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18 août – les courses alimentaires à nouveau

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Départ pour les courses alimentaires 18 août 2020

 

Il me semblait bien que mes stocks avaient baissé grandement en seulement 2 semaines et qu’il me fallait retourner faire le plein alimentaire. Chose que je n’aimais déjà pas beaucoup faire dans la vie d’avant, que je redoute maintenant. Tous les préparatifs et le stress, tout est plus compliqué, une liste à peaufiner en ayant peur d’oublier quelque chose d’absolument indispensable, on ne veut pas avoir à y retourner de sitôt. Les stocks ne sont pas au maximum, il faut être prêt à faire des modifications ou à ne pas trouver ce que l’on cherche. Il faut se lever tôt pour aller en tout début de matinée pour éviter toute foule, faire attention aux gens — plus dangereux que le virus par leur comportement erratique au mieux, défiant au pire. Comme si la virilité (ce qui en tient lieu) ou la contestation (ce qui en tient lieu) passait outre le risque d’attraper une maladie, nécessitait d’attraper une maladie — cette maladie. J’ai envie de dire WTF* !  Il faut bien se mettre dans la tête que le virus n’en a rien à faire des actes de défiance et de pseudo bravoure — bravache sans objet. On se tourne contre, on est hostile envers un autre être humain ou ses recommandations mais quand on ne les suit pas c’est le virus qui gagne et ni l’un ou l’autre des deux humains en opposition soi-disant idéologique. Il n’y a pas d’idéologie dans une pandémie une épidémie un virus ou un microbe comme on les appelait dans le temps — soit dit en passant on s’en méfiait sans bravache alors.

Je me résous donc à aller faire les courses cette semaine-là, Comme d’habitude ces derniers temps, je choisis le mardi pour laisser du temps au réapprovisionnement, me disant qu’ils ne sont pas livrés le dimanche sans doute. 

Mardi 18 août donc. C’est en rangeant mes courses après et en mettant de côté mon ticket de caisse avec les autres que j’ai retrouvé le précédent : je me suis aperçue que la fois précédente où j’étais allée faire les courses c’était le 21 juillet. Donc un mois en fait et pas 15 jours comme je le croyais. Pas étonnant que j’aie trouvé mes stocks un peu bas et que nous mangions depuis un certain temps des tortillas mexicaines en guise de pain. (Elles se gardent un temps infini et même longtemps après la date de péremption, sans jamais moisir, ce qui en dit long sur leur composition … pas grand-chose de naturel, bourrées de produits chimiques sans aucun doute mais bon, ça dépanne.)

Sur les courses en elles-mêmes, je suis arrivée tôt, peu de monde, j’avais souvent les allées pour moi toute seule, j’y ai croisé épisodiquement une personne, jamais plus. Les stocks d’à peu près tout sont revenus, même s’ils ne sont pas au maximum, les rayons sont moins chargés à bloc qu’avant mais il y a un peu de tout. Le papier toilette est revenu (partout même en ligne) pas de la marque que j’achète depuis toujours (une des marques majeures aux États-Unis) mais il y en a. (J’ai acheté de ma marque en juillet à Target, comme d’habitude et sans restrictions.)

Seul point noir, les lingettes désinfectantes au chlore, et les lingettes pour main au chlore qui ne sont nulle part non plus. Mais les lingettes désinfectantes pour surface au chlore de type Clorox ou Lysol il n’y en a plus nulle part, dans aucun magasin ni en ligne. De temps en temps si on est là au bon moment on trouve de la marque distributeur, moins bien mais gradées désinfectantes. Sinon il y a des lingettes chinoises non gradées désinfectantes que j’ai achetées pour le ménage courant, histoire de conserver au maximum les vraies dont il me reste un tout petit stock, qui ne me sert que pour les sorties courses d’ailleurs. (Ce serait l’équivalent des lingettes St Marc Javel ou Lacroix Javel voire Sanytol en France)

Dans le magasin tout le monde a un masque (c’est obligatoire heureusement) mais j’ai quand même croisé (de loin, de très loin j’ai changé d’allée quand je les ai vus, histoire d’éviter tout risque et je répète, le risque majeur en cette occurrence n’est sans doute pas le virus) donc j’ai quand même croisé deux personnes avec les masques sous le nez — et le regard féroce. On dirait fierce ici. Aucune envie de faire la police ni de m’y frotter, ne serait-ce que par une moue de désapprobation, cela pourrait s’avérer dangereux. Heureusement la contrepartie c’est qu’avec mon masque on ne risque pas de voir ma moue de désapprobation. Mais comme je le disais, je me suis éloignée et ai attendu qu’ils s’en aillent de l’allée où je voulais aller pour y aller à mon tour.

Ce sont des hommes à chaque fois : virilité mal placée, surtout quand ce sont eux en moyenne les plus fragiles. Comme en général pour toutes les maladies et affections, une simple protection de l’espèce, n’oublions surtout pas que nous sommes des animaux comme les autres, pas plus pas moins, même si nous avons l’arrogance de nous croire supérieurs et meilleurs en tout — cette pandémie est la preuve qui confirme que nous sommes des animaux et la preuve qui infirme nous sommes supérieurs. En fait, mais c’est un autre sujet, le sexe faible c’est eux. Aucune polémique à avoir, c’est purement biologique. Il est vrai que la science est en recul depuis une bonne trentaine d’années, les croyances moyenâgeuses et autres mythes irréels ont de beaux jours devant eux. Et ça empire et ça s’accélère, encore plus depuis le début de la pandémie.

