Archives du mot-clé Janvier

Snowmageddon — nettoyage

Tempête Orlena 2 février 2021 matin

Ci-dessous en vidéo tout le nettoyage que nous avons eu à faire après la tempête Orlena du 31 janvier au 2 février 2021

Dans la semaine qui a suivi nous avons encore dû faire deux nettoyages supplémentaires, sans chasse-neige heureusement mais à la pelle quand même.

Depuis cela s’est calmé cette semaine, la tempête de glace (de glace ! une première pour moi, il ne s’agissait pas de pluies verglaçantes, ça nous avons eu l’habitude malheureusement mais d’une tempête de glace, Uri de son petit nom) n’a pas eu lieu du tout. Au contraire il a fait chaud, nous sommes repassés en positif hier soir et tout aujourd’hui pour la première fois depuis quelques semaines, jusqu’à +8 degrés Celsius et il a plu toute la nuit passée. Comme l’a dit un météorologiste : aujourd’hui il neige à Houston au Texas et il pleut à Philadelphie dans le Nord-Est ; quelles sont les chances que cela arrive ? Aucune ça n’arrive jamais… sauf que c’est arrivé. Il en était tout aussi étonné que nous. Houston c’est au grand sud du Texas, à la latitude de La Nouvelle-Orléans, du nord de la Floride, dans le golfe du Mexique, quasiment les Caraïbes. Un endroit où ils n’ont jamais de neige ou une fois par vie.

D’ailleurs le réseau électrique du Texas a capitulé et des millions de gens se sont retrouvés sans électricité et apparemment ils n’en ont pas l’habitude. Ce ne sont pas les lignes qui ont cassé sous le poids du gel ou de la neige comme je le pensais et comme cela se produit chez nous, voire des arbres qui s’abattraient sur les lignes pour les mêmes raisons, mais simplement la demande électrique pour se chauffer qui a fait imploser le système : la demande n’arrivait pas à être fournie, le système s’est effondré. Il faut dire que des températures de -8 degrés ils n’ont pas l’habitude et aussi leur mode de chauffage est principalement électrique puisqu’ils en ont à peine besoin tout au long de l’année. Le réseau et les stations génératrices secondaires n’ont pas tenu le coup malgré les tentatives de délestage. Malgré les exhortations des compagnies électriques et des pouvoirs publics à rationner son chauffage et ses besoins pour chaque particulier. Lesquels ont dû avoir peur de mourir de froid et ont poussé les chauffages domestiques au contraire.

Ceci dit aussi nous savons pour l’avoir vécu plusieurs fois, qu’avant de mourir de froid dans une maison même non chauffée, il en faut. Il suffit de bien se couvrir. Ce n’est pas confortable du tout mais on peut survivre (comment font les alpinistes qui font des bivouacs en montagne en hiver sous la neige quand ils font des randonnées ? ) Il suffit de se vêtir chaudement d’empiler plusieurs vêtements, puis plusieurs couvertures et on peut survivre sans chauffage — beaucoup moins dangereux que des solutions de fortune à base de four à gaz, de chauffage d’appoint au diésel ou autre carburant, chauffage mauvaise qualité sans ventilation adéquate, avec un empoisonnement au monoxyde de carbone qui suit immanquablement. Même avec les cheminées il faut faire attention, surtout quand on n’a pas l’habitude (ce n’est pas évident qu’ils aient des cheminées dans ces maisons du grand sud d’ailleurs). Apparemment les bricolages dangereux ont été légion puisque les autorités déplorent déjà beaucoup de morts par empoisonnement au monoxyde de carbone, en à peine 24-36 heures de tempête ! Alors qu’avant de mourir de froid proprement dit quand on est dans un abri même sans chauffage, il en faut.

Lors de l’ouragan mémorable Sandy et de nos 13 jours sans électricité, dont une partie lors d’un nor’easter et d’une tempête de neige qui ont suivi l’ouragan, je lisais la Correspondance croisée de Jacques-Laurent Bost et Simone de Beauvoir pendant la drôle de guerre de 1940 et il lui écrivait que lui et les autres soldats de son régiment dormaient dans une grange et qu’il faisait zéro degré dans la grange. Ils s’en sortaient en empilant vêtements et couvertures. Donc il y a de la marge, je me disais que s’ils avaient pu survivre sans rien faire d’exceptionnel, nous le pouvions aussi.

D’autant qu’à l’époque ils étaient moins bien équipés que nous, ils n’avaient pas tous ces vêtements high-tech ni ces duvets que nous avons maintenant.

Lors de cette tempête, je m’étais dit qu’avec la maison à 12 degrés après quelques jours c’était largement jouable et qu’avant qu’elle descende à zéro nous avions encore de la marge. Et qu’à zéro on pouvait encore survivre en se couvrant bien, en mangeant chaud (il suffit d’un petit réchaud à gaz de camping, ce n’est pas compliqué, nous, nous avons une cuisinière à gaz, encore plus simple. Depuis cette expérience — ces expériences, ce n’était pas la première fois, je n’ai plus eu aucune envie de la changer pour une électrique bien entendu). Ce n’est pas amusant ni confortable mais on survit, bien plus qu’en bricolant des solutions de fortune à base de flamme…

D’autant que la tempête a commencé seulement hier et continué aujourd’hui au Texas, donc même s’il fait froid dehors la température n’est certainement pas déjà descendue à zéro dans les maisons en seulement 24 ou 36 heures (c’est du vécu). Il y a une certaine inertie et une partie du courant devrait être rétablie ce soir ou demain mercredi. [Note pendant la rédaction de cet article : les compagnies électriques ont en fait rétabli le courant pour 97% des clients ce soir.] Alors… je pense que nos aïeux étaient un peu plus résistants, pas seulement physiquement mais moralement surtout, et que cela nous manque de savoir tenir le coup quand une situation n’est pas confortable. (Franchement, 24 ou 36 heures ? vraiment ? nous sommes quand même devenus des sacrées mauviettes.)

