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J’en viendrais presque à regretter

voiture pleine comme un oeuf

J’en viendrais presque à regretter le temps suspendu de la pandémie, où nous étions claquemurés chez nous sans bouger beaucoup, où tout était au ralenti, même après le confinement « strict » du printemps, pendant l’été et en fin d’été, la même époque de septembre l’an dernier, où nous commencions à respirer, mais sans vaccin et avec l’épée de Damoclès toujours pendue au-dessus de nos têtes, tout restait encore très calme et très ralenti. 

Alors qu’aujourd’hui tout est reparti au galop, nous courrons partout comme des poulets sans tête, comme si la pandémie n’avait pas existé (ou presque), surtout comme si nous n’avions rien appris de cette période (nous n’avons rien appris).

Tout s’est précipité pour moi, surtout depuis 15 jours, plusieurs gros chantiers, certains prévus, mais qui ont coïncidé alors qu’ils n’auraient pas dû, certains totalement imprévus comme la tempête Ida et ses conséquences) : les grands travaux de Versailles dans mon jardin et ma driveway pour réparer une fuite d’eau qui durait depuis le mois de février (et sans doute avant, février c’est quand je m’en suis aperçu lorsque j’ai vu l’eau par terre dans une des chambres du basement), fuite que je contenais tant bien que mal depuis tout ce temps (couper l’eau la nuit, la rallumer au petit matin et vider un petit container de 2 litres tout au long de la journée — fuite mal placée et pas de possibilité de mettre un container plus gros), en fait une fuite sur la ligne d’alimentation en eau de la maison, ligne qu’il a fallu re-router complètement depuis le puits, les grands travaux ont eu lieu le 26 août ; ma fille qui déménage à New York City (c’est voisin heureusement,  une quarantaine de kilomètres, moins d’une heure de route) avec donc des allées et venues pour tout transporter, plus les allers et retours à Ikea (encore 30 kilomètres) pour les meubles, courir les magasins et les sites Internet pour les achats nécessaires, les bricolages et autres montages desdits meubles Ikea ; l’opération de ma fille le 1er septembre avec tous les préparatifs et visites médicales avant l’intervention (15 kilomètres) ; et ce même 1er septembre simultanément la tempête Ida avec l’ampleur inattendue qu’elle a prise chez nous dans le New Jersey et les dégâts qui ont suivi (et encore, personnellement nous avons eu de la chance, pas grand-chose, pas d’effondrement de la maison, pas de perte de biens, juste de la moquette détrempée et à faire sécher — ce qui prend un temps fou quand un jour sur 2 il fait soit un peu de pluie et donc humide à plus de 80% d’humidité soit il y a quand même entre 80 et 90% d’humidité dehors malgré le soleil. 

En clair je suis en limite de surmenage (ou pour utiliser le mot à la mode qui veut dire exactement la même chose en burn-out). 

Hier samedi dernière journée pleine à New York City à l’appartement, pour monter la télé au mur (chose que nous n’avions jamais faite de notre vie, nous en avons vu de toutes les couleurs mon fils et moi, d’autant que nous avions des outils limités, puisqu’apportés avec nous), à manipuler et ranger après avoir transporté tout le reste du déménagement, et déchargé la voiture pleine comme un œuf, garée en double file dans la rue sur la voie des vélos — c’est comme ça qu’on fait à New York City, pas moyen de faire autrement, ce n’est pas autorisé officiellement bien entendu et ça me stresse énormément, je suis pour le respect du Code de la route, s’il y a un code c’est pour une raison et pas pour embêter les gens — dans un Manhattan hystérique et très busy dans tous les sens du terme, en mode hyperactif et avec un monde fou : les vélos partout, les gens qui circulent en vélo bleu au lieu de marcher comme avant, les livreurs à vélo, les vélos électriques qui sont des scooters qui ne le disent pas et foncent à 40 ou 50 km/heure même en dehors de leurs pistes cyclables, voire sur les trottoirs. Les vélos ne respectent pas les feux rouges de toute façon ni même les sens interdits sur leurs propres pistes cyclables. Comme elles sont étroites elles sont à sens unique, mais pourquoi se gêner, le Code de la route c’est fait rien que pour les embêter c’est connu. En plus des vélos de toutes sortes, les scooters (les vrais scooters, c’est nouveau, on n’avait pas cette plaie aux États-Unis jusqu’à présent, c’est fini apparemment) les trottinettes dont certaines sont aussi électriques et foncent à 40 ou 50 km/h, les taxis (jaunes), les voitures — tout ce trafic routier est revenu comme avant, les piétons partout bien sûr aussi — les New-Yorkais (il faisait très beau) et les non-New-Yorkais, plus tous ceux venus pour les commémorations des 20 ans du 9/11 (mauvaise planification de notre part, mais pas trop de marge de manœuvre non plus). Ne manquaient à l’appel que les touristes (les frontières avec l’Europe et le Canada sont toujours fermées — heureusement, cela faisait un poil moins de gens sur les trottoirs et à traverser inopinément les rues ), mon père gardez-vous à droite, gardez-vous à gauche comme disait l’autre.

Tout ça en plus de la gestion courante habituelle du quotidien de la maison et du jardin, plus la saison des feuilles qui s’annonce en avance (très en avance) cette année : ma driveway est couverte de feuilles tombées — vertes (qu’est-ce que cela annonce ? c’es la première fois que je vois les feuilles tomber encore vertes).

Aujourd’hui j’ai fait relâche même s’il aurait fallu encore faire sécher le sous-sol : j’ai laissé sécher tout seul avec les ventilateurs et le dés-humidificateur (qui n’ont pas pu tourner hier puisque nous n’étions pas à la maison), alors que j’aurais dû continuer à déplacer les meubles pour faire sécher en dessous et passer du produit chloré pour éviter les moisissures.

J’ai fait relâche pour éviter de m’effondrer. Déjà depuis plusieurs jours des douleurs partout et hier des douleurs à la hanche et au sternum — les positions bizarres et inconfortables quand on bricole et surtout le démontage de la moquette dans 2 placards du sous-sol en sont la cause, moquette qui était collée, clouée et agrafée ! J’étais à la limite de tituber de fatigue, je me suis tenue à la rampe à chaque fois que j’ai descendu et monté l’escalier dans l’appartement (plusieurs dizaines de fois). Nous sommes repartis mon fils et moi vers 19h30 (un trafic routier fou dans Manhattan, une demi-heure d’attente rien que pour récupérer notre voiture au parking) et, une fois sur notre autoroute I 78, j’ai roulé à 50 à l’heure (50 miles/h environ 75 km/h au lieu des 65 miles/ heure (environ 100km/h) réglementaires, qui se transforment en 75 boire 80 dans notre coin de New Jersey fou furieux au volant depuis ces dernières années) derrière une voiture qui se trainait et que je n’ai pas doublée pour avoir le prétexte de pouvoir rouler plus lentement.

J’ai fait relâche mais j’ai quand même fait quelques lessives, remis ma voiture en état (elle avait été vidée intégralement de son contenu pour pouvoir charger le déménagement et les sièges mis à plat), ventilé et aéré mon sous-sol, en ouvrant portes et fenêtres,  mais sans rien faire de physique ni de mental d’ailleurs (les tâches administratives et autres factures attendront demain).

Oui j’en viens à regretter le temps de l’an dernier où tout était plus lent — c’est quand même malheureux  qu’il faille une pandémie pour en arriver à ralentir, et encore ça n’a pas duré très longtemps.

Un jour à New York City – 1er août 2021

Une des mes rares sorties (autre que pour des courses, rendez-vous ou obligations administratives) depuis le début de la pandémie il y a un an et demi et sans doute la dernière avant un moment (lire ici les 2 autres : sorite au restaurant en juin :   https://michusa.wordpress.com/2021/06/15/premiere-sortie-au-restaurant/  et sortie au centre commercial et à la pizzeria en juillet :  https://michusa.wordpress.com/2021/07/24/une-journee-presque-normale/  ).

C’était il y a 4 semaines à New York City pour apporter une partie du déménagement de ma fille à l’appartement où elle va aménager avec une colocataire vers la mi septembre. Après avoir déposé les affaires et visité son appartement, elle nous a invités (mon fils cadet et moi) à manger des tacos dans un petit restaurant « en terrasse » terrasse  couverte en partie sur le trottoir et sur la rue (l’avenue en l’occurrence). Les terrasses sur la rue sont une des nouveautés à New York City, nouveauté due à la pandémie bien entendu et qui, tout le monde l’espère, vont rester. Les Américains sont très envieux des terrasses de nos cafés, restaurants et brasseries en France et en Europe en général. Pour je ne sais quelle raison ce n’est pas vraiment répandu en ville ni en banlieue suburbaine. Si je sais : l’air conditionné en été ou le climat trop rigoureux en hiver et aussi une absence d’art de vivre et de prendre son temps pour déjeuner ou dîner — tout doit être efficace et rentable dans tous les sens du terme, donc rapide, pas le temps de « perdre son temps »  donc la terrasse est inutile — était  puisque la pandémie est passée par là. Peut-être la seule chose « positive » sortie de la pandémie : l’éclosion des terrasses pour les bars, cafés et restaurants, non seulement à New York City mais partout, même dans les villes suburbaines — espérons que ces terrasses extérieures durent et que cela entraine les américains à ralentir. En tout cas ils y ont pris goût et les restaurateurs aussi.

