Archives du mot-clé Mars

Absurdité et arrogance encore

Je reviens sur cette histoire invraisemblable, pourtant vraie, du Canal de Suez qui a été bouché par un bateau en travers il y a quelques semaines. Et le monde qui retenait sa respiration, le monde sur un fil à cause de ce bateau en travers. Le monde moderne mis en défaite, en échec, en suspens, par une si petite chose quand on y réfléchit. La vulnérabilité inouïe à laquelle nous nous sommes soumis tous seuls. C’est un peu l’histoire de l’éléphant et de la souris, le monde des hommes, si important et si puissant, mis en échec par un bateau, certes gros mais tout petit par rapport à la planète des hommes et à la planète tout court. Tout ça parce qu’on fait passer un trafic fou et des bateaux énormes dans un conduit gros comme le chas d’une aiguille, c’est un autre sujet en soit.

Un talon d’Achille, il semble que nos sociétés modernes ne soient plus faites que de talons d’Achille. Et encore Achille et tout être humain en ont 2 de talons — nos sociétés en ont pléthore. Ne pouvons-nous pas nous poser un peu et réfléchir à tout ceci, réfléchir et surtout agir ?

Puis une crise dans une crise (dans une crise, une troisième si on compte la crise Covid par-dessus tout ça), une crise dans une crise : un canal bouché par un bateau et un autre bateau qui contient des moutons pour lesquels on a embarqué juste assez de nourriture et d’eau pour la traversée de tant de jours, pas un de plus. On peut déjà s’en offusquer que pour des raisons d’économies, de gros sous (petits sous plutôt) on n’ait pas embraqué du surplus pour ces pauvres animaux. 

Mais c’est là qu’il faut s’arrêter en fait et faire quelques pas en arrière. 

Des moutons ? Des moutons vraiment ? Dans un bateau qui passe le Canal de Suez, donc cela veut dire un bateau qui va fort loin ? La question qui devrait se poser avant toute autre c’est : quel besoin d’envoyer des moutons à l’autre bout du monde ? WTF ? D’autant que le mouton n’est pas l’animal le plus difficile à élever, où qu’il soit, qu’il y a peut-être d’autres animaux à élever localement. J’avoue que les bras m’en tombent.

Pour en revenir au bateau et à sa libération, il faut bien quand même se rendre compte et accepter le fait qu’il a été libéré par les forces de la nature : sans la marée, de pleine lune en plus, il ne se serait rien passé et le bateau serait toujours coincé, sans doute pour longtemps. Certes les travaux d’excavation à la petite cuiller (c’est ce dont cela avait l’air, n’est-ce pas…) ont sans doute aidé mais eux seuls ne pouvaient rien faire. Il fallait une force qui nous dépasse pour libérer un tel petit monstre, petit en regard des forces de la nature, monstre en regard de nos petites forces à nous humains. Qu’aurait-on pu faire sans la marée ? Une explosion atomique pour le libérer ? Les hommes aiment bien jouer avec des forces qui les dépassent, dont ils se croient maitres et qui produisent des catastrophes en rafale — sarcasme, euphémisme. Avant qu’il soit libéré par la marée, alors qu’il était coincé depuis plusieurs jours déjà, j’en venais à me dire qu’on allait être obligés de le laisser là, et petit à petit, de le vider puis de le démonter pièce par pièce — boulon par boulon, il y en aurait pour des années — et en attendant creuser un nouveau canal pour rétablir le passage, sans doute aussi quelques années — moins que le temps de démonter le bateau coincé ?

Donc nous les êtres humains, ne devrions pas la ramener et plutôt rester humbles : ce sont les forces de la nature qui ont aidé (la marée) et permis la libération, pas nous. Nous qui avons provoqué la catastrophe pour commencer.

Ensuite nous devrions aussi laisser tomber toute arrogance restante, rester très humbles pour surtout faire en sorte que cela ne se reproduise pas . Ne pas faire des procès en veux-tu en voilà, virer des équipages « incompétents » — je ne pense pas que ce soit là le fond du problème, même s’ils ont éventuellement commis une erreur de navigation. L’erreur humaine dans cette crise n’est pas une erreur de pilotage au fond, peu importe ce que « prouvera » l’enquête :  l’erreur c’est notre mode de vie, notre course au profit qui nous mène droit au mur — nous y sommes avec la pandémie de Covid. Et maintenant ça, le bateau coincé dans un canal qui existe depuis plus de 150 ans et dans lequel une telle chose n’était jamais arrivée.

L’humilité véritable serait de se remettre en question à l’échelle de la société humaine dans son ensemble, de travailler de concert pour faire les choses différemment, de ne pas mettre des pressions inouïes sur la nature et sur les autres humains (les esclaves modernes du bas peuple), de laisser tomber les procès et autres poursuites judiciaires parce qu’elles sont inutiles dans ce cas là — elles ne servent qu’à assouvir la tendance lourde de ces dernières décennies : rejeter la faute sur l’autre, ce genre de procès ne sert qu’à ça.

Plutôt que de faire un procès, tous les intervenants devraient se mettre autour d’une table et travailler ensemble pour éviter que cela se reproduise. Non pas en faisant des lois de ci ou de ça, des normes, de la paperasse de la bureaucratie à n’en plus finir — brassage de vent —  mais en changeant les procédures pratiques, les façons de faire sur le terrain. Avec bon sens.

Manifestement on peut toujours rêver — encore que…

Les 3 premières semaines de mars

Début mars mes parents se font vacciner, le 4 mars précisément, de leur première dose du vaccin Pfizer, ma mère exactement 2 jours avant son 90ème anniversaire. Il était temps nous commencions à désespérer et je me disais que j’allais finir par être vaccinée avant eux (au temps pour le discours officiel du gouvernement français qui annonçait que la vaccination était bien en chemin pour les personnes âgées à haut risque — en chemin certes  mais un étroit sentier de haute montagne, pas une autoroute.)

