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Interruption intempéries

Une interruption intempéries, encore une, l’automne et les mois de septembre octobre sont les moments où les tempêtes tropicales sont le plus susceptible de remonter jusque dans le New Jersey — quoique cette année nous en ayons eu une qui est remontée début août [lire ici la tempête Isaias, ici et ici]. Si elles ne remontent pas toutes sous forme de tempête tropicale directement à l’intérieur des terres, on en a souvent au moins les franges ou les queues « simplement »  sous forme de pluies torrentielles (diluviennes littéralement ) sans les vents violents — c’est déjà ça. 

Mais demain et vendredi c’est une nouveauté, une nouvelle variante des intempéries brutales : nous attendons non pas une mais 2 tempêtes qui vont se rencontrer sur terre quelque part dans la région des plaines centrales et mi-atlantiques et unir leurs forces pour apporter encore plus de vent et encore plus de pluie. La cerise sur le gâteau c’est que sur leur sortie des terres, au niveau du Nord-Est (c’est nous, le New Jersey et le New York puis la Nouvelle-Angleterre) il y aura de la neige dans la queue de cette tempête jumelée puisque la masse d’air chaud humide chargée de pluie de la tempête tropicale va rencontrer la masse d’air froid de la seconde tempête qui vient de l’ouest. De la neige ! Pas exactement chez nous dans le New Jersey central ni à New York la ville mais à la limite nord du New Jersey, à la frontière avec le New York (l’état), à moins de 100 km,  70 / 80 maximum de chez nous. Pour ce que l’on appelle upstate New York, la partie nord de cet état ce sera définitivement certain et ce sera leur première neige de la saison.

C’est pour cette raison que j’ai vu des prévisions de températures négatives,  -2 degrés Celsius pour vendredi alors qu’il fait encore entre 12/15 et jusqu’à 18 degrés ces temps-ci. J’ai compris pourquoi, avec cette neige si proche l’air va se refroidir de façon significative.

Deux tempêtes qui se rencontrent (Billy et Zeta, cela sonne comme une romance d’un film hollywoodien ou un roman à l’eau de rose et ce n’est pourtant pas le cas ni de l’un ni de l’autre) et qui vont joindre leurs forces, une première je n’avais jamais entendu ni vu ça depuis plus de 18 ans que je suis ici !

Inutile de dire que je ne suis pas prête, j’ai simplement un peu d’essence qui me reste, pour la tondeuse à l’origine, une dizaine de litres, la tente canopée que je viens d’acheter il y a deux jours pour le groupe électrogène n’est pas encore arrivée. Et j’ai encore besoin de faire un bricolage pour adapter une petite boîte imperméable pour la prise sur le côté de la maison sur laquelle on branche l’énorme fil électrique qui sort du groupe électrogène et alimente la maison dans sa totalité. Une boîte étanche qui permettra de brancher et d’alimenter pendant des intempéries justement. Tâche que je fois faire depuis 2 ou 3 ans et que je remettais sans cesse à plus tard et que j’avais commencé à attaquer il y a quelques jours, sans savoir qu’une tempête me prendrait de vitesse. Jusqu’à présent nous n’avons jamais eu besoin de faire tourner le groupe électrogène pendant l’intempérie elle-même mais seulement après, donc sans réel besoin ni de l’abriter ni surtout d’abriter les branchements électriques ni la prise d’entrée dans la maison. D’autant moins prête qu’en ces temps de pandémie tout est aussi plus compliqué donc se préparer aussi est plus compliqué.

Forte de la prévision météo qui dit que nous aurons seulement des pluies torrentielles mais (normalement) pas de vent chez nous, je croise les doigts pour que la prévision soit vraie. Mais les fortes pluies peuvent aussi abattre des arbres, même sans vent. C’est ce qui s’est passé il y a un mois : des pluies torrentielles ont fait tomber la moitié d’un chêne en bordure de notre propriété avec l’un de nos voisins. Pas de dommages ou très peu et rien sur la maison ni sur les voitures mais la branche qui portait la moitié du feuillage tout en haut du chêne est tombée de 30 mètres de haut où elle était attachée et nous avions entendu un bruit immense ce soir-là au milieu des torrents de pluie. Ce chêne en particulier ne risque plus de tomber, la moitié qui restait a été abattue par les bûcherons professionnels engagés par ledit voisin la semaine dernière. Un souci de moins pour cette tempête, que dis-je, ces tempêtes jumelées à venir.

Décidément cette année 2020 en a toujours en rayon pour ajouter à notre malheur pandémique déjà fort contraignant et notre quotidien misérable.

