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Ouragan Elsa

Une des multiples alertes pour l’ouragan Elsa, reçues en continu tout l’après-midi
Ouragan Elsa

Nuit de jeudi 8 à vendredi 9 juillet 2021 : nous sommes en alerte ouragan depuis le début de l’après-midi avec passage prévu de l’ouragan proprement dit vers minuit et avant ça, un front de pluies (torrentielles aussi) indépendant venant de  l’ouest, produit par un autre système de précipitations qui n’a rien a voir avec l’ouragan Elsa.

Vendredi matin 9 juillet 2021 : nous avons survécu à l’ouragan Elsa qui est remonté jusque dans le New Jersey, ce qui  arrivait très rarement avant et qui arrive presque systématiquement ces dernières années. Sauf que cette fois c’est vraiment très tôt dans la saison puisque le gros de la saison des ouragans c’est août septembre et que chez nous (dans le New Jersey) ceux qui remontent, remontent en général fin août et plus généralement en septembre, s’ils remontent, ce qui n’est pas toujours le cas. Ça, c’était avant : maintenant ils ont tendance à remonter systématiquement. La limite du passage proprement dit c’est l’autoroute I 95 qui passe un peu au sud de chez nous à une 20taine de km. Donc nous sommes toujours au moins touchés par les franges des tempêtes et des ouragans, que ce soient par les ouragans / tempêtes tropicales de fin d’été ou en hiver par les tempêtes de neige et cyclones de types nor’easter, qui ont cette même limite approximative, mais dans l’autre sens. 

Ouragan Elsa
Ouragan Elsa
Ouragan Elsa

New York City plus à l’est et au bord de l’océan a été plus touché que nous.

Ma fille était au bureau  à New York City, jeudi toute la journée (la première fois depuis le 12 mars 2020 ! ) et elle est rentrée en train au lieu qu’on aille la chercher en voiture comme c’était prévu parce qu’il n’était pas certain que les tunnels soient passables : il y avait de fortes chances qu’ils soient inondés et donc fermés. Manhattan est une île donc pour y accéder il faut soit un tunnel soit un pont. Pour aller vers l’ouest dans le NJ, ce sont un pont qui arrive tout au nord du New Jersey (le pont de Washington) et 2 tunnels qui sont plus au centre  (Le Holland tunnel et le Lincoln tunnel). Comme nous habitons le New Jersey central, c’est ce que nous utilisons en règle générale, l’un ou l’autre de ces tunnels.

Dans certains endroits le métro de New York City était inondé : voir la vidéo tournée ce jeudi-là par la chaine météo et  c’était avant le passage de l’ouragan. C’était seulement le passage du front pluvieux qui venait de l’ouest et dans une moindre mesure  l’avant-garde de l’ouragan qui était encore à venir ! 

https://www.weather.com/news/weather/video/flooding-strands-motorists-in-new-york-city?pl=pl-the-latest

Aussitôt que j’ai reçu les alertes météo j’ai fait le tour du jardin pour mettre à l’abri tout ce qui pouvait s’envoler, pots de fleurs et poubelles, petits objets décoratifs, etc. J’ai également prévenu ma fille qui devait rentrer vers 22 h et qui a non seulement avancé son retour, mais également pris le train.

Vendredi matin j’ai fait  le tour du jardin et a priori il n’y avait pas de dégâts visibles, dans le sous-sol de la maison les pompes ont tenu le coup et l’escalier derrière la porte d’évacuation (porte dite hurricane door en métal qui va directement dans le sous-sol) ne s’est pas transformé en cataractes.

Nous avons par contre perdu le courant au milieu de la nuit pendant une ou 2 heures si j’en crois mon réveil qui marquait minuit et demi quand je me suis réveillée à 3 heures du matin, ce qui veut dire que le courant était revenu une demi-heure plus tôt puisque le réveil se remet à 0 c’est-à-dire minuit. Et comme j’ai lu jusqu’à minuit et demi ou une heure ça c’ est passé entretemps.

Tout a bien redémarré (Fibre et Wifi) par contre victimes collatérales : tous mes combinés téléphoniques de la ligne fixe étaient en vrac : 2 se sont remis à charger apparemment normalement et étaient toujours en train de charger en milieu de matinée et 2 autres ont eu du mal et pourtant ce sont les 2 dont j’ai changé la batterie il n’y a pas si longtemps. Une fois lors d’une coupure de courant de plus longue durée, il m’a fallu changer le système complet parce que ça coute à peu près aussi cher d’acheter un combiné isolé que de remplacer le système complet , encore pire si je dois changer 2 de ces combinés : vive la société du gaspillage ! 

Aujourd’hui samedi je peux dire qu’ils ont survécu, ils ont fini de charger mais je ne me suis pas servie du tout du téléphone fixe pendant 24 heures.

Il pleuvait encore par intermittence le vendredi matin et il y avait encore quelques coups de vent mais pendant la nuit ça a été des trombes de pluies, de véritables cataractes avec un bruit de chutes du Niagara.

Tout est encore bien détrempé dehors et il fait toujours des taux d’humidité proches de 90% ce qui est malheureusement  la norme dans le New Jersey : tout est toujours très vert et il y a beaucoup de mousses partout dans les parties à l’ombre et sur les façades des maisons exposées au nord et à l’est.

Un ouragan de passé, le premier de la saison et nous ne sommes même pas encore fin août…

Ouragan Elsa
Ouragan Elsa
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Un jour à New York City (21 avril 2017)

Séquence nostalgie, un jour à New York City lors de la visite d’un de mes amis français en voyage professionnel pour la semaine, je l’avais rejoint pour passer la journée avec lui dans la City (comme on dit ici).

Je ne sais plus depuis combien de temps je ne suis plus allée à New York City — j’habite à une trentaine de kilomètres du centre de Manhattan. Avant la pandémie cela faisait un moment que je n’y étais plus allée parce que j’avais d’autres occupations. Et que je pouvais de toute façon y aller quand je voulais. Sauf que… la pandémie est arrivée.

En fait en janvier 2020, quand je suis rentrée après mon séjour France, j’avais fait ce projet pour le printemps 2020, d’accompagner une ou 2 fois par semaine ma fille qui travaillait tous les jours à New York City et d’en profiter pour y passer la journée à prendre des photos quartier par quartier pour renouveler ma collection de photos un peu vieillissantes pour certains quartiers, quand on sait que New York City se renouvelle à une vitesse ahurissante. Si on laisse passer 2 ou 3 ans sans aller dans un quartier, on ne le reconnait absolument pas quand on y retourne. En 18 ans j’ai pu observer ce phénomène de renouvellement à très grande vitesse de près. Il y a des quartiers que je connaissais bien qui sont méconnaissables —presque une nouvelle ville. 

Puis ça a été février et on commençait à ne plus avoir la tête aux projets de visites de NYC, de tourisme ni aux photos et mars, avec le coup de frein total — brutal. Le printemps où je pensais photographier New York City s’est passé intégralement à la maison, c’était le grand confinement.

Depuis je n’y suis plus retournée — la ville a changé dramatiquement pendant la pandémie pour le pire alors que c’était devenu à partir de la fin des années 90 une ville très sûre, on pouvait s’y promener dehors au milieu la nuit sans aucun risque, même prendre le métro — je l’ai fait. Depuis la pandémie la criminalité a beaucoup augmenté, il ne vaut mieux pas prendre le métro, ni même le train pour aller à Manhattan, la gare d’arrivée est devenue un coupe-gorge. Cela sera sans doute temporaire puisque les habitants retournent petit à petit vivre dans la City et reprennent le terrain resté vacant et donc à la merci des délinquants et gangs de toutes sortes.

Alors pour la nostalgie ce petit montage vidéo — un de mes premiers, il faut en excuser la qualité.