Quant à nous dans le New Jersey, cette fois nous étions au nord de la neige et de la glace : les tempêtes de neige et de glace ont eu lieu plus au sud de chez nous, du jamais vu !

Donc voici en vidéo notre déneigement de la tempête Orlena du début du mois, déneigement qui nous a pris 4 heures à deux et avec l’aide du chasse-neige heureusement ! Sinon ça nous aurait sans doute demandé un à deux jours de travail. Nous avons tout de même mis 2 jours à nous en remettre, nous n’avons plus l’habitude puisque la dernière fois que nous avons eu une chute de cette envergure c’était il y a 3 ans, en mars 2018, d’autant plus avec le manque d’exercice physique depuis presque un an de confinement.

Prochaine tempête dans les tuyaux, Viola, ce jeudi, après-demain, avec une bonne trentaine de centimètres de neige a priori. À moins que nous y échappions comme à celle-ci qui a bombardé le grand sud (Uri) mais ça n’en prend pas le chemin cette fois. Au temps pour notre déficit de neige.

Déficit

Tempête Orlena 1 février

Je veux parler non pas d’un déficit budgétaire ou public (quoique, on pourrait en parler, il y a beaucoup à dire sur ces fables dont on nous abreuve depuis trop longtemps et qui sont (un peu) débusquées avec la pandémie) mais d’un « déficit de neige » (je cite ! ) 

Le nord-est des États-Unis, la région où j’habite, est en déficit de neige nous a-t-on dit en décembre dernier car il n’y a pas eu de vraie chute de neige depuis plusieurs années, 3 ans pour nous dans le New Jersey, depuis l’hiver 2017/2018 et spécialement les mois de février mars et avril 2018 où nous avions été littéralement pilonnés, nor’easter après nor’easter et tempête de neige après tempête de neige — la dernière de la saison avait eu lieu le 2 avril — jusqu’à un dernier saupoudrage le 6 avril. Et 5 ans pour New York, la ville, qui avait été peu touchée par ces tempêtes à répétition, dont la plus importante, Quinn avait provoqué des chutes d’arbres et de lignes électriques et nous avait privés de courant pendant 4 jours et demi, expérience que je raconte ici :

https://michusa.wordpress.com/2018/03/07/prendre-la-neige-de-vitesse-2/

https://michusa.wordpress.com/2018/03/09/le-mot-du-jour/

https://michusa.wordpress.com/2018/03/17/quatre-jours-et-demi/

https://michusa.wordpress.com/2018/03/19/the-big-one/

Depuis nous n’avions pas vraiment eu de neige à part quelques saupoudrages ou de toutes petites chutes vite fondues quelques jours après. Même la chute de neige de ce décembre dernier (tempête Gail, lire ici https://michusa.wordpress.com/2020/12/15/en-attendant-gail/ ) était de peu d’envergure finalement, contrairement aux prévisions météorologiques alarmistes— ça avait été la limite basse pour utiliser le chasse-neige et nous aurions presque pu nous en abstenir puisque quelques jours après il avait tellement plu que tout avait fondu. Cela faisait depuis mars 2018 que nous n’avions plus eu besoin d’utiliser le chasse-neige. En décembre (2020) donc il y avait eu plus de peur que de mal malgré les prévisions un peu pessimistes : dans le New Jersey Central nous sommes à la limite géographique inférieure des grosses chutes de neige et certaines fois nous y échappons à quelques dizaines de kilomètres près. Ces 3 dernières années, nous étions ainsi passés à travers toutes les chutes de neige importantes. Plus au nord, même si en règle générale ils ont eu plus de neige que nous ces dernières années, ils n’en ont pas eu comme ils en ont d’habitude et tout le Nord-Est était donc en déficit de neige (heureusement nous n’étions pas en déficit de pluie et les nappes phréatiques étaient quand même remplies). 

Par contre ce dimanche 31 janvier 2021, cette fois était la bonne, une big one comme on dit ici, la tempête Orlena autrement nommée snowpocalypse, snowmageddon, les noms  ne manquent pas, au choix. Surnommons-la du petit nom doux de Snowmageddon. 

Il a commencé à neiger le dimanche vers la mi-journée, légèrement tout d’abord puis en début de soirée il s’est mis à neiger de plus en plus dru.

Le lundi à midi, soit moins de 24 heures après le début des hostilités plus sérieuses, j’avais de la neige à mon genou en haut des marches de l’escalier extérieur, soit 45-48 cm  et sans effet snow drift qui devait venir plus tard (neige entassée par le vent). À ce moment-là, lundi midi, les prévisions annonçaient qu’il allait continuer à neiger sans s’arrêter jusqu’au lendemain soir, soit encore 30 ou 36 heures. Ce qui s’est produit.

Tempête Orlena 1 février milieu après-midi

Photo prise par la fenêtre de mon salon le lundi 1er février 2021, toute la neige qu’a déversé la tempête Orlena en 24 heures : Orlena est un nor’easter, un cyclone d’altitude (qui se produisent en général entre octobre et mars et qui déversent toujours beaucoup de précipitations — et vu notre situation géographique et la saison d’octobre à mars, ces précipitations sont toujours de la neige : je n’ai encore jamais vu de nor’easter qui ne nous apporte pas de la neige, beaucoup de neige. 

