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Avril 2021

Avril 2021, à la maison bien sûr. 

Presque rien.

C’est fou comme on s’attache aux petites tâches et aux petites satisfactions du quotidien — un repas simple de légumes ou de pâtes, une bière artisanale un petit vin blanc sans prétention. Sinon presque rien, toujours calfeutrés en attendant notre seconde dose de vaccin début mai.

En attendant le printemps a fait du bien. Quand on voit le jaune arriver on se met à revivre : dans le New Jersey les premiers signes du printemps sont en jaune avec les forsythias et les jonquilles, le vert des arbres n’arrive que bien après, début mai en général — cette année il est venu plus tôt, dès le 8 avril.

Et maintenant ?

Et maintenant quoi ?

Quoi d’autre ? La pandémie qui n’en finit pas de recommencer, le Canada point le plus chaud de la Terre, la neige et un froid polaire au Texas pendant qu’il faisait plus chaud au nord, un bateau géant qui se coince en travers du Canal de Suez — une première depuis l’existence du Canal —, un immeuble qui s’effondre dans une des nations les plus riches du monde pour manque de maintenance et de travaux à cause de l’appât du gain, et quoi d’autre encore ? Je ne cite que quelques-unes des catastrophes récentes qui me viennent à l’esprit sans chercher trop longtemps ni réfléchir, il y en a d’autres évidemment, beaucoup d’autres et partout dans le monde, certaines ont fait la une des informations mondiales, d’autres seulement des informations locales, d’autres encore on n’en a rien su, pour diverses raisons.

Et maintenant ?

Eh bien maintenant l’homme est même arrivé à mettre le feu à l’océan. Écrit comme ça on dirait une mauvaise blague, un rêve halluciné qu’on secoue au réveil, un délire de fin de soirée trop arrosée. Mettre le feu à l’océan ce n’est pas possible, répondions-nous à l’enfant qui posait la question, comme les enfants savent si bien poser ces questions à propos de tout et sans filtre. Avant. Maintenant il faudra lui répondre que oui.

Dans vos pires cauchemars vous n’en rêviez pas, pourtant l’homme l’a fait (sur l’air de la publicité « vous en rêviez Sony l’a fait »). Il a fini par mettre le feu à l’océan. 

Les bras m’en tombent, je ne suis pas la seule comme on peut le voir sur ces quelques publications lues sur Twitter que j’ai relevées tant elles reflétaient mon état d’esprit.

L’océan en feu maintenant.

Extrait d’article de USA Today 2 juillet 2021

Le jour où l’homme a mis le feu à l’ocean, je n’aurais jamais cru connaître ça de mon vivant ni que personne ne puisse connaitre ça un jour d’ailleurs, on ne peut même pas envisager que ce soit possible, un délire de mauvais film catastrophe ou de bande dessinée de super héros ? 

La caractéristique qu’il faut noter et bien mettre en avant, c’est que toutes, absolument toutes ces catastrophes sont de la main de l’homme, ont été si dramatiques et lourdes en bilan humain et en dégâts à cause de l’homme : très peu se seraient produites sans l’intervention de l’homme, voire si elles s’étaient produites quand même, elles auraient eu au moins peu d’impact, n’auraient occasionné que peu de dégâts.

On peut dire avec certitude qu’il n’y a plus de catastrophes naturelles ou très peu, très rares et lorsqu’elles existent malgré tout elles sont rendues pires par la main de l’homme.

Catastrophes naturelles devient un contre sens, un non-sens.

On peut remonter dans le temps, faire une liste et examiner toutes les catastrophes majeures de ces 50 dernières années (voire peut-être des 100 dernières années ) et je parie qu’elles sont absolument toutes man-made, de la main de l’homme sans exception. Ou même si à l’origine l’homme n’y était vraiment pour rien, son appât du gain et du profit à tout crin a su transformer toute catastrophe mineure, voire une catastrophe qu’on aurait pu éviter ou du moins minimiser façon « même pas mal », en désastre de grande ampleur jusqu’à une ampleur mondiale avec la pandémie — celle-là est un record mais même ce record il [l’homme] est en train de le battre sur d’autres terrains, en mettant l’océan en feu par exemple. Prochaine étape faire s’effondrer la Lune ? Se désintégrer le Soleil ? Détruire un trou noir ? La Voie Lactée ? 

On peut les regarder toutes, les grandes et moins grandes catastrophes des dernières décennies : à chaque fois l’homme les a déclenchées et dans les cas où l’homme n’était pas le déclencheur il en a été le facteur d’aggravation et de majoration exponentielle de la catastrophe — la pandémie étant l’exponentielle absolue — à ce jour.

Et maintenant le feu à l’océan.

Et après ? Congeler le Sahara en une nuit ?  après tout on a fait bien fondre le Pôle Nord et tous les glaciers, alors pourquoi pas ?

Qui dit mieux ? (sarcasme amer).

Scorching heat (chaleur torride)

Une vague de chaleur ces derniers jours après une semaine dernière de températures clémentes et fraiches la nuit (10 degrés Celsius ! la petite laine était de rigueur sur le lit, il fallait fermer les fenêtres laissées grandes ouvertes lors de journées à 20 ou 22 degrés certaines fois un petit 19 ! ). Ces jours-ci ce n’est plus le cas, j’ai rallumé l’air conditionné en urgence vendredi soir sachant que la nuit serait chaude (effectivement la température n’est pas descendue en dessous de 20 degrés).

Cette nuit aussi il a fait chaud suite à un dimanche puis un lundi à plus de 30 dans la journée avec une humidité relativement haute entre 70 et 80 %). D’après mon thermomètre les températures ne sont pas descendues en dessous de 23 degrés pendant la nuit.

Aujourd’hui dans la journée la température est montée jusqu’à 39 dans ma voiture pourtant garée à l’ombre — il est vrai que j’étais allée faire une course rapide et que c’était sur de l’asphalte dans un parking sans beaucoup d’arbres, une ombre de béton, au contraire de chez moi où la voiture est à l’ombre végétale des arbres de l’arrière jardin pendant l’après-midi — il y faisait malgré tout 36 degrés !

Ce n’est rien en comparaison du Nord Ouest du pays, dans l’Oregon et le Washington State où ils ont eu jusqu’à 45 degrés C. Même la Colombie-Britannique voisine, au Canada, a enregistré sa température record de tous les temps de tout le Canada — plus de 46 degrés !

Donc ne nous plaignons pas surtout que nous avons l’air conditionné, ce qui n’est pas le cas dans ces états du Nord Ouest : ils n’en ont jamais vraiment eu besoin quand les températures en été jusqu’à présent ne dépassaient jamais 26 ou 27 degrés au plus chaud dans les journées d’été grâce à l’air venant de l’Océan Pacifique. Beaucoup plus au Sud, à San Francisco, j’ai des souvenirs de début août où nous avions enfilé tous les habits que nous possédions dans nos sacs de voyage pour avoir assez chaud — un petit 12 degrés dans la journée malgré le soleil.