Et pour la bonne bouche cette chanson de Norah Jones — une des ses premières — chanson que j’apprécie particulièrement : https://youtu.be/xOCQEJ1ZNrw

Les 3 premières semaines de mars

Début mars mes parents se font vacciner, le 4 mars précisément, de leur première dose du vaccin Pfizer, ma mère exactement 2 jours avant son 90ème anniversaire. Il était temps nous commencions à désespérer et je me disais que j’allais finir par être vaccinée avant eux (au temps pour le discours officiel du gouvernement français qui annonçait que la vaccination était bien en chemin pour les personnes âgées à haut risque — en chemin certes  mais un étroit sentier de haute montagne, pas une autoroute.)

Début mars aussi mon « rhume » : un matin réveil avec le nez bouché, ce qui peut arriver avec le chauffage et l’air dans la maison qui devient très sec. De temps en temps, relativement rarement cependant, j’ai besoin de me moucher au réveil mais c’est léger. Ce matin-là mon nez est très bouché, j’ai besoin de me moucher plusieurs fois. J’essaye de ne plus y penser. Mais dans la matinée j’ai le nez qui coule régulièrement et besoin de me moucher souvent. L’après-midi se passe aussi à me moucher, le nez qui coule puis nez bouché, me moucher, puis encore le nez qui coule. Pression dans le haut du visage, les sinus, je me sens congestionnée. Éternuements fréquents aussi. Évidemment qu’on y pense, évidemment. En temps ordinaire je me serais dit « tiens j’ai attrapé un rhume ». Mais ces temps-ci fortes chances que le « rhume » soit l’autre coronavirus. Et comment attraper un rhume « ordinaire » quand on fait les gestes barrière, qu’on suit toutes les précautions, qu’on ne sort pour ainsi dire pas et que personne dans la maisonnée ne sort non plus ? Les rares sorties éclair au supermarché ou à Home Depot, le magasin de bricolage, faites les jours précédents c’était à 8 heures du matin, quand les magasins sont presque vides, double masquée, sans m’approcher de personne (caisse automatique où on encaisse tout seul). Mais le petit vélo dans ma tête me dit « voilà tu es sortie faire quelques courses au supermarché la semaine dernière et aussi au magasin de bricolage — 2 sorties ». En début de soirée j’en suis toujours à me moucher et à être congestionnée, je me dis qu’il va falloir appeler mon médecin demain pour lui en parler. Et toujours cette question, comment avoir pu attraper un rhume avec toutes ces précautions surtout que justement je n’ai plus eu de rhume, ni personne dans la maison, depuis 12 mois, depuis le confinement en mars 2020 ! Tout l’après-midi je me suis bourrée de citron chaud avec du miel et de pastilles Halls à la menthe / eucalyptus. J’ai pris aussi une gélule de paracétamol action rapide pour essayer de soulager la congestion. Le soir pour me changer les idées je regarde un épisode d’un feuilleton (10 pour cent) dans le sous-sol (le basement) où ma grande télé est installée. Et pendant l’heure que dure le feuilleton, je ne me mouche pas une seule fois contrairement au reste de la journée. En remontant au rez-de-chaussée, à peine arrivée en haut de l’escalier dans le salon, que je me mets à éternuer plusieurs fois et que j’ai le nez qui coule à nouveau. C’est là que je suis soulagée, cela doit être une simple allergie. Je ne suis allergique à rien normalement mais je me souviens que la veille il a fait plus doux et que c’était la première fois de la saison où nous avons ouvert les fenêtres en grand pendant une partie de la journée. 

Le lendemain matin au réveil : nez pas bouché et qui ne coule absolument plus, je ne me suis pas mouchée de la journée — je ne me suis plus mouchée une seule fois depuis ! Une petite réaction allergique donc.

Depuis nous avons eu quelques belles journées et ouvert les fenêtres encore mais sans conséquence pour moi. J’en déduis que cela s’est produit parce que c’était la première fois de la saison et peut-être mon système immunitaire maintenu dans une bulle depuis un an, a été un peu surpris par des particules nouvelles et soudaines de pollen ou autres à l’extérieur. 

Début mars aussi les courses alimentaires au supermarché Stop and Shop du centre-ville : petite différence quand même, les masques sont bien portés et portés par tous. J’ai même vu ce responsable qui était habituellement sans masque, contre la règle de son propre établissement, qui a enfilé correctement son masque avant d’entrer. Les fois précédentes il était toujours sans masque dans les rayons. L’autre employé qui lui portait un écran plastique et un écran uniquement depuis le début (depuis au moins le mois de juin 2020 et sans jamais porter rien d’autre à chaque fois que j’y suis allée) portait un masque cette fois. Effet Biden ? Sans doute un peu. J’ai fait comme à mon habitude depuis la pandémie, la caisse automatique où l’on fait tout tout seul, je n’ai interagi qu’avec une personne, masquée elle aussi, dans un rayon pendant une minute maximum et à distance. Et je double masque : masque chirurgical plus masque en tissu trois épaisseurs, bien enveloppant, chose que nous pratiquons depuis janvier lors de nos sorties « dans le public ». Gants et désinfection du caddie, puis désinfection des mains au Clorox à la fin des courses, après avoir chargé la voiture et avant de conduire. Lavage des mains à l’eau et au savon de retour à la maison, etc.

Début mars aussi, un petit saut éclair à Home Depot pour acheter 2 barres LED pour remplacer mes barres de néon qui ne fonctionnent plus au sous-sol. J’avais prévisualisé sur Internet dans quelle allée du magasin elles se trouvaient, histoire de minimiser mon temps dans le magasin. À Home Depot ça reste pareil qu’avant Biden : les artisans (et ce n’est pas seulement politique puisque les artisans en Europe, en France du moins, sont aussi globalement réticents à porter des masques. C’est pareil ici, être artisan, électricien, plombier plâtrier maçon ou mécanicien aussi, protège du virus — sarcasme), donc les artisans, parmi les quelques artisans présents (j’y suis allée tôt mais pas trop tôt, entre 6h et 8h du matin les artisans viennent en masse acheter leurs fournitures avant de rejoindre leur chantier, après 8h ça se calme et c’est encore trop tôt pour le grand public : j’y suis allée juste après 8 heures donc) certains ont le masque sous le nez (vraiment après 12 mois ? ) ou l’enlèvent quand ils ont passé l’entrée et le contrôle visuel de l’employé, bien cachés derrière les étagères dans une aile plus éloignée (quel âge ont-ils ? cela vaut la cour de récréation de maternelle, et encore ! ). Sans compter ceux qui remontent mollement avant d’entrer leur bandana bien fin au tissu presque transparent, une seule épaisseur de coton ou acrylique ou qui remontent leur tour de cou du même genre…

Début mars aussi (appel du 7 mars de notre maire) la nouvelle des 44 nouveaux cas de Covid pendant la première semaine de mars à Berkeley Heights, puis un autre appel le 14 mars pour nous signaler 25 cas en plus dans la semaine d’après, ce qui est beaucoup pour une ville de 11000 habitants. La maire nous enjoint à respecter les consignes de sécurité, gestes barrière, distanciation physique, masques, même en extérieur quand il y a du monde, désinfection des mains et à continuer à être vigilants car si les cas augmentent trop on peut en arriver à nouveau à devoir fermer les commerces ou baisser la jauge d’occupation pour ceux qui pourront rester ouverts. Ce qui serait catastrophique : ils ont survécu péniblement jusque là, une prochaine fermeture leur serait fatale, voire une simple diminution d’activité. Les cas sont essentiellement des jeunes adolescents et enfants plus quelques personnes de 40 ans. Pour les enfants et adolescents, c’est le sport après école qui est le lieu leur contamination. Le fameux sport qui est organisé par les écoles après les heures officielles d’école, uniquement des sports de compétition donc pratiqués en groupe, des sports collectifs quoi ! Cela fait partie de l’institution, de la tradition, qui fait que les écoles ferment à 3 heures et donc fonctionnent en réalité en mi-temps, ceci en temps normal, hors pandémie. Durant la pandémie les écoles ont fermé complètement au début et sont passées en enseignement à distance à 100% puis à la rentrée de septembre ont rouvert partiellement (rotation des élèves, mi-temps du mi-temps normal et enseignement à distance, voir ci-après). Dans notre ville elles n’ont toujours pas rouvert à 100% depuis un an. À New York City, elles ont été en distanciel 100% depuis un an et n’ont jamais rouvert, il est question de les rouvrir en avril 2021 selon des protocoles sanitaires qui sont encore en discussion. 