Ça tombe bien pour le déficit de neige, un peu moins pour nos muscles qui ont été mis à rude épreuve le mardi. Ça a été brutal, une big one surtout qu’il a neigé pendant plus 48 heures sans discontinuer ce qui est assez rare chez nous. Habituellement c’est 24 ou 30 heures d’affilée maximum. Nous avons eu 48 heures de neige en continu seulement une ou deux fois, dont une fois en février 2003 et en 2010 ou 2011 mais plus de 24 heures de chute de neige en continu c’est assez rare. Heureusement il avait fait très froid en début de semaine (polar vortex) et la neige était légère (fluffy) et donc n’a pas fait de dégâts contrairement à 2018 où c’était de la neige très lourde suivie par de la pluie verglaçante. Il avait aussi gelé après la tempête ce qui avait été un désastre (arbres qui avaient cassé et emporté les lignes électriques, fils électriques qui avaient cédé sous le poids de la glace et de la neige, etc.) Rien de tout cela cette fois, juste une grosse tempête de neige, 70 cm mesurés le mardi après-midi à l’endroit goudronné où nous garons les voitures dans le jardin.

De quoi combler notre déficit de neige.

Voici en vidéo les premières 24 heures de ce Snowmageddon :

Je retiens mon souffle

Mardi 19 janvier 2021, veille de l’inauguration et de la prise de fonction du nouveau président américain (vraiment ce délai d’un autre âge, de l’âge des voyages à cheval — si dangereux, on en a eu la preuve par l’exemple — doit être changé de toute urgence), je retiens mon souffle. En vérité je le retiens depuis le résultat de l’élection en novembre dernier.

Pour ne pas avoir à sortir demain, ce n’est pas qu’avec la pandémie on sorte beaucoup de toute façon, mais pour ne pas être dehors dans le public —  même un public limité, il suffit d’un seul fou et avec plus de 400 millions d’armes à feu en circulation aux États-Unis… — j’ai fait quelques courses alimentaires ce matin. Courses que je devais faire cette semaine et lundi étant férié, je me suis rabattue sur ce mardi pour éviter à tout prix de sortir demain jour de l’inauguration. Et les jours suivants au cas où il se passe quoi que ce soit. 

En attendant j’ai lu ces jours-ci qu’il y a plus de troupes et de soldats déployés à Washington DC qu’en Afghanistan Iraq et Syrie réunis — ce n’est pas le but de vivre dans un pays libre avec élections libres que d’avoir la capitale en camp retranché, avec green zone tanks, etc. comme si l’on était dans une capitale en guerre au Moyen-Orient au plus fort des guerres en Iraq et Afghanistan. Effrayant à plus d’un titre.

Effrayant aussi : Poutine et Xi Jinping en rêvaient et l’agent orange l’a fait. Ils en rigolent toujours et se frottent les mains quand toutes les ingérences notamment russes n’avaient pas pour objectif principal de favoriser un candidat plutôt qu’un autre (objectif secondaire ou effet collatéral qui les arrangeaient, un bonus pour eux ) mais bien de saper la confiance dans les systèmes démocratiques et les élections libres. L’agent orange a réussi au-delà de leurs plus folles espérances. (Petit rêve éveillé de ma part : peut-être en remerciement lui donneront-ils l’asile politique s’il est trop poursuivi en justice et s’enfuit ? )

Effrayant enfin : l’agent orange n’ a même pas prétexté ne pas avoir voulu ce qui s’est passé au Capitole, il ne s’est même pas excusé ni n’a montré de quelconque regret d’avoir par exemple « été mal compris par ses supporters ». Il aurait pu utiliser cet argument mais l’a même pas fait.

Entendu aujourd’hui d’une politologue spécialiste des États-Unis que c’était un acte préparé. J’espère qu’elle se trompe parce que si c’est le cas rien n’interdit plus de penser que d’autres actes sont en préparation. Plus grave encore qu’une opportunité saisie à la volée. (Ceci dit le meeting était organisé pour avoir lieu en meme temps que la certification des résultats et ce n’est pas par hasard, ceci était bien entendu préparé, donc…)

Alors oui je retiens mon souffle.

Terrifiant

Je sais quoi dire — terrifiant. Il est terrifiant de vivre ces moments dans un pays libre avec des elections libres qui suivent « le jeu démocratique » c’est à dire que si l’on perd une élection, on laisse sa place et on espère faire mieux une prochaine fois. C’est le principe même : accepter la transition de pouvoir.

Bien la peine de pointer du doigt des pays où les anciens dirigeants n’acceptent pas de laisser le pouvoir, de les appeler « pays de merde » (citation : ce sont les mots-mêmes de l’agent orange): eh bien nous y voilà les États-Unis sont donc un « pays de merde » si l’on applique sa definition, n’est-ce pas ?

En attendant c’est grave, très grave ce qui s’est passé le 6 janvier à Washington DC, l’invasion du Capitole : ce n’est pas juste une foule en colère qui a voulu prendre le pouvoir — ceci aurait été deja grave en soit. Mais ce qui s’est passé va au-delà, c’est bien pire : c’est le president en exercice, le president sortant mid toujours en exercice qui dit à la foule de prendre en otage le pouvoir législatif pour le maintenir lui president sortant au pouvoir (son intérêt personnel donc). Et encore pire c’est une branche du gouvernement qui essaye de renverser une autre branche, de prendre l’ascendant, de supprimer une autre branche du gouvernement. Gravissime. Le pire qu’il puisse arrive dans un pays libre à elections libre dans une république.

