 2009 après de longues années sans retour, en me basant à la fois sur un journal tenu à peu près au fur et à mesure et sur des photos prises quotidiennement. Certaines fois la seule mémoire fait défaut et les notes n’ont pas été prises, par manque de temps ou par fatigue. À l’époque la vidéo n’était pas aussi répandue dans les appareils photo et les téléphones de type smartphones avec caméra vidéo n’en étaient qu’à leurs débuts, la qualité était en outre très mauvaise. Maintenant la limitation purement technique est levée que ce soit pour les appareils photo ou les smartphones et on possède au moins un smartphone la plupart du temps.

Je précise par contre que je ne prends que très peu de photos avec le smartphone : malgré ce qu’en disent les publicités la qualité des photos est vraiment plus que moyenne et ne supporte pas la comparaison même avec un simple petit appareil compact récent. Pour la vidéo ce n’est pas le cas, la qualité de la vidéo a progressé dans les smartphones de la même façon voire mieux que dans certains appareils d’entrée de gamme, surtout les petits appareils compacts.

Donc je me surprends à prendre de plus en plus souvent mon téléphone pour enregistrer une petite séquence vidéo en complément de photos prises avec mon appareil photo — effet en partie dû à ce défi / projet déclenché par cette application 1SE, qui est l’acronyme de 1 Second Everyday, une seconde par jour. C’était le but recherché en quelque sorte et mis en avant dans l’article : ce petit projet sans ambition et peu coûteux (aucun coût monétaire ajouté, on peut utiliser la version gratuite de l’application et peu coûteux en temps également) devait servir de prétexte pour tourner plus de séquences vidéo, en quelque sorte nous forcer à documenter nos journées alors que quelquefois on le remettrait tout simplement à plus tard. La brièveté de la séquence et la facilité de mise en œuvre (utilisation du smartphone) en étant les initiateurs.

Ce sera intéressant d’ici quelques années si je veux écrire sur telle période, telle expérience ou souvenir : il me suffira de regarder les bouts de vidéo enregistrés pour raviver voire retrouver les souvenirs — de la « triche » sans doute mais d’une part je ne serai pas obligée de les regarder et d’autre part ce sera bien d’en avoir la possibilité.

Ce sera aussi intéressant pour expérimenter carrément d’autres formes narratives — faire un petit film ou un montage plus pensé et plus intentionnel avec tout ce matériau brut engrangé. 

La situation de la vidéo et du film s’est améliorée de façon exponentielle : non seulement cela s’est démocratisé au niveau du coût mais également au niveau des possibilités techniques. De hautes qualités techniques sont accessibles à tout un chacun sans avoir besoin d’investir des dizaines de milliers voire des centaines de milliers d’euros ou de dollars dans du matériel qui n’était jusqu’à récemment accessible qu’aux professionnels et aux grandes productions. Un simple appareil photo de trois ou quatre centaines de dollars ou d’euros suffit pour faire un travail quasi professionnel ou même un smartphone récent. Il suffit de voir la pléthore de chaines YouTube de grande qualité, qualité non seulement narrative mais aussi technique, qui sont disponibles actuellement.

Donc voici mon premier essai avec ce logiciel, je l’ai laissé tout faire (je ne crois pas qu’on ait beaucoup de champ d’action avec la version gratuite de toute façon). La seule chose que j’ai faite c’est de filmer une ou plusieurs petites séquences par jour et de choisir ensuite une séquence pour le jour dit, le logiciel a fait le reste.

(mon mois de janvier 2019 en une trentaine de secondes)

 

Technologie

Il n’y a pas si longtemps, du temps si récent d’avant l’électronique envahissante directive imposant sa loi, zinzinante bippante et sonnante à tout va, vraiment pas longtemps, une petite quinzaine d’années, pour peu qu’on vive en dehors d’une grande ville, on était réveillé le matin par le chant des oiseaux, le chant du coq voire le son de cigales si l’on était dans le Sud et en été, au pire une cloche d’église annonçant l’heure.

Ce matin j’ai été réveillée en sursaut par un bidule qui hurlait « low battery », batterie faible — il m’a fallu une bonne vingtaine de minutes, mal réveillée dans les vapeurs du matin, pour localiser le coupable — il y en a tant de ces bidules électroniques qui crient pour un oui ou non : mon alarme incendie / monoxyde de carbone / radon et je ne sais quoi encore (alerte martiens peut-être, après tout je suis dans le pays qui y croit dur comme fer).  En fait ce n’était pas MON alarme mais UNE DE MES alarmes, bien entendu il y en a dans chaque pièce de la maison, un coin de couloir étant considéré comme une pièce, de plus certaines de ces alarmes sont distantes de moins de 2 mètres l’une de l’autre. On n’en a pas encore mis dans chaque placard mais ce sera la prochaine étape / loi /obligation / règlement, je suis surprise que ce ne soit pas déjà le cas. Donc une de mes alarmes qui hurlait à la mort — littéralement c’est la mort pour un bidule électronique que de ne plus avoir de jus électrique — que sa pile était faible. Pile de secours car évidemment ces alarmes sont branchées sur le secteur aussi, la pile n’étant là qu’en réserve en cas de coupure de courant — il faut tout prévoir.

Réveil en sursaut qui m’a laissée nauséeuse et de mauvaise humeur d’autant qu’outre me réveiller, il m’a fallu chercher pendant 20 minutes ce dont il s’agissait, 20 minutes pendant lesquelles l’alarme continuait donc à hurler « low battery ».

Le chant des oiseaux ou des cigales contre les hurlements synthétiques hystériques de zinzins électroniques,

le progrès vraiment ?