Dans notre ville, comme ailleurs, la réouverture complète des écoles est aussi soumise à la baisse des cas, s’ils augmentent trop on repasse en enseignement à distance à 100%. D’ailleurs les écoles de notre ville qui n’ont jamais rouvert en plein depuis mars 2020 donc, referment occasionnellement quand il y a des pics : le lycée a fermé ce début mars 2021 et est passé en 100% sur Internet pour cause de 25 cas parmi les élèves et enseignants (nombre d’élèves de ce lycée entre 1000 et 1200 plus le personnel). Mais quand il repasse en présentiel, c’est en alternance, mi-temps en ligne et mi-temps en présentiel, avec en plus rotation des élèves et encore en plus les élèves sont divisés en cohortes, quasiment au sens romain du terme. Cohortes qui restent ensemble (cohortes d’enseignants et d’élèves) et ne se croisent pas avec les autres cohortes dans les bâtiments. Bref rotation des élèves une semaine sur deux et mi-temps en présentiel dans la journée, l’école est loin d’avoir rouvert pleinement. Cela revient a ouvrir au quart si je comprends bien : mi-journée et moitié des élèves seulement dans ces mi-journées, le reste du temps et des élèves sur Internet. Plus le fait que certains élèves peuvent rester 100% en distanciel sans jamais mettre les pieds dans les bâtiments scolaires si tel est le choix des parents. Choix proposé aux parents, et qui continuera à l’être même quand (si) on rouvrira à 100% pour le reste de cette année scolaire. Ensuite cela changera, à la fin de la pandémie seulement. Tout cela sans compter les fermetures ponctuelles et le passage en tout distanciel selon le nombre de cas qui montent, plus le distanciel  systématique  pour toutes les écoles (maternelle, primaires, collège et lycée : 6 établissements en tout dans notre ville avec le lycée qui accueille les élèves de la ville voisine, qui n’a des établissements que jusqu’au collège) donc mise en 100% distanciel pendant 1 semaine après chaque vacances, à titre de prévention.

Enfin le 12 mars un e-mail d’amis français, des amis très proches, qui m’apprennent qu’ils sont touchés par le virus : le fils de 12 ans a été contaminé puis a contaminé son père, 62-63 ans, à risque à cause se son diabète et hypertension. Heureusement il avait eu sa première injection du vaccin, puisqu’il est à risque, 2 semaines avant d’être contaminé. (Heureusement aussi que dans leur petit village de l’arrière-pays grassois ils ont eu les doses ! )  Il est malade, lessivé, fiévreux et tousse. Son médecin pense que d’avoir eu la première injection lui a évité de partir à l’hôpital a priori— c’étaient les nouvelles au 12 mars, il restait  une semaine à tirer pour voir si ça ne dégénèrerait pas. Seule la mère, plus jeune et sans comorbidités, était alors négative, qui tentait de le rester en s’isolant dans leur maison — pas gagné là non plus. Elle est très inquiète et nous sommes tous très inquiets pour eux. On voit que la première dose c’est mieux que rien mais que ça ne suffit pas.

Hier 21 mars des nouvelles de mon ami français : il a passé le cap après une semaine de toux et de fièvre et à surveiller de près son taux d’oxygène. Soulagement mais le boulet n’est pas passé loin et maintenant il tire une fatigue d’enfer : il est épuisé au moindre mouvement et aura besoin d’un certain temps à se remettre en forme (avant la pandémie il allait régulièrement à la salle de sport et se maintenant en forme raisonnable). Il reste encore au lit toute la journée mais le cap est passé, il s’en est sorti. Son médecin confirme que vraiment la premiere injection lui a permis de minimiser les réactions et d’éviter hospitalisation voire réanimation. Heureusement que le timing a été ce qu’il a été et qu’il avait reçu cette dose 2 semaines avant d’être contaminé.

Leur fils de 12 ans a passé une seule une soirée avec 39 degrés de fièvre et c’est tout (symptômes quand même…)

Quant à la mère elle est passée au travers a priori, elle doit confirmer par un test PCR avant de pouvoir reprendre le travail (en présentiel partiel 1 à 2 jours par semaine, là elle était passée en 100% à distance). En tout état de cause elle n’aurait eu aucun symptôme si elle s’avère positive dans les jours qui viennent, ou alors elle est restée négative. Elle attend aussi le vaccin pour sa tranche d’âge avec impatience.

Arrogance

En mars dernier (2020), lors du changement d’heure le 8 mars j’avais écrit un petit texte sur l’arrogance des hommes qui veulent imposer leur volonté au soleil en changeant l’heure donnée par le soleil justement.

À lire ici:

https://michusa.wordpress.com/2020/03/08/lincroyable-arrogance-des-hommes/

J’avais prévu d’écrire d’autres articles sur l’arrogance des hommes, le changement d’heure qu’on nous impose pour des raisons qui nous échappent (monétaires financières à coup sûr et certainement pas pour faire des économies de quoi que ce soit — au contraire). J’avais prévu aussi d’écrire un article ou deux sur la journée internationale des droits des femmes qui tombait ce jour-là, celui du changement d’heure en 2020.

Puis la pandémie est passée par là et a tout écrasé de son rouleau compresseur, la pandémie ou ce que nous en avons fait —pas grand-chose en termes de monde d’après. Nous, le bas peuple, y avons presque cru, une demi-seconde, au tout début de ces « temps exceptionnels ».

Donc je n’ai pas écrit ces articles, tout occupée que j’étais à gérer le quotidien chamboulé, faire attention sans trop savoir à quoi ni comment au début, me documenter avec toutes les informations parcellaires et contradictoires du début aussi. On en a toujours de ces informations contradictoires, s’il y a une chose que la pandémie n’a pas changée — au contraire je dirais presque — c’est le « en même temps » …

Et un an plus tard quasiment jour pour jour, rien n’a changé ou presque sur le fond : nos façons de faire au niveau global, nos sociétés, la finance, le profit, la compétition inutile, la course droit vers le mur, les mêmes logiques, celles qui nous ont menées à cette crise, et à toutes les crises d’ailleurs, continuent de prévaloir. Seul notre quotidien (celui du bas peuple essentiellement) a changé, en pire bien entendu. Le pire dans tout ça c’est que c’est le bas peuple qui est montré du doigt et sermonné quand « les chiffres » (tout un programme, il y en aurait à raconter sur « les chiffres » auquel on fait dire ce que l’on veut, tout et son contraire absolu dans la même foulée, cela s’appelle de la politique et pas au sens noble du terme, qui a disparu depuis bien longtemps), quand les « chiffres » donc sont « mauvais ».

L’arrogance des hommes est toujours là, encore plus quand il s’agit de signifier au bas peuple qu’il est crétin et ne comprend rien à rien. Si l’on ne m’explique pas ou me cache des informations nécessaires pour faire fonctionner mon cerveau, bien entendu que je ne comprends rien ! Je comprends par contre bien une chose : cette crise est complexe, ce n’est absolument pas facile à gérer, on navigue à vue et les volte-face sont courantes même au niveau purement scientifique, au fur et à mesure que l’on en apprend plus sur le virus, la maladie et la dynamique de la pandémie. Cela n’est pas étonnant, je peux le comprendre et je me garderai de dire que je ferais mieux ou que untel ou untel ferait mieux pour gérer la crise. Les erreurs ne sont pas étonnantes, elles sont même escomptées, on peut les comprendre et les accepter. Ce que je refuse de comprendre c’est qu’elles ne soient jamais reconnues comme telles par les dirigeants et les politiques et qu’au contraire leur arrogance augmente avec la crise et la durée de cette crise. C’est cela qui est inacceptable, pas tant le fait qu’ils fassent des erreurs. Parce que quand on ne reconnaît pas ces (et ses) erreurs, qui je répète sont légitimes en premier lieu ou la première fois qu’on est confronté à une situation, quand on ne reconnaît pas ces erreurs comme telles, on n’en apprend rien, donc on les répète voire, pire, on s’enferre encore plus en connaissance de cause pour ne pas les admettre ou perdre la face (ou croire qu’on perd la face).