Ce n’est pas encore le plus chaud de notre vague de chaleur, le pire est à venir demain avec encore un ou 2 degrés de plus qu’aujourd’hui qui sont annoncés. 

Nous (l’humanité) n’avons toujours rien compris : ni l’avertissement donné par la pandémie ni ceux donnés par le dérèglement climatique — neige très au sud, au Texas pendant qu’il pleuvait dans la région new-yorkaise  en mars, températures torrides dans des régions habituellement tempérées, catastrophes climatiques à répétition, ouragans et autres tornades en Europe Centrale (la semaine dernière en République Tchèque qui n’en avait connu autant, phénomène appelé « rare » dans cette région, mais qui sait si ça ne deviendra pas leur pain quotidien là-bas aussi ? ) sécheresse et feux de forêt en continu en Californie après l’Australie — tous les ans systématiquement maintenant alors qu’avant c’étaient aussi des phénomènes rares ou plus espacés dans le temps.

Nous n’avons toujours rien compris et le capitalisme sauvage (sauvage est un mot encore trop faible, bien trop faible) a repris ses droits avec le recul relatif de la pandémie dans les pays qui commencent à avoir un taux de vaccination qui en enraye la progression. Et quand je dis sauvage c’est plutôt à des pics inédits de brutalité : par exemple les loyers mensuels des rares appartements qui restent à louer à New York City augmentent de 1000 dollars toutes les 2 semaines sur les sites de location… et le prix n’est fixé que pour un an, les contrats de location sont annuels à New York City et surtout pas régulés par le gouvernement « on ne veut pas de communisme ici , hors de question ! » (je cite, sarcasme de ma part bien entendu, mais la citation est réelle). Alors qu’il n’y a pas si longtemps, pendant les mois où la pandémie était à son comble, on vous aurait payé pour vous faire venir habiter dans New York City. Sans compter le prix de l’essence qui augmente tous les jours (et aux USA c’est un signe que quelque chose ne va pas puisque c’était presque un « droit constitutionnel » pour les Américains que d’avoir de l’essence pas chère, pour le meilleur comme pour le pire). L’essence est revenue à des niveaux identiques à ceux qui ont suivi la crise de 2008, à presque 4 dollars le gallon (on s’y dirige on s’en rapproche à grands pas, ce n’est plus qu’une question de semaines) alors qu’il y a un an le pétrole avait un prix négatif et on vous payait presque pour acheter de l’essence. En tout état de cause elle était à moins de 2 dollars pour le consommateur lambda, lire ici : https://michusa.wordpress.com/2020/07/12/le-prix-de-lessence/

Donc le capitalisme brutal et sauvage est de retour, les banques et les financiers se frottent les mains et continuent de ruiner et appauvrir la classe moyenne pendant que les riches deviennent de plus en plus riches, indécemment riches en dépit de la crise sanitaire et même grâce à la crise. On achève de détruire la classe moyenne (destruction commencée dans les années 80, merci au tandem maudit de Reagan et Thatcher) elle est quasiment détruite et elle s’enfonce avec tout le reste de l’humanité dans la pauvreté — les pauvres deviennent de plus en plus pauvres et de plus en plus nombreux.

À quoi a servi la Révolution en son temps ? À rien sinon à être confisquée par une classe bourgeoise ultra capitaliste avant l’heure — les nobles de l’époque n’étaient pas aussi riches que les riches d’aujourd’hui, ni même que les grands bourgeois d’alors — tout ça pour ça : pour s’incliner devant le roi dollar. 

À quoi a servi la crise sanitaire qui est toujours en cours ? Les capitalistes sauvages dansent sur son cadavre encore chaud, son feu pas encore éteint.

Il ne faut pas être grand clerc, ni avoir fait l’ENA ni Science Po (surtout pas, au secours) pour comprendre que la crise sanitaire et la crise climatique sont entremêlées, résultent des mêmes causes. Même sans tenir compte de la crise sanitaire, cela fait 10 ou 20 ans que les événements climatiques s’accélèrent et empirent, touchant des régions dites tempérées parce que justement elles n’avaient jamais été touchées auparavant ou si rarement, au pire une fois par siècle.  Les deux causées par le capitalisme sauvage : si nous avons eu le virus et tous ces désastres climatiques de ces dernières décennies, jusqu’à cet immeuble de Floride qui s’est effondré la semaine dernière, un parmi d’autres à venir cela semble évident malheureusement, c’est grâce à cet appât du gain, cette avidité ce capitalisme brutal et sauvage reparti comme en quarante — encore plus sauvagement et brutalement pour rattraper la semi (pseudo, très pseudo) trêve des pics pandémiques, pendant ce temps dans l’ombre et sous le tapis les affaires continuaient de plus belle bien entendu). Ah ça ira ça ira ça ira !

Où est passée ma guillotine ?

Un jour à New York City (21 avril 2017)

Séquence nostalgie, un jour à New York City lors de la visite d’un de mes amis français en voyage professionnel pour la semaine, je l’avais rejoint pour passer la journée avec lui dans la City (comme on dit ici).

Je ne sais plus depuis combien de temps je ne suis plus allée à New York City — j’habite à une trentaine de kilomètres du centre de Manhattan. Avant la pandémie cela faisait un moment que je n’y étais plus allée parce que j’avais d’autres occupations. Et que je pouvais de toute façon y aller quand je voulais. Sauf que… la pandémie est arrivée.

En fait en janvier 2020, quand je suis rentrée après mon séjour France, j’avais fait ce projet pour le printemps 2020, d’accompagner une ou 2 fois par semaine ma fille qui travaillait tous les jours à New York City et d’en profiter pour y passer la journée à prendre des photos quartier par quartier pour renouveler ma collection de photos un peu vieillissantes pour certains quartiers, quand on sait que New York City se renouvelle à une vitesse ahurissante. Si on laisse passer 2 ou 3 ans sans aller dans un quartier, on ne le reconnait absolument pas quand on y retourne. En 18 ans j’ai pu observer ce phénomène de renouvellement à très grande vitesse de près. Il y a des quartiers que je connaissais bien qui sont méconnaissables —presque une nouvelle ville. 

Puis ça a été février et on commençait à ne plus avoir la tête aux projets de visites de NYC, de tourisme ni aux photos et mars, avec le coup de frein total — brutal. Le printemps où je pensais photographier New York City s’est passé intégralement à la maison, c’était le grand confinement.