Dernière sortie avant le retour vers plus de restrictions et sans masque pour marcher dans la rue et au restaurant — maintenant non seulement les masques sont obligatoires à l’intérieur (pas en terrasse) mais en plus la vaccination est obligatoire pour aller au restaurant et pour toutes activités avec du public à New York City (bar, salle de sport, musée, concert bref tout ce qu’on peut faire d’intéressant dans une ville comme NYC). Il n’y est pas question de passe sanitaire à la française avec une option de test négatif : à NYC pour toutes les activités c’est vaccin ou rien. Autrement dit ceux qui ne veulent pas se faire vacciner à NYC n’ont qu’à déménager ailleurs (en Floride ou au Texas au hasard) sinon ils ne peuvent que rester calfeutrés chez eux puisque tout le reste leur est interdit. Ce qui fait perdre tout son intérêt à vivre dans NYC. Au temps pour le pays de la « liberté »… et pendant que certains pleurnichent en France sur l’autoritarisme de l’état, il faut réaliser ce qui se passe non seulement à NYC mais dans tout le Nord-Est (idem chez nous dans le New Jersey voisin qui est très densément peuplé) avec vaccins obligatoires pour les enseignants avant la rentrée scolaire, les personnels médicaux (pour eux cela fait un moment), les employés municipaux et gouvernementaux, etc. D’autant que depuis que l’un des vaccins a été autorisé formellement hors autorisation d’urgence, les obligations strictes se mettent à pleuvoir, y compris dans le privé. Sur ce sujet, lire ici aussi :  https://michusa.wordpress.com/2021/08/15/de-sans-masque-au-double-masque/

Donc ce jour-là, le 1er août nous n’avons pas eu à montrer notre carte de vaccination. Depuis ma fille, qui est allée manger avec des amies à NYC (elle ne loge pas encore dans son appartement ), a dû montrer sa carte de vaccination pour entrer dans le restaurant : c’était a semaine dernière, le 18 août exactement alors que l’obligation du maire était applicable à partir du 20 août techniquement avec une tolérance jusqu’à début septembre)

De sans masque au double masque

Et voilà c’est reparti ici aussi pour les restrictions. La France n’est pas unique au monde avec son passeport sanitaire etc, d’autres pays y viennent aussi, même les États-Unis (ce qui n’est pas peu dire. Cela ne se fera pas de façon fédérale, comme cela a été le cas pour les masques d’ailleurs, mais état par état, voire ville par ville dans un premier temps, ce qui s’était passé avec les masques aussi). En plus de ce « passeport sanitaire » les masques reviennent aussi et ce pour les personnes vaccinées. Les obligations de masque n’avaient jamais été levées pour les personnes non vaccinées bien sûr. Donc pas la peine de pleurnicher et de crier à l’état totalitaire en France, ce n’est pas unique à la France ni au gouvernement français.

À noter aussi que, pour ce que j’en ai vu pour l’instant, les « passeports sanitaires »  requièrent ici une vaccination et pas la possibilité d’un test négatif donc sont bien plus restrictifs qu’en France. Comme quoi… La ville de San Francisco est la première à le mettre en vigueur de façon pure et dure : c’est le vaccin ou rien, pas de tests qui tiennent pour aller au restaurant, cinéma, clubs de sports, concerts, événements sportifs etc. La nouvelle est tombée il y a 2 jours avec mise en application stricte dès le 20 août. New York City prend le même chemin : pour l’instant être en cours de vaccination est encore suffisant même si l’on n’a pas encore fini son schéma vaccinal (pour l’instant) et on parle d’une application téléphonique à venir, plus pratique que de se trimballer sa carte de vaccination du CDC (quant à nous, nous en avons fait chacun une photo que nous stockons dans notre téléphone pour éviter de nous la trimballer et de risquer de la perdre). Pour New York City la nouvelle est tombée le 3 août (le surlendemain de ma journée à NYC, j’en reparlerai) avec entrée en vigueur le 16 août avec tolérance, mais appliquée strictement à partir de septembre. Le New York Times cite : un passeport sanitaire « comme en France ».  D’ailleurs pour certaines professions (médicales, paramédicales, enseignement et éducation et pour les employés municipaux etc) la vaccination devient obligatoire, par ordonnance du maire. Pourtant New York City n’est pas si mal lotie avec 66 % des adultes complètement vaccinés. 

Notre état d’urgence sanitaire dans le New Jersey a été levé à un moment en juin, le 4 juin précisément — par contre l’état d’urgence tout court est resté en vigueur (il a été déclaré le 9 mars 2020 ! ) une subtilité administrative sans doute pour continuer à recevoir des aides fédérales et fournir des aides, prévenir les expulsions des logements pour cause de loyers impayés et/ou de factures électriques/gaz impayées.

Les obligations pour les masques avaient été levées (seulement pour les personnes vaccinées) pour la plupart (sauf pour les hôpitaux / centres médicaux et les endroits très fréquentés avec une grande densité de personnes ) à peine ce 28 mai 2021. Je répète, cela n’était valable que pour les personnes complètement vaccinées.

Cela n’aura pas duré bien longtemps : 2 petits mois en fait. En plus avec le temps de se déshabituer à mettre les masques, inutile de dire que pour la plupart les gens ne sont pas rués à les enlever dès le 28 mai. Cela a été progressif de laisser tomber les masques. 

Pour moi cela  n’a été que le 15 juillet, le temps de m’habituer à l’idée. Le 15 juillet j’ai passé une journée presque normale avec mon amie Helen (vaccinée comme moi) lire ici: https://michusa.wordpress.com/2021/07/24/une-journee-presque-normale/  Nous avons passé la journée intégralement sans masque (nous ne sommes pas allées dans des endroits trop peuplés, mais quand même dans un centre commercial, à l’Apple Store, dans un petit magasin de bricolage, avons mangé dans une pizzeria et sommes aussi allées voir mon club de sport, où j’enseigne le tai-chi et où je n’avais plus mis les pieds depuis le 11 mars 2020 puisque je donne les cours par Zoom depuis juin 2020. Nous devions retourner en cours en personne au bâtiment à la rentrée de septembre (2021), ce ne sera donc pas le cas et les cours Zoom vont continuer au moins jusqu’en novembre. La nouvelle est tombée une semaine après cette petite visite du 15 juillet (sans masque), le 21 juillet (à cause des inquiétudes liées au variant delta évidemment).

Une semaine plus tard à peine on commençait aussi à parler de remettre les masques par sécurité pour les gens vaccinés. Quant à moi — comme je ne sors pas très souvent, cette journée du 15 juillet qui aura été ma seule journée totalement sans masque depuis plus d’un an — dès la semaine suivante j’ai remis le masque pour mes rares sorties.

Masque à nouveau pour faire les courses

Le 27 juillet le CDC a émis sa recommandation officielle de remettre les masques pour les personnes vaccinées.

Je l’ai remis quelques jours avant donc, ce n’était pas encore « obligatoire », mais les obligations sont ensuite revenues jour après jour au niveau des magasins/ centres commerciaux ou établissements en particulier jusqu’à des obligations étatiques à nouveau. Pour l’instant les obligations (pour les personnes vaccinées, les non-vaccinées devaient toujours porter le masque) émises par l’état du New Jersey se limitent aux masques obligatoires à l’intérieur pour les écoles et divers établissements scolaires (ordonnance du 6 août en vue de la rentrée de septembre). Pour l’instant donc le gouverneur s’est arrêté à deux doigts de réinstaurer les masques obligatoires à l’intérieur (pour tous même si on est vacciné donc) dans tout l’état mais les recommande fortement et le 6 août il a signé cette ordonnance d’obligation des masques pour tout le monde y compris les enfants, pour les écoles privées, publiques et paroissiales.  

Je suis encore allée à New York City en mettant le masque par intermittence et en ne mettant pas pour marcher dans la rue ni au restaurant (en terrasse) le 1er août. Je l’ai remis ensuite systématiquement.

L’obligation des masques à l’intérieur du bâtiment est revenue le 2 août pour mon club de sport (cela ne me concernera pas vraiment puis que je vais continuer à donner mes cours par Zoom depuis chez moi).

Et maintenant depuis une grosse semaine (2 ou 3 semaines seulement après cette journée presque normale) on parle de double masque à nouveau. De fait cela fait 2 ou 3 jours que je remets un double masque quand je sors en ville faire une course ou autre.

En l’espace de 3 petites semaines je suis passée de sans masque à double masque : masque jetable « bleu » à plis (ils ne sont pas chirurgicaux ni médicaux, nous n’en trouvons pas pour le grand public aux États-Unis, même en pharmacie)  le masque « bleu » donc contre le visage et un masque en tissu (grand public non normalisé) par-dessus. Le masque jetable pour protéger les autres et le masque en tissu pour se protéger soi-même car il permet d’éviter au masque jetable de bâiller en le maintenant fermement appliqué contre le visage. Nous avions fait de cette façon en double masquant à partir de janvier 2021 pour arrêter et repasser au simple masque début mai quand les chiffres de la pandémie dans le New Jersey étaient devenus meilleurs. Pour reprendre début août.

Je roule pour vous

Lors de ma journée presque normale du 15 juillet — presque normale sur le plan « sanitaire » s’entend, lire ici [ https://michusa.wordpress.com/2021/07/24/une-journee-presque-normale/  ] —  j’ai en fait passé la journée à rouler pour vider le réservoir de la petite Honda Civic des enfants (en lire ici la raison : rappel sur la pompe à essence : https://michusa.wordpress.com/2021/06/13/les-rappels-sur-les-voitures/  ).

