Archives du mot-clé octobre

Interruption intempéries

Une interruption intempéries, encore une, l’automne et les mois de septembre octobre sont les moments où les tempêtes tropicales sont le plus susceptible de remonter jusque dans le New Jersey — quoique cette année nous en ayons eu une qui est remontée début août [lire ici la tempête Isaias, ici et ici]. Si elles ne remontent pas toutes sous forme de tempête tropicale directement à l’intérieur des terres, on en a souvent au moins les franges ou les queues « simplement »  sous forme de pluies torrentielles (diluviennes littéralement ) sans les vents violents — c’est déjà ça. 

Mais demain et vendredi c’est une nouveauté, une nouvelle variante des intempéries brutales : nous attendons non pas une mais 2 tempêtes qui vont se rencontrer sur terre quelque part dans la région des plaines centrales et mi-atlantiques et unir leurs forces pour apporter encore plus de vent et encore plus de pluie. La cerise sur le gâteau c’est que sur leur sortie des terres, au niveau du Nord-Est (c’est nous, le New Jersey et le New York puis la Nouvelle-Angleterre) il y aura de la neige dans la queue de cette tempête jumelée puisque la masse d’air chaud humide chargée de pluie de la tempête tropicale va rencontrer la masse d’air froid de la seconde tempête qui vient de l’ouest. De la neige ! Pas exactement chez nous dans le New Jersey central ni à New York la ville mais à la limite nord du New Jersey, à la frontière avec le New York (l’état), à moins de 100 km,  70 / 80 maximum de chez nous. Pour ce que l’on appelle upstate New York, la partie nord de cet état ce sera définitivement certain et ce sera leur première neige de la saison.

C’est pour cette raison que j’ai vu des prévisions de températures négatives,  -2 degrés Celsius pour vendredi alors qu’il fait encore entre 12/15 et jusqu’à 18 degrés ces temps-ci. J’ai compris pourquoi, avec cette neige si proche l’air va se refroidir de façon significative.

Deux tempêtes qui se rencontrent (Billy et Zeta, cela sonne comme une romance d’un film hollywoodien ou un roman à l’eau de rose et ce n’est pourtant pas le cas ni de l’un ni de l’autre) et qui vont joindre leurs forces, une première je n’avais jamais entendu ni vu ça depuis plus de 18 ans que je suis ici !

Inutile de dire que je ne suis pas prête, j’ai simplement un peu d’essence qui me reste, pour la tondeuse à l’origine, une dizaine de litres, la tente canopée que je viens d’acheter il y a deux jours pour le groupe électrogène n’est pas encore arrivée. Et j’ai encore besoin de faire un bricolage pour adapter une petite boîte imperméable pour la prise sur le côté de la maison sur laquelle on branche l’énorme fil électrique qui sort du groupe électrogène et alimente la maison dans sa totalité. Une boîte étanche qui permettra de brancher et d’alimenter pendant des intempéries justement. Tâche que je fois faire depuis 2 ou 3 ans et que je remettais sans cesse à plus tard et que j’avais commencé à attaquer il y a quelques jours, sans savoir qu’une tempête me prendrait de vitesse. Jusqu’à présent nous n’avons jamais eu besoin de faire tourner le groupe électrogène pendant l’intempérie elle-même mais seulement après, donc sans réel besoin ni de l’abriter ni surtout d’abriter les branchements électriques ni la prise d’entrée dans la maison. D’autant moins prête qu’en ces temps de pandémie tout est aussi plus compliqué donc se préparer aussi est plus compliqué.

Forte de la prévision météo qui dit que nous aurons seulement des pluies torrentielles mais (normalement) pas de vent chez nous, je croise les doigts pour que la prévision soit vraie. Mais les fortes pluies peuvent aussi abattre des arbres, même sans vent. C’est ce qui s’est passé il y a un mois : des pluies torrentielles ont fait tomber la moitié d’un chêne en bordure de notre propriété avec l’un de nos voisins. Pas de dommages ou très peu et rien sur la maison ni sur les voitures mais la branche qui portait la moitié du feuillage tout en haut du chêne est tombée de 30 mètres de haut où elle était attachée et nous avions entendu un bruit immense ce soir-là au milieu des torrents de pluie. Ce chêne en particulier ne risque plus de tomber, la moitié qui restait a été abattue par les bûcherons professionnels engagés par ledit voisin la semaine dernière. Un souci de moins pour cette tempête, que dis-je, ces tempêtes jumelées à venir.

