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La vague de froid dans le New Jersey et les incendies de Californie

Lundi 14 septembre, le matin de la prise de sang, donc levée à 6 h, j’ai vu cette lumière orangée sur les arbres encore bien verts de mon backyard, couleur que j’ai mise sur le compte du lever de soleil même si elle était très exacerbée et pas du tout dans l’axe direct du soleil (elle était dans l’ombre de la maison à vrai dire) et qu’elle a duré bien après 8 h et même jusqu’à 10 h.

Le lendemain mardi 15 nous avions un rendez-vous médical plus tardif donc je me suis levée vers 8 h et même chose. Ce qui m’a semblé un peu bizarre puisque le soleil était levé depuis longtemps et encore une fois cette lueur orangée sur mes arbres a duré jusqu’à 10 h passées.

Puis dans la journée le ciel était gris mais sans nuages et sans pluie ultérieure alors qu’en septembre nous avons toujours du beau ciel bleu bien vif. C’est cette absence de nuages tout en étant gris comme par temps couvert qui m’a aussi intriguée.

Je n’ai pas vraiment réalisé même si le premier matin j’ai pensé fugitivement aux lumières orange que j’ai connues à Cannes et sur la Côte d’Azur quand il y avait des incendies dans l’Estérel voisin. Mais je n’ai pas poursuivi mon raisonnement, j’ai secoué d’un haussement d’épaules cette pensée furtive, il n’y avait aucun incendie dans le coin et les seuls incendies, celles de Californie, Oregon et Washington State étaient loin. Ce ne pouvait pas être ça, cela devait être un lever de soleil exceptionnel (plusieurs). Pourtant c’était bien ça. J’ai lu quelques jours après seulement cette explication donnée par monsieur Météo : les incendies en Californie étaient la raison du ciel gris uniforme que nous avons eu dans le Nord-Est la semaine passée.

Le maximum de cet effet curieux a été observé le mercredi 16, ce que j’ai remarqué aussi lorsque je me suis levée vers la même heure, vers 8 h. Ce sont les fumées en haute altitude vers 10,000 mètres qui bloquent les rayons du soleil, d’où d’une part le ciel gris uniforme mais sans nuages et d’autre part la baisse importante des températures toute cette semaine passée. 

Jeudi et vendredi les fumées ont ensuite été balayées par le courant de la masse d’air froid en provenance du Canada, ce qui a encore accentué la plongée des températures.

Donc cette vague de froid un peu longue (plus longue que d’habitude en septembre) et la chute des températures ont été d’abord dues aux fumées des incendies en hauteur dans le ciel (10,000 m donc pas de quoi nous altérer la qualité de l’air, une chance) qui ont bloqué les rayons du soleil puis au coup de froid normal de septembre qui annonce l’entrée dans l’été indien (quand il se produit ce coup de froid, cela n’a pas été le cas globalement ces dernières années où il a fait chaud tout le mois de septembre plus ou moins et où nous n’avions pas vraiment eu d’été indien). Cette année donc les courants d’air froid usuels qui ont au moins évacué ces fumées en haute altitude mais du coup ont empiré le froid qui s’était déjà installé par réflexion vers l’espace des rayons du soleil. La plongée dans le froid initiée par les fumées a duré bien plus longtemps donc il a fait plus froid que de saison parce que la terre et l’air ont bien refroidi.

Moi qui prends tout le temps des photos, je n’ai pas eu le réflexe de photographier cette lumière fortement orangée du matin ni ce ciel gris uniforme. 

Elle n’y est plus depuis ce week-end environ (19 et 20 septembre) et aujourd’hui 23 septembre le temps redevient de saison avec des températures plus douces dans la journée entre 21 et 27 degrés et fraiches la nuit alors que pendant ces derniers 10 jours nous étions descendus à 6 degrés la nuit et 18/19 au plus chaud dans la journée, au point de devoir rajouter des couvertures et de mettre pantalons et manches longues.

Maintenant qu’outre le froid induit par les fumées, nous avons eu notre coup de froid normal nous devrions entrer dans l’été indien qui peut se prolonger jusqu’à mi-novembre certaines années. Mais après cela va très vite et les derniers 15 jours de novembre on passe des manches courtes et températures autour des 20 degrés à la neige qui arrive des les premiers jours de décembre voire exactement le 1er décembre (dans les années normales, quand la météo n’était pas encore affectée par le changement climatique).

Mais je n’aurais jamais pensé que nous verrions directement un effet des incendies de Californie et du Nord Ouest. Ils ont lieu à plus de 4500 kilomètres de chez nous !

Été indien

Pas d’été indien cette année et pour la deuxième année consécutive pas de vrai flamboiement de couleur non plus. Quelques arbres ont rougi çà et là mais de façon disparate sans cet unisson habituel. Est-ce uniquement dans le New Jersey ou est-ce général comme l’an dernier où la saison des feuilles avait été inexistante pour le malheur de l’industrie du tourisme ?

En feuilletant ma collection de photos depuis l’automne 2002, je confirme que ni cette année ni l’an dernier en 2017 nous n’avons eu de flambée spectaculaire des couleurs des feuillages contrairement à toutes les autres années, entre 2002 et 2016, où c’était le cas de façon systématique.

