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Foule sentimentale

 

Une fois n’est pas coutume — d’ordinaire je ne publie que des textes, photos ou vidéos personnelles sur ce blog mais aujourd’hui j’ai décidé de publier un lien vers la vidéo officielle de la chanson Foule sentimentale d’Alain Souchon.

J’ai récemment acheté son dernier album, Âme fifties (très bon album avec la superbe chanson On s’aimait et d’autres de grande qualité aussi) et cela m’a donné envie de réécouter quelques-unes de ses anciennes chansons. Parmi celles-ci j’ai retrouvé Foule sentimentale. Sa pertinence et son actualité criante m’ont frappée et je l’ai réécoutée en boucle.

La meilleure chanson française sur le sujet — la surconsommation et le vide de la société de consommation — écrite à ce jour, visionnaire qui plus est, car écrite en 1992/93 : il n’y avait pas Amazon à l’époque, pourtant il parle déjà des cartons d’emballage et des désirs qu’on nous impose, « les quantités d’choses qui donnent envie d’autre chose » qui sont, de nos jours, la marque de fonctionnement d’Amazon en particulier mais pas que.

À réécouter d’urgence en ces jours de « Black Friday » ultra soldes et autres discounts quasi permanents — un anti hymne au Black Friday justement.

Certains mots se sont échappés

Certains mots se sont échappés, envolés, je ne les ai pas retrouvés, ils ne me sont pas revenus, peu importe, c’est si vain quelques fois que de noter ces mots noir sur blanc. D’autres viendront qui les remplaceront ou s’y substitueront, ne poursuivant pas le même but ni la même fonction. Il faut les laisser aller vivre leur vie et accepter ces autres qui viennent même s’ils me semblent imparfaits et me déçoivent quelquefois par comparaison — avec quoi puisque j’ai oublié les premiers ? Avec le souvenir de l’émotion — seule trace — laissée par ces premiers.

(journal 14 janvier 2005)

À la recherche du panaché parfait

Panaché parfait

Panaché parfait

Pas vraiment parfait mais du panaché classique. En utilisant les boissons sucrées gazeuses d’ici on en est tellement loin que le panaché classique, que tout bar ou tout un chacun est capable de réaliser en France, est ici un Saint-Graal, une quête sans fin — quasi impossible. Tout est dans le quasi.

Les expatriés comme moi comprendront cette nostalgie pour des denrées des boissons ou des traditions bien françaises — que peut-être la moitié des Français n’apprécie même pas, ce qui est tout à fait légitime. Serais-je restée en France que peut-être je ne boirais pas de panaché maintenant non plus.

C’est non seulement la France que ça me rappelle mais encore plus ma jeunesse, mon adolescence, les mois d’été où nous avions accès à cette boisson (faite à la maison, moitié bière moitié limonade, quoi de plus simple, pas de quoi en écrire un livre de recettes semblait-il en ce temps-là, en cet endroit-là ) pendant que les adultes buvaient quelque chose de plus sérieux — plus alcoolisé aussi.

Alors je suis partie à la recherche du panaché perdu. Dans mon autre blog, mon blog de vin je raconte mes essais avec mon fils comme cobaye et à quoi nous sommes arrivés — à quel mélange de boisson sucrée gazeuse en lieu de limonade, inexistante ici, et de bière pour obtenir un succédané de panaché. Les expatriés se contentent de beaucoup de succédanés.

Mais aujourd’hui j’ai réussi à préparer le panaché parfait — le panaché tel que nous le buvons quand nous allons en France — grâce à une limonade française, importée, vendue à prix d’or et qui m’a coûtée plus cher que la bière (pourtant d’importation française aussi) limonade achetée dans un magasin genre Fauchon ou plutôt Monoprix Gourmet mais avec les prix de Fauchon voire plus.

Moment de nostalgie, à la recherche du panaché perdu.