Or les « Pères Fondateurs » avaient exactement écrit le texte de la Constitution de leur nouvelle république pour éviter cela, éviter de concentrer tout le pouvoir dans une seule branche voire pire dans une seule personne (ils en sortaient de la royauté des rois ou des empereurs omnipotents) : cela s’appelle la séparation des pouvoirs. Puis d’éviter qu’une branche prenne l’ascendant sur les autres voire prenne le pas, cela s’appelle le « checks and balances », les poids et contrepoids, c’est à dire l’équilibre de ces pouvoirs séparés.

Donc oui, c’est très grave, c’est terrifiant : quand la séparation des pouvoirs tombe, quand une branche prend le pouvoir et veut réduire à néant une autre branche, c’est le chemin le plus direct et le plus certain vers une dictature, cela s’appelle un coup d’état. Et peu importe les finasseries terminologiques, les fausses pudeurs et autre circonvolutions pour ne pas appeler un chat un chat. Il faut finir par regarder la réalité en face et reconnaître l’agent orange pour ce qu’il  est : une personnalité toxique et dangereuse, un fou un malade mental au sens médical du terme, un dictateur en puissance (et pas seulement en devenir). Depuis le début il vante la présidence à vie et les pleins pouvoirs. Et non, on ne peut pas mettre ça sur le compte d’une plaisanterie d’une provocation, que c’est une grande gueule : à ce niveau de pouvoir et de portée on n’est pas une grand gueule. Diriger et présider à la destinée d’un pays ce n’est pas un pique-nique autour d’un barbecue avec une bière ni une réunion entre potes avinés au Café du Commerce. Comme l’a bien dit le futur président Biden, la voix d’un president porte, il doit surveiller ce qu’il dit. Depuis le début l’agent orange trouve que les dictatures, les pleins pouvoirs et les présidences à vie c’est bien ! Il l’a répété maintes et maintes fois et on a laissé passer : il ne fallait pas laisser passer dès le premier coup de boutoir. Parce que chaque coup suivant est allé plus loin et ça a constamment dérivé pour en arriver là : un président qui demande à ses supporters de détruire une autre branche du gouvernement pour lui permettre de garder le pouvoir pour toujours. Parce qu’à ce stade pourquoi rendre le pouvoir plus tard dans 4 ans à la fin d’un second mandat, pourquoi limiter les mandats à 2, pourquoi même faire une prochaine élection, même plus la peine puisque son souhait est la présidence à vie. Et qu’on ne croit pas que parce qu’il est vieux « président à vie « c’est court : pas du tout. Il est en plus en train de tout mettre en place pour que ses fils ou sa fille lui succèdent. Faire une dynastie façon Corée du Nord où le pouvoir est passé du grand-père au fils et au petit-fils. Je n’exagère pas. Tout ça a été filme lors de ses multiples meetings politiques. Il y a deja des t-shirts avec des slogans pour l’un de ses fils en 2024 et aussi pour sa fille, il l’a aussi mise en avant comme potentielle pour 2024 avant même de perdre cette élection. C’est filmé, documenté.

Et c’est bel et bien d’un coup d’état qu’il s’agit. Tentative ratée certes mais tentative de coup d’état en renversant un branche du gouvernement. Ensuite il  n’en reste plus qu’une autre de branche en travers de son chemin, la branche judiciaire et rien n’empêcherait de continuer le travail. Quant au quatrième pouvoir, la presse, il a été mis à mal par des dénigrements répétés puis l’installation d’un système direct par les réseaux sociaux et les sites privés dédiés à sa cause voire complotistes et fascistes, non surveillés par les pairs (après tout un journal/chaine de télé peut raconter des bobards jusqu’à une certaine limite puisque les autres organes et autre journaux peuvent contredire et faire une « revue de pairs », peer review, qui est encore le meilleur garde fou qu’une censure pure et simple).

Alors ici on apprend ça à l’école, mes enfants ont appris ça depuis leur plus jeune âge à l’école américaine depuis le primaire jusqu’en terminale :  les 3 branches du pouvoir, la séparation des pouvoir et les checks and balances pour éviter qu’une branche du gouvernement devienne trop puissante par rapport aux 2 autres. Tout ça pour éviter de revenir aux tyrannies monarchies dictatures et autocraties dont les Pères Fondateurs s’étaient affranchis. Ils en sortaient et ne voulaient surtout pas que ce soit possible dans leur nouveau pays, leur république tout juste créée. Ils doivent se retourner dans leurs tombes, eux qui étaient issus des Lumières et qui vouaient une aversion profonde à tout culte de la personnalité (ils sont servis avec l’agent orange, nous sommes servis).

Et les citoyens, chaque citoyen et encore plus les officiels, les membres du gouvernement, hauts fonctionnaires qu’ils soient de carrière, appointés ou élus jusqu’aux plus hautes sphères ainsi que tous les membres de l’armée du plus simple soldat au plus haut gradé, tous quand ils prennent leurs fonctions, prêtent serment de loyauté non pas à une branche du gouvernement ou une autre, non pas à une fonction ou une autre, encore moins à une personne ou une autre mais au drapeau (en tant que symbole du pays, voir le texte ci-dessous) et à la Constitution américaine. Quand on est citoyen même de base, même sans fonction officielle, on doit (c’est le devoir de TOUT citoyen américain ) être loyal à la Constitution américaine. Être patriote c’est protéger la Constitution et c’est tout.

Donc pas de loyauté ni envers un parti ni envers une fonction (comme le président par exemple) et encore moins envers une personne en particulier quelle qu’elle soit !