Début mars aussi mon « rhume » : un matin réveil avec le nez bouché, ce qui peut arriver avec le chauffage et l’air dans la maison qui devient très sec. De temps en temps, relativement rarement cependant, j’ai besoin de me moucher au réveil mais c’est léger. Ce matin-là mon nez est très bouché, j’ai besoin de me moucher plusieurs fois. J’essaye de ne plus y penser. Mais dans la matinée j’ai le nez qui coule régulièrement et besoin de me moucher souvent. L’après-midi se passe aussi à me moucher, le nez qui coule puis nez bouché, me moucher, puis encore le nez qui coule. Pression dans le haut du visage, les sinus, je me sens congestionnée. Éternuements fréquents aussi. Évidemment qu’on y pense, évidemment. En temps ordinaire je me serais dit « tiens j’ai attrapé un rhume ». Mais ces temps-ci fortes chances que le « rhume » soit l’autre coronavirus. Et comment attraper un rhume « ordinaire » quand on fait les gestes barrière, qu’on suit toutes les précautions, qu’on ne sort pour ainsi dire pas et que personne dans la maisonnée ne sort non plus ? Les rares sorties éclair au supermarché ou à Home Depot, le magasin de bricolage, faites les jours précédents c’était à 8 heures du matin, quand les magasins sont presque vides, double masquée, sans m’approcher de personne (caisse automatique où on encaisse tout seul). Mais le petit vélo dans ma tête me dit « voilà tu es sortie faire quelques courses au supermarché la semaine dernière et aussi au magasin de bricolage — 2 sorties ». En début de soirée j’en suis toujours à me moucher et à être congestionnée, je me dis qu’il va falloir appeler mon médecin demain pour lui en parler. Et toujours cette question, comment avoir pu attraper un rhume avec toutes ces précautions surtout que justement je n’ai plus eu de rhume, ni personne dans la maison, depuis 12 mois, depuis le confinement en mars 2020 ! Tout l’après-midi je me suis bourrée de citron chaud avec du miel et de pastilles Halls à la menthe / eucalyptus. J’ai pris aussi une gélule de paracétamol action rapide pour essayer de soulager la congestion. Le soir pour me changer les idées je regarde un épisode d’un feuilleton (10 pour cent) dans le sous-sol (le basement) où ma grande télé est installée. Et pendant l’heure que dure le feuilleton, je ne me mouche pas une seule fois contrairement au reste de la journée. En remontant au rez-de-chaussée, à peine arrivée en haut de l’escalier dans le salon, que je me mets à éternuer plusieurs fois et que j’ai le nez qui coule à nouveau. C’est là que je suis soulagée, cela doit être une simple allergie. Je ne suis allergique à rien normalement mais je me souviens que la veille il a fait plus doux et que c’était la première fois de la saison où nous avons ouvert les fenêtres en grand pendant une partie de la journée. 

Le lendemain matin au réveil : nez pas bouché et qui ne coule absolument plus, je ne me suis pas mouchée de la journée — je ne me suis plus mouchée une seule fois depuis ! Une petite réaction allergique donc.

Depuis nous avons eu quelques belles journées et ouvert les fenêtres encore mais sans conséquence pour moi. J’en déduis que cela s’est produit parce que c’était la première fois de la saison et peut-être mon système immunitaire maintenu dans une bulle depuis un an, a été un peu surpris par des particules nouvelles et soudaines de pollen ou autres à l’extérieur. 

Début mars aussi les courses alimentaires au supermarché Stop and Shop du centre-ville : petite différence quand même, les masques sont bien portés et portés par tous. J’ai même vu ce responsable qui était habituellement sans masque, contre la règle de son propre établissement, qui a enfilé correctement son masque avant d’entrer. Les fois précédentes il était toujours sans masque dans les rayons. L’autre employé qui lui portait un écran plastique et un écran uniquement depuis le début (depuis au moins le mois de juin 2020 et sans jamais porter rien d’autre à chaque fois que j’y suis allée) portait un masque cette fois. Effet Biden ? Sans doute un peu. J’ai fait comme à mon habitude depuis la pandémie, la caisse automatique où l’on fait tout tout seul, je n’ai interagi qu’avec une personne, masquée elle aussi, dans un rayon pendant une minute maximum et à distance. Et je double masque : masque chirurgical plus masque en tissu trois épaisseurs, bien enveloppant, chose que nous pratiquons depuis janvier lors de nos sorties « dans le public ». Gants et désinfection du caddie, puis désinfection des mains au Clorox à la fin des courses, après avoir chargé la voiture et avant de conduire. Lavage des mains à l’eau et au savon de retour à la maison, etc.

Début mars aussi, un petit saut éclair à Home Depot pour acheter 2 barres LED pour remplacer mes barres de néon qui ne fonctionnent plus au sous-sol. J’avais prévisualisé sur Internet dans quelle allée du magasin elles se trouvaient, histoire de minimiser mon temps dans le magasin. À Home Depot ça reste pareil qu’avant Biden : les artisans (et ce n’est pas seulement politique puisque les artisans en Europe, en France du moins, sont aussi globalement réticents à porter des masques. C’est pareil ici, être artisan, électricien, plombier plâtrier maçon ou mécanicien aussi, protège du virus — sarcasme), donc les artisans, parmi les quelques artisans présents (j’y suis allée tôt mais pas trop tôt, entre 6h et 8h du matin les artisans viennent en masse acheter leurs fournitures avant de rejoindre leur chantier, après 8h ça se calme et c’est encore trop tôt pour le grand public : j’y suis allée juste après 8 heures donc) certains ont le masque sous le nez (vraiment après 12 mois ? ) ou l’enlèvent quand ils ont passé l’entrée et le contrôle visuel de l’employé, bien cachés derrière les étagères dans une aile plus éloignée (quel âge ont-ils ? cela vaut la cour de récréation de maternelle, et encore ! ). Sans compter ceux qui remontent mollement avant d’entrer leur bandana bien fin au tissu presque transparent, une seule épaisseur de coton ou acrylique ou qui remontent leur tour de cou du même genre…

Début mars aussi (appel du 7 mars de notre maire) la nouvelle des 44 nouveaux cas de Covid pendant la première semaine de mars à Berkeley Heights, puis un autre appel le 14 mars pour nous signaler 25 cas en plus dans la semaine d’après, ce qui est beaucoup pour une ville de 11000 habitants. La maire nous enjoint à respecter les consignes de sécurité, gestes barrière, distanciation physique, masques, même en extérieur quand il y a du monde, désinfection des mains et à continuer à être vigilants car si les cas augmentent trop on peut en arriver à nouveau à devoir fermer les commerces ou baisser la jauge d’occupation pour ceux qui pourront rester ouverts. Ce qui serait catastrophique : ils ont survécu péniblement jusque là, une prochaine fermeture leur serait fatale, voire une simple diminution d’activité. Les cas sont essentiellement des jeunes adolescents et enfants plus quelques personnes de 40 ans. Pour les enfants et adolescents, c’est le sport après école qui est le lieu leur contamination. Le fameux sport qui est organisé par les écoles après les heures officielles d’école, uniquement des sports de compétition donc pratiqués en groupe, des sports collectifs quoi ! Cela fait partie de l’institution, de la tradition, qui fait que les écoles ferment à 3 heures et donc fonctionnent en réalité en mi-temps, ceci en temps normal, hors pandémie. Durant la pandémie les écoles ont fermé complètement au début et sont passées en enseignement à distance à 100% puis à la rentrée de septembre ont rouvert partiellement (rotation des élèves, mi-temps du mi-temps normal et enseignement à distance, voir ci-après). Dans notre ville elles n’ont toujours pas rouvert à 100% depuis un an. À New York City, elles ont été en distanciel 100% depuis un an et n’ont jamais rouvert, il est question de les rouvrir en avril 2021 selon des protocoles sanitaires qui sont encore en discussion. 

