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Je retiens mon souffle

Mardi 19 janvier 2021, veille de l’inauguration et de la prise de fonction du nouveau président américain (vraiment ce délai d’un autre âge, de l’âge des voyages à cheval — si dangereux, on en a eu la preuve par l’exemple — doit être changé de toute urgence), je retiens mon souffle. En vérité je le retiens depuis le résultat de l’élection en novembre dernier.

Pour ne pas avoir à sortir demain, ce n’est pas qu’avec la pandémie on sorte beaucoup de toute façon, mais pour ne pas être dehors dans le public —  même un public limité, il suffit d’un seul fou et avec plus de 400 millions d’armes à feu en circulation aux États-Unis… — j’ai fait quelques courses alimentaires ce matin. Courses que je devais faire cette semaine et lundi étant férié, je me suis rabattue sur ce mardi pour éviter à tout prix de sortir demain jour de l’inauguration. Et les jours suivants au cas où il se passe quoi que ce soit. 

En attendant j’ai lu ces jours-ci qu’il y a plus de troupes et de soldats déployés à Washington DC qu’en Afghanistan Iraq et Syrie réunis — ce n’est pas le but de vivre dans un pays libre avec élections libres que d’avoir la capitale en camp retranché, avec green zone tanks, etc. comme si l’on était dans une capitale en guerre au Moyen-Orient au plus fort des guerres en Iraq et Afghanistan. Effrayant à plus d’un titre.

Effrayant aussi : Poutine et Xi Jinping en rêvaient et l’agent orange l’a fait. Ils en rigolent toujours et se frottent les mains quand toutes les ingérences notamment russes n’avaient pas pour objectif principal de favoriser un candidat plutôt qu’un autre (objectif secondaire ou effet collatéral qui les arrangeaient, un bonus pour eux ) mais bien de saper la confiance dans les systèmes démocratiques et les élections libres. L’agent orange a réussi au-delà de leurs plus folles espérances. (Petit rêve éveillé de ma part : peut-être en remerciement lui donneront-ils l’asile politique s’il est trop poursuivi en justice et s’enfuit ? )

Effrayant enfin : l’agent orange n’ a même pas prétexté ne pas avoir voulu ce qui s’est passé au Capitole, il ne s’est même pas excusé ni n’a montré de quelconque regret d’avoir par exemple « été mal compris par ses supporters ». Il aurait pu utiliser cet argument mais l’a même pas fait.

Entendu aujourd’hui d’une politologue spécialiste des États-Unis que c’était un acte préparé. J’espère qu’elle se trompe parce que si c’est le cas rien n’interdit plus de penser que d’autres actes sont en préparation. Plus grave encore qu’une opportunité saisie à la volée. (Ceci dit le meeting était organisé pour avoir lieu en meme temps que la certification des résultats et ce n’est pas par hasard, ceci était bien entendu préparé, donc…)

Alors oui je retiens mon souffle.

Terrifiant

Je sais quoi dire — terrifiant. Il est terrifiant de vivre ces moments dans un pays libre avec des elections libres qui suivent « le jeu démocratique » c’est à dire que si l’on perd une élection, on laisse sa place et on espère faire mieux une prochaine fois. C’est le principe même : accepter la transition de pouvoir.

Bien la peine de pointer du doigt des pays où les anciens dirigeants n’acceptent pas de laisser le pouvoir, de les appeler « pays de merde » (citation : ce sont les mots-mêmes de l’agent orange): eh bien nous y voilà les États-Unis sont donc un « pays de merde » si l’on applique sa definition, n’est-ce pas ?

