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Chronique d’une catastrophe annoncée…

Vu sur Twitter hier 22 novembre, des photos prises le vendredi 20 avec des aéroports pleins à craquer. Et ce n’était que le vendredi de la semaine précédant Thanksgiving, qui est le 26 novembre cette année (jeudi, c’est toujours le 4ème jeudi de novembre). D’habitude le gros des déplacements a lieu le mardi et surtout le mercredi veille de Thanksgiving. Donc la foule dans les aéroports sera sans doute encore pire dans les jours qui viennent.

Les gens qui ont maintenu leur voyage ont dit que les « avis » de ne pas voyager (avis seulement rien d’obligatoire « freeeeeedommmmm » n’est-ce pas) bref les avis du CDC (Center for Disease Control d’Atlanta, la haute autorité sanitaire des USA) sont arrivés trop tard pour qu’ils changent leurs plans. WTF ? Ce n’est pas comme si la pandémie était arrivée la semaine dernière par surprise et nous était tombée tout d’un coup sur le coin de la figure !

Surtout qu’aux États-Unis nous en sommes non pas à la deuxième vague comme en Europe mais bel et bien à la troisième (ce n’est pas moi qui le dis, c’est on ne peut plus officiel). Alors attendre ou ne pas attendre les avis médicaux du CDC pour partir en vacances / fêtes de famille, franchement on n’avait pas besoin qu’ils confirment une evidence. Comme on dit ici dans le New Jersey : duh ? (équivalent local du WTF en moins grossier (sic).

Les vagues successives aux États-Unis :

Première vague en mars avril, surtout dans la région du Nord-Est (New York, Boston etc) et l’Ouest Californie et État de Washington, deuxième vague pendant l’été de juin à août dans le Sud  (Floride, Mississippi et toute la ceinture du soleil), troisième vague depuis mi-octobre généralisée à tous les états avec la situation sanitaire la pire dans les états ruraux (les Dakotas entre autres) et le Mid-West (Chicago, Iowa etc) mais c’est globalement extrêmement mauvais partout, sur l’intégralité du territoire continental du pays.

La troisième vague a commencé bien avant Thanksgiving donc on pouvait se dire qu’il vaudrait mieux éviter les festivités de Thanksgiving et tout regroupement de familles / amis. On n’a pas franchement besoin d’être grand clerc ni spécialiste et encore moins d’attendre les avis éclairés (sarcasme) du CDC… Je refuse tout argument du « on ne savait pas, c’est pour ça qu’on a pris nos billets et l’avis du CDC est venu trop tard » (qu’on peut lire dans les tweets ci-dessous notamment). En plus il n’est jamais trop tard pour annuler, au pire on peut décider de tout annuler même 5 minutes avant de partir. Et si on perd l’argent du billet, eh bien c’est quand même mieux que de perdre la vie voire de risquer de mettre en danger ou de tuer quelqu’un dans sa famille ou ses proches.

Chronique d’une catastrophe annoncée…

More than one million people flew through US domestic airports on Friday ahead of Thanksgiving
This is about as crowded as it was before Covid

Aujourd’hui 17 novembre (2020)

Depuis que je disais que je devais aller à Target (genre de Monoprix, grand magasin de droguerie et épicerie sèche) pour acheter du papier essuie-tout et du papier toilette. 

Je précise que j’en achète 2 gros paquets de la marque américaine principale, et de la meilleure qualité, Charmin’  (l’équivalent de Lotus) tous les 3 ou 4 mois en moyenne et cela fait 18 ans que je procède comme ça au rythme d’achat de 2 gros paquets tous les 3 ou 4 mois. À Target précisément parce que non seulement ils ont ces gros paquets mais en plus ce sont les meilleurs prix. J’y étais allée fin février ou début mars puis mi-juillet et donc début novembre il était temps d’y retourner. J’ai un peu trainé, j’aurais dû y aller vraiment les premiers jours de novembre mais j’ai voulu m’occuper de faire des grosses courses alimentaires d’abord. Parce qu’avec les restrictions qui reviennent au galop — et encore on n’avait pas levé toutes les restrictions après le confinement du printemps dans le Tri State loin de là — donc avec les restrictions qui reviennent et qui s’enchainent, de plus en plus strictes, eh bien voilà ce que ça a donné quand j’y suis allée ce matin 17 novembre 2020 (à 9 heures, juste après l’heure spéciale de courses pour les personnes à risque de 8 heures à 9 heures. En regardant les horaires hier soir je me suis donc aperçue que l’heure spéciale pour les personnes à risque est revenue elle aussi, en même temps que les restrictions.

Rayon papier toilette de Target à Watchung dans le New Jersey, 17 novembre 2020:

Rayon papier toilette Target le 17 novembre 2020

Puis le rayon essuie-tout (ça je n’ai pas compris pourquoi mais ce n’est jamais vraiment revenu, on a du mal à trouver de l’essuie-tout depuis le début de la pandémie au printemps, les paquets de la marque habituelle, Bounty, quand on peut en trouver, sont plus petits voire vendus au rouleau.

Rayon papier essuie-tout Target 17 novembre 2020

Il en restait donc quelques-uns quand je suis arrivée et il m’en reste un paquet d’avance mais du coup en voyant l’état du rayon j’en ai pris un. Bien m’en a pris parce qu’une heure après, alors que je revenais voir avant de passer en caisse si par chance du PQ avait été mis en rayon : plus rien !

Rayon papier essuie-tout Target 17 novembre 2020 : une heure après

Quand je pense que j’étais allée spécialement à Target (hors de ma ville, sur la grosse route commerciale a 1/4 heure de la maison) pour le papier toilette ! Heureusement je me souvenais avoir vu il y a une dizaine de jours du PQ au magasin de bricolage voisin du Target. (Il n’y a jamais eu de papier toilette au magasin de bricolage avant la pandémie…). Qui plus est de cette même marque que j’achète exclusivement pour différentes bonnes raisons. Comme c’est dans le même shopping center j’y ai fait un saut en sortant de Target tant j’étais dépitée et bingo ! Comme ce n’est pas à ce magasin que l’on pense en premier lieu pour acheter du PQ, le rayon était plein. Ce sont de plus petits paquets et ils sont plus chers mais j’en ai quand même pris 2 à défaut de mes très gros paquets de Target, c’est déjà ça.

Les restrictions pleuvent, tous les jours des nouvelles, le premier couvre-feu de 22 heures pour les restaurants / bars et magasins de produits non essentiels a duré 3 jours seulement avant de passer à 20 heures ! Et ça continue. C’est une question de peu de temps sans doute avant un nouveau « lockdown » confinement généralisé comme en mars. Dans le reste du pays, même les régions rurales et très fortement conservatrices qui avaient résisté à tout arrêt et à toutes restrictions pendant le printemps ont instauré des confinements encore plus stricts que ce que nous avons eu au printemps dans le Tri State. Après avoir nié l’existence du virus et de la maladie la réalité les a rattrapés. Ils apprennent de la façon dure malheureusement pour eux après s’être moqués de nous. Nous n’en sommes pas encore tout à fait là dans le Tri State (qui est passé à 5 états avec la Pennsylvanie et le Massachusetts qui vont se concerter avec nos 3 états pour avoir une politique commune de restrictions etc. À défaut d’en avoir une de l’état fédéral, no comment, l’agent orange ne va pas se renier a 2 mois de la fin de son mandat. Pourtant ces états (très) conservateurs (et grands supporters de l’agent orange) se sont reniés eux (heureusement, mieux vaut tard que jamais).

