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J’en viendrais presque à regretter

voiture pleine comme un oeuf

J’en viendrais presque à regretter le temps suspendu de la pandémie, où nous étions claquemurés chez nous sans bouger beaucoup, où tout était au ralenti, même après le confinement « strict » du printemps, pendant l’été et en fin d’été, la même époque de septembre l’an dernier, où nous commencions à respirer, mais sans vaccin et avec l’épée de Damoclès toujours pendue au-dessus de nos têtes, tout restait encore très calme et très ralenti. 

Alors qu’aujourd’hui tout est reparti au galop, nous courrons partout comme des poulets sans tête, comme si la pandémie n’avait pas existé (ou presque), surtout comme si nous n’avions rien appris de cette période (nous n’avons rien appris).

Tout s’est précipité pour moi, surtout depuis 15 jours, plusieurs gros chantiers, certains prévus, mais qui ont coïncidé alors qu’ils n’auraient pas dû, certains totalement imprévus comme la tempête Ida et ses conséquences) : les grands travaux de Versailles dans mon jardin et ma driveway pour réparer une fuite d’eau qui durait depuis le mois de février (et sans doute avant, février c’est quand je m’en suis aperçu lorsque j’ai vu l’eau par terre dans une des chambres du basement), fuite que je contenais tant bien que mal depuis tout ce temps (couper l’eau la nuit, la rallumer au petit matin et vider un petit container de 2 litres tout au long de la journée — fuite mal placée et pas de possibilité de mettre un container plus gros), en fait une fuite sur la ligne d’alimentation en eau de la maison, ligne qu’il a fallu re-router complètement depuis le puits, les grands travaux ont eu lieu le 26 août ; ma fille qui déménage à New York City (c’est voisin heureusement,  une quarantaine de kilomètres, moins d’une heure de route) avec donc des allées et venues pour tout transporter, plus les allers et retours à Ikea (encore 30 kilomètres) pour les meubles, courir les magasins et les sites Internet pour les achats nécessaires, les bricolages et autres montages desdits meubles Ikea ; l’opération de ma fille le 1er septembre avec tous les préparatifs et visites médicales avant l’intervention (15 kilomètres) ; et ce même 1er septembre simultanément la tempête Ida avec l’ampleur inattendue qu’elle a prise chez nous dans le New Jersey et les dégâts qui ont suivi (et encore, personnellement nous avons eu de la chance, pas grand-chose, pas d’effondrement de la maison, pas de perte de biens, juste de la moquette détrempée et à faire sécher — ce qui prend un temps fou quand un jour sur 2 il fait soit un peu de pluie et donc humide à plus de 80% d’humidité soit il y a quand même entre 80 et 90% d’humidité dehors malgré le soleil. 

En clair je suis en limite de surmenage (ou pour utiliser le mot à la mode qui veut dire exactement la même chose en burn-out). 

Hier samedi dernière journée pleine à New York City à l’appartement, pour monter la télé au mur (chose que nous n’avions jamais faite de notre vie, nous en avons vu de toutes les couleurs mon fils et moi, d’autant que nous avions des outils limités, puisqu’apportés avec nous), à manipuler et ranger après avoir transporté tout le reste du déménagement, et déchargé la voiture pleine comme un œuf, garée en double file dans la rue sur la voie des vélos — c’est comme ça qu’on fait à New York City, pas moyen de faire autrement, ce n’est pas autorisé officiellement bien entendu et ça me stresse énormément, je suis pour le respect du Code de la route, s’il y a un code c’est pour une raison et pas pour embêter les gens — dans un Manhattan hystérique et très busy dans tous les sens du terme, en mode hyperactif et avec un monde fou : les vélos partout, les gens qui circulent en vélo bleu au lieu de marcher comme avant, les livreurs à vélo, les vélos électriques qui sont des scooters qui ne le disent pas et foncent à 40 ou 50 km/heure même en dehors de leurs pistes cyclables, voire sur les trottoirs. Les vélos ne respectent pas les feux rouges de toute façon ni même les sens interdits sur leurs propres pistes cyclables. Comme elles sont étroites elles sont à sens unique, mais pourquoi se gêner, le Code de la route c’est fait rien que pour les embêter c’est connu. En plus des vélos de toutes sortes, les scooters (les vrais scooters, c’est nouveau, on n’avait pas cette plaie aux États-Unis jusqu’à présent, c’est fini apparemment) les trottinettes dont certaines sont aussi électriques et foncent à 40 ou 50 km/h, les taxis (jaunes), les voitures — tout ce trafic routier est revenu comme avant, les piétons partout bien sûr aussi — les New-Yorkais (il faisait très beau) et les non-New-Yorkais, plus tous ceux venus pour les commémorations des 20 ans du 9/11 (mauvaise planification de notre part, mais pas trop de marge de manœuvre non plus). Ne manquaient à l’appel que les touristes (les frontières avec l’Europe et le Canada sont toujours fermées — heureusement, cela faisait un poil moins de gens sur les trottoirs et à traverser inopinément les rues ), mon père gardez-vous à droite, gardez-vous à gauche comme disait l’autre.