En attendant c’est grave, très grave ce qui s’est passé le 6 janvier à Washington DC, l’invasion du Capitole : ce n’est pas juste une foule en colère qui a voulu prendre le pouvoir — ceci aurait été deja grave en soit. Mais ce qui s’est passé va au-delà, c’est bien pire : c’est le president en exercice, le president sortant mid toujours en exercice qui dit à la foule de prendre en otage le pouvoir législatif pour le maintenir lui president sortant au pouvoir (son intérêt personnel donc). Et encore pire c’est une branche du gouvernement qui essaye de renverser une autre branche, de prendre l’ascendant, de supprimer une autre branche du gouvernement. Gravissime. Le pire qu’il puisse arrive dans un pays libre à elections libre dans une république.

Or les « Pères Fondateurs » avaient exactement écrit le texte de la Constitution de leur nouvelle république pour éviter cela, éviter de concentrer tout le pouvoir dans une seule branche voire pire dans une seule personne (ils en sortaient de la royauté des rois ou des empereurs omnipotents) : cela s’appelle la séparation des pouvoirs. Puis d’éviter qu’une branche prenne l’ascendant sur les autres voire prenne le pas, cela s’appelle le « checks and balances », les poids et contrepoids, c’est à dire l’équilibre de ces pouvoirs séparés.

Donc oui, c’est très grave, c’est terrifiant : quand la séparation des pouvoirs tombe, quand une branche prend le pouvoir et veut réduire à néant une autre branche, c’est le chemin le plus direct et le plus certain vers une dictature, cela s’appelle un coup d’état. Et peu importe les finasseries terminologiques, les fausses pudeurs et autre circonvolutions pour ne pas appeler un chat un chat. Il faut finir par regarder la réalité en face et reconnaître l’agent orange pour ce qu’il  est : une personnalité toxique et dangereuse, un fou un malade mental au sens médical du terme, un dictateur en puissance (et pas seulement en devenir). Depuis le début il vante la présidence à vie et les pleins pouvoirs. Et non, on ne peut pas mettre ça sur le compte d’une plaisanterie d’une provocation, que c’est une grande gueule : à ce niveau de pouvoir et de portée on n’est pas une grand gueule. Diriger et présider à la destinée d’un pays ce n’est pas un pique-nique autour d’un barbecue avec une bière ni une réunion entre potes avinés au Café du Commerce. Comme l’a bien dit le futur président Biden, la voix d’un president porte, il doit surveiller ce qu’il dit. Depuis le début l’agent orange trouve que les dictatures, les pleins pouvoirs et les présidences à vie c’est bien ! Il l’a répété maintes et maintes fois et on a laissé passer : il ne fallait pas laisser passer dès le premier coup de boutoir. Parce que chaque coup suivant est allé plus loin et ça a constamment dérivé pour en arriver là : un président qui demande à ses supporters de détruire une autre branche du gouvernement pour lui permettre de garder le pouvoir pour toujours. Parce qu’à ce stade pourquoi rendre le pouvoir plus tard dans 4 ans à la fin d’un second mandat, pourquoi limiter les mandats à 2, pourquoi même faire une prochaine élection, même plus la peine puisque son souhait est la présidence à vie. Et qu’on ne croit pas que parce qu’il est vieux « président à vie « c’est court : pas du tout. Il est en plus en train de tout mettre en place pour que ses fils ou sa fille lui succèdent. Faire une dynastie façon Corée du Nord où le pouvoir est passé du grand-père au fils et au petit-fils. Je n’exagère pas. Tout ça a été filme lors de ses multiples meetings politiques. Il y a deja des t-shirts avec des slogans pour l’un de ses fils en 2024 et aussi pour sa fille, il l’a aussi mise en avant comme potentielle pour 2024 avant même de perdre cette élection. C’est filmé, documenté.

Et c’est bel et bien d’un coup d’état qu’il s’agit. Tentative ratée certes mais tentative de coup d’état en renversant un branche du gouvernement. Ensuite il  n’en reste plus qu’une autre de branche en travers de son chemin, la branche judiciaire et rien n’empêcherait de continuer le travail. Quant au quatrième pouvoir, la presse, il a été mis à mal par des dénigrements répétés puis l’installation d’un système direct par les réseaux sociaux et les sites privés dédiés à sa cause voire complotistes et fascistes, non surveillés par les pairs (après tout un journal/chaine de télé peut raconter des bobards jusqu’à une certaine limite puisque les autres organes et autre journaux peuvent contredire et faire une « revue de pairs », peer review, qui est encore le meilleur garde fou qu’une censure pure et simple).