Nous avons recommencé à avoir des cas dans notre petite ville courant octobre et c’est parti en vrille depuis début novembre avec 50 nouveaux cas en moins de 2 semaines — une grosse partie liée à une fiesta (illégale et secrète) d’Halloween faite par des élèves du lycée. Résultat le lycée est fermé à nouveau et est reparti 100% en enseignement à distance. Alors que c’était le seul parmi toutes les écoles de la ville (1 maternelle/CP, 3 écoles primaires et 1 collège) à ne pas avoir recommencé en personne à la rentrée de septembre par manque de prof et il n’avait recommencé en présentiel (je ne connais pas les modalités si c’était du présentiel partiel mais sans doute aussi puisque c’était le cas dans les autres écoles de la ville) donc n’avait recommencé en présentiel que récemment, courant octobre je crois. Tout ça pour ça… En plus d’être en enseignement à distance pour l’ensemble du lycée, il y a 300 étudiants du lycée qui sont en quarantaine et à l’isolement chez eux avec interdiction de sortir. C’est bien entendu en plus de l’enseignement à distance qui lui a été remis en place à cause du trop grand nombre de cas : la fiesta a donné lieu à 43 contaminations d’élèves du lycée — chiffre en date du 12 novembre. En quarantaine ça veut dire (normalement) isolés chez eux et à l’intérieur de leur foyer isolés aussi de leur famille et avec interdiction formelle de sortir de leur maison… Il y a aussi 63 enseignants en quarantaine parce que cas contacts des dits 43 cas du lycée (sur environ 1000 ou 1200 élèves). Voici ce que dit le Superintendent des écoles de Berkeley Heights le 12 novembre : « The vast majority of our cases are a direct result of the several Halloween parties. However, we are also finding that some are community-spread positives. This means that an individual who was not at the Halloween parties, contracted the virus during the asymptomatic period from a person who had attended the parties; and we know of no cases in the schools that were contacted prior to the Halloween parties. »

Donc tous ces cas sont bien la conséquence directe des fiestas de Halloween et pas qu’une seule en fait comme on a cru au départ. Le pire c’est qu’avant ça il n’y avait aucun cas dans les écoles. Ça a impliqué la fermeture du lycée, bravo ! C’est maintenant officiel et écrit noir sur blanc par le Superintendent.

Tout ça pour ça : pour des bêtes fêtes d’Halloween. Je frémis de terreur à l’idée de Thanksgiving la semaine prochaine parce que ça, ce n’est pas qu’une fiesta de gamins, Thanksgiving c’est plus important même que Noël aux États-Unis. Et nous avons le retour d’expérience du Canada puisque leur Thanksgiving est plus tôt dans la saison, vers la mi-octobre et ça a déclenché une grosse vague de cas. Pourtant le pays était en bien meilleure position que les USA, bien meilleure, et c’est un pays relativement peu peuplé. Quand bien même, les (mauvais) résultats sont là.

Je reviendrai par ailleurs dans un prochain article sur l’isolation et la quarantaine.

En attendant, pour notre petite ville de 12,000 habitants, 50 nouveaux cas en 15 jours c’est énorme.

En tout depuis le début de la pandémie c’est plus de 350 cas pour ces 12,000 habitants : 3%…

Au niveau du pays nous en sommes à plus de 11 millions de cas pour un pays de 320 à 330 millions d’habitants. Grosso modo 10 pour 300, un peu plus de 3% . Notre ville est dans la moyenne donc.

Et comme on sait que dans le centre du pays et le centre Nord c’est l’horreur, que le pourcentage est bien plus haut et dépasse 10 % jusqu’à 12% a certains endroits. Nous faisons partie des régions qui vont encore à peu près. Mais Thanksgiving n’est pas encore passé par là.

Je ne sais pas quoi dire — trace

Depuis samedi dernier 7 novembre j’oscille entre soulagement et inquiétude (le mot est faible…)

Je ne sais toujours pas quoi dire. Soulagement ? Oui c’est ça, soulagement point d’interrogation. 

J’ose à peine écrire le mot soulagement par crainte d’un renversement (au sens fort du terme, pas un renversement de situation mais bel et bien un renversement façon coup d’État).

Que l’agent orange soit gravement dérangé mentalement (en clair fou à lier, littéralement, dans un monde normal, ce gars serait dans une institution et sous camisole de force la majeure partie de ses journées. Mais dans un monde normal aussi il n’aurait pas été élu ni même aurait été candidat, encore moins serait entré en politique ni n’aurait de quelconques responsabilités que ce soit ni même de tribune publique ni de voix au chapitre) donc qu’il soit gravement dérangé mentalement, tout cela  doublé d’un culte de la personnalité qui n’a rien à envier aux pires dictateurs que la planète ait connu et connait toujours (façon Staline, le gars de Corée du Nord et j’en passe, c’est de ce niveau), donc que l’agent orange soit complètement fou et dangereux c’est inquiétant en soi mais le pire c’est qu’il est non seulement soutenu par une partie « du peuple » ce qui est grave aussi mais, encore pire, par tous ceux qui gravitent autour de lui et exercent des fonctions aux plus hauts sommets de l’état et lui obéissent au doigt et à l’œil au lieu de démissionner (dans un monde normal tout un chacun aurait refusé de le servir — parce qu’il s’agit de le servir et non plus de servir l’état à ce niveau-là de mainmise) en attentant de se faire virer pour un soupir de travers. 

Non seulement il est soutenu et aidé par tous ceux-ci qui le caressent dans le sens du poil mais en plus il est poussé par ces mêmes — comme s’il avait besoin d’être poussé plus loin dans sa folie dictatoriale.

Quand on entend notamment le US Secretary of State, l’équivalent du ministre des Affaires étrangères, donc le chef d’un ministère majeur, déclarer haut et fort devant la presse qui lui posait la question si la transition avec la prochaine administration se passerait de façon sereine et fluide (smooth) répondre que la transition se passera effectivement bien avec la seconde administration Trump. Qu’on ne vienne pas nous dire ensuite que c’était de l’humour ou du sarcasme. Cela n’en était pas, chacun peut le voir par lui-même sur cette vidéo qui tourne en boucle partout sur Internet et qui est devenue « virale »  — ça s’impose, ce gars est un vrai virus aussi, pire que notre virus pandémique actuel. Et ce n’était en plus pas du conditionnel : il a dit littéralement « there will be a smooth transition to a second Trump administration » : futur simple — certitude.

J’espère que cela restera marqué au fer rouge sur son front et que ça tuera le reste de sa carrière politique à jamais. Comme dit un internaute sur Twitter «  I hope this statement follows Pompeo for the rest of his life… ».