Je n’invente rien, ce sont les textes et de la Constitution et de la Pledge of Allegiance. Même si ce dernier texte n’est pas officiel dans le sens où il n’est pas inscrit dans les lois, il les résume de façon concise et simple.

Le texte du serment « Pledge of Allegiance » (non officiel mais c’est un texte simple qui avait été créé pour les enfants parce qu’il condensait de façon simple. Il est devenu officiel de fait.

I pledge allegiance to the flag of the United States of America and to the republic for which it stands, one nation under God, indivisible, with liberty and justice for all.

Mes enfants et tout le monde à l’école l’a répété tous les matins pendant toute la scolarité.

Nulle part on ne prête serment au président, encore moins à un président en particulier. Donc les pseudo patriotes (nommés patriotes par l’agent orange) ne connaissent même pas leurs devoirs de base parce que c’est les devoirs de base de tout citoyen américain : défendre la Constitution et les lois des États-Unis, je n’invente rien, je cite les textes officiels. Être loyal au drapeau et au pays, le drapeau représentant le pays, voir le texte de la Pledge. Nulle part on ne mentionne le président encore moins telle ou telle personne plutôt qu’une autre.

Et en obéissant à la Constitution et aux lois, on obéit de fait à la séparation des pouvoir et on respecte de fait les fonctions des uns et des autres, donc on ne renverse pas une branche au profit d’une autre.

Et si l’on n’est pas d’accord avec une branche et ses decisions, c’est bien simple on vote différemment la fois d’après, on pétitionne, on proteste, de façon pacifique, on peut même appeler son sénateur ou son représentant (equivalent de députés en France) on peut écrire aux journaux, dire son point de vue à des élus locaux, j’ai bien dit « dire » en utilisant des mots et non la violence physique ni la force. Ou devenir membre d’un parti voire créer son parti politique, se présenter à une élection locale ou fédérale. C’est la façon de faire changer ou évoluer les choses avec lesquelles on n’est pas d’accord.

Encore une fois je n’invente rien ce sont les textes officiels que l’on peut trouver sur tous les sites gouvernementaux qui informent sur les droits et les devoirs des citoyens américains. 

Donc tout cela est terrifiant. S’il y a des loopholes (échappatoire, lacunes dans les textes) il faudra travailler d’urgence à les combler et à changer les institutions voire une amendement (un numéro 28 et d’autres en plus s’il le faut) à la Constitution pour que ceci ne puisse plus se reproduire.

Et que celui qui a fomenté ceci et affaibli les institutions pendant tout son « règne » (c’est malheureusement de cela dont il s’agit, d’un règne ou voulu comme tel), la crédibilité des lois et affaibli même la Constitution, du moins l’a balayée comme ne se l’applicant pas à lui, que celui-ci soit jugé pur ses actes et puni. Impunité et c’est la voie royale à ce qu’il continue, à ce que se forge une dynastie et à tout futur aspirant dictateur : le chemin serait pavé ! Sans compter l’exemple et le précédent non seulement pour le pays mais pour le monde entier. Et s’il y a besoin de témoins il doit y avoir 2 ou 3 milliards de témoins qui ont vu en direct son discours et son appel à l’insurrection, au coup d’état, à marcher sur le Capitole et à se battre par la force ! Appels à l’usage de la force relayé aussi par son fils et par l’avocat véreux et véritable néo nazi. C’est documenté, filmé par les télévisions du monde entier et a été vu en direct par au moins la moitié de l’humanité.

Je veux finir par quelques citations des Esprits des Lumières justement, dont tout le monde se réclame à tour de bras.

Tout d’abord Montesquieu sur la séparation des pouvoirs justement (dans L’esprit des lois) :

« Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que par la disposition des choses le pouvoir arrête le pouvoir. »

« Il n’y a point encore de liberté si la puissance de juger n’est pas séparée de la puissance législative et de l’exécutrice. »

« Le plus grand mal que fait un ministre n’est pas de ruiner son peuple, il y en a un autre mille fois plus dangereux : c’est le mauvais exemple qu’il donne. »

Ensuite Beaumarchais (dans Le barbier de Séville) :

« De la justice ! C’est bon entre vous autres misérables, la justice ! Je suis votre maître, moi, pour avoir toujours raison. »

« Quand une chose est vraie ! Si je ne veux pas qu’elle soit vraie, je prétends bien qu’elle ne soit pas vraie. Il n’y aurait qu’à permettre à tous ces faquins-là d’avoir raison, vous verriez bientôt ce que deviendrait l’autorité. »

et aussi par notre bon vieux La Fontaine qui a eu beaucoup d’ennuis de son vivant d’ailleurs pour avoir écrit toutes ces fables (dans Les fables de La Fontaine, Les animaux malades de la peste)

« Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. »

L’avenir proche nous dira si cette dernière s’avère vraie. Une impunité serait une catastrophe non seulement pour le temps présent mais également à venir, pour l’Amérique et pour le monde entier par l’exemple qu’il donne, retour à Montesquieu.