Alors ici on apprend ça à l’école, mes enfants ont appris ça depuis leur plus jeune âge à l’école américaine depuis le primaire jusqu’en terminale :  les 3 branches du pouvoir, la séparation des pouvoir et les checks and balances pour éviter qu’une branche du gouvernement devienne trop puissante par rapport aux 2 autres. Tout ça pour éviter de revenir aux tyrannies monarchies dictatures et autocraties dont les Pères Fondateurs s’étaient affranchis. Ils en sortaient et ne voulaient surtout pas que ce soit possible dans leur nouveau pays, leur république tout juste créée. Ils doivent se retourner dans leurs tombes, eux qui étaient issus des Lumières et qui vouaient une aversion profonde à tout culte de la personnalité (ils sont servis avec l’agent orange, nous sommes servis).

Et les citoyens, chaque citoyen et encore plus les officiels, les membres du gouvernement, hauts fonctionnaires qu’ils soient de carrière, appointés ou élus jusqu’aux plus hautes sphères ainsi que tous les membres de l’armée du plus simple soldat au plus haut gradé, tous quand ils prennent leurs fonctions, prêtent serment de loyauté non pas à une branche du gouvernement ou une autre, non pas à une fonction ou une autre, encore moins à une personne ou une autre mais au drapeau (en tant que symbole du pays, voir le texte ci-dessous) et à la Constitution américaine. Quand on est citoyen même de base, même sans fonction officielle, on doit (c’est le devoir de TOUT citoyen américain ) être loyal à la Constitution américaine. Être patriote c’est protéger la Constitution et c’est tout.

Donc pas de loyauté ni envers un parti ni envers une fonction (comme le président par exemple) et encore moins envers une personne en particulier quelle qu’elle soit !

Je n’invente rien, ce sont les textes et de la Constitution et de la Pledge of Allegiance. Même si ce dernier texte n’est pas officiel dans le sens où il n’est pas inscrit dans les lois, il les résume de façon concise et simple.

Le texte du serment « Pledge of Allegiance » (non officiel mais c’est un texte simple qui avait été créé pour les enfants parce qu’il condensait de façon simple. Il est devenu officiel de fait.

I pledge allegiance to the flag of the United States of America and to the republic for which it stands, one nation under God, indivisible, with liberty and justice for all.

Mes enfants et tout le monde à l’école l’a répété tous les matins pendant toute la scolarité.

Nulle part on ne prête serment au président, encore moins à un président en particulier. Donc les pseudo patriotes (nommés patriotes par l’agent orange) ne connaissent même pas leurs devoirs de base parce que c’est les devoirs de base de tout citoyen américain : défendre la Constitution et les lois des États-Unis, je n’invente rien, je cite les textes officiels. Être loyal au drapeau et au pays, le drapeau représentant le pays, voir le texte de la Pledge. Nulle part on ne mentionne le président encore moins telle ou telle personne plutôt qu’une autre.

Et en obéissant à la Constitution et aux lois, on obéit de fait à la séparation des pouvoir et on respecte de fait les fonctions des uns et des autres, donc on ne renverse pas une branche au profit d’une autre.

Et si l’on n’est pas d’accord avec une branche et ses decisions, c’est bien simple on vote différemment la fois d’après, on pétitionne, on proteste, de façon pacifique, on peut même appeler son sénateur ou son représentant (equivalent de députés en France) on peut écrire aux journaux, dire son point de vue à des élus locaux, j’ai bien dit « dire » en utilisant des mots et non la violence physique ni la force. Ou devenir membre d’un parti voire créer son parti politique, se présenter à une élection locale ou fédérale. C’est la façon de faire changer ou évoluer les choses avec lesquelles on n’est pas d’accord.