Si cela s’était dit dans un autre pays, qu’aurions-nous dit, qu’aurions-nous fait ? Nous aurions hurlé au coup d’État, à la dictature, au pays voyou. Nous aurions tous condamné fermement. Déclenché une réunion d’urgence avec l’ONU, le conseil de sécurité etc. Préparé des sanctions voire pire.

Ce n’est pas normal, ce n’est pas juste un exercice ni une hypothèse de travail théorique. À ce niveau de l’état on ne dit pas des choses comme ça, en l’air, on surveille ses paroles surtout sur ces sujets aussi sensibles et graves.

Et il y en a eu d’autres, il n’est pas le seul dans cette administration et cette mouvance, et c’est ça qui est grave, très grave, plus grave encore que les 70 millions d’électeurs qui ont choisi le fou. Au haut niveau de l’état on pourrait penser qu’ils savent mieux…

Mais non, on continue de mentir en pleine face et sans se cacher, sans honte, même pris la main dans le sac.

À l’école maternelle et primaire de mon temps on disait « c’est celui qui le dit qui l’est » quand les insultes volaient  bas. Eh bien, avec l’agent orange et consorts, avec toute cette administration qui le soutient à bout de bras dans sa folie furieuse c’est complètement le cas. À force de lancer des accusations fausses, infondées et graves à tour de bras, c’est bien cela qu’ils veulent cacher « que ce sont eux qui le sont » tout ce dont ils accusent les autres, c’est pour cacher leur propre incurie — là encore le mot est faible — leur propre culpabilité, à la fois judiciaire et morale. Tout ce dont ils accusent les autres qui ne sont pas du même avis qu’eux, c’est ce qu’ils sont eux-mêmes. Des losers

Pire, comme Mary Trump l’a dit lors des interviews qu’elle a accordés pour la sortie de son livre sur son oncle (livre qui a failli être interdit, je l’ai acheté en précommande aussitôt, pour cette raison. À la fin il y a eu tellement de précommandes et de copies en avance pour service de presse, que cela ne rimait plus à rien de l’interdire, des milliers voire un million ou plus de copies étaient déjà en circulation dans le public à ce stade *. Les précommandes étant envoyées dès le jour de sortie voire quelques jours avant par Amazon qui veut vendre, le temps que la justice saisie par le président ou ses sbires ait donné sa décision, on a une fenêtre de quelques jours voire une ou 2 semaines. C’est la stratégie à adopter à chaque fois qu’un livre « politique » risque d’être interdit, l’acheter tout de suite en précommande. J’en ai acheté plusieurs que je ne lirai jamais mais pour faire poids et éviter l’interdiction, tous pendant ces 4 dernières années, les années de l’administration de l’agent orange alors que cela fait 18 ans que je suis aux États-Unis soit dit en passant) donc comme Mary Trump l’a dit, non seulement il nie la chute mais s’il chute il veut entrainer le pays avec lui et « tout casser », façon « puisque j’ai perdu le pays et le pouvoir sur le pays, le pays n’existera plus », façon le petit garçon qui casse le jouet qu’on lui demande de prêter à son frère pour que ni son frère ni personne d’autre ne l’ait. Quelle maturité ! Passé l’âge de l’enfance cette attitude n’est plus une petite colère d’apprentissage de la vie, ce n’est plus justifiable. À l’âge adulte c’est même de la maladie mentale grave, passé 70 ans cela parait impensable surtout au niveau de « l’homme le plus puissant de la Terre ».

Le 11 novembre, Mary Trump dit aussi sur Twitter : « Conceding to Joe Biden isn’t necessary; acknowledging the legitimacy of the Biden/Harris administration isn’t necessary; ensuring a smooth transition of power isn’t necessary. But the damage done to our country by NOT doing those things is incalculable. It can never be forgotten. »

( « Admettre la victoire de Joe Biden n’est pas nécessaire, admettre la légitimité de l’administration Biden/Harris n’est pas nécessaire, assurer une bonne transition et une passation de pouvoirs fluide n’est pas nécessaire. Mais les dommages faits à notre pays en NE FAISANT PAS ces choses sont incalculables. C’est impardonnable à jamais. » )

Comme dit un autre internaute sur Twitter «  Allons-nous avoir besoin d’envoyer les gars en blanc avec des filets ? » (les infirmiers psychiatriques).

Ci-dessous trois photos d’écran avec ce commentaire et d’autres dans la même veine, que j’ai capturés le 12 novembre. Lisez-les ils sont tous extrêmement pertinents.

Twitter 12 novembre 2020
Twitter 12 novembre 2020
Twitter 12 novembre 2020

Entre cette situation politique et la pandémie qui reprend de plus belle, de façon encore pire qu’en mars et que cet été aux États-Unis, franchement il ne fait pas bon vivre cette période ici aux États-Unis. D’autant que cet aspect pandémique va empirer encore plus par l’incompétence voire le sabotage éhonté de cette administration : il lui reste 2 mois à gérer les affaires dont la pandémie (ou plutôt une absence de gestion voire une gestion criminelle en faisant tout l’inverse que ce que le moindre médecin ou scientifique dit — la Terre est plate voyons, si l’agent orange le dit c’est vrai et si on le contredit il fait un tantrum, une crise de colère dans le sens médical et psychiatrique du terme)

Vraiment je ne sais pas quoi dire.

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* Une recherche rapide donne les résultats suivants, d’après son éditeur : « On July 17, 2020, Simon & Schuster announced that the book had sold more than 950,000 copies in pre-orders by its publication date, a new record for the publisher. In its first week, Too Much and Never Enough sold 1.35 million copies. »

Interruption intempéries

Une interruption intempéries, encore une, l’automne et les mois de septembre octobre sont les moments où les tempêtes tropicales sont le plus susceptible de remonter jusque dans le New Jersey — quoique cette année nous en ayons eu une qui est remontée début août [lire ici la tempête Isaias, ici et ici]. Si elles ne remontent pas toutes sous forme de tempête tropicale directement à l’intérieur des terres, on en a souvent au moins les franges ou les queues « simplement »  sous forme de pluies torrentielles (diluviennes littéralement ) sans les vents violents — c’est déjà ça. 

Mais demain et vendredi c’est une nouveauté, une nouvelle variante des intempéries brutales : nous attendons non pas une mais 2 tempêtes qui vont se rencontrer sur terre quelque part dans la région des plaines centrales et mi-atlantiques et unir leurs forces pour apporter encore plus de vent et encore plus de pluie. La cerise sur le gâteau c’est que sur leur sortie des terres, au niveau du Nord-Est (c’est nous, le New Jersey et le New York puis la Nouvelle-Angleterre) il y aura de la neige dans la queue de cette tempête jumelée puisque la masse d’air chaud humide chargée de pluie de la tempête tropicale va rencontrer la masse d’air froid de la seconde tempête qui vient de l’ouest. De la neige ! Pas exactement chez nous dans le New Jersey central ni à New York la ville mais à la limite nord du New Jersey, à la frontière avec le New York (l’état), à moins de 100 km,  70 / 80 maximum de chez nous. Pour ce que l’on appelle upstate New York, la partie nord de cet état ce sera définitivement certain et ce sera leur première neige de la saison.