Le réservoir était plein à plus de 2/3 le mercredi après-midi pour un rendez-vous chez le concessionnaire le vendredi matin 8 heures. Rendez-vous pour lequel il était requis d’avoir un réservoir quasiment vide (aiguille dans le rouge ! ) sinon la réparation ne pourrait pas se faire (instructions expresses du concessionnaire ). Un comble pour un atelier de mécanique qui pourrait vider ledit réservoir, mettre de côté l’essence dans un bidon et refaire le plein avec ladite essence une fois la réparation faite. Mais non ! Pour une raison que j’ignore il fallait leur apporter la voiture avec le réservoir presque vide sinon rien. Comme s’ils ne pouvaient pas le vider eux. Mon père qui en était étonné en a parlé avec son petit mécanicien (pas concessionnaire) qui a confirmé que le garage pouvait vider, récupérer l’essence puis la remettre après. Il en était stupéfait que ce ne soit pas fait pour cette réparation : c’est ce qu’il aurait fait lui et tout mécanicien qui se respecte. Raison que j’ignore mais fainéantise ou historie de gros sous (petits sous : on rentabilise sans doute à outrance et on ne veut pas payer quelqu’un 10 minutes de plus pour faire cette opération).

En attendant, le jeudi j’ai roulé pour « rien » toute la journée. Heureusement nous en avons profité pour passer une journée presque normale avec mon amie Helen, l’occasion a fait le larron, cela a compensé ce gaspillage éhonté d’essence et la pollution inutile qui allait avec. Vider un réservoir au 2/3 plein sur une voiture qui ne consomme pas grand-chose c’était une gageure . 

Je précise aussi qu’avec les voitures modernes on ne peut pas siphonner ledit réservoir par l’extérieur (par la trappe pour faire le plein) bien entendu : il y a un dispositif anti-reflux et forcer un tuyau même très fin risquerait d’endommager le dispositif qui plus est. J’ai enquêté sur Internet évidemment sur ce sujet. Le seul moyen aurait été pour moi d’accéder au réservoir sous le siège arrière et de le démonter pour accéder au drain, bref de faire ce que le garage aurait dû faire. Dans ce cas si j’avais les connaissances pour me lancer dans ce genre d’opération, je pouvais changer moi-même la pompe à essence. Tant qu’à faire. 

J’ai essayé de la vider en laissant tourner le moteur en restant sur place mais ça ne consomme presque rien : après l’avoir laissée tourner 1 heure avec l’air conditionné à fond j’avais consommé seulement 9 miles et il me restait 244 miles. L’aiguille de la jauge n’avait pas bougé. En regardant sur Internet il était dit que même si je laissais tourner 24 heures comme ça, il me resterait encore la moitié du réservoir. Le soir ma fille a roulé pendant 1 heure ou 2 et fait une 60taine miles mais ça ne suffisait pas. Le soir vers 22 heures il restait encore 180 miles d’autonomie. On en était au 1/2 réservoir et il fallait que je roule environ 150 miles (soit plus de 220 km) et laisse environ 30 miles (45 km) pour pouvoir aller jusqu’au concessionnaire le surlendemain.

En fait mon fils devait aller à la plage cette semaine-là mais c’était orageux donc il n’y est pas allé, c’est comme ça que nous nous sommes retrouvés à 24 h avant le rendez-vous à avoir à vider.

Donc le lendemain j’avais prévu aussi d’enlever le mode éco (ce que ma fille avait déjà fait) et de mettre l’air conditionné à fond pour consommer plus. C’est le point fort de cette voiture : elle ne consomme presque rien (en terme américain) donc cela prend longtemps pour vider le réservoir. Si en plus on met le mode « éco » (nous roulons toujours en mode éco d’ordinaire) c’est encore plus long.

Donc j’ai gaspillé de l’essence très chère, à presque 3.5 dollars le gallon, pour rien, alors qu’ils pouvaient très bien vidanger le réservoir une fois qu’ils y auraient accédé, avant de s’occuper de la pompe puis remettre l’essence. La chasse au gaspillage ne fait pas partie des principes américains, il n’y a absolument aucun réflexe en ce sens ici contrairement aux Européens qui ont vécu la crise pétrolière des années 70 (comme moi dans ma jeunesse: ça plus la guerre que mes parents et grands-parents avaient eux vécue ce qui fait que j’ai été élevée dans l’esprit « on ne gâche rien » ce qui devrait être la devise de notre époque aussi et de toutes les époques d’ailleurs, ce qui a été le cas pendant 10,000 ans, à l’exception des 50 dernières années, dans certains pays seulement) .

Du coup pour ne pas économiser et gaspiller au maximum (vider)  j’avais décidé de faire une course puis rentrer à la maison, repartir aussitôt faire une autre course rentrer à la maison, exprès, pour rouler.

Le mercredi soir aussi, sur un coup de tête j’ai demandé à mon amie Helen, vaccinée intégralement aussi, si elle avait quelque chose à faire de spécial et si elle voulait m’accompagner pour cette journée à rouler en entrecoupant de lèche-vitrines, puis retrouver un parc où j’allais en 2005 sans en savoir le nom etc. Nous ne nous étions plus vues en personne depuis le 11 mars 2020 ! Nous avions prévu d’organiser des retrouvailles la semaine suivante mais l’occasion a fait le larron et nos retrouvailles ont eu lieu le lendemain pour utiliser l’essence de la Honda.

Cela a été le point positif de cette journée de gaspillage : une journée presque normale en bonne compagnie et les retrouvailles en vrai avec mon amie Helen (lire ici : https://michusa.wordpress.com/2021/07/24/une-journee-presque-normale/ ) ce qui nous a bien changé les idées à toutes les deux.

Après toute la journée à rouler j’ai déposé mon amie chez elle vers 22 heures (elle habite à 1/4 – 20 minutes de chez moi) puis j’ai roulé encore pendant une heure et demie parce qu’il me restait toujours 90 miles d’autonomie et un gros tiers du réservoir. Au lieu de rentrer par l’autoroute, je suis sortie à la première sortie et ai roulé en long en large et en travers de toutes les villes entre chez elle et chez moi. Vers 23h30 je n’en pouvais plus et je suis arrivée à la maison avec 35 miles d’autonomie, j’ai décidé que cela irait.

Le lendemain quand j’ai tourné la clef dans la voiture pour partir au garage le voyant rouge de l’essence s’est enfin allumé. Je suis donc arrivée chez le concessionnaire dans le rouge et avec l’aiguille du réservoir très basse. La réparation a donc pu être faite heureusement.

Par contre contrairement à ce que mes enfants attendaient ils n’ont pas rajouté d’essence du tout dans la voiture après la réparation et c’est un concessionnaire, pas une station donc pas moyen d’en acheter non plus. La sortie du concessionnaire se fait directement sur la voie rapide (highway) et les stations sont à quelques 5 ou 10 km plus loin. Quant à moi je n’en attendais pas moins du manque de service et de l’arnaque que représentent les concessionnaires donc j’avais emporté mon bidon de 20 litres de réserve d’essence (le dernier bidon de ma réserve d’hiver du groupe électrogène que j’utilise dans les voitures au printemps mais comme avec le Covid on roule moins je mets plus longtemps à les vider. Je ne veux pas garder les 100 litres de réserve à la maison (dehors) pendant la saison chaude pour éviter tout risque d’incendie.

Donc sur le parking du concessionnaire nous avons rempli le réservoir avec mon fils, pour pouvoir rentrer à la maison sans risque de tomber en panne d’essence — voire pire, de tomber en panne sur la voie rapide. La voiture est remontée tout de suite à presque 200 miles d’autonomie. Je m’attendais à me faire alpaguer par un employé sous prétexte qu’on n’a pas le droit de faire ça sur leur parking, que c’est dangereux etc. Surtout que j’utilisais mon propre entonnoir et pas l’entonnoir homologué Honda — si, si, il y a un entonnoir homologué la bonne blague ! Mais nous n’avons vu personne, cet endroit est devenu un peu fantôme, pas vraiment de clients qui se précipitent depuis la pandémie. Ils m’auraient entendu sinon. Comment comptent-ils qu’on puisse retourner chez nous avec un réservoir quasi vide, encore plus en étant obligé de passer quelques instants sur une voie rapide ?

D’autant que je ne savais pas combien il restait d’essence après leur intervention, l’écran me hurlait que le niveau d’essence était très bas et ne donnait plus d’autonomie, quant à l’aiguille, elle pointait encore plus bas que le matin.

Une journée presque normale

Avec Helen chez Blaze Pizza 15 juillet 2021

Il y a une dizaine de jours il fallait que je vide le réservoir d’essence de la petite Honda des enfants avant de l’apporter chez le concessionnaire pour le rappel (de la pompe à essence) [lire ici : https://michusa.wordpress.com/2021/06/13/les-rappels-sur-les-voitures/ ] Or l’avant-veille il restait encore de quoi faire plus de 250 km. Sur le coup d’une impulsion j’ai appelé mon amie Helen, avec qui je fais du tai-chi depuis plus de 18 ans pour lui demander si elle voulait passer la journée du lendemain à rouler avec moi pour consommer presque toute cette essence et ne laisser qu’une 50taine de km, juste de quoi aller chez le concessionnaire le surlendemain. Je lui proposais de nous arrêter de-ci de-là si elle avait des courses à faire. La veille lors du cours de tai-chi via Zoom, elle avait mentionné qu’elle aimerait bien retourner au mall (centre commercial) où elle n’avait plus mis les pieds depuis le début de la pandémie (ni moi non plus).