Encore une fois je n’invente rien ce sont les textes officiels que l’on peut trouver sur tous les sites gouvernementaux qui informent sur les droits et les devoirs des citoyens américains. 

Donc tout cela est terrifiant. S’il y a des loopholes (échappatoire, lacunes dans les textes) il faudra travailler d’urgence à les combler et à changer les institutions voire une amendement (un numéro 28 et d’autres en plus s’il le faut) à la Constitution pour que ceci ne puisse plus se reproduire.

Et que celui qui a fomenté ceci et affaibli les institutions pendant tout son « règne » (c’est malheureusement de cela dont il s’agit, d’un règne ou voulu comme tel), la crédibilité des lois et affaibli même la Constitution, du moins l’a balayée comme ne se l’applicant pas à lui, que celui-ci soit jugé pur ses actes et puni. Impunité et c’est la voie royale à ce qu’il continue, à ce que se forge une dynastie et à tout futur aspirant dictateur : le chemin serait pavé ! Sans compter l’exemple et le précédent non seulement pour le pays mais pour le monde entier. Et s’il y a besoin de témoins il doit y avoir 2 ou 3 milliards de témoins qui ont vu en direct son discours et son appel à l’insurrection, au coup d’état, à marcher sur le Capitole et à se battre par la force ! Appels à l’usage de la force relayé aussi par son fils et par l’avocat véreux et véritable néo nazi. C’est documenté, filmé par les télévisions du monde entier et a été vu en direct par au moins la moitié de l’humanité.

Je veux finir par quelques citations des Esprits des Lumières justement, dont tout le monde se réclame à tour de bras.

Tout d’abord Montesquieu sur la séparation des pouvoirs justement (dans L’esprit des lois) :

« Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que par la disposition des choses le pouvoir arrête le pouvoir. »

« Il n’y a point encore de liberté si la puissance de juger n’est pas séparée de la puissance législative et de l’exécutrice. »

« Le plus grand mal que fait un ministre n’est pas de ruiner son peuple, il y en a un autre mille fois plus dangereux : c’est le mauvais exemple qu’il donne. »

Ensuite Beaumarchais (dans Le barbier de Séville) :

« De la justice ! C’est bon entre vous autres misérables, la justice ! Je suis votre maître, moi, pour avoir toujours raison. »

« Quand une chose est vraie ! Si je ne veux pas qu’elle soit vraie, je prétends bien qu’elle ne soit pas vraie. Il n’y aurait qu’à permettre à tous ces faquins-là d’avoir raison, vous verriez bientôt ce que deviendrait l’autorité. »

et aussi par notre bon vieux La Fontaine qui a eu beaucoup d’ennuis de son vivant d’ailleurs pour avoir écrit toutes ces fables (dans Les fables de La Fontaine, Les animaux malades de la peste)

« Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. »

L’avenir proche nous dira si cette dernière s’avère vraie. Une impunité serait une catastrophe non seulement pour le temps présent mais également à venir, pour l’Amérique et pour le monde entier par l’exemple qu’il donne, retour à Montesquieu.

Je ne sais pas quoi dire à nouveau

La situation évolue de mal en pis avec cette après-élection interminable. (Vraiment une révision constitutionnelle et législative  s’impose, ce système avec 2 mois et demi d’intérim entre le président sortant et le président élu était valable du temps des voyages à cheval, le temps de rapporter en chariot les bulletins et les votes depuis un bout du pays à l’autre. De nos jours c’est totalement obsolète et dangereux quand quelqu’un ne joue pas le jeu. Bien entendu cela ne s’était jamais produit mais c’est ce qui arrive quand on élit un fou furieux dictateur en puissance — il aura tout essayé et il continue à cause de cet espace, ce trou, ce vide dans la passation de pouvoir. Sans compter les sabotages avec les lois de dernière minute et les grâces présidentielles. Ça aussi il faudrait que ça cesse, je ne comprends pas comment un tel pouvoir « royal » continue d’exister en ce début de XXIème siècle )

Chaque fois on croit avoir atteint un sommet et depuis 4 ans des sommets de folie furieuse on en a grimpé, chaque sommet plus haut que le précédent, chaque coup de boutoir dans la république, pire. Jusqu’où ?