Pour finir en beauté ces courses, vraiment en beauté, la goutte d’eau, la cerise sur le gâteau, bien qu’elle ne me concerne pas directement, l’histoire de la femme dans la voiture avec sa lingette. En ce qui me concerne je fais les courses avec des gants en plastique jetables, je désinfecte ma barre de caddie à la lingette (la fameuse lingette Clorox ou Lysol, réservée uniquement aux courses ces temps-ci), puis j’ouvre mon coffre avec ma lingette, je rentre mes courses dans ledit coffre et je rapporte mon caddie. Alors je jette mes gants (enlevés selon la procédure premiers secours pour ne pas me contaminer) et la vieille lingette dans la poubelle dispose à cet effet à côté du coin de rangement des caddies, puis je sors une nouvelle lingette d’un sac en plastique dans ma poche et je me désinfecte les mains (qui devraient être non contaminées puisque j’avais les gants tout le temps des courses et du paiement, où l’on touche le maudit terminal et la maudite caisse où l’on fait tout soi-même, la seule que j’utilise si possible) donc je me désinfecte les mains avec une lingette au chlore neuve. Et je vais enfin dans ma voiture où j’enlève mon masque en le touchant par les boucles, puisqu’il fait relativement chaud et que je ne compte aller nulle part ailleurs. Un deuxième coup de désinfection des mains qui ne nuit pas ensuite, ce que je fais.

Assise dans ma voiture, prête à redémarrer, je tourne la tête et vois une dame qui rentre dans la sienne un peu plus loin. Elle enlève soigneusement son masque par les boucles, jusque là tout va bien (Plusieurs fois j’ai vu des gens  arracher leur masque à pleines mains — sales d’avoir touché tout le supermarché et la caisse ! — à peine un pied hors du seuil de la porte du supermarché). Je la vois qui ensuite se frotte les mains avec une lingette (à ce moment-là je me dis, tiens elle fait comme moi, avant de toucher son volant et le reste de sa voiture) tout va bien toujours. Et le coup de grâce, avec cette même lingette, j’insiste, je l’ai regardée tout du long, avec cette même lingette elle enchaine et se frotte énergiquement tout le visage ! Là je crois que j’ai crié « oh non ! » toute seule dans ma voiture.

Les bras m’en tombent. Ô désespoir ! ô connerie ennemie ! N’ai-je donc tant vécu que pour cette idiotie ?

Avec toutes ces (petites) péripéties et le stress induit, il n’est pas étonnant de comprendre que je n’aime pas faire les courses, que je les redoute même maintenant et que je continue à me faire livrer les produits non périssables quand ils sont disponibles à l’envoi postal. 

Les prochaines courses dans un mois j’espère, autour du 20 septembre, D’autant que j’ai depuis le mois d’avril des produits frais, légumes, fruits, œufs ainsi que du fromage et d’autres produits frais comme des pâtes etc,  (en option, si je le souhaite) dans un « panier de ferme » hebdomadaire livré à ma porte tous les mercredis. Des produits de fermes locales et un peu moins locales (Virginie, Maryland et Delaware, ainsi que plus proches Pennsylvanie et état de New York ) mais essentiellement des produits de fermes du New Jersey et de la Pennsylvanie — nous vivons à 60 km de la frontière de la Pennsylvanie dans le New Jersey central où je vis. C’est ce panier (un gros carton en réalité) qui permet de tenir en ne faisant les courses alimentaires qu’une fois par mois.

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Note :

* WTF : What The Fuck. La traduction approximative pourrait être « c’est quoi cette merde » ou « c’est quoi ce bordel ».

P.S. — tous les dictionnaires en ligne fournis par Google ou Apple disent que cette locution n’existe pas ! Où le puritanisme et le chochotisme va se nicher. Il est évident que tuer des gens avec des armes c’est moins grave que de dire un gros mot, les tueries et la violence physique extrêmes ne sont pas censurées elles !

 

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Les courses faites !

La Terre est plate — trace

 

En écho à ce que j’écrivais récemment sur la propagande et la désinformation qui ont cours ici, dans un des pays les plus riches du monde, [America first, la Terre est plate], un article du New York Times en date du 29 juillet tente de mettre le doigt sur une raison, trouver une explication : pourquoi l’un des pays les plus riches du monde, avec toutes ses ressources financières et industrielles, scientifiques et universitaires qui sont à sa disposition, s’en sort si mal pour gérer et stabiliser cette pandémie et assiste impuissant à la pire éruption de virus que partout ailleurs — n’en déplaise à l’agent orange (et ça lui déplaît, il ne faut que du positif et des bonnes nouvelles, en ces temps où tout va mal on a qu’a les inventer s’il n’y en a pas et nier les mauvaises — c’est une citation ! ) Pourquoi donc l’épidémie fait-elle rage ici de façon pire que partout ailleurs dans les pays développés et riches ?

Il y a de multiples raisons, l’une et non des moindres, étant l’agent orange, mais le New York Times soulève une autre raison tout aussi importante : en sus donc de l’agent orange incompétent et dangereux et toute une cour qui le courtise — il n’est pas seul et ceci rejoint cela : il y a les Fox News et autres chaînes télévisées, et propriétaires de journaux d’extrême droite (très extrême, on pourrait dire fasciste voire pire), il n’est pas seul comme je disais !

Ces groupes multimédias d’extrême extrême droite n’existent pas à ce niveau de diffusion, d’audience et de moyens financiers ailleurs dans le monde (démocratique) et c’est la perte de ce pays. Le NYT pointe avec justesse que la taille et le pouvoir (financier et par conséquence de nuisance ) de ces médias n’ont aucun équivalent dans le monde occidental et riche (nommément Canada, Japon et la majeure partie de l’Europe). Ils mentionnent une organisation de presse et télévision que je ne connaissais pas ( heureusement pour moi, d’après ce qu’ils décrivent c’est à vomir ! ) peut-être même pire que Fox News (encore que) qui n’est déjà pas un cadeau. Ce groupe de médias (je refuse de citer son nom) en particulier touche 40 % ( ! ) des Américains via les nouvelles locales — propagande mensonge éhonté anti-science et théories du complot, conspirations et conspirationisme sont au programme et ça a l’air normal, personne n’y trouve à redire, Ça a pignon sur rue, ce n’est pas sous le manteau ni dans le DarkNet. 

