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Arrogance

En mars dernier (2020), lors du changement d’heure le 8 mars j’avais écrit un petit texte sur l’arrogance des hommes qui veulent imposer leur volonté au soleil en changeant l’heure donnée par le soleil justement.

À lire ici:

https://michusa.wordpress.com/2020/03/08/lincroyable-arrogance-des-hommes/

J’avais prévu d’écrire d’autres articles sur l’arrogance des hommes, le changement d’heure qu’on nous impose pour des raisons qui nous échappent (monétaires financières à coup sûr et certainement pas pour faire des économies de quoi que ce soit — au contraire). J’avais prévu aussi d’écrire un article ou deux sur la journée internationale des droits des femmes qui tombait ce jour-là, celui du changement d’heure en 2020.

Puis la pandémie est passée par là et a tout écrasé de son rouleau compresseur, la pandémie ou ce que nous en avons fait —pas grand-chose en termes de monde d’après. Nous, le bas peuple, y avons presque cru, une demi-seconde, au tout début de ces « temps exceptionnels ».

Donc je n’ai pas écrit ces articles, tout occupée que j’étais à gérer le quotidien chamboulé, faire attention sans trop savoir à quoi ni comment au début, me documenter avec toutes les informations parcellaires et contradictoires du début aussi. On en a toujours de ces informations contradictoires, s’il y a une chose que la pandémie n’a pas changée — au contraire je dirais presque — c’est le « en même temps » …

Et un an plus tard quasiment jour pour jour, rien n’a changé ou presque sur le fond : nos façons de faire au niveau global, nos sociétés, la finance, le profit, la compétition inutile, la course droit vers le mur, les mêmes logiques, celles qui nous ont menées à cette crise, et à toutes les crises d’ailleurs, continuent de prévaloir. Seul notre quotidien (celui du bas peuple essentiellement) a changé, en pire bien entendu. Le pire dans tout ça c’est que c’est le bas peuple qui est montré du doigt et sermonné quand « les chiffres » (tout un programme, il y en aurait à raconter sur « les chiffres » auquel on fait dire ce que l’on veut, tout et son contraire absolu dans la même foulée, cela s’appelle de la politique et pas au sens noble du terme, qui a disparu depuis bien longtemps), quand les « chiffres » donc sont « mauvais ».

L’arrogance des hommes est toujours là, encore plus quand il s’agit de signifier au bas peuple qu’il est crétin et ne comprend rien à rien. Si l’on ne m’explique pas ou me cache des informations nécessaires pour faire fonctionner mon cerveau, bien entendu que je ne comprends rien ! Je comprends par contre bien une chose : cette crise est complexe, ce n’est absolument pas facile à gérer, on navigue à vue et les volte-face sont courantes même au niveau purement scientifique, au fur et à mesure que l’on en apprend plus sur le virus, la maladie et la dynamique de la pandémie. Cela n’est pas étonnant, je peux le comprendre et je me garderai de dire que je ferais mieux ou que untel ou untel ferait mieux pour gérer la crise. Les erreurs ne sont pas étonnantes, elles sont même escomptées, on peut les comprendre et les accepter. Ce que je refuse de comprendre c’est qu’elles ne soient jamais reconnues comme telles par les dirigeants et les politiques et qu’au contraire leur arrogance augmente avec la crise et la durée de cette crise. C’est cela qui est inacceptable, pas tant le fait qu’ils fassent des erreurs. Parce que quand on ne reconnaît pas ces (et ses) erreurs, qui je répète sont légitimes en premier lieu ou la première fois qu’on est confronté à une situation, quand on ne reconnaît pas ces erreurs comme telles, on n’en apprend rien, donc on les répète voire, pire, on s’enferre encore plus en connaissance de cause pour ne pas les admettre ou perdre la face (ou croire qu’on perd la face).