Une crise dans une crise : Isaias — trace

 

Nous avons vraiment eu beaucoup de chance, 4 jours après la tempête, le samedi il y avait toujours des gens sans électricité à Berkeley Heights même si plus de la moitié des gens sans courant avaient été rétablis le vendredi soir. Certains ne seront rétablis que le lundi !

Plus grave : le grand centre de soin, qui est toujours rétabli en premier et assez rapidement d’habitude, n’a pu être rétabli que le vendredi soir c’est-à-dire 3 jours après la fin de la tempête ! Tout en étant prioritaire. C’est un immense campus médical avec des centaines de médecins, un hôpital de jour, des salles d’opération, un centre anti-cancer etc.

Et encore plus grave : la station de traitement des eaux usées (les égouts donc) de Berkeley Heights a perdu le courant pendant la tempête. C’est la première fois que j’entends ça ou alors on ne nous l’a pas dit pour les autres tempêtes ? Les mairies précédentes étaient pour le moins opaques pour ne pas dire corrompues voire carrément mafieuses. Du moins pour les tempêtes hors Sandy (pour Sandy je n’en sais rien, mais c’était une tempête hors norme, ceci dit le centre-ville était resté opérationnel tout du long) donc pour les tempêtes hors Sandy : tempête de neige de Halloween 2011, Quinn fin hiver 2018 voire Irene fin août 2011 où les résidents avaient en grande partie perdu le courant, on n’a jamais parlé de la station d’épuration. Et dans ces tempêtes-là aussi le grand centre médical soit n’avait rien perdu soit avait été rétabli très vite. C’est une première que ça prend tant de temps.

La raison principale d’après la communication de la mairie (très transparente et avec des mises à jour 2 fois par jour voire plus selon les nouvelles) sur le site de la mairie — un agréable changement, cette maire que nous avons actuellement me semble très bien ça change après les mâles blancs mafieux et corrompus — donc la raison principale était un nombre record de substations (stations électriques secondaires) qui ont été endommagées en plus des lignes électriques par terre. Autant il est relativement facile et visible de remettre en place une ligne tombée par terre, autant pour les substations ça demande plus de temps. D’autre parti chaque substation affecte plus de personnes, maisons et quartiers. Les dernières tempêtes hors Sandy c’était beaucoup de lignes et de transformateurs (ceux en haut des poteaux), mais pas autant de substations que cette fois-ci.

Donc la station d’épuration de Berkeley Heights qui était parmi les prioritaires pour être remise en service, sinon LE prioritaire. Alors pour fonctionner — c’est indispensable on n’a pas envie que les toilettes refoulent partout, avec les problèmes sanitaires que ça poserait très rapidement (Choléra etc) elle a été alimentée générateurs à essence (groupes électrogènes ) de secours, à raison de 500 gallons — presque 2000 litres — d’essence par jour et a fonctionné en mode « manuel » si j’ose dire. Chapeau aux opérateurs de ladite station. Vous parlez de pollution ! Mais entre la pollution et le choléra, je prends la pollution tant que vous voulez. Le 6 août (2 jours après la tempête) comme il ne restait « plus que » 3600 gallons c’est-à-dire 7 jours d’autonomie, la mairie a réservé et commandé 2000 gallons supplémentaires d’essence soit 4 jours de plus pour avoir 11 jours d’autonomie d’avance. C’est dire combien ils étaient pessimistes sur les temps de réparations. 

Le courant y a été rétabli le vendredi 7 août en fin de journée ainsi qu’au centre médical. Soulagement pour la station d’épuration.  3 longs jours après le passage de la tempête, qui a été forte mais nous avons eu pire, notamment en hiver avec vents et neige lourde lors de nor’easters.

Mais ça a été « chaud » comme on dit. Comme les infrastructures du New Jersey vieillissent et ne sont jamais remises à niveau — on les entretient au minimum alors qu’elles devraient être purement et simplement renouvelées — cela ne peut aller que de mal en pis à chaque tempête, qui sont en outre de plus en plus fréquentes à remonter jusque chez nous. Celle-ci était particulièrement précoce pour la saison, le peu qui remontait dans le passé le faisait plutôt vers fin août et septembre. Un mois d’avance. 