Depuis je n’y suis plus retournée — la ville a changé dramatiquement pendant la pandémie pour le pire alors que c’était devenu à partir de la fin des années 90 une ville très sûre, on pouvait s’y promener dehors au milieu la nuit sans aucun risque, même prendre le métro — je l’ai fait. Depuis la pandémie la criminalité a beaucoup augmenté, il ne vaut mieux pas prendre le métro, ni même le train pour aller à Manhattan, la gare d’arrivée est devenue un coupe-gorge. Cela sera sans doute temporaire puisque les habitants retournent petit à petit vivre dans la City et reprennent le terrain resté vacant et donc à la merci des délinquants et gangs de toutes sortes.

Alors pour la nostalgie ce petit montage vidéo — un de mes premiers, il faut en excuser la qualité.

Et pour la bonne bouche cette chanson de Norah Jones — une des ses premières — chanson que j’apprécie particulièrement : https://youtu.be/xOCQEJ1ZNrw

Première sortie au restaurant

Première sortie au restaurant
Première sortie au restaurant

Il y a une dizaine de jours j’ai fait ma première sortie au restaurant depuis le début de la pandémie. Je n’étais plus allée au restaurant depuis un an et demi, la dernière fois c’était début janvier 2020 quand nous avions fait une visite de Fréjus avec mes parents lors de mon dernier séjour en France (dernier avant longtemps mais nous ne le savions pas). Ensuite le retour dans le New Jersey et la reprise de la vie quotidienne et peu après la pandémie était arrivée et rideau.

En fait j’ai demandé à mes enfants de m’y trainer, ayant besoin d’une bonne tape dans le dos pour retourner vers une vie plus normale maintenant que nous sommes vaccinés, qu’une grande partie des adultes sont vaccinés dans le New Jersey et les états voisins et que l’épidémie recule dans notre coin. Les restrictions sont petit à petit levées, dont certaines en cours de façon continue depuis un an — nous n’avons pas fait de « stop-and-go » mais un grand confinement jusqu’à la mi-juin 2020 et une levée à petits pas, tous petits pas, à partir de début juillet 2020. Certaines activités en intérieur n’ont commencé à être autorisées et possibles qu’en mars 2021 (par exemple de début juillet 2020 à mars 2021, pour les restaurants seuls la vente à emporter, la livraison et manger dehors étaient autorisés, avant ça de mi-mars 2020 à fin juin 2020, pendant le grand confinement, seules la livraison et la vente à emporter étaient autorisées  : sur la photo le panneau du restaurant mentionne toujours ces anciennes restrictions qui n’ont été levées qu’en mars 2021 ! ) Activités en intérieur avec une jauge évidemment, qui a commencé à 25% et est montée au fur et à mesure que la pandémie a reculé avec la vaccination. D’autres activités en intérieur comme les salles de cinéma et les théâtres n’ont pas encore rouvert depuis un an et quelques, la réouverture est en cours ces jours-ci. Les dernières restrictions sont levées depuis début juin et nous venons à peine de sortir de l’état d’urgence, notre gouverneur vient de laisser tomber ses pleins pouvoirs et ne gouvernera donc plus par ordonnance — ce qui était le cas depuis mars 2020.

Donc nous revenons progressivement à la vie — plus sociale, moins confinée. Mais après plus d’un an à faire très attention et ne pas sortir c’est difficile, un peu effrayant. Mes enfants eux sont sortis quelques fois, sont allés au restaurant en extérieur avant d’être vaccinés — avec les personnes de leur « bulle de confinement » à partir de juillet 2020 (la bulle de confinement ce sont les 2 ou 3 amis proches qui ont obéi au confinement strict du début eux aussi et qui appliquaient les gestes barrières masques et autres mesures de sécurité et se faisaient tester quand les tests ont été plus disponibles). 

Pour une première sorte « en public » j’ai voulu manger en extérieur. Nous étions dehors sous abri avec 2 murs seulement et un toit (la norme Covid en extérieur depuis juillet 2020). Malheureusement le beer garden était complet pour l’heure où nous avions réservé — c’était le premier week-end où toutes les restrictions ou presque étaient levées. Nous avions prévu d’y aller le vendredi soir mais malheureusement il a fait un temps exécrable avec des trombes de pluie et un orage extrêmement violent, qui empêchait tout repas à l’extérieur. Donc partie remise au dimanche soir qui coïncidait au premier week-end de levée presque totale des restrictions.

Nous sommes allés dans un de nos petits restaurants locaux habituels, dans la petite ville voisine, ce n’est pas non plus le restaurant branché qui attire un monde fou, c’est aussi une petite ville tranquille, pas une mégapole. Ce qu’il me fallait pour une reprise. Nous avions réservé bien entendu. 

Sur la terrasse couverte où nous étions, seulement  2 autres tables étaient occupées par 2 ou 3 personnes chacune et très éloignées de la nôtre.

Mes enfants m’avaient prévenue : « tu ne t’affoleras pas mais les serveurs n’auront certainement pas de masque » (en théorie ils doivent être vaccinés car leur employeur peut l’exiger et c’est le cas la plupart du temps pour les serveurs et employés de restaurant à ce que m’ont dit mes enfants), puisque les restrictions de masque sont levées, pour les gens vaccinés uniquement. 

Je suis allée depuis le parking jusqu’à l’accueil (en extérieur) puis à notre table avec le masque. L’hôtesse d’accueil n’était pas masquée et ma fille non plus pour ce trajet. Mon fils et moi avons enlevé le masque en arrivant à la table. Nos serveurs n’étaient pas masqués non plus. 

J’ai malgré tout remis mon masque pour retourner à la voiture (trajet tout en extérieur) — une habitude, même si les quelques personnes entrevues sur le parking ne portaient pas le masque.

Il va falloir se réhabituer et même si les restrictions officielles sont tombées, il y a encore des endroits qui rendent le masque obligatoire, des magasins des endroits publics — c’est un temps de transition, le temps que tout le monde redevienne confortable sans porter le masque. Cela ne concerne que les personnes vaccinées bien entendu.

Je tiens à signaler que j’ai constaté que dès qu’on tombe le masque on est moins vigilant pour le reste aussi — on a moins tendance à respecter les autres gestes barrières, à ne pas se toucher le visage, à se désinfecter les mains dès qu’on touche un objet étranger — en l’occurrence le stylo du restaurant. Avec le masque sur le visage je n’aurais pas manqué de me passer les mains au gel désinfectant voire à la lingette au chlore juste après avoir touché ce stylo « public » ou j’aurais pris le mien. Sans le masque je n’y ai plus pensé. Ceci dit c’était pour payer, donc à la fin et nous sommes partis tout de suite après. Je me suis toute de même désinfecté les mains au gel hydroalcoolique en arrivant à la voiture –  mais c’était parce qu’à ce moment-là j’avais de nouveau le masque.