Pendant ce temps le virus se frotte les mains (en fait il s’en fout le virus, il est juste une force qui tire sa vitalité de la désolation et de la mort d’une autre espèce, rien de bien nouveau sous le soleil ), mais notre arrogance à nous les humains est pire que le virus 

(Pour commencer, cette arrogance a conduit tout droit à cette crise et cette pandémie, le virus, lui, n’a été qu’opportuniste comme tout sur cette terre — opportuniste sans jugement de valeur au sens médical et scientifique du terme, on lui ouvre la porte et lui offre un chemin, que dis-je une autoroute,  il l’a pris.)

Je viens de finir un livre dans lequel l’auteur dit : « nous devons faire fonctionner notre cerveau, et hésiter longuement lorsqu’un interlocuteur utilise son titre comme principal argument. » L’auteur parlait de médecine puisqu’il est médecin, mais cela vaut pour tous les domaines bien entendu et de plus en plus en ces temps de pandémie, puisqu’on nous assène des « je sais parce que je suis ministre de ci ou de ça, président de ci ou de ça, directeur de ci ou de ça, expert de ci ou de ça » etc., et non pas des « je sais parce que les faits sont ceux-ci, les hypothèses sont celles-ci, sont vérifiées par ces expériences, infirmées par d’autres, les conclusions sont issues de raisonnements qui sont ceux-ci appuyées par des faits et des connaissances avérées et solides qui sont telles et telles ». Ce qui compte pour convaincre ce sont les explications et le raisonnement de la personne et non pas son ou ses seuls titres, trop souvent la seule chose que cette personne met en avant pour convaincre ! Et on nous en a servi des titres, en veux-tu en voilà qui nous ont éructé des bêtises grosses comme des maisons —cela se voyait au moment même où ils les prononçaient, sans besoin d’être expert de ci ou de ça justement… Arrogance toujours, arrogance du titre qui est bien dévoyé de nos jours (d’autant plus que dans ce monde où tout s’achète tout se vend, un titre ça s’achète aussi, non ? nous en sommes là).

Interruption intempéries

Une interruption intempéries, encore une, l’automne et les mois de septembre octobre sont les moments où les tempêtes tropicales sont le plus susceptible de remonter jusque dans le New Jersey — quoique cette année nous en ayons eu une qui est remontée début août [lire ici la tempête Isaias, ici et ici]. Si elles ne remontent pas toutes sous forme de tempête tropicale directement à l’intérieur des terres, on en a souvent au moins les franges ou les queues « simplement »  sous forme de pluies torrentielles (diluviennes littéralement ) sans les vents violents — c’est déjà ça. 

Mais demain et vendredi c’est une nouveauté, une nouvelle variante des intempéries brutales : nous attendons non pas une mais 2 tempêtes qui vont se rencontrer sur terre quelque part dans la région des plaines centrales et mi-atlantiques et unir leurs forces pour apporter encore plus de vent et encore plus de pluie. La cerise sur le gâteau c’est que sur leur sortie des terres, au niveau du Nord-Est (c’est nous, le New Jersey et le New York puis la Nouvelle-Angleterre) il y aura de la neige dans la queue de cette tempête jumelée puisque la masse d’air chaud humide chargée de pluie de la tempête tropicale va rencontrer la masse d’air froid de la seconde tempête qui vient de l’ouest. De la neige ! Pas exactement chez nous dans le New Jersey central ni à New York la ville mais à la limite nord du New Jersey, à la frontière avec le New York (l’état), à moins de 100 km,  70 / 80 maximum de chez nous. Pour ce que l’on appelle upstate New York, la partie nord de cet état ce sera définitivement certain et ce sera leur première neige de la saison.

C’est pour cette raison que j’ai vu des prévisions de températures négatives,  -2 degrés Celsius pour vendredi alors qu’il fait encore entre 12/15 et jusqu’à 18 degrés ces temps-ci. J’ai compris pourquoi, avec cette neige si proche l’air va se refroidir de façon significative.

Deux tempêtes qui se rencontrent (Billy et Zeta, cela sonne comme une romance d’un film hollywoodien ou un roman à l’eau de rose et ce n’est pourtant pas le cas ni de l’un ni de l’autre) et qui vont joindre leurs forces, une première je n’avais jamais entendu ni vu ça depuis plus de 18 ans que je suis ici !

Inutile de dire que je ne suis pas prête, j’ai simplement un peu d’essence qui me reste, pour la tondeuse à l’origine, une dizaine de litres, la tente canopée que je viens d’acheter il y a deux jours pour le groupe électrogène n’est pas encore arrivée. Et j’ai encore besoin de faire un bricolage pour adapter une petite boîte imperméable pour la prise sur le côté de la maison sur laquelle on branche l’énorme fil électrique qui sort du groupe électrogène et alimente la maison dans sa totalité. Une boîte étanche qui permettra de brancher et d’alimenter pendant des intempéries justement. Tâche que je fois faire depuis 2 ou 3 ans et que je remettais sans cesse à plus tard et que j’avais commencé à attaquer il y a quelques jours, sans savoir qu’une tempête me prendrait de vitesse. Jusqu’à présent nous n’avons jamais eu besoin de faire tourner le groupe électrogène pendant l’intempérie elle-même mais seulement après, donc sans réel besoin ni de l’abriter ni surtout d’abriter les branchements électriques ni la prise d’entrée dans la maison. D’autant moins prête qu’en ces temps de pandémie tout est aussi plus compliqué donc se préparer aussi est plus compliqué.

Forte de la prévision météo qui dit que nous aurons seulement des pluies torrentielles mais (normalement) pas de vent chez nous, je croise les doigts pour que la prévision soit vraie. Mais les fortes pluies peuvent aussi abattre des arbres, même sans vent. C’est ce qui s’est passé il y a un mois : des pluies torrentielles ont fait tomber la moitié d’un chêne en bordure de notre propriété avec l’un de nos voisins. Pas de dommages ou très peu et rien sur la maison ni sur les voitures mais la branche qui portait la moitié du feuillage tout en haut du chêne est tombée de 30 mètres de haut où elle était attachée et nous avions entendu un bruit immense ce soir-là au milieu des torrents de pluie. Ce chêne en particulier ne risque plus de tomber, la moitié qui restait a été abattue par les bûcherons professionnels engagés par ledit voisin la semaine dernière. Un souci de moins pour cette tempête, que dis-je, ces tempêtes jumelées à venir.

Décidément cette année 2020 en a toujours en rayon pour ajouter à notre malheur pandémique déjà fort contraignant et notre quotidien misérable.

18 août – les courses alimentaires à nouveau

courses 18 aout-1

Départ pour les courses alimentaires 18 août 2020

 

Il me semblait bien que mes stocks avaient baissé grandement en seulement 2 semaines et qu’il me fallait retourner faire le plein alimentaire. Chose que je n’aimais déjà pas beaucoup faire dans la vie d’avant, que je redoute maintenant. Tous les préparatifs et le stress, tout est plus compliqué, une liste à peaufiner en ayant peur d’oublier quelque chose d’absolument indispensable, on ne veut pas avoir à y retourner de sitôt. Les stocks ne sont pas au maximum, il faut être prêt à faire des modifications ou à ne pas trouver ce que l’on cherche. Il faut se lever tôt pour aller en tout début de matinée pour éviter toute foule, faire attention aux gens — plus dangereux que le virus par leur comportement erratique au mieux, défiant au pire. Comme si la virilité (ce qui en tient lieu) ou la contestation (ce qui en tient lieu) passait outre le risque d’attraper une maladie, nécessitait d’attraper une maladie — cette maladie. J’ai envie de dire WTF* !  Il faut bien se mettre dans la tête que le virus n’en a rien à faire des actes de défiance et de pseudo bravoure — bravache sans objet. On se tourne contre, on est hostile envers un autre être humain ou ses recommandations mais quand on ne les suit pas c’est le virus qui gagne et ni l’un ou l’autre des deux humains en opposition soi-disant idéologique. Il n’y a pas d’idéologie dans une pandémie une épidémie un virus ou un microbe comme on les appelait dans le temps — soit dit en passant on s’en méfiait sans bravache alors.