Cette fois cela allait parce que c’était une tempête relativement localisée géographiquement donc des ressources extérieures étaient disponibles pour venir aider, les ressources matérielles sont aussi amplement disponibles puisqu’il n’y a pas 50 états qui se battent pour obtenir ces ressources (comme ça a été le cas dans la crise générale du Covid) et notamment l’essence qui est amplement disponible et très peu chère ce qui ne gâche rien. Tellement disponible que l’on vous paye quasiment pour en acheter, cette fois grâce au Covid d’ailleurs puisque presque personne ne bouge donc ne consomme d’essence. J’ai fait moins d’un plein en 5 mois ! Donc les stocks débordent de partout et on ne sait pas quoi en faire. Dans d’autres circonstances, ce ne sera peut-être pas le cas… Pendant Sandy nous avions eu des rationnements d’essence dont le prix était passé dans la nuit carrément à 4 dollars (contre moins de 3 dollars prix normal en ce temps-là) surtout parce que les camions ne pouvaient pas livrer les stations à cause des routes coupées et aussi parce que la plupart des stations avaient encore de l’essence, mais ne pouvaient pas la pomper donc était fermées, c’était bête ! Quand après la crise j’ai suggéré de rendre obligatoire un générateur (à essence ! ) pour chaque station (ils ont la matière première pour l’alimenter) on m’a sauté à la gorge « freedom » « on ne peut pas rendre ça obligatoire parce que freeedoooommmmm  ! » eh bien « freedom » et on crève de freedom. D’autant que pour un commerce ce n’est pas une dépense fulgurante que d’acheter un générateur surtout qu’ils ont la matière première de carburant pour l’alimenter. Dans un état comme la Floride, sujet à multiples tempêtes et ouragans, c’est d’ailleurs obligatoire malgré la freeedoooom.

Donc soulagés que la station d’épuration ait été remise sur l’alimentation électrique « du secteur » et ne fonctionne plus « manuellement » — ce sont les mots de la mairie et ça fait peur. Soulagés, mais inquiets quand même. Nous avons un puits et une nappe phréatique qui alimente toute une partie du quartier et du lotissement indépendant (mais rattaché à Berkeley Heights, une curiosité américaine encore) mais il ne faudrait pas qu’elle soit polluée par un refoulement des égouts.

J’ai donc étudié quelques blogs et chaines YouTube sur le camping et la van life et je viens d’acheter des toilettes à compost. Le modèle de base de camping : un seau avec un siège et un couvercle hermétique pour 20 dollars sur l’amazone, ainsi que de la poudre à compost (pour 10 jours je crois) pour avoir une petite autonomie de w.c. si jamais les égouts ne fonctionnaient plus ou si on nous demandait de ne plus les utiliser. Ensuite soit enterrer dans le jardin ou mieux, mettre dans les ordures parce qu’enterrer un petit peu ça va, mais trop on en revient à la pollution de la nappe phréatique (qui est à 50 mètres de profondeur si je me souviens bien ce qu’avait dit le puisatier, mais tout de même, c’est la quantité qui fait le poison).  

Ils vendent des sacs spéciaux mais ça s’utilise aussi avec des bêtes sacs-poubelle et de la litière à chat. J’en ai des stocks à cause des tempêtes de neige, en cas de pénurie de sel j’ai la litière en secours — c’est déjà arrivé en 2015 où j’ai dû utiliser de la litière à chat sur la glace dans ma driveway, il n’y avait plus de sel nulle part et les municipalités n’en avaient plus non plus, les écoles étaient restées fermées bien après la chute de neige parce qu’on ne pouvait pas dégeler les routes par manque de sel. Bref j’ai plusieurs sacs de 10 kilos depuis ce temps-là, qui peuvent donc servir à désodoriser et solidifier nos déchets humains si j’ose dire.

Nous avons eu dans le New Jersey, toujours d’après le site de la mairie, des équipes de compagnies d’électricité de 15 états et même du Canada qui sont venus aider à remettre le New Jersey sur pied après cette tempête Isaias — retrouver la fée électricité, tout ça sur fond de crise sanitaire avec les précautions Covid à prendre, ce qui n’aide pas. C’est déjà assez compliqué comme ça de restaurer le courant, de nettoyer les routes, enlever les arbres tombés pour que les camions électriques puissent passer, si en plus il y a les procédures anti-Covid, qui sont nécessaires évidemment, ça n’arrange rien. Donc comme je le dis dans mon titre, c’est une crise dans une crise. 