C’est pour cette raison que j’ai vu des prévisions de températures négatives,  -2 degrés Celsius pour vendredi alors qu’il fait encore entre 12/15 et jusqu’à 18 degrés ces temps-ci. J’ai compris pourquoi, avec cette neige si proche l’air va se refroidir de façon significative.

Deux tempêtes qui se rencontrent (Billy et Zeta, cela sonne comme une romance d’un film hollywoodien ou un roman à l’eau de rose et ce n’est pourtant pas le cas ni de l’un ni de l’autre) et qui vont joindre leurs forces, une première je n’avais jamais entendu ni vu ça depuis plus de 18 ans que je suis ici !

Inutile de dire que je ne suis pas prête, j’ai simplement un peu d’essence qui me reste, pour la tondeuse à l’origine, une dizaine de litres, la tente canopée que je viens d’acheter il y a deux jours pour le groupe électrogène n’est pas encore arrivée. Et j’ai encore besoin de faire un bricolage pour adapter une petite boîte imperméable pour la prise sur le côté de la maison sur laquelle on branche l’énorme fil électrique qui sort du groupe électrogène et alimente la maison dans sa totalité. Une boîte étanche qui permettra de brancher et d’alimenter pendant des intempéries justement. Tâche que je fois faire depuis 2 ou 3 ans et que je remettais sans cesse à plus tard et que j’avais commencé à attaquer il y a quelques jours, sans savoir qu’une tempête me prendrait de vitesse. Jusqu’à présent nous n’avons jamais eu besoin de faire tourner le groupe électrogène pendant l’intempérie elle-même mais seulement après, donc sans réel besoin ni de l’abriter ni surtout d’abriter les branchements électriques ni la prise d’entrée dans la maison. D’autant moins prête qu’en ces temps de pandémie tout est aussi plus compliqué donc se préparer aussi est plus compliqué.

Forte de la prévision météo qui dit que nous aurons seulement des pluies torrentielles mais (normalement) pas de vent chez nous, je croise les doigts pour que la prévision soit vraie. Mais les fortes pluies peuvent aussi abattre des arbres, même sans vent. C’est ce qui s’est passé il y a un mois : des pluies torrentielles ont fait tomber la moitié d’un chêne en bordure de notre propriété avec l’un de nos voisins. Pas de dommages ou très peu et rien sur la maison ni sur les voitures mais la branche qui portait la moitié du feuillage tout en haut du chêne est tombée de 30 mètres de haut où elle était attachée et nous avions entendu un bruit immense ce soir-là au milieu des torrents de pluie. Ce chêne en particulier ne risque plus de tomber, la moitié qui restait a été abattue par les bûcherons professionnels engagés par ledit voisin la semaine dernière. Un souci de moins pour cette tempête, que dis-je, ces tempêtes jumelées à venir.

Décidément cette année 2020 en a toujours en rayon pour ajouter à notre malheur pandémique déjà fort contraignant et notre quotidien misérable.

On aurait pu espérer on aurait pu croire

On aurait pu espérer on aurait pu croire à la fin des inutilités et des tracasseries, la fin de l’univers impitoyable du travail, vers plus de collaboration humaine d’entraide et de bienveillance.

C’était compter trop sur la gentillesse, l’intelligence et, je vais dire un gros mot, le bon sens humain. Ils sont décidément bien peu présents dans l’ensemble et les vieux travers multi millénaires, exacerbés par le règne sans partage de l’argent à un niveau jamais atteint dans l’histoire de l’humanité, les vieux travers reviennent bien vite, passé les premiers jours de stupeur et de frayeur qui ont fait dire à presque tous, surtout les puissants et les gouvernants, « oui on va changer, nos façons de vivre, nos façons de faire, nos mentalités ». 

Paroles vides, ils sont passé entre les gouttes donc ils ne changent pas, surtout on ne change rien, on continue notre course vers le mur et peu importe le nombre de fois où on l’emplafonne à pleine vitesse, on reprend vite cette course sans fin — sans objet autre que le pouvoir pour le pouvoir, établi par l’argent roi, toujours plus toujours plus. Il faut bien sacrifier quelques personnes (beaucoup en réalité et ce depuis longtemps, les sacrifices sanitaires sont seulement plus visibles et plus immédiats) sacrifier les gens de peu (la plupart d’entre nous) sur l’autel de l’argent roi — le culte ultime et qui prime sur tous les autres.

« Travail ton univers (encore plus ) impitoyable »  pour citer le sous-titre d’une émission de Complément d’Enquête de France Télévision.

Texte commencé il y a quelques semaines avant même la reprise de la virulence de la pandémie, bien avant la mise en place du couvre-feu en France. D’ailleurs ce n’est pas le couvre-feu en lui même le problème, au printemps nous avons eu un couvre-feu aussi, mis en place même avant le confinement généralisé dans notre Tri-State  — New Jersey, New York et Connecticut. Nous avons d’ailleurs toujours des couvre-feux dès qu’une tempête ouragan blizzard voire grosse chute de neige ou autre crise météorologique est annoncée. Ce n’est pas le couvre-feu le problème mais bien l’aveu d’impuissance des gouvernants de tous bords et de tous les pays occidentaux au moins, face à une pandémie qui devrait nous (leur) faire remettre en cause notre (leur) modèle de profit à tout crin, « quoi qu’il en coûte ». Quoi qu’il en coûte en effet : que le travail continue son univers impitoyable, afin d’engranger le plus de profits d’argent et de pouvoir pour une petite poignée qui vivent dans leur bulle et qui ont les moyens de se payer des traitements hors-normes et réservés à leur seul bénéfice, des lits dans des suites hospitalières — on ne parle plus de chambre, encore moins de lit à ce niveau-là —  et un bataillon de médecins à leur seule disposition. « Quoi qu’il en coûte » en sacrifices — jusqu’à la misère et à la mort, oui même à la mort — à la population ordinaire. C’est à dire presque tout le monde, nous tous.

Promenons-nous — trace

Dans un ordre d’idée voisin, le lycée de Berkeley Heights a repris en enseignement à distance exclusivement — alors que les 3 écoles primaires, la « maternelle / CP et le collège (6ème – 4ème) ont tous repris avec des cours en personne. Par par souci « d’extrême précaution » mais tout simplement par manque de professeurs qui ont soit porté pâle pour des raisons familiales et/ou de risques sanitaires ou qui ont démissionné. Donc pas assez de profs. La barrière technologique ou d’équipement n’existe pas dans notre ville puisque cela fait des années que l’école fournit des iPad à chaque élève depuis la 6ème (mon fils cadet et ma fille en ont eu: ma fille a fini le lycée en 2014, mon fils en 2016). Peut-être maintenant les écoles primaires en ont-elles aussi. Je parle maintenant avant Covid-19. Donc tous les élèves sont équipés. La seule barrière technologique est l’accès Internet mais c’est presque indépendant des revenus de la famille et très dépendant de l’incompétence notoire des fournisseurs d’accès Internet, hors opérateur historique (l’équivalent de feu nos PTT ou feu France Télécom) qui possède les lignes et est l’équipementier historique de la fibre optique. Seule la fibre (via cet opérateur) marche sans problèmes et ce n’est même pas le plus cher ou si peu, en comparaison de certains « packages » des fournisseurs de câble. L’ADSL est terriblement mauvaise et lente aux États-Unis qui connaissaient une forte implantation du câble à cause des télévisions par câble dès la fin du XXème siècle.