Je me résous donc à aller faire les courses cette semaine-là, Comme d’habitude ces derniers temps, je choisis le mardi pour laisser du temps au réapprovisionnement, me disant qu’ils ne sont pas livrés le dimanche sans doute. 

Mardi 18 août donc. C’est en rangeant mes courses après et en mettant de côté mon ticket de caisse avec les autres que j’ai retrouvé le précédent : je me suis aperçue que la fois précédente où j’étais allée faire les courses c’était le 21 juillet. Donc un mois en fait et pas 15 jours comme je le croyais. Pas étonnant que j’aie trouvé mes stocks un peu bas et que nous mangions depuis un certain temps des tortillas mexicaines en guise de pain. (Elles se gardent un temps infini et même longtemps après la date de péremption, sans jamais moisir, ce qui en dit long sur leur composition … pas grand-chose de naturel, bourrées de produits chimiques sans aucun doute mais bon, ça dépanne.)

Sur les courses en elles-mêmes, je suis arrivée tôt, peu de monde, j’avais souvent les allées pour moi toute seule, j’y ai croisé épisodiquement une personne, jamais plus. Les stocks d’à peu près tout sont revenus, même s’ils ne sont pas au maximum, les rayons sont moins chargés à bloc qu’avant mais il y a un peu de tout. Le papier toilette est revenu (partout même en ligne) pas de la marque que j’achète depuis toujours (une des marques majeures aux États-Unis) mais il y en a. (J’ai acheté de ma marque en juillet à Target, comme d’habitude et sans restrictions.)

Seul point noir, les lingettes désinfectantes au chlore, et les lingettes pour main au chlore qui ne sont nulle part non plus. Mais les lingettes désinfectantes pour surface au chlore de type Clorox ou Lysol il n’y en a plus nulle part, dans aucun magasin ni en ligne. De temps en temps si on est là au bon moment on trouve de la marque distributeur, moins bien mais gradées désinfectantes. Sinon il y a des lingettes chinoises non gradées désinfectantes que j’ai achetées pour le ménage courant, histoire de conserver au maximum les vraies dont il me reste un tout petit stock, qui ne me sert que pour les sorties courses d’ailleurs. (Ce serait l’équivalent des lingettes St Marc Javel ou Lacroix Javel voire Sanytol en France)

Dans le magasin tout le monde a un masque (c’est obligatoire heureusement) mais j’ai quand même croisé (de loin, de très loin j’ai changé d’allée quand je les ai vus, histoire d’éviter tout risque et je répète, le risque majeur en cette occurrence n’est sans doute pas le virus) donc j’ai quand même croisé deux personnes avec les masques sous le nez — et le regard féroce. On dirait fierce ici. Aucune envie de faire la police ni de m’y frotter, ne serait-ce que par une moue de désapprobation, cela pourrait s’avérer dangereux. Heureusement la contrepartie c’est qu’avec mon masque on ne risque pas de voir ma moue de désapprobation. Mais comme je le disais, je me suis éloignée et ai attendu qu’ils s’en aillent de l’allée où je voulais aller pour y aller à mon tour.

Ce sont des hommes à chaque fois : virilité mal placée, surtout quand ce sont eux en moyenne les plus fragiles. Comme en général pour toutes les maladies et affections, une simple protection de l’espèce, n’oublions surtout pas que nous sommes des animaux comme les autres, pas plus pas moins, même si nous avons l’arrogance de nous croire supérieurs et meilleurs en tout — cette pandémie est la preuve qui confirme que nous sommes des animaux et la preuve qui infirme nous sommes supérieurs. En fait, mais c’est un autre sujet, le sexe faible c’est eux. Aucune polémique à avoir, c’est purement biologique. Il est vrai que la science est en recul depuis une bonne trentaine d’années, les croyances moyenâgeuses et autres mythes irréels ont de beaux jours devant eux. Et ça empire et ça s’accélère, encore plus depuis le début de la pandémie.

Pour finir en beauté ces courses, vraiment en beauté, la goutte d’eau, la cerise sur le gâteau, bien qu’elle ne me concerne pas directement, l’histoire de la femme dans la voiture avec sa lingette. En ce qui me concerne je fais les courses avec des gants en plastique jetables, je désinfecte ma barre de caddie à la lingette (la fameuse lingette Clorox ou Lysol, réservée uniquement aux courses ces temps-ci), puis j’ouvre mon coffre avec ma lingette, je rentre mes courses dans ledit coffre et je rapporte mon caddie. Alors je jette mes gants (enlevés selon la procédure premiers secours pour ne pas me contaminer) et la vieille lingette dans la poubelle dispose à cet effet à côté du coin de rangement des caddies, puis je sors une nouvelle lingette d’un sac en plastique dans ma poche et je me désinfecte les mains (qui devraient être non contaminées puisque j’avais les gants tout le temps des courses et du paiement, où l’on touche le maudit terminal et la maudite caisse où l’on fait tout soi-même, la seule que j’utilise si possible) donc je me désinfecte les mains avec une lingette au chlore neuve. Et je vais enfin dans ma voiture où j’enlève mon masque en le touchant par les boucles, puisqu’il fait relativement chaud et que je ne compte aller nulle part ailleurs. Un deuxième coup de désinfection des mains qui ne nuit pas ensuite, ce que je fais.

Assise dans ma voiture, prête à redémarrer, je tourne la tête et vois une dame qui rentre dans la sienne un peu plus loin. Elle enlève soigneusement son masque par les boucles, jusque là tout va bien (Plusieurs fois j’ai vu des gens  arracher leur masque à pleines mains — sales d’avoir touché tout le supermarché et la caisse ! — à peine un pied hors du seuil de la porte du supermarché). Je la vois qui ensuite se frotte les mains avec une lingette (à ce moment-là je me dis, tiens elle fait comme moi, avant de toucher son volant et le reste de sa voiture) tout va bien toujours. Et le coup de grâce, avec cette même lingette, j’insiste, je l’ai regardée tout du long, avec cette même lingette elle enchaine et se frotte énergiquement tout le visage ! Là je crois que j’ai crié « oh non ! » toute seule dans ma voiture.

Les bras m’en tombent. Ô désespoir ! ô connerie ennemie ! N’ai-je donc tant vécu que pour cette idiotie ?

Avec toutes ces (petites) péripéties et le stress induit, il n’est pas étonnant de comprendre que je n’aime pas faire les courses, que je les redoute même maintenant et que je continue à me faire livrer les produits non périssables quand ils sont disponibles à l’envoi postal. 

Les prochaines courses dans un mois j’espère, autour du 20 septembre, D’autant que j’ai depuis le mois d’avril des produits frais, légumes, fruits, œufs ainsi que du fromage et d’autres produits frais comme des pâtes etc,  (en option, si je le souhaite) dans un « panier de ferme » hebdomadaire livré à ma porte tous les mercredis. Des produits de fermes locales et un peu moins locales (Virginie, Maryland et Delaware, ainsi que plus proches Pennsylvanie et état de New York ) mais essentiellement des produits de fermes du New Jersey et de la Pennsylvanie — nous vivons à 60 km de la frontière de la Pennsylvanie dans le New Jersey central où je vis. C’est ce panier (un gros carton en réalité) qui permet de tenir en ne faisant les courses alimentaires qu’une fois par mois.

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Note :

* WTF : What The Fuck. La traduction approximative pourrait être « c’est quoi cette merde » ou « c’est quoi ce bordel ».

P.S. — tous les dictionnaires en ligne fournis par Google ou Apple disent que cette locution n’existe pas ! Où le puritanisme et le chochotisme va se nicher. Il est évident que tuer des gens avec des armes c’est moins grave que de dire un gros mot, les tueries et la violence physique extrêmes ne sont pas censurées elles !