Aussi, quand je vois tout ça, ces dégâts immenses et ces efforts et ces personnes qui étaient toujours sans électricité le samedi matin, 3 jours et demi après la fin de la tempête, je me dis et me redis que nous avons eu une chance inouïe chez nous à la maison ! Pas de dommage et pas de perte de courant ! Je n’en reviens toujours pas parce que nous vivons dans la forêt et la plupart du temps nous sommes les premiers à perdre le courant et parmi les derniers à être rétablis : quartier non prioritaire car aucune infrastructure cruciale, que des résidences et en plus nous sommes à la périphérie de ville. De toute façon il faut que toutes les substations et lignes intermédiaires soient rétablies pour que le courant puisse arriver jusque chez nous. Une amie de ma fille qui habite en bas d’une rue qui donne dans notre rue, juste en face de la maison, donc à 500 mètres de chez nous n’avait toujours pas retrouvé le courant ce samedi matin 8 août et on leur avait dit que ce ne serait pas avant lundi. C’est ce qui c’est produit, ils ont été rétablis le lundi, le dimanche et le lundi les équipes électriques travaillaient dans notre rue !

Nous aurions très bien pu être dans ce cas. Ce qui montre que la tempête a été finalement plus grave en conséquences et dommages que la tempête de neige de Halloween 2011, 5 jours sans courant, que  la tempête Quinn de l’hiver 2018, 4 jours et demi sans courant et que aussi la tempête Irene de fin août 2011 (nous n’avions pas perdu le courant, mais avions eu une mini tornade dans le jardin et une partie de la ville était restée sans courant pendant 4 jours) Sandy ne compte pas c’était hors norme (13 jours sans courant). C’est aussi ce qu’ont dit les deux compagnies d’électricité dans leur communication à la mairie : tempête avec des dommages pires que ce qu’ils avaient vu depuis au moins une décennie et plus (hors Sandy bien sûr). C’est pour cette raison que leurs prévisions de réparations se comptaient en jours.

Une précision aussi : sur les 1.7 million de foyers et entreprises ou administrations privés de courant, il y en a eu 1,1 million pour le seul New Jersey… En Virginie par exemple les lignes électriques sont enterrées… Donc même si le New Jersey n’a pas été autant touché que d’autres états plus au sud en termes de la violence de la tempête, les conséquences ont été plus sévères. Qu’est-ce que ça aurait été si la tempête était remontée plus violemment qu’elle ne l’a été… 

Croisons les doigts que ce soit la seule tempête qui remonte pendant cette saison des ouragans (qui sont seulement dans le sud et la côte mid-atlantique normalement).

En images, la sortie d’inspection et d’enlèvement des branches les plus gênantes avec mon fils juste après la fin de la tempête vers 6 heures du soir le 4 août. 

Les jours suivants il ne nous restait plus qu’à couper les 2 branches avec mon fils dont la fameuse branche qui pendouillait derrière une des voitures. Et pour laquelle il me fallait aller chercher un outil au magasin de bricolage (outil commandé le soir même pour éviter la pénurie, ce qui a été le cas, tout le monde s’est rué sur ce type d’outils) : une scie avec un manche de 5 mètres de long puisqu’ils ont fait une erreur sur ma commande et n’avaient plus en stock celui de 4 mètres que j’avais pourtant commandé et payé. En allant au magasin chercher ma commande le lendemain j’ai finalement eu le modèle au-dessus en longueur et en qualité pour le prix déjà payé en ligne alors qu’en réalité il valait le double. Ça m’a pris un temps fou parce que beaucoup de routes étaient encore coupées, dont la route principale d’accès, donc il m’a fallu passer par ailleurs ce qui est plus long et surtout c’était du coup embouteillé : 40 minutes de trajet au lieu de 10 minutes d’habitude.

Une crise dans une crise : Isaias

Tempete tropicale Isaias-2

Une crise dans une crise : Isaias

Donc mardi 4 août nous avons eu le passage d’Isaias dans le New Jersey, sous forme de tempête tropicale et pas d’ouragan heureusement. 

Il a plu par intermittences dans la nuit de lundi à mardi, des gros pointillés de pluies violentes des véritables cataractes. Le matin du mardi il ne pleuvait plus. Nous avons d’ailleurs été réveillés par le chantier de la maison d’à côté comme si de rien n’était. Ce qui me faisait soucis parce qu’ils n’avaient rien sécurisé, toutes leurs planches leurs échelles etc. qui formaient une bonne prise au vent et si ça se mettait à s’envoler partout, notre maison était en première ligne…

Je pensais qu’ils étaient venus pour sécuriser le tout le mardi  matin juste avant le passage de la tempête, il n’en a rien été du tout.

Le passage du coeur la tempête proprement dite était prévue pour l’après-midi donc avec les vents extrêmement violents. 

Mardi matin au réveil j’ai fait le tour du sous-sol : pas d’inondation, les pompes ont tenu le coup et surtout pu pomper au fur et à mesure (c’est arrivé une paire de fois, où il a plu plus vite et plus fort que les pompes pouvaient évacuer). Pompes silencieuses le mardi matin donc tout avait été évacué. Parce que durant la nuit il y a eu des trombes inimaginables par moment.