Pendant ce temps le virus se frotte les mains (en fait il s’en fout le virus, il est juste une force qui tire sa vitalité de la désolation et de la mort d’une autre espèce, rien de bien nouveau sous le soleil ), mais notre arrogance à nous les humains est pire que le virus 

(Pour commencer, cette arrogance a conduit tout droit à cette crise et cette pandémie, le virus, lui, n’a été qu’opportuniste comme tout sur cette terre — opportuniste sans jugement de valeur au sens médical et scientifique du terme, on lui ouvre la porte et lui offre un chemin, que dis-je une autoroute,  il l’a pris.)

Je viens de finir un livre dans lequel l’auteur dit : « nous devons faire fonctionner notre cerveau, et hésiter longuement lorsqu’un interlocuteur utilise son titre comme principal argument. » L’auteur parlait de médecine puisqu’il est médecin, mais cela vaut pour tous les domaines bien entendu et de plus en plus en ces temps de pandémie, puisqu’on nous assène des « je sais parce que je suis ministre de ci ou de ça, président de ci ou de ça, directeur de ci ou de ça, expert de ci ou de ça » etc., et non pas des « je sais parce que les faits sont ceux-ci, les hypothèses sont celles-ci, sont vérifiées par ces expériences, infirmées par d’autres, les conclusions sont issues de raisonnements qui sont ceux-ci appuyées par des faits et des connaissances avérées et solides qui sont telles et telles ». Ce qui compte pour convaincre ce sont les explications et le raisonnement de la personne et non pas son ou ses seuls titres, trop souvent la seule chose que cette personne met en avant pour convaincre ! Et on nous en a servi des titres, en veux-tu en voilà qui nous ont éructé des bêtises grosses comme des maisons —cela se voyait au moment même où ils les prononçaient, sans besoin d’être expert de ci ou de ça justement… Arrogance toujours, arrogance du titre qui est bien dévoyé de nos jours (d’autant plus que dans ce monde où tout s’achète tout se vend, un titre ça s’achète aussi, non ? nous en sommes là).

Puisqu’on est en guerre — opinion

Puisqu’on est en guerre, comme on nous l’a martelé tant et plus depuis le début de cette « crise sanitaire » (euphémisme), pourquoi le gouvernement français n’a-t-il pas réquisitionné les laboratoires Sanofi et ses sites de production (au nom de l’effort de guerre, je suis certaine que nous avons des lois d’exception pour ça, il doit y avoir un dispositif de réquisition pour situation d’urgence ou de guerre, tous les pays en ont) pour produire les vaccins de ses concurrents ? Ce ne serait pas pour toujours cette réquisition mais seulement pour le temps de produire les doses nécessaires à vacciner tout le monde. C’est typiquement ce qu’on appelait dans le temps l’effort de guerre.

Tout d’abord Sanofi n’a non seulement pas été réquisitionné pour produire les doses de ses concurrents, à ce que j’ai lu, mais a simplement reçu des appels du pied du triumvirat qui gouverne la France en ce moment. Mais encore, Sanofi avait fini par daigner  répondre (après plusieurs de ces appels du pied) qu’il y réfléchirait. Il y réfléchirait, vraiment ?

Ensuite cette semaine Sanofi a accepté… de mettre une (une seule, vraiment ? ) de ses usines de production (je vais être mauvaise langue : pour pouvoir mettre des usines de production en France et en Europe à disposition encore faut-il toujours en avoir… et ne pas avoir délocalisé à l’autre bout du monde — sarcasme). Donc une seule. Mais pas avant l’été 2021 ! Vraiment ?

De qui se moque-t-on là, vraiment ? De qui ?