Tout ça en plus de la gestion courante habituelle du quotidien de la maison et du jardin, plus la saison des feuilles qui s’annonce en avance (très en avance) cette année : ma driveway est couverte de feuilles tombées — vertes (qu’est-ce que cela annonce ? c’es la première fois que je vois les feuilles tomber encore vertes).

Aujourd’hui j’ai fait relâche même s’il aurait fallu encore faire sécher le sous-sol : j’ai laissé sécher tout seul avec les ventilateurs et le dés-humidificateur (qui n’ont pas pu tourner hier puisque nous n’étions pas à la maison), alors que j’aurais dû continuer à déplacer les meubles pour faire sécher en dessous et passer du produit chloré pour éviter les moisissures.

J’ai fait relâche pour éviter de m’effondrer. Déjà depuis plusieurs jours des douleurs partout et hier des douleurs à la hanche et au sternum — les positions bizarres et inconfortables quand on bricole et surtout le démontage de la moquette dans 2 placards du sous-sol en sont la cause, moquette qui était collée, clouée et agrafée ! J’étais à la limite de tituber de fatigue, je me suis tenue à la rampe à chaque fois que j’ai descendu et monté l’escalier dans l’appartement (plusieurs dizaines de fois). Nous sommes repartis mon fils et moi vers 19h30 (un trafic routier fou dans Manhattan, une demi-heure d’attente rien que pour récupérer notre voiture au parking) et, une fois sur notre autoroute I 78, j’ai roulé à 50 à l’heure (50 miles/h environ 75 km/h au lieu des 65 miles/ heure (environ 100km/h) réglementaires, qui se transforment en 75 boire 80 dans notre coin de New Jersey fou furieux au volant depuis ces dernières années) derrière une voiture qui se trainait et que je n’ai pas doublée pour avoir le prétexte de pouvoir rouler plus lentement.

J’ai fait relâche mais j’ai quand même fait quelques lessives, remis ma voiture en état (elle avait été vidée intégralement de son contenu pour pouvoir charger le déménagement et les sièges mis à plat), ventilé et aéré mon sous-sol, en ouvrant portes et fenêtres,  mais sans rien faire de physique ni de mental d’ailleurs (les tâches administratives et autres factures attendront demain).

Oui j’en viens à regretter le temps de l’an dernier où tout était plus lent — c’est quand même malheureux  qu’il faille une pandémie pour en arriver à ralentir, et encore ça n’a pas duré très longtemps.