L’eau n’est pas descendue non plus par l’escalier du sous-sol là où il y a la « hurricane door »  comme c’est le cas certaines fois quand il pleut très fort, ça fait une cascade. La « hurricane door » ou porte tempête, la bien nommée qui sert de sortie de secours en cas d’ouragan et d’effondrement de la maison…

Par contre ce même mardi matin nous avons reçu une notification (par e-mail et texto) : nous étions en vigilance tornade… (tornado watch).

Tempete tropicale Isaias-1

Une crise dans une crise : Isaias

Ce matin-là je suis donc restée en alerte et j’ai fait de la place en bas dans le sous-sol pour le cas où on recevrait l’alerte « seek shelter », c’est à dire « aux abris » !

Nous avons déjà eu ce genre d’alerte l’an dernier heureusement les tornades n’ont pas eu lieu c’était une alerte pour rien mais j’étais restée une heure et demie en bas et je le raconte ici :

https://michusa.wordpress.com/2019/05/31/une-alerte-tornade/

Nous avons eu de la chance mardi parce que dès 15 heures plus de 1 million de foyers et entreprises se sont retrouvés  sans électricité dans le New Jersey. L’état d’urgence avait été déclaré dès le matin en prévision (un autre état d’urgence que l’état d’urgence Covid bien sûr, c’est un état d’urgence intempéries ). On nous a demandé de ne pas circuler : « stay off the roads ».

Tempete tropicale Isaias-3

Une crise dans une crise : Isaias

Vers 15 heures aussi, la ligne d’urgence de la municipalité a appelé parce qu’une grosse partie de notre ville était sans électricité, beaucoup d’arbres par terre et beaucoup de routes coupées. La police nous a demandé aussi de ne pas circuler (stay off the roads)  parce que c’était extrêmement dangereux entre les arbres et les branches par terre plus les lignes électriques par terre aussi. 

Quant à nous, nous avons eu une chance folle car nous avions toujours de l’électricité à ce moment-là et nous ne l’avons pas perdue, pas même un clignotement de mauvais augure, de toute la tempête.

La tempête en images :

En attendant Isaias

En attendant Isaias

trajet de la tempête tropicale Isaias

Lundi 3 août nous avons eu un avis de tempête tropicale au plus haut niveau d’alerte, « warning » pour la tempête Isaias qui a remonté la côte atlantique, après avoir évité la Floride, jusque chez nous dans le Nord-Est. Pluies torrentielles et vents avec pointes à plus de 100 km/heure, possibilités de tornades localisées. Cette tempête a flirté avec l’ouragan et a fluctué entre tempête tropicale et ouragan. Pour finir nous n’avons eu qu’une tempête tropicale dans le New Jersey et le Nord-Est. Ça a suffi à notre malheur.

La tempête tropicale Isaias devait toucher le New Jersey au petit matin du mardi 4 août et passer pendant toute la journée pour finir en fin de journée ce même mardi. Par contre les pluies torrentielles ont commencé dès le lundi 3 août soir avec les franges de la tempête.

En cas d’alerte tornade, la mairie nous appelle sur la ligne d’urgence pour qu’on aille se réfugier dans le sous-sol et je suis enregistrée auprès de la mairie et du comté sur tous les téléphones, e-mails textos possibles pour que si l’un des moyens de communication coupe on en ait un autre qui reçoive l’alerte.

Conformément à la procédure recommandée par le consulat et des organismes météo nationaux, j’ai prévenu mes parents et mes amis en France de l’avis de tempête qui nous concernait.  La règle c’est d’informer des gens le plus loin possible, dans un autre état au minimum, un autre continent encore mieux car on sait que les communications et les informations passent mieux au loin que localement dans ces cas-là. On l’a effectivement vérifié lors de du super-ouragan Sandy en 2012. Sans nouvelles prolongées de notre part, charge à eux de contacter les autorités consulaires à New York voire les autorités françaises en charge des expatriés, en France, puisque nous sommes inscrits au consulat pour cette raison notamment. 

En attendant Isaias

L’e-mail du consulat de France à New York

J’ai passé une partie de la journée du lundi donc à faire les préparatifs « tempête d’été », que vous pouvez voir en images dans cette vidéo filmée au fur et à mesure.

On pouvait s’attendre aussi à des coupures de courant généralisées, qui sont de plus en plus fréquentes en cas de tempête maintenant, ce qui n’était pas le cas il y a 15 ou 20 ans. Les infrastructures ne sont pas maintenues ni même modernisées ni même carrément remplacées, ce qu’il faudrait faire, j’y reviendrai.