Décidément cette année 2020 en a toujours en rayon pour ajouter à notre malheur pandémique déjà fort contraignant et notre quotidien misérable.

On aurait pu espérer on aurait pu croire

On aurait pu espérer on aurait pu croire à la fin des inutilités et des tracasseries, la fin de l’univers impitoyable du travail, vers plus de collaboration humaine d’entraide et de bienveillance.

C’était compter trop sur la gentillesse, l’intelligence et, je vais dire un gros mot, le bon sens humain. Ils sont décidément bien peu présents dans l’ensemble et les vieux travers multi millénaires, exacerbés par le règne sans partage de l’argent à un niveau jamais atteint dans l’histoire de l’humanité, les vieux travers reviennent bien vite, passé les premiers jours de stupeur et de frayeur qui ont fait dire à presque tous, surtout les puissants et les gouvernants, « oui on va changer, nos façons de vivre, nos façons de faire, nos mentalités ». 

Paroles vides, ils sont passé entre les gouttes donc ils ne changent pas, surtout on ne change rien, on continue notre course vers le mur et peu importe le nombre de fois où on l’emplafonne à pleine vitesse, on reprend vite cette course sans fin — sans objet autre que le pouvoir pour le pouvoir, établi par l’argent roi, toujours plus toujours plus. Il faut bien sacrifier quelques personnes (beaucoup en réalité et ce depuis longtemps, les sacrifices sanitaires sont seulement plus visibles et plus immédiats) sacrifier les gens de peu (la plupart d’entre nous) sur l’autel de l’argent roi — le culte ultime et qui prime sur tous les autres.

« Travail ton univers (encore plus ) impitoyable »  pour citer le sous-titre d’une émission de Complément d’Enquête de France Télévision.

Texte commencé il y a quelques semaines avant même la reprise de la virulence de la pandémie, bien avant la mise en place du couvre-feu en France. D’ailleurs ce n’est pas le couvre-feu en lui même le problème, au printemps nous avons eu un couvre-feu aussi, mis en place même avant le confinement généralisé dans notre Tri-State  — New Jersey, New York et Connecticut. Nous avons d’ailleurs toujours des couvre-feux dès qu’une tempête ouragan blizzard voire grosse chute de neige ou autre crise météorologique est annoncée. Ce n’est pas le couvre-feu le problème mais bien l’aveu d’impuissance des gouvernants de tous bords et de tous les pays occidentaux au moins, face à une pandémie qui devrait nous (leur) faire remettre en cause notre (leur) modèle de profit à tout crin, « quoi qu’il en coûte ». Quoi qu’il en coûte en effet : que le travail continue son univers impitoyable, afin d’engranger le plus de profits d’argent et de pouvoir pour une petite poignée qui vivent dans leur bulle et qui ont les moyens de se payer des traitements hors-normes et réservés à leur seul bénéfice, des lits dans des suites hospitalières — on ne parle plus de chambre, encore moins de lit à ce niveau-là —  et un bataillon de médecins à leur seule disposition. « Quoi qu’il en coûte » en sacrifices — jusqu’à la misère et à la mort, oui même à la mort — à la population ordinaire. C’est à dire presque tout le monde, nous tous.

Octobre 2019

 

Le rendez-vous d’octobre avec bien du retard — il me semble que je n’arrête pas de vider un puits sans fond de tâches et de corvées à faire de toute urgence bien entendu, souvent il ne me reste que  tard le soir pour mes projets personnels mes écrits mes photos et mes blogs au moment où je m’effondre épuisée.

Les feuilles d’automne ont été à l’heure cette année (les deux années précédentes elles étaient très en retard) pas d’explosion de couleurs spectaculaire cependant et nous n’avons pas vraiment eu d’été indien non plus.