Je ne sais pas quoi dire à nouveau

La situation évolue de mal en pis avec cette après-élection interminable. (Vraiment une révision constitutionnelle et législative  s’impose, ce système avec 2 mois et demi d’intérim entre le président sortant et le président élu était valable du temps des voyages à cheval, le temps de rapporter en chariot les bulletins et les votes depuis un bout du pays à l’autre. De nos jours c’est totalement obsolète et dangereux quand quelqu’un ne joue pas le jeu. Bien entendu cela ne s’était jamais produit mais c’est ce qui arrive quand on élit un fou furieux dictateur en puissance — il aura tout essayé et il continue à cause de cet espace, ce trou, ce vide dans la passation de pouvoir. Sans compter les sabotages avec les lois de dernière minute et les grâces présidentielles. Ça aussi il faudrait que ça cesse, je ne comprends pas comment un tel pouvoir « royal » continue d’exister en ce début de XXIème siècle )

Chaque fois on croit avoir atteint un sommet et depuis 4 ans des sommets de folie furieuse on en a grimpé, chaque sommet plus haut que le précédent, chaque coup de boutoir dans la république, pire. Jusqu’où ?

Donc aujourd’hui c’était le pompon ! Mais je crains que dans les 15 jours qui restent il y ait d’autres pompons, pires. Ça en prend le chemin. Maintenant il faut que les gens autour du fou orange arrêtent de l’accréditer de le conforter dans ses positions hallucinées : il y en a qui ont persisté et signé, l’avocat aux vrais airs de Goebbels, le propre fils du fou orange et j’en passe, encore aujourd’hui au rassemblent avec ces discours effarants, qui a précédé la prise d’assaut du Capitole. J’espère qu’ils seront marqués au fer rouge, que leur carrière politique en sera abruptement finie. Aujourd’hui cet assaut, double assaut moral et maintenant physique, comme dans la pire des républiques bananières, le pire des pays voyous. Une chose que je n’aurais jamais pensé voir dans un pays occidental, dans une république avec élections libres, encore moins ici dans le pays qui se targue d’être la république entre toutes, le modèle mondial des républiques.

Les institutions sont poussées à l’extrême, à leur point de presque rupture.

À la mi-journée j’étais en train de donner mon cours de tai-chi par visioconférence. Après le cours nous papotons toujours un moment puisque pour la plupart nous faisons du tai-chi ensemble depuis plus de 10 ans voire quelque 17 ans pour mon amie Helen et sommes devenus amis. Quand soudain la femme d’un de ces amis a interrompu nos discussions à bâtons rompus pour dire à son mari de venir vite pour voir à la télé ce qui se passait en direct à Washington DC, que le Capitole avait été investi par des trumpistes. Incrédule son mari a d’abord cru qu’elle plaisantait. 

Incrédulité c’est le mot, sidération, indignation.

Indigne de ce pays, indigne de la fonction présidentielle qui a, depuis 4 ans, été piétinée et galvaudée totalement dépréciée et déclarée sans valeur — au profit d’une présidence à vie, seule valable à ses yeux, son souhait le plus ardent, il ne s’en est même pas caché. L’avantage avec ces idioties de réseaux sociaux c’est que c’est par écrit, c’est enregistré et rien n’est effaçable puisqu’il y a toujours quelqu’un qui peut faire une copie d’écran au pire. Donc on peut le mettre le nez devant ses dires, écrits. Sans compter les enregistrements vidéos. J’espère que tout ça pourra peser dans la balance de la justice. Car, non, quelqu’un qui occupe une fonction étatique de haut niveau, d’autant plus présidentielle, ne peut et ne doit pas faire des déclarations fracassantes façon Café du Commerce, car comme l’a dit le futur président, la parole présidentielle porte, celui qui en assume la fonction et les responsabilités doit mesurer et peser ses paroles.

La preuve par les faits cet après-midi quand un président encore en exercice (WTF ? vraiment des institutions et des législations à changer) échauffe ses partisans en les exhortant à marcher sur le Capitole après les avoir déjà chauffés à blanc sous des déluges d’accusations mensongères de fraudes électorales. Littéralement à fouler aux pieds la République. Quand le devoir du même président —c’est à cela et cela exclusivement qu’il s’engage en prêtant serment et en acceptant la charge — c’est de protéger la Constitution. Surtout quand on sait que la Constitution est aux yeux de tous les citoyens américains le texte le plus sacré du monde (d’où les grandes difficultés pour le faire évoluer avec le temps et l’époque, ceci explique cela, il est gravé dans le marbre, à la fois sa force et sa faiblesse).

Cette action seulement, serait une raison d’empêchement et de destitution — une haute trahison.

Les institutions et la République sont vraiment en limite de craquer — souvenons-nous de l’Allemagne des années 30, de la prise des pleins pouvoirs par les nazis après avoir été élus légalement au départ… C’est ce que m’a dit ma mère au téléphone ce soir. (Mes parents m’ont appelée vers minuit heure française, tant ils étaient catastrophés par ce qu’ils venaient de voir). Ce que ma mère a vu à la télé avec la prise d’assaut du Congrès lui rappelait les actualités qu’elle voyait enfant dans les années 30, sans les comprendre mais qui lui faisaient peur, les actualités sur ce qui se passait en Allemagne dans ces années 30, Munich, Berlin, la prise du Reichstag etc.

Je ne sais pas quoi dire à nouveau et je retiens mon souffle jusqu’au 20 janvier.

Mes articles précédents sur ces élections :

https://michusa.wordpress.com/2020/11/07/je-ne-sais-pas-quoi-dire/

https://michusa.wordpress.com/2020/11/14/je-ne-sais-pas-quoi-dire-trace/

P.S. — Pourquoi est-ce que je ne suis tout de même pas étonnée ? Que je tends le dos depuis l’annonce du résultat des élections début novembre ?

