Archives du mot-clé Mémoire

Novembre 2019

 

Très occupée par les feuilles et la mise en mode hiver de la maison avant mon départ. C’est toujours le cas du mois de novembre, chaque année. Cette année en plus le changement de la voiture qui arrivait en fin de leasing : une épreuve ! Perte de temps de patience et arnaque à la clef — pas moyen de faire autrement malheureusement. Du coup je n’ai pas eu beaucoup de temps pour le reste.

Une distraction positive au moins, une visiteuse de France (en éclair, c’est toujours le cas quand ce sont des visiteurs en voyage professionnel — mais c’est déjà ça ! )

Octobre 2019

 

Le rendez-vous d’octobre avec bien du retard — il me semble que je n’arrête pas de vider un puits sans fond de tâches et de corvées à faire de toute urgence bien entendu, souvent il ne me reste que  tard le soir pour mes projets personnels mes écrits mes photos et mes blogs au moment où je m’effondre épuisée.

Les feuilles d’automne ont été à l’heure cette année (les deux années précédentes elles étaient très en retard) pas d’explosion de couleurs spectaculaire cependant et nous n’avons pas vraiment eu d’été indien non plus. 

Septembre 2019

 

Le retour dans la routine, les visites médicales de rentrée, les 23 ans de ma fille, et toujours des bières et du vin à déguster. Les feuilles s’annoncent en temps et heure cette année. 

Beaucoup de retard dans les lectures, les montages video, les photos sans parler d’écrire… Le manuscrit est au point mort.

 

Écriture et respiration

Tu te doutes bien que j’écris d’autres choses, sur d’autres sujets aussi, qui me tiennent à cœur, profondément. Et quoiqu’on puisse penser ce n’est pas une perte de temps que de passer du temps à faire ces textes où je m’applique et que je vous envoie par mail. D’une part ça me plaît (en plus du simple fait que j’aime bien partager avec vous) et d’autre part aussi ça m’est nécessaire. Ces écrits ne sont pas douloureux, ils me font comme une respiration au milieu d’autres plus difficiles. Je prends mon souffle si tu veux, pour pouvoir aller plus profond, ailleurs.

D’ailleurs, pour la petite histoire (c’est la meilleure la petite histoire finalement, au milieu de la grande, officielle — encore une digression) je viens de commencer des leçons de natation (je nage beaucoup mais comme un fer à repasser, c’est une autre histoire, amusante d’ailleurs, une autre fois) histoire d’apprendre à nager la tête sous l’eau et ne pas avoir peur d’étouffer ni de me noyer : travailler le souffle pour aller en profondeur et savoir remonter. Dans le même ordre d’idées j’aimerais trouver des leçons de chant, toujours pareil une question de souffle. Le tai-chi m’aide aussi beaucoup pour aller en profondeur sans trop de casse.

À part ça je suis contente que mes textes te mettent en joie.  Écrire me procure beaucoup de plaisir, presque autant que d’embrasser qui tu sais mais c’est une autre histoire et celle-là est plus douloureuse à écrire.

En tout cas je m’applique quand j’écris et tu sais pour qui j’écris, pour la seule personne qui ne me lira jamais plus. Cela paraît peut-être stupide et triste comme motivation, mais les motivations et les raisons sont toutes plus stupides les unes que les autres, il n’y a jamais de grandes raisons nobles. Les grandes raisons nobles sont en général la grande histoire officielle, la légende, fabriquée a posteriori. Seule la petite histoire est intéressante et authentique et fournit un éclairage sans égal… je digresse encore.

Outre le fait que l’écriture me procure énormément de plaisir et de joie, c’est aussi un moyen de survivre et de continuer pour moi. Quand je n’écris pas je ne suis pas bien et cercle vicieux. L’inverse est résolument vrai, quand j’écris cela me fait du bien et je boucle dans le cercle inverse. Enfin cela dépend du sujet, on en revient à cette respiration « écrite » nécessaire. Je ne parle pas d’écriture thérapeutique parce que celle-là c’est de la foutaise, elle ne vaut pas tripette sauf pour soi-même, peut-être.

Bref j’essaye d’écrire avec mon cœur comme le conseille Joyce Carol Oates dans son essai sur le travail d’écriture, « speak your heart » (textuellement elle dit, « write your heart out » ). Je n’aime pas tout ce qu’elle écrit ni pas toujours son style mais elle est très intéressante. Outre que c’est une grande voix de la littérature américaine contemporaine (et vivante ! ) c’est aussi une célébrité locale, sais-tu qu’elle est prof à Princeton ? (C’était encore pour la petite histoire).