Dans notre ville, comme ailleurs, la réouverture complète des écoles est aussi soumise à la baisse des cas, s’ils augmentent trop on repasse en enseignement à distance à 100%. D’ailleurs les écoles de notre ville qui n’ont jamais rouvert en plein depuis mars 2020 donc, referment occasionnellement quand il y a des pics : le lycée a fermé ce début mars 2021 et est passé en 100% sur Internet pour cause de 25 cas parmi les élèves et enseignants (nombre d’élèves de ce lycée entre 1000 et 1200 plus le personnel). Mais quand il repasse en présentiel, c’est en alternance, mi-temps en ligne et mi-temps en présentiel, avec en plus rotation des élèves et encore en plus les élèves sont divisés en cohortes, quasiment au sens romain du terme. Cohortes qui restent ensemble (cohortes d’enseignants et d’élèves) et ne se croisent pas avec les autres cohortes dans les bâtiments. Bref rotation des élèves une semaine sur deux et mi-temps en présentiel dans la journée, l’école est loin d’avoir rouvert pleinement. Cela revient a ouvrir au quart si je comprends bien : mi-journée et moitié des élèves seulement dans ces mi-journées, le reste du temps et des élèves sur Internet. Plus le fait que certains élèves peuvent rester 100% en distanciel sans jamais mettre les pieds dans les bâtiments scolaires si tel est le choix des parents. Choix proposé aux parents, et qui continuera à l’être même quand (si) on rouvrira à 100% pour le reste de cette année scolaire. Ensuite cela changera, à la fin de la pandémie seulement. Tout cela sans compter les fermetures ponctuelles et le passage en tout distanciel selon le nombre de cas qui montent, plus le distanciel  systématique  pour toutes les écoles (maternelle, primaires, collège et lycée : 6 établissements en tout dans notre ville avec le lycée qui accueille les élèves de la ville voisine, qui n’a des établissements que jusqu’au collège) donc mise en 100% distanciel pendant 1 semaine après chaque vacances, à titre de prévention.

Enfin le 12 mars un e-mail d’amis français, des amis très proches, qui m’apprennent qu’ils sont touchés par le virus : le fils de 12 ans a été contaminé puis a contaminé son père, 62-63 ans, à risque à cause se son diabète et hypertension. Heureusement il avait eu sa première injection du vaccin, puisqu’il est à risque, 2 semaines avant d’être contaminé. (Heureusement aussi que dans leur petit village de l’arrière-pays grassois ils ont eu les doses ! )  Il est malade, lessivé, fiévreux et tousse. Son médecin pense que d’avoir eu la première injection lui a évité de partir à l’hôpital a priori— c’étaient les nouvelles au 12 mars, il restait  une semaine à tirer pour voir si ça ne dégénèrerait pas. Seule la mère, plus jeune et sans comorbidités, était alors négative, qui tentait de le rester en s’isolant dans leur maison — pas gagné là non plus. Elle est très inquiète et nous sommes tous très inquiets pour eux. On voit que la première dose c’est mieux que rien mais que ça ne suffit pas.

Hier 21 mars des nouvelles de mon ami français : il a passé le cap après une semaine de toux et de fièvre et à surveiller de près son taux d’oxygène. Soulagement mais le boulet n’est pas passé loin et maintenant il tire une fatigue d’enfer : il est épuisé au moindre mouvement et aura besoin d’un certain temps à se remettre en forme (avant la pandémie il allait régulièrement à la salle de sport et se maintenant en forme raisonnable). Il reste encore au lit toute la journée mais le cap est passé, il s’en est sorti. Son médecin confirme que vraiment la premiere injection lui a permis de minimiser les réactions et d’éviter hospitalisation voire réanimation. Heureusement que le timing a été ce qu’il a été et qu’il avait reçu cette dose 2 semaines avant d’être contaminé.

Leur fils de 12 ans a passé une seule une soirée avec 39 degrés de fièvre et c’est tout (symptômes quand même…)

Quant à la mère elle est passée au travers a priori, elle doit confirmer par un test PCR avant de pouvoir reprendre le travail (en présentiel partiel 1 à 2 jours par semaine, là elle était passée en 100% à distance). En tout état de cause elle n’aurait eu aucun symptôme si elle s’avère positive dans les jours qui viennent, ou alors elle est restée négative. Elle attend aussi le vaccin pour sa tranche d’âge avec impatience.

Arrogance

En mars dernier (2020), lors du changement d’heure le 8 mars j’avais écrit un petit texte sur l’arrogance des hommes qui veulent imposer leur volonté au soleil en changeant l’heure donnée par le soleil justement.

À lire ici:

https://michusa.wordpress.com/2020/03/08/lincroyable-arrogance-des-hommes/

J’avais prévu d’écrire d’autres articles sur l’arrogance des hommes, le changement d’heure qu’on nous impose pour des raisons qui nous échappent (monétaires financières à coup sûr et certainement pas pour faire des économies de quoi que ce soit — au contraire). J’avais prévu aussi d’écrire un article ou deux sur la journée internationale des droits des femmes qui tombait ce jour-là, celui du changement d’heure en 2020.

Puis la pandémie est passée par là et a tout écrasé de son rouleau compresseur, la pandémie ou ce que nous en avons fait —pas grand-chose en termes de monde d’après. Nous, le bas peuple, y avons presque cru, une demi-seconde, au tout début de ces « temps exceptionnels ».

Donc je n’ai pas écrit ces articles, tout occupée que j’étais à gérer le quotidien chamboulé, faire attention sans trop savoir à quoi ni comment au début, me documenter avec toutes les informations parcellaires et contradictoires du début aussi. On en a toujours de ces informations contradictoires, s’il y a une chose que la pandémie n’a pas changée — au contraire je dirais presque — c’est le « en même temps » …

Et un an plus tard quasiment jour pour jour, rien n’a changé ou presque sur le fond : nos façons de faire au niveau global, nos sociétés, la finance, le profit, la compétition inutile, la course droit vers le mur, les mêmes logiques, celles qui nous ont menées à cette crise, et à toutes les crises d’ailleurs, continuent de prévaloir. Seul notre quotidien (celui du bas peuple essentiellement) a changé, en pire bien entendu. Le pire dans tout ça c’est que c’est le bas peuple qui est montré du doigt et sermonné quand « les chiffres » (tout un programme, il y en aurait à raconter sur « les chiffres » auquel on fait dire ce que l’on veut, tout et son contraire absolu dans la même foulée, cela s’appelle de la politique et pas au sens noble du terme, qui a disparu depuis bien longtemps), quand les « chiffres » donc sont « mauvais ».

L’arrogance des hommes est toujours là, encore plus quand il s’agit de signifier au bas peuple qu’il est crétin et ne comprend rien à rien. Si l’on ne m’explique pas ou me cache des informations nécessaires pour faire fonctionner mon cerveau, bien entendu que je ne comprends rien ! Je comprends par contre bien une chose : cette crise est complexe, ce n’est absolument pas facile à gérer, on navigue à vue et les volte-face sont courantes même au niveau purement scientifique, au fur et à mesure que l’on en apprend plus sur le virus, la maladie et la dynamique de la pandémie. Cela n’est pas étonnant, je peux le comprendre et je me garderai de dire que je ferais mieux ou que untel ou untel ferait mieux pour gérer la crise. Les erreurs ne sont pas étonnantes, elles sont même escomptées, on peut les comprendre et les accepter. Ce que je refuse de comprendre c’est qu’elles ne soient jamais reconnues comme telles par les dirigeants et les politiques et qu’au contraire leur arrogance augmente avec la crise et la durée de cette crise. C’est cela qui est inacceptable, pas tant le fait qu’ils fassent des erreurs. Parce que quand on ne reconnaît pas ces (et ses) erreurs, qui je répète sont légitimes en premier lieu ou la première fois qu’on est confronté à une situation, quand on ne reconnaît pas ces erreurs comme telles, on n’en apprend rien, donc on les répète voire, pire, on s’enferre encore plus en connaissance de cause pour ne pas les admettre ou perdre la face (ou croire qu’on perd la face).