Pendant ce temps Sanofi ferme des laboratoires de recherche en France et en Europe, supprime 1700 emplois en Europe alors qu’il est bénéficiaire ! Parce qu’il cherche à faire des économies en Recherche et Développement, je cite ! C’est vrai qu’en ce moment la Recherche et Développement ça ne sert pas à grand-chose — sarcasme. Étudier par exemple les coronavirus jusqu’à il y a un peu plus d’un an c’était pour les losers selon le terme à la mode en ce moment, une voie de garage sans avenir. Bravo à ces quelques chercheurs « losers » qui ont persévéré malgré la pression pour leur faire abandonner ces recherches « inutiles ». Sans eux on n’en serait pas à ce niveau de connaissances du virus Sars-Cov-2 aujourd’hui ni sans doute aucun vaccin n’aurait pu être développé aussi vite. Ce qui montre bien qu’on ne peut présager de ce qui est important, ce qui sera important, que dis-je crucial vital d’ici seulement quelques mois ou un an. Recherche sur d’obscurs coronavirus sans intérêt (au sens financier du terme) il y a 12 mois, d’autres obscurs virus ou pathogènes aujourd’hui. De plus la recherche « fondamentale » sur d’obscurs sujets sans « intérêt » (financier) ce n’est pas seulement important en médecine et en biologie : qui sait ce qu’une découverte dans une autre matière qui n’a rien à voir pourrait et peut déjà porter comme aide pour nous sortir de cette « crise sanitaire ». En vrac : recherches en mathématiques, statistiques, histoire, physique quantique, astronomie, que sais-je, j’en passe et aussi tout ce qui a permis d’aboutir à l’informatique moderne et actuelle — aurions-nous pu progresser si vite sans les ordinateurs, dans la connaissance de ce virus de cette maladie et de ces vaccins ?

Donc Sanofi supprime des laboratoires de Recherche et Développement, dont 400 chercheurs en France, pour faire plus de profit (WTF de WTF ? C’est à hurler ! ) C’est la technique Sanofi que j’ai bien connue dans une vie professionnelle antérieure, de faire du profit à 2 chiffres et si possible avec le premier de ces 2 chiffres qui soit supérieur à 1, « quoi qu’il en coûte » pour reprendre une autre expression célèbre.

D’ailleurs on voit le résultat ! Où est le vaccin du « fleuron national » ? Pas prêt et pas avant au moins 12 mois. C’est vrai qu’on a le temps. C’est vrai aussi que Sanofi qui fournit pourtant des vaccins dont celui de la grippe saisonnière, fait tout pour se désengager des vaccins à terme (quel terme ? ) Parce que ça ne rapporte pas assez d’après la maxime de Big Pharma selon laquelle il vaut mieux guérir que prévenir et quand je dis guérir, ce serait mieux si possible de produire uniquement des médicaments pour des maladies chroniques, rente assurée pour toujours !  Et qu’à l’origine, au début de l’épidémie, Sanofi, mais pas que Sanofi bien entendu, n’avait aucune envie de s’engager dans la recherche vaccinale pour notre Covid actuel (j’avais lu cette information juste avant que la pandémie n’explose mondialement, quand ce n’était qu’une « maladie en Chine » qui devait s’arrêter aux frontières selon d’adage bien connu, encore plus facilement quand on les laisse ouvertes aux 4 vents, fin de la digression.

Mais de qui se moque-t-on à la fin ? Quand allons-nous laisser les chercheurs chercher, les ouvriers produire, les conditionneurs conditionner, les distributeurs distribuer, les logisticiens et autres intendants travailler ?

Je rêve d’aiguiser notre bonne vieille guillotine nationale, j’en viens presque (quoique ? ) à me dire qu’il y a des têtes qui seraient meilleures une fois coupées ou au bout d’une pique. De qui se moque-t-on ? Ah ça ira ça ira ça ira !

Puisqu’on n’a toujours rien compris (« on » c’est-à-dire les têtes arrogantes qui nous gouvernent, directement ou indirectement via le pouvoir financier des grands groupes toujours plus avides — les grands groupes n’existent évidemment pas en tant que personnes (personne morale ça ne veut rien dire du tout, c’est de l’enfumage et un grand mythe des temps dits modernes) ce sont donc les têtes qui les dirigent, on en revient encore aux têtes, voir ci-dessus mes rêves éveillés. Attention, on en a fait tomber par le passé des têtes, au propre comme au figuré.) puisqu’on n’a toujours rien compris donc, nous pavons la route pour la prochaine pandémie, en espérant qu’elle arrive seulement après quelques années histoire d’avoir un petit répit entre 2 et qu’elle n’enchaine pas directement à la suite de celle-ci, ni, pire, en même temps !