En espérant que ce ne soit pas annonciateur d’un hiver plus rude que d’habitude. Par contre cette année, contrairement à ces dernières années où je finissais les passes de ramassage de feuilles début décembre, presque toutes les feuilles sont tombées et je devrais pouvoir finir de nettoyer ces deux prochaines semaines, au moment de Thanksgiving au plus tard.

Drôle d’automne

Drôle d’automne où l’on passe directement des arbres verts aux arbres sans feuilles — elles tombent vertes ou marron sans passer par le flamboiement rouge, orange puis jaune vif typique d’Amérique du Nord. Il a fait trop chaud trop longtemps, on est passé directement de l’été à l’été indien sans la vague de froid intermédiaire, celle qui fait flamber les couleurs.

Drôle d’automne avec ce vert qui traine — ça a commencé à peine à virer ces deux derniers jours et c’est encore relativement assez vert pour la saison, fin octobre. Ce week-end le paysage vu de loin était encore bien vert. Trop vert. La dernière fois où le vert a trainé tard dans la saison nous avions eu une tempête de neige très précoce (fin octobre justement), c’était en 2011, entre Irène fin août 2011 et Sandy fin octobre 2012, une répétition générale pour Sandy d’ailleurs : la neige sur les arbres encore en feuilles avait été un désastre, ils avaient cassé comme du verre et nous avions perdu l’électricité pendant 5 jours. (Pour Sandy cela avait été 13 jours sans électricité plus une vague de froid Nor’Easter en prime quelques jours après la tempête elle-même, c’est une autre histoire.)

Drôle d’automne, espérons qu’il restera seulement un drôle d’automne sans que l’absence de flamboiement des feuilles soit un signe annonciateur d’intempéries hors saison et catastrophiques. Pour l’instant il fait toujours chaud, aujourd’hui des trombes de pluie et des fortes bourrasques de vent — une petite tempête tropicale, les vents et la pluie étaient chauds, il a fait entre 20 et 23 degrés toute la journée. Nous sommes toujours en manches courtes, y compris le soir et tôt le matin.

Été indien

Été indien

Été indien

En une semaine le temps a fait le tour des quatre saisons ou presque. La semaine précédente il m’avait fallu allumer la chaudière en catastrophe, après une journée à greloter à l’école non chauffée et la fin de l’après-midi à greloter devant mon ordinateur j’ai fini par craquer — il faisait 15 degrés dans la maison, nous avions eu un premier avis de gel pour la nuit et le matin il faisait quelques degrés à peine au-dessus de zéro sur le parking de l’école. Aucune amélioration n’étant en vue j’ai allumé et j’ai réglé les thermostats pour tout d’abord démarrer la chaudière et ensuite avoir une température raisonnable, ni trop basse ni trop haute, exercice délicat quand des thermostats inégalement répartis régulent des ensembles de pièces disparates, d’autant que certains thermostats (des vieux thermostats mécaniques à cadran et aiguille qui ont l’air de dater des années 50) sont complètement décalés et que je dois régler au feeling une fois les pièces chauffées. J’ajuste une bonne fois pour toutes en début de saison et n’y touche plus jusqu’au printemps quand il est temps d’arrêter le chauffage.

Je me résigne à ne pas avoir d’été indien cette année. Une deuxième nuit avec avis de gel deux jours plus tard, me conforte dans ma décision et me donne raison d’avoir allumé si tôt (11 octobre) cette année alors que d’habitude on tient jusqu’à Halloween ou presque, à une poignée de jours près mais pas 20 jours avant.

Pourtant un revirement s’annonce et le lundi suivant, 6 jours après avoir allumé la chaudière, la température monte, nous avons trois jours à 30 degrés dans la journée et 20 degrés la nuit, presque une mini canicule, on dort fenêtres ouvertes, on entend les climatiseurs des maisons voisines ronronner. Je refuse de remettre en route le mien, nous avons un peu chaud à l’étage c’est tout et c’est aussi bien ainsi, je refuse aussi de toucher aux thermostats réglés à grand peine, de toute façon il fait tellement chaud dans la maison que la chaudière ne se déclenche pas.

C’est donc l’été indien et les feuilles se mettent à virer vraiment de couleur à toute allure — et à tomber aussi de plus belle, une première grande passe de ramassage de feuilles s’impose, c’est la première fois que je le fais en pleine chaleur par près de 30 degrés ce matin-là. Une heure plus tard c’est comme si je n’avais rien fait, un vent chaud s’est levé les feuilles tombent encore plus vite — les joies de la saison.

L’été indien aura duré 5 jours cette année, après cette embellie la température est redescendue brutalement ce week-end, ce samedi on n’a pas dépassé 7 degrés dans la journée avec pluie et bourrasques qui continuent à faire tomber les feuilles en quantité industrielle. Un vrai temps de novembre en somme, alors que la veille, le vendredi, on a eu une poussée à 25 voire 27 degrés dans l’après-midi, manches courtes fenêtres ouvertes ventilateurs dans les chambres. Le soir j’avais quand même fermé toutes les fenêtres avant de me coucher et bien m’en a pris. Dans la journée de samedi  le chauffage a fini par se remettre en route une fois l’inertie de la maison vaincue et la température de déclenchement des thermostats atteinte. Chaque partie de la maison a son rythme mais le soir tous les chauffages sont chauds finalement. La semaine qui vient s’annonce fraîche avec zéro le matin — la prochaine passe de feuilles se fera en pull cette fois.