Donc aujourd’hui c’était le pompon ! Mais je crains que dans les 15 jours qui restent il y ait d’autres pompons, pires. Ça en prend le chemin. Maintenant il faut que les gens autour du fou orange arrêtent de l’accréditer de le conforter dans ses positions hallucinées : il y en a qui ont persisté et signé, l’avocat aux vrais airs de Goebbels, le propre fils du fou orange et j’en passe, encore aujourd’hui au rassemblent avec ces discours effarants, qui a précédé la prise d’assaut du Capitole. J’espère qu’ils seront marqués au fer rouge, que leur carrière politique en sera abruptement finie. Aujourd’hui cet assaut, double assaut moral et maintenant physique, comme dans la pire des républiques bananières, le pire des pays voyous. Une chose que je n’aurais jamais pensé voir dans un pays occidental, dans une république avec élections libres, encore moins ici dans le pays qui se targue d’être la république entre toutes, le modèle mondial des républiques.

Les institutions sont poussées à l’extrême, à leur point de presque rupture.

À la mi-journée j’étais en train de donner mon cours de tai-chi par visioconférence. Après le cours nous papotons toujours un moment puisque pour la plupart nous faisons du tai-chi ensemble depuis plus de 10 ans voire quelque 17 ans pour mon amie Helen et sommes devenus amis. Quand soudain la femme d’un de ces amis a interrompu nos discussions à bâtons rompus pour dire à son mari de venir vite pour voir à la télé ce qui se passait en direct à Washington DC, que le Capitole avait été investi par des trumpistes. Incrédule son mari a d’abord cru qu’elle plaisantait. 

Incrédulité c’est le mot, sidération, indignation.

Indigne de ce pays, indigne de la fonction présidentielle qui a, depuis 4 ans, été piétinée et galvaudée totalement dépréciée et déclarée sans valeur — au profit d’une présidence à vie, seule valable à ses yeux, son souhait le plus ardent, il ne s’en est même pas caché. L’avantage avec ces idioties de réseaux sociaux c’est que c’est par écrit, c’est enregistré et rien n’est effaçable puisqu’il y a toujours quelqu’un qui peut faire une copie d’écran au pire. Donc on peut le mettre le nez devant ses dires, écrits. Sans compter les enregistrements vidéos. J’espère que tout ça pourra peser dans la balance de la justice. Car, non, quelqu’un qui occupe une fonction étatique de haut niveau, d’autant plus présidentielle, ne peut et ne doit pas faire des déclarations fracassantes façon Café du Commerce, car comme l’a dit le futur président, la parole présidentielle porte, celui qui en assume la fonction et les responsabilités doit mesurer et peser ses paroles.

La preuve par les faits cet après-midi quand un président encore en exercice (WTF ? vraiment des institutions et des législations à changer) échauffe ses partisans en les exhortant à marcher sur le Capitole après les avoir déjà chauffés à blanc sous des déluges d’accusations mensongères de fraudes électorales. Littéralement à fouler aux pieds la République. Quand le devoir du même président —c’est à cela et cela exclusivement qu’il s’engage en prêtant serment et en acceptant la charge — c’est de protéger la Constitution. Surtout quand on sait que la Constitution est aux yeux de tous les citoyens américains le texte le plus sacré du monde (d’où les grandes difficultés pour le faire évoluer avec le temps et l’époque, ceci explique cela, il est gravé dans le marbre, à la fois sa force et sa faiblesse).

Cette action seulement, serait une raison d’empêchement et de destitution — une haute trahison.