Comme nous avions (c’est du passé maintenant, l’épidémie repart ici aussi, nous avons 15 jours ou 3 semaines de décalage avec l’Europe), donc comme nous avions un répit dans l’épidémie, que les restrictions avaient été levées dans le New Jersey (dans les 3 états limitrophes du Nord-Est, New Jersey, New York et Connecticut) depuis le vendredi précédant le week-end du Memorial Day (le 28 mai), notamment les restrictions concernant les jauges et le port du masque pour les personnes vaccinées, que nous sommes toutes les deux complètement vaccinées, nous avons décidé de passer une journée « normale » ou presque normale, comme nous le faisions avant toute cette folie de pandémie.

Nous avions quand même des masques dans le sac pour le cas où ils s’avèreraient nécessaires : les obligations du gouvernement (de l’état) étaient levées (sont toujours au moment où j’écris cet article) mais chaque entreprise, commerce ou restaurant est libre d’instaurer ses propres règles et demander le port du masque indépendamment du statut vaccinal des personnes. Nous avions aussi du gel hydroalcoolique et des lingettes au chlore pour les mains.

Vers 13 heures je suis allée la chercher chez elle, nous avons même fait un hug (l’accolade anglo-saxonne qui remplace la bise) : nous ne nous étions plus vues en personne depuis le 11 mars 2020 ! Depuis nous nous sommes « vues » 2 ou 3 fois par semaine via Zoom mais plus jamais en personne jusqu’à ce 15 juillet 2021. Alors qu’auparavant avec les cours de tai-chi, nous nous voyions au moins 3 fois par semaine et plus si nous faisions d’autres activités ou sorties.

Pour rouler au maximum nous n’avons pas optimisé nos déplacements, au contraire. Pour chaque destination nous avons pris les chemins les plus longs possibles, le but étant de consommer cette essence.

Donc nous sommes allées flâner au mall et même à l’Apple Store du mall, tout ça sans masque (dans ce mall le masque est maintenant seulement recommandé mais pas obligatoire — pour les personnes vaccinées, pour les autres il l’est évidemment ). Nous sommes même allées prendre un café gratuit à la boutique Nespresso du magasin Bloomingdale’s (genre de Galeries Lafayette) comme j’avais l’habitude de le faire à chaque fois que j’allais dans ce mall pour une raison ou une autre, dans la vie d’avant.

Nous avons beaucoup roulé et parlé dans des parkings en laissant la voiture tourner avec l’air conditionné à fond (ça consomme plus d’essence), tout ça sans masque donc. Comme avant (sauf pour la partie consommation outrancière d’essence).

Nous sommes allées faire des petites courses ici et là, en faisant des allées et venues non rationnelles à dessein, nous avons aussi roulé longuement dans le Great Swamp (le marais), les petites routes sinueuses ça fait consommer plus d’essence.

Chez Blaze Pizza 15 juillet 2021

En fin d’après-midi nous avons fini par avoir faim et avons décidé d’aller manger dans une pizzeria que nous aimons bien : c’est une pizzeria où l’on construit soi-même sa pizza en pointant au serveur tout ce que nous voulons mettre dessus en passant devant les différentes garnitures que le serveur rajoute au fur et à mesure de nos indications avant de la faire cuire au feu de bois. Tout ça encore sans masque (les serveurs étaient tous masqués et les clients globalement non, mais c’était le 15 juillet : depuis les choses ont un peu changé et sont revenues en arrière). Les garnitures sont évidemment protégées par des Plexiglas (depuis toujours, bien avant la pandémie).

la pizza

Une journée presque normale à aller ici et là sans masque et sans se préoccuper de l’affluence. Ceci dit il n’y avait pas grand monde, les gens devaient être à la plage ou ont changé leurs habitudes de shopping. Au restaurant non plus il n’y avait pas foule. À part nous il y avait peut-être une autre table occupée, pas très longtemps, et c’est tout. Les clients venaient et emportaient. Comme ce n’était pas la foule le risque était somme toute limité à être sans masque puisque nous sommes vaccinées.

Nous avons bien fait d’en profiter, c’est sans doute la seule journée « normale » ou presque, avant longtemps. Une fenêtre qui s’est ouverte récemment, pour se refermer presque aussitôt. Je ne pense pas que nous pourrons refaire une journée sans masque de sitôt. Hier je suis allée à Ikea avec ma fille (même chose ce n’état pas les grandes foules) et nous avons porté le masque toute la journée (sauf une fois assises à notre table pour manger à la cafétéria qui n’était pleine qu’au tiers seulement, voire moins). Il y avait plus de gens qui portaient le masque que la semaine d’avant : lors de ma journée presque normale avec mon amie Helen, environ un tiers des gens croisés portaient le masque contre plus de la moitié maintenant, puisque la situation épidémique repart à la hausse, même ici dans le New Jersey où nous sommes à un peu plus de 70 % de la population adulte vaccinée* — reste toujours environ 30 % d’adultes non vaccinés… 

*si l’on compte toute la population, cela revient à 57% de la population complètement vaccinée en comptant donc les mineurs.

Mon second cerveau

Mon fils cadet à 2 ans et demi, le petit geek, à Chatou en 2001
Mon fils cadet à 2 ans et demi, le petit geek à Chatou en 2001

« Ton ordinateur, c’est ton second cerveau », me disait une connaissance au début des années 2000. C’était en 2003 et je ne quittais guère ce petit ordinateur portable appelé Titanium que j’avais acheté en juillet 2002 —mon premier ordinateur potable.

J’ai commencé avec les ordinateurs, « micro-ordinateurs » comme on les appelait alors au début des années 80, en fac de chimie à Nice — j’avais pris l’option « informatique », l’informatique dans le cadre de la chimie bien entendu, avec des ordinateurs que l’on branchait sur une télé (ils n’avaient pas d’écrans dédiés à l’époque) et que l’on reliait à un magnétophone à cassettes en guise de disque dur — c’était avant l’apparition de la disquette souple. Peu de temps après un de ces ordinateurs a fait son apparition chez moi, un Apple pour être en phase avec l’université de chimie qui travaillait avec des machines Apple et pouvoir bénéficier de leurs imprimantes (les imprimantes étaient des machines hors de prix en ce temps-là) : c’était un ordinateur Apple II qui avait un écran à lui et un lecteur de disquettes souple, le comble du modernisme, bientôt amélioré avec un second lecteur de disquettes pour plus de capacité.

Ensuite nous avons toujours eu un ordinateur à la maison, puis 2 à la fin des années 90 pour partager avec les 3 enfants. Internet est venu en 1996 aussi, à peu près au même moment où le second ordinateur est entré dans la maison.

Mon premier ordinateur portable, appelé Titanium

En juillet 2002 j’ai acheté mon premier ordinateur portable — premier portable et premier ordinateur personnel que je ne partageais avec personne. C’était au moment du grand départ (juste avant le grand départ, pendant le voyage de reconnaissance pour trouver notre maison, début juillet 2002) et cet achat s’est révélé crucial pour gérer ce grand départ, le déménagement, le transfert et tous les problèmes administratifs et pratiques à régler, notamment pendant que toutes nos affaires et nos ordinateurs, de bureau donc, étaient dans les cartons, en transit dans les camions et dans le bateau — pendant un bon mois et demi. À l’époque il n’y avait pas de téléphone de type smartphone (qui sont en réalité de véritables petits ordinateurs de poche, pour le meilleur et pour le pire c’est un autre sujet), à peine des téléphones mobiles qui permettaient seulement d’envoyer et de recevoir des textos (SMS) et ce uniquement dans le même pays, pas plus. Et qui servaient essentiellement à téléphoner comme leur nom l’indique et comme ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Plus tard j’ai évidemment changé cet ordinateur pour un modèle plus récent (entretemps j’avais changé disque dur et batterie qui étaient tous 2 tombés en rade — heureusement que j’ai toujours été maniaque des sauvegardes, au moins de mes données, depuis le jour 1 : sur disquettes au début puis sur de gros disques amovibles Zip puis enfin sur des disques durs ainsi qu’en gravant des CD et DVD et pour finir, aujourd’hui, toujours sur des disques durs ainsi qu’une sauvegarde en ligne et l’usage du « cloud «  (qui n’est pas une sauvegarde du tout). L’ancien « portable » est allé aux enfants qui l’ont fini. Nous avons fini par laisser tomber les ordinateurs de bureau une fois qu’ils ont été tous hors d’état et avons fonctionné avec des portables, neufs pour les adultes , les enfants héritant de celui que nous changions, à force ils ont fini par avoir chacun le leur. Quand mon fils aîné a quitté la maison en 2011, il avait le sien, acheté neuf en 2010 pour ses 18 ans.