Première sortie au restaurant
Première sortie au restaurant
Première sortie au restaurant
Première sortie au restaurant
Première sortie au restaurant
le menu est virtuel : il faut scanner et regarder sur son téléphone
Première sortie au restaurant
Première sortie au restaurant
Première sortie au restaurant
Repas fini nous repartons (à droite le panneau des anciennes restrictions)
Le beer garden s’est vidé mais quand nous sommes arrivés il était complet
Première sortie au restaurant

Les interdictions à venir

mon souffleur de feuilles

Les interdictions à venir dans notre petit coin du New Jersey concernent les souffleurs de feuilles à essence, ces engins extrêmement bruyants qui servent à souffler les feuilles dans les jardins à l’automne. Les interdictions viennent de 2 faits qui ont convergé au même moment. 

Tout d’abord du fait qu’il y a des abus — de la part des entreprises de jardinage / landscaping puisque peu d’Américains dans mon coin rupin entretiennent leur jardin eux-mêmes. Ici on fait appel à des « paysagistes » appelés landscapers, bref des tondeurs de pelouse qui en plus font mal leur travail pour la plupart : mal en termes de maintenance / écologie / jardinage mais qui le font très bien au niveau business. Ils font de très bonnes affaires, juteuses, en facturant à outrance leurs clients et en payant leurs employés au lance-pierre (j’ai failli écrire leurs esclaves mais on n’en est pas loin, combien de ces employés sont des travailleurs légaux ? beaucoup sont originaires d’Amérique latine…) Les millionnaires par ici sont les entrepreneurs qui ont fait fortune dans le landscaping — la plupart des villes sont possédées en grande partie par ces landscapers qui ont réussi, cela pose d’autres problèmes notamment scolaires, j’y reviendrai un jour.

Donc ces abus : normalement on utilise ces engins bruyants pendant un court laps de temps dans l’année, pendant la saison des feuilles entre fin septembre et fin novembre. 2 mois pendant lesquels il faut enlever les feuilles de façon hebdomadaire selon les endroits où l’on vit. Le New Jersey c’est Garden State, très vert et beaucoup d’arbres. En dehors des quelques grandes villes peu nombreuses, ce sont plutôt ce que l’on appelle le suburban, des petites villes dans la campagne et dans la forêt donc. Forêt d’arbres à feuilles caduques essentiellement. Qui produisent des feuilles, beaucoup de feuilles, à ramasser à l’automne.

Je n’aime pas particulièrement ces souffleurs de feuilles mais, comme l’air conditionné dans notre région, ils sont tous les deux des maux nécessaires malheureusement. Si je ne fais pas les feuilles toutes les semaines en saison, j’en ai vite jusqu’aux genoux. 

Et « faire les feuilles » ce n’est pas une raison esthétique : il faut faire les feuilles tout d’abord parce que nous avons de la neige en hiver. S’il reste des feuilles sur les pelouses, dont sont constituées 90% des surfaces de nos jardins, donc s’il reste des feuilles en hiver sous la neige, la pelouse sera grillée au printemps suivant et il faudra replanter si on ne veut pas vivre sur un terrain vague. C’est réel, je l’ai expérimenté personnellement. Une fois que mon fils aîné était épuisé après avoir soufflé au souffleur électrique que nous avions auparavant et avait laissé une bande de feuilles sur la pelouse de derrière. Je me suis retrouvée avec une bande de pelouse grillée et morte au printemps et il m’a fallu replanter.

En plus de la neige, on doit aussi enlever les feuilles pour des raisons de sécurité : si on laisse ces feuilles s’accumuler en dessous des voitures il y a des risques d’incendie — merci les pots catalytiques. Donc il faut aussi impérativement enlever régulièrement les feuilles aux endroits où l’on risque de garer une voiture.

Le problème des abus : depuis quelques années, 5 ou 6 ans, guère plus, ce n’est plus seulement  en saison (octobre-novembre, pendant la saison effective des feuilles) qu’on entend opérer ces engins mais plus longtemps pendant l’année : cela a d’abord débuté par des utilisations prolongées au printemps après l’hiver : d’accord pour un nettoyage de printemps une fois la neige fondue pour enlever les dernières feuilles tombées après coup et pendant l’hiver — je le fais une fois effectivement courant avril selon les années voire début mai. Mais une seule fois. Depuis quelques années c’est pendant tout le printemps que l’on entend ces engins. Puis on a commencé à les entendre en fin d’été et en début d’été puis en continu pendant tout l’été, ce qui n’était pas le cas avant. Et depuis ces 2 dernières années (avec une pause Covid au printemps 2020 pendant le grand confinement malgré tout) en hiver aussi entre 2 chutes de neige ! Quand je disais que c’étaient des businessmen ces landscapers ! Donc ils sont utilisés maintenant 12 mois par an contre 2 à 3 mois (en comptant le nettoyage de printemps) auparavant.

Comme c’est bruyant, très bruyant (et que ça pollue, moteur à essence ) il a commencé à y avoir des plaintes. En gros à trop l’utiliser ils vont le gâcher pour tout le monde (ruin it for everybody), comme cela s’est passé pour les drones il y a quelques années et qui sont interdits partout maintenant. Certaines villes ou comtés (counties) veulent les faire interdire totalement et n’autoriser que des souffleurs électriques. Alors ça, le modèle ordinaire de souffleur électrique, ça ne marche pas pour les quantités de feuilles que nous avons : pas assez puissant et il faut aussi un fil pour le brancher, ce qui est compliqué. D’une part il faut des longueurs et des longueurs de fils et comme nous sommes en 110 Volts ces fils finissent par cramer (j’en ai eu plusieurs qui ont pris feu) et les appareils eux-mêmes finissent par cramer aussi (j’en ai grillé plusieurs jusqu’à ce que je me résolve à en acheter un a essence. Je dois avouer que ça a changé ma vie de ramasseuse de feuilles et divisé mon temps de travail par 2 ou 3).

Quant à ceux sur batterie, cela commence juste, comme les voitures électriques, et pour avoir un appareil de qualité et de puissance suffisante, ce sera réservé aux professionnels à cause du prix. Seules les entreprises pourront se payer des engins électriques de capacité suffisante et avec batterie mais ce ne sera pas vraiment rentable pour les particuliers.

Ce qui veut dire aussi que si ceux à essence sont interdits, il faudra faire appel de façon quasi obligatoire à une société de landscaping, hors de prix elle aussi. Et non, on ne peut pas simplement ratisser… Nous le faisions à 4 avec mes enfants dans le temps et c’était l’enfer. Et encore j’avais en sus un petit souffleur électrique pour aider quand même. La compagnie de landscaping n’a duré que le premier automne après notre arrivée en 2002. Quand j’ai reçu la première facture de nettoyage de feuilles, j’ai eu un choc. Le contrat n’a pas été renouvelé ni même pour tondre du coup. Cela revenait moins cher d’acheter une tondeuse de qualité et pour les feuilles j’avais 3 enfants pour m’aider. Sauf qu’il a fallu aussi acheter un puis 2 souffleurs électriques . Quand les enfants ont grandi et mon aîné est parti j’ai fini par me résoudre au bout de 3 ou 4 ans de galère de feuilles à acheter un souffleur autonome à essence, de ceux qu’utilisent les entreprises de landscaping.