Les institutions et la République sont vraiment en limite de craquer — souvenons-nous de l’Allemagne des années 30, de la prise des pleins pouvoirs par les nazis après avoir été élus légalement au départ… C’est ce que m’a dit ma mère au téléphone ce soir. (Mes parents m’ont appelée vers minuit heure française, tant ils étaient catastrophés par ce qu’ils venaient de voir). Ce que ma mère a vu à la télé avec la prise d’assaut du Congrès lui rappelait les actualités qu’elle voyait enfant dans les années 30, sans les comprendre mais qui lui faisaient peur, les actualités sur ce qui se passait en Allemagne dans ces années 30, Munich, Berlin, la prise du Reichstag etc.

Je ne sais pas quoi dire à nouveau et je retiens mon souffle jusqu’au 20 janvier.

Mes articles précédents sur ces élections :

https://michusa.wordpress.com/2020/11/07/je-ne-sais-pas-quoi-dire/

https://michusa.wordpress.com/2020/11/14/je-ne-sais-pas-quoi-dire-trace/

P.S. — Pourquoi est-ce que je ne suis tout de même pas étonnée ? Que je tends le dos depuis l’annonce du résultat des élections début novembre ?

Autre P.S. — Tous ces abrutis qui ne portent pas de masque (pas de masque anti-Covid puisque la pandémie est un hoax des démocrates selon eux, encore et toujours) tous ces abrutis non masqués ont été filmés et se sont aussi filmés eux-mêmes, ont fait des selfies dans le Capitole, selfies et vidéos qui seront postés par eux sur leurs propres réseaux sociaux. Ce devait donc être facile de les identifier et de les traduire en justice pour les envoyer réfléchir en prison. Ils tiendront compagnie à leur champion qui devrait y être enfermé depuis longtemps.

Je ne sais pas quoi dire — trace

Depuis samedi dernier 7 novembre j’oscille entre soulagement et inquiétude (le mot est faible…)

Je ne sais toujours pas quoi dire. Soulagement ? Oui c’est ça, soulagement point d’interrogation. 

J’ose à peine écrire le mot soulagement par crainte d’un renversement (au sens fort du terme, pas un renversement de situation mais bel et bien un renversement façon coup d’État).

Que l’agent orange soit gravement dérangé mentalement (en clair fou à lier, littéralement, dans un monde normal, ce gars serait dans une institution et sous camisole de force la majeure partie de ses journées. Mais dans un monde normal aussi il n’aurait pas été élu ni même aurait été candidat, encore moins serait entré en politique ni n’aurait de quelconques responsabilités que ce soit ni même de tribune publique ni de voix au chapitre) donc qu’il soit gravement dérangé mentalement, tout cela  doublé d’un culte de la personnalité qui n’a rien à envier aux pires dictateurs que la planète ait connu et connait toujours (façon Staline, le gars de Corée du Nord et j’en passe, c’est de ce niveau), donc que l’agent orange soit complètement fou et dangereux c’est inquiétant en soi mais le pire c’est qu’il est non seulement soutenu par une partie « du peuple » ce qui est grave aussi mais, encore pire, par tous ceux qui gravitent autour de lui et exercent des fonctions aux plus hauts sommets de l’état et lui obéissent au doigt et à l’œil au lieu de démissionner (dans un monde normal tout un chacun aurait refusé de le servir — parce qu’il s’agit de le servir et non plus de servir l’état à ce niveau-là de mainmise) en attentant de se faire virer pour un soupir de travers. 

Non seulement il est soutenu et aidé par tous ceux-ci qui le caressent dans le sens du poil mais en plus il est poussé par ces mêmes — comme s’il avait besoin d’être poussé plus loin dans sa folie dictatoriale.