 

courses 18 aout-2

Les courses faites !

Une crise dans une crise : Isaias — trace

 

Nous avons vraiment eu beaucoup de chance, 4 jours après la tempête, le samedi il y avait toujours des gens sans électricité à Berkeley Heights même si plus de la moitié des gens sans courant avaient été rétablis le vendredi soir. Certains ne seront rétablis que le lundi !

Plus grave : le grand centre de soin, qui est toujours rétabli en premier et assez rapidement d’habitude, n’a pu être rétabli que le vendredi soir c’est-à-dire 3 jours après la fin de la tempête ! Tout en étant prioritaire. C’est un immense campus médical avec des centaines de médecins, un hôpital de jour, des salles d’opération, un centre anti-cancer etc.

Et encore plus grave : la station de traitement des eaux usées (les égouts donc) de Berkeley Heights a perdu le courant pendant la tempête. C’est la première fois que j’entends ça ou alors on ne nous l’a pas dit pour les autres tempêtes ? Les mairies précédentes étaient pour le moins opaques pour ne pas dire corrompues voire carrément mafieuses. Du moins pour les tempêtes hors Sandy (pour Sandy je n’en sais rien, mais c’était une tempête hors norme, ceci dit le centre-ville était resté opérationnel tout du long) donc pour les tempêtes hors Sandy : tempête de neige de Halloween 2011, Quinn fin hiver 2018 voire Irene fin août 2011 où les résidents avaient en grande partie perdu le courant, on n’a jamais parlé de la station d’épuration. Et dans ces tempêtes-là aussi le grand centre médical soit n’avait rien perdu soit avait été rétabli très vite. C’est une première que ça prend tant de temps.

La raison principale d’après la communication de la mairie (très transparente et avec des mises à jour 2 fois par jour voire plus selon les nouvelles) sur le site de la mairie — un agréable changement, cette maire que nous avons actuellement me semble très bien ça change après les mâles blancs mafieux et corrompus — donc la raison principale était un nombre record de substations (stations électriques secondaires) qui ont été endommagées en plus des lignes électriques par terre. Autant il est relativement facile et visible de remettre en place une ligne tombée par terre, autant pour les substations ça demande plus de temps. D’autre parti chaque substation affecte plus de personnes, maisons et quartiers. Les dernières tempêtes hors Sandy c’était beaucoup de lignes et de transformateurs (ceux en haut des poteaux), mais pas autant de substations que cette fois-ci.

Donc la station d’épuration de Berkeley Heights qui était parmi les prioritaires pour être remise en service, sinon LE prioritaire. Alors pour fonctionner — c’est indispensable on n’a pas envie que les toilettes refoulent partout, avec les problèmes sanitaires que ça poserait très rapidement (Choléra etc) elle a été alimentée générateurs à essence (groupes électrogènes ) de secours, à raison de 500 gallons — presque 2000 litres — d’essence par jour et a fonctionné en mode « manuel » si j’ose dire. Chapeau aux opérateurs de ladite station. Vous parlez de pollution ! Mais entre la pollution et le choléra, je prends la pollution tant que vous voulez. Le 6 août (2 jours après la tempête) comme il ne restait « plus que » 3600 gallons c’est-à-dire 7 jours d’autonomie, la mairie a réservé et commandé 2000 gallons supplémentaires d’essence soit 4 jours de plus pour avoir 11 jours d’autonomie d’avance. C’est dire combien ils étaient pessimistes sur les temps de réparations. 

Le courant y a été rétabli le vendredi 7 août en fin de journée ainsi qu’au centre médical. Soulagement pour la station d’épuration.  3 longs jours après le passage de la tempête, qui a été forte mais nous avons eu pire, notamment en hiver avec vents et neige lourde lors de nor’easters.

Mais ça a été « chaud » comme on dit. Comme les infrastructures du New Jersey vieillissent et ne sont jamais remises à niveau — on les entretient au minimum alors qu’elles devraient être purement et simplement renouvelées — cela ne peut aller que de mal en pis à chaque tempête, qui sont en outre de plus en plus fréquentes à remonter jusque chez nous. Celle-ci était particulièrement précoce pour la saison, le peu qui remontait dans le passé le faisait plutôt vers fin août et septembre. Un mois d’avance. 

Cette fois cela allait parce que c’était une tempête relativement localisée géographiquement donc des ressources extérieures étaient disponibles pour venir aider, les ressources matérielles sont aussi amplement disponibles puisqu’il n’y a pas 50 états qui se battent pour obtenir ces ressources (comme ça a été le cas dans la crise générale du Covid) et notamment l’essence qui est amplement disponible et très peu chère ce qui ne gâche rien. Tellement disponible que l’on vous paye quasiment pour en acheter, cette fois grâce au Covid d’ailleurs puisque presque personne ne bouge donc ne consomme d’essence. J’ai fait moins d’un plein en 5 mois ! Donc les stocks débordent de partout et on ne sait pas quoi en faire. Dans d’autres circonstances, ce ne sera peut-être pas le cas… Pendant Sandy nous avions eu des rationnements d’essence dont le prix était passé dans la nuit carrément à 4 dollars (contre moins de 3 dollars prix normal en ce temps-là) surtout parce que les camions ne pouvaient pas livrer les stations à cause des routes coupées et aussi parce que la plupart des stations avaient encore de l’essence, mais ne pouvaient pas la pomper donc était fermées, c’était bête ! Quand après la crise j’ai suggéré de rendre obligatoire un générateur (à essence ! ) pour chaque station (ils ont la matière première pour l’alimenter) on m’a sauté à la gorge « freedom » « on ne peut pas rendre ça obligatoire parce que freeedoooommmmm  ! » eh bien « freedom » et on crève de freedom. D’autant que pour un commerce ce n’est pas une dépense fulgurante que d’acheter un générateur surtout qu’ils ont la matière première de carburant pour l’alimenter. Dans un état comme la Floride, sujet à multiples tempêtes et ouragans, c’est d’ailleurs obligatoire malgré la freeedoooom.

Donc soulagés que la station d’épuration ait été remise sur l’alimentation électrique « du secteur » et ne fonctionne plus « manuellement » — ce sont les mots de la mairie et ça fait peur. Soulagés, mais inquiets quand même. Nous avons un puits et une nappe phréatique qui alimente toute une partie du quartier et du lotissement indépendant (mais rattaché à Berkeley Heights, une curiosité américaine encore) mais il ne faudrait pas qu’elle soit polluée par un refoulement des égouts.

J’ai donc étudié quelques blogs et chaines YouTube sur le camping et la van life et je viens d’acheter des toilettes à compost. Le modèle de base de camping : un seau avec un siège et un couvercle hermétique pour 20 dollars sur l’amazone, ainsi que de la poudre à compost (pour 10 jours je crois) pour avoir une petite autonomie de w.c. si jamais les égouts ne fonctionnaient plus ou si on nous demandait de ne plus les utiliser. Ensuite soit enterrer dans le jardin ou mieux, mettre dans les ordures parce qu’enterrer un petit peu ça va, mais trop on en revient à la pollution de la nappe phréatique (qui est à 50 mètres de profondeur si je me souviens bien ce qu’avait dit le puisatier, mais tout de même, c’est la quantité qui fait le poison).  

Ils vendent des sacs spéciaux mais ça s’utilise aussi avec des bêtes sacs-poubelle et de la litière à chat. J’en ai des stocks à cause des tempêtes de neige, en cas de pénurie de sel j’ai la litière en secours — c’est déjà arrivé en 2015 où j’ai dû utiliser de la litière à chat sur la glace dans ma driveway, il n’y avait plus de sel nulle part et les municipalités n’en avaient plus non plus, les écoles étaient restées fermées bien après la chute de neige parce qu’on ne pouvait pas dégeler les routes par manque de sel. Bref j’ai plusieurs sacs de 10 kilos depuis ce temps-là, qui peuvent donc servir à désodoriser et solidifier nos déchets humains si j’ose dire.