Donc il y a d’une part les abus et la sur-utilisation à tout bout de champ de ces souffleurs, à chaque fois qu’une de ces entreprises intervient dans un jardin. Ce sont des maniaques, pour moi qui reste à la maison la plupart du temps ou qui finissais à 3 heures quand je travaillais à l’école c’est infernal ! Mais les maniaques sont aussi les propriétaires des maisons, qui ont des exigences de plus en plus hautes (cercle vicieux parce que les entreprises passent leur temps à tout souffler, elles finissent par créer un besoin de propreté maniaque de son terrain) et ne supportent plus une feuille ou une branchette voire une graine de pollen sur leur pelouse ni dans le jardin en général et réclament un soufflage systématique. L’obsession de gagner de l’argent des uns a initié et nourri une obsession maniaque de « netteté «  des autres. J’en viens à penser que leurs jardins sont plus propres que leurs cuisines.

Je parlais d’une convergence de 2 faits : après l’abus le deuxième fait c’est l’effet Covid et confinement dans nos régions suburbaines où tous les travailleurs, qui avant allaient à New York City ou ailleurs au bureau tous les jours, se sont retrouvés à travailler de la maison. Et hors moment du confinement strict de mars avril mai 2020 où il n’y a eu aucune maintenance de jardin par ces entreprises, qui étaient non essentielles, depuis ils se sont rattrapés et ont entretenu encore plus en soufflant 12 mois de l’année… chez des gens qui restaient à la maison et qui ont réalisé soudainement combien c’était bruyant et infernal, surtout quand on essaye de travailler ou qu’on a des réunions en visioconférence.

Mais le pire du pire c’est que ces gens-là sont les mêmes qui exigent une pelouse absolument nickel sans un brin qui dépasse et sans une feuille par terre et qui veulent le silence… depuis qu’ils sont à la maison 100% du temps. Et qui ont appelé leurs mairies et leurs élus pour faire interdire ces engins. L’hypocrisie à son sommet !

Donc les abus et le travail à la maison du fait de la pandémie ont initié un processus d’interdictions et on parle maintenant de façon concrète d’interdiction partielle voire de bannissement total et permanent. Certaines villes vont mettre en place des dates entre lesquelles on pourra utiliser ces engins et les interdire pour toutes les autres périodes de l’année. Cela encore ne serait pas trop mal, j’ai vu certaines propositions où les souffleurs de feuilles à essence seraient autorisés en octobre et novembre au gros de la saison et entre le 15 mars et le 15 avril pour un nettoyage de printemps. Comme cela devait être si l’on suivait le bon sens commun et non pas l’avidité pour l’argent et le paraitre.

Si c’est cela je pourrai encore fonctionner sans avoir à payer ces horribles entreprises de landscaping qui feraient passer la mafia pour un organisme social et d’intérêt public.

Dans certaines villes par contre, on en est à bannissement intégral (c’est le cas de la ville voisine très snob). Villes qui veulent aussi imposer que ces entrepreneurs landscapers s’enregistrent dans leur ville pour avoir le droit d’y travailler et d’y avoir des clients (des particuliers) : au temps pour la liberté d’entreprise et la liberté tout court. Dans ces villes, si je voulais engager un landscaper pour s’occuper de mon jardin il faudrait qu’il fasse partie de la liste des landscapers agréés par la ville. Pour travailler dans une propriété privée ! Avec le risque des copinages et des trafics d’influence entre les riches entrepreneurs qui font des dons pour les campagnes électorales des élus locaux… et autres magouilles en tous genres.

Sans compter que les souffleurs électriques qui seraient les seuls autorisés dans certains endroits, sont tout aussi bruyants : il n’y a pas que le moteur à essence qui fait du bruit dans ces engins mais la soufflerie : un peu de bon sens ! C’est l’exact inverse d’un aspirateur ça souffle au lieu d’aspirer et un aspirateur ça a beau être électrique c’est extrêmement bruyant (le plus bruyant des appareils électroménagers). Je confirme d’autant plus que je l’ai vécu par l’expérience : mon souffleur de feuilles électrique était extrêmement  bruyant aussi et nous utilisions des casques anti bruit tout autant qu’avec celui à essence.

D’un extrême l’autre… au lieu de pratiquer le bon sens, la considération et la modération en toute chose.

faire les feuilles
faire les feuilles
faire les feuilles
faire les feuilles
faire les feuilles

Enfants gâtés (spoiled brats) suite

tabouret escabeau pliant Rhino
tabouret escabeau pliant Rhino

J’ai plusieurs de ces petits tabourets / escabeaux pliants dans la maison, un à chaque étage. Comme je suis relativement petite je les utilise quasiment tous les jours pour attraper quelque chose sur une étagère un peu haute, atteindre une poignée ou une ampoule un peu en hauteur etc. J’ai récemment voulu en racheter deux, un pour ma fille et un pour le jardin (fort utiles pour faire les niveaux de ma voiture, le moteur et le capot sont tellement hauts qu’être surélevé de 20 cm est exactement ce qu’il me faut). Une histoire simple donc. En effet, à part la recherche du meilleur prix dans la même marque (Rhino) que j’utilise déjà depuis des années et que je trouve robuste et fiable, rien de bien sorcier. 

Sauf que sur un des sites marchands j’ai lu la revue faite par un des clients, le titre m’a interpellée: « bon tabouret / escabeau mais très dangereux ! »  Allons bon ! Avant d’en racheter j’ai donc voulu lire ce qu’en disait ce consommateur, pour quelle raison il le catégorisait de dangereux et éventuellement renoncer à mon achat et jeter ceux que j’avais si c’était si risqué que ça. Je n’avais rien remarqué, mon père a les mêmes et les utilise régulièrement, il en est très content aussi. Alors peut-être que le poids garanti (180 kilos) est faux et qu’il va s’écrouler sous moi soudainement ? Un autre problème ? Un peu alarmée j’ai donc lu : tout est bien, il est fiable et supporte bien les poids mentionnés, est très stable mais… ce que cette personne trouvait dangereux, très dangereux même, c’était qu’on pouvait se pincer les doigts en le repliant et c’est précisément ce qui lui faisait catégoriser ce tabouret comme très dangereux.

Vraiment ? WTF ? dangereux parce qu’on peut se pincer les doigts en le repliant ? On ne parle pas d’une chaise longue où l’on peut effectivement se sectionner les doigts mais d’un simple tabouret en plastique pliant qui lorsqu’on veut le plier on est obligé de le tenir en main : on ne peut pas être dessus pour le plier. Donc au pire si on se pince les doigts c’est juste en le fermant à la main, au pire du pire on se fait un pinçon. En aucun cas ne risque-t-on de se sectionner les doigts puisqu’il ne peut pas y avoir le poids de son corps dessus comme dans une chaise longue.