Pierre et le loup — trace

Trop d’alertes, d’avis, de notifications émoussent l’attention. À force de recevoir trop d’alertes on finit par être insensibilisé, à ne plus vraiment prêter attention. Ce qui s’est passé dans une certaine mesure pour la tempête Ida qui nous a tous pris par surprise, personne n’était vraiment prêt ni ne s’attendait à une telle tempête, à un tel déluge d’eau [lire ici : https://michusa.wordpress.com/2021/09/05/ida-dans-mon-basement/ ]

Et encore ce sont des alertes légitimes et qui viennent des météorologues et des autorités. C’est leur rôle de nous signaler les risques apportés par ces tempêtes et les fortes pluies. Même si à force nous avons été émoussés, ces alertes ne sont pas faites de mauvaise foi ni par intérêt ou sensationnalisme, c’est déjà ça (ce qui est différent de certaines alertes, lire ici Pierre et le loup :  https://michusa.wordpress.com/2021/09/01/pierre-et-le-loup/

Elles ne sont pas faites avec malveillance, nous avons besoin de ces alertes. Il y en a simplement eu trop parce qu’il y a eu trop d’événements climatiques cet été, l’un des 10 étés les plus pluvieux depuis le début des enregistrements il y a 150 ans.

Mais comme a dit Malyloup dans son commentaire, c’est un effectivement un peu comme Pierre et le loup toutes ces alertes « pour rien » . Encore que dans le cas de la tempête Ida, finalement les alertes ont été plutôt sous-jouées que sur-jouées. Tout le monde était insensibilisé par les tempêtes à répétition depuis le début de l’été, on pensait que celle-ci ne serait pas différente.

J’en ai eu une autre d’alerte ce matin, une alerte qui tombe vraiment dans cette catégorie d’alertes sur-jouées  : l’alarme incendie qui se déclenche (trop souvent) et là, je pense que le jour où ce sera vraiment le feu nous n’y prêterons pas l’attention qu’il faut. Ce matin j’ai eu le malheur d’allumer une des bougies parfumées que je fais brûler dans la journée au sous-sol pendant que j’aère et que je ventile. Cela fait plusieurs jours que tous les matins j’allume plusieurs de ces bougies (la moquette mouillée en train de sécher, ce n’est pas très agréable comme odeur) mais ce matin comme j’arrivais au fond de la bougie, je ne l’ai pas allumée au briquet comme d’habitude mais j’ai utilisé une allumette pour ne pas me brûler les doigts. Mal m’en a pris quand je n’ai pas vu que j’étais trop proche d’une de ces alarmes incendie et que ça a déclenché la sonnerie dans toute la maison. 

Cela arrive aussi quand on allume le four en position grill ou qu’il y du fromage qui brûle. Mais cela arrive aussi de façon aléatoire si l’on ouvre trop rapidement la porte de la salle de bain en hiver et que l’on a pris une douche trop longue trop chaude : la vapeur déclenche l’alarme qui est en face de la porte de la salle de bain. Ma fille qui prenait souvent sa douche tard dans la nuit nous l’a déjà déclenchée plusieurs fois pendant qu’on dormait.

Au moins dans tous ces cas on sait que l’on a fait quelque chose susceptible de déclencher l’alarme donc on sait que c’est une fausse alerte. Pour la douche, la première fois on ne savait pas, donc exploration de toutes les pièces de la maison en reniflant partout — surtout que ces alarmes idiotes ne disent pas laquelle a été l’alarme source et comme il y en a au moins 10 si ce n’est plus dans toute la maison — pas encore dans chaque placard mais presque — il faut faire le tour pour l’identifier : si on reste assez longtemps sous chacune d’entre elles, celle qui est la source se différencie par un petit éclair rouge alors que les autres ont un petit éclair vert, éclairs qui ont lieu toutes les 3 ou 4 minutes. Inutile de dire que c’est très subtil et au milieu de la nuit on n’est pas les plus frais pour remarquer de telles subtilités et arriver à désigner l’alarme source. Ce serait quand même plus simple de savoir de façon évidente laquelle c’est pour vraiment examiner ses alentours au lieu d’avoir à inspecter toute la maison en détail. Un jour on ne le fera pas et ce sera la fois où ce sera vraiment grave.

Le pire de tout c’est quand elle se déclenche au milieu de la nuit (dans la journée cela peut arriver aussi mais en général c’est plutôt la nuit, loi de l’emmerdement maximum ou loi de Murphy, c’est aussi irritant dans la journée mais plus facile à supporter et à gérer) donc au milieu de la nuit pour « batterie faible » ce qui veut dire que la pile de secours est morte — pile de secours puisque ces alarmes sont toutes sur le secteur aussi. Et ça au milieu de la nuit, c’est abominable et inquiétant tout à la fois : on sait qu’on n’a pas fait la cuisine, une fois qu’on a eu fini d’accuser ma fille, qui dormait aussi ? eh bien on ne sait pas et il faut faire le tour de la maison et tout examiner. 