Donc toutes les classes du lycée se font en ligne… Sauf qu’on a fait venir tous les élèves du lycée (entre 1000 et 1200 élèves) une demie journée pour la « rentrée » début septembre.  Pour qu’ils voient leurs professeurs (lesquels ? si la moitié n’est pas là ) et qu’ils récupèrent ce dont ils ont besoin (quoi ? puisque l’iPad ils l’ont depuis des années. Même les premières années — les 9th Grade ou 3ème — ont leur iPad depuis le collège). Les fournitures censément. Quelles fournitures puisque cours et livres sont dans l’iPad ? Ce soit être le virus, promenons-nous au lycée pour voir si le virus n’y est pas.

Prendre la précaution (contrainte et forcée certes, par manque de bras, faute de combattants) de faire l’enseignement à distance et convoquer tous les élèves pour une demi-journée de présence, WTF ? Cela me rappelle les années SIDA et ceux qui utilisaient les préservatifs tout le temps sauf une fois : une fois ça va… et bam, c’était la bonne bien entendu. Les bras m’en tombent de connerie, encore une fois, Ô désespoir ! ô connerie ennemie ! N’ai-je donc tant vécu que pour cette idiotie ?

Les administrations, parce que c’est de cela dont il s’agit, les administrateurs de ces établissements (de véritables plaies et quand on parle de personnes non indispensables, en voilà)  qui donnent les directives et les ordres alors qu’ils n’ont jamais enseigné de leur vie ni mis un pied dans une classe, jamais. Mais ils savent et disent comment faire.

Comment faire ? Venez donc par ici voir si le virus n’y est pas. Pendant qu’ils sont calfeutrés tous seuls dans leurs bureaux voire qu’ils travaillent peut-être à distance en télétravail, eux…

Je suis contente mais contente de ne plus avoir d’enfants à l’école dans ce district (le dernier a fini en 2016 et ça a été épique, merci à l’administration justement, on a failli lui refuser son diplôme parce qu’il était absent la dernière semaine de cours pour une futilité : il était sur la table d’opération en urgence à l’hôpital et a failli mourir d’un fécalome cette semaine-là, quelle futilité, au lieu d’être présent en classe, quelle idée ! Le docteur qui l’a opéré et lui a sauvé la vie de justesse était folle de rage, d’autant que l’administration refusait de lui parler alors que j’avais signé toutes les décharges et autorisations, c’est une autre histoire.)

Mais cela donne une idée de l’intelligence de ces connards, le mot est faible. Et je suis contente aussi de ne plus travailler pour ce district, de ne pas risquer ma santé et ma vie avec leurs protocoles idiots. Ils font une campagne de recrutement d’enfer et ont essayé de dénicher des remplaçants à tout prix — façon de parler parce que le salaire journalier n’a certainement pas été augmenté non plus (quand j’ai quitté en 2017 il n’avait pas changé depuis au moins 2006 et sans doute avant ) — disons à toute force. Heureusement ils m’ont oubliée et je n’ai rien reçu ni pas été sollicitée, ouf !

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Note :

* WTF : What The Fuck. La traduction approximative pourrait être « c’est quoi cette merde » ou « c’est quoi ce bordel ».

Promenons-nous dans les facs (une catastrophe épidémiologique provoquée)

promenons-nous dans les facs

pour voir si le virus n’y est pas

Alors les facs (universities et collèges — rien à voir avec nos collèges qui sont ici la middle school, de la 6ème a la 4ème en général) ont repris les cours en personne à marche forcée — bien entendu. Et ce ne sont pas pour des raisons vertueuses, d’enseignement, d’éducation, mais bien pour de pures raisons financières. Le manque à gagner est tel que c’est (encore) une histoire de gros sous — très gros sous. Un étudiant ordinaire qui vient de la classe moyenne et qui ne reçoit pas de sponsorship sportif est endetté à vie la plupart du temps pour se payer ses études universitaires, même un simple master. On parle d’un coût d’études en plusieurs dizaines de milliers de dollars et cela ne comprend pas le logement ni les livres et autres matériels bien entendu. Encore plus dans les universités les plus prestigieuses, le coût augmente avec le prestige — lié la plupart du temps au renom et aux victoires de leurs équipes sportives étudiantes et non pas au renom et à la qualification des enseignants et chercheurs. Elles sont parfois excellentes, je ne veux pas dire que les enseignants et chercheurs sont nécessairement médiocres, mais ce n’est pas le critère de la notoriété et de l’attractivité des universités, y compris des plus prestigieuses. 

Les facs et les universités sont avides de cette manne de cotisations, loyers et autres frais annexes payés par les étudiants et pas prêtes du tout à y renoncer. Ce qui pose un problème —financier — de taille si les cours sont faits en ligne et à distance : les étudiants rechignent à payer cette fortune  pour « seulement » un enseignement virtuel sans présence physique et se tournent vers d’autres universités voire d’autres pays moins chers, etc.

Le but pour toutes ces universités est de faire revenir à marche forcée les étudiants sur campus. Il faut savoir que le but des universités et collèges c’est aussi de brasser et d’attirer des étudiants d’autres états. Un but d’enseignement ? Que nenni, le seul but c’est de « faire du fric » et « à tout prix ». Bref les universités et facs sont des « businesses » comme les autres et cherchent à attirer le client et sont en concurrence les unes avec les autres comme de simples magasins de vêtements ou fast foods. Des batailles de chiffonniers… mais pas pour des prix de chiffonniers.

Depuis un bon mois, depuis la mi à fin août on fait venir ou revenir les étudiants sur les campus en leur « assurant » des cours en présence physique. Les étudiants se rassemblent de fait, il y  a les « dorms » les logements étudiants sur campus où les étudiants partagent leur chambre à 2 ou à 3, le plus souvent c’est 2, mais sans toilettes… les salles de bain et toilettes sont communes.  En outre certaines fois ils font les cons et des grandes fiestas, certaines fois même pas, le simple rassemblement sur campus, dans les dorms, dans les salles de bain communes, dans les amphis, les salles de classe. Il suffit d’un, n’est-ce pas, et voilà un foyer épidémique qui est lancé joyeusement.