Maintenant seul mon cadet a un énorme ordinateur de bureau Mac, nécessaire pour ses études de production musicale ce qui demande des logiciels puissants et de la puissance informatique, puissance fournie seulement par un ordinateur de bureau (ou alors pour avoir la même chose en portable il faudrait mettre un prix exorbitant), acheté reconditionné chez Apple, un modèle sorti 6 mois plus tôt mais à bien meilleur prix qu’un neuf. Il gardait son portable (aussi acheté reconditionné quelques années plus tôt, quand un des mes vieux portables qu’il finissait s’est ouvert en deux, l’écran se séparant du reste — irréparable). Ce portable acheté en 2013 est mort de sa belle mort l’an dernier durant  l’été 2020 mais il ne s’en servait pour rien de crucial, il le finissait en quelque sorte en regardant Netflix et YouTube le soir dans son lit. Chose qu’il peut faire de toute façon sur son smartphone ou via sa console de jeux sur sa télé. Mon fils cadet est un « geek » dans le sens « techie » passionné d’activités informatiques en tous genres, pas dans le sens péjoratif du terme geek, raison pour laquelle il n’aime pas que je l’utilise. À ce compte-là moi aussi je suis une geek, alors disons techie. Je lui ai néanmoins réinstallé tout son historique sur un ancien portable de 2011, un peu lent mais toujours vivant, qui était mon portable de l’époque et qui est passé ensuite à ma fille qui a fait toute son université avec (elle rallait souvent parce qu’il était vraiment devenu lent mais il a tenu le coup surtout après que la carte vidéo ait grillé et que nous l’ayons porté pour réparation hors garantie chez Apple qui l’a remis intégralement à neuf gratuitement pour une raison (sans doute des procès en malfaçon en cours ? ), une raison que j’ignore : en gros quelque part en 2015 tout, absolument tout sauf le disque dur (qui avait lâché quelques années auparavant et avait été changé de toute façon, cette fois sous garantie officielle) donc tout avait été changé, depuis la carte-mère jusqu’au clavier à la coque à l’écran et la carte vidéos et les ports).

Donc quand mercredi, la semaine dernière, mon ordinateur en cours a donné soudainement des signes de faiblesse, je ne me suis pas alarmée outre mesure, je savais que j’allais devoir le changer dans les mois qui venaient puisque je l’avais acheté en 2014 et qu’il commençait à être très lent et à surchauffer souvent. Certaines pièces ne marchaient plus depuis un certain temps, comme la batterie qui avait dépassé son nombre de charges maximum depuis 2 ou 3 ans (mais Apple a changé ses façons de faire ces dernières années et ils « ne pouvaient plus » me remplacer cette batterie, même moyennant finances, il faillait racheter un ordinateur ! J’avais décliné bien entendu et je vivais avec mon chargeur à portée de main et en le laissant branché la plupart du temps). En vieillissant il ralentissait aussi beaucoup. Pour le courant (Internet et e-mail ) cela allait encore mais cela me prenait de plus en plus de temps pour traiter les photos et les vidéos (gros consommateurs de puissance, j’avais à l’époque de l’achat pris les options de mémoire et de processeur maximales pour justement traiter photos et vidéo et garantir une utilisation plus longue dans le temps, future proof, comme on dit ici). Depuis un an ou 2 ça commençait à faire beaucoup pour cet ordinateur de 2014, modèle 2013 qui plus est. Je voulais tenir le coup encore quelques mois puisque les nouveaux modèles qui me permettraient de « future proof «  ne sont pas attendus avant l’automne au mieux, sans doute novembre. Le son non plus ne marchait plus mais je le branchais sur des haut-parleurs extérieurs que j’avais et qui traînaient sans être utilisés, qui ont retrouvé une utilité et dont j’ai redécouvert accessoirement la qualité. Le lecteur de cartes photo marchait aléatoirement mais il m’a été facile de trouver un petit lecteur de carte pour une somme raisonnable. Donc je continuais sans trop de problèmes à part la lenteur.

derrières sauvegardes sur l’ordinateur mourant

Mercredi il a commencé à donner des signes de sa fin proche : je faisais quelque chose et il s’éteignait brutalement sans signe précurseur tout en étant branché et sans surchauffer. La première fois je l’ai rallumé. J’étais en train d’éditer une vidéo, chose extrêmement gourmande en puissance (cela fait longtemps que j’ai renoncé à seulement filmer en 4K puisqu’à l’époque où j’ai commencé à faire de la vidéo, en 2017, mon ordinateur n’avait pas apprécié ) je l’ai rallumé et ai fait autre chose sans trop y prêter attention. Puis j’ai décidé d’éditer des photos (un peu moins gourmandes en puissance). Je suis descendue me faire un thé et une fois remontée à mon bureau j’ai trouvé l’ordinateur éteint à nouveau. Il s’est encore éteint brutalement 2 autres fois dans l’après-midi, alors que je ne faisais ni photos ni vidéo, seulement du mail ou regarder YouTube. J’ai compris que la pauvre petite chose était en train de lâcher définitivement. J’ai tout arrêté, fait quelques dernières sauvegardes sur disques durs, vérifié ma sauvegarde en ligne, que mes fichiers dans le cloud étaient bien à jour et je me suis mise en quête d’en acheter un nouveau. Après tout cela fait 7 ans que j’utilisais celui-ci, j’allais dire jour et nuit ou presque, avec traitement vidéo et photo sur des logiciels gourmands en puissance. En plus de cet usage audiovisuel, je fais tout, absolument tout, sur mon ordinateur — je ne suis pas une personne qui utilise beaucoup le smartphone ni la tablette. Toute la gestion de la vie courante, les factures, les rendez-vous, les recherches YouTube pour les réparations et bricolages dans et autour de la maison, les achats d’outils et autres, sans compter absolument tous mes travaux personnels en plus des photos et vidéos (que je vends un petit peu, je commence tout juste à en vendre un peu plus régulièrement) : plus important encore, mes écrits (tous mes manuscrits, tous mes poèmes et tous mes haïku) et toute la documentation qui va avec, sont stockés sur mon ordinateur, ma base e-mail qui contient localement tous mes mails depuis 1996 et qui me sert de référence pour mes écrits. Finalement outre mes manuscrits en cours ou finis et mes brouillons, tous mes souvenirs sont numérisés d’une façon ou d’une autre (mails, photos, vidéos, documents, scans) ainsi que ma bibliothèque ma discothèque et ma vidéothèque, ma collection de vin (même si elle est toute petite et ne comprend qu’une 50taine de bouteilles) : toutes sont conservées et gérées par l’ordinateur.

juste avant l’arrivée virtuelle des élèves de tai-chi, prête pour donner le cours

Jusqu’à mes cours de tai-chi : toute la communication avec mon employeur et avec ma chef (que je voyais régulièrement « en vrai » lorsque j’allais donner mes cours physiquement au centre de sport : avant la pandémie si nous avions quelque chose à nous dire ou à régler, cela se faisait dans le couloir ou dans son bureau). Depuis la pandémie tout se fait par e-mail et par texto (les heures travaillées, le nombre d’élèves présents, etc.) Jusqu’aux cours eux-mêmes que je donne sur Zoom. Ceci dit j’ai refusé d’impliquer mon ordinateur qui justement était trop vieux et que je voulais réserver à la photo et vidéo qui puisent suffisamment de ressources pour ne pas y ajouter de l’émission vidéo (émission dans le sens télévision du terme car c’est de cela qu’il s’agit avec les cours sur Zoom). J’ai fait un montage technique avec mon téléphone et ma tablette (très vieille elle aussi et le téléphone n’est pas des plus récents non plus) alors que mes enfants m’assuraient que ce n’était pas possible de faire des cours Zoom avec plusieurs participants en utilisant un téléphone à cause de la taille de l’écran. Mais souvenez-vous je suis une geek aussi donc j’ai trouvé une solution [voir photo] avec ma tablette et un vieux téléviseur qui traînait dans le basement (au sous-sol) et j’ai monté un petit studio télé dans mon sous-sol avec également une tenture murale qui appartenait à ma fille pour cacher mes étagères ainsi q’une lampe Ikea comme éclairage de studio. Donc l’ordinateur n’a jamais été concerné ni fatigué et abimé par les conférences Zoom.

montage du « studio télé » pour les cours de tai-chi via Zoom (juin 2020)
montage du « studio télé » pour les cours de tai-chi via Zoom (juin 2020)
montage du « studio télé » pour les cours de tai-chi via Zoom (juin 2020)

Mon second cerveau donc.

En attendant l’arrivée du nouveau acheté en ligne, arrivée prévue tout d’abord pour le lendemain puis repoussée au lundi — un long, très long week-end puisque je me servais à peine de l’ordinateur mourant, qui s’arrêtait même lorsque je faisais des tâches qui ne demandaient que peu de puissance —  comme je voulais le garder vivant quand même, j’ai arrêté de l’utiliser et ne faisais plus que des sauvegardes. Et j’ai utilisé mon téléphone pour les urgences.

Très long week-end quand toute son activité se produit sur cette petite machine — mon second cerveau. Heureusement je pouvais regarder des films et des vidéos sur Netflix et YouTube sur ma télé connectée à Internet (je n’ai pas la télé en tant que telle : pas de réseau télévisuel classique), chose que je fais rarement parce que j’ai trop d’autres activités,  l’écriture, la photo et la vidéo — qui malheureusement requièrent un ordinateur, impérativement pour la photo et la vidéo.

Malheureusement cela s’est très mal passé avec le nouvel ordinateur (une première pour moi avec un appareil Apple, fabricant qui a toujours été cher mais fiable) et le lundi soir j’étais encore loin d’être fonctionnelle, « up and running » comme on dit ici. Il m’a fallu attendre le jeudi soir suivant et l’achat d’un autre ordinateur, portable cette fois après la parenthèse ordinateur de bureau rendu à Apple le jeudi. Donc une longue semaine sans ordinateur. Et encore j’ai « triché » pour parer au plus pressé, comme acheter l’ordinateur la première fois, puis étudier la gamme des portables pour le second achat : j ai utilisé le vieil ordinateur de 2011 qui m’a bien sauvée pour les urgences aussi, comme payer les factures — mais sans possibilité de continuer mes travaux personnels. Heureusement que mes cours de tai-chi ne nécessitaient pas d’ordinateur.