C’est vrai, dans les autres pays il n’y en a pas de cette dimension, les complotistes et autres fous à lier ne touchent pas une grande audience et surtout ne sont pas pourvus des moyens colossaux tels que ceux de ce groupe (200 chaînes de télé plus la presse et peut-être d’autres médias dont nous n’avons pas idée ) pas plus que ceux de Fox News qui a des moyens équivalents et surtout qui influence énormément le président actuel — avec les résultats que l’on sait. Chaînes de désinformation, de mensonges, de théorie du complot plus agent orange décérébré donnent pour résultat un cocktail explosif dont nous (la population) faisons les frais sur le plan sanitaire en premier lieu, mais pas que (disons qu’en ce moment le problème sanitaire est le problème majeur).

Si un illuminé fait la promotion de la Terre plate en Europe, il aura peu d’audience notamment dans le grand public, ce qui n’est pas le cas ici. Ici, non seulement il aura une audience, mais surtout des moyens financiers extraordinaires pour le soutenir et supporter sa cause aussi arriérée soit-elle.

Sans compter qu’outre ces groupes multimédias extrêmement puissants, le NYT pointe aussi le pouvoir de nuisance des réseaux sociaux (par leur essence même je dirais) surtout parce qu’ils traînent des pieds pour faire le nettoyage de la désinformation qui circule sur leurs plates-formes (le NYT cite nommément FB et YT).

Ces deux points mis en avant par l’article du NYT sont les deux raisons majeures qui font que le virus nous a atteints avec une telle force et provoque un tel désastre ici sans lueur au bout de notre tunnel — descente en vrille totale.

Le virus, quel virus ?

America First — trace

 

(suite de l’article que j’avais écrit en avril de cette année, à lire ici)

« On a la meilleure médecine du monde, les meilleurs hôpitaux, les meilleurs soins, les meilleurs tests, les meilleurs médicaments, les meilleurs tout. On est les meilleurs de toute façon. »  Propagande qui s’autodétruit et nous autodétruit — tous les citoyens, tous les habitants de ce pays, dans cette guerre devenue une guerre purement partisane (le virus ? quel virus ?).  

Si quelqu’un de l’autre parti le dit, c’est forcement faux (l’autre parti étant les démocrates bien entendu) et si l’on n’est pas pour (les républicains} on est forcement de l’autre parti, donc contre l’Amérique. Ceux qui ne sont pas pour nous sont contre nous, on a déjà entendu ça, aussi loin que dans la Bible, ce qui n’est pas une référence, jusqu’à plus récemment, par exemple par W pour rallier tout le monde à sa guerre d’Irak. Et avant c’était Mussolini et aussi les nazis qui disaient ça dans les années 30.

Ce n’est pas que les médecins et les soignants soient mauvais du tout mais ils n’ont aucun moyen pour travailler, tout est recouvert d’une chape administrative, plusieurs chapes, et privées et étatiques, d’un mille-feuille bureaucratique grâce auquel l’argent se perd dans des méandres monstrueux — il n’est pas perdu pour tout le monde bien entendu : la règle numéro 1 c’est de presser le citron des citoyens, les patients et malades ne sont pas des patients mais des clients — tout est bon pour les faire cracher au bassinet et les arnaquer. En leur mentant notamment sur l’intérêt d’un système de santé universel qui serait bien moins cher pour chacun en réalité — il ne faut surtout pas justement, certains se feraient moins d’argent. Pour éviter toute velléité on agite le drapeau du communisme dès que quelqu’un émet l’idée d’une couverture universelle et de supprimer ces multiples assurances privées opaques qui sont des pompes à fric inimaginables. C’est par milliards de dollars qu’ils aspirent l’argent, et des clients-citoyens-patients et des médecins et hôpitaux. 

Un hôpital par exemple n’est pas un hôpital mais une coquille vide, des simples murs et tout à l’intérieur, depuis la moquette au plafonnier en passant par le personnel qui y officie pour une raison ou une autre, est une sous-couche, un sous-traitant, pas d’employés pas de meuble pas de matériel médical, rien de fait partie d’une structure unique — qui devrait être l’hôpital —ce qui se traduit au final par des facturations multiples pour le patient qui payera l’hôtellerie, les machines et le matériel médical utilisés, les laboratoires, la restauration, les médecins les infirmiers et les frais généraux et administratifs, j’en passe, séparément — personne et rien ne fait partie de l’hôpital qui en fait n’existe que dans le nom (et ses sociétaires qui rackettent pardon récoltent les dividendes juteux). C’est bien pratique, aucune entité contre qui se retourner ou demander des détails, fin de la digression.

Quiconque ose critiquer ou remettre en cause ce système mafieux, il n’y a pas d’autre mot, mais mafieux légal bien sûr (tout va bien tout est légal, ce n’est pas moral ? Peu importe. Ce qui importe c’est le légal), donc quiconque ose critiquer ou émettre des réserves se fait traiter de communiste.

Communisme étant l’injure suprême, il n’y a pas pire. Et n’oublions pas la chasse aux sorcières, c’était il n’y a pas si longtemps : être seulement suspecté de pensées dites « progressistes » valait pour communisme en un temps où il était fort dangereux d’en être accusé (beaucoup ont été détruits et certains ont même été condamnés à mort).

On ne peut même pas émettre l’idée, encore moins suggérer d’étudier la question objectivement. Même les citoyens de base, même les plus pauvres sont contre un système de santé universel— ils ne veulent pas être soupçonnés de communisme, pensez donc. 

C’est la même façon de raisonner ici, si l’on est pour un système de santé équitable, on est contre le système existant donc l’ennemi, ceux qui ne sont pas pour nous, etc.

Il n’y a pas de troisième voie, tout est binaire avec les dégâts que l’on voit directement, ici et maintenant dans la crise sanitaire actuelle — un désastre.

Parce que le virus lui il s’en fout de nos batailles partisanes. Le virus ? Quel virus ? Si vous parlez de virus vous êtes contre nous — et c’est reparti dans la boucle infernale.

Un pur désastre, America First donc dans le monde malade du virus — le plus de cas, le plus de morts, le plus d’incompétence à gérer la crise. Est-ce étonnant avec l’agent orange en chef ? (Il n’est pas le seul, il a de bons petits sous-chefs tous aussi incompétents, le doigt sur la couture du pantalon.)