Et puis quoi ? Une fois le foyer épidémique bien démarré (avec certaines fois des centaines d’étudiants contaminés dans un seul campus, le 9 septembre d’après un article du New York Times ils étaient déjà plusieurs milliers), il faudrait fermer : non, si possible, non, à tout prix ne pas fermer !Donc on renvoie les étudiants positifs au Covid-19, avec ou sans symptômes, mais positifs, malades ou pas malades chez eux, certains bien malades qui tiennent à peine sur leurs jambes. Vous ne voudriez pas qu’on les confine sur campus en plus ? Ce n’est pas l’assistance publique ici, mais un business bien juteux. Et on veut éviter que ces étudiants positifs contaminent les autres, il faut surtout qu’on puisse continuer à laisser l’université ou le campus ouvert.

On les renvoie chez eux maintenant qu’ils ont eu la mauvaise idée d’attraper le virus (et d’attirer l’attention des infectiologues et épidémiologistes voire des autorités de santé publique sur telle ou telle université). Chez eux c’est partout aux États-Unis, c’est dans un des 50 états. Donc un foyer localisé dans une université ou un campus est ainsi dispersé allègrement et méthodiquement partout sur le territoire américain. D’autant plus qu’un étudiant quand il rentre « chez lui », il rentre en général chez ses parents / grands-parents et. Certains habitent aussi dans des zones rurales plus épargnées par la contagion — plus pour longtemps donc. Surtout quand ces zones de moindre densité de population ont aussi une moindre densité d’hôpitaux et cliniques, avec moins de lits de soins intensifs ou de réanimation, si même il y en a.

C’est ainsi que l’on construit une catastrophe épidémiologique de toute pièce, qui se rajoute à la catastrophe épidémiologique déjà existante. On en rajoute une grosse louche que l’on aurait pu éviter — n’était l’avidité et la cupidité des rapaces humains.

Aujourd’hui  on ne peut plus dire qu’on ne sait pas, les scientifiques, épidémiologistes, infectiologues commencent à avoir une meilleure vision de la dynamique de propagation de ce virus même s’il reste encore  grandement inconnu. Ces scientifiques sont désespérés par ces mesures et ces façons de faire — hautement discutables du point de vue moral — qui sont une pure absurdité médicale : c’est la pire chose à faire durant une pandémie et notre pandémie si féroce.

Le bon sens paysan qui est le mien me dit la même chose, renvoyer des étudiants qui se sont brassés, se sont infectés mutuellement dans tout le pays et, pire encore, dans des petites communautés isolées qui ont eu par leur isolement la chance d’être peu ou prou épargnées est une catastrophe à double titre quand ces régions peu peuplées et isolées sont aussi moins bien équipées en hôpitaux et centres de soin, médecins, etc. Certaines fois l’hôpital à même de prendre en charge des patients Covid-19 gravement atteints est à plusieurs heures de route.

Dans notre tri-state (New Jersey, New York state et Connecticut) je ne sais pas le détail de la situation. Il y a trop d’universités et collèges pour le savoir, il faudrait regarder chacun. Ils sont autorisés à rouvrir, mais peuvent choisir de se tourner vers un maximum d’enseignement en ligne et de limiter l’enseignement en présence physique le plus possible. J’ai vu que la NYU (New York University) par exemple fait tester systématiquement ses étudiants qui arrivent d’autres états, deux fois, une fois dans les 24 heures de l’arrivée puis encore une fois 7 à 10 jours plus tard), ils sont soumis aussi à une quarantaine obligatoire de fait, avant tout résultat de test. 

Ce qui est en phase avec le reste des restrictions de déplacements et voyages vers notre tri-state : nous avons des quarantaines obligatoires de 14 jours pour tous les voyageurs venant de 30 à 35 états (y compris les résidents du tris-stade qui reviennent de voyage dans l’un de ces états ). Le nombre d’états sur la liste de quarantaine fluctue entre 30 et 35, selon les pics épidémiques, les taux de positivités et autres indicateurs de circulation du virus dans les autres états américains.  Il faut noter que cela représente donc entre 30 et 35 états sur un total de 47 autres états plus Washington DC. Il y a 50 états (plus DC), mais les 3 états du tri-state sont dirigés de façons synchrones quant aux restrictions et toutes choses relatives au Covid-10. Ce qui représente selon les semaines des restrictions de déplacements vers notre tri-state pour les 3/4 (75%) des autres états américains.

Courses du 18 septembre 2020

En partance pour les courses 18 septembre 2020

La dernière fois que j’ai fait les courses alimentaires c’était il y a un mois, le 18 août et je m’étais fixé comme objectif d’y retourner un mois plus tard. Ce que j’ai fait ce18 septembre qui tombait un vendredi, un jour de semaine, ce qui est mieux pour éviter d’avoir trop de monde et pas un lundi non plus, pour avoir de meilleures chances de rayons approvisionnés.

sur le départ

Comme d’habitude depuis notre nouvelle vie de pandémie, j’y suis allée de bon matin, vers 8 heures pour éviter le monde. Procédure habituelle de gants, lingettes, cartes de fidélité et de paiement dans la poche pour ne rien à avoir à tripoter dans mon sac etc.

arrivée au magasin

Les rayons ne sont pas pleins, il y a à peu près de tout mais pas en dans les mêmes quantités qu’avant la pandémie et il y a toujours des articles absents — les lingettes désinfectantes au chlore. Absolument introuvables où que ce soit.

Cette fois il n’y avait pas non plus de papier essuie-tout. Le papier toilette, c’est revenu depuis fin juin ou début juillet mais la moitié de ce rayon qui contient d’habitude le papier essuie-tout était intégralement vide, comme en mars ou avril. Pourtant depuis il y en a eu en magasin du papier essuie-tout : les dernières fois que j’ai fait les courses en juin juillet et août il y en avait. Cette fois plus un seul rouleau essuie-tout. Ce qui confirme qu’il faut toujours avoir un petit stock d’avance d’à peu près tout, on ne peut pas vivre comme avant à flux tendus et acheter à la volée. Ce qui est valable pour mon organisation domestique est aussi valable au niveau industriel d’ailleurs mais certains ne semblent toujours pas l’avoir compris.

D’autres choses que certains n’ont toujours pas comprises : parmi les employés qui remplissaient les rayons, deux qui étaient réticents au masque — le masque est obligatoire dans les commerces et supermarchés et dans tous les endroits publics où il y a du monde, d’autant plus quand c’est à l’intérieur. Obligation par ordonnance du gouverneur de l’état du New Jersey.

Donc ces employés : l’un caché derrière ses piles de pain de mie dont il remplissait les rayons avait carrément le masque sous le menton. J’ai vu ça de loin, j’ai fait demi-tour et suis allée dans une autre allée. Je cherchais quelque chose, il aurait pu sans doute me renseigner mais je me suis bien gardée d’approcher et de lui demander. L’autre caché lui aussi, derrière des piles de bouteilles d’eau minérale avait sont masque sous le nez. J’allais donc faire demi-tour d’autant que je n’avais pas besoin de m’avancer plus dans cette allée où je n’avais rien d’autre à acheter quand j’ai vu passer au bout de l’allée une femme avec un gilet de Stop and Shop qui devait être un manager : du coin de l’œil j’ai vu que l’employé avec son masque sous le nez le remontait précipitamment sur son nez. La femme était donc bien une manager comme je le pensais et quand il a vu passer son manager il a vite remonté son masque : il s’est senti merdeux — il l’était et je suppose aussi que c’est une cause de licenciement en ce moment.

