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L’avantage de dormir — trace

 

quand je me réveille chaque matin il y a cet instant impalpable où je crois que je viens de faire un cauchemar et qu’il va falloir que je me dépêche de m’habiller de déjeuner pour conduire ma fille au train de 7 heures pour New York —

chaque matin il y a cet instant fébrile où je me dis qu’il faut que je me dépêche pour faire tout ce que je dois faire avant mes classes de tai-chi ou mes rendez-vous et autres engagements divers et variés — ces occupations que nous croyions indispensables,

la réalité me frappe à chaque fois en plein visage : ce n’est pas un cauchemar, un de ces mauvais rêves comme il arrive d’en faire de temps en temps et dont on se réveille le cœur tremblant avant d’être tout soulagé d’un seul coup —

ce n’est pas 

un mauvais rêve —

 

c’est un 

pur cauchemar éveillé —

 

je n’attends qu’une —

lueur au bout du tunnel,

 

et chaque matin quand je me réveille —

elle ne vient pas.

 

(Berkeley Heights, New Jersey, 20 mars 2020)

L’avantage de dormir

 

L’avantage de dormir c’est que pendant mon sommeil la vie est normale à nouveau, dans mes rêves le virus n’apparait pas n’existe pas.

À mon réveil il me faut quelques minutes pour revenir à la réalité, prendre conscience une fois de plus de notre situation actuelle, notre nouveau quotidien — que ce cauchemar digne des plus mauvaises séries américaines est bien réel.

Dans mes rêves j’étais ailleurs, dans mes rêves je me suis reposée — 

mes rêves auront au moins servi à quelque chose, diminuer temporairement pendant quelques petites heures, le stress les inquiétudes — un repos un répit, 

l’avantage de dormir.

 

(Berkeley Heights, New Jersey, 17 mars 2020)

La brioche (les expatriés comprendront)

La brioche importée de mon supermarché

La brioche importée de mon supermarché

J’ai enfin trouvé de la vraie brioche aux États-Unis — les expatriés comprendront.

Jusqu’à présent le plus proche ou le moins lointain, était la challah, cette recette juive de pain tressé qui ressemble à la brioche mais qui n’est pas tout à fait pareille — même les brioches industrielles au supermarché en France sont meilleures et ressemblent plus à de la vraie brioche de boulanger ou faite maison. Je m’en contentais mais ce n’était pas vraiment ça, j’avais fini par me lasser et en acheter de moins en moins souvent — je me contentais des vraies brioches lors de mes séjours en France (de boulangerie ou de supermarché, de toute façon en France elles étaient bien meilleures et bien supérieures c’était Byzance).

La brioche importée du supermarché

La brioche importée du supermarché

En faisant les courses en ce mois de janvier, peu après mon retour, en passant au rayon pain frais de mon supermarché (différent du rayon des toasts et autres pains de mie industriels — les pains frais appelés ici « artisans » sont bien meilleurs) je suis tombée par hasard sur cette brioche appelée vraiment brioche, en français dans le texte, et importée de France. Cela ne pouvait être que de la vraie — il me fallait l’essayer.

La brioche importée du supermarché

La brioche importée du supermarché

C’est de la vraie, je confirme après l’avoir goûtée. La vraie, de la brioche telle que nous la trouvons sans la chercher en France — ne rien tenir pour acquis, si vous saviez la chance alimentaire qu’ils ont les Français en France et tous ceux qui vivent en France. Mes enfants ne s’y sont pas trompés non plus, ils l’adorent ! 

J’en rachète maintenant systématiquement une quand je vais faire des courses au supermarché.

6 dollars, certes 6 dollars, mais les expatriés comprendront…

La brioche importée du supermarché

La brioche importée du supermarché

 

L’opposé du fast-food

Chataignes

Les châtaignes de ce soir que j’ai fait griller au four à défaut de cheminée, à l’opposé absolu du fast-food : il faut prendre le temps de les décortiquer une par une, l’avantage c’est qu’avec une seule poignée on nourrit 4 ou 5 personnes, le temps de les décortiquer en se brûlant, on est rassasié. En se brûlant donc les doigts au passage, sans poursuites judiciaires possibles puisque cela fait partie du plaisir de manger des châtaignes que de les décortiquer en se brûlant les doigts.

J’ai expliqué tout cela à mon fils en les dégustant ce soir en guise de dessert : c’est l’opposé parfait de la nourriture de fast-food, il faut déjà une bonne demi-heure pour les faire griller, et tout autant sinon plus pour les manger une à une, c’était le but de la veillée d’antan, avant YouTube avant la télé, de grignoter ces petites bouchées roboratives en racontant des histoires autour du feu ou du poêle.

Celles de ce soir étaient parfaites, de très bonne qualité cette année, pas une seule de véreuse, un goût fin et délicat, pas du tout pâteuses, cuites à point dans mon four à gaz, une nourriture de réconfort avant le grand blizzard annoncé pour après-demain.