L’essentiel c’est America First. Il suffit de le dire et de le croire pour que ça devienne réalité — langage performatif. Et si les faits et le réel donnent tort à cette vision complètement imaginaire, eh bien le réel a tort, le réel n’existe pas, il n’a pas eu lieu. « Nous nous en sortons bien, nous sommes ceux qui s’en sortent le mieux dans le monde actuellement. »

Le virus ? Quel virus ?

Le prix de l’essence

 

Le prix de l’essence est passé sous la barre de 2 dollars le gallon (environ 3,8 litres). Hier j’ai complété l’essence qu’il y avait dans le réservoir de ma voiture, pour avoir un peu d’essence fraiche qui se mélange à l’essence qui est dans le réservoir depuis plusieurs mois et dont seulement 1/3 environ a été ajoutée lors de mon dernier plein le 15 mars. Depuis je n’ai presque pas roulé et une fois que le niveau était descendu d’un tiers j’ai fini par rajouter une vingtaine de litres de ma réserve d’essence d’hiver — je garde toujours 100 litres d’essence dehors pour le générateur en hiver et généralement je m’en débarrasse en la mettant dans les voitures au printemps, ce que je n’ai presque pas pu faire cette année puisque nous n’utilisions pas les voitures et ne consommons rien. 

Il me fallait donc impérativement mélanger un peu d’essence fraiche à ce qu’il y avait dans mon réservoir, ce que j’ai fait hier : pour 8,5 gallons j’en ai eu pour 17 dollars, c’est-à-dire environ 32 litres pour cent francs ou 15 euros ! Cela fait longtemps que cela ne m’était plus arrivé — même si aux États-Unis l’essence est bien moins chère qu’en France et en Europe, ces dernières années elle oscillait entre 2,60 dollars le gallon au moins cher et 3,50 dollars voire quelques pointes à presque 4 dollars le gallon. Ce sont les prix à la pompe, taxes comprises dans le New Jersey.

Quand je suis arrivée en 2002, le gallon était à moins de 1,50 dollar (voir la photo ci-dessous) et on pouvait le trouver encore moins cher dans d’autres stations-service, dans mon petit Getty qui était bon marché je le payais environ 1,25 dollar.

Le prix de l'essence en juillet 2002 dans le New Jersey

New Jersey, USA 4 juillet 2002 : le prix de l’essence ! (de $1.47 à $1.68 le gallon)

La station Getty aout 2002-1

La station Getty – photo prise en août 2002 peu après notre arrivée

Pompe de la station Delta de Berkeley Heights

Pompe de la station Delta de Berkeley Heights – photo prise le 20 mars 2018 entre 2 tempêtes de neige

Quand est-ce qu’on aura enfin des bonnes nouvelles ?

Quand est-ce qu’on aura enfin des bonnes nouvelles ou au moins meilleures ? Avec le crétin criminel qui nous gouverne, on ne s’en sort pas. Les états de New York, du New Jersey et du Connecticut (les états les plus lourdement touchés jusqu’à présent, du fait de la métropole de New York City et son énorme densité de population — ville verticale s’il en est —, de son statut de point d’entrée, de passage et son brassage de populations venues du monde entier ), les trois états donc commencent à peine à revivre. Mais comme nous ne sommes pas un pays indépendant, nous recevons maintenant le virus des autres états, qui se sont bien moqués de nous et nous ont méprisés lorsque nous avions tout fermé en mars (pourtant trop tardivement) et surtout n’ont pas cru que ce qui se passait chez nous était vrai. C’était de la propagande démocrate, bien entendu ! On a fermé la moitié de l’humanité pour de la propagande démocrate — combien de gens en dehors du pays connaissent les opinions et programmes des démocrates américains et en ont quelque chose à faire ? 

Ces mêmes gens des mêmes états de la Sun Belt et de la Bible Belt (tout un programme) des États-Unis ne croient toujours pas à l’existence du virus — la Terre est plate voyons et ceux qui prétendent le contraire propagent de la propagande démocrate. Le virus n’existe pas, il suffit de le dire pour que ce soit vrai, c’est du langage performatif par excellence. La Terre est plate, si on le répète suffisamment fort elle le deviendra de toute façon, donc c’est vrai par avance. Le Moyen-Âge n’est pas loin et je me demande même s’ils n’étaient finalement pas plus avancés en ce temps-là —

quand est-ce qu’on aura enfin des bonnes nouvelles ?

(journal du 8 juillet 2020)

Le mois du grand changement

En 31 secondes, à raison d’une seconde par jour, voici le mois de mars 2020 — le mois du grand changement : premier cas de coronavirus officiel dans le New Jersey le 5 mars, le 9 mars premier cas officiel dans notre petite ville de Berkeley Heights, l’état d’urgence dans le New Jersey déclaré le même jour, les courses et les rayons vides — notamment de papier toilette ! Puis le confinement et toutes nos activités intégralement à la maison, sorties limitées au maximum, une seule fois au supermarché après le 21 mars, jour officiel du début du confinement du New Jersey même si en pratique nous étions personnellement confinés depuis le 15 mars. Et les appels du maire sur la ligne d’urgence pour nous tenir informés des restrictions et contraintes.

Du New Jersey (journal du 21 juin 2020)

Rayon des lingettes de type Clorox à Target

Rayon des lingettes de type Clorox à Target (photo prise le 3 mars : il en restait encore un peu mais déjà on voit que les stocks commençaient à baisser fortement)

Maintenant, en date du 21 juin, ce sont les lingettes désinfectantes au chlore (lingettes ménagères de type Clorox ou Lysol) qui sont indisponibles partout. J’ai même essayé la pharmacie et le magasin d’équipement de cuisine qui en vend d’habitude et rien, ni en ligne ni en stock en magasin d’après leurs sites Internet. En cherchant partout sur Internet, je n’ai trouvé qu’une vague boîte vendue par un vendeur « marketplace » pour 29 dollars ! Il y a en plus des frais d’expédition outranciers et l’on n’est même pas certains de recevoir le produit original mais plutôt une contrefaçon, si l’on reçoit quelque chose tout court au bout du compte. Grosses arnaques, fraudes et contrefaçons à la clef. En plus 29 dollars, même si c’est le vrai produit c’est de la pure spéculation — j’appelle ça du vol — d’habitude une boîte coûte entre 3 et 5 dollars selon la taille, moins si je l’achète en lot à mon club d’achat. Qui n’en a plus donc, Target non plus. Et l’amazone autre que « marketplace » non plus.