Pendant ce temps le virus se frotte les mains (en fait il s’en fout le virus, il est juste une force qui tire sa vitalité de la désolation et de la mort d’une autre espèce, rien de bien nouveau sous le soleil ), mais notre arrogance à nous les humains est pire que le virus 

(Pour commencer, cette arrogance a conduit tout droit à cette crise et cette pandémie, le virus, lui, n’a été qu’opportuniste comme tout sur cette terre — opportuniste sans jugement de valeur au sens médical et scientifique du terme, on lui ouvre la porte et lui offre un chemin, que dis-je une autoroute,  il l’a pris.)

Je viens de finir un livre dans lequel l’auteur dit : « nous devons faire fonctionner notre cerveau, et hésiter longuement lorsqu’un interlocuteur utilise son titre comme principal argument. » L’auteur parlait de médecine puisqu’il est médecin, mais cela vaut pour tous les domaines bien entendu et de plus en plus en ces temps de pandémie, puisqu’on nous assène des « je sais parce que je suis ministre de ci ou de ça, président de ci ou de ça, directeur de ci ou de ça, expert de ci ou de ça » etc., et non pas des « je sais parce que les faits sont ceux-ci, les hypothèses sont celles-ci, sont vérifiées par ces expériences, infirmées par d’autres, les conclusions sont issues de raisonnements qui sont ceux-ci appuyées par des faits et des connaissances avérées et solides qui sont telles et telles ». Ce qui compte pour convaincre ce sont les explications et le raisonnement de la personne et non pas son ou ses seuls titres, trop souvent la seule chose que cette personne met en avant pour convaincre ! Et on nous en a servi des titres, en veux-tu en voilà qui nous ont éructé des bêtises grosses comme des maisons —cela se voyait au moment même où ils les prononçaient, sans besoin d’être expert de ci ou de ça justement… Arrogance toujours, arrogance du titre qui est bien dévoyé de nos jours (d’autant plus que dans ce monde où tout s’achète tout se vend, un titre ça s’achète aussi, non ? nous en sommes là).

Snowmageddon trace — vivre avec la neige

1er mars 2021

Un peu plus d’un mois après la tempête Snowmageddon, ça y est la neige fond, on voit maintenant bien le sol et les températures, toujours assez froides jusqu’à présent, devraient monter et nous donner un avant-goût de printemps : entre 15 et 20 degrés Celsius dans les jours qui viennent cette semaine — du moins ce sont les prévisions.

Depuis cette grosse tempête du 1er et 2 février, il a neigé une ou deux fois par semaine, quelques fois un saupoudrage quelques fois plus mais toujours suffisamment pour qu’il faille nettoyer — la pelle a suffi, nous n’avons plus eu besoin de mettre en action le chasse-neige. 

Vivre avec la neige, le sol couvert de neige, est un peu compliqué et nécessite des aménagements et de la préparation. Certaines tâches qui ne nécessitent que quelques minutes et auxquelles on ne pense même pas en les exécutant, deviennent des travaux à part entière et demandent du temps, beaucoup plus de temps. Quand le sol est couvert de neige et qu’il fait toujours bien froid (températures qui ne passent pas en positif dans la journée) on ne peut pas juste enfiler ses sabots de jardin pour aller chercher son courrier ou remonter ses poubelles.

Illustration en vidéo — en l’occurrence il nous a fallu excaver les poubelles.

Les cartons à recycler mentionnés dans la vidéo, ceux qui avaient été mis dehors fin janvier et ensevelis par la tempête Snowmageddon puis par les chutes de neige continuelles pendant presque tout le mois de février, y sont toujours. La semaine dernière je pouvais y accéder puisqu’une partie de la neige avait fondu mais il m’a été impossible de les prendre pour les descendre le jour du recyclage : ils étaient collés au sol par le gel. Ce sera pour le recyclage de la semaine prochaine j’espère.

Il a donc neigé régulièrement une grande partie du mois de février, jusqu’au’ au 22 février, ce qui nous a bien occupés. Ensuite ce sont les fuites d’eau dans le sous-sol qui ont pris le relais pour nous occuper, pas la fonte des neiges mais des véritables problèmes de tuyauteries — c’est une autre histoire, la plomberie aux États-Unis est d’une qualité déplorable, tout lâche régulièrement et a besoin d’être remplacé — par du matériel d’aussi mauvaise qualité qui lâchera quelques années plus tard, une façon de faire marcher le « business » je n’exagère pas c’est réel et fait à dessein.

1er mars 2021
1er mars 2021
1er mars 2021

Le mois du grand changement

En 31 secondes, à raison d’une seconde par jour, voici le mois de mars 2020 — le mois du grand changement : premier cas de coronavirus officiel dans le New Jersey le 5 mars, le 9 mars premier cas officiel dans notre petite ville de Berkeley Heights, l’état d’urgence dans le New Jersey déclaré le même jour, les courses et les rayons vides — notamment de papier toilette ! Puis le confinement et toutes nos activités intégralement à la maison, sorties limitées au maximum, une seule fois au supermarché après le 21 mars, jour officiel du début du confinement du New Jersey même si en pratique nous étions personnellement confinés depuis le 15 mars. Et les appels du maire sur la ligne d’urgence pour nous tenir informés des restrictions et contraintes.

Vie quotidienne au temps du coronavirus (journal du 11 avril 2020)

 

11 avril 2020 : personnellement je lave quand même tout ce que je n’épluche pas et que je mange cru avec du Palmolive vaisselle, que je rince longuement et que j’essuie soigneusement. On n’est pas censé faire ça mais ce n’est pas pire que de laver sa vaisselle à la main et de la rincer pour manger ensuite dedans. Surtout que par exemple il y a des gens qui ne rincent pas : les Allemands dans le temps ne rinçaient jamais leur vaisselle. D’ailleurs du temps où je travaillais en arômes et parfumerie nous devions leur fournir des ingrédients de grade alimentaire pour parfumer leur liquide vaisselle. 

Bien entendu je ne faisais jamais ça dans la vie d’avant mais en réfléchissant je me suis dit que c’était le seul produit que je pouvais utiliser sans trop de risques en rinçant à fond.

Le reste des produits ménagers, hors de question bien entendu mais les gens sont ignorants et ne réfléchissent pas trop… Les centres antipoisons ont dû être débordés.

Je sais que les salades sous vide sont passées au chlore aux États-Unis, mais c’est fait au niveau industriel dans l’agroalimentaire donc c’est un procédé validé et les résidus sont contrôlés (du moins devraient l’être). Par contre je ne me risquerais pas du tout à mettre quelques gouttes de Clorox dans ma salade ! Tout d’abord ce n’est pas de la Javel mais pire et ensuite les concentrations sont aussi bien plus importantes ! Une fois en diluant le Clorox du bidon (qui d’ailleurs se garde pour toujours, le produit ne se dégrade pas, du moins sa force ne diminue pas avec le temps comme la Javel, c’est dire) en diluant le produit du bidon acheté en supermarché en une solution à 10 %, j’ai fait fondre un gant en coton. Je parlais avec ma mère au téléphone pour lui demander à combien elle diluait sa Javel en France pour désinfecter un gant (c’était du temps où mon fils était malade) et en parlant avec elle j’ai fait la manipulation, la dilution à 10% qu’elle m’avait indiquée, et j’ai mis le gant à tremper : il s’est désagrégé au bout de quelques minutes pendant que je parlais à ma mère ! On s’en souvient encore !