Et les chaises pliantes de jardin et de pique-nique alors ? Il faudrait les interdire, les classer comme très dangereuses (ce qu’elles sont, tout comme les chaises longues puisqu’on peut effectivement se sectionner les doigts si l’on n’est pas attentif).

Et les portes alors ? On peut se coincer les doigts dans la charnière ou tout simplement dans la porte en se la refermant sur les doigts. Doit-on faire une pétition pour faire classer les portes comme dangereuses voire les faire interdire à ce compte-là ?

Les bras m’en tombent ( et non pas les doigts). Vraiment nous sommes des enfants gâtés, des spoiled brats…

Quant à moi j’ai effectivement racheté de ces tabourets / escabeaux — vite avant qu’ils soient interdits. 

Quelques pas vers un peu plus de normalité

Etant complètement vaccinée depuis la mi-mai (deuxième injection le 1er mai) avec un vaccin à ARN messager, je me dis qu’il me faut commencer à retourner vers un peu plus de normalité. Ce d’autant que les cas et les hospitalisations baissent, qu’ils sont à leurs niveaux les plus bas depuis respectivement septembre et octobre 2020, que l’épidémie a l’air finalement de se retirer petit à petit. 

D’ailleurs les directives (du CDC) et ordonnances (du gouverneur du New Jersey) reflètent ce « progrès » : nous sommes autorisés à laisser tomber le masque en intérieur (pour les gens complètement vaccinés uniquement) à partir de ce week-end du Memorial Day qui vient, dans le New Jersey (qui rejoint sur ce point l’état de New York et du Connecticut)— les chiffres des contaminations diminuent à grande vitesse et le pourcentage de personnes vaccinées augmente. 

D’autant aussi que le taux de vaccination dans le New Jersey est assez haut : 55% des adultes sont complètement vaccinés et cela monte à 70% si on ajoute ceux qui ont reçu une seule injection. Les adultes représentent environ 75% de la population du New Jersey. 

Dans les autres ordonnances de ces jours-ci, les jauges de rassemblement sont augmentées, les jauges (à l’intérieur) pour restaurants augmentent et les dancings vont rouvrir dans les bars et les restaurants. Les clients ne seront plus obligés de rester assis pour la durée de leur présence dans ces établissements, bref ils vont pouvoir rouvrir presque normalement (à part les masques pour ceux qui ne sont pas encore vaccinés). Je tiens à préciser qu’il n’y a pas eu de « stop-and-go » dans nos 3 états du Nord Ouest (New Jersey, New York et Connecticut), rien n’a ouvert complètement depuis mars 2020 contrairement à ce qui s’est passé en Europe, les restaurants ont ouvert en extérieur seulement pendant très longtemps et seulement fin janvier 2021 en intérieur avec une jauge de 25 % ! Les salles de spectacles, théâtres cinémas, etc n’ont commencé à rouvrir qu’en mars 2021 (ils ont donc été complètement fermés pendant un an) et Broadway (les spectacles de comédies musicales) ne rouvrira qu’en septembre 2021 et n’a jamais rouvert depuis mars 2020.

Donc hier je suis allée faire les courses à la centrale d’achat en gros avec un simple masque au lieu des doubles masques que nous avons adoptés depuis début janvier selon les conseils du CDC : masque jetable filtrant (presque chirurgical) recouvert par un masque en tissu. Le masque de type presque médical (des médicaux on n’en trouve pas) jetable « bleu » pour protéger les autres et le masque en tissu ajusté (qui plaque le masque bleu, qui est toujours un peu vague, sur le visage) pour se protéger soi-même. Donc hier un seul masque (celui en tissu puisque je suis vaccinée).

Et pour la première fois depuis un an je n’ai pas mis de gants en plastique jetables (presque médicaux, des médicaux on n’en trouve pas non plus) pour faire les courses. J’ai quand même passé au désinfectant au chlore la barre du charriot et me suis désinfecté les mains au chlore au retour à la voiture (J’ai désinfecté au chlore aussi mes clefs, les poignées de porte de la voiture et la carte de crédit), mais pas de gants ! Je compte passer bientôt au désinfectant gel hydroalcoolique (moins efficace sur les virus comme chacun le sait, c’est pour ça que j’étais restée sur le chlore), ce qui représentera un allégement de la procédure.

En bonus, dans le magasin, j’ai pu apprécier le retour des lingettes désinfectantes au chlore et en grand packaging ainsi que des sprays désinfectants. Depuis mars 2020 et le début de la pandémie, plus moyen de trouver des lingettes Clorox ni Lysol — les 2 grandes marques nationales — ni les marques distributeurs d’ailleurs, toutes faites aux USA. On ne trouvait seulement que des lingettes de bien moindre qualité avec des produits inconnus (et sans garantie que l’étiquette dise la vérité) de marques totalement inconnues et jamais vues auparavant… made in China avec les réserves que l’on peut avoir sur un acteur qui ne respecte pas les normes ni les lois et qui se fout complètement de mettre des produits dangereux ou toxiques sur le marché et de tuer des gens (ils l’ont déjà fait dans le passé et ont aussi tué plusieurs millions de personnes sans sourciller.)

Lingettes desinfectantes en gros paquets

Depuis le mois de mars 2021 (soit un an après ! ) j’arrivais à trouver parcimonieusement soit de ces 2 marques soit des marques distributeurs made in USA, mais dans des petits contenants et à achat limité — 1 par personne. Depuis un an j’économisais et réservais ces vraies lingettes désinfectantes aux courses et interactions extérieures justement et gardais les saloperies chinoises pour des nettoyages ne nécessitant pas une désinfection minutieuse et certainement pas pour mes mains. Donc à coup de 1 petite boite par ci et pas là j’avais refait mon stock. Mais hier au club d’achat en gros, Noël Montjoie Saint-Denis ! j’ai retrouvé ces 2 marques, non seulement en gros containers, mais en plus en lot de 5 gros containers (et sans limite d’achat par client) !  Conditionnements que je n’avais plus vus depuis plus d’un an. En mars 2020 lors de ma dernière virée au club avant le grand confinement, il n’y en avait déjà plus en rayon et nulle part non plus dans les supermarchés et magasins. 