Être certain tout d’abord qu’il n’y a pas le feu (alors que si c’était le cas, on devrait plutôt foutre le camp non ? ) et ensuite même chose, difficile de voir laquelle a commencé donc laquelle a une batterie faible. Parce que ça va s’arrêter de sonner pour reprendre 5 ou 10 minutes plus tard. Il est déjà arrivé en désespoir de cause au milieu de la nuit, une fois qu’on était (à peu près, seulement à peu près ) certains que ce n’était pas le feu qu’on les débranche toutes (il faut les démonter du plafond puis ensuite enlever la batterie, une pile alcaline normalement).

J’en ai une seule d’une catégorie différente qui dit « batterie faible » : elle sonne tout d’abord pour réveiller les morts puis ensuite se met à brailler en alternance avec la sonnerie, « batterie faible ». Donc cette fois-là à 4 h du matin je savais laquelle c’était (celle du couloir, juste en face de la porte de ma chambre) elle alternait entre faire sonner partout dans la maison et crier « batterie faible » et je ne suis pas arrivée à l’arrêter. Elle a fini en miettes quand j’ai fini par arriver à la démonter du plafond (il faut un escabeau) et que de rage je l’ai balancée par terre.

Le lendemain j’ai changé la pile, remis les miettes dans le boitier et l’ai remise en place (et en fait elle « marche »  toujours… puisqu’elle sonne avec les autres quand l’une d’elles se déclenche). J’ai changé sa pile encore une autre fois depuis ce jour-là et elle m’a sorti la panoplie de tous ses cris parce qu’en plus de la sonnerie, elle cause : feu, monoxyde de carbone, batterie faible, virus du Nil, tempête de neige, changement d’huile, invasion de martiens — je m’égare.

Ces alarmes, incendie, monoxyde de carbone, radon, âge du capitaine et j’en passe, sont certes bien en théorie, elles partent d’un bon principe (il y a eu tellement d’accidents graves) mais l’exécution et la mise en oeuvre pratique est vraiment faiblarde et peu appropriée : ce sont d’authentiques histoires de « Pierre et le loup » à elles toutes seules,

Les 2 nouvelles que j’ai achetées récemment (au bout de 10 ans ou quelle chose comme ça, ça se change : le changement de batterie n’apaisait pas leurs cris, c’est là que j’ai vu la date de péremption de l’engin (date cachée dans la face qui est contre le mur comme ça c’est plus pratique…) donc les nouvelles que j’ai achetées en remplacement n’ont plus de batterie que l’on peut changer : la batterie incluse et inamovible est censée durer la durée de vie de l’engin, 10 ans donc. On verra, ce sera intéressant. En espérant que si ça arrive au milieu de la nuit, l’on puisse quand même la faire taire sans avoir à la détruire au marteau ou à la balancer dehors (ce sont les voisins qui seront contents ! ) L’argument du fabricant c’est justement pour éviter ce genre de situation où l’engin bipe quand sa batterie devient faible avant de se mettre à hurler si on ne l’a pas changée entre-temps (le fameux bip préalable à l’apocalypse est très espacé dans le temps et on peut le louper, surtout avec tous nos équipements électroniques qui bipent tous à un moment ou à un autre, on ne sait jamais quel appareil c’est). Épatant quand on habite en appartement  ! 

Lire aussi ici https://michusa.wordpress.com/2018/10/25/technologie/ un article precedent sur ces fameuses alarmes

Nous construisions des civilisations

« Nous construisions des civilisations. Maintenant nous construisons des centres commerciaux. »

Une citation tirée du livre de Bill Bryson que je viens de finir de lire et qui est résume parfaitement nos temps modernes de fin du XXème siècle et début de ce XXIème qui n’en finit pas d’être calamiteux. Écrite pour décrire son voyage autour de l’Europe en 1990 et tirée de son livre Neither here nor there: travels in Europe, publié en 1992 chez William Morrow & Company, malheureusement pas traduit ni publié en français.