Vie quotidienne au temps du coronavirus (journal du 24 mars 2020)

 

Une tranche de ma vie quotidienne ou quand je me suis retrouvée à savonner mes concombres au Palmolive vaisselle.

On fait de ces trucs !

 

24 mars 2020 : aujourd’hui comme je voulais manger un concombre, je me suis trouvée à le savonner au Palmolive vaisselle. De même pour ma poire. Ces derniers temps nous n’avions mangé que des légumes cuits et de la salade sous vide déjà lavée (aux produits chlorés en général aux États-Unis, les Américains sont des grands fans de produits chlorés pour désinfecter leurs aliments, souvenez-vous du fameux poulet au chlore il y a quelques années). 

C’était ma première tentative de produits « crus » et non emballés sous vide depuis une dizaine de jours donc je me suis dit qu’il fallait tout nettoyer à fond. Précédemment j’avais mangé bananes, kiwis, myrtilles sous vide et mangues donc pas de problèmes…

Pourtant ces concombres ayant été achetés plus de 15 jours auparavant,  il ne devait plus y avoir grand risque. Mais bon. 

Décidément on fait de ces trucs !

La Libération

La Libération à Laon, Aisne (02), Picardie 1944

La Libération à Laon, Aisne (02), Picardie 1944 (photo de la collection familiale)

La Libération à Laon, Aisne (02), Picardie 1944

Mon grand-père, ma mère et ma grand-mère à la Libération à Laon, Aisne (02), Picardie 1944 (photo de la collection familiale)

Ce que je crains le plus c’est que la levée du confinement, même si dans ses intentions elle est planifiée pour être progressive, en gardant toutes les mesures de distanciation et autres gestes barrières, ce que je crains c’est que ce soit malgré tout la Libération, la Libération avec un grand L, comme la Libération de 1944 pendant la Deuxième Guerre mondiale, les gens qui s’agglutinent et font la fête dans la rue, qui se collent les uns aux autres qui s’embrassent…

Ce n’est pas la même chose, ce ne devrait pas l’être, les circonstances sont complètement différentes mais je crois que c’est ce qui risque de se passer, au moins en partie : la Libération de 44.

Je ne suis pas la seule à penser de la sorte, il y a eu cet article sur France 24 le 11 avril 2020 qui résonnait avec mes pensées sur la Libération du confinement :

« Des experts mettent également en garde. « Le pire scénario serait une sorte de fête de la victoire avec tout le monde dans la rue, en train de s’embrasser et de se congratuler », prévient David Lalloo, directeur de l’École de médecine tropicale de Liverpool. »
(France 24 du 11 avril 2020)

Et je viens de lire aujourd’hui un article qui raconte la levée de l’obligation du port des masques (déjà ! ) dans la ville de San Francisco en 1918 lors de l’épidémie de grippe « espagnole » (en fait américaine…) : cela s’est apparenté à la Libération là aussi, à midi, heure légale de la levée de l’obligation, quand la cloche a sonné, les gens (qui s’étaient rassemblés dans les rues en prévision de l’événement et de la célébration qu’ils comptaient bien mener) ont tous arraché leurs masques … Finalement, comme le rappelle l’article, San Francisco avait été une des grandes villes les plus touchées par l’épidémie sinon la plus touchée.

A contrario pour cette épidémie de coronavirus en 2020, San Francisco a été la première à mettre en place le « lockdown » (confinement) avant même l’État de Californie et la première aussi à rendre le port du masque obligatoire (en date du 17 avril 2020) en public, et pour les travailleurs des commerces essentiels et pour le public quand il doit sortir pour faire une course essentielle, puisque la ville est bien entendu toujours en « lockdown » et pratique toujours la distanciation sociale et les gestes barrières lors des sorties de nécessité seules autorisées.

« When the clock struck noon, the masks came off.
It was Nov. 21, 1918, and San Francisco residents gathered in the streets to celebrate not only the recent end of World War I and the Allies’ victory, but also the end of an onerous ordinance that shut down the city and required all residents and visitors to wear face coverings in public to stop the spread of the so-called Spanish flu.

A blaring whistle alerted gratified residents across the city and, as the San Francisco Chronicle reported at the time, « the sidewalks and runnels were strewn with the relics of a torturous month, » despite warnings from the health department to maintain face coverings. As celebrations continued and residents flocked to theaters, restaurants and other public spaces soon thereafter, city officials would soon learn their problems were far from over.

[…]

Back during the Spanish flu, San Fransisco’s failure to take swift action and the decision to ease restrictions after only a few weeks had huge ramifications. With 45,000 cases and more than 3,000 deaths, the city was reported to have been one of, if not, the hardest-hit big city. »
(NBC News 25 avril 2020)

La Libération à Laon, Aisne (02), Picardie 1944

La Libération à Laon, Aisne (02), Picardie 1944 (photo de la collection familiale)

Du New Jersey (journal du 29 au 4 avril) — partie 2

Le jeudi 2 avril j’ai passé la journée à essayer d’acheter des vivres (les courses alimentaires et des produits de première nécessité — food and grocery shopping) via Internet dans tous les magasins habituels (Stop and Shop mon supermarché, Target, le genre de Monoprix où je vais acheter mes produits d’entretien, voire Kings le supermarché haut de gamme plus le club d’achats en gros BJ’s). Sans succès. Je fais la réponse suivante à une de mes lectrices sur le blog :  « faire les courses en ligne… un cauchemar, j’ai 6 caddies ouverts dans 6 magasins différents à la fois, pour essayer d’avoir les mêmes produits alimentaires que lorsque je suis allée dans mon supermarché la semaine dernière et encore je ne trouve pas tout ! Donc j’ai aussi commencé un caddie Amazon (je ne voulais pas) mais là c’est tout sauf les produits frais parce que je ne suis pas membre ‘ Prime ‘ ».  

La seule commande que j’ai pu passer ce jour-là c’est à Target mais pas pour du frais : du shampooing, de la pâte à tartiner et de la Listerine (dont je n’avais pas absolument besoin mais qu’iil m’a fallu rajouter pour atteindre le minimum de livraison… non pas un minimum pour avoir la livraison gratuite mais un minimum en dessous duquel ils ne livrent pas, même en payant ! Et la livraison sera payante de toute façon. Fini les promotions et autres « free shipping » pour attirer le chaland !

Les autres produits dont j’avais besoin sont soit en rupture soit ils ne les livrent pas. Et je ne peux même pas utiliser leur « drive » alors qu’en pratique cet équivalent du « drive » ne se fait qu’à Target. Je ne comprends rien. À chaque fois que j’essaye d’ajouter un autre article ils ne me proposent pas la livraison par la poste ni le « drive up » mais seulement un « pick up in store ». Ce qui revient à entrer dans le magasin et aller faire la queue au service client, avoir une interaction avec l’employée dont je ne sais même pas si elle sera protégée. Et cela ne marche même pas pour les produits frais. La seule solution pour les produits frais c’est un service (indépendant du supermarché, j’y reviendrai) qui fait les courses pour moi.