Ces deux-là étaient tous les deux des hommes et relativement jeunes, moins de 30 ans.

Ils sont pitoyables et, non, ce n’est pas comme la ceinture de sécurité ou le casque de moto. Après tout dans ces cas-là ça ne nuit qu’à eux s’ils ont un accident et qu’ils sont blessés ou tués, tant pis pour eux. Dans le cas des masques, c’est la communauté, ce sont les autres qu’on protège plus que soi-même. En vrai ce n’est pas seulement pitoyable, ce sont des morons comme on dit ici (des crétins).

Mais j’ai vu pire ce jour-là, toujours dans ce magasin, une première d’ailleurs : un homme qui faisait la revue des stocks — au niveau du rayon froid, saucisses et viande, encore mieux ! Manifestement cette fois c’était un gars de niveau supérieur, soit manager en chef ou directeur adjoint, ce genre-là, un gars entre 50 et 60 ans. Il faisait le point des rayons avec un bloc-notes, comme on en voit régulièrement le faire : eh bien lui n’avait absolument aucun masque, même pas sous le menton,  aucun !  C’est formellement interdit mais à tous les coups il devait avoir une « bonne raison » voire une prescription médicale. Soit dit en passant, quel docteur est assez moron, abruti, pour délivrer ce genre de prescription. Si le gars ne peut médicalement pas porter un masque (WTF ! ) eh bien il est sans doute incapable médicalement de travailler aussi. Il ne faut rien exagérer, les masques chirurgicaux ou médicaux jetables, les bleus, ne sont pas si pénibles à porter que ça et n’empêchent absolument pas de respirer. Je n’en reviens toujours pas ou cela parait tellement énorme alors que c’est obligatoire par ordonnance du gouverneur, d’autant plus pour quelqu’un qui travaille dans le supermarché. Et  même s’il avait une bonne raison ( sic !  je n’y crois absolument pas aux bonnes raisons, j’appelle ça de la foutaise d’autant plus quand on travaille dans le public, dans un magasin alimentaire et encore pire, au rayon froid et viande — on se souvient des foyers d’envergure dans les abattoirs ) mais même s’il avait eu une prescription médicale contre le masque, il aurait pu (il aurait dû) avoir au moins un écran en plastique — là il n’y a absolument aucune, mais alors aucune, contre-indication ! Déjà que pour le masque, je répète, j’en doute fortement des contrindications médicales. Ou alors si on en est là, on n’est certainement pas apte à travailler. D’autant que ces écrans en plastique transparent, on les trouve facilement, ils sont peu chers et réutilisables après désinfection ou lavage au savon. Donc aucune excuse.

Cerise sur le gâteau, Ô rage ô désespoir ! ô connerie ennemie ! encore une fois : le pire c’est que ce gars sans masque aucun, eh bien il se raclait la gorge bruyamment et toussotait bref expectorait ! Tout ça sans masque, le pire du pire . Et surtout pas dans son coude ni même dans ses mains ni un mouchoir, rien. Il expectorait bruyamment à tout va pour bien en faire profiter tout le monde autour. (Il y avait en plus un autre employé, masqué lui, qui travaillait avec lui, à 2 pas de lui.)

J’étais loin, à bien plus des 2 mètres, sans doute 3 ou 4 mètres quand je l’ai vu et surtout entendu et j’ai vite filé encore plus loin.

Quant aux clients dans le supermarché, ils avaient tous un masque, correctement mis, qui couvrait nez et bouche.

La seule personne qui est venue près de moi mais qui était masquée comme il faut et avait aussi des gants c’était à la caisse automatique pour m’aider. Il y a toujours un truc qui ne passe pas et comme j’avais beaucoup de sacs elle m’a aidée avec mes sacs et rempli un caddie vide avec mes sacs pleins d’articles déjà scannés qui s’empilaient (après m’avoir demandé la permission de le faire et en restant le plus loin possible, elle s’est seulement approchée plus près au moment où il a fallu débloquer un ou 2 produits). Mais premièrement c’était une femme (il y a bien sûr des femmes réticentes au masque et morons mais globalement j’ai remarqué que les femmes observaient plus volontiers le port du masque. Deuxièmement c’était une Asiatique. Je sais qu’en nos temps de confusion mentale et d’exagération politiquement correcte il ne faut rien dire de ce genre mais les Asiatiques en général et en particulier n’ont pas nos états d’âme d’enfants pourris gâté sur les masques. On l’a bien vu en Asie avec cette crise et avec les crises sanitaires précédentes et dans la vie en général. Au moindre doute les Asiatiques portent un masque. La logique imparable puisqu’on sait depuis une bonne centaine d’années que le masque est une des meilleures barrières pour les infections respiratoires, c’est que dans le doute qu’il vaut mieux le mettre pour rien, que ne pas le mettre et se trouver finalement dans une situation de contamination. Le mettre pour rien ne nuit pas, le contraire si.

Et ici dans le New Jersey les premiers à porter des masques c’étaient les Asiatiques justement, dès qu’il y  en a eu un petit peu de disponibles. Et avant ça ils mettaient des écrans en plastique puisqu’il n’y avait rien d’autre pour protéger les autres et se protéger. Une de mes élèves de tai-chi (originaire de Singapour) me l’avait dit lors d’une de mes premières classes sur Zoom : au début, quand on ne trouvait pas encore facilement des masques voire pas du tout elle a tout de suite investi dans un écran et ils étaient chers à l’époque, entre 20 et 30 dollars pièce. Elle avait payé le sien 29 dollars ! Sans rechigner, la santé et la protection passaient avant tout. Heureusement ils sont maintenant 10 fois moins chers, entre 2 et 3 dollars pièce.

après les courses
après les courses

Malgré ces petits incidents — qui pourraient être graves, je parle surtout du gars qui toussait et crachait ses poumons en plein magasin—  j’ai fait des énormes courses. Énorme total aussi. J’en ai acheté plus que d’habitude et aussi les prix ont augmenté. D’autant que ce magasin en centre-ville de Berkeley Heights est cher, je ne m’en servais ces dernières années que pour les produits que je ne pouvais trouver ni chez marchand de légumes et produits frais ni au club d’achat en gros. Je faisais le principal entre ces 2 endroits et complétais ponctuellement avec mon supermarché Stop and Shop.

Énormes courses 18 septembre 2020

Mais depuis la pandémie je ne suis plus allée chez mon marchand de légumes (raisons expliquées ici), ni au centre d’achat en gros (raisons expliquées ci-dessous). Par contre je commande tout ce qui peut se faire expédier par paquet postal ou UPS à ce centre d’achat en gros. 