Même dans mes écrits de colère j’essaye de mettre mon cœur. L’écriture en colère ou sur la colère est très délicate à gérer, justement Natalie Goldberg donne des tuyaux intéressants pour en faire quelque chose d’exploitable.

Bon tu n’as pas eu de chance : si tu m’écris le mercredi il y a de fortes chances que je te réponde longuement parce qu’après le tai-chi je suis toujours bien réveillée et, en outre, le mercredi soir je suis presque toujours seule.

Continue à être joyeuse, more on the way comme on dit ici. Continue à être joyeuse disais-je donc, si ça fait de l’effet à ne serait-ce qu’une seule personne c’est gagné, cela signifie que ça valait le coup de l’écrire. Franchement je n’invente rien, je décris exactement tout ce qui m’est passé en tête ou ce que j’ai ressenti durant ce séjour. Goldman, déglingué etc., tout est strictement authentique, je n’ai rien inventé ni imaginé artificiellement a posteriori, j’ai juste mis en forme.

Michèle en mode déglinguée mais joyeuse d’avoir mis ne serait-ce qu’une seule personne en joie.

(lettre à Claire le 27 octobre 2004)

Certains mots se sont échappés

Certains mots se sont échappés, envolés, je ne les ai pas retrouvés, ils ne me sont pas revenus, peu importe, c’est si vain quelques fois que de noter ces mots noir sur blanc. D’autres viendront qui les remplaceront ou s’y substitueront, ne poursuivant pas le même but ni la même fonction. Il faut les laisser aller vivre leur vie et accepter ces autres qui viennent même s’ils me semblent imparfaits et me déçoivent quelquefois par comparaison — avec quoi puisque j’ai oublié les premiers ? Avec le souvenir de l’émotion — seule trace — laissée par ces premiers.

(journal 14 janvier 2005)

Le mois d’août

Mois passé entièrement en France ou presque (retour dans le New Jersey le 30 août). Mois intense à essayer de profiter de tout — famille, repas, fromages et vins bien sûr, quelques visites touristiques ou culturelles, voir les amis aussi, n’oublier personne et essayer de passer effectivement du temps avec les uns et les autres et pas uniquement courir partout. Bien difficile à réaliser en 5 petites semaines.

 

Juillet 2019

Été fort occupé qui m’a laissé peu de temps pour écrire — pas du tout en fait. Mes visiteurs et leur planning de visites intense, les préparatifs pour mon depart en France à la fin du mois. Juillet bien rempli, je ne me souviens pas des autres détails  — heureusement il reste les vidéos et les photos pour reconstituer le temps.

 

Et en juin

Rosés et bières bien entendu, par deux fois des visiteurs de France. Je m’aperçois que je filme beaucoup de moments à table, autour de bons plats ou de bonnes bouteilles. Je ne suis pas Française pour rien…

En mai…

 

Non pas en mai fais ce qu’il te plait, mais l’enchainement des jours. J’ai commencé à avoir plus envie de rosés et de bières malgré les trombes de pluie fréquentes, la chaudière qui a lâché pendant une vague de froid mi-mai, l’alerte tornade fin mai… la vie quotidienne.

Écriture — trace

Je me suis assise à mon petit ordinateur pour faire un message destiné à accompagner un envoi de photos. J’avais repoussé ce moment — stupidité ! Une fois que je me suis imposé de le faire, pendant que je l’écrivais, j’étais bien, je me suis même amusée, j’étais à cent pour cent dans ce que je faisais, c’était le bonheur total. Il faut simplement que je me force à le faire. Pour les autres écrits c’est la même chose, aucun doute. Je repousse, je tergiverse et trouve des prétextes pour remettre à plus tard. C’est vraiment stupide, parce qu’une fois que j’y suis, j’adore, tout simplement. Ma vie est là dans ces moments de rêve ou d’autre réalité, que j’écris. C’est un ailleurs, un ailleurs sans bouger, en restant ici à la même place apparente. Et la puissance de l’esprit m’emmène au bout de l’univers, où je veux, où je ne veux pas, où j’ai peur d’aller, où je n’imagine pas, l’inconnu aussi, ça me fait peur mais je suis contente d’avoir peur et une fois que j’y suis je me rends compte que ma peur est sans objet réel.

Le 6 octobre 2004