Heureusement qu’il me reste 20 litres d’essence de secours (de mon stock d’hiver pour le groupe électrogène), que j’élimine en général en mai pour éviter de garder de l’essence dans des jerricans pendant les mois de grosses chaleurs. Mais avec le Covid on ne roule presque pas et j’ai eu du mal à écouler ce stock d’essence d’hiver (heureusement cette année je n’avais fait que 80 litres de stock). D’habitude j’ai tout consommé dans ma voiture à la fin juin. Lundi je les ai transvasés dans 2 bidons de 10 litres que je pense passer dans la tondeuse en attendant de pouvoir les balancer dans une des voitures (il y en a pour 2 ou 3 ans dans la tondeuse !) sauf si besoin pour le groupe électrogène pendant une tempête donc, celle-ci ou une autre… Tout en espérant que non parce qu’avec la chaleur qu’il fait, le groupe électrogène n’est pas fait pour alimenter l’air conditionné mais juste taillé pour alimenter les pompes à eau (alimentation et évacuation), les frigos/congélateurs et le petit appareillage électrique courant, le modem, les ordinateurs et les lumières, pas plus. Donc je serais obligée de faire sauter les fusibles des 2 unités air conditionné centrales. Il faut également débrancher le micro-onde qui fait plus de 1000 watts et le grille-pain dans le même ordre de grandeur, ne pas se servir de l’aspirateur ni d’un quelconque sèche-cheveux. Mon toaster four d’appoint aussi devrait être débranché. Tout le reste peut fonctionner car ce sont tous des appareils à gaz avec juste les thermostats qui sont électriques. 

En milieu d’après-midi du lundi 3 août, il faisait toujours bien chaud, grand soleil et ciel bleu, comme c’est souvent le cas du calme avant la tempête.

En attendant Isaias

Isaias : les nouvelles du lundi soir

 

Dôme de chaleur — trace

Dome de chaleur

« Baking Heat » aujourd’hui

Ce matin l’alerte météo pour la journée annonçait une journée sous le signe d’une Baking Heat, chaleur de cuisson littéralement — ils sont pleins d’humour à l’office météorologique national — donc chaleur de four.

Effectivement je suis sortie chercher le courrier à la mi-journée et c’était une chaleur de four, heureusement pas encore trop humide donc supportable pour les quelques minutes que j’ai passées dehors. Après contrôle sur ma station météo, effectivement environ 60% d’humidité ce qui est la limite haute du confortable (c’est confortable en dessous). Donc ni très sec ni très humide.

Cette nuit la température n’est pas descendue en dessous de 25 degrés et l’humidité a fluctué entre 77% et 59%.

Hier soir 19 juillet à 23 heures 30 il faisait encore plus de 27 degrés et l’humidité était en train de monter donc jusqu’à plus de 75 % pendant la nuit si j’en crois ma station météo qui enregistre les maximums et minimums pour 24 heures.

L’air conditionné, dont j’ai remonté le thermostat malgré tout vers 1 heure du matin, s’est déclenché 2 ou 3 fois au milieu de la nuit, vers 6 heures ce matin je suis allée redescendre le thermostat et il a tourné en gros pointillés jusqu’à 9 heures. Ensuite ce sont plutôt des pointillés très courts d’arrêt. Depuis le début de l’après-midi il tourne en continu je me suis pas certaine qu’il se soit arrêté même une fois ou deux depuis 2 ou 3 heures…

Dome de chaleur

Températures nocturnes

Dôme de chaleur

 

J’ai déjà écrit ici que depuis que je vis aux États-Unis j’ai appris un nombre impressionnant de nouveaux termes météorologiques, inédits et absolument inconnus de moi et du grand public en général.

Au fil des années j’ai appris (nous avons tous appris) à connaitre les nor’easters, les Alberta clippers jusqu’aux bombogenesis en passant évidemment par les superstorms et la plus grande qui ait jamais eu lieu dans l’Atlantique Nord, Sandy de son prénom. J’en étais restée aux bombogenesis et autres polar vortex (et tout récemment un autre, voir plus bas) quand aujourd’hui je viens d’en découvrir un nouveau : un dôme de chaleur, heat dome en anglais dans le texte.