Donc il a fallu 15 mois pour que cela revienne à la normale, que la pénurie cesse. Ce n’était pas sur ma liste, mais j’ai acheté un pack de 5 de chaque marque, un de Clorox et un de Lysol, de toute façon ça se garde très longtemps et dans ces tubes rigides ça ne sèche jamais. Quant au spray désinfectant Lysol (équivalent du spray Sanytol), même chose, il avait disparu pendant près d’un an et j’avais commencé à retrouver de ces sprays, disponibles 1 par 1 en petit conditionnement à Target en février. Mais hier j’ai pu acheter sans difficulté un pack de 3 grosses bombes de la marque Lysol.  Il aura aussi fallu 15 mois… 

Enfants gâtés (spoiled brats)

C’est bien un comportement d’enfants gâtés (spoiled brats comme on dit ici) quand en hiver on veut surchauffer à 24 degrés Celsius dans les maisons et en été quand il fait 23 ou 24 degrés, on met l’air conditionné central immédiatement parce qu’on trop chaud et que c’est insupportable. Je parle de 23 ou 24 degrés à humidité moyenne de 40%, voire faible, dans les 30 %.

Après 18 ans aux États-Unis, je ne m’y toujours pas habituée. Les intérieurs (maisons, magasins, restaurants et centres commerciaux) sont absolument surchauffés en hiver, en bref il faut laisser son manteau dans la voiture parce que c’est intenable même s’il fait -10 degrés Celsius dehors. Si l’on vient de la voiture avec son manteau, on ne tient pas 5 minutes dans le centre commercial. Et en dessous du manteau on a intérêt à s’habiller léger, sinon avec un gros pull ou une polaire on ne tient pas longtemps non plus. Il faut prévoir la possibilité de s’éplucher. Et en été c’est le contraire : il fait glacial (au point de greloter et d’être carrément inconfortable) dans les centres commerciaux, magasins et restaurants. Il faut se charrier un gilet ou un pull que l’on enfile avec joie une fois dedans et que l’on retire dès que l’on ressort lorsqu’il fait 35 degrés ou plus dehors.

Par honnêteté je dois quand même dire que quand c’est humide (humidité supérieure à 60%, 60% c’est vraiment la limite maximale du confort), et une humidité supérieure à 90% est fréquente l’été dans le New Jersey (c’est le nord du Sud), quand c’est humide même une température de seulement 24 degrés est intenable ou du moins extrêmement inconfortable. Or l’air conditionné par conception déshumidifie et dessèche énormément l’air. La stratégie serait alors de ne pas le mettre trop froid ou s’il ne fait pas assez chaud dehors pour qu’il se mette en route, de le pousser un peu pour le déclencher et une fois l’air intérieur suffisamment déshumidifié de remonter le thermostat pour ne plus qu’il se déclenche. Et répéter l’opération dès qu’il devient trop humide à nouveau dans la maison.

Même moi qui suis très frileuse et qui aime la chaleur (je suis du Sud, méditerranéenne)  il m’est arrivé ces dernières années d’avoir à mettre en route l’engin alors qu’il faisait seulement 24 degrés dehors, mais avec 95 ou 96 % d’humidité, ce qui est extrêmement inconfortable. Le climat méditerranéen est plutôt sec en été bien que très chaud, humide en hiver, mais peu froid en contrepartie, donc la chaleur très humide je ne suis pas du tout habituée. Dans le New Jersey il arrive très souvent d’avoir 98% voire 100% d’humidité pendant plusieurs jours ou semaines d’affilée en été.

Ensuite, malheureusement, cela tient aussi à la façon dont sont construites les maisons : en bois elles retiennent extrêmement la chaleur, ce qui est certes un avantage en hiver, mais une absolue horreur en été. Quand on monte dans les étages (et les chambres sont généralement au 2ème voire 3ème étage justement) dès qu’il fait plus de 28 ou 29 degrés dehors, même avec chaleur sèche à moins de 40% d’humidité, la température des pièces devient parfois plus chaude que celle de dehors. Ensuite les maisons ont une grande inertie et le temps pour se rafraîchir ou refroidir est très long. Même si la nuit ça tombe à 15 degrés dehors, la maison n’a pas le temps de rafraîchir assez et est déjà à 25 degrés dès le matin suivant et ça continue de monter dans la journée. 

Ne pourrait-on pas construire mieux ou pas en bois, isoler ou trouver une solution d’isolation avec des matériaux modernes plus performants ? Dans les maisons en pierre ou en béton sur la Côte d’Azur, on encaisse bien chaud tant que l’humidité ambiante reste en dessous de 50% et la maison garde une certaine fraicheur en fermant vitres et volets. Ici j’ai fait l’erreur une fois de tout fermer (vitres et rideaux, il n’y a pas de volets) et la maison était devenue un four pire qu’avec les fenêtres ouvertes, si on n’a pas d’air conditionné ou on ne veut ou ne peut pas le mettre en route. Dans ces cas-là il vaut mieux laisser tout ouvert, portes et fenêtres. 

Ceci dit, aux États-Unis il y a souvent un basement dans les maisons, un sous-sol à moitié ou presque complètement enterré et là par contre c’est frais, très frais même puisque d’une part c’est enterré et d’autre part c’est une structure en pierre ou parpaing (ce sont les fondations de la maison) et pas en bois. Dans mon basement il fait péniblement 20 degrés quand on ne chauffe plus (de mai à octobre) voire moins et il m’arrive de mettre une veste ou un pull si j’y reste immobile pour regarder un film. 

Mais tout de même, en début de saison, quand il fait 24 degrés dans la journée au maximum et 30 ou 40 % d’humidité a-t-on vraiment besoin de mettre l’air conditionné en route ? C’est ce que fait tout le monde ici dès qu’il fait plus de 20 degrés dehors ! Et tenir ensuite sa maison, les magasins, les restaurants les centres commerciaux tout l’été à 18 degrés (voire 16 ou 17) quand en hiver on surchauffe à 24 ou 25 ? En hiver on ne supporte pas 18 degrés — « c’est trop froid ! » quand en été on les réclame et qu’on règle l’air conditionné partout à 17 ou 18 degrés ! Et en été on ne supporte pas 24 ou 25 degrés quand en hiver on les réclame et qu’on pousse les chauffages partout à 24 ou 25 ! Allez comprendre…

À ce rythme-là ce n’est pas demain qu’on va résoudre le changement climatique et les consommations d’électricité et autres énergies.

Quand même nous ne supportons pas (plus) grand-chose, nous nous comportons comme des spoiled brats.

Papier toilette et autres pénuries provoquées

L’essence est tout récemment passée à plus de 3 dollars (le gallon) alors qu’elle était à moins de 2 dollars l’an dernier en juillet, après le confinement (le vrai, le lockdown / shelter in place de mars avril mai 2020)  https://michusa.wordpress.com/2020/07/12/le-prix-de-lessence/

Nous avons appris qu’il s’est produit une attaque de hacker contre un pipeline majeur qui nous apporte de l’essence dans le Nord-Est et également tout l’Est du pays jusqu’au Sud-Est, attaque informatique qui a bloqué l’acheminement de l’essence dans le pipeline : en bref à cause de cette attaque et en attendant le paiement de la rançon qui allait avec, le robinet était fermé et l’essence ne coulait plus dans le pipeline. WTF ? Pourquoi met-on tout sur Internet ? D’autant plus ce genre d’infrastructures cruciales et potentiellement fragiles qui provoqueraient un désastre en cas d’attaque informatique ? Quand ce devraient être des systèmes en circuit fermé et ultra sécurisé. Circuit fermé ce n’est pas le cas puisque l’attaque viendrait d’un hacker de Russie ou de par là, en aucun cas de quelqu’un qui se serait introduit physiquement sur un des sites qui gère le pipeline. Les bras m’en tombent.