Autre P.S. — Tous ces abrutis qui ne portent pas de masque (pas de masque anti-Covid puisque la pandémie est un hoax des démocrates selon eux, encore et toujours) tous ces abrutis non masqués ont été filmés et se sont aussi filmés eux-mêmes, ont fait des selfies dans le Capitole, selfies et vidéos qui seront postés par eux sur leurs propres réseaux sociaux. Ce devait donc être facile de les identifier et de les traduire en justice pour les envoyer réfléchir en prison. Ils tiendront compagnie à leur champion qui devrait y être enfermé depuis longtemps.

Autres formes narratives

Je suis tombée au détour d’une des multiples lettres d’information photo / vidéo auxquelles je suis abonnée, sur cette application pour mon téléphone, 1SE, qui était recommandée pour effectuer un défi / projet à faire tout au long de l’année, ou du mois ou de la durée que l’on veut : tourner une seconde de vidéo chaque jour avec son téléphone (pour faire simple) puis l’importer dans ce petit logiciel au fur et à mesure. Cela fait un petit bout de vidéo pour chaque jour du calendrier et à la fin du mois ou de la période désirée, on le laisse faire automatiquement un petit montage avec cette seconde (environ) de vidéo par jour. 

Intéressant pour moi parce que cela me force à penser à filmer un peu tous les jours, ce qui permet une sorte de sauvegarde mémorielle en sus de la photo. Les photos, je n’oublie jamais d’en prendre et de documenter au jour le jour ou presque — ce qui me permet ensuite, des mois voire des années plus tard, d’écrire a posteriori, en complétant les notes prises sur le vif ou à l’époque, voire les remplacer complètement, par les photos quand on a oublié d’écrire un jour donné. J’ai ainsi réécrit un récit de mon voyage en France en 2009 après de longues années sans retour, en me basant à la fois sur un journal tenu à peu près au fur et à mesure et sur des photos prises quotidiennement. Certaines fois la seule mémoire fait défaut et les notes n’ont pas été prises, par manque de temps ou par fatigue. À l’époque la vidéo n’était pas aussi répandue dans les appareils photo et les téléphones de type smartphones avec caméra vidéo n’en étaient qu’à leurs débuts, la qualité était en outre très mauvaise. Maintenant la limitation purement technique est levée que ce soit pour les appareils photo ou les smartphones et on possède au moins un smartphone la plupart du temps.

Je précise par contre que je ne prends que très peu de photos avec le smartphone : malgré ce qu’en disent les publicités la qualité des photos est vraiment plus que moyenne et ne supporte pas la comparaison même avec un simple petit appareil compact récent. Pour la vidéo ce n’est pas le cas, la qualité de la vidéo a progressé dans les smartphones de la même façon voire mieux que dans certains appareils d’entrée de gamme, surtout les petits appareils compacts.

Donc je me surprends à prendre de plus en plus souvent mon téléphone pour enregistrer une petite séquence vidéo en complément de photos prises avec mon appareil photo — effet en partie dû à ce défi / projet déclenché par cette application 1SE, qui est l’acronyme de 1 Second Everyday, une seconde par jour. C’était le but recherché en quelque sorte et mis en avant dans l’article : ce petit projet sans ambition et peu coûteux (aucun coût monétaire ajouté, on peut utiliser la version gratuite de l’application et peu coûteux en temps également) devait servir de prétexte pour tourner plus de séquences vidéo, en quelque sorte nous forcer à documenter nos journées alors que quelquefois on le remettrait tout simplement à plus tard. La brièveté de la séquence et la facilité de mise en œuvre (utilisation du smartphone) en étant les initiateurs.

Ce sera intéressant d’ici quelques années si je veux écrire sur telle période, telle expérience ou souvenir : il me suffira de regarder les bouts de vidéo enregistrés pour raviver voire retrouver les souvenirs — de la « triche » sans doute mais d’une part je ne serai pas obligée de les regarder et d’autre part ce sera bien d’en avoir la possibilité.

Ce sera aussi intéressant pour expérimenter carrément d’autres formes narratives — faire un petit film ou un montage plus pensé et plus intentionnel avec tout ce matériau brut engrangé. 

La situation de la vidéo et du film s’est améliorée de façon exponentielle : non seulement cela s’est démocratisé au niveau du coût mais également au niveau des possibilités techniques. De hautes qualités techniques sont accessibles à tout un chacun sans avoir besoin d’investir des dizaines de milliers voire des centaines de milliers d’euros ou de dollars dans du matériel qui n’était jusqu’à récemment accessible qu’aux professionnels et aux grandes productions. Un simple appareil photo de trois ou quatre centaines de dollars ou d’euros suffit pour faire un travail quasi professionnel ou même un smartphone récent. Il suffit de voir la pléthore de chaines YouTube de grande qualité, qualité non seulement narrative mais aussi technique, qui sont disponibles actuellement.

Donc voici mon premier essai avec ce logiciel, je l’ai laissé tout faire (je ne crois pas qu’on ait beaucoup de champ d’action avec la version gratuite de toute façon). La seule chose que j’ai faite c’est de filmer une ou plusieurs petites séquences par jour et de choisir ensuite une séquence pour le jour dit, le logiciel a fait le reste.

(mon mois de janvier 2019 en une trentaine de secondes)

 

Le froid — trace

Froid

Il fait froid, soudainement. 
Pas un simple froid « ice blue », mais une plongée à la verticale.
La température est en un seul chiffre en degrés Fahrenheit, cela signifie en deçà de -12 de « nos » degrés européens habituels. 
La neige, promise de longue date, n’est même pas venue l’adoucir en apparence.

3 heures 10, un soleil bas qui est un simulacre de soleil, un sosie inopérant, inefficace. De toute façon la nuit va bientôt tomber, à 5h30 il fera complètement noir, latitude oblige.