Je n’en ai pas vu hier 20 juin non plus à Home Depot — le Casto local : les rayons étaient vides ! Alors qu’ils en vendent et à prix intéressant, d’habitude. Par contre ils avaient du PQ en énormes paquets et du gel hydroalcoolique en bidons de 2 litres, choses qu’ils ne vendent pas d’habitude — avant. Je n’ai pas eu le temps d’examiner le gel, j’étais dans la queue pour payer et il y avait un monde fou. Je n’avais qu’une envie, c’est de foutre le camp et de fuir toute cette foule. Je n’aimais déjà pas la foule avant, ça ne s’est pas amélioré avec cette épidémie. De toute façon, ce gel, nous nous en servons peu, voire pas puisque nous restons tous à la maison avec accès au savon et au lavabo. Je pense juste que si ça revient dans les rayons je devrais en acheter d’avance pour quand nous ressortirons, pour quand ma fille retournera à New York en septembre, histoire d’être parés si jamais ça redisparaît. Les masques aussi réapparaissent. Il y en avait à côté du gel, des palettes entières au même Home Depot mais à un prix défiant tout sens commun ! Même si c’étaient les masques bleus à plis, ils étaient bien étiquetés comme non médicaux ( ?! ) vendus au prix délirant de 39 dollars pour une boîte de 50. Puisque ce ne sont pas des masques chirurgicaux pour ce prix, autant continuer avec nos masques en tissu lavables (et de bonne qualité, cousus par une petite entreprise américaine de San Francisco, qui fait habituellement des sacs et des housses à façon et dont j’étais cliente avant : ils ont reconverti leur production en production de masques au lieu de sacs pendant le confinement et continuent toujours à en fabriquer depuis qu’ils ont repris la fabrication de leurs autres produits). J’ai vérifié le prix des masques chirurgicaux sur le site Internet de la pharmacie, c’est le tiers ou le quart de ce prix-là mais ils n’en ont pas et ne proposent en ce moment eux aussi que des masques « non médicaux » au même prix outrancier. Donc ça reste. D’autant qu’en lisant les avis sur Internet, ces masques sont de piètre qualité, les élastiques se détachent du masque la plupart du temps rien qu’en les enfilant et ils sont si fins qu’ils ne doivent rien protéger du tout. Pour couronner le tout, et ceci explique cela, ils sont faits en Chine. À ce compte-là même un bandana doit être plus efficace. J’attendrai les masques chirurgicaux labélisés comme tels. J’ai fait une petite note d’en acheter quand ils reviendront sur le marché et à des prix normaux, pour en avoir pour le futur et les futures crises sanitaires.

J’envisage de fabriquer moi-même des lingettes ménagères préimbibées puisque l’on trouve à nouveau soit du Clorox concentré soit du spray de ménage (version désinfectante bien entendu) et j’ai des lingettes multi-usages sèches (de la marque Clorox d’ailleurs), il me suffit de garder des tubes containers vides pour les préparer et les conserver.

En date du 21 juin, pas de gants non plus, ni en vinyle ni nitrile  dans aucun des magasins habituels, ni à la pharmacie et même pas de gants de peinture jetables à Home Depot, le rayon était vide. Pour ce que j’en fais (si je fais des courses, me protéger les mains du caddie ou de l’écran et du clavier pour payer, gants que j’enlève avant de rentrer dans ma voiture), pas besoin de gants médicaux pour le coup, de simples gants de peinture suffiraient.

P.S. —  le lendemain lundi 22 juin je suis passée physiquement à la pharmacie et j’ai trouvé des gants en vinyle (le dernier paquet en rayon, 15 $ pour un paquet de 100 ce qui est un poil cher, cela devrait tourner vers les 9/10 dollars normalement pour des gants médicaux mais ça restait dans une marge raisonnable donc je l’ai acheté). Il n’y avait pas de lingettes désinfectantes en stock comme mentionné sur le site Internet la veille. Il y avait par contre du gel hydroalcoolique, des flacons de toutes tailles, du demi-litre au quart de litre et au format de poche 60 ml, tous à des prix raisonnables. J’en ai donc acheté plusieurs flacons de 1/4 de litres et des flacons de poche, pour le futur si jamais ça disparaissait à nouveau. Il faut noter qu’il n’y avait pas de limite à ce qu’on pouvait acheter et les rayons étaient pleins. Donc j’en déduis que comme le PQ, ça aussi c’est revenu.

C’est le lendemain 23 juin que la Food and Drug Administration (FDA) a émis un avertissement sur 9 gels hydroalcooliques fabriqués au Mexique (tous du même fabriquant sous des marques et conditionnements différents) qui sont toxiques car fabriqués avec du méthanol au lieu de l’alcool éthylique (les vautours humains toujours à la recherche de plus de profit, fraude arnaque et contrefaçon — dangereux dans ce cas-là du gel au méthanol, encore plus que les masques qui ne protègent pas). Je me suis ruée sur mes bouteilles fraichement achetées la veille —  à la pharmacie mais ça ne veut rien dire. D’ailleurs la FDA ne les retire pas du marché mais prévient simplement les consommateurs de les jeter immédiatement sans les utiliser s’ils en ont chez eux. Autre continent autres mœurs, en Europe on aurait fait un retrait immédiat et pas un simple avertissement. Idem pour les masques de mauvaise qualité vendus même en pharmacie ! Pire, des masques non médicaux sont vendus en pharmacie ! (et je ne parle pas de masques en tissus). Mais les pharmacies n’ont rien des pharmacies à l’européenne ici, ce sont des petits supermarchés avec un coin pharmacie proprement dit, réservé uniquement pour les prescriptions / ordonnances. Le reste étant en vente libre dans la partie supermarché, le pharmacien n’appose pas son « label de qualité et de conseil ». Bref on peut y vendre n’importe quoi !