Donc une semaine sans ordinateur ou presque, du moins sans mes données, sans mon environnement (et encore je ne suis pas à plaindre puisque j’avais accès à une partie de mes données comme les e-mails de mes boites de réception et d’envoi sur le téléphone ainsi que l’accès à Internet via le téléphone et le vieil ordinateur). Longue semaine où je n’ai presque rien avancé, presque rien fait de ce que je fais habituellement.

C’est la dépendance qui m’a fait peur, pas la dépendance au sens obsession maladive mais la dépendance matérielle parce que sans ordinateur je ne peux presque rien faire, ni la gestion de la vie courante (sauf en mode très dégradé) ni aucune de mes activités : les photos il faut un ordinateur pour les traiter puisqu’elles sont numériques, les vidéos encore plus. Écrire je peux encore le faire sur un cahier mais pour publier sur mes blogs il faut bien l’ordinateur. Le téléphone est un pis-aller, l’écran est trop petit et il n’y a pas toutes les possibilités d’un ordinateur. Et le téléphone ce n’est vraiment pas mon truc. Ainsi que toute ma mémoire qui est dans cet ordinateur, c’est de cela que j’avais peur : de tout perdre de cette archive qui résume ma vie durant ces 20 dernières années même si je commence à faire des films résumés et des albums photo en papier (les photo books). Le temps que j’écrive tous les livres que je veux écrire, la mémoire reste dans cette machine — j’avais l’impression d’être avec le Hall 9000 de L’odyssée de l’espace, quand l’ordinateur Hal 9000 est déconnecté et retombe en enfance en oubliant tout.

Ma fille m’a dit, « ça te fait des vacances ». Certes. Sur le fond elle a raison mais même la gestion de l’essentiel, les factures, la banque etc, était en mode dégradé : j’ai paré au plus pressé mais je n’avais pas mes documents, mes copies et mes factures — je n’imprime plus depuis un moment sauf ponctuellement, mais je sauvegarde en documents électroniques PDF dans mon ordinateur. Tout ceci était inaccessible. Où est passé le temps béni où l’on avait seulement 3 ou 4 factures à gérer, l’électricité le gaz l’eau et le téléphone ? Maintenant on en a plus, beaucoup plus, ainsi que des abonnements à tout un tas de choses et je ne parle pas que de Netflix : certains sont des abonnements pour le fonctionnement de la maison (encore que j’ai limité au maximum et j’en ai supprimé au fur et à mesure comme l’abonnement termites, oui un abonnement termites ! une belle arnaque c’est une autre histoire, enfin ce genre de choses).

Sans parler encore de mes travaux personnels d’écriture, de photo et vidéos, ce blog. Rien n’était perdu mais rien n’était accessible, du moins pas facilement et de toute façon pour tout ça il faut un ordinateur (pas nécessairement un Mac mais un ordinateur en tout cas).

C’est cette dépendance qui m’a fait peur, qui me fait peur, surtout pour mes « souvenirs ». Mon ordinateur est mon second cerveau, mon assistant pour me rappeler les choses à faire, mon agenda, mon cerveau de secours ou la sauvegarde de mon cerveau pour tous les souvenirs, moments de ma vie que j’ai soit tendance à oublier soit à déformer ou à me rappeler partiellement. Je suis une énorme utilisatrice des e-mails, qui racontent ma vie entière du moins de ces 20 dernières années avec l’expatriation. Au début de notre expatriation il n’y avait pas Skype ni smartphones pour garder le contact ou donner des nouvelles. Les appels téléphoniques classiques internationaux coûtaient très cher (c’est toujours le cas mais maintenant on a d’autres moyens par Internet et avec le visuel en plus). Donc ma base mail contient tous ces souvenirs, les anecdotes et aventures que je racontais à mes parents, mes amis — nos premiers pas dans notre nouveau pays — et sont destinés à alimenter un livre en cours de rédaction. Une partie a été exportée de la base mail et sauvegardée en fichiers textes mais ce sont toujours des fichiers…

Sans compter que je me suis mise sérieusement à écrire quand j’ai eu mon premier ordinateur portable à moi, où mes écrits étaient à l’abri de tous regards ou de toutes erreurs, de mes enfants par exemple. Et je l’avais tout le temps avec moi pendant les allers-retours entre les pays, pendant les voyages, les séjours loin de la maison, les périodes de transitions sans maison et dans les hôtels.

Être sans Internet c’est une chose handicapante — nous avons passé plusieurs mois voire années à résoudre les mauvais fonctionnements de notre fournisseur précédent en fonctionnant en mode dégradé ou sans pouvoir fonctionner certaines fois.

Être sans électricité encore plus — j’ai expérimenté plusieurs fois depuis que nous sommes aux États-Unis, dont la pire des fois pendant 13 jours et demi — c’est long très long, cela semble durer 13 mois. 

Mais sans ordinateur pendant une longue semaine (ce que j’ai rarement expérimenté, les quelques fois où il a fallu le faire réparer cela ne durait que 3 ou 4 jours maximum), surtout sans savoir si j’allais avoir accès à mes données à nouveau, ce qui m’a fait très peur, c’est encore la situation la plus handicapante de toutes — pour moi.

Alors oui, cette dépendance que j’ai touchée du doigt pendant cette semaine passée, me fait peur. Je la connaissais seulement en théorie, sans jamais l’avoir vraiment expérimentée puisque j’ai toujours eu un ordinateur avec moi depuis presque 20 ans. Effrayant mais je n’ai pas a priori d’idée ni de solution autres, mon ordinateur est mon second cerveau.

le nouveau portable en train de transférer jeudi après midi
transfert réussi !

Un jour à New York City (21 avril 2017)

Séquence nostalgie, un jour à New York City lors de la visite d’un de mes amis français en voyage professionnel pour la semaine, je l’avais rejoint pour passer la journée avec lui dans la City (comme on dit ici).

Je ne sais plus depuis combien de temps je ne suis plus allée à New York City — j’habite à une trentaine de kilomètres du centre de Manhattan. Avant la pandémie cela faisait un moment que je n’y étais plus allée parce que j’avais d’autres occupations. Et que je pouvais de toute façon y aller quand je voulais. Sauf que… la pandémie est arrivée.

En fait en janvier 2020, quand je suis rentrée après mon séjour France, j’avais fait ce projet pour le printemps 2020, d’accompagner une ou 2 fois par semaine ma fille qui travaillait tous les jours à New York City et d’en profiter pour y passer la journée à prendre des photos quartier par quartier pour renouveler ma collection de photos un peu vieillissantes pour certains quartiers, quand on sait que New York City se renouvelle à une vitesse ahurissante. Si on laisse passer 2 ou 3 ans sans aller dans un quartier, on ne le reconnait absolument pas quand on y retourne. En 18 ans j’ai pu observer ce phénomène de renouvellement à très grande vitesse de près. Il y a des quartiers que je connaissais bien qui sont méconnaissables —presque une nouvelle ville. 

Puis ça a été février et on commençait à ne plus avoir la tête aux projets de visites de NYC, de tourisme ni aux photos et mars, avec le coup de frein total — brutal. Le printemps où je pensais photographier New York City s’est passé intégralement à la maison, c’était le grand confinement.

Depuis je n’y suis plus retournée — la ville a changé dramatiquement pendant la pandémie pour le pire alors que c’était devenu à partir de la fin des années 90 une ville très sûre, on pouvait s’y promener dehors au milieu la nuit sans aucun risque, même prendre le métro — je l’ai fait. Depuis la pandémie la criminalité a beaucoup augmenté, il ne vaut mieux pas prendre le métro, ni même le train pour aller à Manhattan, la gare d’arrivée est devenue un coupe-gorge. Cela sera sans doute temporaire puisque les habitants retournent petit à petit vivre dans la City et reprennent le terrain resté vacant et donc à la merci des délinquants et gangs de toutes sortes.

Alors pour la nostalgie ce petit montage vidéo — un de mes premiers, il faut en excuser la qualité.

Et pour la bonne bouche cette chanson de Norah Jones — une des ses premières — chanson que j’apprécie particulièrement : https://youtu.be/xOCQEJ1ZNrw

Première sortie au restaurant

Première sortie au restaurant
Première sortie au restaurant

Il y a une dizaine de jours j’ai fait ma première sortie au restaurant depuis le début de la pandémie. Je n’étais plus allée au restaurant depuis un an et demi, la dernière fois c’était début janvier 2020 quand nous avions fait une visite de Fréjus avec mes parents lors de mon dernier séjour en France (dernier avant longtemps mais nous ne le savions pas). Ensuite le retour dans le New Jersey et la reprise de la vie quotidienne et peu après la pandémie était arrivée et rideau.

