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Le jour le plus long — trace

C’était déjà le jour le plus long il y a 15 ans et plus quand j’ai commencé à faire ces allers-retours — le retour toujours le plus long avec ses levers aux aurores et ses déchirures.

C’était le jour le plus long alors que j’envoyais des missives fiévreuses à Dorothy, écrites dans l’avion dans un état second — le lever à l’aube la déchirure de quitter Dorothy encore une fois — puis postées dès que j’arrivais à trouver un accès Internet — pas de WiFi à l’époque, seulement une prise de téléphone avec le câble qui allait bien et à-dieu-va, je priais que la connexion marche pour envoyer tout de suite ma missive que Dorothy attendait avec anxiété de l’autre côté. Il fallait souvent plusieurs essais de connexion — la petite musique du modem qui montait en fréquence — et plusieurs minutes pour envoyer un simple message de texte — ne parlons pas des photos pourtant en très basse résolution de l’époque.

Le jour le plus long pour le message le plus long — messages enflammés et hallucinés que je relisais après coup, après les avoir envoyés, avec inquiétude — comment seraient-ils reçus, comment seraient-ils perçus? Bien, toujours bien, en ce temps-à, le temps des allers-retours avec ces retours — les plus longs. 

Messages codés — trace

Ces messages codés dont personne ne se doute dont personne ne connaît l’existence la brillance qui trouve sa trace dans un passé lointain si proche dans ma mémoire, les messages codés qui les comprenait alors, une évidence une connivence

beaucoup de clins d’œil, quelques fous rires, une gravité parfois — référence à des souvenirs communs,

ces messages codés sans besoin aucun de les justifier les expliquer, une longue habitude née de complicité absolue

indiscutable,

qui les comprendrait sinon toi

les messages codés que je continue à émettre

dans le vide sidéral de l’Internet

qui les comprendra —

sinon toi.

Messages codés

Messages codés,

indices, les cailloux du Petit Poucet finalement.

Dans ces messages codés,

       la trace que tu as laissée en moi

                        indélébile

                                 code d’accès pour

                                                 me connaître

       pénétrer mon intimité

                sinuer dans les méandres

                        de mon esprit.

                        Qui le pourrait

                                            sinon toi ?

Bouteille à la mer

Les bouteilles à la mer que l’on lance, on ne sait si elles seront trouvées ni qui les trouvera, n’en fera cas peut-être.

Ou qui ne les comprendra pas ne les interprétera comme telles — de simples bouteilles à la mer, une espérance envers et contre tout, l’inconnu, futile tordue viscéralement ancrée l’on ne peut pas s’en empêcher pour vivre, survivre.

Resteront ballotées de flots en flots de passés en passés en quête d’un miracle ou d’un autre avenir,

ces bouteilles à la mer une trace de mon passé lancée vers le futur.