Quand on entend notamment le US Secretary of State, l’équivalent du ministre des Affaires étrangères, donc le chef d’un ministère majeur, déclarer haut et fort devant la presse qui lui posait la question si la transition avec la prochaine administration se passerait de façon sereine et fluide (smooth) répondre que la transition se passera effectivement bien avec la seconde administration Trump. Qu’on ne vienne pas nous dire ensuite que c’était de l’humour ou du sarcasme. Cela n’en était pas, chacun peut le voir par lui-même sur cette vidéo qui tourne en boucle partout sur Internet et qui est devenue « virale »  — ça s’impose, ce gars est un vrai virus aussi, pire que notre virus pandémique actuel. Et ce n’était en plus pas du conditionnel : il a dit littéralement « there will be a smooth transition to a second Trump administration » : futur simple — certitude.

J’espère que cela restera marqué au fer rouge sur son front et que ça tuera le reste de sa carrière politique à jamais. Comme dit un internaute sur Twitter «  I hope this statement follows Pompeo for the rest of his life… ».

Si cela s’était dit dans un autre pays, qu’aurions-nous dit, qu’aurions-nous fait ? Nous aurions hurlé au coup d’État, à la dictature, au pays voyou. Nous aurions tous condamné fermement. Déclenché une réunion d’urgence avec l’ONU, le conseil de sécurité etc. Préparé des sanctions voire pire.

Ce n’est pas normal, ce n’est pas juste un exercice ni une hypothèse de travail théorique. À ce niveau de l’état on ne dit pas des choses comme ça, en l’air, on surveille ses paroles surtout sur ces sujets aussi sensibles et graves.

Et il y en a eu d’autres, il n’est pas le seul dans cette administration et cette mouvance, et c’est ça qui est grave, très grave, plus grave encore que les 70 millions d’électeurs qui ont choisi le fou. Au haut niveau de l’état on pourrait penser qu’ils savent mieux…

Mais non, on continue de mentir en pleine face et sans se cacher, sans honte, même pris la main dans le sac.

À l’école maternelle et primaire de mon temps on disait « c’est celui qui le dit qui l’est » quand les insultes volaient  bas. Eh bien, avec l’agent orange et consorts, avec toute cette administration qui le soutient à bout de bras dans sa folie furieuse c’est complètement le cas. À force de lancer des accusations fausses, infondées et graves à tour de bras, c’est bien cela qu’ils veulent cacher « que ce sont eux qui le sont » tout ce dont ils accusent les autres, c’est pour cacher leur propre incurie — là encore le mot est faible — leur propre culpabilité, à la fois judiciaire et morale. Tout ce dont ils accusent les autres qui ne sont pas du même avis qu’eux, c’est ce qu’ils sont eux-mêmes. Des losers

Pire, comme Mary Trump l’a dit lors des interviews qu’elle a accordés pour la sortie de son livre sur son oncle (livre qui a failli être interdit, je l’ai acheté en précommande aussitôt, pour cette raison. À la fin il y a eu tellement de précommandes et de copies en avance pour service de presse, que cela ne rimait plus à rien de l’interdire, des milliers voire un million ou plus de copies étaient déjà en circulation dans le public à ce stade *. Les précommandes étant envoyées dès le jour de sortie voire quelques jours avant par Amazon qui veut vendre, le temps que la justice saisie par le président ou ses sbires ait donné sa décision, on a une fenêtre de quelques jours voire une ou 2 semaines. C’est la stratégie à adopter à chaque fois qu’un livre « politique » risque d’être interdit, l’acheter tout de suite en précommande. J’en ai acheté plusieurs que je ne lirai jamais mais pour faire poids et éviter l’interdiction, tous pendant ces 4 dernières années, les années de l’administration de l’agent orange alors que cela fait 18 ans que je suis aux États-Unis soit dit en passant) donc comme Mary Trump l’a dit, non seulement il nie la chute mais s’il chute il veut entrainer le pays avec lui et « tout casser », façon « puisque j’ai perdu le pays et le pouvoir sur le pays, le pays n’existera plus », façon le petit garçon qui casse le jouet qu’on lui demande de prêter à son frère pour que ni son frère ni personne d’autre ne l’ait. Quelle maturité ! Passé l’âge de l’enfance cette attitude n’est plus une petite colère d’apprentissage de la vie, ce n’est plus justifiable. À l’âge adulte c’est même de la maladie mentale grave, passé 70 ans cela parait impensable surtout au niveau de « l’homme le plus puissant de la Terre ».