Cela fait depuis le début de l’après-midi que je jongle avec les caddies : c’est d’une complexité inouïe (et inédite pour les États-Unis où justement, dans le temps d’avant, tout ce qui était commerce en ligne avait intérêt à être le plus simple et sans douleur possible sous peine de ne pas marcher — ce n’est plus le cas puisqu’on nous condamne quasiment à acheter en ligne au maximum, donc nous ne sommes plus les rois du monde, ce sont les marchands qui le sont et qui imposent leur volonté et leurs mauvaises façons de faire. J’irai presque jusqu’à dire arnaque ou à tout le moins une bien curieuse façon de presser le citron du consommateur. Certaines choses ne changent donc jamais, comme pendant la guerre, la Deuxième Guerre mondiale, et le marché noir avec les profiteurs et les spéculateurs… cela revient exactement au même, les bombes en moins.

J’ai fini par comprendre que le « drive up » est indisponible dans mon magasin Target habituel. Il est disponible dans d’autres Target qui sont beaucoup plus loin. Je ne vais pas faire 30 ou 40 kilomètres pour aller chercher ma commande (sans être absolument certaine que ça marche vraiment qui plus est et que, finalement, il ne me faudra pas faire un « pick up » dans le magasin). D’autant que selon les articles ce sont des magasins différents qui ont ce « drive up » disponible. Donc non seulement il me faudrait me déplacer loin (alors que nous ne sommes pas censés être sur les routes, les courses doivent se faire au plus proche de notre lieu de résidence bien entendu) mais encore il me faudrait faire une tournée des « drive up » de plusieurs magasins. Insensé et impensable.

Chez un même commerçant (je parle des chaines de supermarchés ou des clubs d’achat) certains articles sont livrés (par un livreur ? par un intermédiaire qui fait les courses pour moi ? certaines fois les deux sont possibles selon les articles), d’autres articles sont envoyés par la poste (poste ou Fedex ou UPS mais un service postal), d’autres encore sont en « commande à aller chercher en magasin ». Et les délais de livraison pour la nourriture sont incroyables : rien avant 15 avril… mais je n’ai pas accès aux dates d’après non plus. Donc je prévois que demain à la première heure j’essaierai de passer la commande… qui n’arrivera pas avant la fin avril au mieux ? Tout ça pour du jambon du fromage des yaourts et du jus d’orange !

Le 3 avril même chose, je n’ai toujours pas pu passer ma commande de produits alimentaires, nulle part entre les 4 supermarchés : aucune date n’est disponible. Si tout se débloque d’un coup je risque d’avoir des produits en double ou en triple (et les dépenses en double ou en triple de façon inutile) puisque j’ai quasiment les mêmes articles dans mes 4 caddies restants (j’en ai laissé tomber deux sur les 6 d’hier). Tout en étant prévenue que, même si j’arrive à passer la commande, en raison de la situation « de forte demande » inhabituelle, certains produits ne seront pas en stock et seront manquants, mon « acheteur » me contactera pour des remplacements éventuels ou me recréditera du prix si je ne souhaite pas de remplacement. J’ai découvert plus tard que lorsqu’on passe la commande finalement, on arrive sur une nouvelle page avec un récapitulatif de la commande et, là, on peut prédéfinir les remplacements éventuels ou la demande de remboursement : cela évite les échanges de textos en direct pendant que l’acheteur fait mes courses. Cela m’est arrivé une fois, le gars m’envoyait des photos des produits susceptibles de servir de remplacements et je devais répondre, si je ne répondais pas assez vite soit il annulait soit il mettait le produit qu’il pensait… Mieux que rien, je suppose qu’avec les circonstances on doit s’en accommoder. C’est déjà bien d’avoir quelque chose (surtout que ce quelque chose est quelque chose à manger) mais ce n’est pas une façon idéale de faire les courses.

Le 3 avril aussi notre maire a rappelé via la ligne d’urgence : nous avons eu 4 morts dans la nuit à Berkeley Heights (des résidents âgés de plus de 80 ans et qui étaient dans des unités de vie assistée, un équivalent des maisons de retraite / ce que vous appelez EHPAD ). Elle nous donne le nombre de cas à ce jour du 3 avril pour notre petite ville : 47 cas dont 38 actifs et 9 guéris, 2 hospitalisés et 8 dans les maisons de retraite (long term care facilities) . Cela fait 10 de plus qu’il y a 3 jours seulement et surtout les premiers morts pour notre ville.

Nous allons vers la fin de notre deuxième semaine de confinement. Nous sommes en « lock down » obligatoire par ordre du gouverneur depuis le 21 mars dans le NJ, donc officiellement. En pratique nous avons personnellement devancé l’appel et sommes tous à la maison depuis le 13 mars, mon fils a fait son dernier jour au restaurant le 13 ou le 14.

4 avril : j’ai fait cette réponse dans les commentaires sur mon blog, de ce que j’ai découvert sur la livraison de l’alimentation : « ce n’est pas un pays qui fait ses courses alimentaires ou de premières nécessités par Internet contrairement à ce que je croyais… Les Américains achètent absolument tout en ligne… sauf l’alimentaire et le courant des « groceries » comme ils appellent ça ! Je découvre que rien n’est fait ni vraiment prévu pour. Mon supermarché qui avait commencé la livraison à domicile il y a quelques années, était justement en train de faire machine arrière il y a seulement 2 mois ! Donc c’est une partie de l’activité qui était en train d’être supprimée, je comprends mieux pourquoi je n’arrive pas à me faire livrer ! Je ne m’étais jamais intéressée à la question. Alors que mes parents dans le Sud de la France, dans leur petite ville, se font livrer depuis des années sans problème. De plus aux États-Unis ce n’est pas le magasin qui vous livre mais un intermédiaire qui est en contrat avec le magasin. C’est pour cette raison que tout est atrocement cher en livraison, tous les articles sont à des prix bien supérieurs à ceux du magasin (quand on va soi-même dans le magasin), il faut ensuite ajouter des frais de livraison plus des frais « administratifs  » on ne sait pourquoi — pour forcer à prendre l’abonnement au service pour 100 dollars par an, que l’on s’en serve ou non ! Et comme chaque supermarché a un intermédiaire, pour pouvoir bénéficier de la levée des frais dans les différentes enseignes des environs il faudrait s’abonner à plusieurs services, donc plusieurs centaines de dollars  par an. À tous ces frais il faut ajouter le pourboire du livreur… Souvent il n’est payé qu’au pourboire, le reste engraisse les connards milliardaires de la Silicon Valley ». Il faudrait vraiment se mettre à aiguiser la guillotine, c’est un autre sujet…

Suite de ma réponse sur le blog : « en France ma mère est livrée gratuitement depuis des années par son petit Marché U… qui livrait aussi gratuitement les bateaux du port etc. Sans compter qu’ici le « drive » est inexistant ! Je pensais que mon Target (genre de Monoprix) avait un « drive », il y a les emplacements sur le parking mais justement aucun des articles n’est disponible en « drive » dans ce magasin-là. Il me faudrait faire 20 ou 30 kilomètres au moins pour accéder au magasin particulier qui le fait pour tel article… mais pas pour d’autres. En gros il faudrait faire plusieurs magasins pour avoir tout son panier en drive. Je viens d’essayer tout l’après-midi. J’ai renoncé, je ne vais pas faire 20 ou 30 kilomètres alors que nous sommes en confinement et que le gouverneur ne veut pas que nous soyons sur les routes ! »