It seemed odd and sad that mankind could for centuries have so effortlessly graced the landscape with structures that seemed made for it — little arched bridges and stone farmhouses, churches, windmills, winding roads, hedgerows — and now appeared quite unable to do anything to the countryside that wasn’t like a slap across the face. These days everything has at best a sleek utility, like the dully practical windmills slipping past with the scenery outside my train window, or else it looks cheap and temporary, like the tin sheds and concrete hangars that pass for superstores on the edge of every medium-sized town. We used to build civilizations. Now we build shopping malls.

Bill Bryson in Neither here nor there (the chapter about Copenhagen and Denmark)

Ce qui signifie en gros :

Il semblait étrange et triste que l’humanité ait pu pendant des siècles gratifier sans effort les paysages de structures qui semblaient faites pour ces paysages — des petits ponts en arche et des fermes en pierre, des églises, des moulins à vent, des routes sinueuses, des haies (de bocage) — et maintenant apparaissait complètement incapable de faire quoi que ce soit qui ne soit comme une gifle en travers du visage de la campagne. De nos jours tout a, au mieux, un tant soit peu d’utilité, comme les éoliennes pratiques et ennuyeuses qui se succèdent dans le paysage à travers ma fenêtre de train, ou sinon [pire] ça a un air de pacotille temporaire, comme les abris en tôle ondulée et les hangars en béton qui se font passer pour des magasins grande surface à l’orée de chaque ville de taille moyenne. [Dans le temps] Nous construisions des civilisations. Maintenant nous construisons des centres commerciaux.

Bill Bryson in Neither here nor there  pendant un voyage en train à travers le Danemark (chapitre Copenhague)

Le réveil

Le réveil

Le réveil

Dans les premiers temps où je travaillais et où j’ai commencé à me déplacer un peu, tout au début des années 90, j’ai acheté un réveil de voyage. Un réveil — il n’y avait pas de smartphones pour servir de réveil en ce temps-là ni même de téléphones portables tout court. Acheté sans doute à Monoprix — il n’y avait pas d’Amazon ni rien de ce genre à l’époque non plus. Un honnête réveil on ne peut plus ordinaire, de petite taille mais pas trop petite, qui semblait assez robuste pour être mis dans une valise tout en étant léger. C’était un simple réveil en plastique qui se refermait sur lui-même grâce à un couvercle coulissant qui le protégeait pour le transport. Un réveil de voyage que j’ai acheté comme tel, je m’en souviens, l’étiquette mentionnait « réveil de voyage ». 

J’ai toujours ce réveil, il marche toujours : je l’ai toujours puisqu’il marche, aucune raison de m’en débarrasser. Non seulement je l’ai toujours mais je le chéris : l’autre jour, par curiosité — surtout parce qu’il marche toujours après plus de 30 ans bien qu’il soit un objet peu cher de Monoprix, il suffit de changer la pile de temps en temps, une pile ordinaire AAA, rien de spécial — par curiosité donc, je l’ai regardé de plus près et j’ai vu made in Germany. 

Fabriqué en Allemagne donc,  comment cela se fait-il que dans les années 90 on était toujours capables de faire des objets peu chers néanmoins de très bonne qualité (30 ans de bons et loyaux services et toujours en état parfait comme au premier jour) en Europe ? Le plus remarquable était le fait qu’il soit peu cher — pour voyager et risquer de l’oublier dans une chambre d’hôtel ou le perdre voire se le faire voler, je ne voulais pas investir dans un objet de prix ni de luxe. Comment cela se fait-il que dans les années 90 on était donc toujours capables de faire des objets à prix modéré et de bonne qualité, localement ? Que l’on trouvait bêtement à Monoprix ou dans un autre petit magasin de voisinage sans avoir à les chercher spécialement ni à les commander ?