À partir de demain et pour tout le week-end jusqu’au milieu de la semaine prochaine, le centre des États-Unis (le Midwest et les régions voisines au sens large) et la Côte Est, depuis la Floride jusqu’en Nouvelle-Angleterre (Southeast into the Midwest, Mid-Atlantic, and Northeast) — en gros presque toute la partie continentale des États-Unis— vont subir une vague de chaleur, rien d’inhabituel jusque-là. Mais pas n’importe quelle vague de chaleur, pas une simple vague de chaleur, cette fois-ci nous allons subir un dôme de chaleur. Partout dans les nouvelles et les informations, les journalistes et météorologues se mettent à expliquer en long en large et en travers, ce qui confirme que c’est une nouveauté pour le grand public — et pour moi donc.

Températures redoutables, 36 voire 37 degrés Celsius et plus, mais pas seulement : les indices de chaleur (encore un terme que j’ai appris à connaître ces dernières années, apparemment c’est un concept inventé par les météorologues américains — nous y voilà— pour faire court c’est un indice qui combine la température et le taux d’humidité) vont monter très haut à cause de ce phénomène de dôme de chaleur provoqué par de l’air chaud venant du Pacifique qui va être emprisonné sous un système de hautes pressions, ce qui apparemment n’est pas habituel et cause ce phénomène inédit jusqu’à présent ou suffisamment rare pour que le commun des mortels n’en ait jamais entendu parler.

En pratique cela veut dire très chaud et très humide — autant la chaleur sèche est supportable, la moindre tiédeur humide ne l’est pas. J’ai déjà été obligée de mettre en route l’air conditionné de la maison pour des températures de 24 ou 25 degrés. C’est bien et plaisant me direz-vous, mais pas du tout : avec plus de 80% d’humidité, plus proche de 90 que de 80 d’ailleurs, c’était hautement inconfortable. Donc non seulement 36 degrés Celsius, ce qui serait déjà chaud, mais quand l’humidité est au-delà de 60%, et ce sera donc le cas puisqu’on va monter vers les 100%, c’est absolument intenable. Air conditionné indispensable puisque non seulement il fait baisser la température ambiante, mais en plus il dessèche l’air, ce qui est crucial. 

L’air conditionné qui ronflait déjà bien, va ronfler de plus belle. Il se peut que cette nuit et les nuits suivantes je ne relève pas la température du thermostat comme je le fais d’habitude pour éviter qu’il se déclenche la nuit et économiser un peu d’énergie. Nous aurons peut-être besoin qu’il souffle à plein même en pleine nuit.

Aujourd’hui nous ne sommes montés qu’à 30 au plus chaud, mais jusqu’à 96 % d’humidité —et encore, nous ne sommes pas sous les tropiques.

Comme je l’ai déjà écrit ici, les météorologues sont toujours pleins de poésie et de ressources créatives : le mode pour dimanche sera le mode cactus, littéralement c’est la petite image dans les prévisions météo (c’est imagé, mais faux puisque nous aurons une chaleur de désert, mais à contrario du désert il fera extrêmement humide).

Et encore, ne nous plaignons pas : dans les plaines du Midwest non seulement ils vont aussi être sous le dôme de chaleur, mais ils vont avoir en plus un derecho… Terme que j’ai appris récemment, pendant le confinement. Nous avons eu un derecho dans le sud et l’ouest du New Jersey début juin, mais il ne nous a pas touchés dans le New Jersey central où j’habite : il s’agit d’une série d’orages très violents — j’allais dire des orages en rafales —  combinés avec des vents extrêmement violents aussi qui détruisent tout sur leur passage, comme des petites tornades sauf que ce sont seulement des vents et pas des tornades. La météo et le climat local sont pleins d’inventivité et de créativité pour nous rendre misérables — songeons que des gens, lors de cet épisode récent du mois de juin, ont subi la destruction de leur maison en plein confinement. Je n’ose pas imaginer les premiers secours et les interventions de pompiers en plein pic de coronavirus dans le New Jersey — alors la deuxième région épicentre après New York City voisine.

Et il peut y avoir aussi des tornades en plus du derecho, en parallèle en même temps, l’un n’empêche pas l’autre et les plaines du Midwest sont en alerte pour les deux. Le derecho est un phénomène rare, c’est pour cette raison que personne en dehors des spécialistes n’en avait entendu parler avant celui du mois de juin — pas si rare que ça, c’est la deuxième fois qu’il est mentionné en l’espace d’un mois et demi. En 18 ans ici je n’avais jamais entendu ce terme (et je suis quelqu’un qui suit la météo quotidiennement — bien obligée dans ces terres où la nature est violente et incertaine).

Quand je parlais de terre inhospitalière… sans compter aussi au niveau du virus puisque nous sommes le pays le plus touché — America First, eh bien nous sommes servis — donc inhospitalière à double titre, météorologique et sanitaire.

