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Le début de la fin

Puis 2002 le début de la fin, nos rendez-vous plus fréquents, nos confidences, nos coups de fil quotidiens voire multiquotidiens, nos e-mails, mes textos — Dorothy ne savait pas y répondre, elle me rappelait, immédiatement, à chaque texto, je me souviens avoir explosé mon forfait mobile cet été-là, il n’y avait rien qui se rapprochait des forfaits illimités en ce temps-là.
Puis le départ, le stress du départ — la solution que Dorothy avait trouvée pour nous voir au maximum — habiter chez elle tout l’été, pendant les semaines qui ont précédé le grand départ fin août.
Puis le chemin des écoliers la veille du départ, le lever aux aurores le matin, inséparables nous avons fait ensemble un dernier tour de sa maison pour vérifier que je n’avais rien oublié, la séparation, mes larmes dans le taxi qui nous emmenait, les deux coups de fil de l’aéroport, mes larmes dans l’avion, son e-mail que j’ai trouvé à mon arrivée à l’hôtel de l’autre côté de l’Atlantique, qui a séché mes larmes. 
Puis nos conversations, par e-mail uniquement mais incessantes — plus de 5000 e-mails en l’espace de quelques mois.
Puis les coups de fil finalement, une fois par semaine immanquablement, plus fréquents, de plus en plus puis mon retour éclair — il nous fallait nous voir — le repas à La Défense, les canards mandarins, la promesse de nous revoir bientôt.
Promesse tenue de ma part — pas de la sienne. 
Dorothy menait la danse a continué à mener la danse l’a menée jusqu’à la fin et au-delà — ses désirs étaient des ordres. Dorothy la mène encore, la mènera toujours — le sait-elle seulement ? Je pense que oui.

Un changement dans le regard

Puis les vacances en Finlande pour Noël et sur les photos que l’on a prises de moi j’observe quelque chose, comme un changement dans le regard.

L’emprise de Dorothy déjà ? Je n’en ai pas retrouvé de traces matérielles ni dans mes e-mails ni dans mon agenda de ce temps-là. Rien de nos rendez-vous qui ont commencé à être réguliers à partir de ce moment, sans doute à partir du mois de novembre 2001. Rien, pas d’e-mails ni de mon adresse professionnelle ni de l’adresse personnelle. J’ai quelques souvenirs de coups de fil — il fallait bien se mettre d’accord sur les lieux et dates des rendez-vous, les cinémas les restaurants. Quelle fréquence exactement ? Je ne m’en souviens plus. Moi qui note et notais tout — aucune trace. Pourtant il me semble qu’ils étaient fréquents ou commençaient à l’être. Tous les 15 jours ? Plus ? C’était Dorothy l’instigatrice de chacun, Dorothy qui menait la danse, qui l’a toujours menée jusqu’à la fin d’ailleurs.

Paradis perdus

Mes cantines à Paris

Paradis du Fruit (juillet-août 2003)

Paradis du Fruit (juillet-août 2003)

Paradis du Fruit (juillet-août 2003)

Paradis du Fruit (juillet-août 2003)

Paradis du Fruit (juillet-août 2003)

Paradis du Fruit (juillet-août 2003)

Paradis du Fruit (juillet-août 2003)

Paradis du Fruit (juillet-août 2003)

Le Spicy (juillet-août 2003)

Le Spicy (juillet-août 2003)

Le Spicy (juillet-août 2003)

Le Spicy (juillet-août 2003)

Ladurée – trace

J’ai perdu Ladurée Paris, ma cantine mon lieu de rendez-vous favori. En remplacement j’ai trouvé longtemps après, Ladurée Cannes et Ladurée New York. Ce n’est pas pareil, ce n’est pas aussi bien — ce n’est pas l’original. Ni à Cannes ni à New York on ne peut s’ assoir. On peut s’y donner rendez-vous bien entendu mais pas pour y rester prendre un thé (mélange Ladurée évidemment) et un gâteau — un macaron ou un canelé au hasard…

Ce n’est pas la même chose mais c’est toujours mieux que rien.
Et puis la même chose ce serait de t’y donner rendez-vous, le seul endroit à Paris où nous ne nous soyons jamais donné rendez-vous — nous n’y sommes jamais allées ensemble, oubli ou concours de circonstances. Je comptais bien pallier cet oubli majeur… tu ne m’en as pas laissé le temps.

Notre cantine c’était le Paradis du Fruit.
Et le Spicy.
De triste mémoire, notre dernier repas ensemble, notre dernier rendez-vous — je ne le savais pas encore, notre dernière soirée, notre dernier tout.