En fait j’ai demandé à mes enfants de m’y trainer, ayant besoin d’une bonne tape dans le dos pour retourner vers une vie plus normale maintenant que nous sommes vaccinés, qu’une grande partie des adultes sont vaccinés dans le New Jersey et les états voisins et que l’épidémie recule dans notre coin. Les restrictions sont petit à petit levées, dont certaines en cours de façon continue depuis un an — nous n’avons pas fait de « stop-and-go » mais un grand confinement jusqu’à la mi-juin 2020 et une levée à petits pas, tous petits pas, à partir de début juillet 2020. Certaines activités en intérieur n’ont commencé à être autorisées et possibles qu’en mars 2021 (par exemple de début juillet 2020 à mars 2021, pour les restaurants seuls la vente à emporter, la livraison et manger dehors étaient autorisés, avant ça de mi-mars 2020 à fin juin 2020, pendant le grand confinement, seules la livraison et la vente à emporter étaient autorisées  : sur la photo le panneau du restaurant mentionne toujours ces anciennes restrictions qui n’ont été levées qu’en mars 2021 ! ) Activités en intérieur avec une jauge évidemment, qui a commencé à 25% et est montée au fur et à mesure que la pandémie a reculé avec la vaccination. D’autres activités en intérieur comme les salles de cinéma et les théâtres n’ont pas encore rouvert depuis un an et quelques, la réouverture est en cours ces jours-ci. Les dernières restrictions sont levées depuis début juin et nous venons à peine de sortir de l’état d’urgence, notre gouverneur vient de laisser tomber ses pleins pouvoirs et ne gouvernera donc plus par ordonnance — ce qui était le cas depuis mars 2020.

Donc nous revenons progressivement à la vie — plus sociale, moins confinée. Mais après plus d’un an à faire très attention et ne pas sortir c’est difficile, un peu effrayant. Mes enfants eux sont sortis quelques fois, sont allés au restaurant en extérieur avant d’être vaccinés — avec les personnes de leur « bulle de confinement » à partir de juillet 2020 (la bulle de confinement ce sont les 2 ou 3 amis proches qui ont obéi au confinement strict du début eux aussi et qui appliquaient les gestes barrières masques et autres mesures de sécurité et se faisaient tester quand les tests ont été plus disponibles). 

Pour une première sorte « en public » j’ai voulu manger en extérieur. Nous étions dehors sous abri avec 2 murs seulement et un toit (la norme Covid en extérieur depuis juillet 2020). Malheureusement le beer garden était complet pour l’heure où nous avions réservé — c’était le premier week-end où toutes les restrictions ou presque étaient levées. Nous avions prévu d’y aller le vendredi soir mais malheureusement il a fait un temps exécrable avec des trombes de pluie et un orage extrêmement violent, qui empêchait tout repas à l’extérieur. Donc partie remise au dimanche soir qui coïncidait au premier week-end de levée presque totale des restrictions.

Nous sommes allés dans un de nos petits restaurants locaux habituels, dans la petite ville voisine, ce n’est pas non plus le restaurant branché qui attire un monde fou, c’est aussi une petite ville tranquille, pas une mégapole. Ce qu’il me fallait pour une reprise. Nous avions réservé bien entendu. 

Sur la terrasse couverte où nous étions, seulement  2 autres tables étaient occupées par 2 ou 3 personnes chacune et très éloignées de la nôtre.

Mes enfants m’avaient prévenue : « tu ne t’affoleras pas mais les serveurs n’auront certainement pas de masque » (en théorie ils doivent être vaccinés car leur employeur peut l’exiger et c’est le cas la plupart du temps pour les serveurs et employés de restaurant à ce que m’ont dit mes enfants), puisque les restrictions de masque sont levées, pour les gens vaccinés uniquement. 

Je suis allée depuis le parking jusqu’à l’accueil (en extérieur) puis à notre table avec le masque. L’hôtesse d’accueil n’était pas masquée et ma fille non plus pour ce trajet. Mon fils et moi avons enlevé le masque en arrivant à la table. Nos serveurs n’étaient pas masqués non plus. 

J’ai malgré tout remis mon masque pour retourner à la voiture (trajet tout en extérieur) — une habitude, même si les quelques personnes entrevues sur le parking ne portaient pas le masque.

Il va falloir se réhabituer et même si les restrictions officielles sont tombées, il y a encore des endroits qui rendent le masque obligatoire, des magasins des endroits publics — c’est un temps de transition, le temps que tout le monde redevienne confortable sans porter le masque. Cela ne concerne que les personnes vaccinées bien entendu.

Je tiens à signaler que j’ai constaté que dès qu’on tombe le masque on est moins vigilant pour le reste aussi — on a moins tendance à respecter les autres gestes barrières, à ne pas se toucher le visage, à se désinfecter les mains dès qu’on touche un objet étranger — en l’occurrence le stylo du restaurant. Avec le masque sur le visage je n’aurais pas manqué de me passer les mains au gel désinfectant voire à la lingette au chlore juste après avoir touché ce stylo « public » ou j’aurais pris le mien. Sans le masque je n’y ai plus pensé. Ceci dit c’était pour payer, donc à la fin et nous sommes partis tout de suite après. Je me suis toute de même désinfecté les mains au gel hydroalcoolique en arrivant à la voiture –  mais c’était parce qu’à ce moment-là j’avais de nouveau le masque.

Première sortie au restaurant
Première sortie au restaurant
Première sortie au restaurant
Première sortie au restaurant
Première sortie au restaurant
le menu est virtuel : il faut scanner et regarder sur son téléphone
Première sortie au restaurant
Première sortie au restaurant
Première sortie au restaurant
Repas fini nous repartons (à droite le panneau des anciennes restrictions)
Le beer garden s’est vidé mais quand nous sommes arrivés il était complet
Première sortie au restaurant

Quelques pas vers un peu plus de normalité

Etant complètement vaccinée depuis la mi-mai (deuxième injection le 1er mai) avec un vaccin à ARN messager, je me dis qu’il me faut commencer à retourner vers un peu plus de normalité. Ce d’autant que les cas et les hospitalisations baissent, qu’ils sont à leurs niveaux les plus bas depuis respectivement septembre et octobre 2020, que l’épidémie a l’air finalement de se retirer petit à petit. 

D’ailleurs les directives (du CDC) et ordonnances (du gouverneur du New Jersey) reflètent ce « progrès » : nous sommes autorisés à laisser tomber le masque en intérieur (pour les gens complètement vaccinés uniquement) à partir de ce week-end du Memorial Day qui vient, dans le New Jersey (qui rejoint sur ce point l’état de New York et du Connecticut)— les chiffres des contaminations diminuent à grande vitesse et le pourcentage de personnes vaccinées augmente. 

D’autant aussi que le taux de vaccination dans le New Jersey est assez haut : 55% des adultes sont complètement vaccinés et cela monte à 70% si on ajoute ceux qui ont reçu une seule injection. Les adultes représentent environ 75% de la population du New Jersey. 

Dans les autres ordonnances de ces jours-ci, les jauges de rassemblement sont augmentées, les jauges (à l’intérieur) pour restaurants augmentent et les dancings vont rouvrir dans les bars et les restaurants. Les clients ne seront plus obligés de rester assis pour la durée de leur présence dans ces établissements, bref ils vont pouvoir rouvrir presque normalement (à part les masques pour ceux qui ne sont pas encore vaccinés). Je tiens à préciser qu’il n’y a pas eu de « stop-and-go » dans nos 3 états du Nord Ouest (New Jersey, New York et Connecticut), rien n’a ouvert complètement depuis mars 2020 contrairement à ce qui s’est passé en Europe, les restaurants ont ouvert en extérieur seulement pendant très longtemps et seulement fin janvier 2021 en intérieur avec une jauge de 25 % ! Les salles de spectacles, théâtres cinémas, etc n’ont commencé à rouvrir qu’en mars 2021 (ils ont donc été complètement fermés pendant un an) et Broadway (les spectacles de comédies musicales) ne rouvrira qu’en septembre 2021 et n’a jamais rouvert depuis mars 2020.

Donc hier je suis allée faire les courses à la centrale d’achat en gros avec un simple masque au lieu des doubles masques que nous avons adoptés depuis début janvier selon les conseils du CDC : masque jetable filtrant (presque chirurgical) recouvert par un masque en tissu. Le masque de type presque médical (des médicaux on n’en trouve pas) jetable « bleu » pour protéger les autres et le masque en tissu ajusté (qui plaque le masque bleu, qui est toujours un peu vague, sur le visage) pour se protéger soi-même. Donc hier un seul masque (celui en tissu puisque je suis vaccinée).

Et pour la première fois depuis un an je n’ai pas mis de gants en plastique jetables (presque médicaux, des médicaux on n’en trouve pas non plus) pour faire les courses. J’ai quand même passé au désinfectant au chlore la barre du charriot et me suis désinfecté les mains au chlore au retour à la voiture (J’ai désinfecté au chlore aussi mes clefs, les poignées de porte de la voiture et la carte de crédit), mais pas de gants ! Je compte passer bientôt au désinfectant gel hydroalcoolique (moins efficace sur les virus comme chacun le sait, c’est pour ça que j’étais restée sur le chlore), ce qui représentera un allégement de la procédure.

En bonus, dans le magasin, j’ai pu apprécier le retour des lingettes désinfectantes au chlore et en grand packaging ainsi que des sprays désinfectants. Depuis mars 2020 et le début de la pandémie, plus moyen de trouver des lingettes Clorox ni Lysol — les 2 grandes marques nationales — ni les marques distributeurs d’ailleurs, toutes faites aux USA. On ne trouvait seulement que des lingettes de bien moindre qualité avec des produits inconnus (et sans garantie que l’étiquette dise la vérité) de marques totalement inconnues et jamais vues auparavant… made in China avec les réserves que l’on peut avoir sur un acteur qui ne respecte pas les normes ni les lois et qui se fout complètement de mettre des produits dangereux ou toxiques sur le marché et de tuer des gens (ils l’ont déjà fait dans le passé et ont aussi tué plusieurs millions de personnes sans sourciller.)