Donc je me suis ruée sur mes bouteilles, la petite, de poche est fabriquée au Canada, ouf mais la grosse d’un quart de litre… au Mexique. Après avoir imprimé la liste officielle de la FDA et comparé.. ouf aussi, ce n’est pas de cette compagnie. J’ai d’ailleurs fait une recherche sur cette compagnie de « parapharmacie »  qui a tout un catalogue de produits de ce type : bizarrement elle n’a pas de site Internet proprement dit mais seulement un site Facebook — drapeau rouge qui se déclenche tout de suite. Faisant une recherche plus approfondie au niveau de l’enregistrement légal des sociétés, cette société a en tout et pour tout un personnel de… 10 personnes… mondialement ! Ce n’est plus le drapeau rouge, c’est un rideau rouge entier à ce niveau-là. En gros ce doivent être des « revendeurs » de produits frelatés (peut-être même pas fabriqués au Mexique finalement). À éviter absolument et pas seulement pour leurs gels hydroalcooliques. Une société internationale de 10 personnes qui vend en plus 9 marques différentes ( ! ) rien que pour les gels hydroalcooliques, d’autant plus suspect… Il faut aussi noter que des journalistes des différents journaux qui ont relayé l’avertissement de la FDA ont essayé de contacter cette entreprise… sans réponse, ils n’ont pas réussi du tout à parler à quelqu’un ni avoir aucun contact !

Alors en France on a l’AFNOR et on a des normes à tout va, qui sont certaines fois pesantes mais pour ce genre de produits pharmaceutiques ou parapharmaceutiques, vous pouvez en être contents ! À cela s’ajoutent « les fraudes » (la fameuse DGCCRF comme on l’appelait de mon temps) qui fait effectivement retirer les produits frauduleux du marché et d’autant plus les produits dangereux ! 

Hier, 25 juin, j’ai aussi trouvé du gel hydroalcoolique en gros flacons (1/2 litres) à mon club d’achat. C’est une marque qui est une marque plus connue et j’ai tout de suite vérifié la société, qui a pignon sur rue et qui semble plus légitime. On n’est à l’abri de rien bien entendu, les affaires récentes dans le monde entier impliquant d’énormes multinationales avec pignon sur rue, l’ont bien prouvé, mais au moins il n’y a pas tous ces drapeaux rouges de fraudes à la petite semaine. 

En tout cas, cela confirme bien que  pour le gel hydroalcoolique, c’est revenu à peu près à la normale, comme pour le PQ. 

 

Du New Jersey (journal du 29 avril 2020)

 

29 avril : toujours pénurie de PQ, je viens de passer une heure à essayer d’en trouver en ligne, entre mon club d’achat (BJ’s), Target et Amazon. Je serai obligée de me rabattre sur des gros rouleaux industriels qui ne tiennent pas dans le dévideur bien entendu. Mieux que rien ou mieux que passer au gant et au savon (je suis prête à le faire si jamais, ce n’est pas la fin du monde non plus, juste une perte de confort ou de facilité).

Cela paraît complètement délirant que les gens stockent depuis le début de la crise — encore et toujours. On ne s’essuie pas plus qu’avant ou j’ai loupé quelque chose ? Nous sommes le même nombre d’individus (voire moins au pire, avec tous les morts — sarcasme) : mettons nous sommes le même nombre de gens, les gens ont stocké donc ça devrait être bon maintenant — 2 mois dans la crise. Ne me dites pas qu’ils continuent toujours à en acheter et à en stocker ? Ma sœur m’a dit qu’après une petite pénurie en France c’est revenu, elle a acheté un paquet de taille habituelle la semaine dernière, dans son petit supermarché de village de grande banlieue parisienne.

Ici aux États-Unis, non. Et ce n’est pas que pour les achats en ligne puisque les magasins sont « out of stock » en ligne ainsi que dans les magasins « physiques ». J’ai accès aux 3 possibilités pour chaque enseigne : delivery, shipping ou pick up. Shipping c’est le stock en entrepôt, delivery ou pick up, le stock dans un magasin en particulier (en général je sélectionne mon magasin habituel, voire un second proche). Pas de stock dans les magasins dans un rayon de 50 kilomètres. Je n’ai pas regardé au-delà, mais aucune raison que ce soit différent. On s’essuie tout autant qu’avant, pas plus ! Surtout que tous les lieux publics, restaurants, etc. sont fermés donc ils n’achètent plus : on devrait retrouver ces stocks disponibles pour le grand public. Mystère…

 

P.S. — J’ai pu avoir du PQ le surlendemain 1er mai finalement. Le 30 avril, j’ai pu faire une commande chez mon supermarché habituel. Je me suis connectée au site de mon supermarché un peu par hasard pour essayer sans trop y croire et j’ai eu un créneau de livraison disponible pour le lendemain ( ! ) que j’ai réservé aussitôt. Ces créneaux ne durent pas longtemps donc j’ai fait mes courses dans la foulée et en 10 minutes ! L’avantage c’est que c’est le supermarché qui livre donc pas d’intermédiaires qui font gonfler les prix et enrichissent un connard de la Silicon Valley : ce sont les prix habituels du supermarché et comme j’ai une carte de fidélité je bénéficie des offres et remises sur les produits que j’achète le plus. Et pas de frais de livraison outranciers (6 dollars contre 20 minimum quand j’ai utilisé Instacart, pour moins de denrées puisqu’il y a des paliers de frais de livraison, ce qui n’est pas le cas pour mon supermarché qui a un prix fixe pour la livraison). Pas de frais administratifs, etc. non plus. En outre c’est un employé (ou des employés) du supermarché qui remplit la commande et qui livre, donc payé en salaire fixe et protégé. De fait il avait masque et gants et c’est bien un camion du supermarché qui m’a livrée. En faisant ces courses alimentaires donc, j’ai recherché à tout hasard le « toilet paper » et j’ai eu des résultats d’articles qui étaient en stock, dont ma marque habituelle, limités à 2 paquets par commande, mais en stock ! Je ne l’achetais jamais dans mon supermarché Stop & Shop dans la vie d’avant parce qu’ils n’ont que des petits paquets — moins avantageux et à acheter plus fréquemment. Mais comme les gros paquets de la vie d’avant étaient indisponibles partout j’ai sauté sur l’occasion et ajouté les deux petits paquets dans mon panier. Paquets qui ont été effectivement livrés et qui nous ont dépannés.