J’ai décidé que je ne retournerai pas faire les courses alimentaires avant début novembre, donc dans un mois et demi cette fois vu la note que j’ai eue. Aussi, entre-deux pour faire la jonction, je vais retourner chez mon marchand de légumes et produits frais maintenant que ma fille m’a dit qu’ils ont installé les écrans pour les caisses et que tout le monde (enfin en théorie) a un masque et que c’est obligatoire à l’intérieur des magasins (en théorie). Ceci dit ce sont des Coréens qui sont les patrons et propriétaires de ce magasin de légumes même si les employés et caissiers sont plutôt sud-américains. Donc il y a de fortes chances que la règle du masque soit bien observée et encore plus pour leurs employés. 

De toute façon ma règle de base en ces temps de pandémie, c’est que si je ne le sens pas ou si je suis mal à l’aise je m’en vais voire je n’y vais pas du tout. Il faut se fier à son instinct, à ces tripes. Encore plus ces temps-ci.

J’irai de bonne heure parce ce magasin est vraiment petit mais les prix pour le pain et les fruits et légumes sont vraiment plus raisonnables que le supermarché. Il me faut certains fruits comme citrons, mangues, oranges, mandarines, avocats, tout ce que je ne peux pas avoir par la livraison des produits des fermes locales en fait, mon « panier » de fermes. Pour le gros des légumes qui peuvent pousser ici dans le New Jersey, je continue mon abonnement au panier de fermes bien entendu.

Quant au centre d’achat en gros, BJ’s, j’évite parce que c’est sur la grande route commerciale 22. Il y en a peu dans le New Jersey de ces grands entrepôts de vente, contrairement à un supermarché ordinaire, donc ça brasse une population de plusieurs villes et comtés des environs — ce n’est même pas dans ma ville. Alors que le supermarché de Berkeley Heights brasse essentiellement des habitants de Berkeley Heights puisqu’il y a un voire 2 de ces supermarchés dans chaque petite ville— aucune raison d’allier dans des villes éloignées pour aller dans un supermarché puisqu’on a le même dans sa propre ville ou la ville toute voisine (Gillette pour moi puisque c’est même plus proche que mon centre-ville de Berkeley Heights). Et on sait que le virus aime le brassage de population. Donc c’est mon raisonnement. Le club d’achat permet en outre d’acheter certains articles non périssables ou des articles de ménage et nettoyage par Internet avec expédition postale et j’y fais les courses de cette façon maintenant.

Redevenir sale comme avant — trace

Je rêve de redevenir sale comme avant.

Il faut bien se rendre compte que maintenant nous effectuons de façon routinière des protocoles de nettoyage de niveau médical, chez nous, dans nos propres maisons, sur nous, sur nos propres personnes —sans jeux de mots — des désinfections rigoureuses réservées auparavant au personnel médical et dans un contexte médical.

À être trop propres, si cela devait rester, ne risque-t-on pas de perdre toute immunité ?

D’autant que les personnels médicaux n’appliquaient sans doute pas ces procédures ensuite chez eux, dans le civil. Maintenant il leur faut les appliquer aussi une fois de retour dans la vie civile, et peut-être encore plus pour eux que pour nous, quand ils rentrent chez eux, pour ne pas apporter avec eux la charge virale à laquelle ils sont confrontés tous les jours dans l’exercice de leurs fonctions de personnel soignant.

Mais à force de vivre dans des lieux avec des objets, des corps, surdésinfectés, ne risque-t-on pas de perdre toute immunité ? Ou plutôt notre système immunitaire ne risque-t-il pas non seulement de ne plus savoir faire mais également de devenir paresseux ? Ou encore pire oisif, et, par ennui et inactivité trop longue, de se retourner contre nous ?

On savait déjà (bien avant la pandémie) que les sociétés trop propres voient un développement outrancier des maladies auto-immunes, justement dues à l’oisiveté de notre système immunitaire qui s’ennuie et n’ayant plus aucun pathogène extérieur à attaquer, s’en prend à nous-mêmes. Sur le sujet on peut lire (notamment mais pas seulement, ce sont des faits très documentés et connus) l’excellent livre, Le charme discret de l’intestin de Giulia Enders où l’auteur (un médecin spécialisée en gastro-entérologie) faisait une petite apologie de la saleté ou du moins  de la non-désinfection dans le cadre domestique. Elle avait raison dans la vie d’avant en général — malheureusement plus maintenant ou plus exactement elle a raison en général sauf avec ce virus en particulier, ce virus et sa virulence, sans précédent connu ni documenté. Quoique peut-être sommes-nous tout simplement immatures ou pas encore assez avancés sur le plan scientifique et médical pour ce type de virus. Comme nous étions démunis et impuissants lors des siècles passés, face aux bactéries et virus provoquant des maladies considérées bénignes et courantes maintenant mais qui entrainaient des hécatombes chez nos ancêtres il n’y a pas si longtemps encore.

Étions-nous si résistants jusqu’à présent avec nos manières de vivre « sales » ou plutôt ce virus « étranger » dans le sens alien presque extraterrestre — nous avons mis plusieurs milliers d’années avant de le rencontrer — est-il  spécialement contagieux ? 

(Alien : il vient presque d’une autre planète, d’un autre espace du moins. La voilà l’invasion des aliens tant redoutée par les Américains (une de leurs obsessions)  — les aliens ne sont pas venus d’autres mondes, d’outre espace mais de l’intérieur de notre monde, de ses confins où l’homme n’allait pas se promener, sous la forme d’un virus en lieu et place des monstres décrits dans les séries catastrophes à grand spectacle, un simple brin d’ARN même pas vivant.)

En tout cas, j’aimerais tant redevenir sale comme avant — ce n’est pas demain la veille.

(texte ébauché dès le 10 avril 2020 autour de pensées qui ont continué à me hanter depuis, réflexions d’ordre philosophique basées sur un certain nombre de faits médicaux et scientifiques connus et reconnus depuis un bon moment)

Ce matin à la prise de sang

Ce matin à la prise de sang la technicienne n’arrivait pas à déchirer à la main le gros bandage autocollant qui devait maintenir ma compresse après la prise de sang. 

Pendant qu’elle bataillait je lui dis : « Ah, on ne peut plus déchirer avec les dents, on aimerait toujours pouvoir faire ça… » et j’ajoutai « il faut bien rire un peu. »  J’ai vu ses yeux se plisser d’un sourire (puisqu’elle avait un masque bien entendu) et elle me répondit « oui. »

Je continuai : « Pas que vous fassiez réellement ça dans un contexte médical… mais qu’est-ce qu’on était sale avant.»

Là, elle répondit : « Oui. Et on survivait… »  [en étant sale]

J’aimerais tant pouvoir être sale à nouveau — modérément sale, il ne faut rien n’exagérer non plus, pour la plupart nous n’étions pas outrancièrement sales quand même, surtout en regard des siècles précédents. Mais avoir droit à l’erreur, de se toucher le visage sans s’être désinfecté médicalement les mains, de faire une petite erreur — ce qui était alors une petite erreur et qui ne prêtait pas à conséquence ou si peu, au pire un petit rhume, une vague diarrhée, la plupart du temps rien — dangereuse voire funeste maintenant.

En route pour la prise de sang – 14 septembre 2020