Nous avons eu dans le New Jersey, toujours d’après le site de la mairie, des équipes de compagnies d’électricité de 15 états et même du Canada qui sont venus aider à remettre le New Jersey sur pied après cette tempête Isaias — retrouver la fée électricité, tout ça sur fond de crise sanitaire avec les précautions Covid à prendre, ce qui n’aide pas. C’est déjà assez compliqué comme ça de restaurer le courant, de nettoyer les routes, enlever les arbres tombés pour que les camions électriques puissent passer, si en plus il y a les procédures anti-Covid, qui sont nécessaires évidemment, ça n’arrange rien. Donc comme je le dis dans mon titre, c’est une crise dans une crise. 

Aussi, quand je vois tout ça, ces dégâts immenses et ces efforts et ces personnes qui étaient toujours sans électricité le samedi matin, 3 jours et demi après la fin de la tempête, je me dis et me redis que nous avons eu une chance inouïe chez nous à la maison ! Pas de dommage et pas de perte de courant ! Je n’en reviens toujours pas parce que nous vivons dans la forêt et la plupart du temps nous sommes les premiers à perdre le courant et parmi les derniers à être rétablis : quartier non prioritaire car aucune infrastructure cruciale, que des résidences et en plus nous sommes à la périphérie de ville. De toute façon il faut que toutes les substations et lignes intermédiaires soient rétablies pour que le courant puisse arriver jusque chez nous. Une amie de ma fille qui habite en bas d’une rue qui donne dans notre rue, juste en face de la maison, donc à 500 mètres de chez nous n’avait toujours pas retrouvé le courant ce samedi matin 8 août et on leur avait dit que ce ne serait pas avant lundi. C’est ce qui c’est produit, ils ont été rétablis le lundi, le dimanche et le lundi les équipes électriques travaillaient dans notre rue !

Nous aurions très bien pu être dans ce cas. Ce qui montre que la tempête a été finalement plus grave en conséquences et dommages que la tempête de neige de Halloween 2011, 5 jours sans courant, que  la tempête Quinn de l’hiver 2018, 4 jours et demi sans courant et que aussi la tempête Irene de fin août 2011 (nous n’avions pas perdu le courant, mais avions eu une mini tornade dans le jardin et une partie de la ville était restée sans courant pendant 4 jours) Sandy ne compte pas c’était hors norme (13 jours sans courant). C’est aussi ce qu’ont dit les deux compagnies d’électricité dans leur communication à la mairie : tempête avec des dommages pires que ce qu’ils avaient vu depuis au moins une décennie et plus (hors Sandy bien sûr). C’est pour cette raison que leurs prévisions de réparations se comptaient en jours.

Une précision aussi : sur les 1.7 million de foyers et entreprises ou administrations privés de courant, il y en a eu 1,1 million pour le seul New Jersey… En Virginie par exemple les lignes électriques sont enterrées… Donc même si le New Jersey n’a pas été autant touché que d’autres états plus au sud en termes de la violence de la tempête, les conséquences ont été plus sévères. Qu’est-ce que ça aurait été si la tempête était remontée plus violemment qu’elle ne l’a été… 

Croisons les doigts que ce soit la seule tempête qui remonte pendant cette saison des ouragans (qui sont seulement dans le sud et la côte mid-atlantique normalement).

En images, la sortie d’inspection et d’enlèvement des branches les plus gênantes avec mon fils juste après la fin de la tempête vers 6 heures du soir le 4 août. 

Les jours suivants il ne nous restait plus qu’à couper les 2 branches avec mon fils dont la fameuse branche qui pendouillait derrière une des voitures. Et pour laquelle il me fallait aller chercher un outil au magasin de bricolage (outil commandé le soir même pour éviter la pénurie, ce qui a été le cas, tout le monde s’est rué sur ce type d’outils) : une scie avec un manche de 5 mètres de long puisqu’ils ont fait une erreur sur ma commande et n’avaient plus en stock celui de 4 mètres que j’avais pourtant commandé et payé. En allant au magasin chercher ma commande le lendemain j’ai finalement eu le modèle au-dessus en longueur et en qualité pour le prix déjà payé en ligne alors qu’en réalité il valait le double. Ça m’a pris un temps fou parce que beaucoup de routes étaient encore coupées, dont la route principale d’accès, donc il m’a fallu passer par ailleurs ce qui est plus long et surtout c’était du coup embouteillé : 40 minutes de trajet au lieu de 10 minutes d’habitude.

Une crise dans une crise : Isaias

Tempete tropicale Isaias-2

Une crise dans une crise : Isaias

Donc mardi 4 août nous avons eu le passage d’Isaias dans le New Jersey, sous forme de tempête tropicale et pas d’ouragan heureusement. 

Il a plu par intermittences dans la nuit de lundi à mardi, des gros pointillés de pluies violentes des véritables cataractes. Le matin du mardi il ne pleuvait plus. Nous avons d’ailleurs été réveillés par le chantier de la maison d’à côté comme si de rien n’était. Ce qui me faisait soucis parce qu’ils n’avaient rien sécurisé, toutes leurs planches leurs échelles etc. qui formaient une bonne prise au vent et si ça se mettait à s’envoler partout, notre maison était en première ligne…

Je pensais qu’ils étaient venus pour sécuriser le tout le mardi  matin juste avant le passage de la tempête, il n’en a rien été du tout.

Le passage du coeur la tempête proprement dite était prévue pour l’après-midi donc avec les vents extrêmement violents. 

Mardi matin au réveil j’ai fait le tour du sous-sol : pas d’inondation, les pompes ont tenu le coup et surtout pu pomper au fur et à mesure (c’est arrivé une paire de fois, où il a plu plus vite et plus fort que les pompes pouvaient évacuer). Pompes silencieuses le mardi matin donc tout avait été évacué. Parce que durant la nuit il y a eu des trombes inimaginables par moment.

L’eau n’est pas descendue non plus par l’escalier du sous-sol là où il y a la « hurricane door »  comme c’est le cas certaines fois quand il pleut très fort, ça fait une cascade. La « hurricane door » ou porte tempête, la bien nommée qui sert de sortie de secours en cas d’ouragan et d’effondrement de la maison…

Par contre ce même mardi matin nous avons reçu une notification (par e-mail et texto) : nous étions en vigilance tornade… (tornado watch).

Tempete tropicale Isaias-1

Une crise dans une crise : Isaias

Ce matin-là je suis donc restée en alerte et j’ai fait de la place en bas dans le sous-sol pour le cas où on recevrait l’alerte « seek shelter », c’est à dire « aux abris » !

Nous avons déjà eu ce genre d’alerte l’an dernier heureusement les tornades n’ont pas eu lieu c’était une alerte pour rien mais j’étais restée une heure et demie en bas et je le raconte ici :

https://michusa.wordpress.com/2019/05/31/une-alerte-tornade/

Nous avons eu de la chance mardi parce que dès 15 heures plus de 1 million de foyers et entreprises se sont retrouvés  sans électricité dans le New Jersey. L’état d’urgence avait été déclaré dès le matin en prévision (un autre état d’urgence que l’état d’urgence Covid bien sûr, c’est un état d’urgence intempéries ). On nous a demandé de ne pas circuler : « stay off the roads ».

Tempete tropicale Isaias-3

Une crise dans une crise : Isaias

Vers 15 heures aussi, la ligne d’urgence de la municipalité a appelé parce qu’une grosse partie de notre ville était sans électricité, beaucoup d’arbres par terre et beaucoup de routes coupées. La police nous a demandé aussi de ne pas circuler (stay off the roads)  parce que c’était extrêmement dangereux entre les arbres et les branches par terre plus les lignes électriques par terre aussi. 

Quant à nous, nous avons eu une chance folle car nous avions toujours de l’électricité à ce moment-là et nous ne l’avons pas perdue, pas même un clignotement de mauvais augure, de toute la tempête.