Panaché parfait

Panaché parfait

Le mois de Mars — trace

Mars bien visible et bien brillante comme pendant l’été 2003 — été de l’infamie dans ma mémoire, qui restera toujours tel.

Durant l’été 2003 Mars avait été bien visible de la même façon au-dessus de l’horizon sud malgré la pollution lumineuse de la grande ville proche — Paris. Comme cet été 2018, l’été 2003 avait battu tous les records de chaleur et de canicule — est-ce lié à la présence de Mars si proche dans le ciel, est-ce un cycle dont le rapprochement de Mars fait aussi partie ?

La seule différence, positive, entre ces deux étés : l’été 2018 n’a pas connu d’infamie, je peux même dire que ce fut un bon été.

Cannes 24 août

Défilé pour l’anniversaire de la libération de Cannes, le 24 août 1944, auquel j’ai assisté par le plus grand des hasards alors que j’étais en train de faire des courses à Cannes justement ce 24 août après-midi. Défilé bon enfant et familial auquel tout un chacun pouvait assister sans avoir ni à réserver sa place ni à aller dans un lieu spécial. Le défilé a eu lieu en pleine ville en public, à l’ancienne et j’ai pu y assister de façon tout à fait impromptue. Rafraîchissant en quelque sorte, de plus avec un bon état d’esprit des participants et des spectateurs. Tous les passants de cette rue d’Antibes bondée en un après-midi de semaine et d’été étaient contents d’assister à cette petite commémoration.

Relire Pennac

Une lubie qui m’a prise y a une dizaine de jours à peu près, en apprenant la sortie de son tout nouvel opus de la série Malaussène 30 ans après ses débuts, en Série Noire à l’époque. Nouvel opus que j’ai commandé aussitôt d’occasion (?) via Amazon USA, édition originale en français sur un site revendeur allemand — les voies d’Amazon sont impénétrables — pour le même prix, port compris, depuis l’Allemagne que le prix du livre neuf en France.

J’étais fana de cette série en son temps (une simple trilogie ou tétralogie à l’origine) commencée à la fin des années 80 et continuée tout le long des années 90. Je m’étais arrêtée à Monsieur Malaussène que je n’ai pas lu, après la petite déception du Dictateur et le hamac, livre qui ne fait pas partie de cette série et que je n’avais guère aimé ni jamais fini d’ailleurs, en 2003-2004.

Pour pouvoir lire ce nouvel épisode des aventures de la famille Malaussène, je me suis dit que tant qu’à faire je pouvais relire toute la série depuis le début — j’avais adoré à l’époque — est-ce que ça avait tenu la distance ? La réponse est oui, j’en suis au deuxième, La fée carabine et j’adore toujours autant, ça n’a pas vieilli d’un pouce, ni le langage, ni l’univers déjanté ni les personnages qui sont tout autant réjouissants, l’ensemble procure toujours un véritable plaisir de lecture.

Mardi matin dans les innombrables temps d’attente à l’hôpital pour la visite de contrôle trimestrielle de mon fils, j’en ai profité pour commencer La fée carabine justement. En partant de l’hôpital j’en étais déjà au tiers et je n’avais pas envie de le lâcher, le trouvant encore meilleur qu’Au bonheur des ogres que j’ai trouvé lui-même excellent à la relecture. J’attends avec impatience de relire le troisième, La petite marchande de prose, celui-ci avait paru directement dans la collection blanche de Gallimard en son temps et m’avait introduite à la série en 1990 — c’était mon préféré de tous.

Relire Pennac, une récréation délectable entre les déambulations poétiques de Basho au Japon et les aventures botaniques d’Elizabeth von Arnim en Prusse.

10 New Songs

Je me souviens exactement de l’instant et de l’endroit où je me trouvais quand j’ai entendu pour la première fois les 10 New Songs de Leonard Cohen. C’était au Virgin (aujourd’hui disparu) des Champs-Élysées à Paris, en nocturne un soir de semaine.