Ensuite le 22 mai, en faisant une commande à mon club d’achat en gros (BJ’s) j’ai tenté le coup et cette fois il y avait les gros paquets en stock (toujours indisponibles à Target et sur l’Amazon), de ma marque habituelle qui plus est. Limités à un par commande, mais ce sont des paquets géants donc j’en ai commandé un (au prix habituel, expédié par voie postale ou UPS avec le reste de ma commande) en me disant que j’en commanderai un deuxième dans un futur proche. Le paquet a bien été livré, il n’y a pas eu d’indisponibilité de dernière minute.

Et le 5 juin en faisant une autre commande au club, j’ai glissé un autre de ces paquets géants, qui a été lui aussi effectivement livré, ce qui fait que nous sommes parés pour quelques mois.

Ce samedi 20 juin, en allant à mon Home Depot, le magasin de bricolage équivalent de Casto, le long de l’interminable queue pour payer j’ai vu des îlots de palettes de gros paquets de PQ — pas de la marque habituelle, mais ça avait l’air décent et c’étaient aussi des énormes paquets (ils n’en vendent pas d’habitude). Je n’ai pas vu les gens se ruer dessus et sortir avec des caddies débordant de PQ comme j’ai pu en voir en mars, donc j’en ai déduit que c’était revenu plus ou moins.

Du New Jersey (Journal du 28 avril 2020)

 

Un petit manque de motivation pour faire des montages vidéo, trier et traiter mes photos et tout simplement écrire ces derniers temps. Je passe un temps fou à faire les courses, je fais absolument tout passer par Internet et ce n’est pas facile, surtout que les prix ont explosé. Donc il faut que j’ouvre des caddies dans 3 magasins plus Amazon et que je compare les prix en n’oubliant pas les frais d’expédition. En général c’est ce bon vieux Target (équivalent de Monoprix) qui est le plus avantageux et dès qu’on en a pour 35 dollars ils envoient en 2 jours et gratuitement ! Moi qui n’y faisais mes courses que tous les 3 ou 4 mois pour des produits de ménage, d’hygiène et pour le papier toilette, maintenant j’achète une à deux fois par semaine à Target. Malheureusement c’est tout sauf les produits frais puisque ça vient par voie postale ou UPS ou Fedex.

Nous ne sommes pas encore sur la voie du déconfinement parce que selon les points presse des gouverneurs du New Jersey et de l’état de New York, nous sommes toujours sur la montée de l’épidémie. C’est le chaos total au niveau des tests (on a voulu réinventer la roue donc maintenant on le paye — dans tous les sens du terme, réinventer la roue a permis à certains de s’en mettre plein les poches, on saura qui et combien plus tard) ce qui est encore plus effrayant parce que ça veut dire que tous les chiffres sont sous-estimés.

Heureusement qu’on a le grand gourou en chef qui sait tout et résout tout rien qu’en le disant. Cela s’appelle du langage performatif (voir les explications de Michel Onfray dans ses conférences et dans son livre Cosmos) : les pères de l’Église au début du christianisme et ensuite (et toujours d’ailleurs) étaient (sont) des champions en la matière. Je vous avais dit qu’on regretterait le W… Il n’était pas terrible, voire affreux mais il était « moins pire » finalement. Vraiment. Même si ça me coûte de dire ça. Forcément quand on élit un présentateur de « reality show » merdiques (et le présentateur et le show) on ne peut attendre rien de mieux qu’un show perpétuel : le mec il se croit toujours sur son plateau télé et attend les rires et les applaudissements. C’est comme ça qu’on plonge un pays dans le désastre. J’espère que ce sera son Tchernobyl mais ce n’est pas gagné parce que la plupart des Républicains ont une telle haine de l’autre parti qu’ils tordent le cou à la réalité pour prouver que leur champion a raison à tout prix… Même pour son annonce tonitruante d’envoyer du chlore ou de l’alcool isopropylique dans les poumons et des UV à l’intérieur du corps pour désinfecter et tuer le virus, ses supporters ont fait des circonvolutions pour prouver qu’il n’était pas si loin d’une bonne solution ! Cela s’appelle le déni de réalité (idem voir les mêmes conférences et le même bouquin de Michel Onfray qui en parle longuement).

On comprend ainsi comment les dictateurs et autres clowns dramatiques arrivent à continuer à régner tout en disant et faisant des conneries monumentales (par exemple le fou furieux de Corée du Nord… qui paraît presque moins abruti que le nôtre — tout est relatif). Bref on a notre Staline (qui n’était pas mal aussi dans son genre sur le plan du déni et du performatif), avec une constitution et une fédération d’états dirigés par des gouverneurs, ce qui nous protège de la dictature et du désastre absolu (et la constitution et l’indépendance des états). Heureusement que constitutionnellement les pouvoirs du président américain sont limités mais ça n’empêche pas les paroles dangereuses et à la con… et les tweets ! J’ai presque envie de proposer un amendement à la constitution : interdire les tweets et autres réseaux sociaux à la fonction présidentielle américaine à partir de dorénavant. 

9 juin 2020, arrêt officiel du confinement du New Jersey (USA)

Aujourd’hui 9 juin l’ordre de confinement du New Jersey vient d’être levé il y a quelques heures par le gouverneur, alors que nous sommes en phase 1 et bientôt en phase 2 (le lundi 15 juin) de la réouverture de l’état du New Jersey. 