La tempête en images :

En attendant Isaias

En attendant Isaias

trajet de la tempête tropicale Isaias

Lundi 3 août nous avons eu un avis de tempête tropicale au plus haut niveau d’alerte, « warning » pour la tempête Isaias qui a remonté la côte atlantique, après avoir évité la Floride, jusque chez nous dans le Nord-Est. Pluies torrentielles et vents avec pointes à plus de 100 km/heure, possibilités de tornades localisées. Cette tempête a flirté avec l’ouragan et a fluctué entre tempête tropicale et ouragan. Pour finir nous n’avons eu qu’une tempête tropicale dans le New Jersey et le Nord-Est. Ça a suffi à notre malheur.

La tempête tropicale Isaias devait toucher le New Jersey au petit matin du mardi 4 août et passer pendant toute la journée pour finir en fin de journée ce même mardi. Par contre les pluies torrentielles ont commencé dès le lundi 3 août soir avec les franges de la tempête.

En cas d’alerte tornade, la mairie nous appelle sur la ligne d’urgence pour qu’on aille se réfugier dans le sous-sol et je suis enregistrée auprès de la mairie et du comté sur tous les téléphones, e-mails textos possibles pour que si l’un des moyens de communication coupe on en ait un autre qui reçoive l’alerte.

Conformément à la procédure recommandée par le consulat et des organismes météo nationaux, j’ai prévenu mes parents et mes amis en France de l’avis de tempête qui nous concernait.  La règle c’est d’informer des gens le plus loin possible, dans un autre état au minimum, un autre continent encore mieux car on sait que les communications et les informations passent mieux au loin que localement dans ces cas-là. On l’a effectivement vérifié lors de du super-ouragan Sandy en 2012. Sans nouvelles prolongées de notre part, charge à eux de contacter les autorités consulaires à New York voire les autorités françaises en charge des expatriés, en France, puisque nous sommes inscrits au consulat pour cette raison notamment. 

En attendant Isaias

L’e-mail du consulat de France à New York

J’ai passé une partie de la journée du lundi donc à faire les préparatifs « tempête d’été », que vous pouvez voir en images dans cette vidéo filmée au fur et à mesure.

On pouvait s’attendre aussi à des coupures de courant généralisées, qui sont de plus en plus fréquentes en cas de tempête maintenant, ce qui n’était pas le cas il y a 15 ou 20 ans. Les infrastructures ne sont pas maintenues ni même modernisées ni même carrément remplacées, ce qu’il faudrait faire, j’y reviendrai.

Heureusement qu’il me reste 20 litres d’essence de secours (de mon stock d’hiver pour le groupe électrogène), que j’élimine en général en mai pour éviter de garder de l’essence dans des jerricans pendant les mois de grosses chaleurs. Mais avec le Covid on ne roule presque pas et j’ai eu du mal à écouler ce stock d’essence d’hiver (heureusement cette année je n’avais fait que 80 litres de stock). D’habitude j’ai tout consommé dans ma voiture à la fin juin. Lundi je les ai transvasés dans 2 bidons de 10 litres que je pense passer dans la tondeuse en attendant de pouvoir les balancer dans une des voitures (il y en a pour 2 ou 3 ans dans la tondeuse !) sauf si besoin pour le groupe électrogène pendant une tempête donc, celle-ci ou une autre… Tout en espérant que non parce qu’avec la chaleur qu’il fait, le groupe électrogène n’est pas fait pour alimenter l’air conditionné mais juste taillé pour alimenter les pompes à eau (alimentation et évacuation), les frigos/congélateurs et le petit appareillage électrique courant, le modem, les ordinateurs et les lumières, pas plus. Donc je serais obligée de faire sauter les fusibles des 2 unités air conditionné centrales. Il faut également débrancher le micro-onde qui fait plus de 1000 watts et le grille-pain dans le même ordre de grandeur, ne pas se servir de l’aspirateur ni d’un quelconque sèche-cheveux. Mon toaster four d’appoint aussi devrait être débranché. Tout le reste peut fonctionner car ce sont tous des appareils à gaz avec juste les thermostats qui sont électriques. 

En milieu d’après-midi du lundi 3 août, il faisait toujours bien chaud, grand soleil et ciel bleu, comme c’est souvent le cas du calme avant la tempête.

En attendant Isaias

Isaias : les nouvelles du lundi soir

 

La Terre est plate — trace

 

En écho à ce que j’écrivais récemment sur la propagande et la désinformation qui ont cours ici, dans un des pays les plus riches du monde, [America first, la Terre est plate], un article du New York Times en date du 29 juillet tente de mettre le doigt sur une raison, trouver une explication : pourquoi l’un des pays les plus riches du monde, avec toutes ses ressources financières et industrielles, scientifiques et universitaires qui sont à sa disposition, s’en sort si mal pour gérer et stabiliser cette pandémie et assiste impuissant à la pire éruption de virus que partout ailleurs — n’en déplaise à l’agent orange (et ça lui déplaît, il ne faut que du positif et des bonnes nouvelles, en ces temps où tout va mal on a qu’a les inventer s’il n’y en a pas et nier les mauvaises — c’est une citation ! ) Pourquoi donc l’épidémie fait-elle rage ici de façon pire que partout ailleurs dans les pays développés et riches ?

Il y a de multiples raisons, l’une et non des moindres, étant l’agent orange, mais le New York Times soulève une autre raison tout aussi importante : en sus donc de l’agent orange incompétent et dangereux et toute une cour qui le courtise — il n’est pas seul et ceci rejoint cela : il y a les Fox News et autres chaînes télévisées, et propriétaires de journaux d’extrême droite (très extrême, on pourrait dire fasciste voire pire), il n’est pas seul comme je disais !

Ces groupes multimédias d’extrême extrême droite n’existent pas à ce niveau de diffusion, d’audience et de moyens financiers ailleurs dans le monde (démocratique) et c’est la perte de ce pays. Le NYT pointe avec justesse que la taille et le pouvoir (financier et par conséquence de nuisance ) de ces médias n’ont aucun équivalent dans le monde occidental et riche (nommément Canada, Japon et la majeure partie de l’Europe). Ils mentionnent une organisation de presse et télévision que je ne connaissais pas ( heureusement pour moi, d’après ce qu’ils décrivent c’est à vomir ! ) peut-être même pire que Fox News (encore que) qui n’est déjà pas un cadeau. Ce groupe de médias (je refuse de citer son nom) en particulier touche 40 % ( ! ) des Américains via les nouvelles locales — propagande mensonge éhonté anti-science et théories du complot, conspirations et conspirationisme sont au programme et ça a l’air normal, personne n’y trouve à redire, Ça a pignon sur rue, ce n’est pas sous le manteau ni dans le DarkNet. 

C’est vrai, dans les autres pays il n’y en a pas de cette dimension, les complotistes et autres fous à lier ne touchent pas une grande audience et surtout ne sont pas pourvus des moyens colossaux tels que ceux de ce groupe (200 chaînes de télé plus la presse et peut-être d’autres médias dont nous n’avons pas idée ) pas plus que ceux de Fox News qui a des moyens équivalents et surtout qui influence énormément le président actuel — avec les résultats que l’on sait. Chaînes de désinformation, de mensonges, de théorie du complot plus agent orange décérébré donnent pour résultat un cocktail explosif dont nous (la population) faisons les frais sur le plan sanitaire en premier lieu, mais pas que (disons qu’en ce moment le problème sanitaire est le problème majeur).

Si un illuminé fait la promotion de la Terre plate en Europe, il aura peu d’audience notamment dans le grand public, ce qui n’est pas le cas ici. Ici, non seulement il aura une audience, mais surtout des moyens financiers extraordinaires pour le soutenir et supporter sa cause aussi arriérée soit-elle.

Sans compter qu’outre ces groupes multimédias extrêmement puissants, le NYT pointe aussi le pouvoir de nuisance des réseaux sociaux (par leur essence même je dirais) surtout parce qu’ils traînent des pieds pour faire le nettoyage de la désinformation qui circule sur leurs plates-formes (le NYT cite nommément FB et YT).

Ces deux points mis en avant par l’article du NYT sont les deux raisons majeures qui font que le virus nous a atteints avec une telle force et provoque un tel désastre ici sans lueur au bout de notre tunnel — descente en vrille totale.

Le virus, quel virus ?