Le 4 avril aussi, une sorte d’intuition me pousse à soulever les capots des voitures (qui ont pourtant tourné le 1er avril ) : des rongeurs (sans doute des chipmunks peut-être des écureuils ? ) ont élu domicile dans le moteur de la voiture des enfants. Un nid est en cours de construction puisque de la bourre isolante a été grignotée d’un côté et déplacée vers un autre, sur l’aile. Nous trouvons aussi une réserve de coquilles vides (sans les glands, ils ont dont été mangés et il ne reste que les épluchures) sur l’aile opposée au-dessus de la roue. Rien dans le coffre heureusement. Quelques débris aussi sur la batterie. Je connaissais ce problème et ce risque mais pour l’instant cela ne nous était jamais arrivé, d’une part parce que nous nous servons des voitures pratiquement tous les jours et que nous sommes actifs dehors : nous bougeons, faisons des allées et venues dans le jardin… faisions… puisque ces deux dernières semaines, plus rien. C’est trop calme et les animaux reprennent leurs droits, regagnent du terrain. Cela peut être très dommageable pour les voitures car ces rongeurs raffolent des fils électriques et de la partie ionisée de la batterie (chacun ses goûts on se shoote à ce qu’on peut). J’ai appris aussi que les gaines des câbles sont maintenant en soja donc c’est une gourmandise pour eux ! Alors qu’on nous englobe et nous étouffe de plastique bien pétrolier et bien toxique partout, à cet endroit précis on met du plastique végétal ! Vraiment ? Allez comprendre. À part sans doute un autre appât du gain : justement pour que ce soit endommagé fréquemment et que cela coûte des milliers de dollars de réparations. Cela peut sembler friser la théorie du complot mais je ne dois malgré tout pas être loin de la vérité. L’assurance couvre, normalement… mais quand même ! Et la franchise est de 1000 dollars de toute façon, plus les tracas. Et en ce moment, est-ce seulement possible de faire réparer sa voiture ? 

 

comment protéger son moteur des rongeurs

comment protéger son moteur des rongeurs : Internet donne une solution

J’interroge aussitôt l’Internet pour une solution : elle existe, simple non toxique et naturelle. Surtout non toxique pour les autres animaux, dont le chat des voisins et les autres animaux qui passent dans notre coin (renards, aigles et autres busards). Ce serait malheureux d’empoisonner ces rongeurs déjà par principe et en plus on risquerait d’empoisonner toute la chaine alimentaire, dont des aigles ou des renards qui sont des espèces suffisamment en danger. La solution d’après l’Internet, c’est l’essence de menthe poivrée. Je n’en ai plus, mes flacons, trop vieux, sont évaporés et en plus il faudrait fabriquer un spray avec de l’eau et un peu d’émulsifiant. Je vais au plus simple et j’en commande directement à la source de la menthe (dans l’état de Washington, célèbre pour la fameuse menthe Yakima, souvenirs de quand je travaillais encore en arômes et parfums dans ma jeunesse). Ces 2 bouteilles de spray qui ne sont pas en rupture (miracle ! ) me seront livrées par Fedex d’ici quelques jours à peine. En attendant je tamponne deux morceaux de papier buvard avec les dernières gouttes de mes flacons d’essence de menthe poivrée et je les place aux deux endroits du moteur où nous avons observé une installation des rongeurs.

Si l’essence de menthe poivrée ne marche pas, il restera la solution des pièges à souris (appâtés au beurre de cacahuètes ! ) à placer dans le moteur et qui tuent la souris ou le rongeur quand il entre dans le piège, donc sans poison pour le reste des animaux et de la chaine alimentaire.

Finalement cette première semaine d’avril j’ai découvert les Instacart et autres Instashoppers, ces intermédiaires qui vont faire les courses pour vous dans les supermarchés. Ce qui m’ennuie c’est que mon argent ne va pas au livreur/acheteur qui fait tout le travail et prend tous les risques mais engraisse un connard multimilliardaire de la Silicon Valley : il faut vraiment que ces gens disparaissent — they have to go. Surtout qu’ils sont responsables pour une bonne part de la situation actuelle avec leur course au profit et leur appât du gain, toujours plus toujours plus. 

Ce sont encore et surtout des intermédiaires, je préférais que ce soit un employé du supermarché protégé par une convention collective et un syndicat, qui touche l’argent (les États-Unis le pays des intermédiaires disais-je, rien d’étonnant que la vie quotidienne soit si chère), comme en France avec les « drive » où c’est un employé du supermarché qui prépare la commande et la met dans le coffre. 

En gros pour environ 100 dollars de courses j’ai entre 20 et 30 dollars en plus de livraison, dont à peine la moitié va à celui qui a fait le travail ! Cela m’ennuie d’autant plus que j’ai l’impression de les envoyer au casse-pipe à ma place, cela me met très mal à l’aise. Que faire ? Nous n’avons pas de masques ni rien ? J’espère qu’eux en ont ainsi que des gants et des produits de désinfection.

Du New Jersey (journal du 29 au 4 avril) — partie 1

Journal du New Jersey (semaine du 29 mars au 4 avril) : ce dimanche 29 mars, 2000 cas de plus dans la journée rien que dans le New Jersey (9 millions d’habitants et le premier cas répertorié y est apparu le 4 mars…), le dimanche 29 mars donc, nous décidons de ne plus sortir du tout même pas pour faire des courses, livraison au mieux ou « curbside pick up » — on va chercher au magasin ou au restaurant en restant dans sa voiture et un employé met le carton ou le sac avec la commande directement dans le coffre. Cette façon de faire marche mieux pour les petits commerces ou les petits restaurants et brasseries, les supermarchés et les grandes enseignes ne le font pas ou peu : seul Target — un genre de Monoprix — avait commencé à faire un peu ce qui ressemblerait au « drive » européen, depuis moins d’un an, ce n’est pas très bien rôdé ni répandu. Total une partie des articles ne peuvent pas en bénéficier. Ni d’ailleurs de la livraison par livreur ni de l’envoi par la poste : seule option aller dans le magasin… et affronter les caisses non protégées, les caissiers non protégés et les autres clients. Un article récent du journal d’information local en ligne (NJ dot com) disait que le point de bascule serait les supermarchés (grocery shopping).

Donc nous décidons de ne plus sortir du tout ou, plus exactement, de ne plus approcher quiconque hors de notre noyau familial, même pas aux deux mètres de distance réglementaire pour une petite durée : ce qui revient à ne pas entrer dans un supermarché ou quoi que ce soit de ce genre, y compris station essence ou pharmacie.

Le lundi ou mardi (30 ou31) les magasins d’armes rouvrent dans le New Jersey (pourtant un état démocrate, du moins notre gouverneur actuel est démocrate, cela n’a pas toujours été le cas ces dernières années). C’est vrai que c’est essentiel ! 

Mardi 31 mars au soir notre maire  nous appelle (nous c’est-à-dire tous les habitants de notre petite ville de Berkeley Heights) via la ligne téléphonique d’urgence, pour nous supplier de suivre les consignes (les ordres en fait) de confinement de façon stricte, absolument. Parce que trop d’enfants et d’adolescents passent du temps ensemble dehors, jouent au ballon ou sont ensemble : « il ne faut pas », nous martèle-t-elle. Puis elle nous assène les cas dans notre petite ville de 13,000 habitants environ : 37 répertoriés dont 28 actifs et 9 guéris, 2 sont à l’hôpital.