Au bout de quelques minutes dehors, les mains piquent malgré les gants, la nuque gratte en dépit du bonnet.
Il y a dans l’air comme une odeur de métal gelé qui me brûle les narines.
C’est intenable sans bouger. Il fait un froid à pleurer. Il ne faut surtout pas pleurer justement, sous peine de congélation instantanée. L’eau de mon corps gèle dans mes narines et dès que je rentre au chaud mon nez se met à couler, dégel.

Pour compenser je surchauffe ma maison, environ 25 degrés Celsius, un écart de près de 40 degrés entre dedans et dehors.
En vain, je n’arrive pas à me réchauffer. J’en ai le dos raidi et crispé.  La peau déshydratée, les bras et les jambes commencent à me démanger. Dire que demain je vais plonger dans la piscine glacée.
Les bouilloires sifflent sans répit, j’en suis déjà à ma quatrième théière de la journée. Tout fait ventre, peu m’importe la qualité, il me faut la quantité.

Je serre la tasse de thé bouillante contre ma joue. Je m’assois pour écrire.

Solitude.

Solitude et froid vont de pair, indiscutablement. 
Le plus grand froid n’est-il pas à l’intérieur ?

 
(texte écrit le 19 janvier 2005 lors d’un hiver spécialement froid et retrouvé en travaillant sur le manuscrit)

Le froid

Le froid est prégnant, surtout pendant les jours qui sont suivi mon retour après 5 semaines de Côte d’Azur où les températures ont oscillé entre 10 et 15 degrés Celsius, voire plus certains jours. Après le Jour de l’An il a fait certes plus froid, surtout le matin et la nuit avec même zéro pendant la nuit ou au petit matin. Dans la journée c’était surtout l’humidité qui donnait un ressenti plus bas — les températures étaient à 10 degrés et au-delà.

Ici les vagues de froid se succèdent et ne se ressemblent pas : petite vague de grand froid de deux jours le 20 janvier pour l’éclipse de lune (-12 avec un ressenti vers -20) ou grande vague encore plus froide de près d’une semaine fin janvier. Cette fois-là les grands fonds ont été atteints, -17 / -18 degrés Celsius avec un effet vent ou ressenti à -27.

Alors que le moment le plus froid sur la Côte d’Azur a été le matin de mon départ, le 10 janvier : au petit matin, juste avant 5 heures, il faisait entre -1 et zéro degré. La canicule pour ici après cette semaine de vortex polaire (même pas un véritable vortex, nous n’avons eu que les franges ou la queue du vortex et rien de comparable avec Chicago au même moment par exemple, où l’effet ressenti était à -40 C ou pire dans le Montana près de -50 degrés Celsius.)

Maintenant (3 semaines plus tard) nous sommes stabilisés autour de zéro Celsius, entre -5 ent +5 la plupart du temps, avec cependant chaque semaine une pointe à 10/12 degrés voire plus pour nous donner une envie de printemps et nous faire sentir frigorifiés et dépités quand ça retombe à zéro.

Vendredi soir après le tai-chi  nous avons discuté 2 heures sur le parking, jusqu’à 10 heures du soir sans bonnet ni gants —  c’était un de ces jours à 12 degrés. Le lundi qui a suivi, 18 février, on était de nouveau retombé à zéro, entre -2 et +1 au plus chaud, du coup nous étions tous gelés et nous nous plaignions piteusement du froid. J’ai mis beaucoup d’échauffements au programme de mon cours de tai-chi ce soir-là pour cette seule raison : nous réchauffer !

Le jour le plus long

Le jour du voyage de retour a été le jour le plus long — c’est toujours le jour le plus long.

Levée à 3h30 du matin, ce qui correspond à 21h30 le jour d’avant de l’autre côté de l’Atlantique dans le New Jersey, pour un atterrissage vers 16h environ (22h en France) et un coucher vers 21h30 heure du New Jersey, soit 3h30 du matin le jour d’après en France : 24 heures complètes de voyage et de temps d’attente ou de transit, 24 heures réveillée (j’ai somnolé dans les avions et à Francfort dans la salle d’embarquement pendant l’entre-deux vols mais que d’un œil, il ne faut pas se laisser aller à un sommeil trop profond de peur de manquer son vol ou une information importante à propos du voyage.)

C’est toujours le jour le plus long dans ce sens du voyage, quand on remonte le temps, forcément plus long quand on arrive quelques heures seulement après être partis, moins de 3 heures après, pour un vol de huit heures.

C’est le jour le plus long aussi parce que je vieillis, plus je vieillis plus je m’aperçois que le voyage m’est pénible, que le décalage me pèse de plus en plus.

Le jour le plus long

Dans le vol Nice – Francfort au petit matin

Le jour le plus long

Le voyage Francfort – Newark

Le jour le plus long

Arrivée à Newark au coucher du soleil

Atterrissage

Le surlendemain de mon arrivée, la neige en guise de bienvenue et de choc thermique après 5 semaines de Cote d’Azur.

(photos prises le 17 janvier 2018 chez moi dans le centre du New Jersey)

Chute de neige du 17 janvier 2018

Chute de neige du 17 janvier 2018

 

Chute de neige du 17 janvier 2018

Chute de neige du 17 janvier 2018

 

Chute de neige du 17 janvier 2018

Chute de neige du 17 janvier 2018

 

Chute de neige du 17 janvier 2018

Chute de neige du 17 janvier 2018

 

Chute de neige du 17 janvier 2018

Chute de neige du 17 janvier 2018

 

Chute de neige du 17 janvier 2018

Chute de neige du 17 janvier 2018