Le 11 novembre, Mary Trump dit aussi sur Twitter : « Conceding to Joe Biden isn’t necessary; acknowledging the legitimacy of the Biden/Harris administration isn’t necessary; ensuring a smooth transition of power isn’t necessary. But the damage done to our country by NOT doing those things is incalculable. It can never be forgotten. »

( « Admettre la victoire de Joe Biden n’est pas nécessaire, admettre la légitimité de l’administration Biden/Harris n’est pas nécessaire, assurer une bonne transition et une passation de pouvoirs fluide n’est pas nécessaire. Mais les dommages faits à notre pays en NE FAISANT PAS ces choses sont incalculables. C’est impardonnable à jamais. » )

Comme dit un autre internaute sur Twitter «  Allons-nous avoir besoin d’envoyer les gars en blanc avec des filets ? » (les infirmiers psychiatriques).

Ci-dessous trois photos d’écran avec ce commentaire et d’autres dans la même veine, que j’ai capturés le 12 novembre. Lisez-les ils sont tous extrêmement pertinents.

Twitter 12 novembre 2020
Twitter 12 novembre 2020
Twitter 12 novembre 2020

Entre cette situation politique et la pandémie qui reprend de plus belle, de façon encore pire qu’en mars et que cet été aux États-Unis, franchement il ne fait pas bon vivre cette période ici aux États-Unis. D’autant que cet aspect pandémique va empirer encore plus par l’incompétence voire le sabotage éhonté de cette administration : il lui reste 2 mois à gérer les affaires dont la pandémie (ou plutôt une absence de gestion voire une gestion criminelle en faisant tout l’inverse que ce que le moindre médecin ou scientifique dit — la Terre est plate voyons, si l’agent orange le dit c’est vrai et si on le contredit il fait un tantrum, une crise de colère dans le sens médical et psychiatrique du terme)

Vraiment je ne sais pas quoi dire.

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* Une recherche rapide donne les résultats suivants, d’après son éditeur : « On July 17, 2020, Simon & Schuster announced that the book had sold more than 950,000 copies in pre-orders by its publication date, a new record for the publisher. In its first week, Too Much and Never Enough sold 1.35 million copies. »

Je ne sais pas quoi dire

Je suis atterrée par le spectacle infâme que l’Amérique donne au monde — comment en est-on arrivés là, comment est-on tombés aussi bas ? Pire qu’être tombés aussi bas, la démocratie est effectivement en train de vaciller et ce n’est pas un effet de gros titres journalistique.

Sans compter l’exemple que ça donne au monde et justement aux dictateurs en tous genres, aux dictateurs en puissance qui se disent « pourquoi pas moi puisque ça marche et même dans une grandes puissance », surtout une grande puissance qui se targue d’être un exemple à suivre.

Comment pourra-t-elle prétendre intervenir dans tel ou tel pays pour le « démocratiser » ? Déjà que dans le passé c’était à peine crédible, là ça ne l’est plus du tout, n’importe quel pays dit « voyou »  (par les mêmes qui se comportent comme dans la pire république bananière des années 60)  pourra leur rétorquer « balayez devant votre porte » ou « qui êtes-vous pour donner des leçons » «  vous faites exactement la même chose ».

Vraiment je ne sais pas quoi dire.

Que ce soit un avertissement pour les Européens : on ne vote pas impunément pour n’importe qui sous prétexte de « protester »  « de leur montrer »  (à qui ? ) Ce genre d’attitude revient à se tirer une balle dans le pied au mieux voire plutôt à se tirer une balle dans la tête, c’est un pur suicide — individuel et collectif.