Mercredi 1er avril les chiffres de dimanche ont quasiment doublé, avec 3600 cas supplémentaires par jour pour le New Jersey.

Mercredi midi après m’être arraché les cheveux pour trouver le médicament indispensable et quotidien de mon fils (en ventre libre ou OTC) entre différents supermarchés et drugstores / pharmacies en ligne pour soit « curbside pick up » ou encore en livraison à domicile ou encore en envoi postal, sans succès, je me résous à descendre à ma pharmacie / drugstore habituelle en ville, qui offre un nouveau service via son « drive-thru » pharmacie : on peut maintenant aussi demander des produits autres que les médicaments sur ordonnance par la fenêtre et le tiroir blindé, sans sortir de son véhicule. 

C’est la première fois que je fais ça : c’était un article que je comptais faire dans la vie d’avant pour raconter comment beaucoup d’opérations peuvent se faire en « drive thru » (ce que vous appelez de façon erronée le « drive in » en France, pensez au MacDo quand on fait sa commande dans sa voiture et qu’on la récupère par la fenêtre sans sortir de sa voiture) : aux États-Unis, pays de la voiture reine, on peut y effectuer ses opérations bancaires ou récupérer son ordonnance à pharmacie en plus des commandes de restaurants et autres fast-foods. Cela m’amusait et je ne m’y étais jamais faite comme c’est le cas pour la plupart des expatriés qui trouvent ça trop étrange. Dans nos circonstances actuelles je l’accueille avec enthousiasme et je suis prête à l’embrasser (dans les deux sens du terme si j’ose dire) de ce pas : en plus de la seule délivrance des ordonnances (jusqu’avant la crise) on peut maintenant aussi donner une liste de courses (médicaments en vente libre et produits de droguerie puisque les pharmacies cumulent les fonctions de pharmacie et droguerie) par la fenêtre : pas de contact, l’assistante-pharmacienne est derrière une vitre blindée et parle dans un micro vers un haut-parleur extérieur et on répond de même via un micro qui doit être enchâssé dans le mur (il n’est pas visible). Il y a un tiroir blindé pour faire passer son moyen de paiement et récupérer ses achats. Seule restriction les objets achetés doivent pouvoir passer dans ce tiroir fait à l’origine pour un sac de médicaments d’ordonnance, rien de plus. J’ai téléphoné avant d’y aller et le vendeur du drugstore m’a confirmé que je peux demander ce que je veux sans commander à l’avance mais que ce doit être quelque chose qui n’est pas trop volumineux pour qu’il puisse tenir dans le tiroir. Bingo pour moi puisque ce sont deux boîtes de poudre (45 jours de médicament) qui tiendront sans problème dans le tiroir. Dans la partie drugstore de la pharmacie on vend des produits de beauté et d’hygiène, de ménage, un peu de nourriture, des packs d’eau etc. : ceux-ci on ne peut évidemment pas les commander à travers cette fenêtre et ce tiroir, il faut aller dans le magasin.

le médicament

1er avril : le médicament que je suis allée chercher, en train de sécher après passage à la lingette au chlore

Mercredi 1er avril toujours, un article incendiaire qui remet les pendules à l’heure avec ce qui s’est passé en Floride, je ferai peut-être un article — sans garantie parce que tout évolue si vite que soit les articles prévus deviennent caducs avant d’avoir été écrits, soit il y  autre chose de plus pressant à écrire.

Mercredi 1er avril aussi, je fais tourner les voitures : la mienne, c’est facile puisque je suis allée à la pharmacie en ville (10 kilomètres en tout aller et retour pour une virée à mon centre-ville) et celle des enfants, qui n’ont pas fait le plein comme je le leur avais demandé il y a 10 jours, avant le confinement et surtout avant le nombre retentissant de cas et le risque de charge virale élevée au moindre contact. Il n’est pas possible d’aller au self-service, cela n’existe pas pour l’essence dans le New Jersey, c’est d’ailleurs un des seuls sinon le seul état où il est illégal (oui, illégal ! ) de se servir soi-même de l’essence — encore un article que je voulais faire et une histoire que j’avais racontée à mes amis les premiers temps peu après notre arrivée dans le New Jersey en 2002. Il reste un gros tiers du réservoir heureusement donc je fais tourner la voiture pendant 10 minutes dans le jardin mais je pense que cela ne suffit pas donc je me résous (le gouverneur ne veut personne sur les routes, hors courses alimentaires ou de pharmacie ou pour aller à l’hôpital) bref je me résous à faire deux fois le tour du quartier au pas, avec une rue un peu en pente où je freine soigneusement pour utiliser les freins justement. En tout la voiture aura tourné 20 minutes, 10 minutes sur place et 10 minutes en roulant. Habituel en hiver puisque seule ma voiture est 4×4, il m’arrive lors de certains hivers très neigeux ou avec de la glace (une année la voiture des enfants a été coincée dans 5 cm de glace pendant plusieurs semaines) de la faire tourner 10 minutes tous les 3 ou 4 jours. Dans ces cas-là impossible de la bouger mais c’est déjà bien d’au moins la faire tourner un peu. La plupart du temps, ces dernières années, la voiture était immobilisée un mois grand maximum, le plus souvent seulement 10 ou 15 jours à la fois, guère plus. Notre situation actuelle étant différente (pas d’impossibilité physique à bouger la voiture) et surtout destinée à durer bien plus longtemps, le tour du quartier me semble nécessaire.

Ce mercredi 1er avril également, en remontant de la pharmacie justement, comme pour faire écho aux inquiétudes de notre maire : deux groupes de 4 ou 5 gamins du même âge, un groupe en train de faire du skate-board ensemble et l’autre en train de faire du vélo… 10 cas de transmetteurs potentiels en fait : les enfants avaient entre 10 et 13 ans, n’étaient pas à 2 mètres de distance, on connait les difficultés d’hygiène avec les enfants, d’autant plus comment peuvent-ils se laver les mains en jouant dans la rue ? Plus loin j’ai vu encore plusieurs autres petits groupes, de 2 cette fois, manifestement du même âge donc peu de chance que ce soient des frères et sœurs, en train de se promener, de faire du jogging ou encore du vélo.

Pour couronner le tout, en remontant de la pharmacie toujours, je vois deux de ces « superwomen » (les femmes ou les mères américaines comme on les déteste, ces « soccer moms » super actives qui gèrent les agendas sociaux de leurs gamins comme des ministres, qui sont une plaie totale pour les enseignants, un autre article à écrire) bref ces femmes qui font habituellement leur footing à deux, souvent de façon énergique (bien sûr ! ) : ce mercredi elles étaient deux femmes du même âge, espacées des deux mètres réglementaires en train de faire leur footing (marche énergique) en papotant.. Alors les 2 mètres c’est pour des contacts inévitables lors des sorties essentielles : en bref si on passe des heures ensemble même à 2 mètres de distance, ce n’est pas de la distanciation sociale, encore moins du confinement. Je me dis que le système de contrôle et d’amendes français n’est pas si mal finalement.

 

Le 31 mars le maire nous appelle :

 

Le 1er avril tour du quartier pour faire tourner la voiture des enfants :