Lingettes desinfectantes en gros paquets

Depuis le mois de mars 2021 (soit un an après ! ) j’arrivais à trouver parcimonieusement soit de ces 2 marques soit des marques distributeurs made in USA, mais dans des petits contenants et à achat limité — 1 par personne. Depuis un an j’économisais et réservais ces vraies lingettes désinfectantes aux courses et interactions extérieures justement et gardais les saloperies chinoises pour des nettoyages ne nécessitant pas une désinfection minutieuse et certainement pas pour mes mains. Donc à coup de 1 petite boite par ci et pas là j’avais refait mon stock. Mais hier au club d’achat en gros, Noël Montjoie Saint-Denis ! j’ai retrouvé ces 2 marques, non seulement en gros containers, mais en plus en lot de 5 gros containers (et sans limite d’achat par client) !  Conditionnements que je n’avais plus vus depuis plus d’un an. En mars 2020 lors de ma dernière virée au club avant le grand confinement, il n’y en avait déjà plus en rayon et nulle part non plus dans les supermarchés et magasins. 

Donc il a fallu 15 mois pour que cela revienne à la normale, que la pénurie cesse. Ce n’était pas sur ma liste, mais j’ai acheté un pack de 5 de chaque marque, un de Clorox et un de Lysol, de toute façon ça se garde très longtemps et dans ces tubes rigides ça ne sèche jamais. Quant au spray désinfectant Lysol (équivalent du spray Sanytol), même chose, il avait disparu pendant près d’un an et j’avais commencé à retrouver de ces sprays, disponibles 1 par 1 en petit conditionnement à Target en février. Mais hier j’ai pu acheter sans difficulté un pack de 3 grosses bombes de la marque Lysol.  Il aura aussi fallu 15 mois… 

Papier toilette et autres pénuries provoquées

L’essence est tout récemment passée à plus de 3 dollars (le gallon) alors qu’elle était à moins de 2 dollars l’an dernier en juillet, après le confinement (le vrai, le lockdown / shelter in place de mars avril mai 2020)  https://michusa.wordpress.com/2020/07/12/le-prix-de-lessence/

Nous avons appris qu’il s’est produit une attaque de hacker contre un pipeline majeur qui nous apporte de l’essence dans le Nord-Est et également tout l’Est du pays jusqu’au Sud-Est, attaque informatique qui a bloqué l’acheminement de l’essence dans le pipeline : en bref à cause de cette attaque et en attendant le paiement de la rançon qui allait avec, le robinet était fermé et l’essence ne coulait plus dans le pipeline. WTF ? Pourquoi met-on tout sur Internet ? D’autant plus ce genre d’infrastructures cruciales et potentiellement fragiles qui provoqueraient un désastre en cas d’attaque informatique ? Quand ce devraient être des systèmes en circuit fermé et ultra sécurisé. Circuit fermé ce n’est pas le cas puisque l’attaque viendrait d’un hacker de Russie ou de par là, en aucun cas de quelqu’un qui se serait introduit physiquement sur un des sites qui gère le pipeline. Les bras m’en tombent.

Attaque relayée avec force dans les news et les journaux partout, à hauts cris en disant bien haut et fort que le Nord-Est (et tout l’Est du pays mais il était surtout question du Nord-Est dans ces articles) allait expérimenter une pénurie d’essence à la pompe. Ce qu’il ne fallait surtout pas dire (mais la catastrophe et la mauvaise nouvelle sont vendeuses, une poule aux oeufs d’or pour les médias). Grâce à ce battage médiatique on a ainsi déclenché une panique, les gens se sont rués, ont fait la queue aux stations à essence pour remplir leur réservoir de voitures et des bidons ( ! ) et effectivement il y a eu une pénurie, essentiellement dans le Sud-Est et l’Est, pas tant par chez nous dans le Nord-Est d’ailleurs.

Alors que si je n’en avais rien su, si personne n’an avait rien su, il n’y aurait certainement pas eu de pénurie. Personnellement je n’ai même pas eu besoin de faire le plein cette dernière quinzaine donc si je n’en avais rien su, je ne me serais pas aperçue d’une pénurie à la pompe. D’autant plus que même si ce n’est plus le lockdown, la vie n’est pas encore entièrement revenue normale et on roule quand même beaucoup moins. Donc quel était l’intérêt de marteler l’information comme quoi « ouh là là le Nord-Est va manquer d’essence à la pompe » ? Total ça a été bien plus que le Nord-Est (et je répète dans mon coin du Nord-Est je n’ai rien vu aux stations alentours, ni queues ni panneaux disant qu’ils n’avaient plus d’essence). Par contre tout le Sud-Est et la partie de l’Est au sud de chez nous, le mid-Atlantic, ça a été queues à la pompe etc… Et la pénurie. Mais provoquée par cet afflux de clients qui ont surstocké !

Surtout que finalement cela a été réparé rapidement : le pipeline [le robinet] qui avait été coupé a été rouvert et l’essence coule de nouveau à flots. Quand je dis réparé, en fait la compagnie qui gère ce pipeline a payé la rançon au hacker (même chose : avons-nous besoin de savoir cela, qu’ils ont payé ? Ne devrait-on pas le garder secret — c’est quasiment du secret défense dans ce cas précis —parce que franchement pour donner des idées à d’autres hackers et leur montrer que ça marche puisque les entreprises payent, il n’y a rien de mieux ! )

En tout état de cause cela a été réparé très rapidement donc si l’on n’avait rien dit personne ne se serait aperçu de rien : le pipeline a été coupé moins d’une dizaine de jours et il y a quand même des stocks tampons chez les grossistes et dans les pompes il me semble. On aurait pu le dire après coup (ou même pas, franchement quel intérêt à part donner des idées malfaisantes à des pirates et aussi afficher notre vulnérabilité auprès de puissances étrangères malfaisantes, certaines fois ce sont les mêmes engeances d’ailleurs), on aurait pu au moins le dire après coup, une fois que tout était remis en place au lieu de déclencher cette panique qui a produit outre une pénurie toute temporaire, une augmentation des prix pas temporaire elle par contre… Les prix ne redescendront pas, on nous a déjà prévenus (par les mêmes médias d’ailleurs ça aussi c’est provoqué) on peut dire que ce sont des pénuries annoncées et provoquées. Ensuite tous les prétextes sont bons pour augmenter les prix (et ne pas les diminuer bien entendu) : pénurie, on augmente le prix ; sur-stock et si le consommateur final ne consomme pas assez, on augmente aussi les prix « parce qu’il y a un manque à gagner », je cite. Ça a été déjà le cas toujours pour l’essence : en novembre dernier (2020) il y a eu une augmentation des prix à la pompe parce qu’à cause du lockdown et des restrictions de déplacements  et des voyages de fait, nous n’avons pas consommé assez d’essence. Et maintenant en mai avec cette pénurie provoquée. (D’autant que ce ne sont pas des raisons internationales comme les prix du brut ni aucune tension particulière, guerre, c’est un « problème » (pseudo-problème) purement américain et encore, de l’Est américain.)

Pour le papier toilette la pénurie provoquée (par la pandémie, ou la panique initiée par la pandémie et surtout la façon dont la pandémie a été rapportée par les politiques et les médias) a été moins grave que celle de l’essence puisque les prix sont redevenus normaux sur ces produits. Mais nous avons eu plusieurs vagues de ces pénuries de papier toilette, vagues qui allaient avec les vagues pandémiques. Même chose c’est auto-déclenché par les nouvelles alarmantes et sensationnelles en une des médias, une façon de présenter l’information, par les médias et les politiques, telle qu’elle fait bien peur, ce qui a provoque la panique des foules et l’achat de papier toilette…

C’est un peu fatigant ce comportement provoqué, toujours par les mêmes spéculateurs, financiers et banquiers — oui je les mets dans le même sac — bien servis par les médias et les nouvelles en une des journaux, qui font tout pour provoquer ces pénuries. Quand on sait qu’à chaque chute de neige, chaque hiver, bien avant les problématiques de la pandémie, à chaque tempête annoncée il y avait des rayons vides de pâtes, de conserves et d’eau en bouteilles — pas de pénurie de papier toilette cependant, ça a été la marque du Covid ces pénuries de papier toilette. Je précise qu’une chute de neige c’est un jour, voire deux d’immobilisation forcée. Si on perd le courant, ce serait quelques jours (c’est déjà arrivé, on connait donc la durée) donc pas de quoi faire des provisions pour 6 mois, il ne faut rien exagérer. 

Si l’annonce d’une simple chute de neige peut provoquer ce genre de pénuries « artificielles » dans une région habituée à avoir des chutes de neige régulières en hiver, pas étonnant qu’une pandémie — phénomène hautement inhabituel, surtout celle-ci dans ses circonstances mondiales et uniques —provoque des pénuries de plus grande ampleur… 

Papier toilette, essence — la pénurie d’essence n’était pas due au virus du Covid-19 en l’occurrence mais à un virus informatique, il y a une certaine ironie amère. Mais ce n’est pas perdu pour tout le monde, certains en font leurs choux bien gras, directement ou indirectement, les médias n’étant pas les derniers, en vendant de la copie avec leur sensationnalisme de catastrophe et les revenus publicitaires induits, cha-ching !

Cha-ching : bruit de la machine à sous et expression onomatopée nord-américaine qui signifie l’encaissement de beaucoup d’argent.