Je vous laisse tirer les conclusions, si on pouvait le faire alors, pourquoi ne peut-on plus fabriquer maintenant localement ? Pourquoi doit-on, non seulement acheter des objets fabriqués au bout du monde, de mauvaise qualité de surcroît, et en outre les commander « en ligne » puisqu’il est de plus en plus difficile de trouver ce genre de choses dans un magasin de proximité ?

En ces temps-ci, de crises diverses ininterrompues — climatiques et sanitaires, financières et sécuritaires — ne devrait-on pas se poser la question haut et fort et ce au plus haut niveau ?

Le réveil

Le réveil

Le réveil

Le réveil

Le réveil

Le réveil

La théorie de l’information

La théorie de l’information

La théorie de l’information

Pendant mon séjour en France j’ai enfin lu La théorie de l’information d’ Aurélien Bellanger publié par les éditions Gallimard : chronologie de l’informatisation de la France depuis le Minitel jusqu’à l’Internet de Facebook et des smartphones. Inspiré largement de la vie du patron d’un opérateur Internet et milliardaire des nouvelles technologies français Xavier Niel, créateur notamment de Free. 

Cela m’a pris quasiment tout mon séjour, plus de 4 semaines, le livre étant pénible à lire. Assez bourratif pour ne pas dire chiant, cependant informatif, notamment pour comprendre comment nous les consommateurs, sommes pressés comme des citrons façon arnaque. Mais tout est légal bien sûr ! Quant à la moralité de la chose elle n’entre pas en ligne de compte et ça continue.

Bref la vie, depuis la naissance jusqu’à la réussite financière, sur notre dos, d’une catégorie de bandits des grands chemins : la catégorie des fournisseurs d’accès Internet, téléphonie mobile et fixe. Il y en a d’autres (les banquiers, les assureurs, les concessionnaires…) ma liste s’allonge de jour en jour mais ceux que je viens de citer forment le cœur même de cette engeance — bandits des grands chemins gros arnaqueurs.

La théorie de l’information

La théorie de l’information

Technologie

Il n’y a pas si longtemps, du temps si récent d’avant l’électronique envahissante directive imposant sa loi, zinzinante bippante et sonnante à tout va, vraiment pas longtemps, une petite quinzaine d’années, pour peu qu’on vive en dehors d’une grande ville, on était réveillé le matin par le chant des oiseaux, le chant du coq voire le son de cigales si l’on était dans le Sud et en été, au pire une cloche d’église annonçant l’heure.

Ce matin j’ai été réveillée en sursaut par un bidule qui hurlait « low battery », batterie faible — il m’a fallu une bonne vingtaine de minutes, mal réveillée dans les vapeurs du matin, pour localiser le coupable — il y en a tant de ces bidules électroniques qui crient pour un oui ou non : mon alarme incendie / monoxyde de carbone / radon et je ne sais quoi encore (alerte martiens peut-être, après tout je suis dans le pays qui y croit dur comme fer).  En fait ce n’était pas MON alarme mais UNE DE MES alarmes, bien entendu il y en a dans chaque pièce de la maison, un coin de couloir étant considéré comme une pièce, de plus certaines de ces alarmes sont distantes de moins de 2 mètres l’une de l’autre. On n’en a pas encore mis dans chaque placard mais ce sera la prochaine étape / loi /obligation / règlement, je suis surprise que ce ne soit pas déjà le cas. Donc une de mes alarmes qui hurlait à la mort — littéralement c’est la mort pour un bidule électronique que de ne plus avoir de jus électrique — que sa pile était faible. Pile de secours car évidemment ces alarmes sont branchées sur le secteur aussi, la pile n’étant là qu’en réserve en cas de coupure de courant — il faut tout prévoir.

Réveil en sursaut qui m’a laissée nauséeuse et de mauvaise humeur d’autant qu’outre me réveiller, il m’a fallu chercher pendant 20 minutes ce dont il s’agissait, 20 minutes pendant lesquelles l’alarme continuait donc à hurler « low battery ».

Le chant des oiseaux ou des cigales contre les hurlements synthétiques hystériques de zinzins électroniques,

le progrès vraiment ?