La neige annoncée ce soir

 

La neige annoncée ce soir a été annulée, ce n’est pas trop étonnant, il fait encore doux, il a fait 13 degrés aujourd’hui et après le coucher du soleil il faisait entre 8 et 10 degrés quand il a commencé à pleuvoir — au lieu de neiger donc.

Rien ne m’aurait étonné pourtant, nous avons déjà eu de la neige par 12 degrés et de la pluie par moins 10.

C’est ce qui arrive à force de ne pas utiliser le système métrique et d’être bloqué dans un système archaïque, pas pratique du tout et qui ne correspond à rien : 100 F c’est environ 38 / 40 degrés C (je ne vous raconte pas quand l’infirmière de l’école m’appelait pour me dire que l’un de mes enfants avait 99 ou 100 ou 101, cela ne m’émouvait jamais, cela n’avait pour moi aucune signification), 32 F correspond peu ou prou à 0 degré C et l’eau bout à 212 F environ, tout cela n’a vraiment aucune signification, on ne peut même pas se faire une échelle logique.

C’est ce qui arrive à force de ne pas utiliser le système métrique, l’eau elle-même ne s’y retrouve pas, ne gèle pas quand il faudrait. J’ai déjà vu mes tuyaux du sous-sol sous abri (relatif) geler complètement par -5 ou -6 et pas du tout par -15 alors que la plupart du temps quand la température descend à -10 dehors cela se répercute immanquablement dans le sous-sol (sous abri), l’eau gèle dans les tuyaux à cet endroit précis. Ce sont les exceptions qui confirment la règle… sauf que ces exceptions ne sont pas logiques elles-mêmes.

Ne pas utiliser le système métrique, système logique et parlant, l’eau s’y perd aussi, ne reconnait rien dans ces chiffres absurdes et gèle quand il fait suffisamment chaud ou reste liquide quand il fait très froid — allez comprendre, elle ne le comprend pas non plus.

Avis de gel

Aujourd’hui dans mes alertes météo est tombé un avis de gel, le premier de la saison, pour demain soir.

Le chauffage ronronne depuis dimanche dernier, le lendemain du jour où j’ai arrêté l’air conditionné, quelques heures à peine après avoir vérifié que la chaudière marchait. Le dimanche matin au réveil il faisait 15 degrés dans les chambres et pas de redoux en vue selon les prévisions météo, il était donc indispensable d’allumer le chauffage.

Nous sommes passés de l’air conditionné au chauffage littéralement, en moins de 24 heures, en l’espace d’une nuit de l’été à l’hiver.
Pas de redoux prévu, pas d’été indien non plus cette année. Les températures journalières et nocturnes ont baissé de façon radicale sans répit en vue.

En guise de répit c’est un avis de gel.

Ne reste plus qu’à se préparer pour un hiver précoce cette année.

L’espace d’une nuit

L’espace d’une nuit nous sommes passés de l’été à l’hiver ou un pré hiver à tout le moins. 

Changement brutal. Hier soir à 23h30 l’unité d’air conditionné s’était remise en route une dernière fois pour la soirée tant il faisait chaud et humide. Ma station météo dans la cuisine m’a dit qu’à minuit il faisait encore 20 degrés dehors.

Ensuite la température n’a fait que baisser tout au long de la journée d’aujourd’hui avec 13 degrés au plus chaud. Contre 27 degrés 2 jours plus tôt, un taux d’humidité supérieur à 95% et des attaques de moustiques dès qu’on mettait un pied dehors.

Hier jeudi les trombes de pluie liées au passage de l’ouragan Michael à 200 kilomètres au large du New Jersey. Pluies chaudes tropicales avec l’ambiance étouffante qui va avec. Par contre les vents forts d’aujourd’hui ne paraissaient pas venir de cet ouragan car ils ont apporté le froid comme s’ils étaient passés sur de la neige — rien à voir avec la moiteur tropicale d’hier.

13 degrés au plus chaud de la journée puis la température est descendue jusqu’à 8 degrés ce soir vers 21 heures  en revenant du tai-chi.

L’espace d’une nuit nous sommes passés de l’air conditionné au chauffage ou presque. Il me faut de toute urgence tester ma chaudière, vérifier que tout fonctionne normalement avant d’en avoir vraiment besoin — d’habitude à cette date l’unité d’air conditionné étant éteinte depuis un moment je l’ai déjà testée. Impossible cette année puisque l’air conditionné a tourné à plein régime jusqu’à hier.

L’espace d’une nuit nous sommes passés des shorts manches courtes et tongs aux pantalons pulls et blousons — j’ai même failli mettre un bonnet pour aller au tai-chi et par 8 degrés je l’aurais bien supporté.