Aujourd’hui au point presse de la mi-journée le gouverneur du New Jersey, mon état, a donc annoncé la levée de l’ordre de confinement obligatoire (lockdown and stay at home order) donc officiellement ça y est, nous ne sommes plus confinés. Cela ne veut pas dire qu’il faut partir bille en tête pour faire la bringue et se rassembler ou vivre comme avant, rien de tout cela. Les rassemblements sont encore limités à 50 personnes ou 25% de capacité (le nombre le plus bas des deux s’applique) à l’intérieur (sauf restaurants et bars) et 100 personnes à l’extérieur (sauf pour les manifestations, il y a une exception à partir d’aujourd’hui bien que tout le monde ait violé cette ordonnance, y compris le gouverneur lui-même qui a participé a quelques manifestations contre les violences policières et les abus et pour « black lives matter » ces derniers jours).

Confinement officiel du New Jersey : du 21 mars au 9 juin 2020. Au niveau de notre cellule familiale, nous étions tous à la maison sans bouger sauf pour l’essentiel, et encore, la plupart nous avons fait livrer, depuis le 12 mars et le 13 ou 14 pour mon fils qui a fait son dernier service au restaurant et vente à emporter un de ces jours-là. Nous avions devancé l’appel. Et nous allons continuer à rester tranquilles et ne faire que les sorties nécessaires. J’attendrai la réouverture des magasins non essentiels le 15 juin pour aller dans les magasins essentiels (même pas le supermarché puisque j’ai fait livrer aujourd’hui et que ça nous fait tenir bien 15 jours ou 3 semaines) notamment le magasin de bricolage, puisque les gens se rueront sur les magasins non essentiels justement donc il devrait y avoir moins de monde dans les autres.

Le gouverneur avait déjà commencé à rouvrir depuis les 2 dernières semaines du mois de mai, mais sans lever le confinement pour pouvoir faire machine arrière rapidement si les choses s’étaient dégradées sur le plan de l’épidémie. Les ouvertures et les levées de restrictions sont très progressives et à chaque fois on attend pour la levée des restrictions suivantes de voir si l’épidémie repart à la hausse ou pas. Ça a l’air très lent et très précautionneux vu de l’extérieur (et critiqué de l’intérieur aussi), mais on vient de loin. Même si les cas graves et les hospitalisations diminuent nous sommes partis de haut (l’Everest comparé aux Vosges de certaines régions ou certains pays). Oui l’épidémie recule, mais le nombre de cas était tellement haut que nous sommes encore très haut donc je ne vois aucune raison de critiquer la prudence et la lenteur de réouverture. Même en descendant on reste plus haut que tout le reste des États-Unis sauf New York (la ville) voire du monde !

Le New Jersey va aussi passer en phase 2 de la réouverture le 15 juin : les restaurants vont rouvrir, mais seulement en service à l’extérieur et les commerces non essentiels vont être ouverts au public — pour l’instant ce n’était qu’en « curbside pick up », et encore, pas depuis longtemps. Tout ne va  pas passer en phase 2 le 15 juin ou du moins la phase 2 est étalée : par exemple les coiffeurs et barbiers n’ouvriront que le 22 juin, mais avec restrictions : en fait ni lavage de cheveux ni séchage au sèche-cheveux, juste la coupe ! Pas de maquillage ni de manucure non plus, pas d’attente dans le salon, mais dehors ou dans sa voiture etc. Les camps d’été ce sera sans doute début juillet ainsi que les sports organisés, mais dehors uniquement pour tout ça.

Pour les salles de sport pas de date prévue encore, mais je reprends mes cours de tai-chi cette semaine, une seule fois par semaine cependant.Et c’est de la maison, par visioconférence : je vais faire mon cours depuis le petit « studio télé » que je viens d’installer à cet effet dans mon sous-sol. On verra ce que ça va donner.

New York la ville (pas l’état qui en est peu ou prou au même stade de nous en termes de réouvertures ) ne passera en phase 2 que dans la première semaine de juillet alors que nous y passerons le 15 juin.

Mais enfin nous sommes officiellement déconfinés !

Bien sûr toutes les ouvertures et activités sont soumises à précautions et limitations, la vie ne reprend pas pour autant comme si de rien n’était, loin de là. Même si on n’a plus l’ordre de rester à la maison, que le « stay at home order » et le « strict lockdown » ne sont plus en place et que nous pouvons maintenant nous déplacer avec plus de liberté. Le gouverneur espère que les travailleurs qui le peuvent et qui ont travaillé depuis la maison continueront à le faire malgré la levée du « stay at home order ». Et les précautions de distanciation sociale, lavage des mains et port du masque sont toujours de rigueur et même requises pour toute incursion à l’intérieur d’un bâtiment.

Il ne faut surtout pas baisser la garde et il faut continuer impérativement à prendre ces précautions.

Comme nous sommes dans un pays non seulement fédéral mais en plus décentralisé, avec un fort pouvoir qui appartient aux différents états, chaque état va à sa guise . Si l’on a un gouverneur intelligent et qui fait primer l’intérêt public tout va bien. Si l’on a un gouverneur qui fait passer d’abord ses ambitions électorales en flattant ses électeurs les plus importants voire satisfait ses intérêts économiques, on est très mal lotis.

Après des années de gouverneur archi conservateur, limite fasciste  — le précédent gouverneur était (est toujours sans doute) un fervent supporter de l’agent orange (comme l’appelle Spike Lee, et je trouve que ce nom lui va bien), nous avons un gouverneur plus progressiste et surtout plus intelligent, qui s’est par exemple concerté avec les 2 autres gouverneurs des états voisins (nous sommes dans une zone appelle le Tri-State pour une bonne raison) : si l’un des états a des règles plus souples il suffit de passer la frontière à quelques kilomètres. Pour des choses de moindre importance ce n’est pas très grave, mais dans le cas de confinement et de fermetures pour des raisons sanitaires, cela aurait eu des conséquences dramatiques, surtout que la frontière n’est pas une frontière au sens douanier du terme. On peut dire que nous avons eu de la chance puisque notre gouverneur s’est entendu avec les gouverneurs des états de New York et du Connecticut. Nous avons limité les dégâts donc. Et au vu du niveau de l’épidémie dans notre région, ce n’était pas du luxe.