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Écrire — trace, encore

Alors maintenant je ne crie plus mais j’écris. C’est beaucoup plus dérangeant in fine, parce qu’il y a tellement de bruit de toute façon qu’on n’entend plus les voix, et si peu de gens savent vraiment écouter les autres. L’écrit a plus de force parce qu’il est silencieux et parce qu’il s’étale noir sur blanc, sobrement presque, dans toute sa violence crue et nue malgré tout. L’écrit n’a l’air de rien, il a un look insignifiant, il ne paye pas de mine dans le monde actuel. Jusqu’au moment où il est lu… et à ce moment-là il fait œuvre de son pouvoir suprême et c’est trop tard.
J’écris donc et c’est plutôt raide et tranchant. Je me coupe d’ailleurs moi-même et me fais saigner, me disant que toute plaie finit par cicatriser un jour. Plus ou moins.
Ce n’est pas de tout repos, souvent c’est douloureux quand il faut sortir ses tripes, mais j’essaye d’être vraie en toute occasion, d’écrire sur le fil de l’émotion, de ne pas me censurer pour éviter de virer dans le lénifiant et le convenu, le vomi ambiant.
Ce que j’écris n’est en général pas facile à encaisser, j’appuie où presque tout le monde a mal ou pourrait avoir mal et je dis tout haut ce que d’aucuns n’osent même seulement envisager de penser. Et ça fait fuir, il y en a qui ne supportent pas, qui n’ont pas supporté.
Bref « brûler le brouillard dans mon esprit par le feu des mots ». J’ai trouvé récemment cette phrase dans un bouquin et je trouve qu’elle résume bien.

Et bien sûr comme dit Anne Garreta dans un de ses livres, ne pas se résigner à lire des livres mal écrits and so on. Affaire de style.

(17 août 2004)

Toute ressemblance…

“Le plus grand mal que fait un ministre sans probité n’est pas de desservir son prince et de ruiner son peuple ; il y en a un autre, à mon avis, mille fois plus dangereux : c’est le mauvais exemple qu’il donne.”

Montesquieu in Lettres persanes

Comme il était écrit dans l’avertissement des éditeurs aux premières pages de tous les livres il y a encore quelque temps, toute ressemblance avec des personnages ou des situations ayant existé est purement fortuite et le fruit de l’imagination de l’auteur…