On n’achetait pas autant de musique que maintenant à cette époque, surtout on achetait des disques, des CD, qui étaient relativement chers. Souvent plusieurs faisaient envie, il fallait choisir mais celui-ci c’était indiscutable, il m’a fallu l’acheter séance tenante.

En parcourant les nouveautés ce soir-là, ma pile de CD à écouter à la main je me suis installée à une borne d’écoute — c’était tout l’intérêt du Virgin qui proposait l’intégralité de son catalogue en écoute, ce n’était pas si courant en ce temps-là. Dans ma pile le nouveau Leonard Cohen, j’en étais restée à Suzanne plus ou moins mais c’était un grand nom pour ma génération alors pourquoi ne pas voir ce que valait ce nouvel opus ?

Dans les écouteurs, un choc, il y a eu un avant et un après 10 New Songs. De ma pile de disques si je devais n’en acheter qu’un ce soir-là, je décidai instantanément que ce serait celui-ci. Dont acte.

Je l’emportais partout avec moi ce CD, puis ça a été le premier album que j’ai intégralement importé dans mon premier ordinateur portable pour l’avoir toujours avec moi, après avoir aussi transporté le disque lui-même et sa boîte dans ma mallette informatique. Plus tard encore le premier recopié dans mon premier lecteur mp3, un iPod en son temps. J’ai toujours le CD original acheté au Virgin ce soir-là, la version numérique est passée d’ordinateur en ordinateur au fur et à mesure de mes renouvellements de machines, elle est aussi dans mon téléphone, dans différents lecteurs mp3 qui me restent, des clefs USB, bref je l’ai toujours avec moi dans un format ou un autre. Maintenant je l’ai également en vinyle, le premier vinyle que j’ai racheté, la boucle est pour ainsi dire bouclée.

J’en avais offert aussi un exemplaire à Dorothy qui l’écoutait sans discontinuer sur la platine CD que je lui avais donnée et que j’avais installée et branchée sur l’antique chaîne hi-fi dans son salon.

And quiet is the thought of you
The file on you complete
Except what we forgot to do
A thousand kisses deep

Les thousand kisses deep sont pour Dorothy évidemment.

So long, Leonard

Ce matin en regardant les nouvelles, l’annonce de la mort de Leonard Cohen, mon chanteur préféré. Ses albums je les ai tous, si je devais partir sur une île déserte et me limiter à un seul artiste un seul album ce serait sans hésitation sans indécision aucune, Leonard Cohen et ses 10 New Songs. Voici ce que j’avais écrit à son propos dans les lettres à Dorothy (Le blog de Lorelei : À propos de Leonard) :

«  Leonard Cohen, 10 New Songs, tu te souviens ?

Ton disque préféré, le mien aussi. Sans s’être concertées.
Quand je te l’avais donné tu étais devenue accro instantanément.
Les paroles la musique la voix.
Comme moi. Tu l’écoutais en boucle. Je l’écoutais en boucle. »

[…]

« J’ai mis 10 ans avant de pouvoir écouter à nouveau les 10 New Songs. Mon disque préféré. J’avais les chansons dans la tête mais impossible de mettre le disque, pas la force de l’écouter tout haut — un nœud dans la gorge.

Et toi, l’as-tu écouté encore après, l’écoutes-tu toujours ?
Ou l’avais-tu jeté ?

Je te laisse comme je te laissais dans le temps, sur la musique de Leonard,

A sip of wine,
a cigarette,
and then it’s time to go… »

Ce soir plus que jamais, une gorgée de vin, j’aurais bien fumé un petit cigare cubain en l’honneur de Leonard mais il fait trop froid dehors.
Et il est temps de partir…

 

So long Leonard, fare thee well

[Le blog de Lorelei : http://dorothyetlorelei.wordpress.com/2014/12/05/a-propos-de-leonard/ ]