Attaque relayée avec force dans les news et les journaux partout, à hauts cris en disant bien haut et fort que le Nord-Est (et tout l’Est du pays mais il était surtout question du Nord-Est dans ces articles) allait expérimenter une pénurie d’essence à la pompe. Ce qu’il ne fallait surtout pas dire (mais la catastrophe et la mauvaise nouvelle sont vendeuses, une poule aux oeufs d’or pour les médias). Grâce à ce battage médiatique on a ainsi déclenché une panique, les gens se sont rués, ont fait la queue aux stations à essence pour remplir leur réservoir de voitures et des bidons ( ! ) et effectivement il y a eu une pénurie, essentiellement dans le Sud-Est et l’Est, pas tant par chez nous dans le Nord-Est d’ailleurs.

Alors que si je n’en avais rien su, si personne n’an avait rien su, il n’y aurait certainement pas eu de pénurie. Personnellement je n’ai même pas eu besoin de faire le plein cette dernière quinzaine donc si je n’en avais rien su, je ne me serais pas aperçue d’une pénurie à la pompe. D’autant plus que même si ce n’est plus le lockdown, la vie n’est pas encore entièrement revenue normale et on roule quand même beaucoup moins. Donc quel était l’intérêt de marteler l’information comme quoi « ouh là là le Nord-Est va manquer d’essence à la pompe » ? Total ça a été bien plus que le Nord-Est (et je répète dans mon coin du Nord-Est je n’ai rien vu aux stations alentours, ni queues ni panneaux disant qu’ils n’avaient plus d’essence). Par contre tout le Sud-Est et la partie de l’Est au sud de chez nous, le mid-Atlantic, ça a été queues à la pompe etc… Et la pénurie. Mais provoquée par cet afflux de clients qui ont surstocké !

Surtout que finalement cela a été réparé rapidement : le pipeline [le robinet] qui avait été coupé a été rouvert et l’essence coule de nouveau à flots. Quand je dis réparé, en fait la compagnie qui gère ce pipeline a payé la rançon au hacker (même chose : avons-nous besoin de savoir cela, qu’ils ont payé ? Ne devrait-on pas le garder secret — c’est quasiment du secret défense dans ce cas précis —parce que franchement pour donner des idées à d’autres hackers et leur montrer que ça marche puisque les entreprises payent, il n’y a rien de mieux ! )

En tout état de cause cela a été réparé très rapidement donc si l’on n’avait rien dit personne ne se serait aperçu de rien : le pipeline a été coupé moins d’une dizaine de jours et il y a quand même des stocks tampons chez les grossistes et dans les pompes il me semble. On aurait pu le dire après coup (ou même pas, franchement quel intérêt à part donner des idées malfaisantes à des pirates et aussi afficher notre vulnérabilité auprès de puissances étrangères malfaisantes, certaines fois ce sont les mêmes engeances d’ailleurs), on aurait pu au moins le dire après coup, une fois que tout était remis en place au lieu de déclencher cette panique qui a produit outre une pénurie toute temporaire, une augmentation des prix pas temporaire elle par contre… Les prix ne redescendront pas, on nous a déjà prévenus (par les mêmes médias d’ailleurs ça aussi c’est provoqué) on peut dire que ce sont des pénuries annoncées et provoquées. Ensuite tous les prétextes sont bons pour augmenter les prix (et ne pas les diminuer bien entendu) : pénurie, on augmente le prix ; sur-stock et si le consommateur final ne consomme pas assez, on augmente aussi les prix « parce qu’il y a un manque à gagner », je cite. Ça a été déjà le cas toujours pour l’essence : en novembre dernier (2020) il y a eu une augmentation des prix à la pompe parce qu’à cause du lockdown et des restrictions de déplacements  et des voyages de fait, nous n’avons pas consommé assez d’essence. Et maintenant en mai avec cette pénurie provoquée. (D’autant que ce ne sont pas des raisons internationales comme les prix du brut ni aucune tension particulière, guerre, c’est un « problème » (pseudo-problème) purement américain et encore, de l’Est américain.)

Pour le papier toilette la pénurie provoquée (par la pandémie, ou la panique initiée par la pandémie et surtout la façon dont la pandémie a été rapportée par les politiques et les médias) a été moins grave que celle de l’essence puisque les prix sont redevenus normaux sur ces produits. Mais nous avons eu plusieurs vagues de ces pénuries de papier toilette, vagues qui allaient avec les vagues pandémiques. Même chose c’est auto-déclenché par les nouvelles alarmantes et sensationnelles en une des médias, une façon de présenter l’information, par les médias et les politiques, telle qu’elle fait bien peur, ce qui a provoque la panique des foules et l’achat de papier toilette…

C’est un peu fatigant ce comportement provoqué, toujours par les mêmes spéculateurs, financiers et banquiers — oui je les mets dans le même sac — bien servis par les médias et les nouvelles en une des journaux, qui font tout pour provoquer ces pénuries. Quand on sait qu’à chaque chute de neige, chaque hiver, bien avant les problématiques de la pandémie, à chaque tempête annoncée il y avait des rayons vides de pâtes, de conserves et d’eau en bouteilles — pas de pénurie de papier toilette cependant, ça a été la marque du Covid ces pénuries de papier toilette. Je précise qu’une chute de neige c’est un jour, voire deux d’immobilisation forcée. Si on perd le courant, ce serait quelques jours (c’est déjà arrivé, on connait donc la durée) donc pas de quoi faire des provisions pour 6 mois, il ne faut rien exagérer. 

Si l’annonce d’une simple chute de neige peut provoquer ce genre de pénuries « artificielles » dans une région habituée à avoir des chutes de neige régulières en hiver, pas étonnant qu’une pandémie — phénomène hautement inhabituel, surtout celle-ci dans ses circonstances mondiales et uniques —provoque des pénuries de plus grande ampleur… 

Papier toilette, essence — la pénurie d’essence n’était pas due au virus du Covid-19 en l’occurrence mais à un virus informatique, il y a une certaine ironie amère. Mais ce n’est pas perdu pour tout le monde, certains en font leurs choux bien gras, directement ou indirectement, les médias n’étant pas les derniers, en vendant de la copie avec leur sensationnalisme de catastrophe et les revenus publicitaires induits, cha-ching !

Cha-ching : bruit de la machine à sous et expression onomatopée nord-américaine qui signifie l’encaissement de beaucoup d’argent.